Juan Gris - La fenêtre ouverte (1921)

Jour de deuil

Le combat du XXIe siècle : obscurantisme vs Lumières !

Le grand amphithéâtre de la Sorbonne
Le grand amphithéâtre de la Sorbonne

Depuis bientôt 30 ans, le monde, sur les 5 continents, est entré dans une période de glaciation.

 

Cela apparaît de façon évidente dans les pays de confession musulmane, où le fondamentalisme dicte sa loi, mais c'est aussi très clairement le cas dans nos pays occidentaux.

Regardons par exemple l'Amérique profonde incarnée par Trump...

 

Partout, c'est un rejet des Lumières qui est à l'oeuvre.

 

Au XVIIIème siècle, en quelques mots, Emmanuel Kant donnait une réponse éloquente à la question "Qu'est-ce que les Lumières ?"

 

"La sortie de l’homme de sa minorité, dont il est lui-même responsable. Minorité, c’est-à-dire incapacité de se servir de son entendement (pouvoir de penser) sans la direction d’autrui..."

 

"(Ose penser) Aie le courage de te servir de ton propre entendement."

Voilà la devise des Lumières.

 

Depuis 30 ans, le retour des Dieux, des gourous, des prédicateurs, des charlatans, des dictateurs, des faux prophètes, incite justement les peuples à se tourner vers des maîtres à penser, et jamais la tentation d'aligner son jugement sur celui de ces créatures maléfiques n'a été aussi présente.

 

J'ai dit sur ce site mon admiration pour Denis Diderot, pour moi le maître des Lumières, j'ai aussi cité Voltaire et sa dénonciation du fanatisme, vous pourrez lire deux articles les concernant en cliquant ci-dessous :

 

VOLTAIRE - F comme fanatisme

Diderot et les Lumières

 

"Que faire face à des cerveaux malades, manipulant des cerveaux vides, en brandissant la croix, le croissant ou la bible ?

Que dire à leurs admirateurs, à ceux qui acclament leur haine, leur violence, leur bêtise ?

 Je prends le pari de Voltaire en tablant sur l'éducation et la culture, mais dans un monde plus juste ou chacun puisse trouver sa place et vivre dignement." JPL

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Liberté !

 

" Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer..."

A. Rimbaud

 

L'heure est au deuil, pas aux invectives

J'ai toujours pensé, dit et écrit, que la religion était une bombe atomique aux mains des incultes, des frustrés, des malades. Mais ceux-là ne sont pas ceux qui appuient sur le bouton et c'est d'abord aux pousse-au-crime qu'il faut s'attaquer, à tous ces imans venus d'Arabie, du Qatar et d'ailleurs, prêcher la haine du mécréant au nom d'un islam fondamentaliste criminel et barbare.

JPL

 

Lire sur mon blog :

 

Que me reste-t-il de sacré ? (22 janvier 2012)

 " Est sacré l'être, la chose ou l'idée à quoi l'homme suspend toute sa conduite, ce qu'il n'accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu'il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix." Roger Caillois,  L'Homme et le sacré (1939)

 

- Sous le voile des femmes (09 avril 2016)

"Le voile n’est pas, comme certaines essayent de le défendre, l’expression d’une diversité «culturelle», mais bel et bien un outil de différenciation et de discrimination religieux, du simple fait qu’il est imposé strictement aux femmes, et qu’il n’existe pas une expression culturelle équivalente pour l’homme musulman."

Joumana Haddad, écrivain, poétesse et journaliste libanaise

 

Emmanuelle Charpentier, prix Nobel de chimie !

 

 

Je l'avais annoncé ici il y a 5 ans :

 

 Magnifique prix Nobel de Chimie pour la Française Emmanuelle Charpentier (avec l'Américaine Jennifer Doudna) et la technique d'édition des gènes CRISPR-Cas 9.

 

La microbiologiste française, Emmanuelle Charpentier (Max Planck Unit for the Science of Pathogens), est une véritable pionnière dans le domaine. Avec sa consoeur américaine, Jennifer Doudna (Berkeley), elle a montré tout le potentiel du système CRISPR-Cas9 (Cas9 est une endonucléase, permettant de couper l'ADN sur deux zones de coupe actives, une pour chaque brin de la double hélice).

 

Ce système constitue un extraordinaire tandem pour détecter facilement une séquence d'ADN donnée, puis la découper avec précision.

 

E. Charpentier a montré qu'il pouvait être utilisé pour supprimer un gène déficient (ou néfaste). Il suffit de fabriquer en laboratoire un « ARN guide » correspondant au gène que l'on souhaite cibler, puis de l'arrimer à une enzyme Cas9.... qui coupe alors ce gène.

 

Une véritable révolution en génie génétique qui envoie aux oubliettes les méthodes mises au point antérieurement (ZFNs, TALENs).

 

 Leurs principales publications :

- dans Nature,

- dans Science,

- dans Cell.

 

NB : on ne s'étonnera pas du fait qu'un chercheur de ce calibre, entièrement formé en France, ait été obligé de s'exiler pour trouver les moyens de s'exprimer et d'arriver à ce niveau. Les travaux d'Emmanuelle Charpentier se situaient à l'origine dans le domaine de la recherche fondamentale, délaissée en France par des politiques incompétents (de tous bords), qui ne jurent que par la "recherche appliquée", ignorant que TOUTES les grandes inventions sont issues de la recherche fondamentale.

Crédits faméliques, salaires de misère, administration parfois obtuse, corporatisme, temps perdu sur des appels à projet contrôlés par une petite coterie... la recherche en France traine sa peine et c'est pitié de voir nos meilleurs jeunes s'expatrier.

 

" La diffusion des lumières n'exige autre chose que la liberté, et encore la plus inoffensive de toutes les libertés, celle de faire publiquement usage de sa raison en toutes choses."

 KantQu’est-ce que les lumières ?, 1784

 

Blog

 

Billets d'humeur -depuis janvier 2009 - classés, pour simplifier, en six rubriques : arts, histoire, philosophie, politique, société, sciences.

Rappel : philosophie = aime la sagesse !

 

Planète vivante

Ressources pillées, biodiversité gravement altérée, pollutions majeures, climat déréglé... l'avenir de l'homme sur la Terre s'avère très sombre !

 


Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus

 aussi: https://www.jeanpierrelavergne.fr/                                 


Science et politique

Trump et les dommages faits à la science

La plus prestigieuse revue scientifique au monde - Nature - dresse le bilan catastrophique des 4 années de la présidence Trump, sur le plan scientifique :

 

"Les actions du président américain ont exacerbé la pandémie qui a tué plus de 200 000 personnes aux États-Unis, fait reculer les réglementations environnementales et de santé publique et sapé la science et les institutions scientifiques. Certains des dommages pourraient être permanents."

 

Dans un article détaillé, le journal décrit l'ampleur des dégâts :

 

- pandémie non contrôlée ("contrôler le message pas le virus" !),

- ingérence catastrophique dans la politique de santé,

- climat détérioré,

- guerre contre l'environnement,

- agences et institutions scientifiques démantelées ou à l'abandon,

- isolationnisme scientifique, qui ne peut que porter un énorme préjudice aux grands instituts américains qui attiraient les meilleurs jeunes du monde entier,

- mise en cause permanente du discours scientifique, avec la mise en avant de vérités subjectives, de théories fumeuses, au gré de ses humeurs et des avis de quelques gourous qui l'entourent.

 

En fait, en leader classique de l'extrême-droite,  Donald Trump s'est fait le héraut du complotisme international, sur à peu près tous les sujets touchant à la science et à la santé.

 

Les scientifiques doivent réagir face à l'ingérence des politiciens

Albert Einstein, un scientifique qui résistait aux politiciens
Albert Einstein, un scientifique qui résistait aux politiciens

Face à ces attaques tous azimuts, les scientifiques doivent-ils courber l'échine et attendre des jours meilleurs ?

 

Alors que certains dommages semblent déjà irréparables, il est évident que 4 nouvelles années sous ce régime, entraîneraient la science américaine - mais pas que -  dans une spirale négative désastreuse.

 

C'est pourquoi "Nature" a décidé de prendre le taureau par les cornes en publiant un éditorial (en ligne le 6 octobre 2020) où il annonce à ses lecteurs :

 

Nous prévoyons d'étendre la couverture politique du monde entier et de publier davantage de recherches primaires en science politique et dans des domaines connexes." 

 

En effet :

 

" La science et la politique ont toujours dépendu l'une de l'autre. Les décisions et les actions des politiciens affectent le financement de la recherche et les priorités de la politique de recherche. En même temps, la science et la recherche informent et façonnent un éventail de politiques publiques, de la protection de l'environnement à l'éthique des données. Les actions des politiciens affectent également l'environnement de l'enseignement supérieur. Ils peuvent garantir le respect de la liberté académique et engager les institutions à travailler plus dur pour protéger l'égalité, la diversité et l'inclusion, et à donner plus d'espace aux voix de communautés auparavant marginalisées. Cependant, les politiciens ont également le pouvoir d'adopter des lois qui font le contraire ."

 

L'autonomie scientifique menacée : 

 

"Peut-être encore plus troublant sont les signes que les politiciens repoussent le principe de la protection de l'autonomie scientifique ou de la liberté académique. Ce principe, qui existe depuis des siècles - y compris dans les civilisations précédentes - est au cœur de la science moderne."

 

Enfin :

 

" Lorsque les politiciens et les fonctionnaires recherchent des conseils ou des informations auprès des chercheurs, c'est à condition qu'ils ne puissent pas dicter les réponses. C'est la base de l'alliance d'aujourd'hui entre la science et la politique, et elle s'applique à un large éventail de domaines de recherche, d'éducation, de politique publique et de réglementation."

 

En conclusion :

 

"Le principe selon lequel l'État respectera l'indépendance des chercheurs est l'un des fondements de la recherche moderne, et son érosion comporte de graves risques pour les normes de qualité et d'intégrité de la recherche et de l'élaboration des politiques. Lorsque les politiciens rompent cette alliance, ils mettent en danger la santé des personnes, l'environnement et les sociétés."

 

Voila une prise de position qui mettra du baume au coeur des scientifiques du monde entier !

 

Arts et sciences

La chaire "arts et sciences"

Néphélographe : Jean-Marc Chomaz, Ana Rewakowicz et Camille Duprat, Nuit blanche 2018 © Photo : Ana Rewakowicz
Néphélographe : Jean-Marc Chomaz, Ana Rewakowicz et Camille Duprat, Nuit blanche 2018 © Photo : Ana Rewakowicz

J'ai déjà évoqué cette chaire, créée en 2017, qui associe l'Ecole Polytechnique (Paris) et  l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs - PSL.

 

Ce partenariat inédit entre une école d’art, une école scientifique fonctionne comme un programme de collaborations entre chercheurs, artistes, scientifiques et designers, afin de créer un discours commun autour de l’interdépendance à notre environnement : questions climatiques, relations au monde végétal et aux technologies, matière(s) en mouvement.

 

À l’École polytechnique, les activités de la Chaire arts & sciences s’inscrivent dans un programme arts & sciences porté par le Laboratoire d’hydrodynamique (LadHyX) fondé par Jean-Marc Chomaz, en lien avec le le laboratoire interdisciplinaire en sciences humaines et sociales (LinX). Une quinzaine de chercheurs issus de différents laboratoires de l’École polytechnique (le LMS, Laboratoire de mécanique des Solides, le LLR, Laboratoire Le Prince Ringuet, le CiMeX, Centre Interdisciplinaire de Microscopie Electronique, le CMAP, Centre de mathématiques appliquées) y sont régulièrement associés.

 

 

Transmutation de base / Alien-Migration, Aniara Rodado et Jean-Marc Chomaz © Photo : Merryl Messaoudi
Transmutation de base / Alien-Migration, Aniara Rodado et Jean-Marc Chomaz © Photo : Merryl Messaoudi

Les chercheurs et plasticiens proposent des expériences esthétiques et réflexives autour de thématiques liées :

 

- au climat, avec des évènements majeurs tels que le symposium de recherche Useful Fictions, les travaux du Labofactory (Jean-Marc Chomaz),

 

- à l’interaction homme-machine “Behavioral Objects” et à la matière "Behavioral Matter”, notamment le projet Additive Manufacturing 3D-4D  développé conjointement entre EnsadLab et le LSI de l’École polytechnique,

 

- au végétal, à la matière et au vivant : installations d’Aniara Rodado questionnant notre relation aux plantes (Transmutation de base, Transcriptions végétales…), workshop et colloque « Devenir Plante" , workshop international  "Behavioral Matter”, séminaire " composer avec le vivant ” et soirée “Dissect”…

 

Quelques boursouflures et présentations pompeuses, mais un travail de recherche intéressant.

 

 

Astrobiologie et origine de la vie

Le 23 avril 2019, un rocher spatial de la taille d'une machine à laver s'est brisé dans le ciel, au-dessus du village Aguas Zarcas, dans la forêt tropicale du Costa Rica.

Les météorites ne sont pas rares,  mais Aguas Zarcas, est une chondrite carbonée, un vestige immaculé du système solaire primitif. La grande majorité des météorites sont des morceaux de pierre ou de métal alors que les chondrites carbonées sont riches en carbone - et pas seulement en carbone inorganique, mais aussi en molécules organiques aussi complexes que les acides aminés, les éléments constitutifs des protéines. 

 

Aguas Zarcas ressemble à la légendaire chondrite carbonée qui a explosé en 1969 au-dessus de Murchison, dont j'ai déjà parlé ici.

À ce jour, les scientifiques y ont reconnu près de 100 acides aminés différents, dont beaucoup sont utilisés par des organismes sur Terre et de nombreux autres rares ou inexistants dans la vie terrestre. 

Murchison contenait également des nucléobases, les éléments constitutifs de molécules génétiques telles que l'ARN, et en novembre 2019, les chercheurs ont découvert un composant majeur du squelette de l'ARN: la molécule de sucre ribose.

Les 30 kilogrammes d'Aguas Zarcas sont prometteurs car en 50 ans la science a beaucoup progressé : les scientifiques vont pouvoir appliquer des techniques modernes pour préserver et sonder la nouvelle météorite. Ils pouvaient déceler de fragiles composés organiques et découvrir non seulement les acides aminés et les sucres, mais aussi les protéines, qui ont longtemps été suspectées, mais jamais confirmées dans une météorite.

Cosmochimie

Aguas Zarcas pourrait  fournir aux scientifiques des informations sur trois périodes anciennes de l'univers.

 

La premiere est antérieure au système solaire. 

Il y a 7 ou 8 milliards d'années, des particules de poussière d'étoiles ont été éjectées de supernovae et des atmosphères extérieures d'étoiles vieillissantes. Ces poussières d'étoiles, faites de matériaux résistants tels que le graphite, le diamant ou le carbure de silicium ont dérivé dans l'espace, constituant un nuage interstellaire sans nom.

 

Dans la phase suivante, ce nuage informe s'est effondré en un disque tourbillonnant autour du Soleil nouveau-né, générant une chaleur de friction qui a transformé ces grains présolaires en une vapeur bouillonnante.

 

 Au fur et à mesure que le disque refroidissait, les premiers solides se condensaient en des amas cristallins d'aluminium et de calcium aussi gros que des graines de pavot. Ces fragments datent de 4,56 milliards d'années, définissant l'âge du système solaire. En quelques millions d'années, des gouttes de roche fondues se sont refroidies en sphères vitreuses - les «chondrules» qui donnent leur nom aux chondrites.

 

Puis, dans la troisième phase, ces petites particules ont commencé à s'assembler dans des roches, parmi lesquelles ce qui allait devenir Aguas Zarcas. La future météorite a évité les planètes, voyageant à bord d'un petit astéroïde, dans un vide glacé, bien au-delà de Jupiter. Cela lui a permis d'éviter d'être fondue par le soleil.

L'astéroïde s'est ensuite développé en amassant de la glace et du carbone.

 

Tandis que ce voyage sidéral se poursuivait, sous l'effet de la lumière du soleil, la chimie prébiotique entrait dans la danse.

 

L'apport d'eau sur Terre par les astéroïdes aurait été massif : les cosmochimistes estiment que la moité de l'eau des océans a cette origine ! 

Ainsi, l'analyse des échantillons prélevés sur l’astéroïde Itokawa par la sonde spatiale japonaise Hayabusa, grâce à un spectromètre de masse à ions nanométriques (NanoSIMS), a montré qu'il recelait une quantité d'eau qui dépassait de beaucoup la moyenne observée pour des objets du système solaire interne.

 

 

En des millions d'années cette chimie produisit des molécules élémentaires, telles que le cyanure d'hydrogène, puis plus complexes comme les acides aminés et finalement toutes les molécules de base constituant le vivant.

 

Et puis Aquas Zarcas comme Murchinson et des milliers de ses semblables, a achevé son voyage sur la planète bleue y apportant la vie... comme le pense de nombreux scientifiques.

Le hasard avait fait son oeuvre, la nécessité (l'évolution) allait faire le reste.

 

Aux origines de la vie : le mystère de l'asymétrie

Aminoacides énantiomères
Aminoacides énantiomères

 J'ai expliqué ICI que vie et homochiralité sont indissolublement liées : la vie est basée sur des protéines construites à partir de 19 aminoacides lévogyres (plus la glycine qui n'a pas de centre d'asymétrie) et sur des acides nucléiques (ADN, ARN) dont la partie sucre (ribose ou désoxyribose) est dextrogyre.

 

D'où vient cette étrange discrimination ? Quand le chimiste organicien réalise une simple synthèse d'acides aminés, il obtient un mélange 50:50 des deux énantiomères (un mélange racémique).

Pour obtenir un excès énantiomérique, il va devoir utiliser une assistance ou un catalyseur qui induiront une différentiation.

 

La question fondamentale qui est posée, quant à l'élaboration du Vivant, concerne donc l'origine de cette chiralité.

 

Pour de nombreux spécialistes, c'est l'irradiation par une source d'UV lointains, polarisés circulairement, qui est à l'origine de la production d'un excès énantiomérique à partir d'aminoacides racémiques.

 

C'est donc dans ces astéroïdes qu'il faut chercher la présence de ces fameuses molécules chirales.

 

Ainsi, dans Aguas Zarcas on a identifié de l'isovaline - un aminoacide assez rare sur terre - avec un excès de 15% de forme gauche (lévogyre). Des résultats similaires ont été obtenus pour Murchison et d'autres chondrites carbonées.

 

Il semble donc bien que l'asymétrie initiale vienne de l'espace.

 

La vie sur Terre est  probablement issue d'une très hasardeuse collision avec ces drôles de réacteurs chimiques, venus du fin fond de l'univers, qui nous ont apporté l'eau et toutes les briques élémentaires du Vivant.

La suite n'était plus qu'un jeu d'enfant... qui a quand même pris quelques milliards d'années... !

 

 

 

LIRE dans la revue Science :

An unusual meteorite, more valuable than gold, may hold the building blocks of life

 

 

Sciences et histoire

 

Dans les recherches historiques, les sciences occupent une place qui ne cesse de croître

 J'ai évoqué ICI le travail sur le génome ancien qui a révolutionné nos connaissances sur Néandertal et la préhistoire.

 J'ai présenté aussi le travail magnifique réalisé dans le cadre du projet Venice Time Machine, qui met l'intelligence artificielle au service de la construction, à partir d'archives, "d'un modèle multidimensionnel de la Sérenissime  et de son évolution couvrant une période de plus de 1000 ans".

J'ai montré comment l'histoire avec un grand H s'inscrit dans les glaciers...

 Ce ne sont que des exemples parmi des centaines d'autres.

Aujourd'hui, les historiens s'appuient sur des cohortes de scientifiques venus de divers horizons : archéologues, géologues, sismologues, glaciologues, chimistes, informaticiens, physiciens... pour cerner au plus près une vérité qui ne se dévoile que sous les assauts répétés de technologies de plus en plus pointues et la mise en commun de multiples savoir. L'archéoscience est une (pluri) discipline... d'avenir !

Ides de Mars, soleil noir et volcans

Un éruption en Alaska a-t-elle précipité la fin de la République romaine ?

" César, enveloppé de toutes parts, ne voit en face de lui, de quelque côté qu’il se tourne, que des glaives acharnés à le frapper au visage et aux yeux ; ballotté entre les mains de tous, il se débat comme un fauve. Tous doivent prendre part au sacrifice et goûter au meurtre ; aussi Brutus lui porte-t-il un coup dans l’aine. Certains disent que César se défendait contre les autres, en se jetant de tout côté et en criant, mais que, lorsqu’il vit Brutus lever son épée nue, il tira sa gorge sur sa tête et se laissa tomber, poussé par le hasard ou par ses meurtriers, près du piédestal sur lequel se dressait la statue de Pompée."

Plutarque, Vies Parallèles, « César », LXIII, 5 – LXVI, 14

 

 

En 44 avant JC, Jules César est parvenu au sommet de la République romaine. Il s'est même fait proclamer dictateur à vie.

Son attitude ambiguë et sa confiscation du pouvoir, provoquent le mécontentement d'une partie de l'aristocratie romaine qui craint (à juste titre) que César n'abolisse la République.

 

 Une soixantaine d'optimates prennent la décision de l'assassiner. Il sera exécuté lors d'une séance du sénat qui se tient aux ides de mars, le 15 du mois. Son fils adoptif, Brutus, lui donnera le coup de grâce.

 

Loin de sauver la République, le complot aboutira à la prise du pouvoir par Octave (fils adoptif de César) qui se fit couronner empereur sous le nom d'Auguste.

 

De nombreux historiens anciens ont rapporté la mystérieuse disparition du soleil, en 44, juste après la mort du dictateur romain. On pense aujourd'hui qu'elle était liée à une éruption de l'Etna.

 

Cependant, une équipe de scientifiques et d'historiens vient de découvrir que l'une des plus grandes éruptions connues de l'histoire, s'est produite en 43 avant notre ère - provoquant pendant deux ans de très inhabituelles conditions météorologiques, conduisant probablement à la disette et à la famine.

Ils pensent que ce sont ces événements qui ont précipité la chute de la République romaine et l'avènement de l'Empire.

 

Okmok en éruption
Okmok en éruption

Ces chercheurs ont donc mis en évidence, qu'au début de l'année 43, le volcan Okmok, en Alaska, dans les îles Aléoutiennes, a explosé, formant un cratère géant de 10 kilomètres de large.

Des particules bloquant la lumière du soleil ont pu s'élever dans la stratosphère arctique, d'où elles se seraient répandues facilement dans tout l'hémisphère Nord.

 

Dans leur publication (dans les Actes de l'Académie Nationale des Sciences des Etats-Unis, PNAS), ils affirment que cette éruption volcanique "a généré un climat extrême".

 

 

Bilan thermique et forçage radiatif : différence entre l'énergie radiative reçue et l'énergie radiative émise par un système climatique donné.
Bilan thermique et forçage radiatif : différence entre l'énergie radiative reçue et l'énergie radiative émise par un système climatique donné.

Leurs conclusions sont étayées par l'analyse de cendres volcaniques (tephra) emprisonnées dans six carottes de glace prélevées dans l’Arctique.

 

Elles confirment que l'une des plus grandes éruptions volcaniques des 2500 dernières années s'est produite au début de 43 avant notre ère, au niveau du volcan Okmok en Alaska.

 

Les enregistrements des variables climatiques montrent que 43 et 42 avant notre ère ont été parmi les années les plus froides des derniers millénaires dans l'hémisphère Nord.

 

La modélisation du système terrestre suggère que le forçage radiatif négatif de cette éruption massive à haute latitude, a entraîné des changements prononcés dans l'hydroclimat pendant la période de 2 ans suivant l'éruption. Des températures saisonnières, dans certaines régions méditerranéennes, jusqu'à 7 ° C sous la normale, et des conditions exceptionnellement humides. 

 

Bien qu'il soit difficile d'établir des liens de causalité directs avec des événements historiques peu documentés, les conditions humides et très froides de cette éruption massive de l'autre côté de la Terre ont probablement entraîné des mauvaises récoltes, la famine et des maladies.

 

 

L'empereur Auguste
L'empereur Auguste

 Il faut noter que les lettres de Cicéron, l'homme d'État romain dont la mort en 42 avant notre ère est considérée comme la fin symbolique de la république, mentionnent ce temps froid. 

 

D'autres sources documentent des famines dans le nord de l'Italie en avril et dans le nord de la Grèce l'année suivante.

 Plutarque, le célèbre biographe romain, a écrit que les hommes de l'armée de Marc Antoine avaient dû faire face à une terrible famine en avril 43 avant notre ère. 

 

L'historien Appien, a écrit que Rome avait été dévastée par la famine en 42 avant notre ère.

 

Des famines similaires ont été observées en Égypte, et il est tentant de supposer qu'elles ont affaibli l'Égypte, ce qui aurait aidé Octave, le successeur de César, à la conquérir et à consolider son emprise sur l'Empire naissant.

 

Bref, l'éruption d'un volcan en Alaska aurait donc favorisé la tâche du futur Auguste à Rome !

 

 Certains historiens pensent cependant que c'est pousser le bouchon un peu loin et que bien d'autres facteurs, notamment politiques, auraient eu raison d'une République, déjà mal en point au moment de la mort de César.

 

 

SRAS-CoV-2 - Actualités

 

Depuis le 19 mars 2020, je fais régulièrement le point sur l'avancée des recherches dans le domaine, à partir de sources scientifiques incontestables, citées dans les plus grandes publications scientifiques : Nature, Science, PNAS, Cell, The Lancet, New England Journal of Medicine...

 

 

06 octobre 2020

Mise au point du CDC sur la propagation du coronavirus

Les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américain, viennent, dans leur mise à jour du 5 octobre 2020, de préciser les conditions de la transmission du virus :

 

Le virus qui cause la COVID-19 semble se propager plus efficacement que la grippe d'une personne à une autre (un peu moins que la rougeole).

 

- Les personnes qui sont physiquement proches (à moins de 6 pieds) d'une personne atteinte du COVID-19 ou qui ont un contact direct avec cette personne sont les plus à risque d'infection.

* le pied correspond à 1/3 de verge anglaise (yard), c'est-à-dire 0,3048 mètre ; il est divisé en 12 pouces. La distance minimum de sécurité est donc d'environ 2 m.

 

 Lorsque les personnes atteintes de COVID-19 toussent, éternuent, chantent, parlent ou respirent, elles produisent des gouttelettes respiratoires. Les infections surviennent principalement par exposition à des gouttelettes respiratoires lorsqu'une personne est en contact étroit avec une personne atteinte du COVID-19.

 

- Certaines infections peuvent se propager par exposition au virus sous forme de petites gouttelettes et de particules qui peuvent persister dans l'air pendant des minutes à des heures. Ces virus peuvent être en mesure d'infecter des personnes qui se trouvent à plus de 6 pieds de la personne infectée ou après que cette personne a quitté l'espace.

 

- Il est prouvé que dans certaines conditions, les personnes atteintes de COVID-19 semblent en avoir infecté d'autres qui se trouvaient à plus de 6 pieds. Ces transmissions ont eu lieu dans des espaces clos qui avaient une ventilation inadéquate.

 

 Il est possible qu'une personne puisse contracter le COVID-19 en touchant une surface ou un objet contenant le virus, puis en touchant sa propre bouche, son nez ou ses yeux.

La propagation à partir de surfaces en contact n'est pas considérée comme un moyen courant de propager le COVID-19

 

Voila pourquoi l'imbécile qui est à la Maison-Blanche a contaminé ses proches, le cabinet présidentiel, son service de sécurité, les services de presse, plusieurs sénateurs et sans doute une kyrielle de supporters !

 

01 octobre 2020

Commençons octobre avec de bonnes nouvelles !

 

Alors que la pandémie fait rage, deux publications positives ont retenu mon attention :

A propos des vaccins à ARNm

Parmi toutes les approches vaccinales, celle qui suscite le plus d'intérêt est la technique révolutionnaire des ARNm, qui n'a jamais, à ce jour, été utilisée.

Je l'ai évoquée à plusieurs reprises dans ce journal.

 

La société Moderna, la plus en avance dans ce domaine, vient d'annoncer des résultats très encourageants, notamment pour les personnes âgées.

Leur vaccin  consiste en un fragment d'ARN qui code une version modifiée d'une protéine SARS-CoV-2.

 

Dans une publication, dans le très sérieux New England Journal of MedicineEvan Anderson de l'École de médecine de l'Université Emory à Atlanta, en Géorgie, et ses collègues qui ont étudié la réponse de 40 personnes âgées de 56 ans et plus au vaccin mis au point par la société de biotechnologie Moderna (mRNA-1273), annoncent que :

 

"Les participants ont développé plusieurs types d'anticorps - des molécules immunitaires qui combattent l'infection - y compris des anticorps neutralisants, qui peuvent désarmer un microbe envahisseur. Après avoir reçu une deuxième dose du vaccin, les participants avaient des niveaux d'anticorps similaires à ceux des participants du groupe témoin qui s'étaient rétablis du COVID-19. Tous les effets secondaires étaient généralement légers à modérés."

 

C'est une très bonne nouvelle... à confirmer !

 

 

A propos des masques

Dans le même journal, deux auteurs affirment que :

 

 "L'un des piliers de la lutte contre la pandémie de Covid-19 - le masquage facial universel - puisse aider à réduire la gravité de la maladie et garantir qu'une plus grande proportion de nouvelles infections sont asymptomatiques. 

Si cette hypothèse se confirme, le masquage universel pourrait devenir une forme de «variolation» qui générerait une immunité et ralentirait ainsi la propagation du virus aux États-Unis et ailleurs, en attendant un vaccin."

 

Les auteurs font remarquer que les pays qui ont adopté le masquage à l'échelle de la population, ont obtenu de meilleurs résultats en termes de taux de maladies graves liées à Covid et de décès, ce qui, dans des environnements où les tests sont limités, suggère un passage des infections symptomatiques aux infections asymptomatiques

Une autre expérience dans le modèle de hamster syrien a simulé le masquage chirurgical des animaux et a montré qu'avec le masquage simulé, les hamsters étaient moins susceptibles d'être infectés, et s'ils étaient infectés.

 

Ce qui reste en nous de Néandertal et les cas graves de COVID-19

J'ai longuement parlé du travail de réhabilitation des Néandertaliens par l'équipe de Svante Pääbo au Max Planck Institute à Leipzig :

 

Homo Sapiens/Néandertal : cousinages

 

Aujourd'hui, ils affirment que  le principal facteur de risque génétique de la COVID-19 sévère est hérité des Néandertaliens.

Il s'agit d'une étude comprenant 3199 patients hospitalisés et témoins COVID-19 qui révèle que le risque est conféré par un segment génomique de ~ 50 kb hérité des Néandertaliens et porté par ~ 50% des personnes en Asie du Sud et ~ 16% des personnes en Europe aujourd'hui.

 

 

 

27 septembre 2020

COVID 19 : la défaillance du système immunitaire liée à une anomalie génétique ?

Cette représentation de la structure tridimensionnelle d'un interféron α met en évidence les nombreuses hélices alpha qui le composent (signalées par les cylindres gris), organisées en domaines indiqués chacun par une couleur.  Wikimedia
Cette représentation de la structure tridimensionnelle d'un interféron α met en évidence les nombreuses hélices alpha qui le composent (signalées par les cylindres gris), organisées en domaines indiqués chacun par une couleur. Wikimedia

Certains cas graves de COVID-19, y compris ceux chez des personnes jeunes et en bonne santé, pourraient être liés à un dysfonctionnement dans la production molécules de signalisation immunitaire - les interférons de type 1.

 

C'est ce que révèle une enquête menée auprès de près de 1000 personnes atteintes d'une infection par le SRAS-CoV-2 potentiellement mortelle.

 

Les interférons de type 1 sont essentiels dans la lutte contre les virus.

 

L'équipe de Jean-Laurent Casanova (Université Rockefeller à New York) a analysé l' ADN de personnes atteintes de Covid-19 sévère, à la recherche de mutations spécifiques dans les gènes impliqués dans la production des interférons de type I . L'équipe a constaté que 3,5% des participants à l'étude avaient de telles mutations, ce qui les rendait incapables de fabriquer les molécules de signalisation.

 

Des auto-anticorps contre les interférons de type I chez les patients atteints d'un COVID-19 potentiellement mortel

Une maladie auto-immune, c'est quoi ?
Une maladie auto-immune, c'est quoi ?

Le travail réalisé à Paris avec l'INSERM et de multiples collaborations, dont l'Université Rockefeller, va dans le même sens.

 

Pour les patients atteints de formes graves de Covid-19, la présence à taux élevé dans le sang d'anticorps dirigés contre les interférons de type I des individus (auto-anticorps), capables de neutraliser l’effet de ces molécules antivirales.

Ces auto-anticorps sont retrouvés chez plus de 10 % des patients développant une pneumonie grave par infection au SARS-CoV2. D’une manière intéressante, ils ont pu être retrouvés bien avant la pandémie chez certains patients suivis de longue date à AP-HP-Sorbonne Université pour d’autres pathologies.

Ils sont absents chez les personnes qui développent une forme bénigne de la maladie et sont rares dans la population générale.

Leur présence empêche les interférons de type I d’agir contre le virus SARS-CoV2.

La production de ces anticorps dirigés contre le système immunitaire des patients témoigne probablement d’autres altérations génétiques qui sont en cours d’étude. 

 

D'ores et déjà, plusieurs propositions pourraient émerger à la lecture de ces deux publications :

 

- ces découvertes permettraient de dépister les personnes risquant de développer une forme grave, et de mieux soigner ce groupe de patients (un moyen simple et rapide de détecter ces sujets à risque pourrait être le dosage sérique des IFN de type I par la technique ultra-sensible d’ELISA digitale).

 

- la prise précoce d’IFN de type 1 chez ces patients pourrait être une piste thérapeutique. Ces médicaments sont disponibles depuis plus de 30 ans et sans effets secondaires notables s’ils sont pris pendant une courte période.

 

 

22 septembre 2020

Le point à l'approche du million de morts

Publiés par le journal  "Le Monde" ce jour

COVID-19 - Tableau de bord du "Center for Systems Science and Engineering  at Johns Hopkins University (JHU) - 22 09 2020 - 3:23 PM

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19 septembre 2020

La désynchronisation du système immunitaire à l'origine des cas graves de COVID 19

 La chronologie et les mécanismes mis en jeu à chaque étape du développement de la maladie COVID 19 font l'objet d'intenses recherches.

Ces travaux sont fondamentaux pour trouver la meilleure façon d'utiliser les divers traitements et pour concevoir les vaccins les plus efficaces.

 

Ce qui est maintenant acquis, c'est que les cas graves résultent d'un dysfonctionnement brutal et cataclysmique du système immunitaire (voir dans ce journal).

 

Cette semaine une publication dans la prestigieuse revue Cell (acceptée pour publicationapporte des éléments clés à propos ce dysfonctionnement.

 

Cette étude se concentre sur trois des bras armés les plus puissants de la réponse immunitaire adaptative, ces défenses secondaires que l'organisme met en branle après que les sentinelles du système immunitaire aient détecté pour la première fois une infection.

L'immunité adaptative (ou acquise) est une immunité spécifique car la réaction immunitaire est dirigée contre un seul antigène. Les cellules immunitaires impliquées dans la réponse immunitaire adaptative sont les lymphocytes. Au sein de l'organisme, deux types de lymphocytes sont présents. Ils différent par la nature de leurs récepteurs membranaires qui déterminent leur fonction :

les lymphocytes B participant à l'immunité à médiation humorale

les lymphocytes T participant à l'immunité à médiation cellulaire

Dans tous les cas, il y a toujours coopération entre plusieurs catégories de lymphocytes pour aboutir à l'élimination d'un agresseur.

 

Lorsque le corps détecte un nouveau virus, les cellules défensives «innées»  libèrent des messagers chimiques appelés cytokines pour alerter d'autres cellules immunitaires. La réponse adaptative, qui cible l'envahisseur spécifique - dans le cas du COVID-19, le coronavirus SARS-CoV-2 - se développe ensuite au cours des jours suivants. 

 

Un des bras adaptatif est constitué d'anticorps qui visent à se lier et à «neutraliser» le virus. Si les anticorps échouent, les cellules T tueuses agissent comme une sauvegarde, identifiant et détruisant toutes les cellules infectées. Le troisième bras, les cellules T auxiliaires (CD4), sont les conducteurs qui coordonnent la production d'anticorps, activent les cellules T tueuses...  et le reste de l'orchestre immunitaire.

 

 

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs (Shane Crotty, Alessandro Sette et al, La Jolla Institute for Immunology) ont comparé les réponses immunitaires de 24 malades (de légers à très graves) à celles de 26 autres personnes qui s'étaient rétablies de la maladie et à un groupe témoin de 65 personnes qui n'avaient jamais été infectées par le virus.

 Les participants à l'étude étaient âgés de 20 à 86 ans.

 

Ils ont découvert que les niveaux d'anticorps neutralisants n'étaient pas corrélés à la gravité de la maladie et que les patients présentant les pires cas de COVID-19 avaient de faibles niveaux de cellules T auxiliaires et tueuses.

 

 «Il semble donc que les cellules T jouent un rôle plus important que les anticorps lors d'une infection naturelle»

 

Les malades participants à l'étude, atteints d'infections actives et âgés de plus de 65 ans étaient beaucoup plus susceptibles que les personnes infectées plus jeunes d'avoir des réponses «non coordonnées» entre les anticorps et les deux bras lymphocytes T. Les anticorps pouvaient avoir atteint des niveaux élevés quand l'une des réponses cellulaires était restée faible

Ce groupe plus âgé avait également des populations plus faibles de cellules T «naïves» qui peuvent reconnaître de nouveaux envahisseurs et ensuite se développer en cellules matures tueuses et auxiliaires capables de monter une attaque coordonnée contre le SRAS-CoV-2.

 

Le vieillissement et la rareté des cellules T naïves qui en résulte, peuvent être des facteurs de risque liés au COVID-19 sévère.

 

L'idéal serait donc d'évaluer les patients en fonction de leur profil d'immunité adaptative pour ajuster le traitement. Malheureusement une simple analyse de sang ne suffit pas !

 

En tout cas ce qui est clair maintenant, c'est que dans la première phase il faut laisser le système immunitaire adaptatif fonctionner et donc surtout de ne pas traiter avec des antiinflammatoires (AINS ou corticoïdes) qui pourraient l'affaiblir. Ce n'est qu'au moment où il est débordé (orage des cytokines) que la cortisone s'impose (dexaméthasone).

 

Un résultat précieux pour la mise au point d'un vaccin efficace

 

Ces travaux devraient également inciter les fabricants de vaccins COVID-19 à se concentrer davantage sur les réponses des lymphocytes T. 

La plupart des vaccins actuellement en phase 3 contiennent différentes versions de la  protéine de pointe du SRAS-CoV-2 (voir dans ce journal). De cette façon, ils préparent l'organisme à bloquer l'infection en fabriquant des anticorps neutralisants contre lui. 

Mais si le virus résiste aux anticorps, les cellules T sont nécessaires pour faire le job !

 

«L'obtention de réponses d'anticorps et de lymphocytes T avec des vaccins est probablement une étape importante pour atteindre une efficacité contre le COVID-19 sévère».

 

Actuellement certains des essais d'efficacité des vaccins ne sont même pas conçus pour analyser les niveaux de lymphocytes T.

Entraîner le système immunitaire à produire une forte réponse des lymphocytes T contre le SRAS-CoV-2 peut finalement nécessiter l'utilisation de plus de parties du virus dans un vaccin que la protéine de pointe seule.

 

Nous ne sommes pas encore sortis de cette galère !

 

 

Le principe des tests salivaires

Le gouvernement français vient d'autoriser le déploiement des tests salivaires chez les personnes symptomatiques (c'est à dire les malades dont la charge virale est déjà importante).

 

 EasyCov, est un test portable qui demande quelques gouttes de salive, un tube à essai, et moins d’une heure de chauffe à 65 °C pour livrer son résultat…

 

Il a été développé au sein du laboratoire Sys2Diag, un laboratoire qui associe des chercheurs du CNRS (France) et des chercheurs des entreprises Alcediag et SkillCell (groupe Alcen), basés à Montpellier, sous la houlette du biologiste Franck Molina (voir ci-dessous). Les premiers essais cliniques ont été réalisés par le CHU de Montpellier. La Région Occitanie soutient ce travail.

 

Comme les tests classiques, EasyCov traque l’ARN du virus – ce dernier ne possède en effet pas d’ADN, raison pour laquelle il a besoin d’un hôte pour pouvoir transcrire son ARN en ADN et se reproduire. Mais :

 

« Les tests employés par les laboratoires d’analyses, dits “RT-PCR”, fonctionnent en trois étapes et par cycles successifs de températures différentes, détaille Franck Molina. D’abord, ils extraient l’ARN du virus, puis ils le transcrivent en ADN, enfin ils amplifient cet ADN, jusqu’à ce que la quantité d’ADN soit suffisante pour permettre la lecture. Notre test utilise une technologie assez ancienne mais peu connue appelée “RT-lamp”, qui permet de tout faire à la fois : les enzymes que nous utilisons fonctionnent simultanément et réalisent toutes les opérations en même temps, à une température unique de 65 °C. »

 

Gain de temps - et donc d'argent (le coût est divisé par quatre ou cinq). Le bémol est que ce test est moins sensible que le test RT-PCR classique ; il est donc réservé aux cas symptomatiques.

 

Pionnier de la biologie des systèmes et de la biologie synthétique, Franck Molina, est directeur de recherche au CNRS et directeur du laboratoire Modélisation et ingénierie des systèmes complexes biologiques pour le diagnostic à Montpellier.

Grâce à la biologie synthétique, il parvient ainsi à concevoir et programmer des cellules artificielles comme des biomachines dans le but de leur confier des tâches non naturelles. Ces cellules servent en particulier à réaliser des diagnostics ultrarapides.

 Son laboratoire associe des chercheurs en bioinformatique,  biologie, modélisation mathématique, biologie moléculaire,  biologie synthétique...

 

 

13 septembre 2020

 

Une deuxième vague ? Non un flux continu !

La pandémie flambe. La France vient de franchir le seuil des 10 000 nouveaux cas identifiés par jour (sans doute beaucoup plus de non identifiés).

 

Pendant le confinement, le feu couvait sous la cendre. En fait, l'incendie n'a jamais été maîtrisé et la brise estivale a soufflé sur les braises.

Nul doute que l'automne et l'hiver seront pénibles.

 

Le salut viendra des vaccins, a moins que le virus, estimant sa moisson suffisante, s'enkyste pour quelques années ou... quelques siècles. Comme la peste en son temps !

 

 

Vaccins : sur la corde raide

Quand des irresponsables comme Trump et Poutine veulent brûler les étapes à des fins politiciennes, les chercheurs avancent patiemment, en suivant des protocoles de test indispensables avant d'envisager une mise sur le marché.

 

On vient de le voir avec le plus prometteur des candidats vaccins conventionnels : celui de l'Université d'Oxford et de la firme AstraZeneca (AZD1222).

 

Il y a une semaine, l'essai de phase 3 a été suspendu pour examiner " un effet indésirable suspecté '' (myélite transverse) chez une personne ayant reçu le vaccin au Royaume-Uni.

 

Aujourd'hui, les vaccinations reprennent. 18 000 personnes ont reçu ce vaccin, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Afrique du Sud et au Brésil. Le consortium prévoit maintenant de vacciner 50 000 personnes ; les tests s'étendront au Japon et à la Russie.

"Nous sommes sur la bonne voie pour avoir un ensemble de données que nous soumettons avant la fin de l'année et cela dépend de la rapidité avec laquelle les régulateurs l'examineront et donneront leur approbation." a déclaré le PDG de la société AstraZeneca. Cela pourrait permettre de lancer ce vaccin au premier trimestre 2021.


Par ailleurs, un autre partenariat de premier plan pour un vaccin à ARNm contre les coronavirus - entre Pfizer (USA) et BioNTech (Allemagne) - a annoncé samedi qu'il étendrait le recrutement de son essai clinique international à 44000 participants. L'objectif initial de 30 000 personnes serait atteint la semaine prochaine.

 

 

 

3 septembre 2020

Ce que les chercheurs reprochent à D. Raoult

Tribune signée par un collectif de chercheurs sous le titre : "Halte à la fraude scientifique"

Extrait d'une tribune publiée le 02-09-2020 dans le journal Libération.

 

... "Quelques chercheurs minoritaires mais surmédiatisés, afin d’embellir artificiellement leurs résultats, ont exclu de leurs statistiques des patients dont le traitement n’a pas fonctionné et qui sont décédés, ont inventé des données de manière avantageuse lorsqu’elles étaient manquantes, n’ont pas fourni des informations pourtant facilement accessibles telles que les comorbidités de leurs patients et ont refusé de transmettre à leurs pairs les données permettant de vérifier l’authenticité de leurs résultats. La liste est encore longue. Ils ont ainsi durablement déformé et altéré l’image de la science et de la recherche...

 

Publier hâtivement, sur une plateforme de vidéos en ligne, un graphique biaisé issu de tests non fiables, de données partiellement inventées après avoir écarté celles qui ne sont pas favorables, est une communication trompeuse, abusant un public en attente de solutions et faisant naître de faux espoirs.

 

User de notoriété pour provoquer une augmentation des prescriptions d’un médicament, puis argumenter qu’il guérit en se basant sur des sondages ou le nombre de prescriptions, relève davantage de la prophétie autoréalisatrice que de la preuve scientifique.

 

Proclamer qu’un traitement guérit sur la base de comparaisons trompeuses, de patients plus jeunes ou en meilleure santé relève de la mauvaise foi.

 

Remettre en cause les essais contrôlés randomisés revient à oublier les risques de facteurs de confusion, à mépriser la notion d’équipoise du risque, qui est un fondement de l’éthique médicale, et à gravement méconnaître les apports considérables de cette méthode dans l’amélioration de la vie des malades depuis plus de cinquante ans.

 

L’argument selon lequel l’éthique médicale et le soin priment sur la recherche est fallacieux : l’histoire de la science et de la médecine nous montre bien des exemples où des vies ont été sauvées, parfois dans l’urgence, grâce à des idées novatrices voire dérangeantes mais, dans d’autres, l’empirisme a conduit à des morts par millions ou, au mieux, à gaspiller du temps et de l’argent dans des voies sans issue.

 

Continuer de proclamer une découverte en refusant de la prouver est une utilisation abusive de cet argument, qui entretient la confusion et ramènerait la science au Moyen Age."

 

 

31 août 2020

Une molécule pour bloquer le SRAS-CoV-2 ?

Des chercheurs français du CNRS ont synthétisé un mimique de peptide hACE2, qui bloque l'infection des cellules pulmonaires par le SRAS-CoV-2

J'ai expliqué ici (ce journal, 19 mars 2020) que la liaison de la glycoprotéine de pointe virale au récepteur de l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (hACE2) joue un rôle central dans l'entrée cellulaire. 

 

Des chercheurs du CNRS, sous la conduite du Pr Philippe Karoyan (LBM, Sorbonne Université / Ecole normale supérieure - PSL / CNRS) ont conçu une série de peptides imitant l'hélice N-terminale de la protéine hACE2 qui contient la plupart des résidus de contact sur le site de liaison et ont une forte propension au repliement hélicoïdal en solution aqueuse. 

Leurs meilleurs mimiques de peptides se lient à la protéine de pointe du virus avec une haute affinité et sont capables de bloquer l'infection des cellules pulmonaires humaines par le SRAS-CoV-2.

Ces molécules représentent des outils puissants qui pourraient être utilisés dans des approches prophylactiques et thérapeutiques pour lutter contre la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19).

Il reste maintenant l'essentiel : l'essai en vrai grandeur sur l'homme.

 

Ces résultats ont fait l'objet d'une prépublication (qui doit être analysée par des pairs).

 

 

La FDA valide un test de coronavirus simple et précis qui pourrait ne coûter que 5 $

La Food and Drug Administration (FDA) américaine a donné une autorisation d'utilisation d'urgence aux laboratoires Abbott pour un test de 15 minutes qui devrait atténuer les goulots d'étranglement. 

 

Analogue aux tests qui détectent le VIH et la grippe, le nouveau diagnostic détecte les protéines virales, ou antigènes, qui sont uniques au SRAS-CoV-2, le virus qui cause le COVID-19. Contrairement aux diagnostics conventionnels des coronavirus, le test d'Abbott ne nécessite aucun équipement de laboratoire spécialisé.

 

 

27 août 2020

Le virus préfère les hommes

De nombreuses études ont montré que les hommes étaient plus touchés que les femmes par les formes graves de COVID.

On commence à savoir pourquoi.

 

Une étude américaine vient de montrer que les réponses immunitaires d'hommes et femmes infectés par le SRAS-CoV-2, variaient selon le sexe.

L'équipe a constaté qu'en général, les hommes avaient des niveaux plus élevés de cytokines et chimiokines circulant dans leur sang que les femmes. En revanche, les femmes avaient tendance à avoir une réponse plus forte des cellules immunitaires appelées cellules T que les hommes. 

 Chez les hommes, une augmentation de la gravité des symptômes au fil du temps était associée à une faible réponse des lymphocytes T; chez les femmes, il était associé à des quantités accrues de cytokines inflammatoires.

Pour les auteurs, les traitements devraient donc prendre en compte cette différentiation sexuelle.

 

Un vaccin par voie intranasale ?

Des chercheurs de l’université de Washington à Saint-Louis (États-Unis) indiquent avoir découvert que la voie d'administration nasale pour un vaccin à base d'adénovirus créait une forte réponse immunitaire chez la souris et qu'elle était particulièrement efficace pour protéger l'ensemble des voies respiratoires.

Les souris qu'ils ont utilisées pour leurs tests ont été génétiquement modifiées afin qu'elles aient des récepteurs humains ACE2 (hACE2), ce qui les a rendues sensibles au SRAS CoV-2. 

 

Ce vaccin - unidose - facile à administrer (par le patient lui-même), serait une aubaine pour les pays peu développés.

 

 

 

L'hydroxychloroquine inefficace seule, dangereuse en association avec l'azithromycine

"L'hydroxychloroquine seule n'a pas été associée à une réduction de la mortalité chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19, mais l'association d'hydroxychloroquine et d'azithromycine a considérablement augmenté la mortalité."

Voila une nouvelle condamnation sans appel du traitement "miracle" de l'IHU Marseille et de son gourou.

Elle conclut un article paru dans Clinical Microbiology and Infection le 26 août 2020.

 

Il s'agit d'une méta analyse incluant 11 932 participants pour le groupe hydroxychloroquine, 8 081 pour le groupe hydroxychloroquine avec azithromycine et 12 930 pour le groupe témoin.

A noter que les statistiques classique et bayésienne ont donné le même résultat.

 

 

10 août 2020

Les anticorps monoclonaux une piste sérieuse contre le COVID-19 ?

Pour Anthony Fauci, Directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses aux USA (et accessoirement bête noire de Trump), les anticorps monoclonaux seront utilisés avant le vaccin pour renforcer le système immunitaire.

Ce point de vue est partagé par plusieurs patrons de grands groupes pharmaceutiques et 6 grands laboratoires, Lilly, AbCellera, AstraZeneca, GlaxoSmithKline, Genentech et Amgen viennent d'obtenir l'autorisation de travailler conjointement sur le sujet.

 

Peu de temps après le début de la pandémie, des chercheurs de l'industrie et du milieu universitaire ont commencé à identifier, concevoir, et effectuer des tests en laboratoire, d'anticorps monoclonaux contre le SRAS-CoV-2, le virus responsable du COVID-19. La plupart agissent en se liant et en «neutralisant» la protéine de surface virale, (ou de pointe), qui déclenche une infection. 

 

Dès le 29 mai, Lilly, en collaboration avec AbCellera, a lancé la première étude humaine d'un anticorps monoclonal - un essai de phase I testant son innocuité et sa tolérabilité chez les patients hospitalisés COVID-19. 

Lilly vient de lancer ses propres essais, y compris une étude de phase III contrôlée par placebo auprès de 2400 patients.

 

Regeneron teste actuellement l'efficacité de son cocktail COVID-19, qui combine un anticorps de pointe d'une personne guérie et un anticorps d'une souris ayant reçu la protéine de pointe, dans trois essais à grande échelle contrôlés par placebo.

 

Pour l'immunologiste Dennis Burton, dont le groupe de Scripps Researchisolé des anticorps monoclonaux très puissants contre le SRAS-CoV-2 pense que les monoclonaux protégeront les gens de l'infection pendant des mois, avec une seule injection : "Il est beaucoup plus facile de s'occuper de quelques particules virales entrantes que d'essayer de résoudre ou de guérir une infection en cours... il faut frapper le virus vite et fort".

 

Cependant deux obstacles devront être surmonté : le volume des doses à fournir et le coût qui devrait rester élevé pendant de longues années.

 

Les anticorps monoclonaux, thérapie d'aujourd'hui et de demain

Lorsque un microbe (une molécule) pénètre notre organisme, une partie sera reconnue comme étant un antigène par certains globules blancs. Il s'en suit une réaction en chaîne qui aboutit à la production d'un anticorps spécifique. Ce dernier, libéré dans la circulation sanguine, reconnaît son antigène et s'y fixe. Il va ainsi permettre  l'activation du processus de destruction du microbe (de la molécule).

 

Un anticorps monoclonal (AcMo) est une protéine du système immunitaire produite in vitro par des clones d'une même cellule (un lymphocyte B). Chaque anticorps s'attaque spécifiquement à une molécule : l'antigène.

L'intérêt de ces anticorps est qu'ils vont réaliser un ciblage précis.

 

En fait, deux propriétés sont utilisables. D'un côté, les anticorps s'apparentent à une pince capable de se fixer sur un agent pathogène pour le neutraliser - partie Fab -, de l'autre ils peuvent être utilisés comme un "lanceur d'alerte" à destination des cellules du système immunitaire (lymphocytes…) - partie Fc -.

 Cette double capacité permet une grande diversité d'actions en fonction de la nature et du mode d'action de ses cibles : l'anticorps peut s'attaquer à une bactérie, à une enveloppe de virus, à une protéine toxique aussi bien qu'à une cellule cancéreuse.

 

 

Les applications des AcMo sont donc déjà multiples. La lutte contre le cancer a fait une grande avancée grâce à eux.

 

 Les chercheurs ayant découvert que les cellules cancéreuses parvenaient à empêcher le système immunitaire de les tuer, les anticorps monoclonaux étaient la solution idéale pour les débloquer ces freins.

 

Des résultats spectaculaires ont été obtenus pour de nombreux cancers (cancer du poumon, du sein,  myélome...).

 

Le problème est le coût, les anticorps sont dégradés par les enzymes de l'estomac et de l'intestin Tous ces traitements se présentent donc sous forme injectable. Et chaque injection coûte plusieurs centaines d'euros...

Dernier bémol, lié encore une fois à la complexité du système immunitaire : tous les patients ne réagissent pas à ces traitements. 

 

 

07 août 2020

COVID-19 : les séquelles

L'état de la science dans le domaine

 Sur la figure ci-contre :

1 -  Brouillard cérébral

Des difficultés de réflexion peuvent survenir après une infection aiguë par COVID-19. Le virus peut endommager les cellules cérébrales, et l'inflammation du cerveau ou du corps peut également entraîner des complications neurologiques. D'autres infections virales entraînent également un brouillard cérébral.

2 -  Les patients qui deviennent gravement malades à cause de COVID-19 semblent plus susceptibles de souffrir d'essouflement, mais les cas bénins sont également à risque.

3 - Arythmie cardiaque

Le virus peut endommager le cœur, et les médecins s'inquiètent des dommages à long terme. La façon dont le cœur guérit après la COVID-19 pourrait aider à déterminer si un patient développe un rythme cardiaque irrégulier

4 - Hypertension

 Certains patients ont une pression artérielle élevée après une infection aiguë et même lorsque les cas étaient relativement bénins pour des personnes auparavant en bonne santé, peut-être parce que le virus cible les vaisseaux sanguins et les cellules cardiaques.

 

Du "brouillard dans le cerveau" aux arythmies cardiaques sévères, en passant par une fatigue chronique, un essoufflement, des articulations douloureuses, une perte persistante de l'odorat, des dommages aux poumons, aux reins et au cerveau, la liste des troubles persistants chez les anciens malades de la COVID-19 est impressionnante.

 

Une chercheuse anglaise, elle même touchée par de nombreuses pathologies après une COVID-19 banale, a  enregistré 62 symptômes différents sur 600 anciens malades !

 

 «Même s'il s'agit d'un seul virus, il peut provoquer toutes sortes de maladies chez les humains»

Akiko Iwasaki, immunologiste, Université de Yale 

 

Ces études sur les "survivants" doivent permettre de comprendre cette ombre portée de la maladie, qui n'affecte pas que  les malades victimes de formes sévères, mais aussi d'essayer de prédire qui sont ceux qui ont le plus de risque de présenter des symptômes persistants. 

 

Pourquoi tous ces dégâts ?

J'ai indiqué dans ce journal comment le SRAS-CoV-2,  peut atteindre une ensemble impressionnant de tissus humain.

Comme une clé qui s'insère parfaitement dans une serrure, le SRAS-CoV-2 utilise une protéine de pointe sur sa surface pour se fixer sur les récepteurs ACE2 des cellules.

Les poumons, le cœur, l'intestin, les reins, les vaisseaux sanguins, le système nerveux, entre autres tissus, qui transportent ACE2 à la surface de leurs cellules, peuvent donc être touchés.

Le virus peut également provoquer une réaction inflammatoire dramatique, y compris dans le cerveau.

 

Par exemple le virus endommage le cœur, de multiples manières. 

L'invasion directe des cellules cardiaques peut les abîmer ou les détruire. Une inflammation massive peut affecter la fonction cardiaque. Le virus peut affaiblir la fonction des récepteurs ACE2, qui aident normalement à protéger les cellules cardiaques et à dégrader l'angiotensine II, une hormone qui augmente la pression artérielle.

Enfin, le stress exercé sur l'organisme dans la lutte contre le virus peut provoquer la libération d'adrénaline et d'épinéphrine, ce qui peut également «avoir un effet délétère sur le cœur»

Raul Mitrani, électrophysiologiste cardiaque à l'Université de Miami 

 

Ainsi, JAMA Cardiology a révélé que 10 semaines après un diagnostic de COVID-19, 78 /100 des personnes présentaient des anomalies cardiaques en imagerie, avec le plus souvent une inflammation du muscle cardiaque. 

 

 

From ‘brain fog’ to heart damage, COVID-19’s lingering problems alarm scientists

By Jennifer Couzin-Frankel - Jul. 31, 2020 - Science