Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus

 aussi: https://www.jeanpierrelavergne.fr/                                 


Blog

 

Billets d'humeur -depuis janvier 2009 - classés, pour simplifier, en six rubriques : arts, histoire, philosophie, politique, société, sciences.

Rappel : philosophie = aime la sagesse !

 

Planète vivante

Ressources pillées, biodiversité gravement altérée, pollutions majeures, climat déréglé... l'avenir de l'homme sur la Terre s'avère très sombre !

 


Le plus ancien ADN d'un Homo sapiens révèle une ascendance néandertalienne très proche

On estime qu’Homo sapiens s’est établi en Europe il y a 45.000 ans tandis que les Néandertaliens étaient déjà là depuis 200.000 ans et ont disparu il y a 40 000 ans.

On avait longtemps crû qu'Homo sapiens n'avait surgi qu'après la disparition de Néandertal.

 

Progressivement, depuis une quinzaine d'années, notamment grâce aux travaux de l'équipe de Svante Pääbo, un pionnier de la paléogénétique, directeur du Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology à Leipzig, on a compris que Sapiens et Néandertal s'était croisé et "qu'il y avait du Neandertal dans une grande part de l'humanité actuelle".

 

Depuis 2010, les découvertes se succèdent, qui confirment la proximité de Néandertal et de l'homme moderne.

 

 On doit en particulier au groupe de Svante Pääbo le séquençage des génomes complets des hommes de Neandertal et de Denisova, publiés entre 2010 et 2014, et la preuve que 1 % à 3 % de l'ADN de Neandertal subsiste dans une grande partie de l'humanité.

 

En 2018, son équipe a identifié un fragment d'os découvert dans une grotte des montages de l'Altaï, comme appartenant à une jeune fille de 13 ans, qui, selon son ADN, s'avère être une hybride entre un père Dénisovien et une mère Néandertal, espèces cousines d'Homo Sapiens aujourd'hui disparue.

Depuis, les publications s'accumulent à propos de l'hybridation de ces espèces (sous-espèces ?). 

Grâce à l'analyse du génome nucléaire on sait par exemple que les Dénisoviens partageaient un ancêtre commun avec les Néandertaliens, et qu'ils se sont hybridés avec les ancêtres de certains hommes modernes.

 

 

Les anciennes lignées humaines se sont croisées couramment en Europe et au Moyen-Orient

La recherche fournit des preuves de plus en plus nombreuses qui montrent que les humains modernes se sont régulièrement métissés avec des Néandertaliens et d'autres parents disparus,

On sait que, comme toutes les personnes d'aujourd'hui dont l'ascendance n'est pas uniquement africaine, les premiers Eurasiens portaient de l'ADN de Néandertal. 

 

En 2020, Marin Petr, Mateja Hajdinjak et coll, également de l'Institut Max Planck d'anthropologie évolutive (MPI-EVA ) à Leipzig, ont montré qu'il y a 150 000 à 300 000 ans, des unions entre des hommes modernes et des femmes néandertaliennes auraient conduit au remplacement du chromosome sexuel mâle (Y) néandertalien par celui de « sapiens »

 

Les dernières études sur le génome clarifient encore les relations entre les premiers humains modernes d'Europe, et Homo sapiens et les Néandertaliens.

 

Le biologiste moléculaire Mateja Hajdinjak et le généticien évolutionniste Svante Pääbo, toujours de l'Institut Max Planck à Leipzig, ont publié le 7 avril dernier dans Nature une étude basée sur une dent et des restes fragmentaires de la grotte Bacho Kiro en Bulgarie.

 

 Les trois plus vieux individus de Bacho Kiro, datés entre 45 900 et 42 600 ans, avaient tous des ancêtres néandertaliens récents. Les génomes des non-Africains modernes abritent généralement environ 2% d'ascendance néandertalienne, mais les individus de Bacho Kiro en avaient un peu plus à 3,4–3,8%, et les segments chromosomiques - qui se raccourcissent dans les générations successives - étaient considérablement plus longs.

 

En mesurant ces segments, les chercheurs ont estimé que les individus de Bacho Kiro avaient des ancêtres néandertaliens qui dataient des six ou sept dernières générations - et probablement en Europe.

 

Le fait que plusieurs humains de Bacho Kiro aient eu des parents néandertaliens aussi proches suggère que les deux groupes se sont mélangés régulièrement en Europe pendant une très longue période et jusqu'à très récemment.

VAN GOGH/ARTAUD : les suicidés de la société

A gauche, Vincent Van Gogh "Autoportrait au chapeau de feutre" (1887). A droite Antonin Artaud à la fin de sa vie.

 

Que se passe t-il quand un génie illuminé rencontre un fou... de peinture ? Un texte à nul autre pareil, où l'auteur, à travers une analyse au scalpel de l'oeuvre et de la vie de Van Gogh, vomit son désespoir, sa haine de la médecine, de la psychiatrie... et du genre humain.

 

 Antonin Artaud

Van Gogh, Le suicidé de la société

 

L'auteur c'est Antonin Arthaud (1996-1948), pour moi le plus génial, le plus honorable, le plus sincère des surréalistes... qui finiront par l'exclure violemment, au moment de leur rapprochement avec le parti communiste :

 « [...] Il y a longtemps que nous voulions le confondre, persuadés qu'une véritable bestialité l'animait [...] Cette canaille aujourd'hui nous l'avons vomie. Nous ne voyons pas pourquoi cette charogne tarderait plus longtemps à se convertir, ou, comme sans doute elle dirait, à se déclarer chrétienne

Un texte signé par Breton, Aragon et Eluard... qui ne les grandit pas !

 

Artaud n'a jamais cessé d'écrire et notamment des correspondances où il se dit envoûté, comme l'avait été aussi Van Gogh.

 

Dès ses premiers textes, Artaud décrit ce qu’il appelle une décorporisation de la réalité, l’impression de ne pas avoir de corps, de ne pas être en vie. C’est un mal profond qui a été diagnostiqué quand il avait 18/20 ans, une neurasthénie disait-on à l’époque.

 

De 1938 à 1947, il passe 9 ans dans plusieurs hôpitaux psychiatriques (il consultera à Montpellier, fut interné à Rodez) qui lui appliquent les traitements les plus violents de l'époque, comme les électrochocs, vécus comme autant de séances de torture :

"L'électrochoc, M. Latrémolière, me désespère, il m'enlève la mémoire, il engourdit ma pensée et mon cœur, il fait de moi un absent qui se connaît absent et se voit pendant des semaines à la poursuite de son être, comme un mort à côté d'un vivant qui n'est plus lui, qui exige sa venue et chez qui il ne peut entrer"

 

Mais Artaud est bien plus qu'un écrivain : c'est un homme de théâtre, de cinéma, un dessinateur, un critique d'art, un explorateur (de l'imaginaire ?)...

La postérité évoquera surtout sa folie et ses délires. Mais le théâtre contemporain s'en inspirera et lui rendra hommage.

 

Dans "Van Gogh le suicidé de la société", un essai publié en 1947 à l'occasion d'une exposition au Musée de l'Orangerie, Artaud "hurle" que "Van Gogh n'était pas fou" !

"On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie, ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l’oreille gauche"

" Non, Van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques, dont l’angle de vision, à côté de toutes les autres peintures qui sévissaient à cette époque, eût été capable de déranger gravement le conformisme larvaire de la bourgeoisie second Empire..."

 

C'est la psychiatrie, c'est l'asile, et au-delà la société, qui ont voulu faire de lui un dément !

 Et puis même le serait-il :

"Il y a dans tout dément un génie incompris dont l’idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n’a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparés la vie."

 

On l'aura compris, quand Artaud évoque Van Gogh, il parle aussi de lui.

 

J'ai choisi quelques peintures du peintre néerlandais, avec les commentaires d'Antonin Artaud, issus du texte dont je propose quelques extraits ci-après.

 

JPL - mars 2021

 

 

ANTONIN ARTAUD […] Un fou, Van Gogh ?

 [EXTRAITS] de  VAN GOGH, LE SUICIDÉ DE LA SOCIÉTÉ

 –

" Un fou, Van Gogh ?

 

Que celui qui a su un jour regarder une face humaine regarde le portrait de Van Gogh par lui-même, je pense à celui avec un chapeau mou. Peinte par Van Gogh extralucide, cette figure de boucher roux, qui nous inspecte et nous épie, qui nous scrute avec un œil torve aussi.

 

Je ne connais pas un seul psychiatre qui saurait scruter un visage d’homme avec une force aussi écrasante et en disséquer comme au tranchoir l’irréfragable psychologie.

 

L’œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi- même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d’un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie.

 

Le regard de Van Gogh est pendu, vissé, il est vitré derrière ses paupières rares, ses sourcils maigres et sans un pli. C’est un regard qui enfonce droit, il transperce dans cette figure taillée à la serpe comme un arbre bien équarri.

Mais Van Gogh a saisi le moment où la prunelle va verser dans le vide, où ce regard, parti contre nous comme la bombe d’un météore, prend la couleur atone du vide et de l’inerte qui le remplit.

 

Mieux qu’aucun psychiatre au monde, c’est ainsi que le grand Van Gogh a situé sa maladie. Je perce, je reprends, j’inspecte, j’accroche, je descelle, ma vie morte ne recèle rien, et le néant au surplus n’a jamais fait de mal à personne, ce qui me force à revenir au dedans, c’est cette absence désolante qui passe et me submerge par moments, mais j’y vois clair, très clair, même le néant je sais ce que c’est, et je pourrais dire ce qu’il y a dedans.

 

Et il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société le lui a interdit. Carrément et consciemment interdit.

 

Il y a eu un jour les exécuteurs de Van Gogh, comme il y a eu ceux de Gérard de Nerval, de Baudelaire, d’Edgar Poe et de Lautréamont. Ceux qui un jour ont dit : Et maintenant, assez, Van Gogh, à la tombe, nous en avons assez de ton génie, quant à l’infini, c’est pour nous, l’infini.

 

Car ce n’est pas à force de chercher l’infini que Van Gogh est mort, qu’il s’est vu contraint d’étouffer de misère et d’asphyxie, c’est à force de se le voir refuser par la tourbe de tous ceux qui, de son vivant même, croyaient détenir l’infini contre lui ;et Van Gogh aurait pu trouver assez d’infini pour vivre pendant toute sa vie si la conscience bestiale de la masse n’avait voulu se l’approprier pour nourrir ses partouses à elle, qui n’ont jamais rien eu à voir avec la peinture ou avec la poésie. De plus, on ne se suicide pas tout seul.

 

Nul n’a jamais été seul pour naître. Nul non plus n’est seul pour mourir. Mais, dans le cas du suicide, il faut une armée de mauvais êtres pour décider le corps au geste contre nature de se priver de sa propre vie. Et je crois qu’il y a toujours quelqu’un d’autre à la minute de la mort extrême pour nous dépouiller de notre propre vie.

 

Ainsi donc, Van Gogh s’est condamné, parce qu’il avait fini de vivre...

Mais surtout Van Gogh voulait enfin rejoindre cet infini pour lequel, dit-il, on s’embarque comme dans un train pour une étoile, et on s’embarque le jour où l’on a bien décidé d’en finir avec la vie.

 

  Il y a des consciences qui, à de certains jours, se tueraient pour une simple contradiction, et il n’est pas besoin pour cela d’être fou, fou repéré et catalogué, il suffit, au contraire, d’être en bonne santé et d’avoir la raison de son côté.

 

Moi, dans un cas pareil, je ne supporterai plus sans commettre un crime de m’entendre dire : « Monsieur Artaud, vous délirez », comme cela m’est si souvent arrivé.

 

Et Van Gogh se l’est entendu dire. Et c’est de quoi s’est tordu à sa gorge ce nœud de sang qui l’a tué. […]"

 

Antonin Artaud, 1947

 

 

" Or, c’est de son coup de massue, vraiment de son coup de massue que Van Gogh ne cesse de frapper toutes les formes de la nature et les objets.

Cardés par le clou de Van Gogh,

les paysages montrent leur chair hostile,

la hargne de leurs replis éventrés,

que l’on ne sait quelle force étrange est, d’autre part, en train de métamorphoser."

 

Champ de blé aux corbeaux (1890)

 

"Il n’est pas ordinaire de voir un homme, avec, dans le ventre, le coup de fusil qui le tua, fourrer sur une toile des corbeaux noirs avec au-dessous une espèce de plaine livide peut-être, vide en tout cas, où la couleur lie-de-vin de la terre s’affronte éperdument avec le jaune sale des blés."

 

 

 

" Le ciel du tableau est très bas, écrasé,

violacé, comme des bas-côtés de foudre.

La frange ténébreuse insolite du vide montant d’après l’éclair.

Van Gogh a lâché ses corbeaux comme les microbes noirs de sa rate de suicidé à quelques centimètres du haut et comme du bas de la toile,

suivant la balafre noire de la ligne où le battement de leur plumage riche fait peser sur le rebroussement de la tempête terrestre les menaces d’une suffocation d’en-haut.

Et pourtant tout le tableau est riche.

Riche, somptueux et calme le tableau.

Digne accompagnement à la mort de celui qui, durant sa vie, fit tournoyer tant de soleils ivres sur tant de meules en rupture de ban, et qui, désespéré, un coup de fusil dans le ventre, ne sut pas ne pas inonder de sang et de vin un paysage, tremper la terre d’une dernière émulsion, joyeuse à la fois et ténébreuse, d’un goût de vin aigre et de vinaigre taré.

C’est ainsi que le ton de la dernière toile peinte par Van Gogh est, lui qui, d’autre part, n’a jamais dépassé la peinture, d’évoquer le timbre abrupt et barbare du drame élisabéthain le plus pathétique, passionnel et passionné.

C’est ce qui me frappe le plus dans Van Gogh, le plus peintre de tous les peintres et qui, sans aller plus loin que ce qu’on appelle et qui est la peinture, sans sortir du tube, du pinceau, du cadrage du motif et de la toile pour recourir à l’anecdote, au récit, au drame, à l’action imagée, à la beauté intrinsèque du sujet et de l’objet, est arrivé à passionner la nature et les objets de telle sorte que tel fabuleux conte d’Edgar Poe, d’Herman Melville, de Nathanaël Hawthorne, de Gérard de Nerval, d’Achim Arnim ou d’Hoffmann, n’en dit pas plus long sur le plan psychologique et dramatique que ses toiles de quatre sous,

ses toiles presque toutes, d’ailleurs, et comme par un fait exprès, de médiocre dimension.

 

Si Van Gogh n’était pas mort à 37 ans je n’en appellerais pas à la Grande Pleureuse pour me dire de quels suprêmes chefs-d’œuvre la peinture eût été enrichie,

car je ne crois pas, après les « Corbeaux », me résoudre à croire que Van Gogh eût peint un tableau de plus.

Je pense qu’il est mort à 37 ans parce qu’il était, hélas, arrivé au bout de sa funèbre et révoltante histoire de garrotté d’un mauvais esprit."

 

 

La chaise de Gauguin (1888)

"Un bougeoir sur une chaise, un fauteuil de paille tressée,

Un livre sur le fauteuil,

Et voilà le drame éclairé.

Qui va entrer ?

Sera-ce Gauguin ou un autre fantôme ?

 

Le bougeoir allumé sur le fauteuil de paille indique, paraît-il, la ligne de démarcation lumineuse qui sépare les deux individualités antagonistes de Van Gogh et de Gauguin.

L’objet esthétique de leur dispute n’offrirait, si on le racontait, pas grand-intérêt peut-être, mais il devait indiquer entre les deux natures de Van Gogh et de Gauguin une scission humaine de fond.

Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,

alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.

En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.

 

Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité."

 

"C’est ainsi que la lumière du bougeoir sonne, que la lumière du bougeoir allumé sur le fauteuil de paille verte sonne comme la respiration d’un corps aimant devant le corps d’un malade endormi.

Elle sonne comme une étrange critique, un profond et surprenant jugement dont il semble bien que Van Gogh puisse nous permettre de présumer la sentence plus tard, beaucoup plus tard, au jour où la lumière violette du fauteuil de paille aura achevé de submerger le tableau.

Et on ne peut pas ne pas remarquer cette coupure de lumière lilas qui mange les barreaux du grand fauteuil torve, du vieux fauteuil écarquillé de paille verte, bien qu’on ne puisse pas tout de suite la remarquer."

 

 

La nuit étoilée (1889)

 

"C’est ainsi que d’étranges forces sont soulevées et amenées dans la voûte astrale, dans cette espèce de coupole sombre que constitue par-dessus toute la respiration humaine, la venimeuse agressivité du mauvais esprit de la plupart des gens."

 

 

Champ de blé avec une alouette (1887)

 

 

"Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Les oliviers de Saint-Rémy (1889)

 Le cyprès solaire.

 La chambre à coucher.

 La cueillette des olives.

 Les Aliscamps.

 Le café d’Arles.

 

Le pont où on a envie de plonger le doigt dans l’eau, dans un mouvement de régression violente à un état d’enfance auquel vous contraint la poigne faramineuse de Van Gogh.

L’eau est bleue,

pas d’un bleu d’eau,

d’un bleu de peinture liquide.

Le fou suicidé est passé par là et il a rendu l’eau de la peinture à la nature,

mais à lui qui la lui rendra ?"


La chambre à coucher (1888)

 

Sur leOcculte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

Et ce fut sûrement de la faute de Van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces couleurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

 

Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand Van Gogh n’apparaît.

Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

 

 

Sur le site :

 

VOIR

PEINDRE : Lumières !

 

SRAS-CoV-2 - Actualités

 

Depuis le 19 mars 2020, je fais régulièrement le point sur l'avancée des recherches dans le domaine, à partir de sources scientifiques incontestables, citées dans les plus grandes publications scientifiques : Nature, Science, PNAS, Cell, The Lancet, New England Journal of Medicine...

 

 

14 avril 2021

Comment les vaccins à adénovirus pourraient provoquer la formation de caillots sanguins ?

On apprend aujourd'hui que le vaccin à adénovirus Janssen de Johnson&Johnson est à son tour sous investigation pour avoir provoqué, comme AstraZeneca, des thromboses atypiques graves aux USA (6 cas - un mortel - sur 6,6 millions de vaccinés).

 

Actuellement les scientifiques n'ont aucune explication et en sont réduits à des hypothèses.

 

Un article publié ce jour dans le The New England Journal of Medicine (NJEM) conclut que :

" La vaccination avec ChAdOx1 nCov-19 (AstraZeneca) peut entraîner le développement rare d'une thrombopénie thrombotique immunitaire médiée par des anticorps activateurs de plaquettes dirigés contre le PF4, qui imite cliniquement la thrombocytopénie auto-immune induite par l'héparine."

 

Des spécialistes ont précisément décrit le phénomène :

 

" Ce trouble de la coagulation, [est] une étrange combinaison de caillots sanguins - qui peuvent être dangereux et potentiellement mortels s'ils bloquent le flux sanguin vers le cerveau ou les poumons - et une carence contre-intuitive de fragments cellulaires appelés plaquettes qui favoriser la coagulation. Les caillots sont également apparus dans des parties inhabituelles du corps, telles que le cerveau et l'abdomen, plutôt que dans les jambes, où se forment la plupart des caillots sanguins veineux profonds."

De quoi dérouter les spécialistes...

 

Cependant, certains chercheurs ont remarqué la similitude avec un phénomène similaire chez quelques personnes qui avaient été traitées avec l'héparine, un anticoagulant. L'héparine est normalement utilisée pour prévenir la coagulation, mais dans de très rares cas, elle peut déclencher un syndrome appelé thrombocytopénie induite par l'héparine (TIH *), qui provoque des caillots sanguins et de faibles taux de plaquettes.

Depuis on sait que ce syndrome peut-être observé... sans héparine. Une maladie orpheline inexpliquée !

 

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a diligenté plusieurs enquêtes ; 86 rapports de personnes qui avaient présenté des caillots sanguins dans le cerveau ou l'abdomen dans les deux semaines suivant la réception d'une dose du vaccin Oxford-AstraZeneca sont analysés.

 

L'EMA soutient également les études de deux consortiums universitaires centrés aux Pays-Bas, l'un dirigé par le Centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam et l'autre par des chercheurs de l'Université d'Utrecht et du Centre médical universitaire d'Utrecht.

 

Une timide étude des facteurs de risque semble indiquer actuellement que les femmes et les moins de 60 ans seraient les plus touchés.

 

Il faut néanmoins relativiser : nous sommes actuellement à environ un cas grave par millions pour ces deux vaccins. Le rapport bénéfice/risque reste largement en faveur de la vaccination, face à un virus qui a tué un million de personnes en Europe en un an.

 

*  On pense que la TIH est le résultat d'une réaction immunitaire aux complexes formés lorsque des molécules d'héparine chargées négativement se lient à une protéine chargée positivement appelée facteur plaquettaire 4 (PF4), qui est importante pour la coagulation. Cela active les plaquettes, déclenchant une réaction en chaîne. «Une fois que les plaquettes sont activées, c'est comme mettre une allumette à l'amadou», explique John Kelton, hématologue à l'Université McMaster à Hamilton, au Canada, qui étudie la TIH depuis 40 ans. «Ils recrutent de plus en plus de plaquettes, et lorsqu'ils sont activés, ils explosent et produisent du matériau coagulant. HIT est comme un feu de forêt; il se perpétue tout simplement. »

 

En bref - Confirmation de l'efficacité des

anticorps monoclonaux

 

Un cocktail d'anticorps monoclonaux développé par le fabricant de médicaments Regeneron offrirait une forte protection contre le Covid-19 lorsqu'il est administré à des personnes vivant avec une personne infectée par le coronavirus, selon les résultats des essais cliniques de phase 3 annoncés lundi 12 avril (avec une protection de 72% contre les infections symptomatiques la première semaine et de 93% les semaines suivantes).

 Le médicament, s'il est autorisé, pourrait offrir une autre ligne de défense contre la maladie pour les personnes qui ne sont pas protégées par la vaccination. Regeneron a déclaré dans un communiqué de presse qu'il demanderait à la Food and Drug Administration d'étendre l'autorisation d'urgence du médicament.

 

 

01 avril 2021

Préparer un vaccin à ARNm : la recette façon "Marmiton"

Non seulement ces vaccins ont une efficacité inégalée, mais ils sont les plus simples à préparer.

Pour trois raisons ;

-  la technologie ARNm ne nécessite pas de cellules vivantes,

- il y a moins de substances dans le mélange, 

- le processus nécessite des volumes plus petits que la fabrication de vaccins conventionnels.

 

La recette

 

Temps de préparation : deux jours (non compris les contrôles qualité)

 

Pour un réacteur standard de 30 litres :

1 -  Préparez une longue chaîne d'ARN. Cela nécessite une matrice d'ADN, quatre nucléotides différents et une enzyme pour lier les nucléotides ensemble dans le bon ordre.

2. Vous rajoutez ensuite une autre enzyme pour dégrader la matrice d'ADN, ce qui prend environ 15 minutes. Ne pas oublier de bien touiller le mélange.

3. L'étape suivante est la plus délicate : elle consiste à stabiliser l'ARN en l'encapsulant dans des nanoparticules lipidiques. Ajoutez ensemble l'ARN et les nanoparticules, ces dernières s'auto-assemblent autour des premières, dans un processus qui prend environ une journée.

4. Il ne vous reste plus qu'à mettre en pot votre ARN messager ; cela s'appelle le flaconnage.

 Dans l'industrie, une ligne de remplissage peut remplir environ 400 flacons par minute et peut fonctionner environ 60% du temps sur une base annuelle. Les 40% restants du temps sont nécessaires pour préparer une ligne pour un remplissage futur. Une ligne de remplissage pouvait remplir 126 millions de flacons par an.

 

ATTENTION : le défi technique consiste principalement à empêcher la dégradation de l'ARN notoirement fragile. Même une fois qu'il est protégé à l'intérieur des bulles lipidiques, des températures très basses sont nécessaires pour le garder intact. 

 

Les espaces clos sont les hotspots les plus redoutables pour le COVID 19

Simulation avec de minuscules bulles de savon dans une expérience destinée à explorer comment les fenêtres ouvertes et les différents niveaux de filtration de l'air affectent les concentrations de particules virales. Université de Delft
Simulation avec de minuscules bulles de savon dans une expérience destinée à explorer comment les fenêtres ouvertes et les différents niveaux de filtration de l'air affectent les concentrations de particules virales. Université de Delft

Les gouvernements et les entreprises dépensent encore des millions de dollars pour la désinfection des surfaces,  malgré les preuves qu'il est rare que le SRAS-CoV-2 passe d'une personne à une autre par des surfaces contaminées . En revanche, peu de pays ont investi dans des mesures visant à améliorer la qualité de l'air intérieur.

 

Pourquoi ?

 

Il faut se souvenir que Le 28 mars 2020, l'OMS a diffusé un message de santé publique sur Twitter et Facebook affirmant que "le COVID19 n'était PAS aéroporté"

L'OMS n'a mis à jour son avis sur la transmission du SRAS-CoV-2 que  trois mois plus tard, reconnaissant la possibilité "qu'une transmission aérienne puisse se produire dans certains contextes communautaires".

 

Aujourd'hui on sait que la contamination se fait massivement dans des lieux clos mal ventilés et très peu par des surfaces contaminées.

Certains gouvernement ont tout juste commencé à investir dans la purification de l'air, comme l'Allemagne qui a budgété en octobre dernier 500 millions d'euros  pour améliorer la ventilation des bâtiments publics, notamment les écoles, les musées et les bureaux publics.

 

Ce qui rend les espaces intérieurs si dangereux, c'est que le virus expiré peut s'accumuler et infecter les personnes qui n'ont pas de contact direct avec une personne infectée.

 

Malheureusement, la ventilation efficace des espaces intérieurs est infiniment complexe et aucune solution radicale n'existe. Nous en sommes toujours au bricolage !

 

Pour estimer, approximativement, la contamination de l'air, certains chercheurs préconisent l'utilisation de moniteurs de CO2, peu coûteux.  En effet, au fur et à mesure que les aérosols porteurs de virus sont expirés, le CO2 l' est aussi . Et lorsque la ventilation est mauvaise, le CO2 s'accumule avec le virus.

 

Fixer des limites claires au niveau de CO2 aiderait à garantir que la ventilation est adéquate pour réduire le risque d'infection. Pour certains scientifiques, 700 ppm de CO2 intérieur serait une limite raisonnable, et des limites plus basses devraient s'appliquer aux gymnases et autres lieux où les gens expulsent de plus grands volumes d'air.

Taïwan, la Norvège et le Portugal ont des lois qui limitent le CO2 intérieur à 1 000 ppm.

Des études menées en Californie ont montré que les salles de classe pulvérisaient ce plafond. Même dans un restaurant apparemment spacieux et aux hauts plafonds, on peut atteindre parfois 2000 ppm !

 

Et la ventilation pose des problèmes insolubles

De nombreux experts disent que les autorités devraient agir pour donner un message clair sur l'importance d'une bonne ventilation pour la sécurité à l'intérieur, en particulier dans les espaces occupés en permanence ou lorsque les masques sont retirés lorsque vous mangez.

 

Dans de nombreux pays, des campagnes concertées ont exhorté les gouvernements locaux ou nationaux à prendre des mesures pour réduire la transmission aérienne du SRAS-CoV-2.

 

L'OMS recommande un taux de ventilation minimum de 6 à 12 renouvellements d'air - dans lequel tout le volume d'air de la pièce est remplacé - par heure pour empêcher la transmission aérienne d'agents pathogènes dans les établissements de soins de santé.

 

Les objectifs recommandés par l'American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE) sont 0,35 renouvellement d'air par heure pour les maisons, 2–3 pour les bureaux, 5–6 pour les écoles. Les scientifiques jugent ces chiffres insuffisants... alors qu'ils sont rarement respectés.

 

Au Canada, Liangzhu (Leon) Wang et ses collègues ont tenté d'estimer le niveau de ventilation nécessaire pour réduire le risque d'infection dans les écoles. Ils ont mesuré le taux de ventilation dans les salles de classe de 3 écoles de Montréal et ont constaté qu'une salle de classe de 20 élèves avec un enseignant, avec les fenêtres ouvertes échangeait moins de la moitié de son air par heure; une pièce similaire avec ventilation mécanique avait deux changements d'air par heure.

Les mêmes auteurs montrent également que le port d'un masque à l'intérieur est plus efficace que le changement d'air : les masques réduisent le risque d'infection de plus de 60%.

 

Une meilleure méthode consiste à ventiler mécaniquement un espace. Cela aspire de l'air extérieur exempt de virus et élimine l'air intérieur contaminé, diluant ainsi tout virus présent... à condition d'utiliser des systèmes suffisamment puissants pour utiliser 100% de l'air extérieur. La plupart des bureaux et des salles de classe dans le monde ne sont alimentés que par 20% d'air extérieur, le reste étant recyclé pour économiser sur la consommation d'énergie pour le chauffage et le refroidissement.

 

Enfin des purificateurs d'air équipés de filtres à particules haute efficacité ont été testés. Dans certains scénarios, les purificateurs d'air ont surpassé le système de ventilation pour éliminer les aérosols simulés par des bulles de savon remplies d'air. Mais même sur le réglage le plus bas, les purificateurs d'air ont dépassé le niveau acceptable de bruit et de tirage recommandé par les normes européennes.

 

En fait, aucun système connu n'est satisfaisant, l’innovation est nécessaire pour combler les lacunes des systèmes actuels. Elle nous permettra de mieux affronter... la prochaine pandémie !

 

En attendant, en milieu clos, ne criez pas, ne chantez pas, ne courrez pas, ne mangez pas... et portez le masque !

 

 

24 mars 2021

L'immunité collective : une utopie ?

Les raisons pour lesquelles l'immunité collective face au COVID est probablement impossible

C'est un constat fait par des scientifiques de renom, qui est à la Une de la prestigieuse revue scientifique Nature.

 

Pour ces chercheurs, même avec une rigoureuse campagne de vaccination, le seuil théorique pour vaincre le COVID-19, semble hors de portée.

 

La plupart des estimations avaient placé le seuil entre 60 et 70% de la population acquérant l'immunité, soit par la vaccination, soit par une exposition antérieure au virus. Mais alors que la pandémie entre dans sa deuxième année, l'analyse des épidémiologistes est en train de changer.

 

En février, le spécialiste indépendant des données, Youyang Gu, a modifié le nom de son modèle de prévision COVID-19 de «Path to Herd Immunity» en «Path to Normality». Il a déclaré que l'atteinte d'un seuil d'immunité collective semblait peu probable en raison de facteurs tels que l'hésitation à la vaccination, l'émergence de nouveaux variants et l'arrivée tardive des vaccins pour les enfants.

 

Le modèle Youyang Gu COVID-19 utilise l'apprentissage automatique pour dériver le nombre de reproduction de base ( R 0 ) à partir des données publiées par le Center for Systems Science and Engineering (CSSE) de l'Université Johns Hopkins.

 

Les perspectives à long terme de la pandémie postulent que le COVID-19 va devenir une maladie endémique , un peu comme la grippe. A court terme, les scientifiques ne tablent plus sur l'immunité collective.

 

Vaccination trop lente, incomplète, ne bloquant pas la transmission (?)

Deux raisons majeures font que ces chercheurs ne croient plus l'immunité collective atteignable dans un délai raisonnable.

 

1- La vaccination va rester longtemps très partielle.

Or, même une résistance localisée à la vaccination peut entraîner des poches de résurgence de la maladie qui ensuite vont flamber. C'est ce que l'on observe avec la rougeole.

 

En Israël,  pays le plus avancé en matière de vaccination, où à la mi-mars plus de 50% de la population du pays était entièrement vaccinée avec les deux doses nécessaires, des réticences se font jour :

«Maintenant, le problème est que les jeunes ne veulent pas se faire vacciner», ni les juifs orthodoxes, ni les arabes israéliens...

 

Il faut aussi noter qu'actuellement aucun vaccin n'est approuvé pour les jeunes de moins de 18 ans.

Actuellement aux USA, aucun vaccin n'est approuvé pour les moins de 18 ans qui représentent 24% de la population.

 

Certes, Pfizer – BioNTech et Moderna ont maintenant inscrit des adolescents dans des essais cliniques de leurs vaccins, et les vaccins Oxford/AstraZeneca et Sinovac Biotech sont testés chez des enfants dès l'âge de trois ans. Mais les résultats ne seront connus que dans plusieurs mois. 

 

S'il n'est pas possible de vacciner les enfants, c'est presque la totalité des adultes qui devrait être vaccinée.

 

2- L'immunité collective n'est pertinente que si nous avons un vaccin bloquant la transmission. Pour l'instant seules les données de Moderna et Pfizer semblent assez encourageantes.

 

L'apparition de nouveaux variants plus résistants

 Alors même que les plans de déploiement des vaccins font face à des obstacles en matière de production et de distribution, de nouveaux variants du SRAS-CoV-2 apparaissent, qui pourraient être plus transmissibles et plus résistants aux vaccins. 

 

Plus il faut de temps pour endiguer la transmission du virus, plus ces variants ont du temps pour émerger et se propager.

 

A Manaus, au Brésil, la région avait été gravement touchée par la maladie. En juin 2020, les scientifiques locaux avaient estimé que 76% de la population avait été infectée.

Selon certaines estimations, cela aurait dû être suffisant pour atteindre le seuil d'immunité collective, mais en janvier, Manaus a vu une forte recrudescence des cas. 

 

Ce pic s'est produit après l'émergence d'une nouveau variant connu sous le nom de P.1, ce qui suggère que les infections précédentes ne conféraient pas d'immunité pour cette nouvelle souche. «En janvier, 100% des cas à Manaus étaient causés par P.1». 

 

 Enfin, il faut aussi noter que des taux d'immunité plus élevés peuvent créer une pression sélective, qui favoriserait les variants capables d'infecter des personnes déjà immunisées.

Seule une vaccination rapide et complète peut empêcher un nouveau variant de s'implanter.

 

Et donc ?

 Compte tenu de ce que l'on sait à ce jour sur le COVID-19, «parvenir à l'immunité de l'ensemble des populations par le seul vaccin est plutôt improbable».

 

 Il est temps d'avoir des attentes plus réalistes et donc de réfléchir à la façon dont nous pouvons vivre avec le virus. 

 

Ce pronostic n'est pas aussi sombre que cela puisse paraître. 

Même sans immunité collective, la capacité de vacciner les personnes vulnérables semble réduire sérieusement les hospitalisations et les décès dus au COVID-19 et donc sans doute le nombre de malades victimes du COVID long, dont tous les méfaits (parfois gravissimes) n'ont pas encore été vraiment analysés.

 La maladie ne disparaîtra peut-être pas de sitôt, mais son importance diminuera probablement... Comme la grippe !

 

News en vrac

 

* AstraZeneca continue à désorienter les scientifiques. Ainsi la firme a fourni à l'administration américaine des données périmées, incomplètes et biaisées pour obtenir leur AMM en urgence aux USA !

Pas de quoi amadouer la redoutable FDA  ! Je commence à réviser mon opinion sur l'Université d'Oxford qui cautionne tout cela ! Comment cette vénérable institution a pu laisser passer de telles pratiques ?!! Chauvinisme ?

 

* Le coût humain de la stratégie française  "Vivre avec le virus"... sans vaccin (à ce jour seulement 4% de la population a reçu les deux doses), commence à interroger.

Avec 300 morts par jour; bientôt 5000 malades en permanence en réanimation, dont beaucoup mourront ou présenteront de graves séquelles, le bilan va devenir insoutenable !

S'il y avait des solutions miracles, comme le proclame quelques politiciens irresponsables, cela se saurait, mais je pense, comme beaucoup de scientifiques, que cette stratégie nous amène dans le mur.

 

* J'avais cité le 12 mars dernier une publication qui " affirmait que les personnes infectées par le variant du coronavirus appelé B.1.1.7, courent un risque plus élevé de mourir que les personnes infectées par d'autres variants circulants, quels que soient leur âge, leur sexe et leurs problèmes de santé préexistants".

Les témoignages des soignants en France vont dans ce sens : plus de jeunes, plus de femmes et des séjours plus longs en réanimation, disent-ils.

 

* Efficacité des vaccins dans "la vraie vie" : Une étude a révélé que seulement quatre des 8 121 employés entièrement vaccinés dans un hôpital de Dallas ont été infectés, tandis qu'une autre a révélé que seulement sept des 14 990 travailleurs en Californie ont été testés positifs deux semaines ou plus après avoir reçu le vaccin.

 

* Selon une très récente étude, le vaccin d'AstraZeneca s'est montré très peu efficace ( 10,4% - IC à 95%, -76,8 à 54,8 -) vis à vis du variant sud-africain. Cela confirme des résultats précédents.

 

 

19 mars 2020 -19 mars 2021

Journal de la pandémie : bilan de l'an I

 

Un an et 2,6 millions de morts après... 

Un virus très contagieux, une maladie qui tue les plus âgés

Sur l'origine du virus 

La recherche scientifique à l'épreuve du feu 

ACE2, un récepteur ubiquitaire 

Une maladie qui fait surjouer le système immunitaire 

Traitements : les gourous et les charlatans font la Une 

La solution, c'est donc le vaccin ! 

Vers la fin de la pandémie ? 

Quelles leçons pour le futur ?

 

Un an et 2,6 millions de morts après...

Il y a un an, le 19 mars 2020, je commençais ce journal, persuadé que nous allions vers une crise sanitaire de grande ampleur.

 

En effet, depuis deux décennies, les virologues sérieux n'avaient aucun doute quant à l'avénement inéluctable d'une pandémie virale affectant l'ensemble de la planète.

 

Plusieurs alertes d'origine virale avaient confirmé leur crainte. Avec :

- le SARS-CoV en 2002,

- la grippe A (H1N1) en 2009,

- le coronavirus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient ou MERS-CoV en 2012...

Et évidemment la fièvre Ebola en Afrique.

 

Des épisodes qui avaient mis en lumière des pathogènes hautement contagieux et mortifères.

 

Aujourd'hui, en dépit des mesures draconiennes inédites, prises pour limiter la propagation du virus, on dénombre plus de 120 millions de cas confirmés de Covid-19 dans le monde et l'on déplore plus de 2,7 millions de morts. Actuellement la pandémie cause entre 10 et 15 000 décès par jour.

Au Brésil, pays laxiste au niveau de la prévention, le virus a tué près de 2 900 personnes dans la seule journée du 16 mars 2021.

 

La France déplorera bientôt 100 000 mille morts.

 

Je notais le 29 mars 2020 que la dernière analyse des chercheurs de l'Imperial College of London indiquait :

"qu'en l'absence de confinement et mesures barrières, le SRAS-CoV-2 aurait pu infecter 90% de la population mondiale et tuer 10,5 millions de personnes." (Report 12).

 

Il faudrait aussi ajouter toutes les victimes du "COVID long", gravement handicapées par de multiples pathologies qui affectent, les reins, le coeur et les vaisseaux, le cerveau.

 

 

Un virus très contagieux, une maladie qui tue les "vieux"

La létalité de ce virus n'est pas spectaculaire. Selon les pays, elle varie de 0,5 à 1,9% (Ebola : 40 à 60%).

On estime à 81% le nombre de cas bénins.

 

Par contre la maladie peut-être gravissime pour les personnes âgées de 60 ans et plus.

 

D'autres facteurs de risques ont été rapidement identifiés, comme l'obésité.

 

Ce qui rend le SRAS-CoV-2 redoutable est donc sa très forte contagiosité, qui a contraint la plupart des pays du monde à des mesures drastiques, comme le confinement.

Sans ces mesures, les systèmes de santé des pays les plus avancés se seraient écroulés. 

 

Dans un premier temps on a pensé que le virus se transmettait par contact direct avec l'air expiré (toux, éternuement) ou par contact sur les surfaces extérieures. Cependant, dès le 3 avril 2020, je notais dans ce journal :

 

"certains scientifiques (minoritaires) évoquent maintenant ouvertement la possibilité que le virus se propage dans l'air. Ceci expliquerait l'incroyable contagiosité du SRAS-CoV-2.

 D'ores et déjà, à New York où l'épidémie flambe à une vitesse incroyable, le port du masque est recommandé."

 

Cette hypothèse a été rapidement confirmée et l'on sait aujourd'hui que maladie peut se propager dans les particules beaucoup plus petites de l'air expiré, sous forme d'aérosols. 

Dès lors le port du masque s'est imposé dans le monde entier.

 

Sur l'origine du virus

Contrairement à ce que certains affirment sans preuves, on ne connait pas l'origine de ce virus. Nous en sommes toujours au stade des hypothèses et celle qui a la préférence des virologues sérieux met en cause une contamination initiale de chauve-souris vers un deuxième animal.

 

Les toutes dernières publications révèlent que des virus apparentés au SARS-CoV-2 circulent depuis plusieurs décennies dans toute l'Asie du Sud-Est et le Yunnan via plusieurs espèces de [chauve-souris] Rhinolophus qui échangent ces virus dans les grottes où elles se côtoient régulièrement.

 

Des variants similaires à 93 % au SARS-CoV-2 viennent d'être identifiés par des chercheurs de l'Institut Pasteur du Cambodge (IPC), dans des échantillons  conservés depuis 10 ans dans un congélateur à -80 °C.

 

Cela expliquerait pourquoi " les populations humaines du Cambodge, du Laos, de Thaïlande et du Vietnam semblent beaucoup moins impactées par la pandémie de Covid-19 que les autres pays de la région."

 

Le virus aurait été exporté ensuite vers la Chine par des pangolins : plusieurs pangolins porteurs de coronavirus ont en effet été saisis par les douanes chinoises dans la province de Guangxi en 2017-2018 et dans la province de Guangdong en 2019.

 

La recherche scientifique à l'épreuve du feu

Dès janvier 2020, les chercheurs se sont mis au travail.

Virologues, biologistes moléculaire, chimistes, épidémiologistes... ont été aussitôt mobilisés pour répondre à trois questions principales :

 

- quelle est la structure de ce virus,

- comment se répand-il dans l'organisme,

- comment le combattre.

 

Les autorités chinoises partageaient, dès le week-end du 11-12 janvier 2020, la séquence complète du génome du coronavirus. L'Institut Pasteur, publiait la séquence de la souche isolée en France le 30 janvier 2020.

 

Dès lors les chercheurs  se sont penchés  sur le mode d'action de ce nouveau virus baptisé SRAS-CoV-2.

Cela ira très vite, puisque au premier jour de ce journal, le 19 mars 2020 j'écrivais :

 

"En deux publications dans la revue Science, une équipe de recherche de l'Université du Texas à Austin a décrit la minuscule clé moléculaire du SARS-CoV-2, qui permet au virus d'entrer dans la cellule (cette clé est appelée protéine de pointe, ou protéine S), puis la structure de la protéine réceptrice ACE2 (qui se trouve à la surface des cellules respiratoires). Ils ont décrit comment  ACE2 et la protéine de pointe interagissent. En d'autres termes comment la clé et la serrure fonctionnent.

C'est un résultat formidable, qui a été obtenu en un temps record."

 

Cette découverte a été évidemment capitale, elle pouvait permettre de comprendre la progression de la maladie et éventuellement de proposer des traitements.

 

Le 19 mars 2020, je notais La protéine de pointe pourrait être une cible pour le développement rapide d’antigènes vaccinaux et de traitements.

 

ACE2, un récepteur ubiquitaire

Cette découverte était porteuse d'une mauvaise nouvelle car la protéine réceptrice ACE2 est une "serrure" fort répandue dans notre organisme.

Elle est impliquée notamment dans la régulation de certaines fonctions cardiovasculaires, pulmonaires et rénales. 

 

On va d'ailleurs très vite observer que la maladie provoquée par le SRAS-CoV-2, le COVID (je préfère le masculin !) affecte de nombreux organes.

 

Poumons, foie, reins, intestins, cerveau, coeur et vaisseaux, peuvent être touchés par la maladie, parfois très sévèrement.

 

"[La maladie] peut attaquer presque n'importe où dans le corps avec des conséquences dévastatrices... Sa férocité est à couper le souffle et même humiliante."

Harlan Krumholz - cardiologue - Université de Yale, hôpital de Yale-New Haven.

 

 

Une maladie qui fait surjouer le système immunitaire

Après quelques semaines d'hésitations, les scientifiques ont mis en évidence deux phases dans l'évolution de la maladie.

 

Une première partie avec des symptômes légers ou modérés, suivie, dans certains, cas d'une deuxième phase gravissime qui conduit les patients en réanimation, et parfois sous oxygène par intubation pendant des semaines.

 

C'est vers le 7ème jour, que le COVID-19 peut  prendre un tour dramatique avec un emballement du système immunitaire par production massive de cytokines (orage cytokinique) qui détruit les tissus pulmonaires.

 

Le protocole de traitement prévoit actuellement de n'intervenir avec les corticoïdes qu'au démarrage de la deuxième phase. Cela a permis de réduire notablement la mortalité.

 

 

Traitements : les gourous et les charlatans font la Une

Très rapidement les laboratoires ont extrait de leurs chimiothèque les anti-viraux connus.

Des essais de grande ampleur ont été lancés - Discovery, Recovery pour les tester.

 

Le champ de la quête au médicament miracle a été ensuite élargi. Grâce au criblage à haut débit des centaines de milliers de molécules ont été testées in vitro. AUCUNE ne s'est révélée véritablement efficace.

 

Dans ce contexte, il était évident qu'une meute de charlatans allait se saisir de l'occasion pour vendre leur poudre de perlimpinpin. On a même entendu un président des Etats-Unis préconiser une désinfection des poumons à l'eau de Javel !

 

Ce même président s'est fait le héraut du traitement à l'hydroxychloroquine proposé par un gourou français - pourtant chercheur reconnu - le directeur de l'IHU Marseille, le Pr Didier Raoult.

 

Sans l'ombre d'une preuve, en manipulant les données d'une publication finalement rejetée, le virologue a prescrit et fait prescrire un traitement non seulement inefficace mais dangereux, à un moment où la médecine se trouvait totalement démunie, donc vulnérable.

 

Cette supercherie a eu un coût considérable : elle a impacté les tests d'autres spécialités qui ne trouvaient plus de volontaires, mais surtout elle a fait un tort considérable à la science en donnant crédit à un complotisme ravageur.

 

Aujourd'hui sur le plan thérapeutique, c'est donc le désert. On a simplement appris à mieux gérer la phase critique de la maladie avec l'administration de corticoïdes (dexaméthasone).

 

A  moyen terme certains pensent que les anticorps monoclonaux pourraient être LA solution thérapeutique. Mais ce sera un traitement extrêmement coûteux et non dénué d'effets secondaires sérieux.

 

La solution, c'est donc le vaccin !

Certains scientifiques ont très vite compris que le vaccin serait l'arme la plus accessible et la plus efficace pour lutter contre la pandémie.

 

Dès le mois de janvier 2020, plusieurs laboratoires s'étaient mis au travail : Moderna, Johnson&Johnson, BioNTech, Sanofi Pasteur et quelques autres.

 

J'avais la chance de suivre depuis quelques années les travaux sur les ARN messagers, qui visaient à l'époque une application en oncologie.

 

C'est beaucoup plus facile de préparer un vaccin, tel que celui de Moderna ou BioNTech, que de mettre au point un anticancéreux par la technique des ARNm.

 

Moderna, dirigé par un Français, ancien de BioMérieux, travaillait depuis 7 ans sur les ARNm, sans avoir pu commercialiser la moindre molécule. Néanmoins il conservait la confiance des investisseurs et du gouvernement américain qui a mis de très gros moyens au service de la mise au point du vaccin.

 

Je notais le 3 avril 2020 :

 " ... à Seattle, un chef d'entreprise, Jennifer Haller, a accepté de servir de cobaye pour le vaccin produit par Moderna -"

 C'était le démarrage de la phase I.

 

On connait la suite et l'immense réussite de ces vaccins à ARNm, qui déclenchent une très forte réponse immunitaire dès la reconnaissance de la protéine de pointe du coronavirus.

 

Les vaccins à adénovirus semblent aussi des vaccins très efficaces, même si quelques interrogations subsistent à propos du vaccin AstraZeneca. Ce vaccin est actuellement a l'étude - en phase 3 - aux USA, sa validation par la FDA pourrait rassurer les scientifiques et les populations.

Aux Etats-Unis, le vaccin de Johnson&Johnson (à adénovirus), qui ne nécessite qu'une seule injection, suscite beaucoup d'espoir. Il sera disponible en Europe vers la mi-avril... mais là encore on annonce des retards dans la production.

 

Vers la fin de la pandémie ?

On le sait aujourd'hui, le vaccin peut-être l'arme fatale contre la pandémie.

 

A condition que la campagne de vaccination soit massive, universelle et rapide. Les scientifiques parlent d'un taux de vaccination nécessaire supérieur à 60%. Nous en sommes très très loin.

 

Plus le temps passe et plus nous laissons au virus le loisir de tester les mutations qui peuvent le rendre moins sensible aux défenses immunitaires et aux vaccins.

 

Déjà, deux variants - anglais B.1.1.7 et sud-africain 501Y.V2- suscitent quelques inquiétudes dans la mesure où ils semblent se lier plus facilement aux récepteurs ACE2.

 

De plus, on a observé que la prévalence du variant sud-africain est plus élevée chez les personnes jeunes sans comorbidité et qu'elle conduit à des formes plus graves de la maladie que les autres variants.

 

Il faut noter que Moderna vient d'annoncer le lancement d'un essai avec une version de son vaccin spécifiquement développée contre le variant sud-africain. Pfizer, AstraZeneca et Johnson & Johnson travailleraient aussi sur un nouveau vaccin basé sur le 501Y.V2.

Quelles leçons pour le futur ?

Nous savons maintenant que des pandémies virales peuvent mettre en péril non seulement des millions de vies humaines, mais l'organisation même des sociétés humaines et leur pérennité.

 

Selon les virologues ces épisodes seront de plus en plus fréquents.

 

Il serait donc fou de ne pas anticiper en tirant finement les leçons du désastre actuel :

- en terme de politique de santé,

- d'organisation du travail, 

- de solidarité internationale...

 

En se posant des questions sur un modèle économique qui se prête mal à des ripostes rapides dans des situations de crises de cette ampleur.

 

La communauté scientifique est déjà au travail,  elle analyse la façon dont les chercheurs ont organisé la lutte contre le virus, dans un environnement politique, social, médiatique... complexe et pas toujours propice à la sérénité !.

 

A ce sujet, je vous livre l'article très complet, paru dans Nature le 15 mars 2021 :

"Prévision immédiate des épidémies de nouveaux agents pathogènes: leçons tirées du COVID-19" (Nowcasting epidemics of novel pathogens: lessons from COVID-19)

12 mars 2021

Première étude sérieuse sur la dangerosité du variant B.1.1.7 (anglais)

Des résultats inquiétants !

Dans une publication (non encore examinée par des pairs), des chercheurs de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, affirment que les personnes infectées par le variant du coronavirus appelé B.1.1.7, courent un risque plus élevé de mourir que les personnes infectées par d'autres variants circulants, quels que soient leur âge, leur sexe et leurs problèmes de santé préexistants.

 

Il s'agit d'une étude de grande ampleur qui concerne 184 786 personnes en Angleterre qui ont été testées positives pour le SRAS-CoV-2 entre le 16 novembre 2020 et le 11 janvier 2021. Parmi ces personnes, 867 sont décédées au 5 février 2021.

 

Selon ces chercheurs,  ce variant pourrait provoquer une pandémie plus meurtrière que les versions précédentes de ce virus.

Efficacité des vaccins, carence des vaccinations !

Et pourtant, jamais nous n'avons eu des vaccins aussi efficaces !

Le vaccin Pfizer/BioNtech, fait même mieux que mentionné dans les données initiales fournies par le fabricant.

Une étude réalisée en Israël, publiée aujourd'hui, fait état d'une efficacité de 97,5% sur les cas symptomatiques.

 

Dans le communiqué cosigné par BioNTech, Pfizer et le ministère israélien de la Santé (MoH), on peut lire notamment :

 

" La dernière analyse du ministère de la santé (MoH) prouve que deux semaines après la deuxième dose de vaccin, la protection est encore plus forte - l'efficacité du vaccin était d'au moins 97 % dans la prévention des maladies symptomatiques, des maladies graves/critiques et des décès. Ces données complètes et concrètes peuvent être importantes pour les pays du monde entier qui mènent leurs propres campagnes de vaccination, un an après que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré le COVID-19 pandémique."

 

A noter qu'aujourd'hui l'Europe (une nouvelle fois à la traîne !) vient de valider le vaccin vectorisé par adénovirus de Johnson&Johnson, qui ne nécessite qu'une seule injection et dont l'efficacité serait de 85% contre les formes graves.

 

De nouvelles inquiétudes avec le vaccin AstraZeneca, même si les liens de cause à effet n'ont pas été établi à propos des problèmes de coagulation. En fait, ce qui me parait le plus problématique, c'est que la FDA américaine n'a pas validé ce vaccin... et pour cause : le fabricant n'a pas demandé l'AMM d'urgence aux USA. Pourquoi ?

 

 

 


25 février 2021

Je maintiens mes doutes sur l'hypercontagiosité du variant anglais (d'origine)

 

J'ai déjà parlé de "bobards anglais" (avec un ?) pour les fameux 70% de contagiosité supplémentaires pour ce variant. J'ai beau éplucher la littérature abondante qui le concerne, RIEN ne vient étayer cette affirmation.

Le plateau que nous avons observé pendant trois semaines, alors que le variant anglais s'imposait en France, est plus que troublant.

Nous avons actuellement des régions françaises comme la Bretagne où ce variant est omniprésent et qui sont parmi les moins touchées du pays.

Evidemment, je ne suis pas le seul à avoir des doutes ! Certains médecins sont aussi perplexes :

 

"On a peut-être surestimé la contagiosité du variant anglais. Les travaux scientifiques qui supportent l'hypothèse que ce variant est beaucoup plus contagieux, ce sont des travaux de modélisation ou de charge virale. Mais on n'a pas des travaux extrêmement solides."

 

Aux USA, certains épidémiologistes ont les mêmes doutes et évoquent une autre hypothèse : les personnes infectées par ce variant resteraient plus longtemps contagieuse.

 

Il semble par contre évident que le relâchement des gestes barrières, le laxisme sur le port du masque (plus souvent sous le menton que sur le nez), les multiples rassemblements plus ou moins clandestins... sont à l'origine de la flambée observée dans certaines régions.

 

Cependant, à laisser circuler ce variant, on prend le risque qu'il acquiert des mutations plus toxiques, comme celles du variant sud-africain... et c'est ce qui est en train de se passer.

 

NB : évidemment cet article - un peu provocateur ! - m'a valu quelques courriers !

A ceux-là, je rappelle qu'un scientifique honnête est comme Saint-Thomas, il veut des preuves !

Or, il n'existe actuellement que des présomptions, des indices et surtout une avalanche de déclarations péremptoires des journalistes et des politiques.

Une seule (pré)publication scientifique a proposé une estimation de la contagiosité du variant anglais, elle date du 23 décembre 2021 (révisée le 06 février 2021). Elle est toujours en attente d'une validation par les pairs.

Sa conclusion est la suivante :  [la souche] est de 43 à 82% ... plus transmissibles que les variantes préexistantes du SRAS-CoV-2." ["Depending on the analysis, we estimate that VOC 202012/01 is 43–82% (range of 95% credible intervals 38–106%) more transmissible than preexisting variants of SARS-CoV-2."].

Voila une modélisation avec un intervalle de confiance...qui n'inspire pas vraiment confiance.

 

Donc, s'il est probable que le fameux variant anglais est plus contagieux, on ne sait pas à quel point et surtout s'il est responsable des multiples rebonds de la pandémie dans le monde depuis novembre dernier.

Le point sur les vaccins (rererere !)

Il se confirme que nous ne sortirons de cette pandémie que grâce à une vaccination massive et universelle.

 

De ce côté là, seulement, viennent les bonnes nouvelles dans ce journal que je tiens depuis bientôt un an.

 

Du côté des vaccins à ARNm, le moral est au beau fixe.

 

Le vaccin à deux doses développé par Pfizer et BioNTech protège les receveurs aussi bien dans une utilisation réelle à grande échelle que dans les essais cliniques, selon une nouvelle étude réalisée en Israël, qui a été publiée mercredi 25 février dans The New England Journal of Medicine .

 

Dans ce travail qui portait sur plus d'un million de personnes âgées de 16 ans et plus, dont près de 600 000 avaient été vaccinées, les chercheurs ont observé que le vaccin réduisait les cas symptomatiques de 94%  et  les maladies graves de 92% après l'injection de la deuxième dose.

L'analyse n'a révélé aucune baisse d'efficacité du vaccin chez les personnes âgées.

 

Chez Moderna on  commence à tester un vaccin adapté à la souche sud-africaine du SRAS-CoV-2.

 

Le vaccin de Johnson&Johnson (vectorisé par adénovirus comme AstraZeneca) devrait être validé dès ce samedi par la FDA américaine. Cette administration vient de publier le dossier de demande d'AMM.

 

Selon les nouvelles analyses publiées en ligne par la Food and Drug Administration mercredi 24 février 2021, le vaccin anti - coronavirus à injection unique fabriqué par Johnson & Johnson offre une forte protection contre les maladies graves et le décès par Covid-19 : 86% contre les formes sévères de Covid-19 aux États-Unis et de 82% contre les maladies graves en Afrique du Sud. Il pourrait également réduire la propagation du virus par les personnes vaccinées.

 

Le taux d'efficacité global est de 72 pour cent aux États-Unis et de 64 pour cent en Afrique du Sud. L'efficacité en Afrique du Sud est de sept points de pourcentage supérieure aux données antérieures publiées par la société.

 

L'Europe devrait se dépêcher d'autoriser ce vaccin qui semble plus performant que son analogue chez AstraZeneca.

 

 

Aux USA, grâce à la vaccination, les nouveaux cas de COVID parmi les résidents des foyers de soins, ont chuté de plus de 80 pour cent.

Aujourd'hui, les nouveaux cas dans les maisons de retraite américaines sont à leur plus bas niveau depuis mai, lorsque le gouvernement fédéral a commencé à suivre ces données.

 

Les experts attribuent les améliorations en grande partie à la distribution des vaccins. Environ 4,5 millions de résidents et d'employés des établissements de soins de longue durée ont reçu au moins une dose du vaccin, selon les Centers for Disease Control and Prevention, dont environ 2,1 millions qui ont été entièrement vaccinés.

 

 L'American Health Care Association a examiné près de 800 maisons de soins infirmiers qui ont reçu des doses précoces du vaccin en décembre et a comparé le nombre de cas avec les installations des mêmes comtés qui n'avaient pas encore organisé de campagne de vaccinations. Les maisons de soins infirmiers qui ont reçu le vaccin antérieur ont connu une baisse de 48% des cas parmi les résidents, plus du double des autres maisons de soins.

Aux USA, seuls les vaccins à ARNm (Moderna et BioNTech) sont utilisés et 221,7 millions de doses ont été administrées. 

  20 février 2021

Et nos amis à 4 pattes ?

Les félins peuvent-être porteurs et excréteurs du virus

Le premier cas américain d'un animal testé positif au COVID-19 était un tigre dans un zoo de New York.
Le premier cas américain d'un animal testé positif au COVID-19 était un tigre dans un zoo de New York.

Le SRAS-CoV-2 est un virus zoonotique... mais les implications pour les populations animales sont largement inconnues. 

Cependant des chercheurs viennent de publier une étude qui évalue la sensibilité à l'infection des  chats et des chiens domestiques.

 

Bien qu'aucune des deux espèces n'ait développé de maladie clinique dans cette étude il s'avère que les chats sont très sensibles à l'infection et excrètent le virus infectieux par voie orale et nasale, jusqu'à 5 jours, et infectent les chats naïfs par contact direct. 

 

Les chats qui ont été réinfectés avec le SRAS-CoV-2 ont développé une réponse immunitaire efficace et n'ont pas été réinfectés. Ces études ont des implications importantes pour la santé animale et suggèrent que les chats peuvent être un bon modèle pour le développement de vaccins.

 

Les chiens ne libèrent pas de virus après l'infection, mais font une séroconversion et développent une réponse d'anticorps neutralisants antiviraux. 

 

Il n'y a actuellement aucune preuve que les chats ou les chiens jouent un rôle significatif dans l'infection humaine; cependant, une zoonose inversée est possible si les propriétaires infectés exposent leurs animaux domestiques au virus pendant une infection aiguë.

 

Si vous êtes infectés, protégez vos animaux !

 

Les chiens renifleurs ont une efficacité incroyable

J'ai indiqué sur ce site que des chiens éduqués pouvaient détecter des cancers redoutables à un stade très précoce de la maladie (poumons, seins, ovaires...).

 

Dès le début de la pandémie, des chiens ont été testés comme auxiliaire de détection du COVID. Les résultats ont été spectaculaires.

 

Les plus récentes études montrent que des chiens sont capables d'identifier des COVIDs, y compris asymptomatiques, dans près de 95% des cas !

 

Ainsi, des chiens dressés à l'Université de médecine vétérinaire de Hanovre ont été capables de détecter le COVID-19 avec une précision de 94%, même si les personnes étaient asymptomatiques.

 

Les chiens renifleurs ont déjà été utilisés dans les aéroports d'Helsinki, en Finlande, à Santiago du Chili et à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Des chiens renifleurs ont également été utilisés pour contrôler les fans lors des matchs de basket-ball des Miami Heat aux États-Unis.

 

En France, en janvier 2021, l'EnvA (Ecole Nationale Vétérinaire de Maisons-Alfort), le CHU de Bordeaux  et le Ceva Santé Animale ont initié, avec plusieurs acteurs régionaux, un programme de formation, CYNOCOV, pour recycler les chiens d'assistance à la détection du Covid-19.

Il s'agit d'exploiter à grande échelle une méthode initiée par le Professeur Dominique Grandjean  (EnvA) et scientifiquement validée. Les patients COVID positifs sont identifiés en prélevant la transpiration au niveau des aisselles.

Le taux de réussite annoncé est également de 95%. 

 

17 février 2021

Et si les Anglais avaient raconté des bobards sur leur variant?

Données du 15 février 2021 publiées par le journal "Le Monde"
Données du 15 février 2021 publiées par le journal "Le Monde"

Il y a des courbes qui interrogent !

En particulier le tracé ci-contre qui montre que dans notre pays l'épidémie recule alors que le variant anglais progresse.

De là à penser que les Britanniques nous ont menti pour cacher leur gestion calamiteuse de l'épidémie... il n'y a qu'un pas.

 

Certes, c'est un raisonnement un peu simpliste, mais qui se justifie quand on sait qu'en fait aucun chiffre fiable n'est venu étayer la très forte contagiosité annoncée de ce variant.

 

Les premières données anglaises faisaient état d'une progression de 70% du pouvoir infectieux par rapport à la souche initiale. Il a ensuite été question de 50%... mais déjà certains infectiologues indiquaient qu'au final on serait plus proche de 20%.

Entre 20 et 70%, la fourchette est très large... disons qu'aucun chiffre digne de foi ne peut être avancé.

 

Le souci est plutôt que ce variant est en train d'acquérir la mutation E484K, la plus redoutable des variants sud-africains et brésiliens, dont le pouvoir infectieux ne fait pas de doute. Et contre ce variant, seuls les vaccins à ARNm conservent leur efficacité.

 

NB : vous trouverez ICI les dernières prévisions des épidémiologistes qui tablent toujours sur une forte contagiosité du variant "anglais".

 

Contre les mutations, l'espoir en deuxième ligne de l'immunité avec les cellules T

Les préoccupations concernant les variants du SRAS-CoV-2 qui pourraient être partiellement résistants aux défenses anticorps ont suscité un regain d'intérêt pour d'autres réponses immunitaires qui protègent contre les virus.

 

En effet, parallèlement aux anticorps, le système immunitaire produit notamment les cellules T capables de cibler les virus : les cellules T tueuses (NK ou cellules T CD8 +), qui ciblent et détruisent les cellules infectées par le virus et les cellules T auxiliaires (ou cellules T CD4 +) qui stimulent la production d'anticorps et de cellules T tueuses.

Les cellules T ciblent les protéines virales exprimées à l'intérieur des cellules infectées.

 

Dans une pré-impression publiée le 9 février, des chercheurs indiquent avoir constaté que la plupart des réponses des lymphocytes T à la vaccination contre le coronavirus, ou à une infection antérieure, ne ciblent pas les régions (protéine de pointe) qui ont muté dans deux des variants récemment découverts (anglais et sud-africain).

 

Il semble donc que la grande majorité des réponses des lymphocytes T ne seront probablement pas affectées par les mutations car les protéines virales exprimées à l'intérieur des cellules infectées sont très stables, contrairement à la protéine de pointe (S).

 

Cela soulève la possibilité de concevoir des vaccins contre des protéines qui mutent moins fréquemment que S, et d'incorporer des cibles de plusieurs protéines dans un seul vaccin.

 

 

15 février 2021

Les vaccins à ARNm sont nettement les plus efficaces

Il faut en faire le vaccin universel

Publication après publication, il s'avère que les vaccins à ARNm (Moderna ou BioNtech/Pfizer) sont les plus performants, dans tous les domaines.

 

La dernière en date (non examinée par les pairs mais reprise par Nature) montre qu'une seule injection de ces deux vaccins provoque une forte réponse immunitaire contre le variant sud-africain émergent du SRAS-CoV-2.

 

Les auteurs ont recueilli du sang de dix personnes qui s'étaient rétablies du COVID-19; puis ils ont collecté des échantillons supplémentaires après que ces participants à l'étude aient reçu une dose unique de l'un des deux vaccins.

 

Les chercheurs ont ensuite examiné les niveaux d'anticorps neutralisants des participants contre la version originale de SAR-CoV-2 (détectée pour la première fois à Wuhan, en Chine), et contre B.1.351, le nouveau variant, identifié pour la première fois en Afrique du Sud.

 

Avant l'inoculation, neuf des dix individus avaient des anticorps neutralisants contre le virus d'origine, bien que les niveaux générés aient été très variables. Mais seulement 50% pourraient neutraliser le B.1.351. Après une seule injection des  vaccins ARNm, les taux d'anticorps neutralisants des participants contre les deux formes du virus ont augmenté d'environ 1000 fois.

 

Face à un virus dont les mutations vont se multiplier dans le temps, les vaccins à ARNm ont donc un avantage écrasant : ils ont une efficacité exceptionnelle contre les souches aujourd'hui identifiées et ils peuvent très rapidement être reprogrammé en cas de besoin.

 

Une étude israélienne portant sur plus d'un demi-million de personnes entièrement vaccinées a montré que le vaccin Pfizer / BioNTech offrait une protection de 94% contre le Covid-19. Cela recoupe les chiffres fournis par le fabricant dans la demande d'AMM.

Clalit Health Services (la plus importante organisation des services de santé en Israël) a déclaré que ses chercheurs ont testé 600 000 patients qui avaient reçu les deux doses recommandées du vaccin américano-allemand Pfizer / BioNTech et le même nombre de personnes qui n'avaient pas été inoculées.

«Il y a eu une réduction de 94% du taux d'infection symptomatique et une diminution de 92% du taux de maladies graves par rapport à 600 000 (sujets) similaires non vaccinés», 

«L'efficacité du vaccin est maintenue dans tous les groupes d'âge, y compris ceux âgés de 70 ans et plus».

 

Si les autres vaccins - à adénovirus notamment - ont une utilité aujourd'hui pour limiter les cas graves et freiner le développement de l'épidémie, il apparaît que seuls les vaccins à ARNm sont en mesure de bloquer rapidement la pandémie.

 

Cela veut dire que les pays riches devraient au plus tôt développer la production massive de ces vaccins et les fournir gratuitement au pays les plus défavorisés (Afrique, Amérique du sud...). L'OMS pourrait ensuite prendre en charge la logistique : acheminement, conservation, vaccination.