« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. »

Albert Camus 

 

Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus

 aussi: https://www.jeanpierrelavergne.fr/                                 


Blog

 

Billets d'humeur -depuis janvier 2009 - classés, pour simplifier, en six rubriques : arts, histoire, philosophie, politique, société, sciences.

Rappel : philosophie = aime la sagesse !

 

Planète vivante

Ressources pillées, biodiversité gravement altérée, pollutions majeures, climat déréglé... l'avenir de l'homme sur la Terre s'avère très sombre !

 


Vincent Munier/Animalier/Noir et Blanc

Un très grand photographe français

Photographe, éditeur et cinéaste, Vincent Munier s’est d’abord fait connaître par une écriture photographique unique, inspirée par les estampes japonaises et l’art minimaliste : la brume, la pluie et la neige habillent paysages et animaux, dont on distingue parfois seulement les silhouettes. Ses images sont nées de quêtes de plus en plus lointaines et de longues patiences pour se faire oublier des légitimes habitants de la nature : panthère des neiges, loup blanc, ours brun, harfang des neiges, bœuf musqué…

 

 

Photographie : Arles 2024

Rencontres de la photographie d'Arles 2024 : un regard sur le monde en image

Pour cette 55e édition des Rencontres de la photographies d'Arles, du 1er juillet au 29 septembre 2024, ce sont plus de cinquante expositions dans le In et près d'une centaine dans le Off. Christoph Wiesner, directeur des Rencontres d'Arles qualifie "le festival de sismographe" car selon lui, les photographes présents à Arles observent le monde avec acuité.

 

France Info

 

 

A voir au Mucem : Paradis naturistes

La France à poil

 Une exposition d'actualité au MUCEM à Marseille, jusqu'au 9 décembre :

 

"Paradis Naturistes"

 

Dans une scénographie solaire conçue par l’agence Trafik, l’exposition « Paradis naturistes » réunit 600 photographies, films, revues, objets quotidiens, peintures, dessins, livres, estampes et sculptures.

 

Ils sont issus des archives des communautés naturistes et de différents musées français et étrangers.

 

Cela tombe bien : La France est à poil !

 

 

Verlaine - Bonnard, parallèlement

Parallèlement est le titre du septième recueil poétique en vers de Paul Verlaine, publié en 1889 chez l'éditeur Léon Vanier, puis enrichi en 1894.

 

À l'instar de précédents recueils comme Jadis et naguère, cette œuvre regroupe des pièces composées très antérieurement et bien différentes par leur inspiration.

 

« Livre orgiaque, sans trop de mélancolie », aux dires de son auteur, Parallèlement met en scène les amours et les haines de Verlaine, sa double nature de pécheur et de chrétien convaincu, sa double identité sexuelle aussi.

 

Celui qui avait été l’amant de Rimbaud, le temps d’une saison infernale, publie une manière de portrait intime en 1889, non sans craindre la censure.

 

Onze ans plus tard, Verlaine étant mort entre-temps, Vollard et Bonnard, le marchand et le peintre, donnent une seconde vie au livre, choisissant avec soin format, papier et typographie, ainsi qu’une illustration somptueuse, tirée en rose à dessein.

 

Sans jamais trahir le texte et sa façon piquante de mobiliser les sens, Bonnard laisse ses motifs, femmes entrelacées, corps lascifs, faunes exténués ou personnages de Watteau, sortir des marges, envahir la page, culbuter les vers imprimés.  

 

 

 

Paris, 1874

Inventer l'impressionnisme

Musée d'Orsay 2024

Camille Cabaillot-Lassalle, Le Salon de 1874
Camille Cabaillot-Lassalle, Le Salon de 1874

Il y a 150 ans, le 15 avril 1874, ouvre à Paris la première exposition impressionniste. Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley ou encore Cézanne et Boudin, ont décidé de s'affranchir des règles en organisant leur propre exposition, en dehors des voies officielles : l’impressionnisme est né.

 

Pour célébrer cet anniversaire, le musée d’Orsay présente quelque 130 œuvres, et porte un regard neuf sur cette date-clé, considérée comme le coup d’envoi des avant-gardes.

 

Cette première exposition "impressionniste" est organisée par la Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs et graveurs du 15 avril au 15 mai 1874, au 35 boulevard des Capucines à Paris dans les studios d'un célèbre écrivain et photographe de l'époque, Nadar.

 

« Paris 1874 » fait le point sur les circonstances ayant mené ces 31 artistes - parmi lesquels sept seulement sont aujourd’hui universellement renommés – à se réunir pour exposer ensemble leurs œuvres.

 

Le climat de la période est celui d’un après-guerre, faisant suite à deux conflits : la Guerre franco-allemande de 1870, puis une violente guerre civile (la révolte des "communards").

 

Dans ce contexte de crise les artistes repensent leur art et explorent de nouvelles directions.

Un petit « clan des révoltés » peint des scènes de la vie moderne, ou des paysages aux tons clairs et à la touche enlevée, croqués en plein air. Comme le note un observateur, « ce qu’ils semblent rechercher avant tout, c’est l’impression ».

 

Au même moment se tenait, en effet, au Palais de l’industrie, le Salon officiel. On a souvent répété que l’avant-garde était chez Nadar, tandis que les peintres académiques étaient au Salon. Il n’en est rien : un tiers des premiers figuraient sur les cimaises officielles. Les futurs impressionnistes aspiraient en effet tous à exposer au Salon, incontournable lieu de rencontre de la critique et du public.

 

Manet par exemple, avide de reconnaissance officielle, a refusé de participer au salon "impressionniste" de 1874. Il ne participera à aucun des huit Salons "impressionnistes". Il meurt en 1883.

L’exposition posthume de 1884, est l’occasion, pour de nombreux artistes, de découvrir véritablement l’œuvre de Manet.

 

Comme le constate Pissarro, le rôle précurseur de Manet apparaît alors pleinement : « c’est une occasion de se rendre compte de l’ensemble de l’œuvre de ce grand artiste si bêtement méconnu ».

 

 

 

L'accueil de la critique fut pour le moins mitigé.

 

Dans le journal Charivari, Louis Leroy, pastelliste qui expose au Salon officiel, décrit ainsi sa visite avec un certain Joseph Vincent :

 

 Que représente cette toile? Voyez au livret : Impression, soleil levant — Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi : puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans. [...] Cependant, qu'auraient dit Michallon, Bidauld, Boisselier et Bertin devant cette toile impressionnante ? » Le malheureux reniait ses dieux. [...] L'horrible l'attirait : la Blanchisseuse si mal blanchie de M. Degas, Une moderne Olympia de Cézanne.. enfin le vase déborda. Le cerveau classique du père Vincent était attaqué de trop de côtés à la fois.[...] Le père Vincent se mit à danser une danse du scalp devant le gardien ahuri : « Hugh! je suis l'impression qui marche, le couteau à palette vengeur : Le Boulevard des Capucines de Monet, La Maison du pendu et La Moderne Olympia de M. Cézanne. Hugh! Hugh! Hugh! » ...

 

Le terme 'impressionniste vient de cette critique.

 

Quatre principes clés sont appliqués par ces peintres :

 

Les impressionnistes se distinguent par leur besoin de peindre directement en plein air, en plantant leur chevalet en pleine rue ou en pleine nature afin de saisir sur le vif un instant éphémère. Les reflets et le scintillement du soleil sur l’eau, le mouvement des nuages, les changements de couleur du ciel et la végétation frémissant au vent figurent parmi leurs motifs favoris.

 

À l’opposé du style lisse et léché de la peinture académique, les impressionnistes peignent par touches rapides, avec des gestes enlevés, auparavant réservés aux esquisses et non aux œuvres finies — éléments peu détaillés voire à peine évoqués, impression de flou et d’agitation… Subjective, spontanée et vivante, cette manière de peindre délaisse la netteté du dessin et l’exhaustivité pour privilégier l’expression des sensations et sentiments du peintre, de son ressenti devant la scène représentée.

 

Saisir les effets d’atmosphère

Soleil irradiant, lumière douce, pluie, brouillard, fumée… Chez les impressionnistes, le sujet principal est moins la chose représentée que la façon dont sa perception est modifiée par les effets de lumière et d’atmosphère, qui dépendent de la saison, du moment de la journée et des conditions météorologiques. Un même paysage peut donc donner lieu à une infinité de tableaux différents – d’où la pratique des séries, très prisée par Claude Monet.

 

- Privilégier la lumière

Finis le noir, les camaïeux de bruns et autres tons sombres de la peinture officielle ! Pour les peintres impressionnistes, la lumière, dont les fluctuations modifient notre perception de la chose observée, est au cœur de tout. En cherchant à inonder au maximum leurs toiles de lumière naturelle, ils développent une palette nouvelle, faite de couleurs claires, vives, fraîches…

 

 

Reconstitution en réalité virtuelle du salon de 1874

On dénombre 8 expositions "impressionnistes" entre 1874 et 1886.

 

Le succès se fit attendre pour ces peintres qui eurent néanmoins la chance de pouvoir compter sur le premier galériste professionnel : Paul Durand-Ruel, un marchand visionnaire.

 

N’hésitant pas à s’endetter pour les soutenir, ce bourgeois audacieux leur achète des tableaux dès 1872 et les expose dans ses galeries parisiennes, londonienne et bruxelloise, puis, dans les années 1880, aux États-Unis, où ils rencontrent enfin le succès.

 

La reconnaissance, puis la réussite commerciale se dessinèrent et s'affirmèrent tout au long des années 1890. Les étapes en sont bien connues : la conquête de nouveaux amateurs, en particulier outre- Atlantique, l'envol parallèle de la cote, enfin la consécration officielle par l'entrée dans les musées français et étrangers.

 

Les prix devaient s'envoler dès le début su XXème siècle : en 1912, Danseuses à la barre , donné par Degas à son ami l'industriel Henri Rouart, fut, à la vente après décès de celui-ci, acquis pour la somme énorme de 435 000 F par Durand- Ruel pour Havemeyer : premier record d'une longue série qui ne devait plus s'interrompre.

 

La fin de l'impressionnisme

Quatre années se déroulent entre la septième et la huitième et dernière exposition impressionniste, en 1886. Ces années sont marquées par plusieurs ruptures.

 

Renoir déclare qu’il veut « en finir avec l’impressionnisme ». Il voyage en Italie, se tourne vers Raphaël et Ingres. Sa volonté d’allier pureté de la ligne, monumentalité classique et esprit de la Renaissance prend la forme d’une œuvre emblématique à laquelle il travaille de 1884 à 1887 : « Les Grandes baigneuses ».

 

La représentation de la figure humaine est à la base de la formation classique. Pissarro, au début des années 1880, s’intéresse de plus en plus aux figures.

Dans la seconde moitié de la même décennie, Monet renoue à son tour avec ce qu’il qualifie de « rêve ancien ».

Quant à Cezanne, il travaille lui aussi sur le thème des figures dans un paysage, notamment avec ses baigneuses et baigneurs.

 

De nouveaux talents apparaissent.

 

En 1884, Seurat (« Une baignade à Asnières ») met au point la technique du « chromo-luminarisme ». Le « chromo-luminarisme » consiste à ne pas mélanger préalablement les couleurs sur la palette, mais à laisser l’œil du spectateur faire ce mélange. Pissarro, notamment, utilisait les couleurs complémentaires dans ses peintures dès les années 1870.

En 1885, Camille Pissarro fait la connaissance de Signac.

 

Au Salon impressionniste de 1886, plus de 250 oeuvres sont exposées,  rue Laffitte, du 15 mai au 15 juin.

Les participants sont au nombre de dix-sept : Degas, Gauguin, Morisot, Pissarro père et fils, Redon, Seurat et Signac sont les principaux exposants

 

Le monumental tableau (2mx3m) de Seurat "Un dimanche après-midi à l'île de la Grande Jatte" fait forte... impression ! Mais nous sommes déjà dans le post-impressionnisme et le pointillisme.

 

  

Musée Marmottan-Monet

En jeu !

EXPOSITION

EN JEU !

LES ARTISTES ET LE SPORT (1870-1930)

4 AVRIL - 1ER SEPTEMBRE 2024

 

À l’occasion des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, les premiers organisés depuis cent ans, dans la capitale, le musée Marmottan Monet présente du 4 avril au 1er septembre 2024, l’exposition intitulée « En jeu ! Les artistes et le sport (1870-1930) ».

 

À cette occasion, le musée retracera l’histoire visuelle du sport entre 1870 à 1930 à travers plus d’une centaine œuvres significatives provenant de collections publiques et privées d’Europe, des États-Unis et du Japon (musée national du Sport de Nice, musée d’Orsay, Centre Pompidou, musée Fabre de Montpellier, National Gallery of Art de Washington, Yale University Art Gallery de New Haven, la collection Peggy Guggenheim de Venise,…).

 

PHOTOS JPL - Paris - Musée Marmottan le 9 mai 2024