Les foutaises du FN et de M. Le Pen

Ténèbres !

M. Le Pen en couverture de Nature en ligne
M. Le Pen en couverture de Nature en ligne

C'est peu dire que l'élection du fantasque D. Trump a désarçonné, voire découragé, tout ce que les USA comptent de savants, chercheurs, ingénieurs... ou tout simplement d'êtres doués de raison.

Voici un homme qui, à grands coups de mentons et d'affirmations délirantes, est capable de faire gober à des millions de personnes les pires contre-vérités, de réfuter des théories scientifiques objets des plus larges consensus.

 

Demain, président, cet homme là peut faire perdre des années de travail à ce que l'Amérique possède de plus performant en matière de sciences et de nouvelles technologies.

 

La célèbre et prestigieuse revue scientifique Nature, s'interroge sur cette montée des populismes, qui permet l'émergence de dirigeants sans scrupules, exploitant sans vergogne les malheurs de tous les laissés-pour-compte de la mondialisation.

 

Une hypothèse est que la montée des nouvelles technologies, en supprimant un grand nombre d'emplois peu qualifiés, a conduit à la constitution d'un peuple de petits blancs, chômeurs ou travailleurs pauvres, se retrouvant en compétition avec des populations noires ou immigrés, désignées  boucs émissaires. Le procédé est connu, il a conduit à quelques génocides...

 

Rejet du progrès, racisme, xénophobie, seraient donc la conséquence des avancées de la science et de ces nouvelles technologies.

 

Le fait que Trump se déclare ouvertement climatosceptique et prévoit de conduire à marche forcée un programme d'exploitation du gaz de schistes, quitte à mutiler certains états américains, au lieu de stimuler les investissements dans la recherche et le développement des énergies propres, s'explique alors aisément : il s'agit de donner à court terme du boulot peu qualifié à ces petits blancs, plutôt que de miser sur un pari énergétique plus long à produire des retombées en terme d'emploi.

 

La démarche de D. Trump est donc parfaitement logique. Il a compris que les effets de la mondialisation, qui a permis à certains d'accumuler des richesses pharaoniques, quand se développait une gigantesque classe de travailleurs pauvres et d'exclus, lui permettrait d'accéder au pouvoir en criant haro sur deux boucs émissaires : le progrès et le métèque.

 

Une enquête d'opinion a montré qu'aux USA, 65% des électeurs blancs étaient favorables à une politique protectionniste et xénophobe...

 

Ce n'est pas un hasard si cet article de Nature est illustré par une affiche de  campagne de M. Le Pen, meilleur soutien en Europe de D. Trump.

 

En France, la situation est plus complexe. C'est un racisme latent et les retombées de la guerre d'Algérie qui ont amené sur le devant de la scène, il y a 50 ans, un personnage viscéralement raciste et antisémite, plus motivé par des considérations idéologiques que par la prise du pouvoir.

 

La fille de ce triste individu, plus sensible aux ors de la République,  met en avant les mêmes arguments que Trump tout en s'appuyant sur ce fond raciste qui n'a cessé de travailler ce pays depuis l' affaire Dreyfus.

 

Elle n'en est que plus dangereuse, car le pouvoir est désormais à sa portée, peut-être pas en 2017, mais à coup sûr la fois d'après, si l'inquiétant Fillon met le feu aux poudres.

 

 

Après l'économie patriote, l'écologie patriote...

 Dans cette marche vers le pouvoir, le FN ne pouvait faire l'impasse sur l'écologie ; vendredi 2 décembre il organisait une convention dans les salons d'un grand hôtel parisien pour parler "d"écologie patriote"... Nous savons tous en effet, depuis Tchernobyl, que la pollution peut-s'arrêter à nos frontières... à condition d'y dresser un infranchissable rideau de fer.

 

Cette écologie "bleu, blanc, rouge", développe quelques truismes et beaucoup de foutaises. En tout cas, comme Trump, elle remet en cause l'accord de Paris sur le climat (COP 21)... puisque notre climat national est évidemment indépendant de l'évolution du climat sur la planète...

 

Comment en conscience, sans même se préoccuper de l'aspect moral ou politicien, un Français peut-il envisager de soutenir un programme qui ruinerait le pays et achèverait de le déconsidérer aux yeux du monde entier ?

 

La France même malheureuse après deux quinquennats calamiteux, dans le doute, menacée, affaiblie, est un grand pays qui a été pendant des siècles, avec ses philosophes, ses savants, sa littérature, ses artisans, ses créations artistiques, ses monuments, ses révolutions... un phare pour l'Europe, mérite-elle d'être défigurée par la caricature que présente Mme Le Pen ?

 

Voter FN, ce n'est pas seulement afficher une conviction politique, c'est choisir l'abaissement de la France.