SRAS-CoV-2Pandémies 

 

 

" La diffusion des lumières n'exige autre chose que la liberté, et encore la plus inoffensive de toutes les libertés, celle de faire publiquement usage de sa raison en toutes choses."

 KantQu’est-ce que les lumières ?, 1784

 

Blog

 

Billets d'humeur -depuis janvier 2009 - classés, pour simplifier, en six rubriques : arts, histoire, philosophie, politique, société, sciences.

Rappel : philosophie = aime la sagesse !

 

Planète vivante

Ressources pillées, biodiversité gravement altérée, pollutions majeures, climat déréglé... l'avenir de l'homme sur la Terre s'avère très sombre !

 


Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus

 aussi: https://www.jeanpierrelavergne.fr/                                 


SRAS-CoV-2 - Actualités

 

Désormais, je ferai régulièrement le point sur l'avancée des recherches dans le domaine, à partir de sources scientifiques incontestables, citées dans les plus grandes publications scientifiques : Nature, Science, PNAS, Cell...

 

Avertissement : nombre de publications que je cite sont des "préimpressions", cela veut dire qu'elles n'ont pas été examinées par des comités de lecture de pairs, comme cela se pratique dans toutes les grandes revues scientifiques. Cela s'explique par la course contre la montre engagée depuis deux mois contre le nouveau coronavirus et l'urgence de publier les travaux qui pourraient contribuer à la lutte contre ce fléau.

Elles n'ont donc pas la fiabilité habituelle. Cependant je ne reprend que des publications citées par ces grandes revues et faisant l'objet de commentaires d'éminents spécialistes des domaines abordés.

 

03 - 04 - 2020

Vaccins SARS-CoV-2 : état des lieux au 3 avril 2020

Jennifer Haller reçoit la première administration d'un vaccin à ARNm, fabriqué par la firme de biotechnologie Moderna, contre le coronavirus pandémique. PHOTO AP / TED S. WARREN
Jennifer Haller reçoit la première administration d'un vaccin à ARNm, fabriqué par la firme de biotechnologie Moderna, contre le coronavirus pandémique. PHOTO AP / TED S. WARREN

La course au vaccin est lancée depuis plus de 3 mois et les choses avancent, au point qu'à Seattle, un chef d'entreprise, Jennifer Haller, a accepté de servir de cobaye pour le vaccin produit par Moderna - (voir ci-dessous).

 

A noter que le 30 mars, Johnson & Johnson a annoncé qu'au sein de son groupe, le laboratoire Janssen allait bénéficier d'un milliard de dollars (apporté pour moitié par des fonds fédéraux américains), pour développer un vaccin.

 

Le vaccin de Janssen est construit autour d'une version modifiée de l'adénovirus 26 (Ad26), qui provoque normalement des rhumes courants mais a été désactivée afin qu'elle ne puisse pas se répliquer. Les scientifiques ont intégré dans ce «vecteur» Ad26, un gène pour la protéine de surface du nouveau coronavirus (voir plus bas).

 

De nombreuses autres pistes sont explorées. Le français SANOFI travaille activement sur le sujet, il a noué des collaborations aux USA.

 

Sanofi Pasteur s’est ainsi associé avec le ministère américain de la Santé et des Services sociaux pour tenter d’accélérer le développement d’un vaccin à base de protéines recombinantes.

Ce laboratoire vient d' établir une seconde collaboration aux Etats-Unis en s’associant avec Translate Bio, dans le but de développer un vaccin à ARN messager (ARMm).

 

D'une façon générale, les chercheurs sont optimistes pour deux raisons :,

 

- ce virus mute peu, il a du mal à esquiver les réponses immunitaires.

- Ils sont maintenant à peu près sûr qu'une immunité peut être acquise. 

 

En effet, contrairement aux virus provoquant les rhumes, le nouveau coronavirus cible les voies respiratoires inférieures, où la réponse immunitaire à un agent pathogène peut être plus forte.

"Lorsque vous obtenez une infection dans les poumons, vous obtenez en fait des niveaux élevés d'anticorps et d'autres cellules immunitaires de votre circulation sanguine dans cet espace." Mark Slifka, Oregon National Primate Research Centre.

 

Cependant, il faudra attendre 12 à 18 mois pour pouvoir vacciner massivement... sauf à brûler dangereusement les étapes !

 

 

Le coronavirus peut-il être aéroporté ?

Le consensus relayé par l'OMS sur le mode de transmission du virus commence à s'effriter et certains scientifiques (minoritaires) évoquent maintenant ouvertement la possibilité que le virus se propage dans l'air. Ceci expliquerait l'incroyable contagiosité du SRAS-CoV-2.

 

D'ores et déjà, à New York où l'épidémie flambe à une vitesse incroyable, le port du masque est recommandé.

 

Ces scientifiques disent qu'il existe des preuves préliminaires que la maladie puisse se propager dans les particules beaucoup plus petites de l'air expiré, sous forme d'aérosols.

Ils conseillent donc vivement de ventiler abondamment les lieux clos.

Dans cette hypothèse le port du masque pourrait également être fortement conseillé.

01 - 04 - 2020

Retour à la normale : un casse-tête chinois !

" La vie est presque revenue à la normale dans une grande partie de la Chine. Les magasins, restaurants, bars et bureaux sont ouverts pour les affaires. L'activité manufacturière reprend. La circulation embouteille à nouveau les autoroutes des grandes villes. Les trois quarts de la main-d'œuvre chinoise étaient de retour au travail au 24 mars, selon les estimations d'une entreprise. Wuhan, où la pandémie COVID-19 est originaire, est à la traîne, tout comme le reste de la province du Hubei - mais même là, le verrouillage devrait se lever le 8 avril."

 

Ainsi commence un article de la revue Science (les reporting COVID-19 de Science sont soutenus par le Pulitzer Center) qui décrit le début du retour à la "normale" en Chine.

Même s'il semble que les autorités chinoises ont grossièrement menti sur l'ampleur de l'épidémie chez eux, leur approche pour sortir du confinement est attentivement observée par les pays qui sont encore au coeur de la crise sanitaire.

 «La Chine s'attaque à un problème auquel tous les pays et lieux du monde seront éventuellement confrontés: comment normaliser et restaurer les activités de la société, tout en minimisant les dangers liés à l'épidémie».

 

 

Même si des millions de Chinois ont été visités par le coronavirus (selon l'Imperial College, 2 millions de Français ont été au contact du virus),  la majeure partie de la population reste toujours sensible à l'infection et de nouvelles flambées restent possibles.

 

Les fonctionnaires assouplissent donc les restrictions très lentement et méthodiquement :

- les universités restent fermées,

- écoles et lycées ont rouvert hors des foyers de l'infection,

- les cinémas restent fermés, les grands rassemblement interdits,

- les tests sont systématiques et les mises en quarantaine automatiques en cas de suspicion,

- les prises de température sont obligatoire à l'entrée du métro et des entreprises,

- le télétravail reste encouragé,

- les frontières sont fermées ou étroitement contrôlées,

- les gestes barrières, les masques... sont obligatoires...

 

Les experts estiment que "la stratégie de la Chine semble avoir été efficace jusqu'à présent pour prévenir une résurgence"... " Mais avec le virus qui circule maintenant dans le monde, des importations répétées en Chine entraîneront inévitablement une transmission locale"... qu'il faudra détecter en temps réel.

Certains modèles "disent que la maladie reviendra une fois que les restrictions seront levées".

Bref, nous sommes très loin d'une sortie de crise.

 

 

30 - 03 - 2020

Les résultats publiés par Raoult : du bidouillage !

 

Ce que pensent à peu près TOUS les scientifiques sérieux de Didier RAOULT mais qu'ils n'osent pas dire...

c'est un jeune chercheur du CNRS (de l'Institut de Génétique Moléculaire) à Montpellier qui l'affirme face à la caméra. Bravo Hervé Seitz !!!

 

NB : cela ne veut pas dire que la chloroquine n'aura pas d'activité, mais que RAOULT n'a rien prouvé !

 

L'étude chinoiseUne petite étude de cas chinoise, randomisée, n'a pas observé de bénéfice de la chloroquine contre Covid-19 chez 30 patients atteints de formes modérées.

 

29 - 03 - 2020

Ce virus aurait pu tuer 40 millions de personnes

C'est la dernière analyse des chercheurs de l'Imperial College of London qui l'affirme.

 

En l'absence de confinement et mesures barrières, le SRAS-CoV-2 aurait pu infecter 90% de la population mondiale indique cette publication (Report 12).

 

L'analyse précise que l'introduction de la distanciation sociale, du dépistage et de l'isolement des personnes infectées réduirait les décès dans le monde à 1,9 million, si elle était effectuée lorsque le taux de mortalité de chaque pays atteint 0,2 pour 100 000 personnes par semaine. Si la mise en œuvre de ces mesures intervient lorsque le taux de mortalité atteint 1,6 pour 100 000 personnes par semaine, alors 10,5 millions de vies seraient perdues dans le monde.

 

A noter que l’Italie a atteint le seuil de 0,2 du 2 au 3 mars, la France le 9 mars, le Royaume-Uni le 17 mars et les États-Unis le 22 mars, selon une étude exhaustive publiée par Nature.

 

Parmi les nombreux bilans rapportés (mis à jour le 28 mars), celui du rythme du doublement des décès est particulièrement inquiétant :

 

- 1 jour : Argentine,

- 2 jours : Suède,

- 3 jours : USA, Allemagne, Belgique, Suisse, Portugal, Brésil, Inde,

- 4 jours : France, UK, Pays-Bas, Espagne,

- 6 jours : Monde,

- 7 jours : Italie,

........................

- 42 jours : Chine

 27 - 03 - 2020

 

 

BLOG :

 

"On ne nous dit pas tout !..."

 

Voila une phrase qui a le don de m'agacer prodigieusement et qui semble aujourd'hui plébiscitée par les Français.

 

 

A ceux-là je réponds : "Méritez-vous la vérité, vous qui allez comploter sur internet, qui relayez les pires bobards, qui accordez foi aux charlatans, qui vous gavez de pilules de sucre pour combattre le cancer ou la grippe...? "

 

Suite sur le blog

 

26 - 03 - 2020

Naissance d'une pandémie

Comment voyager confiné ?

Monuments, musées, sites remarquables... profitez de votre confinement  pour découvrir la beauté du monde et les plus belles réalisations humaines.

 

Pour cela il vous suffit d'accéder au remarquable site développé par Google :

 

Google Arts et Culture

 

Vous aurez notamment accès à des dizaines de musée du monde entier et aux plus grands tableaux de maîtres.

 

C’est la technologie Street View qui a été utilisée pour numériser en trois dimensions les expositions des musées. À l’origine, le site permettait d’observer les œuvres de 17 musées. Aujourd’hui, ce sont plus de 1 200 musées et centres d’archives qui ont collaboré avec l’Institut culturel de Google.

 

Pour vos enfants, un brin de culture et de beaux voyages virtuels, remplaceront avantageusement les dessins animés et les jeux vidéos !

 

PS = un conseil : transférez (castez) le bureau de votre ordinateur (ou de votre tablette) sur votre écran de télévision pour profiter de l'exceptionnelle qualité de ces images.

 

 

25 - 03 - 2020

Les anciens nous quittent en masse

Sale temps pour les plus de 70 ans !

Des chiffres effrayants circulent à propos de l'hécatombe dans les maisons de retraite. Certains responsables estiment que d'ici la fin de l'épidémie, les 100 000 morts pourraient être atteints.

Actuellement les décès dans les EHPAD ne sont pas comptabilisés dans les bilans quotidiens du ministère de la santé.

 

Le nouveau coronavirus SARS-CoV-2, à l'origine du COVID-19, est donc un pathogène très grave pour les personnes de plus de 60 ans.

En Italie, au 17 mars, 83% des personnes qui ont succombé à l'infection au COVID-19 avaient plus de 60 ans.

 

La raison est très simple : le système immunitaire vieillit.

Le système immunitaire...

Notre système immunitaire a deux composantes  :

 

- le système immunitaire adaptatif, qui comprend les lymphocytes T  et les lymphocytes B (les globules blancs).

 

Lors d'une infection, les lymphocytes B peuvent proliférer et produire des anticorps qui s'accrochent aux agents pathogènes et bloquent leur capacité à se propager. Les lymphocytes T reconnaissent les cellules infectées et les tuent.

En vieillissant, le système immunitaire adaptatif apprend à reconnaître (lymphocytes mémoires) les agents pathogènes et à les combattre. 

 

-  le système immunitaire «inné». Chaque cellule possède son propre petit système immunitaire qui lui permet de répondre directement aux agents pathogènes plus rapidement qu'il ne le faut pour mobiliser la réponse adaptative.

 

La réponse immunitaire innée est programmée pour agir sur des molécules que l'on trouve couramment sur les bactéries et les virus mais pas dans les cellules humaines. Lorsqu'une cellule détecte ces molécules envahissantes, elle déclenche la production d'une protéine interféron antivirale. L'interféron déclenche la mort de la cellule infectée, limitant l'infection.

 

En fait ces deux systèmes fonctionnent de concert : l'immunité adaptative est activée à la suite de la reconnaissance d'agents infectieux par le système immunitaire inné. Le système immunitaire adaptatif va alors donner une réponse adaptée à l'agent infectieux, et une réponse mémoire permettant une élimination plus efficace de ce même agent infectieux si l'organisme y est de nouveau confronté.

... et son vieillissement

Lorsqu'un pathogène investit l'organisme, c'est une compétition entre la vitesse à laquelle il peut se propager, et la vitesse à laquelle votre système immunitaire peut réagir sans causer trop de dommages collatéraux.

 

À mesure que les gens vieillissent, leurs réponses immunitaires innées et adaptatives se dégradent :

 

- les monocytes d'individus âgés produisent moins d'interféron en réponse à une infection virale. Ils ont plus de mal à éliminer les cellules infectées et à déclencher la réponse immunitaire adaptative.

 

- Une inflammation chronique à bas bruit, souvent présente pendant le vieillissement, peut également affaiblir la capacité des réponses immunitaires innées et adaptatives à réagir aux agents pathogènes. 

Ce bruit de fond altère la capacité du système immunitaire à réagir vite.

 

Les virus peuvent profiter de ce démarrage paresseux de votre système immunitaire et vous submerger rapidement, entraînant des maladies graves et la mort.

 

 

22 - 03 - 2020

Dernière minute : Un essai clinique européen -DISCOVERY-  destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19 démarre aujourd’hui.

 

Coordonné par l’Inserm (France) dans le cadre du consortium Reacting, cet essai inclura au moins 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19. A court terme, Il est prévu d’inclure 3200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume uni, l’Allemagne et l’Espagne.

 

L’essai DISCOVERY démarre avec cinq modalités de traitement :

 

- soins standards

- soins standards plus remdesivir,

- soins standards plus lopinavir et ritonavir,

- soins standards plus lopinavir, ritonavir et interféron beta

- soins standards plus hydroxy-chloroquine.

 

L’attribution des modalités de traitement se fera de façon randomisée, c’est à dire aléatoire, mais patients et médecins sauront quel traitement est utilisé (on parle alors d’essai ouvert). L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque patient.

 

De son côté l'OMS lance SOLIDARITY au niveau mondial qui concerne les mêmes molécules plus la chloroquine.

 

VOIR (ci-dessous) au 19 03 2020 : Thérapie 

 

SRAS-CoV-2 : combien de personnes réellement contaminées ?

Aujourd'hui, l'estimation de la proportion de personnes infectées par le coronavirus, mais ne présentant pas de symptômes, est une des priorités pour les chercheurs.

 

En effet, les personnes infectées présentant des symptômes légers ou nuls peuvent transmettre le virus. On suppose que ce nombre est considérable ; certaines des premières estimations de ces cas cachés, suggèrent qu'ils pourraient représenter environ 60% de toutes les infections.

Le feu couve donc sous les cendres et pourrait provoquer à tout moment un rebond de l'épidémie.

 

Ce décompte complexe ne doit évidemment pas prendre en compte les  cas "précliniques ' dans lesquels les gens incubent le virus mais ne présentent pas encore de symptômes, pas plus que les malades qui n'auraient pas été testés.

 

 

Des chercheurs chinois et américains ont présenté une prépublication en ligne le 6 mars dernier qui indique que, selon l'estimation la plus prudente, 59% des personnes infectées à Wuhan (épicentre de la pandémie) were out and about, c'est à dire capables d'infecter des populations extérieures.

 

Ils estiment qu'au 18 février, il y avait 37 400 personnes atteintes du virus à Wuhan, dont les autorités n'avaient pas connaissance.

 

«Cela peut expliquer pourquoi le virus s'est propagé si rapidement au Hubei et circule désormais dans le monde entier.» Wu Tangchun, Université des sciences et technologies de Huazhong à Wuhan.

 

Ces résultats sont ils fiables ?

Pour Adam Kucharski, un modélisateur de la maladie à la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

"Il s'agit de l'analyse la plus récente du meilleur ensemble de données dont nous disposons... et la méthodologie est solide."

 

Pour d'autres, "en supposant que chacun de ces cas peut contaminer le même nombre de personnes, le modèle majore peut-être le résultat... qui cependant doit-être de cet ordre." Gerardo Chowell, mathématicien épidémiologiste à la Georgia State University à Atlanta.

 

L'épidémie sur le "Diamond Princess"

Le travail le plus probant a été réalisé par le Docteur Chowell  sur ce bateau,  qui a connu une épidémie de COVID-19 début février, dans les eaux japonaises.

Le navire a été mis en quarantaine et les 3 711 passagers et membres d'équipage ont été testés à plusieurs reprises et étroitement surveillés.

 

L'étude de modélisation de Chowell , publiée le 12 mars dans Eurosurveillance, montre qu'environ 18% des quelque 700 personnes infectées dans le Diamond Princess n'ont jamais présenté de symptômes.

 

Cependant cette population n'est pas représentative car elle comportait beaucoup de personnes âgées, qui développent beaucoup plus facilement la maladie. Le Dr Chowell estime donc à plus de 30% le nombre de personnes asymptomatiques et n'exclut pas des pourcentages supérieurs à 40%.

 

 

Les personnes infectées asymptomatiques peuvent-elles transmettre le virus?

EXTRAITS de la Revue NATURE en ligne du 20 mars 2020 :

 "Excrétion virale

Les personnes présentant des symptômes légers ou nuls peuvent-elles infecter les autres? Dans une étude préimprimée publiée le 8 mars, une équipe basée en Allemagne a montré que certaines personnes atteintes de COVID-19 présentaient des taux élevés de virus dans les écouvillonnages de la gorge au début de leur maladie, lorsque leurs symptômes étaient légers. Cela signifie que l'agent pathogène pourrait facilement être libérés par la toux ou les éternuements - un processus connu sous le nom d'excrétion virale - et se propager à d'autres."

" Une autre équipe, en Chine, a détecté des charges virales élevées chez 17 personnes atteintes de COVID-19 peu après leur maladie. De plus, un autre individu infecté n'a jamais développé de symptômes mais a répandu une quantité de virus similaire à ceux qui étaient symptomatiques, rapportent les chercheurs dans le New England Journal of Medicine"  (du 20 mars 2020).

"De nombreux scientifiques craignent que cela n'ait pu conduire à une sous-estimation de la sensibilité des enfants au virus. Une étude menée auprès de plus de 700 enfants infectés en Chine a révélé que 56% présentaient des symptômes légers ou nuls."

Sur le nombre de cas et la létalité

Bilan COVID-19 au 21 mars2020 à 15h43 GMT
Bilan COVID-19 au 21 mars2020 à 15h43 GMT

 Il faut bien avoir en tête que le nombre de cas affiché ci-dessus, n'a qu'une valeur très relative. Ainsi, les USA sont passés de quelques cas il y a une semaine...à  près de 20 000 ce 20 mars, tout simplement parce que l'imbécile qui siège à la Maison Blanche et ses affidés à la tête de nombreux états américains, négligeaient les tests.

 

En Europe les chiffres annoncés sont à mettre en regard du nombre de tests pratiqués. Le calcul de la létalité calculé à partir des cas confirmés ne veut rien dire.

 

Quand l'Allemagne testait 35 000 personnes par semaine, la France ne dépassait pas 5000 tests.

 

Plus significative est la comparaison du nombre des décès en fonction des premiers cas signalés dans chaque pays.

 

Libé à établi le calendrier ci-contre pour la France, l'Italie et l'Espagne en notant les dates des mesures restrictives prises dans ces pays.

 

Ces courbes doivent être lues en prenant en compte le point de départ de l'épidémie, sachant qu'en moyenne  le décès survient 17 jours après le diagnostic.

 

Dans les trois cas la progression est assez effrayante, en particulier pour l'Espagne.

 

En France au jour + 22 (18 mars 2020) il y avait 244 décès contre 623 en Espagne au jour + 15. Les Espagnols ont dû manquer le départ !

 

A noter quand même que selon l'OCDE, l'Allemagne qui ne compte aujourd'hui que 73 décès pour 22 000 cas identifiés, dispose de 6 lits en soins intensifs pour 1000 habitants, quand la France n'en a que 3,1, l'Italie 2,6 et l'Espagne 2,4 (statistiques de 2018).

Des tests sanguins... vite !

Nous venons de le voir, il est très important de connaître l'étendue de la pandémie  et la façon dont les populations peuvent s'immuniser, pour essayer éteindre l'incendie actuel et prévoir de possibles rebonds.

 

Les réponses ne seront pas données par les tests actuels qui recherchent la présence de gènes viraux dans un écouvillonnage du nez ou de la gorge.

 

Pour cela, les chercheurs doivent mettre en place des tests sanguins capables de détecter la présence d'anticorps dirigés contre le nouveau virus.

Ces tests devront également signaler des infections actives, mais plus important encore, dire si une personne a été infectée, puisque l'organisme  conserve des anticorps contre les agents pathogènes qu'il a déjà affrontés..

Les laboratoires du monde entier cherchent donc à développer des tests d'anticorps. Certains sont utilisés dans des études restreintes. La Chine a même donné une approbation commerciale pour quelques uns. Cela reste néanmoins très limité.

 

Cependant, il ne s'agit que d'une question de temps. (Hélas le temps manque aux chercheurs qui sont engagés dans une véritable course contre la montre !)

 

Déjà, une alternative à la mise au point de tests commerciaux a été publiée par Florian Krammer et son équipe de virologues à l'École de médecine Icahn du Mont Sinaï (New York City). Il s'agit d'une préimpression du 17 mars 2020 qui décrit un test d'anticorps SARS-CoV-2 et les instructions pour le reproduire.

20 - 03 - 2020

SRAS-CoV-2 ; à la recherche d'un vaccin

 Cette semaine à Seattle  (USA), le premier lot d'une douzaine de volontaires sains, a reçu un vaccin dans un essai de sécurité de phase 1, avec l'aval du gouvernement fédéral américain.

Il s'agit d'un candidat vaccin développé par Moderna, une société basée à Cambridge, dans le Massachusetts.

Inovio Pharmaceuticals à Plymouth Meeting (Pennsylvanie) est aussi sur le coup. 

 

Evidemment, c'est une procédure inhabituelle et risquée. Normalement en phase 1, les essais d'innocuité se font sur l'animal.

Certains scientifiques critiquent cette précipitation.

Les études sur des personnes infectées et des modèles animaux, devraient suivre, si tout va bien. Inovio prévoit de démarrer ces essais en avril prochain.

 

ICI une publication détaillée avec un tableau exhaustif des essais en cours.

Pourquoi un vaccin ?

N'en déplaise aux imbéciles et aux illuminés qui font campagne contre les vaccins, ceux-ci, depuis des siècles, ont préservé des centaines de millions de vie.

 

Ces crétins fervents nient, que des maladies redoutables, comme la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite et beaucoup d'autres, ont été rayés de la carte, grâce à la vaccination.

 

Ils se gardent bien de se vanter du fait, que si une maladie redoutable comme la rougeole refait surface (150 000 décès dans le monde en 2018 selon l'OMS), c'est grâce à leur criminelle activité.

 

Enfin, si les épidémies de grippe font tant de morts chaque année en France, c'est que la couverture vaccinale des personnes à risque et des plus de 65 ans, n'atteint péniblement que 50% dans ce pays.

 

Comment fonctionne un vaccin ?

Les vaccins aident une personne à générer une réponse immunitaire contre une infection sans être préalablement exposée au pathogène.

 

Le vaccin prépare donc le corps à affronter une maladie donnée en utilisant son propre système immunitaire. Les vaccins ne contiennent pas le virus (ou la bactérie) vivant, mais dans une forme affaiblie ou fragmentaire.

 

Certes, comme les médicaments, les vaccins peuvent, chez certaines personnes, provoquer des réactions désagréables, mais  il n’y a aucune preuve ou suspicion de preuve démontrant que les vaccins sont impliqués dans des maladies graves (la sclérose en plaques par exemple), comme les mêmes imbéciles l'affirment sur les réseaux sociaux.

 

Face au coronavirus qui fait tant de ravages actuellement, il était donc logique, que, dès le départ de la pandémie, des recherches de vaccins candidats soient lancées.

 

Les coronavirus

Les coronavirus doivent leur nom à la forme de couronne qu’ont les protéines qui les enrobent.

Ils font partie d’une vaste famille de virus, dont certains infectent différents animaux, d'autres l'homme. Ils sont susceptibles d’être à l’origine d’un large éventail de maladies.

 

Ces virus font l'objet de recherches intensives  dans de nombreux laboratoires.

L'institut Pasteur travaille sur ces virus, non pour les disséminer, comme un crétin malfaisant a voulu le faire croire sur le Net, mais pour les combattre.

 

Chez l’homme, les maladies qu'ils provoquent vont du rhume banal à une infection pulmonaire sévère, responsable d’une détresse respiratoire aiguë.

 

Deux épidémies mortelles sont déjà survenues au 21e siècle, impliquant des coronavirus émergents, hébergés par des animaux et soudain transmis à l’homme :

 

- le SRAS-CoV (2002-2003), ou coronavirus à l’origine d’un syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), apparu en Chine : plus de 8 000 cas ont été recensés dans 30 pays et 774 personnes sont décédées (soit près de 10% de mortalité).

- le MERS-CoV (2012-2013), ou coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient, ainsi appelé car il a été détecté pour la première fois en Arabie saoudite. 1 589 cas et 567 décès dans 26 pays ont été enregistrées (soit un taux de mortalité d’environ 30%).

SRAS-CoV-2 ; une immunité peut-elle être acquise ?

Evidemment c'est la question préalable à toute vaccination.

 

Des travaux fragmentaires ont été publiés concernant d'autres coronavirus, tels que les quatre qui causent certains rhumes courants. Au vu de ces résultats, la plupart des chercheurs pensent que les personnes qui se seront remises d'une infection par le SRAS-CoV-2 seront protégées de la réinfection pendant un certain temps.

 

Une publication très récente (en préimpression), publiée en ligne le 14 mars par une équipe basée en Chine, montre que deux macaques rhésus ( Macaca mulatta) qui avaient guéri d'une infection par le SRAS-CoV-2, ne semblent pas avoir été réinfectés lorsque les chercheurs les ont exposés au virus une deuxième fois, quatre semaines après leur exposition initiale.

 

Maintenant reste à connaître la durée de cette immunité. Pour les coronavirus qui provoquent les rhumes, elle est de courte durée, même pour les personnes qui ont des niveaux élevés d'anticorps contre ces virus. 

 

Des travaux concernant des personnes rescapées de l'épidémie du MERS, montrent que leurs anticorps contre le virus chutent rapidement. Les mêmes auteurs indiquent que les anticorps du SRAS-CoV sont toujours présents dans le corps, 15 ans après l'infection. Mais il n'est pas précisé si cette réponse immunitaire est suffisante pour empêcher la réinfection.

SRAS-CoV-2, quel vaccin ?

Le vaccin Moderna dont il est question ci-dessus, est une molécule d'ARN. Il contient l'information génétique de la protéine de pointe dans l' "ARN messager". 

 

Comme de nombreux autres vaccins contre le SRAS-CoV-2 en cours de développement, il est conçu pour entraîner le système immunitaire à fabriquer des anticorps qui reconnaissent et bloquent la protéine de pointe que le virus utilise pour pénétrer dans les cellules humaines.

 

  Protéine de pointe : voir ci-après

 

Mais cela ne pourrait constituer qu'une première étape ;  un vaccin efficace contre le SRAS-CoV-2 pourrait devoir inciter le corps à générer des anticorps qui bloquent d'autres protéines virales, par exemple, ou à produire des cellules T capables de reconnaître et de tuer les cellules infectées.

19 - 03 - 2020

Comment le nouveau coronavirus s'introduit dans les cellules humaines

SARS-CoV-2 et ACE-2
SARS-CoV-2 et ACE-2

Comprendre comment un virus pénètre dans les cellules est fondamental pour la recherche de médicaments ou même d'un vaccin contre ce virus . 

 

Pour infecter un hôte humain les virus doivent pouvoir pénétrer dans les cellules humaines individuelles. Ils utilisent pour cela la machinerie de ces cellules pour produire des copies d'eux-mêmes, se répliquer, puis se propager

 

En deux publications dans la revue Science, une équipe de recherche de l'Université du Texas à Austin a décrit la minuscule clé moléculaire du SARS-CoV-2, qui permet au virus d'entrer dans la cellule (cette clé est appelée protéine de pointe, ou protéine S), puis la structure de la protéine réceptrice ACE2 (qui se trouve à la surface des cellules respiratoires). Ils ont décrit comment  ACE2 et la protéine de pointe interagissent. En d'autres termes comment la clé et la serrure fonctionnent.

C'est un résultat formidable, qui a été obtenu en un temps record.

 

Ces chercheurs ont découvert également que la liaison moléculaire entre la protéine de pointe de SARS-CoV-2 et ACE2, ressemble assez au schéma de liaison du coronavirus qui a provoqué l'épidémie de SRAS en 2003. La différence ne se joue que sur quelques acides aminés et il semble que cette modeste modification permette une plus forte adhérence entre les deux protéines, ce qui expliquerait la forte contagiosité de ce virus.

La protéine de pointe pourrait être une cible pour le développement rapide d’antigènes vaccinaux et de traitements

 

Quelle thérapie ?

Remdesivir, une très belle synthèse des laboratoires Gilead
Remdesivir, une très belle synthèse des laboratoires Gilead

En effet, ces résultats pourraient théoriquement donner une orientation thérapeutique, en ciblant des médicaments antiviraux qui empêcheraient le nouveau coronavirus d'entrer dans les cellules. 

 

Actuellement la plupart des médicaments antiviraux déjà sur le marché, bloquent la réplication virale au sein de la cellule,  mais aucun d'entre-eux n'est connu pour bloquer l'accès aux cellules.

 

Parmi les antiviraux connus, celui qui semble le plus actif aujourd'hui est le remdesivir, qui diminue la production de l'ADN viral. Il est actuellement en essai clinique aux USA et en Chine. Il a été utilisé contre le virus Ebola.

 

Cependant, dès à présent, en France, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui vient d’émettre des recommandations sur la prise en charge des patients atteints de COVID-19, conseille le remdesevir pour les formes graves, à titre compassionnel (prescription hors AMM).

 

Les Chinois testent également un médicament anti-VIH, le lopinavir. Ils annoncent une publication prochaine de leurs résultats.

 

D'un autre côté, les autorités médicales chinoises ont déclaré qu'un médicament utilisé au Japon pour traiter de nouvelles souches de grippe semblait être efficace chez les patients atteints du coronavirus.

Il s'agit du favipiravir (Avigan). Lors d'essais cliniques à Wuhan et Shenzhen impliquant 340 patients, il a été noté que ceux-ci sont devenus négatifs pour le virus après une médiane de quatre jours  (contre 11 pour le placeco).

 

"Il présente un haut degré de sécurité et est clairement efficace dans le traitement", a déclaré Zhang Xinmin, un responsable du ministère chinois de la science.

Par contre il n'agirait que sur des formes modérées de la maladie.

 

En France, en s'asseyant sur toute la déontologie, le virologue marseillais Didier Raoult, a présenté au public, sans publication préalable, sans consultation de pairs, des résultats qu'il annonce spectaculaires, avec  l'hydroxychloroquine, un antipaludique bon marché. Il s'est inspiré des travaux préalables de scientifiques chinois sur la chloroquine (nivaquine).

Des annonces à accueillir avec la plus grande prudence !!!!

 

Rappelons que Didier Raoult s'est déjà singularisé en dénonçant le plan vaccinal du gouvernement et en ne prenant pas aux sérieux la résistance aux antibiotiques mise en avant par toutes les sommités mondiales en infectiologie.

 

 PS : 22 03 2020

Un essai clinique européen -DISCOVERY-  destiné à évaluer quatre traitements expérimentaux contre le Covid-19 démarre aujourd’hui.

Coordonné par l’Inserm (France) dans le cadre du consortium Reacting, cet essai inclura au moins 800 patients français atteints de formes sévères du COVID-19. A court terme, Il est prévu d’inclure 3200 patients européens incluant la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, le Royaume uni, l’Allemagne et l’Espagne.

 

L’essai DISCOVERY démarre avec cinq modalités de traitement :

 

- soins standards

- soins standards plus remdesivir,

- soins standards plus lopinavir et ritonavir,

- soins standards plus lopinavir, ritonavir et interféron beta

- soins standards plus hydroxy-chloroquine.

 

L’attribution des modalités de traitement se fera de façon randomisée, c’est à dire aléatoire, mais patients et médecins sauront quel traitement est utilisé (on parle alors d’essai ouvert). L’analyse de l’efficacité et de la sécurité du traitement sera évaluée 15 jours après l’inclusion de chaque patient.

 

Pandémies...

Camus, La Peste
Camus, La Peste

 

 

Face à l'épidémie actuelle liée à la propagation du Coronavirus 2019-nCoV, il faut savoir raison gardée !

  Certes l'épidémie s'étend, notamment en Europe, mais les cas graves restent limités (moins de 15%) et épargnent la jeunesse et les adultes bien portant. La létalité reste inférieure à 2% (et certainement beaucoup moins, car le nombre de cas signalés est certainement très supérieur à ce qui est détecté).

 

https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6.

  

Certes, il ne faut pas préjuger de l'avenir ; l'épidémie pourrait durer des mois, voire des années... mais la peur - la panique chez certains - pourrait avoir des conséquences économiques et sociétales, bien plus graves que la maladie.

 

Nous sommes en effet très loin des grandes pandémies, de peste par exemple, qui mettaient en péril l'existence même de villes entières.

La Peste

" Du port obscur montèrent les premières fusées des réjouissances officielles. La ville les salua par une longue et sourde exclamation. Cottard,* Tarrou,* ceux et celle que Rieux avait aimés et perdus, tous, morts ou coupables, étaient oubliés. Le vieux * avait raison, les hommes étaient toujours les mêmes. Mais c'était leur force et leur innocence et c'est ici que, par-dessus toute douleur, Rieux sentait qu'il les rejoignait. Au milieu des cris qui redoublaient de force et de durée, qui se répercutaient longuement jusqu'au pied de la terrasse, à mesure que les gerbes multicolores s'élevaient plus nombreuses dans le ciel, le docteur Rieux décida alors de rédiger le récit qui s'achève ici, pour ne pas être de ceux qui se taisent, pour témoigner en faveur de ces pestiférés, pour laisser du moins un souvenir de l'injustice et de la violence qui leur avaient été faites, et pour dire simplement ce qu'on apprend au milieu des fléaux, qu'il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser.

Mais il savait cependant que cette chronique ne pouvait pas être celle de la victoire définitive. Elle ne pouvait être que le témoignage de ce qu'il avait fallu accomplir et que, sans doute, devraient accomplir encore, contre la terreur et son arme inlassable, malgré leurs déchirements personnels, tous les hommes qui, ne pouvant être des saints et refusant d'admettre les fléaux, s'efforcent cependant d'être des médecins.

Ecoutant, en effet, les cris d'allégresse qui montaient de la ville, Rieux se souvenait que cette allégresse était toujours menacée. Car il savait ce que cette foule en joie ignorait, et qu'on peut lire dans les livres, que le bacille de la peste ne meurt ni ne disparaît jamais, qu'il peut rester pendant des dizaines d'années endormi dans les meubles et le linge, qu'il attend patiemment dans les chambres, les caves, les malles, les mouchoirs et les paperasses, et que, peut-être, le jour viendrait où, pour le malheur et l'enseignement des hommes, la peste réveillerait ses rats et les enverrait mourir dans une cité heureuse."

Camus - Fin du roman 

La peste noire (black death) : 1347 - 1352

" Le Triomphe de la Mort" par Pieter Brueghel l'Ancien, 1562
" Le Triomphe de la Mort" par Pieter Brueghel l'Ancien, 1562

 

«Les gardiens et les ministres de la loi étaient tous morts, malades, ou si démunis d’auxiliaires que toute activité leur était interdite. N’importe qui avait donc licence d’agir au gré de son caprice».

Bocacce - Decameron

 

La grande peste provoqua une hécatombe en Eurasie au XIVème siècle. On cite parfois le chiffre de 200 millions de morts. En Europe on dénombra au moins 30 millions de morts.

 

Au Moyen Age, la peste bubonique sévissait de façon endémique en Asie centrale.

 

En 1346, les Mongols de la Horde d'or assiégèrent Caffa (Théodosie), comptoir et port génois des bords de la mer Noire, en Crimée. L’épidémie, qui sévissait dans leurs rangs, toucha rapidement les assiégés.

 

Bientôt, le siège fut levé, faute de combattants.

 

Les bateaux génois, quittèrent Caffa, avec leurs pestiférés, qui, de port en port, disséminèrent le  bacille Yersinia pestis qui se répandit comme une traînée de poudre.

 

Constantinople fut la première ville touchée en 1347, puis la maladie atteignit Gênes et Marseille en novembre de la même année. 

 

Elle gagna rapidement Avignon, en janvier 1348, alors cité papale et carrefour du monde chrétien : les fidèles, présents en grand nombre, contribuèrent à sa diffusion. Début février, la peste atteignit Montpellier, puis Béziers. Le 16 février 1348, elle est à Narbonne, début mars à Carcassonne, fin mars à Perpignan...

 

En un an, la peste noire se répandit sur tout le pourtour méditerranéen. Elle progressa ensuite vers le nord.

 

Le bilan fut catastrophique : en France, en 1348, le taux de mortalité est de plus de 40% ; en Europe, selon les pays et les sources, il se situe entre 30 et 60%.

 

Article de fond : 

Network theory may explain the vulnerability of medieval human settlements to the Black Death pandemic

 

La grande peste de Londres - 1665

Un chariot de la mort à Londres en 1665 - Edmund Evans
Un chariot de la mort à Londres en 1665 - Edmund Evans

La peste noire a touché Londres vers l'automne 1348, causant la mort de près de 40% de la population.

 La peste reviendra 18 fois entre 1369 et 1485  puis ensuite, selon un rythme décennal, au XVI siècle avec des pics vers 1610 et 1630.

 

On pense que la Grande Peste est arrivée à Londres fin 1664, probablement transmise par des expéditions de coton en provenance d'Amsterdam où la maladie s'était établie en 1663-1664, causant 50 000 décès.

 

En avril 1665, on comptait 400 décès par semaine. Pendant l'été, la maladie flambait. Le roi et son Conseil privé prennent les premières mesures pour limiter la contagion, mais si la maladie était assez bien connue à l'époque, les nombreux médecins et guérisseurs en place étaient totalement démunis.

 

En juillet 1665 les plus riches désertent Londres, les pauvres "meurent comme des mouches".

Il y avait tellement de morts à enterrer que "les cimetières étaient surpeuplés". Les croque-morts erraient dans la ville avec de grandes charrettes en criant «Sortez vos morts».

 

Lire l'ouvrage du grand scientifique Robert BoyleThe Plague of London from the Hand of God (1665).

 

 

Dès lors la panique s'installe à Londres. Les corps commencent à s'entasser à l'extérieur des maisons, les rues sont jonchés de cadavres.

Ordre est donné d'abattre chiens et chats. De grands feux sont allumés dans les rues, la fumée étant censée éliminer la maladie.

 Le célèbre diariste Samuel Pepys écrit :

 

"Seigneur ! Comme les rues sont vides et mélancoliques, tant de pauvres malades dans les rues pleines de plaies… à Westminster, il n'y a pas de médecin et il ne reste qu'un apothicaire, tous sont morts. » 

 

En septembre 1665, on compte officiellement  7 000 morts par semaine. En réalité certainement beaucoup plus.

 

Avec l'arrivée d'un temps plus froid à l'automne et à l'hiver 1665, la peste a lentement commencé à refluer.

 

Cependant, la vie à Londres n'a repris son cours normal qu'en 1666. En septembre de la même année, la ville a connu une autre tragédie : le grand incendie de Londres. On pense qu'il a aidé à débarrasser Londres de la peste une fois pour toutes.

 

 

 

Le grand incendie de Londres (1666)
Le grand incendie de Londres (1666)

Les séquelles

 

Selon le London Bill of Mortality, 68 596 personnes étaient mortes de la peste en 1665. Encore une fois, on pense également que ce nombre était largement sous-estimé. 

 

À la suite de la grande peste et du grand incendie, la ville de Londres a été en grande partie reconstruite.

 

La ville a été assainie. Les rues ont été élargies, des chaussées et des égouts ont été installés et les bâtiments ont été reconstruits à l'aide de matériaux plus sûrs.

 

 

 

 

 

 

La grande peste de Londres selon Daniel Defoe

En 1722, Daniel Defoe publie le Journal de l’Année de la Peste (A Journal of The Plague Year).

 

Lorsqu’il publie son Journal le 17 mars 1722, Defoe a à l’esprit la peste qui a ravagé Marseille et sa région, deux ans plus tôt.

 

Auteur de best-sellers comme Robinson Crusoé (1719) et (Heurs et malheurs de la fameuse) Moll Flanders (1722), mais aussi journaliste toujours à l'affût d'une grande affaire, Defoe voit là l'occasion d'un livre qui rappelle le drame de Londres, 55 ans plus tôt.

Réunissant avec une rigueur toute scientifique témoignages et documents, Defoe a laissé de la peste une description digne des grands cliniciens du XIXe siècle. 

 

Il s'agit du récit, relaté par un personnage-narrateur-observateur-témoin-chroniqueur (H. F.) qui vit à Londres durant la grande peste. Il arpente les rues de la ville et reconstruit, par et dans son écriture, l’expérience de la maladie, à laquelle il échappe de façon quasi miraculeuse.

 

La contagion, dans son sens médical, est au cœur du Journal. Elle est à l’origine de la plupart des questions que H. F. pose de façon lancinante : a-t-on plus de chance d’éviter la contagion en restant sur place ou en fuyant ? Est-il efficace, pour éviter que la maladie ne se répande, de fermer les maisons et d’empêcher leurs habitants, même sains, de sortir, dès qu’un cas de peste s’est déclaré dans un foyer ? Que deviennent les rapports entre les gens et quel aspect prend une ville en cas de contagion généralisée ?...

 

 Alors que le discours médical est à l'époque général et théorique, Defoe offre des exemples frappants, plus ou moins détaillés, du processus, où le général est envisagé non comme un tout indifférencié, mais comme une accumulation ou une concentration d’individualités, dont la somme renforce l’effroi du lecteur.

Il raconte notamment l'histoire de cette femme embrassée par un pestiféré :

 

" il la maîtrisa et l’embrassa ; puis, ce qui fut bien pire, quand il l’eut fait, il lui dit qu’il avait la peste et qu’il n’y avait pas de raison pour qu’elle ne l’eût pas aussi bien que lui. Elle était déjà assez terrifiée avant cela… mais quand elle l’entendit déclarer qu’il avait la peste, elle poussa un cri perçant et tomba en pâmoison ou en syncope dont […] elle mourut au bout de quelques jours".

"La certitude de l’infection est aussi mortelle que l’infection elle-même "

 

Et puis progressivement la mort devient si familière que l'on s'y accoutume :

"« En fait, on ne voyait pas par les rues les gens en deuil, car personne ne se mettait en noir ou ne portait officiellement de vêtements funèbres, fût-ce pour les parents les plus proches ; mais on y percevait partout la véritable voix du deuil. Les passants avaient si souvent à entendre les cris des femmes et des enfants aux fenêtres et aux portes des maisons où les êtres les plus chers étaient peut-être mourants ou venaient de mourir, que c’en était assez pour percer le cœur du plus ferme. Dans presque chaque demeure, ce n’étaient que pleurs et lamentations, surtout au début de la calamité ; car vers la fin, les cœurs étaient endurcis, et la mort se trouvait si constamment exposée aux yeux que les gens ne s’émouvaient plus autant de celle des proches, chacun s’attendant à être lui-même appelé dans l’heure suivante ».

 

C’est un document irremplaçable par sa rigueur sociologique, médicale, historique.

 

La grande peste de Marseille - 1720

Le Grand -Saint-Antoine
Le Grand -Saint-Antoine

Marseille a été touchée plusieurs fois par la peste, mais l’épidémie de 1720 est la plus sanglante : 40 000 Marseillais meurent de la maladie, soit la moitié de la population de l’époque.

 

En mai 1720, le Grand Saint-Antoine revient dans la Cité Phocéenne, qu’il a quitté neuf mois plus tôt, après plusieurs escales au Proche-Orient. Sa cargaison, qui appartient à des notables, se compose d’étoffes de soie et de balles de coton, destinées à être vendue à la foire de Beaucaire, au mois de juillet.

 

Lors de toutes ses escales, le Grand Saint-Antoine a obtenu des patentes nettes. Pourtant, au cours de son voyage, le navire enregistre neuf décès à bord, dus à une fièvre maligne pestilentielle. Le bateau s’est vu refusé l’entrée au port de Livourne (Italie), juste avant son arrivée à Marseille, à cause de cette fièvre.

 

Cependant, et malgré les informations données par le capitaine,  les marchandises sont débarquées aux infirmeries du Lazaret d’Arenc, après la probable intervention des propriétaires de la cargaison auprès des échevins.

 

François-Xavier de Belsunce, évêque de Marseille pendant la Grande peste
François-Xavier de Belsunce, évêque de Marseille pendant la Grande peste

Il faudra attendre la fin du mois de juin 1720, soit un mois après l’arrivée du Grand Saint-Antoine, pour que le bureau de santé ne prenne de réelles mesures sanitaires. Le navire est brûlé sur l'île de Jarre.

 

Hélas, les tissus issus des cargaisons du bateau ont été sortis en fraude des infirmeries.

Dès le mois de juin, de nombreux cas de peste sont identifiés et l'épidémie flambe très vite.

 Fin juillet la ville est mise en quarantaine, début août on note plus de 100 décès par jour.

 

L'épidémie franchit cependant les limites de la ville. Les communes alentours, Allauch, Aubagne, Cassis notamment, sont atteintes.

La peste va même plus loin : Aix-en-Provence, Arles, Toulon, Alès, Avignon, le Gévaudan… sont touchés.

 

Les médecins de Montpellier et le premier médecin du régent, Pierre Chirac, confirment la nature de l'épidémie.

 

Si l’épidémie recule à partir d’octobre 1720, il faudra toutefois attendre la fin de l’année 1722 pour que s’éteignent les derniers foyers de peste en Provence. Au total, sur une population de 400 000 personnes, entre 90 000 et 120 000 victimes sont à déplorées. A Marseille, on compte entre 30 000 à 40 000 décès sur les 80 000 à 90 000 habitants que comptait la Cité Phocéenne avant la maladie.

Sur le plan économique, le port de Marseille sera durement touché.

La science réécrit l'histoire

Photographie de fouilles à l'Observance à Marseille, France
Photographie de fouilles à l'Observance à Marseille, France

Les scientifiques, qui disposent aujourd'hui des moyens de remonter le temps, se penchent depuis quelques années sur ces grandes épidémies de peste.

 

Une équipe de l'Institut Max-Planck (MPI), en Allemagne est parvenue à reconstituer le génome du bacille Yersinia pestis, à l'origine de l'épidémie de peste qui a ravagé Marseille entre 1720 et 1722.

 

En 2015, des échantillons prélevés sur les dents de cinq personnes décédées de peste lors de la dernière grande épidémie européenne de peste en 1722 à Marseille, ont été analysés.

Les séquences d'ADN de ces échantillons bactériens ont ensuite été comparées aux séquences d'ADN des Y. pestis modernes et à d'autres échantillons historiques de la bactérie. Les résultats ont montré que les bactéries de l'épidémie de Marseille ont probablement évolué à partir de la souche qui a provoqué la peste noire au 14ème siècle.

 

Ces travaux prouvent que le pathogène ne venait pas d'Asie, comme on le croyait jusqu'alors, mais descendait directement du responsable de la première pandémie ayant ravagé l'Europe au 14e siècle, la "peste noire". 

Autrement dit, "le bacille de cette peste noire médiévale a persisté localement pendant plusieurs  siècles avant de resurgir brusquement !"

 

Le Grand-Saint-Antoine,  arrivé à Marseille le 25 mai 1720 en provenance du Levant serait-il donc innocent ?

 

Il reste cependant à comprendre les mécanismes qui ont conduit à la brusque disparition de la peste en Europe et à sa résurgence.

Mémoire de la grande peste de 1720

L'arbre de mai à Cucuron (photo personnelle)
L'arbre de mai à Cucuron (photo personnelle)

Le souvenir de ces événements est resté longtemps ancré dans la mémoire collective.

 

Ainsi chaque année, sans interruption depuis 1720, les habitants de Cucuron, petit village du Luberon (Vaucluse) perpétuent une tradition mi-païenne, mi-chrétienne : celle de l’Arbre de mai, en remerciement à leur patronne Sainte Tulle, qui, d’après la légende, stoppa l'épidémie qui avait déjà emporté le tiers des villageois.

Cette tradition, dans laquelle bon nombre de familles cucuronnaises sont investies, consiste  à porter à dos d’hommes un peuplier décoré, sur lequel « l’Enseigne »,  monte à califourchon en brandissant le drapeau national … Après un parcours( toujours difficile) dans les petites rues du village, l’arbre, plus haut que le clocher de l’église (24 m), sera planté sur le parvis de l’église ND de Beaulieu. Il y restera jusqu’au 15 août.

 

La grippe espagnole

A Montréal, au plus fort de l'épidémie, on comptait un mort toutes les neuf minutes
A Montréal, au plus fort de l'épidémie, on comptait un mort toutes les neuf minutes

Fin 1918, la grande guerre se termine et l'épidémie de la grande grippe dite espagnoleappelée ainsi parce qu'elle fut annoncée dans la presse espagnole - dont le pays était exempt (la presse des belligérants était censurée), prend son envol. Il sera foudroyant.

C'était il y a exactement 100 ans.

 

On estime que cette pandémie affecta un tiers de la population mondiale (qui était de 1,83 milliard d'habitants à l'époque) et que plus de 50 millions de personnes en périrent (dont 170 000 en France).

 

 On sait maintenant que le virus responsable de la grippe espagnole est né de la combinaison d'une souche humaine, provenant de la grippe saisonnière H1N8, en circulation entre 1900 et 1917, avec des gènes aviaires de type N1. Ainsi naquit, en 1917 ou 1918, une souche H1N1, ancêtre de la variante qui sema la panique en 2009.

 

Originaire probablement de Chine, la mutation du virus se serait produite au Kansas. Le virus serait passé ensuite du canard à l'humain - directement ou via le porc  -. Le virus a rapidement touché l'ensemble des États-Unis, où il aurait muté, pour donner une nouvelle souche ultra virulente (qui ne tardera pas à nous tomber dessus disent certains virologues),  trente fois plus mortelle que les grippes communes. Elle devint une pandémie, lorsqu'elle passa des États-Unis à l'Europe, puis dans le monde entier, par les échanges entre les métropoles européennes et leurs colonies.

 

VOIR : 

The 1918–19 influenza pandemic revisited