" La diffusion des lumières n'exige autre chose que la liberté, et encore la plus inoffensive de toutes les libertés, celle de faire publiquement usage de sa raison en toutes choses."

KantQu’est-ce que les lumières ?, 1784

 

Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus,                                    


Communautarisme, racisme, antisémitisme... la France au fond du trou (noir)

Racisme ? Amoralité, bêtise, inculture

...

"Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Si tu te sens indépendante, si tu peux aller et venir à ton gré, dire dans la presse ce que tu penses, avoir une opinion et l’exprimer publiquement, c’est que tes pères ont donné de leur intelligence et de leur sang. Tu n’es pas née sous la tyrannie, tu ignores ce que c’est que de se réveiller chaque matin avec la botte d’un maître sur la poitrine, tu ne t’es pas battue pour échapper au sabre du dictateur, aux poids faux du mauvais juge. Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. La dictature est au bout..."

 

 

" .. C'est un crime d'égarer l'opinion, d'utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu'on a pervertie jusqu'à la faire délirer. 

C'est un crime d'empoisonner les petits et les humbles, d'exaspérer les passions de réaction et d'intolérance, en s'abritant derrière l'odieux antisémitisme [racisme], dont la grande France libérale des droits de l'homme mourra, si elle n'en est pas guérie. 

C'est un crime que d'exploiter le patriotisme pour des œuvres de haine, et c'est un crime, enfin, que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l'œuvre prochaine de vérité et de justice. 

Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies.

 

Telle est donc la simple vérité, monsieur le Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure... "

Emile ZOLA, J'accuse 

L'Annonciation
L'Annonciation

 

" Il est fait pour désespérer l'homme moderne qui est détourné depuis le commencement, dans une spécialité où l'on croit qu'il doit devenir supérieur parce qu'il y est enfermé."

Paul Valéry 

 

L'Italie, la France et je dirai presque le monde entier, célèbrent cette année le 500 ème anniversaire de la mort de Léonard de Vinci.

  

S'il est un homme qui peut supporter sans dommage le qualificatif de génie, c'est bien Leonardo, né à Vinci (Toscane) le 15 avril 1452 et mort à Amboise (France) le 2 mai 1519, dans les bras - dit la légende - de François premier, son dernier protecteur.

 

Certes la Renaissance italienne a produit de sublimes artistes, tels Michel Ange, Raphaël, Boticelli, Le Titien et bien d'autres. Aucun ne fut comme lui un polymathe excellant dans tous les domaines, sciences, technologies, arts... Excellent au point, en deux ans d'apprentissage, de dépasser son maître, Verrocchio  - qui, dégoûté abandonna les pinceaux - et d'être en peu de temps un hydraulicien, un physiologiste hors pair... et un avant-gardiste dans tous les domaines qu'il a abordés.

 

Sur le site, je consacre un sujet à Léonard de Vinci. Voici son introduction :

 

Paul Valery à propos de Léonard de Vinci :

 

" Lorsqu’il voyait un gouffre, il ne pouvait s’empêcher de penser à un pont. "

 

 Leonardo da Vinci, né à Vinci le 15 avril 1452 et mort à Amboise le 2 mai 1519, fut un homme d'esprit universel... 

 Artiste, savant, ingénieur, philosophe... Léonard de Vinci est souvent décrit comme l'archétype et le symbole de l'homme de la Renaissance, un génie universel et un philosophe humaniste dont la curiosité infinie est seulement égalée par la force d'invention.  WIKIPEDIA

 

 Surtout ne pas s’arrêter à ce catalogue… Ecrire à propos de Léonard est difficile, dangereux, tant cet homme donne le vertige. C’est à coup sûr constater avec accablement sa propre médiocrité, mais aussi approcher au plus près le divin, le grand tout, l’unité dans une incroyable diversité, l’harmonie dans toutes sortes d’asymétries, le beau dans les désordres de la nature, l’émotion dans la laideur des corps qui se défont, le sublime dans le sourire de la Joconde, la sérénité absolue dans l’échange de l’Annonciation.

 

S'il y avait une justification à la réalisation de ce site, une idée directrice, on les trouveraient dans l’admiration que suscite chez moi le jeune élève du célèbre peintre florentin Andrea del Verrocchio, l’ingénieur du duc Ludovic Sforza à Milan et le vieil homme qui sur sa mule traverse les Alpes, la Joconde sous le bras, pour venir mourir dans les bras de François premier (dit la légende et  le tableau d'Ingres), subjugué par l’Artiste.

 

En évoquant François premier oublions 1515, Marignan, retenons ce jour de 1516 où le roi de France installe Léonard près d’Amboise, au Clos Lucé !

 

Surtout ne pas s’arrêter à ces objets baroques reconstitués dans la cour du château d’Amboise ou dans la Halle du Clos Lucé pour le touriste négligeant ; nous n’y trouverons que l’écume du travail du maître.

 

Non préférerons lire et relire l’éblouissant texte de Paul Valéry «  Introduction à la méthode de Léonard de Vinci » dont je donne plus loin quelques extraits.

 

Leonardo est un génie protéiforme qui sans cesse dans la diversité recherchait l’unité. De ces fameux carnets de notes, il reste quelque sept mille pages d'écriture et de dessins (sur les 50 000 documents originaux), qui associent art et philosophie, sciences, ingénierie, technologie, anatomie…(ce que l’on qualifiait de philosophie naturelle).

 

Ces notes ont été réalisés et mises à jour quotidiennement pendant toute la vie et les voyages de Léonard. Elles sont, pour la plupart rédigés dans une écriture spéculaire, ou « écriture en miroir ». La raison peut avoir été un purement pratique : Léonard écrivait avec sa main gauche, il devait être plus facile pour lui d'écrire de droite à gauche.

 

 

SUITE ICI

 

 

Les carnets (Codex)

Les premiers manuscrits connus datent de 1482, (il vient d'arriver à Milan), mais Léonard continua d’en rédiger jusqu’à la fin de sa vie, avant de les confier à son disciple Francesco Melzi.

 

Aujourd'hui on compte neuf Codex :

 

- Le Codex Atlanticus, conservé à la Bibliothèque Ambrosienne de Milan. Il possède les plus grands manuscrits de Léonard. Ses notes touchent à de nombreux domaines, scientifiques comme artistique.

 - Le Codex Windsor, conservé à la Librairie Royale du Château Windsor. C’est le plus grand recueil en anatomie de Léonard, il contient environ 600 dessins

- Le Codex d’Arundel, conservé au British Museum de Londres. Les sujets traités y sont  variés : anatomie, optique, physique, architecture… Il est disponible en ligne  le site de la British Library.

 

- Le Codex Forster, conservé au Victoria & Albert Museum de Londres. Il s’agit de trois petits carnets. Le premier est consacré à la géométrie dans l’espace et à l’hydraulique. 

- Le Codex du Vol des Oiseaux, conservé à la Bibliothèque Royale de Turin. Il comporte des études autour du vol des oiseaux et de ses fameuses machines volantes.

- Le Codex Trivulzianus, conservé à la Bibliothèque du Château Sforzesco. Ce manuscrit contient principalement des études grammaticales, des caricatures, des dessins architecturaux. 

- Le Codex Leicester, acquis par Bill Gates pour 30,8 millions de dollars US, ce qui fait de cet ouvrage le livre (72 pages) le plus cher de tous les temps.. Il est consacré essentiellement à l’étude de l’eau (géographie, géologie).

La Galerie des Offices à Florence présente actuellement l'exposition "L'eau comme microscope de la nature".

- Le Codex de Madrid, conservé à la Bibliothèque Nationale d’Espagne. Il s'agit de deux volumes, de 197 pages, traitant principalement  d'ingénierie, de mécanique, de statistiques et de géométrie.

- - Le Manuscrit de France, conservé à la bibliothèque de l’Institut de France. Il est composé de 14 manuscrits écrits entre 1487 et 1508. La plupart des thèmes chers à Léonard y sont abordés. Visuel ICI

 

Quelques cérémonies commémoratives

Les commémorations du 500 ème anniversaire de la mort de Da Vinci ont commencé en 2018. Elles attendront leur apogée en mai prochain, mais ne s'achèveront qu'à la fin de cette année.

Impossible bien sûr de les dénombrer ! Parmi les principales :

 

L'Italie célèbre le maître en (très) grandes pompes : 

- à Milan, (voir LEONARDO DA VINCI PARADE)

- à Florence, (exposition du Codex Leicester)

- à Venise,,

- à Rome et au Vatican,

- à Turin, Parme...

- à Grezzana (Vérone) où Léonard est dégusté à toutes les sauces...

 

En France, où la région Centre-Val de Loire organise le Viva Leonardo Da Vinci 2019.

 

Le musée du Louvre devrait organiser à l'automne prochain une grande exposition.

 

Leonardo Da Vinci à Milan

Photos JPL - 2016

Romorantin : le projet oublié de Léonard de Vinci

 

Sur le très beau et très riche site "De Vinci l'Inventeur", réalisé par de jeunes chercheurs, on peut trouver une évocation de la Cité idéale imaginée par Leonard pour François premier.

 

C'est à Romorantin que ce projet déjà avancé devait voir le jour :

 

" [François premier] confie alors à Léonard de Vinci un projet d’une ampleur démesurée : la création d’une cité idéale, celle de Romorantin.

Le domaine appartient à la famille d’Angoulème, celle de François 1er donc, et Louise de Savoie, la propre mère du roi, a déjà commencé à

agrandir le château, en 1510. D’ailleurs, c’est au sein de ce même château, qui accueille aujourd’hui la préfecture, que Claude France, la femme de François 1er, est née.

L’emplacement est donc parfait pour François 1er qui veut faire de Romorantin la capitale politique du pays et y regrouper à la fois le pouvoir politique et économique.

 

Ce projet de “ville idéale” intéressait déjà Léonard de Vinci lorsqu’il travaillait à Milan : il en avait déjà conçu et proposé des plans."

 Vidéo ICI

 

 


L'ultime chef d'oeuvre

Sainte Anne (détail), dernière oeuvre inachevée - Musée du Louvre
Sainte Anne (détail), dernière oeuvre inachevée - Musée du Louvre

Pour une révolution industrielle

Dans le feuilleton à venir, je vais brièvement évoquer les pistes suivies pour accéder rapidement à une économie plus respectueuse de notre environnement, de nos ressources, de la biodiversité, créatrice d'emplois et de mieux-être.

 

 SEULE susceptible de redonner espoir et confiance aux jeunes générations.

 

En m'appuyant sur des sources primaires incontestables, je vais donc faire le point dans 5 domaines fondamentaux pour l'avenir proche de notre planète :

 

 - les énergies renouvelables, 

 - l'économie circulaire,

- la construction écologique, 

- les transports,

- la gestion de l'eau.

 

L'abondance des publications pertinentes, avec leurs avalanches de chiffres, ne facilite pas la synthèse. Je n'ai donc retenu que les données les plus récentes, sur les points essentiels, en les illustrant le plus clairement possible.

Je me situerai à 3 niveaux : monde, Europe, France.

 

I - Les énergies renouvelables

Cliquez sur le lien ci-dessous

II - Promouvoir une économie circulaire

Cliquez sur le lien ci-dessous

III - Une construction durable

Cliquez sur le lien ci-dessous

IV - Des transports propres

 

 

Quand on se penche sur ce dossier, on est accablé par le volume des statistiques, des bilans, des projections... et des magnifiques envolées lyriques, qui sont souvent autant de pétitions de principe !

 

Comme pour le bâtiment, on est aussi consterné de constater qu'il aura fallu attendre le mitan des années 2010, pour que les lourdes machines administratives des Nations Unis, de la Commission Européenne et des états, se mettent en branle et proposent quelques perspectives pour sortir du tout pétrole qui nous empoisonne aujourd'hui.

 

Les transports émettent très majoritairement du dioxyde de carbone (CO2) (environ 13,5 gigatonnes émises en 2016).

 

Selon l'Agence internationale de l'énergie, les transports représentent environ 14% des émissions de gaz à effet de serre et 23% des rejets de CO2 (38% en France : avec le nucléaire, la France émet relativement peu de CO2 pour son chauffage et son électricité). Ces chiffres ont augmenté de 2,5 % par an entre 2010 et 2015.

 


 

 

Les transports routiers (voitures, camions, etc.) demeurent les principaux responsables de ces émissions de gaz à effet de serre, loin devant le transport aérien ou maritime, également en constante augmentation.

 

En France, c'est ainsi le transport routier qui est l'activité émettant le plus de CO2 : 122 millions de tonnes en 2017, selon les chiffres de l'INSEE. 

 

Les émissions de CO2 sont reparties à la hausse en 2017, la concentration du dioxyde de carbone atteint aujourd'hui les 400 ppm. Il faut savoir que ce gaz séjourne environ un siècle dans l'atmosphère.

 

SUR L'EFFET de SERRE VOIR ICI

 

Les actions internationales

La première Conférence mondiale sur le transport durable s'est déroulée en novembre 2016, au Turkmenistan.

 

Une réunion sympathique organisée par l'ONU, qui aboutit à une volonté réaffirmée : "Mobiliser le transport durable pour le développement", avec quelques recommandations,  et à un constat : "ce n'est pas le financement qui fait défaut mais les projets de qualité ".

La Banque Mondiale disposerait de plus de fonds qu'elle n'en dispense pour le secteur du transport durable.

C'est dire le degré de mobilisation des gouvernements dans le domaine !

 

D'autre part l'ONU indique que " Dans le Programme de développement durable à l'horizon 2030, les transports durables sont intégrés dans plusieurs objectifs de développement durable, en particulier ceux liés à la sécurité alimentaire, la santé, l'énergie, la croissance économique, les infrastructures, les villes et les établissements humains. "

 

  

Dans le cadre de sa Plate-forme Initiative Climat (CIP), l'ONU a recensé une soixantaine d'initiatives d'envergure.

 

L'ICLEI (Conseil International pour les Initiatives Locales pour l'Environnement ),  créé en 1990 sous l'égide des Nations-Unis, est un réseau mondial de villes et de régions engagées dans la construction d'un avenir durable. Elle est particulièrement active dans le domaine des transports. Elle regroupe 1500 villes et régions représentant un quart de la population du globe.

 

En 2016, la Banque mondiale, a appelé à une action pour accélérer les efforts visant à unifier et à transformer le secteur des transports. Elle a lancé un appel à l'action pour la mobilité durable pour tous et impulsé la création de Sustainable Mobility for All (SuM4Allqui regroupe aujourd'hui 56 organisations, ONG, banques, fédérations sportives, ministères, entreprises...

 

De nombreuses ONG se sont saisies du problème.

 

Par exemple, L'Alliance pour l'EcoMobilité qui a été créée en octobre 2011 en Corée. Elle regroupe 23 grandes villes et une quarantaine de fondations, universités, entreprises.... Elle agit pour la  construction d'un avenir de transport durable garantissant des options de mobilité à faibles émissions de carbone, centrées sur l'homme et socialement inclusives.

Son siège est en Allemagne. En mai 2019, une Conférence Internationale sur l'écomobilité se tiendra à Heidelberg.

 

Tout cela est un peu foisonnant... Un peu trop ?

 

Au niveau européen

En 2015,  les transports européens dépendaient du pétrole pour 94% de ses besoins en énergie. L'Europe importait environ 87% de son pétrole brut et de ses produits pétroliers de l'étranger, avec une facture d'importation estimée à environ 187 milliards d'euros.

 

La transition énergétique est donc aussi un impératif économique majeur pour l'Europe.

 

L'UE publie à jet continu sur le sujet depuis 5 ans. Directives, réglementations, appels à projets, conférences, forums... se sont multipliés. Il n'est pas simple de démêler bonnes intentions et actions.

 

En juillet 2016, la Commission dévoile sa stratégie pour la mobilité à faibles émissions :

 

- Accroître l'efficacité du système de transport en tirant le meilleur parti des technologies numériques, de la tarification intelligente et en encourageant davantage le passage à des modes de transport moins polluants,

- Accélérer le déploiement d'énergies alternatives à faibles émissions pour les transports, telles que les biocarburants avancés, l'électricité, l'hydrogène et les carburants synthétiques renouvelables, et éliminer les obstacles à l'électrification des transports

- Vers des véhicules à zéro émission. Si des améliorations supplémentaires du moteur à combustion interne sont nécessaires, l’Europe doit accélérer la transition vers les véhicules à faibles émissions et à émissions zéro. 

 

Quels sont les financements qui pourraient permettre que ces objectifs ne restent pas des voeux pieux ? 

Dans le même texte il est mentionné que : la stratégie s’appuie sur les mécanismes et les fonds existants. Une centaine de milliards dédiés au transport durable sont également disponibles.

Depuis, un certain nombre de forums européens ont vu le jour dans différents domaines (par exemple navigation maritime, transports intelligents...), souvent avec des financements à la clé.

 

Le Parlement européen pousse la Commission à accélérer le rythme. Par exemple, il a adopté en 2018 un rapport sur la « Stratégie européenne en matière de systèmes de transport intelligents coopératifs ». Celui-ci appelle à " l’introduction d’un cadre juridique clair pour soutenir le déploiement des systèmes de transport intelligents coopératifs et demande à la Commission européenne un calendrier précis avec des objectifs clairs."

 

Un premier bilan pourra être fait rapidement pour nombre de ces projets qui étaient affichés à l'horizon 2020. A cette date, 15 à 17% de l'énergie consacrée aux transports devraient être d'origine non pétrolière.

La seconde échéance est en 2030 où les véhicules zéro émission (ZEV) devraient être généralisés.

 

Plan français pour les transports

En France, le secteur des transports représente la principale source d'émissions de gaz à effet de serre ( plus de 30% du CO2 émis).

La tendance n'est pas bonne. Selon l'Observatoire Climat-Énergie, la France ne réalisera pas son objectif fixé dans le cadre de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) : diminuer de 30 % ses émissions entre 2013 et 2028. 

 

Fin 2018, le gouvernement publie donc une Loi mobilités, qui affiche 4 objectifs :

 

 - Apporter à tous et partout des solutions alternatives à la dépendance à l’usage individuel de la voiture.

- Développer l’innovation et les nouvelles solutions de mobilité qui doivent être mises au service de tous.

- Réduire l’empreinte environnementale des transports, en réussissant la transition écologique dans notre façon de se déplacer.

- Investir davantage dans les infrastructures qui améliorent les déplacements du quotidien.

 

Pour réaliser cet objectif, 15 mesures clés sont annoncées : 

 

Des solutions alternatives à la voiture individuelle sur 100% du territoire

Une augmentation de 40 % des investissements pour améliorer les transports du quotidien

La priorité à la remise en état de nos réseaux routier et ferroviaire

Un plan sans précédent pour développer les transports en commun et désenclaver les territoires

La mobilité des personnes en situation de handicap facilitée

Un accompagnement à la mobilité pour tout demandeur d’emploi

100% des informations sur l’offre de mobilité accessibles et la possibilité de faire un trajet porte-à-porte avec un seul titre de transport

Des navettes autonomes en circulation dès l’année 2020

Un forfait mobilité durable : jusqu’à 400 €/an pour aller au travail en vélo ou en covoiturage

Un plan pour développer le covoiturage

Un plan vélo pour tripler sa part dans les déplacements d’ici 2024

Un nouveau cadre pour les solutions en libre-service

Le déploiement du véhicule électrique facilité grâce aux bornes de recharge électriques

Le déploiement de zones à faibles émissions pour un air plus respirable

Le permis de conduire moins cher et plus rapide

 

De bonnes intentions dont la concrétisation devra être vérifiée...

 

 

A noter qu'au niveau local et régional de nombreuses initiatives permettent d'envisager un avenir moins sombre pour les grandes agglomérations urbaines françaises, actuellement très polluées.

 

Voir le site de l'ADEME.

 

L'évaluation de Greeenpeace (2018, ci-contre), qui prend en compte la restriction sur les véhicules polluants, le renforcement de l'offre de transports en commun, la mise en place d'un réseau express vélo, les incitations au changement de comportement, montre que seules Paris, Strasbourg et Nantes et à un niveau en dessous Grenoble, peuvent être créditées d'actions significatives. 

Montpellier (ex surdouée), Lille et surtout Marseille et Nice, sont les très mauvais élèves.

 

L'évaluation mondiale réalisée par Arcadis positionne Paris au 3ème rang (derrière Hong-Kong et Zurich), Lyon est 15ème... Marseille n'est même pas classée !

 

Données et études statistiques sur les transports (France)

 

Conclusion

En gros, il aura fallu attendre la COP 21 à Paris (2015), dans ce domaine comme dans les autres, pour que les grosses machines institutionnelles prennent vraiment au sérieux le problème de l'impact des transports sur notre qualité de vie. 

 

Je rappelle que le Protocole de Kyoto visant à lutter contre le changement climatique en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, date de 1997.

 

Une série d'objectifs aux horizons 2020 et 2030 a été proposée.

La France, qui veut donner l'exemple, a du mal à suivre.

 

Ainsi, une récente enquête de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) montre que notre pays est très en retard sur ses objectifs.

En cause le bâtiment (voir 3ème partie) et les transports. Ce retard se creuse d'année en année.

La loi sur la transition énergétique, adoptée en 2015, prévoit aussi que la consommation finale d'énergie française doit baisser de 20% en 2030 et de 50% d'ici 2050, tandis que la consommation d'énergie fossile (pétrole, charbon, gaz) doit reculer de 30% en 2030. Mais la France ne devrait avoir réduit sa consommation d'énergie finale que de 17% en 2030 et de 44% en 2050. (source : Ministère de la Transition Energétique)

 

Le retard actuel au bout de 3 ans serait de... 3 ans !

 

Le mouvement des "gilets jaunes" aura au moins permis d'attirer l'attention sur la fiscalité des carburants et d'observer que l'effort pour financer la transition énergétique repose principalement sur les ménages, quand l'exonération du transport routier des marchandises coûte des centaines de millions aux contribuables (loi des finances 2018, ci-dessus).

Il est vrai, qu'en terme de nuisances potentielles sur les routes et près des dépôts de carburant, un camion vaut bien cent gilets jaunes !

 

 

En quête de vérité...

A mon collègue récemment disparu, Alain Manteghetti : un honnête homme en quête de vérité

 

 

... " Et de plus, si on le contraignait aussi à tourner les yeux vers la lumière elle-même, n’aurait-il pas mal aux yeux, et ne la fuirait-il pas pour se retourner vers les choses qu’il est capable de distinguer, en considérant ces dernières comme réellement plus nettes que celles qu’on lui montre ? "

Platon, La République, Livre 7

 

... un chemin semé d'embûches

" Une nouvelle enquête, réalisée par l’Ifop du 21 au 23 décembre 2018 et menée auprès de 1 760 personnes, met en lumière l’influence préoccupante des représentations conspirationnistes dans la société française : si deux Français sur trois peuvent être considérés comme relativement hermétiques au complotisme, 21% des personnes interrogées se déclarent cependant « d’accord » avec 5 énoncés complotistes parmi les 10 qui leur ont été soumis."

 

"Les moins de 35 ans, les moins diplômés et les catégories sociales les plus défavorisées demeurent les plus perméables aux théories du complot : 28% des 18-24 ans adhèrent à 5 théories ou plus, contre seulement 9% des 65 ans et plus."

 

A noter que 43% des personnes interrogées sont d’accord avec l’affirmation suivante : « Le ministère de la santé est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins » (et 17% sont « tout à fait d’accord »)

 

On voit donc que le "complotisme" peut avoir de graves répercussions (ici sur la santé publique).

 

La recherche de la "vérité" est un sujet trop sérieux pour être laissé à la merci des quelques milliers d'imbéciles mal intentionnés qui sévissent sur le Net.

Gardons les yeux ouverts, libérons notre intelligence, la vérité ne s'établit que dans les faits vérifiés de façon contradictoire.

La vérité n'est pas celle qui nous fait plaisir, qui nous conforte dans nos convictions... Au contraire la vérité peut faire très mal.

Mais seule "la vérité est révolutionnaire".

C'est à dire que seule elle peut nous libérer de toutes les chaînes qui entravent notre existence et nous rendent vulnérables face aux puissants, aux manipulateurs, aux gourous, aux fanatiques... à tous ceux qui pourrissent notre si difficile séjour sur cette planète.

JPL - 12/2018

 

Vérité, mensonges et jobardise

Newton, dans toute sa vie de scientifique, n'a cessé de mettre en avant la perfection du monde pour justifier l'existence d'un Créateur :

 

"D’où vient-il que la nature ne fait rien en vain, et d’où proviennent tout cet ordre et toute cette beauté que nous voyons dans le monde ?"

 

Humblement je rajouterais : d'où vient alors que les créatures divines que nous sommes, présentent si souvent tant de défauts? 

 

La crédulité par exemple, qui peut faire avaler les assertions les plus invraisemblables.

Aujourd'hui, avec internet, on réalise combien la jobardise est largement partagée... et exploitée.

 

 Parmi les jobards, il n'y a pas que des imbéciles. Quelques hommes éminents se sont fait abuser avec une facilité dérisoire et proprement déconcertante.

 

C'est le cas du mathématicien Michel Chasles (1793 - 1880), que nous avons fréquenté au lycée, entre la 4ème (la relation de Chasles) et la terminale (l'homothétie et les coniques par exemple).

 

Issu d'une famille fortunée, polytechnicien, membre de l'Institut, membre invité de la Royal Society, professeur à Polytechnique et à la Sorbonne... cet homme a pris pour argent comptant  (une fortune !) 27 400 lettres, toutes rédigées en médiocre français ancien (soit disant retranscrites par Rabelais), de dizaines de figures historiques de Judas à Montesquieu, en passant par Alexandre le grand, César, Cléopâtre, Galilée... par un faussaire particulièrement prolifique !

 

Mais surtout, il a gobé et fait gober à la majorité de ses confrères académiciens, le contenu de deux lettres, soi-disant écrites par Blaise Pascal, qui établissait que l'auteur des Pensées avait découvert la loi de l'attraction universelle avant notre fameux Newton.

 

La science française héritait d'un prestige dont la perfide Albion s'enorgueillissait depuis plus de cent cinquante ans !

Il est probable que le chauvinisme aveugla quelque peu nos académiciens, toujours pas remis de l'éreintage en règle des fameux "tourbillons" de Descartes par le dit Sir Isaac (ce n'était plus les mêmes, mais entre Français et Anglais les contentieux se transmettent).

 

A la Royal Society, on ne plaisante pas avec le crime de lèse-Newton ; nos amis anglais eurent tôt fait de démonter la supercherie et de ridiculiser le pauvre Chasles et les académiciens français qui l'avaient soutenu.

 

LIRE : Apologie pour l'histoire ou Métier d'historien par Marc Bloch

 

Histoire et science : une passionnante histoire d'amour

"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre". K. Marx

Histoire et science vivent une passionnante histoire d'amour.

 

J'ai eu la chance d'apprendre à lire avec mon grand-père dans... la Dépêche du Midi.

Depuis, je n'ai cessé de m'intéresser à l'histoire ; de l'histoire immédiate à la grande histoire il n'y a qu'un pas à franchir.

 

La grande histoire est une poupée russe où s'emboîtent toute une série de matriochkas plus appétissantes les unes que les autres : histoire des sciences, histoire des civilisations, histoire des nations, des conquêtes, des religions, des climats, de l'art...

 

Comment appréhender notre présent, esquisser ce que pourrait être le monde où vivront nos descendants, sans connaitre ce que fut la vie des hommes depuis l'antiquité ?

 

Comment tenter d'éviter les erreurs, les crimes d'antan... sans avoir étudié le passé dans ses principales composantes ?

 

Si j'étais ministre de l'éducation nationale, j'introduirais l'enseignement de l'histoire (de façon ludique) dès la grande maternelle. L'histoire des sciences devrait faire partie des programmes de l'enseignement primaire...

 

La science est présente dans tous les principaux gestes et moments de l'épopée humaine, tous les cursus scientifiques devraient comporter un cours d'histoire et réciproquement.

Hélas on oublie l'histoire... la vraie ; on préfère prêter attention à ceux qui nous racontent des histoires !

 

Je cite toujours cet exemple d'un cours de licence où je traitais des colorants. Incidemment je parlais de la garance, et de fil en aiguille, des teintures, des pantalons garance, de la guerre de 1870, des premiers poilus de 1914, cibles idéales des mitrailleuses allemandes... Il y a 30 ans quelques étudiants suivaient le fil. Il y a 10 ans plus aucun.

" Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre." W. Churchill

Histoire et science : l'amour en réunion

Dans les recherches historiques, les sciences occupent une place qui ne cesse de croître

 

J'ai évoqué ICI le travail sur le génome ancien qui a révolutionné nos connaissances sur Néandertal et la préhistoire.

 

J'ai présenté aussi le travail magnifique réalisé dans le cadre du projet Venice Time Machine, qui met l'intelligence artificielle au service de la construction, à partir d'archives, "d'un modèle multidimensionnel de la Sérenissime  et de son évolution couvrant une période de plus de 1000 ans".

 

Ce ne sont que deux  exemples parmi des centaines d'autres.

 

Aujourd'hui, les historiens s'appuient sur des cohortes de scientifiques venus de divers horizons : archéologues, géologues, sismologues, glaciologues, chimistes, informaticiens, physiciens... pour cerner au plus près une vérité qui ne se dévoile que sous les assauts répétés de technologies de plus en plus pointues et la mise en commun de multiples savoir. L'archéoscience est une (pluri) discipline... d'avenir !

 

 

Résumé : où il est question de carottes, de glace, de peste, de plomb, de pollution et... d'empire romain

Apprendre l'histoire dans la glace

L'actualité scientifique me conduit aujourd'hui à parler des travaux du groupe " Initiative pour la science du passé humain" à Harvard, qui réunit des scientifiques, des historiens, des archéologues.

 

L'histoire laisse des traces multiples, pas seulement dans les livres, l'architecture ou la peinture ; parfois si difficiles à saisir que seules les avancées de la science et de son instrumentation  permettent d'en déchiffrer le sens.

 

Ainsi le groupe de Michael McCormick à Harvard, associé à l'équipe de Paul Mayewski (Université du Maine) a entrepris, en 2013, des recherches à propos des  interactions homme-climat depuis 2 000 ans... en étudiant une carotte de glace de 73 m, prélevée dans les Alpes suisses.

 

Leurs résultats, confrontés aux documents écrits analysés par les historiens de Harvard, dans le cadre d'un passionnant travail interdisciplinaire, ont donné lieu à de multiples publications et à quelques révélations inédites.

 

Ces scientifiques ont notamment pu avancer que l'année 536 avait été la pire année de notre histoire depuis l'Antiquité.

 

Darkest hours and then a dawn

Ce que révèlent les glaciers

Dans les années 1960 un chercheur français, Claude Lorius, fait partie d'une expédition en Antarctique. Un soir, avant de se glisser dans son duvet, il plonge un glaçon dans son verre de whisky... et il réalise que les bulles qui s'en libèrent sont en fait celles de l'air emprisonné dans le passé (voir sérendipité).

Elles peuvent donc donner des indications sur la composition de l'air, à l'époque où la glace s'est formée.

 

Ainsi a été établie la corrélation entre la hausse des courbes de températures et l'emprisonnement des gaz à effet de serre.

 

Bien plus, les carottes de glace fournissent des données fiables sur les température passées, les précipitations, la circulation atmosphérique, l'étendue de la glace, le volcanisme,  la biomasse, la chimie de l'atmosphère...

 

Le journal détaillé des catastrophes naturelles et de la pollution humaine est donc figé dans la glace. Voila pourquoi l'on peut affirmer que le dérèglement climatique est d'origine anthropique, n'en déplaise au sinistre crétin qui trône à la Maison Blanche.

 D'ailleurs tous ces chercheurs sont inquiets : le réchauffement climatique fait fondre les glaces et donc disparaître un matériau historique irremplaçable. Les voici maintenant obligés de stocker leurs carottes dans des congélateurs...

 

Les grandes calamités de l'histoire

" Le Triomphe de la Mort" par Pieter Brueghel l'Ancien, 1562
" Le Triomphe de la Mort" par Pieter Brueghel l'Ancien, 1562

Quand on évoque les grands désastres humanitaires, ceux qui ont considérablement affectés la démographie mondiale, on ne pense pas vraiment à 536, mais à deux grandes pandémies : la peste noire à l'époque de la guerre de cent ans et la grippe espagnole à la fin de la grande guerre.

La peste noire (black death) : 1347 - 1352

 «Les gardiens et les ministres de la loi étaient tous morts, malades, ou si démunis d’auxiliaires que toute activité leur était interdite. N’importe qui avait donc licence d’agir au gré de son caprice».

Bocacce - Decameron

 

La grande peste provoqua une hécatombe en Eurasie au XIVème siècle. On cite parfois le chiffre de 200 millions de morts. En Europe on dénombra au moins 30 millions de morts.

 

Au Moyen Age, la peste bubonique sévissait de façon endémique en Asie centrale.

 

En 1346, les Mongols de la Horde d'or assiégèrent Caffa (Théodosie), comptoir et port génois des bords de la mer Noire, en Crimée. L’épidémie, qui sévissait dans leurs rangs, toucha rapidement les assiégés.

 

Bientôt, le siège fut levé, faute de combattants.

 

Les bateaux génois, quittèrent Caffa, avec leurs pestiférés, qui, de port en port, disséminèrent le  bacille Yersinia pestis qui se répandit comme une traînée de poudre.

 

Constantinople fut la première ville touchée en 1347, puis la maladie atteignit Gênes et Marseille en novembre de la même année. 

 

Elle gagna rapidement Avignon, en janvier 1348, alors cité papale et carrefour du monde chrétien : les fidèles, présents en grand nombre, contribuèrent à sa diffusion. Début février, la peste atteignit Montpellier, puis Béziers. Le 16 février 1348, elle est à Narbonne, début mars à Carcassonne, fin mars à Perpignan...

 

En un an, la peste noire se répandit sur tout le pourtour méditerranéen. Elle progressa ensuite vers le nord.

 

Le bilan fut catastrophique : en France, en 1348, le taux de mortalité est de plus de 40% ; en Europe, selon les pays et les sources, il se situe entre 30 et 60%.

 

Article de fond : 

Network theory may explain the vulnerability of medieval human settlements to the Black Death pandemic

 

La grippe espagnole

Fin 1918, la grande guerre se termine et l'épidémie de la grande grippe dite espagnoleappelée ainsi parce qu'elle fut annoncée dans la presse espagnole - dont le pays était exempt (la presse des belligérants était censurée), prend son envol. Il sera foudroyant.

C'était il y a exactement 100 ans.

 

On estime que cette pandémie affecta un tiers de la population mondiale (qui était de 1,83 milliard d'habitants à l'époque) et que 50 à 100 millions de personnes en périrent (dont 170 000 en France).

 

 On sait maintenant que le virus responsable de la grippe espagnole est né de la combinaison d'une souche humaine, provenant de la grippe saisonnière H1N8, en circulation entre 1900 et 1917, avec des gènes aviaires de type N1. Ainsi naquit, en 1917 ou 1918, une souche H1N1, ancêtre de la variante qui sema la panique en 2009.

 

Originaire probablement de Chine, la mutation du virus se serait produite au Kansas. Le virus serait passé ensuite du canard à l'humain - directement ou via le porc  -. Le virus a rapidement touché l'ensemble des États-Unis, où il aurait muté, pour donner une nouvelle souche ultra virulente (qui ne tardera pas à nous tomber dessus disent certains virologues),  trente fois plus mortelle que les grippes communes. Elle devint une pandémie, lorsqu'elle passa des États-Unis à l'Europe, puis dans le monde entier, par les échanges entre les métropoles européennes et leurs colonies.

 

VOIR : 

The 1918–19 influenza pandemic revisited

 

MAIS, depuis l'antiquité, c'est 536 qui a été la pire des années

Pour l''historien médiéval et archéologue Michael McCormick ces pandémies furent moins mortifères que la catastrophe qui survint en l'an 536.

 

Pour lui, il n'y a pas de doute, 536 fut la pire des années que connut l'homme moderne... et en tout cas le début de l'un des épisodes les plus funestes de l'histoire de l'humanité.

 

Les historiens savaient depuis longtemps que le milieu du VIe siècle avait été une période sombre. Un brouillard mystérieux avait alors plongé l'Europe, le Moyen-Orient et certaines parties de l'Asie, dans l'obscurité pendant 18 mois.

 

Des descriptions apocalyptiques, dont celles du grand historien byzantin Procope, étaient bien connues :

" Car le soleil a donné sa lumière sans éclat, comme la lune, pendant toute l'année".

 

Selon Michael McCormick, les températures au cours de l'été 536 ont chuté de 1,5 ° C à 2,5 ° C, amorçant la décennie la plus froide des 2300 dernières années.

 

" La neige est tombée cet été là en Chine ; les récoltes ont été anéanties provoquant la famine. Les chroniques irlandaises rapportent la même chose entre les années 536-539.

 Puis, en 541, la peste bubonique frappa le port romain de Péluse, en Égypte. Ce que l’on a appelé la peste de Justinien s’est rapidement répandu, éliminant un tiers à la moitié de la population de l’Empire romain oriental et accélérant son effondrement."

 

Que du bonheur !

 

Quelle est l'origine de triste épisode ?

 

C'est l'analyse ultra-précise de la carotte prélevée dans un glacier suisse, effectuée par l'équipe codirigée par McCormick et le glaciologue Paul Mayewski , qui a permis d'identifier un coupable. 

Pour eux, pas de doute, c'est une éruption volcanique cataclysmique en Islande, au début de 536 (souvenons-nous de l'éruption de l'Eyjafjöll en 2010), qui, crachant ses cendres sur tout l'hémisphère nord, a provoqué le désastre.

Pour les chercheurs, deux autres éruptions massives ont suivi, en 540 et 547. L'épidémie de peste couronna le tout (peste de Justinien). L'Europe fut plongée dans une stagnation économique qui dura un siècle !

 

Identification des marqueurs

La spectrométrie à ultra haute résolution est représentée par des analyseurs de masse comme les FT-ICR, l'orbitrap (haut champ) et la paracell. Elle se caractérise par l'obtention de spectres où les pics des différentes abondances isotopiques sont séparés
La spectrométrie à ultra haute résolution est représentée par des analyseurs de masse comme les FT-ICR, l'orbitrap (haut champ) et la paracell. Elle se caractérise par l'obtention de spectres où les pics des différentes abondances isotopiques sont séparés

Le long des 73 mètres de la carotte de glace forée en 2013 dans le glacier Colle Gnifetti, dans les Alpes suisses, ce sont les traces de plus de 2 000 ans de retombées volcaniques, de tempêtes de poussière sahariennes ou d'émissions résultant d'activités humaines au centre de l'Europe, qui sont piégées et que Paul Mayewski et son équipe interdisciplinaire ont donc pu étudier.

 

 Lorsqu'un volcan entre en éruption, il rejette du soufre, du bismuth. C'est en fait une douzaine d'éléments marqueurs (dont le soufre, le bismuth et le plomb) qui ont été recherchés dans chaque échantillon et qui a permis à l’équipe de repérer les tempêtes, les éruptions volcaniques et la pollution par le plomb, avec une incertitude de moins d'un mois !

 

Grâce à la spectrométrie de masse à ultra haute définition, l'équipe a déchiffré les données de disques de 120 microns sculptés au laser. Ces disques représentent quelques jours ou quelques semaines de neige, le long de la carotte.

 

 

Ce que le plomb raconte de l'histoire ancienne

La peste et le plomb

Il n'y a pas de pollution "naturelle" au plomb

Le travail que je cite plus haut, a un autre mérite - sans doute plus important que celui que j'ai mis en avant pour éveiller l'intérêt des lecteurs (façon tabloïd !), celui de révéler que le bruit de fond de la pollution au plomb est quasiment nul et par déduction de corréler l'histoire des activités industrielles aux teneurs en plomb dans nos fameuses carottes.

 

Au passage, les auteurs mettent ainsi à mal les hypothèses selon lesquelles la pollution environnementale généralisée a commencé avec la révolution industrielle du XVII/XVIIIème siècle et que le plomb détecté avant cette époque représentait les niveaux naturels. 

En fait nous nous empoisonnons depuis 2000 ans !

 

En 2000 ans, la teneur "naturelle" en plomb n'a été observée que durant la grande peste

Teneur en plomb dans la glace sur 2000 ans
Teneur en plomb dans la glace sur 2000 ans

Ce qu'ont révélé les fameuses carottes du glacier alpin (dont il est question plus haut), grâce aux analyses à haute résolution (d'un an à plusieurs années) et à très haute résolution (subannuelle), c'est que le véritable niveau du plomb dans l'atmosphère (pratiquement zéro) n'a été obtenu qu'une seule fois au cours des 2000 dernières années : au cours de la pandémie de peste noire, où un effondrement démographique et économique ayant interrompu la production de métaux, la teneur du plomb atmosphérique a atteint un niveau indétectable.

La figure ci-dessus est  éloquente.

 

Sur ce graphique on observe que des niveaux mesurables de pollution par le plomb peuvent déjà être observés il y a deux millénaires...  depuis que les humains ont commencé à travailler de manière significative avec le métal.

 

Cela fait donc 2000 ans que nous nous empoisonnons au plomb !

 

Le plomb disparaît, les oxydes d'azote restent

L'analyse fine des données obtenues en ultra haute définition font également apparaître trois baisses significatives des teneurs en plomb :

 

-la deuxième chute sévère correspond à la période allant de 1460 à 1465 après J-C. Les archives historiques montrent que les activités minières britanniques ont fortement chuté à cette époque en raison de l'offre excédentaire du marché, probablement liée à une autre série d'épidémies et à un ralentissement économique,

 

- le troisième niveau le plus bas du dépôt de plomb dans le noyau de glace, correspond à l'année 1885. Les activités minières se sont effondrées au cours de cette année là en raison de la grave crise économique qui a affecté durablement les pays occidentaux entre 1882 et 1885. Aux États-Unis, en 1885, les niveaux de production de plomb ont atteints les plus bas historiques, depuis la fin du XVIIIe siècle,

 

- enfin, depuis 1974 on observe un déclin régulier et important des teneurs en plomb. Cela correspond à la mise en place des réglementations concernant l'usage du plomb (essence sans plomb par exemple).

Si l'on regarde le graphique ci-dessus on voit que ces décisions ont été particulièrement efficaces. Les concentrations en plomb (et en parallèle celles en dioxyde de soufre) ont considérablement diminué ( le plomb est hors échelle sur la figure avant 1990).

Par contre, le laxisme des autorités concernant les émissions d'oxydes d'azote (cancérogènes certains) des moteurs diesel, se traduit par le maintien des NOx (en gris sur la figure) à des hauts niveaux présentant un danger certain pour la santé publique.

La chute de l'Empire romain

Pendant quatre siècles, la méditerranée est un lac romain. La puissance et la richesse de Rome sont sans égale.

Et puis, brutalement, l'empire romain d'occident s'effondre comme un soufflé.

Les historiens avancent une date (symbolique) pour la chute de la Rome antique : le 4 septembre 476, jour où le jeune Romulus Augustus (15 ans), dernier empereur, abdique.

 

Les causes du déclin de l'empire ont fait l'objet de quantité de supputations dans de multiples ouvrages.

 

Il en est une qui fait dresser l'oreille du scientifique : si Rome était tombé dans le stupre, si ses généraux avaient perdus de leur lucidité, si ses légionnaires étaient devenus léthargiques et bedonnants, et donc si les invasions barbares avaient pu venir à bout d'une civilisation aussi  puissante et raffinée... c'est à cause d'une trop forte consommation... de plomb !

 

Le plomb est une substance toxique qui s’accumule dans l’organisme et a une incidence sur de multiples organes. Une exposition à long terme de concentrations modérées de plomb affecte le cerveau, le foie, les reins et les os. Il n’existe pas de seuil sous lequel l’exposition au plomb serait sans danger.

 

 

En 1983, un chercheur canadien, Jerome Nriagu, ayant examiné la composition de l’alimentation de 30 empereurs et "usurpateurs" romains ayant régné entre 30 et 220 après J.-C. conclut qu'ils avaient été gravement contaminés par le plomb.

Il en fit un bouquin à succès.

 

Pour adoucir leurs vins et autres aliments, les Romains transformaient les raisins en une variété de sirops qui mijotaient lentement dans des pots en plomb.

Lorsque ces recettes ont été testées à l’époque moderne, elles produisaient des sirops avec des concentrations de plomb colossales.

 

D'une façon générale, le plomb était très présent dans les cuisines de l'élite romaine.

L'aristocratie romaine, particulièrement gloutonne, voire orgiaque, se serait gavée de plomb.

 

De plus, signe extérieur de richesse, les belles villas romaines étaient alimentées en eau par des canalisations en plomb.

 

Cependant dès 1984, les critiques démolissaient le travail du Dr Nriagu, jugé scientifiquement très contestable.

 

John Scarborough (University of Wisconsin–Madison) publiait "The Myth of Lead Poisoning Among the Romans: An Essay Review " qui accablait le travail de Jerome Nriagu.

 

A partir de là, la contribution de l'empoisonnement au plomb dans la chute de Rome fut discutée dans nombre de publications.

 

Trois décennies après la publication de Nriagu, en 2014, une équipe d'archéologues et de scientifiques a notamment examiné la façon dont les canalisations en plomb contaminaient "l'eau du robinet" des Romains.

 

 L'équipe a dragué des sédiments en aval de Rome dans le bassin du port de Portus, un port maritime de la Rome impériale, et dans un chenal reliant le port au Tibre. 

Les chercheurs ont comparé les isotopes de plomb dans leurs échantillons de sédiments avec ceux trouvés dans des canalisations romaines préservées, afin de créer un registre historique de la pollution par le plomb provenant de la capitale romaine.

Le résultat est éloquent : l’eau du robinet de la Rome antique contenait probablement 100 fois plus de plomb que l’eau de source locale.

De là à penser qu'un saturnisme généralisé de l'élite romaine aurait fait tomber l'empire, il y a un grand pas que les auteurs ne franchissent pas.

 

LIRE AUSSI : Deadly Lead? An Interdisciplinary Study of Lead Production, Lead Exposure, and Health on an Imperial Roman Estate in Italy

 

Eblouissante Venise

Venise, les arts et l'Europe au XVIIIe siècle

Grand Palais, Galeries nationales - 26 septembre 2018 - 21 janvier 2019

" Héritière de longs siècles de domination sur la Méditerranée, la Venise du XVIIIe siècle a perdu de sa puissance politique et commerciale et de son influence.

Cependant, la production des artistes reste de tout premier plan. Une grande énergie anime la vie sociale. Fêtes officielles, opéra, théâtre, réceptions somptueuses, divertissements variés ponctuent le quotidien et étonnent les étrangers de passage. 


L’exposition est un hommage à cette page d’histoire artistique de la Serenissima, en tout point remarquable, par le choix des peintures, sculptures, dessins et objets les plus significatifs ainsi que par la présence de comédiens, danseurs et musiciens se produisant in situ (chaque mercredi soir) dans des "Éclats nocturnes."

Réunion des musées nationaux

 

Ci-dessous "Eclats Nocturnes"

"À l’aube du XVIIIe siècle, la civilisation vénitienne est à son apogée dans le domaine des arts décoratifs et vivants. Sa modernité s’exporte partout en Europe et fonde de nouvelles esthétiques. En hommage à cette vitalité, musiciens, danseurs et comédiens dialogueront avec la peinture, et avec le public." RMN

Sur ce site :

 

BLOG Syndrome de Stendhal : Florence ou Venise  ?

 

VIDEO Splendeurs vénitiennes

 

Actualité du Blog

" Ce malaise devant l'inhumanité de l'homme même, cette incalculable chute devant l'image de ce que nous sommes, cette « nausée » comme l'appelle un auteur de nos jours, c'est aussi l'absurde. "

Albert Camus