Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus

 aussi: https://www.jeanpierrelavergne.fr/                                 


Blog

 

Billets d'humeur -depuis janvier 2009 - classés, pour simplifier, en six rubriques : arts, histoire, philosophie, politique, société, sciences.

Rappel : philosophie = aime la sagesse !

 

Planète vivante

Ressources pillées, biodiversité gravement altérée, pollutions majeures, climat déréglé... l'avenir de l'homme sur la Terre s'avère très sombre !

 


Le cerveau à nu

Des milliards de dollars pour cartographier les tissus nerveux

Pour vraiment comprendre comment fonctionne le cerveau, les neuroscientifiques doivent connaître comment chacun des quelque 1 000 types de cellules que l'on pense exister dans le cerveau se parlent dans leurs différents dialectes électriques.

 Avec ce genre de carte complète et finement dessinée, ils pourraient vraiment commencer à expliquer les réseaux qui déterminent notre façon de penser et de nous comporter.

Ces projets, lancés au cours de la dernière décennie, visent à cartographier systématiquement les connexions du cerveau et à cataloguer ses types cellulaires et leurs propriétés physiologiques.

C'est une entreprise colossale (le cerveau humain contient plus de 170 milliards de cellules, dont la moitié sont des neurones) et très onéreuse.

 

L'effort américain, estimé à 6,6 milliards de dollars jusqu'en 2027, s'est concentré sur le développement et l'application de nouvelles technologies de cartographie dans le cadre de son initiative BRAIN (Brain Research through Advancing Innovative Neurotechnologies).

 

La Commission européenne et ses organisations partenaires ont dépensé 607 millions d'euros (703 millions de dollars) pour le Human Brain Project (HBP) -  dont j'ai parlé ICI - qui vise principalement à créer des simulations des circuits du cerveau et à utiliser ces modèles comme plate-forme d'expérimentation.

 

Le Japon a lancé en 2014 son projet Brain/MINDS (Brain Mapping by Integrated Neurotechnologies for Disease Studies), dont une grande partie consiste à cartographier les réseaux de neurones dans le cerveau des ouistitis. 

 

Depuis lors, d'autres pays, dont le Canada, l'Australie, la Corée du Sud et la Chine, ont lancé, ou se sont engagés à lancer, de généreux programmes de sciences du cerveau avec des objectifs variés.

 

Ces travaux en cours génèrent déjà des ensembles de données colossaux – et diversifiés –, qui seront tous ouverts à la communauté. En décembre 2020, par exemple, le HBP a lancé sa plateforme EBRAINS pour donner accès à des jeux de données à différentes échelles, aux outils numériques pour les analyser et aux ressources pour mener des expérimentations

Cartographie du cerveau et imagerie

De véritables oeuvres d'art !

Cartographie 3D extrêmement précise de 20 millions de connexions synaptiques, reliant plus de 25 000 neurones du cerveau de la mouche du vinaigre - Par Google
Cartographie 3D extrêmement précise de 20 millions de connexions synaptiques, reliant plus de 25 000 neurones du cerveau de la mouche du vinaigre - Par Google

La cartographie du cerveau est définie par la Société pour la cartographie et le traitement du cerveau (Society for Brain Mapping and Therapeutics - SBMT) comme l'étude de l'anatomie et du fonctionnement du cerveau et de la moelle épinière grâce à l'utilisation de l'imagerie (intra-opératoire, microscopique, endoscopique et l'imagerie multi-modalité).

 

Parmi les techniques d'imagerie son peut citer :

- les imageries utilisant la résonance magnétique (imagerie structurelle et fonctionnelle par résonance magnétique (IRMf) et l'IRM de diffusion (IRMd),

- la magnétoencéphalographie (MEG),

- l'électroencéphalographie (EEG),

- la tomographie par émission de positons (TEP),

- la spectroscopie proche infrarouge (NIRS).

 

Le but de cet article n'est pas de rentrer dans le détail de ces techniques, mais de montrer comment la numérisation des données qu'elles fournissent produisent... de véritables oeuvres d'art !

 

 

Les neurones de Santiago Ramón y Cajal

C'est toujours de l'art !

Joaquín Sorolla. Santiago Ramón y Cajal (1906)
Joaquín Sorolla. Santiago Ramón y Cajal (1906)

Santiago Ramón y Cajal était un biologiste espagnol,  Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1906 pour ses travaux sur l'organisation du système nerveux... mais aussi un artiste !

 

Cajal a soutenu que le système nerveux était constitué de milliards de cellules indépendantes mais interconnectées : c'est la « théorie du neurone », énoncée officiellement par Whilhem Waldeyer en 1891, et qui sera le fondement de toute la neurophysiologie moderne.

 

 

Après avoir renoncé à une carrière artistique, Santiago  Cajal mis son talent de dessinateur au service de la science. 

En utilisant la technique d’imprégnation argentique (méthode de Golgi), qui permet de colorer les neurones en noir et de laisser toutes les cellules environnantes incolores, il put démêler la constitution cellulaire du système nerveux.

Cette technique lui a permis par exemple de décrire différents types cellulaires composant le système nerveux et de découvrir une cellule alors inconnue, qui depuis porte le nom de qellule Interstitielle de Cajal.

Les dessins de Ramon y Cajal sont encore aujourd’hui dans plusieurs manuels de sciences, plus d'un siècle après leur réalisation. 

Un spectromètre, quelques algorithmes ou un crayon et du papier... l'art est partout dans l'histoire des sciences !

 

Botticelli à Paris

Au musée Jacquemart-André

Simonetta Vespucci est une femme italienne de la Renaissance, célèbre par sa beauté et son charme, de la cour de Laurent le magnifique, qui servit de modèle à Sandro Botticelli.
Simonetta Vespucci est une femme italienne de la Renaissance, célèbre par sa beauté et son charme, de la cour de Laurent le magnifique, qui servit de modèle à Sandro Botticelli.

A partir du 10 septembre 2021, le musée Jacquemart-André célébrera le génie créatif de Sandro Botticelli (1445 – 1510).

 

En suivant un ordre chronologique et thématique, le parcours illustrera le développement stylistique personnel de Botticelli, les liens entre son œuvre et la culture de son temps, ainsi que l’influence qu’il a lui-même exercée sur les artistes florentins du Quattrocento. 

 

 Aux côtés de Michel-Ange et Da Vinci, Botticelli a fait partie de ceux qui ont témoigné des transformations et du rayonnement de Florence sous la dynastie Médicis. 

 

La Naissance de Vénus, l’allégorie du Printemps, les peintures de la chapelle sixtine au Vatican… son travail a traversé les siècles et se retrouve bientôt présenté à Paris. À l'occasion de cette rentrée culturelle très attendue, le musée a réuni une quarantaine d’oeuvres reflétant l’étendu de la carrière de Sandro Botticelli

 

L’exposition bénéficiera de prêts d’institutions prestigieuses comme le musée du Louvre, la National Gallery de Londres, le Rijksmuseum d’Amsterdam, les musées et bibliothèques du Vatican, les Offices, la Galleria Sabauda de Turin, la Galleria dell’Accademia et le musée national du Bargello à Florence, la Gemäldegalerie de Berlin, l’Alte Pinakothek de Munich et le Städel Museum de Francfort. 

 

 

Véhicules électriques

Vers une gestion plus écologique de la production des batteries Li-ion

Grâce au recyclage et à l'économie économie des métaux  Li, Co et Ni

La progression fulgurante des véhicules électriques
La progression fulgurante des véhicules électriques

L'électrification de la mobilité personnelle s'accélère, au point que les experts prévoient que la moitié des ventes mondiales de véhicules de tourisme en 2035 seront électriques.

Ce sont sont donc des centaines de millions de véhicules électriques qui seront produits dans la prochaine décennie, avec des batteries contenant plusieurs dizaines de kg de matériaux.

 

Dans ce délai, ce sont toujours les batteries Li-ion qui domineront le marché, même si l'avenir plus lointain annonce des technologies plus performantes et moins coûteuses (voir sur le site).

 

Les chercheurs dans le domaine des matériaux travaillent donc sur deux objectifs :

 

-  réduire la quantité de métaux dans les batteries (Li, Co, Ni). Ceux-ci sont rares, coûteux ou entraînent, au niveau de leur extraction, des coûts environnementaux et sociaux élevés.

 - améliorer le recyclage des batteries, afin que ces métaux précieux puissent être réutilisés efficacement.

 

 

Le coût des batteries Li-ion s'est littéralement effondré en trente ans et va baisser encore. Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle pour les recherches sur les solutions alternatives et le recyclage !

 

Une batterie standard récente, type NMC-532, contient 8 kg de lithium, 35 kg de nickel, 20 kg de manganèse et 14 kg de cobalt.

 

Le lithium, élément clé de la production d'énergie, n'est pas rare. Un rapport de juin dernier (2021) a estimé que les réserves actuelles du métal – 21 millions de tonnes, selon le US Geological Survey – sont suffisantes pour mener la conversion aux véhicules électriques jusqu'au milieu du siècle.

Ces réserves sont très certainement sous-estimées.

 

L'augmentation de l'exploitation minière du lithium porte ses propres préoccupations environnementales : les formes d'extraction actuelles nécessitent de grandes quantités d'énergie (pour le lithium extrait de la roche) ou d'eau (pour l'extraction des saumures).

 Mais les techniques plus modernes qui extraient le lithium en utilisant l'énergie géothermique pour piloter le processus, sont considérées comme plus douces et surtout beaucoup moins dommageables pour l'environnement que l'extraction des combustibles fossiles (puits de pétrole, fracturation hydraulique...).

 

Comment remplacer le cobalt ?

Le cobalt, est le composant le plus coûteux des batteries des véhicules électriques actuels. 

 

Les deux tiers de l'approvisionnement mondial sont extraits en République démocratique du Congo et les militants des droits de l'homme font part de leurs préoccupations concernant les conditions de travail (le cobalt, comme d'autres métaux lourds, est toxique), et en particulier le travail des enfants.

 

Malheureusement, abandonner complètement le cobalt abaisse la densité énergétique d'une batterie.

 

Actuellement, un certain nombre de laboratoires expérimentent cependant des cathodes à faible teneur en cobalt ou sans cobalt et les experts pensent que le problème du cobalt est en passe d'être résolu à l'échelle du laboratoire.

 

Ainsi, Arumugam Manthiram de l'Université du Texas à Austin, a mis au point une spinelle haute tension, LiNi 0,5 Mn 1,5 O4 (LNMO) qui conserve la structure cristalline d'oxyde de cobalt des cathodes actuelles et conserve leurs performances. Il a créé une start up - TexPower - qui développe le concept.

 

A noter que le pionnier des véhicules électriques Tesla, basé à Palo Alto, en Californie, a annoncé son intention d'éliminer ce métal de ses batteries au cours des prochaines années.

 

Comment mieux recycler ?

 Il faut noter que lorsqu’une batterie de voiture électrique passe en dessous de 75% de ses capacités, elle est alors remplacée. En effet, cela ne suffit plus pour proposer une autonomie pertinente. Néanmoins, même à moins de 75%, les batteries sont encore fonctionnelles et peuvent servir à autre chose, notamment pour le stockage stationnaire.

 

 Paradoxe : le recyclage des batteries actuelles n'est rentable que... grâce au cobalt !

Le lithium est récupérable mais à un coût supérieur à l'extraction.

 

Il faut donc des incitations financières fortes pour améliorer le recyclage.

Si les Etats-Unis et l'Europe ont renforcé la réglementation et promettent des aides, la Chine en est au stade de la concrétisation :  Guangdong Brunp, basé à Foshan – une filiale de CATL, le plus grand fabricant chinois de cellules lithium-ion – peut recycler 120 000 tonnes de batteries par an.

C'est l'équivalent de ce qui serait utilisé dans plus de 200 000 voitures !

 

En France, la réglementation impose un recyclage à 50% d'une batterie Li-ion (90% pour une batterie au plomb), mais les industriels indiquent pouvoir recycler plus de 70% de la masse d'une batterie).

 

A noter que Le Groupe Renault a rejoint le consortium créé en septembre 2020 par le spécialiste de la gestion optimisée des ressources Veolia et le spécialiste de la chimie et des matériaux avancés Solvay. Les partenaires veulent mettre en place un « écosystème circulaire des métaux issus des batteries électriques en Europe »;

Dans cette optique le constructeur français va créer une "Re-Factory" à Flins qui prévoit l’installation d’une ligne de démantèlement de véhicules et batteries électriques à partir de 2024 " afin d’augmenter sa capacité à recycler et s’approvisionner en pièces et matières en boucles courtes ".

 

Les techniques actuelles de recyclage comportent plusieurs étapes  :

- la  décharge totale des modules puis le démontage,

- le broyage qui donne la masse noire  (black mass) qui contient le carbone hydrophobe et les oxydes de métaux hydrophiles.

 

La séparation de tous les constituants s'effectue par hydrométallurgie (schéma ci-dessus) ou pyrométallurgie.

 

Hydrométallurgie – Les métaux sont dissous par lixiviation, principalement acide à température élevée (80°C), puis isolés par extraction liquide/liquide (par des acides organiques : Cyanex 272, D2EHPA), par précipitation, ou encore par électrodéposition. La dissolution sélective des métaux par des micro-organismes est une voie de recherche actuellement poursuivie. Les sels de métaux récupérés à la cathode peuvent être réutilisés pour la synthèse de nouveaux matériaux actifs (recyclage en boucle fermée).

 

Pyrométallurgie – Les modules entiers de batterie peuvent être introduits directement dans un four comportant plusieurs zones successives : i) zones de préchauffage (< 300°C) afin d’évaporer les solvants, ii) zone de pyrolyse (700°C) afin d’incinérer les plastiques (réaction exothermique) et les électrolytes (40-50% du poids de la batterie), et iii) zone de fonte permettant la réduction des oxydes de métaux en un alliage de Co, Cu, Fe et Ni et la formation de scories (Li, Al, Mn) ainsi que de gaz. Cette étape est très énergivore, exigeant des températures pouvant atteindre 1475 °C pendant 30 minutes.

 

La technique de séparation par hydrométallurgie peut être optimisée. La société canadienne Lithion assure pouvoir recycler 95% d'une batterie Li-ion.

 

Cependant des procédés radicalement différents commencent à émerger.

En particulier, les chercheurs développent un nouveau processus de recyclage connu sous le nom de recyclage direct. Le recyclage direct est la récupération, la régénération et la réutilisation des composants de la batterie directement sans détruire la structure chimique. 

En maintenant la valeur de processus dans les composants de la batterie d'origine, un matériau reconstitué à moindre coût peut être fourni aux fabricants de batteries.

 Cela pourrait réduire sérieusement le coût des batteries de véhicules électriques.

 

En fait le recyclage n'est plus vraiment un problème technique, mais un problème financier. Quand des millions de véhicules électriques rouleront, ce problème là sera résolu et le coût global d'un véhicule électrique sera bien en dessous de celui de son équivalent thermique et il sera d'un bout à l'autre de la chaîne beaucoup moins polluant.

 

 

Sixième rapport du GIEC sur le climat...

... la catastrophe est devant nous !

Incendie en cours au nord d'Athènes
Incendie en cours au nord d'Athènes

Les humains ont déjà chauffé la planète d'environ 1,1 degré Celsius, depuis le 19e siècle, en grande partie en brûlant du charbon, du pétrole et du gaz pour produire de l'énergie.

 

Aujourd'hui,  les conséquences peuvent être ressenties dans le monde entier : rien que cet été, des vagues de chaleur torride ont tué des centaines de personnes aux États-Unis et au Canada, des inondations ont dévasté l' Allemagne et la Chine, et des incendies de forêt font  rage de manière incontrôlable en Sibérie, en Turquie et en Grèce.

 

Mais ce n'est que le début, selon le rapport publié lundi 9 août 2021 par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), un groupe de scientifiques réunis par les Nations Unies. 

 

Même si les pays commençaient à réduire fortement leurs émissions aujourd'hui, le réchauffement climatique total devrait augmenter d'environ 1,5 degré Celsius au cours des deux prochaines décennies, un avenir plus chaud est désormais inéluctable.

 

Selon ces scientifiques, avec 1,5 degré de réchauffement, les périls augmentent considérablement. 

Près d'un milliard de personnes dans le monde pourraient étouffer dans des vagues de chaleur mortelles récurrentes. Des centaines de millions d'autres manqueraient d'eau. 

Certaines espèces animales et végétales disparaîtront. Les récifs coralliens, qui soutiennent la pêche sur de vastes étendues du globe, subiront des mortalités massives.

 

LIRE l'article du New York Times

 

Et le pire est avenir ?

Mais, si nous ne faisons rien, si nous restons sur le modèle économique actuel, l'avenir pourrait être bien pire encore !

Si nous continuons à ajouter du dioxyde de carbone dans l'atmosphère au rythme actuel, alors les températures moyennes mondiales continueront d'augmenter, dépassant potentiellement 2, 3 ou même 4 degrés Celsius, par rapport à l'ère préindustrielle.

 

Le rapport décrit comment chaque degré supplémentaire de réchauffement entraîne des désastres de plus en plus considérables, tels que des inondations et des vagues de chaleur toujours plus violentes, une aggravation des sécheresses et une accélération de l'élévation du niveau de la mer qui pourraient menacer l'existence même de certaines nations insulaires. 

Plus la planète se réchauffe, plus les risques de franchir des « points de basculement » dangereux sont grands, comme l'effondrement irréversible des immenses calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique occidental.

 

En conclusion, le rapport souligne que tout n'est pas perdu. L'humanité peut encore empêcher la planète de devenir encore plus chaude.

 

Mais cela nécessite un effort coordonné entre tous les pays [et principalement les pays les plus riches *] pour cesser d'ajouter du dioxyde de carbone dans l'atmosphère avant 2050 environ et cela implique un abandon très rapide des combustibles fossiles, ainsi que l'élimination potentielle de grandes quantités de carbone de l'air. 

 

C'est aujourd'hui qu'il faut agir ! 

Si nous réussissions cela, le réchauffement climatique s'arrêterait probablement et se stabiliserait à environ 1,5 degré Celsius, conclut le rapport.

 

* Les 10 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre sont la Chine, les États-Unis, l'Union européenne, l'Inde, la Russie, le Japon, le Brésil, l'Indonésie, l'Iran et le Canada.

 

SRAS-CoV-2 - Actualités

 

Depuis le 19 mars 2020, je fais régulièrement le point sur l'avancée des recherches dans le domaine, à partir de sources scientifiques incontestables, citées dans les plus grandes publications scientifiques : Nature, Science, PNAS, Cell, The Lancet, New England Journal of Medicine...

 

24 octobre 2021

Les chercheurs se préparent à affronter une souche émergente, échappant aux immunités actuellement acquises

Pendant le dernier G7 au Royaume-Uni, le PDG de Pfizer, Albert Bourla a annoncé que ses chercheurs travaillaient d'arrache-pied sur ce sujet, avec pour objectif de préparer un vaccin adapté aux nouveaux variants en moins de 100 jours.

Evidemment, BioNTech et Moderna font de même.

 

Au cours des derniers mois, les laboratoires ont organisé des répétitions générales, en s'exerçant sur les variants connues du SARS-CoV-2 tels que Beta et Delta, en mettant à jour leurs vaccins et en les testant dans des études cliniques.

 

Pour l'instant les 3 vaccins principaux sont efficaces sur tous les variants connus. mais cette répétition générale est indispensable pour pouvoir réagir efficacement et rapidement, si un variant insensible aux vaccins actuels, venait à émerger.

 

Les nouveaux vaccins à ARNm pourraient être prêts en quelques jours, le plus long sera la phase d'essai.

En effet avant que ces vaccins puissent être déployés, ils devront être testés sur des humains, et cela prendra du temps. 

Les sociétés pharmaceutiques font donc des essais à blanc. Pfizer, avec son partenaire BioNTech, teste un vaccin à ARN bêta-spécifique dans un essai clinique randomisé et contrôlé par placebo avec jusqu'à 930 participants.

 

 En août, ces sociétés ont déjà commencé l'essai d'un vaccin multivalent ciblant à la fois les variantes Delta et Alpha.

 

Dans ces essais tous les aspects de l'exécution d'un changement de souche - la recherche préclinique, la fabrication, les tests cliniques et les soumissions réglementaires sont appréhendés et modélisés.

 

Moderna, basée à Cambridge, Massachusetts, fait de même. La société a recruté des cohortes de 300 à 500 participants pour tester de nouveaux vaccins à ARN contre Beta, Delta et une combinaison de Beta et de la souche d'origine. La société prévoit également de tester un vaccin multivalent Beta-Delta.

 

Astra Zeneca, qui propose un vaccin à vecteur viral (donc plus long à modifier), se prépare également à cette éventualité. Ce laboratoire a commencé une vaste étude sur un vaccin à vecteur viral bêta-spécifique. Lancée en juin, l'étude recrute plus de 2 800 participants, dont beaucoup ont déjà été vaccinés, soit avec un vaccin à ARN messager, soit avec le vaccin à vecteur viral de première génération d'AstraZeneca.

 

Le variant Beta est particulièrement ciblé car il porte des mutations qui le rendent plus résistant que toute autre variant connue à la neutralisation par les anticorps créés dans l'organisme d'une personne vaccinée.

 

En fait le problème le plus compliqué sera de trouver des volontaires qui auront une chance sur deux de se retrouver dans un groupe placebo. C'est aussi une question d'éthique.

 

Il semble donc que l'efficacité de ces nouveaux vaccins pourrait être déterminée en mesurant les réponses immunitaires déclenchées par les vaccins variants - par exemple, une augmentation des niveaux d'anticorps ou de cellules B.

Moderna teste ce protocole en milieu hospitalier aux USA.

 

News

Troisième injection Pfizer/BioBTech

 

Pfizer annonce  95,6 % d'efficacité vaccinale relative contre le Covid19 après une injection de rappel avec son vaccin mRNA, testé pendant une période où Delta était la souche prédominante. 

Il s'agit des premiers résultats d'efficacité d'un essai de rappel de vaccin randomisé et contrôlé. 

D'après certaines études, l'efficacité du vaccin décroit de moitié après 6 mois mais reste protecteur vis à vis des cas graves.

En France la 3ème injection est recommandée pour les plus de 65 ans, les immunodéprimés et les personnels soignants.

 

La passionnante histoire des vaccins à ARNm

Près de 35 ans de recherches très complexes

Et un Nobel à la clé ?

Robert Malone
Robert Malone

A l'approche de la saison des Nobels, il est bon de retracer l'histoire de l'avènement de ces fantastiques produits qui nous épargné un désastre sanitaire, sans précédent dans l'histoire de l'humanité.

 

Qui en effet peut mieux mériter la suprême récompense, que tous ces chercheurs, d'orientation scientifique différente, qui depuis tant d'années se battent pour rendre possible l'utilisation des ARNm comme médicament !

 

L'histoire débute en 1987, quand Robert Malone, étudiant au Salk Institute for Biological Studies à La Jolla (Californie) mélange des brins d'ARN messager avec des gouttelettes de graisse, pour créer une sorte de ragoût moléculaire. Les cellules humaines baignées dans ce milieu ont alors absorbé l'ARNm et ont commencé à produire des protéines.

 

C'était la première fois que quelqu'un utilisait des gouttelettes grasses pour faciliter le passage de l'ARNm dans un organisme vivant

Malone écrit alors, le 11 janvier 1988 :

"Si les cellules pouvaient créer des protéines à partir de l'ARNm qui leur était délivré, il serait peut-être possible de « traiter l'ARN comme un médicament ".

 

Notons cependant que dès 1978, les scientifiques avaient utilisé des structures de membranes graisseuses appelées liposomes pour transporter l'ARNm dans les cellules de souris, puis humaines, afin d'induire l'expression des protéines. Les liposomes emballaient et protégeaient l'ARNm, puis fusionnaient avec des membranes cellulaires pour délivrer le matériel génétique dans les cellules.

 

Ce sont ces pionniers qui ont ouvert la voie  à deux des vaccins les plus importants et les plus rentables de l'histoire : les vaccins COVID-19 à base d'ARNm administrés à des centaines de millions de personnes dans le monde.

Les ventes mondiales de ces produits devraient dépasser les 50 milliards de dollars américains, rien qu'en 2021.

 

 


Un chemin semé d'embûches !

Malheureusement l'ARNm était considéré comme trop instable et trop coûteux pour être utilisé comme médicament ou vaccin et les travaux de Malone et de ses premiers successeurs ont été négligés, les brevets n'ont pas été pris où abandonnés.

Robert Malone n'a même pas obtenu son doctorat et après quelques déboires est rentré dans le circuit commercial et le conseil.

Très aigri aujourd'hui, il est dans la critiques des vaccins de Pfizer/BioNTech.

 

C'est une société française, Transgène, petite entreprise de biotechnologie implantée à Strasbourg qui a véritablement relancé l'affaire. En 1993, une équipe dirigée par Pierre Meulien, en collaboration avec des partenaires industriels et académiques, a été la première à montrer qu'un ARNm dans un liposome pouvait déclencher une réponse immunitaire antivirale spécifique chez la souris.

 

Les chercheurs de Transgène ont breveté leur invention et ont continué à travailler sur des vaccins à ARNm. Cependant le coût de l'optimisation de la plateforme était estimé à 100 millions d'euros une somme jugée exorbitante pour une  entreprise aussi « délicate et à haut risque ».

Le brevet est devenu caduc après que la société mère de Transgène a décidé d'arrêter de payer les frais nécessaires à son maintien en activité.

Quel gâchis !

Les ARNm contre le cancer

L'idée du vaccin à ARNm a eu un accueil plus favorable dans les cercles d'oncologie, en tant qu'agent thérapeutique.

 

Si l'ARNm encodait des protéines exprimées par les cellules cancéreuses, l'idée était que son injection dans le corps pourrait entraîner le système immunitaire à attaquer ces cellules.

 

 Cette idée a inspiré les fondateurs des sociétés allemandes CureVac et BioNTech – deux des plus grandes sociétés d'ARNm existantes aujourd'hui – à commencer à travailler sur l'ARNm.

 

Tout récemment, une étude parue dans la revue « Science Translational Medicine », a présenté un nouveau traitement à ARN messager qui se montre prometteur dans la lutte contre le cancer.

 

Cette étude a été menée par le laboratoire BioNTech (fabriquant du vaccin à ARN messager contre le Covid 19) en association avec Sanofi.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé l'ARN messager pour induire une immunothérapie locale en donnant à l'organisme des instructions qui vont permettre de coder des cytokines, de petites molécules qui aident à éliminer les tumeurs.

 

Sur vingt souris atteintes de mélanomes ou de tumeurs pulmonaires, les chercheurs ont injecté directement dans les tumeurs ce traitement à base d’ARN messager. En moins de 40 jours, de grandes quantités de cytokines ont été produites, et les tumeurs ont été totalement éradiquées chez 17 souris. Sans effets secondaires.

Un essai clinique de phase 1 avec 230 participants est actuellement en cours.

 

L'envol

C'est ici qu'intervient l'histoire de BioNTech.

 Özlem Türeci (à gauche) et Uğur Şahin ont commencé à étudier l'ARNm à la fin des années 1990,  travaillant à l'université Johannes Gutenberg de Mayence en Allemagne, obtenant des brevets, des articles et des subventions de recherche.

 

En 2007 ils présentent un plan commercial aux investisseurs  en affirmant « Si cela fonctionne, ce sera révolutionnaire»

Ils obtiennent alors 150 millions d'euros de capital d'amorçage et lancent BioNTech.

 

À la fin des années 2000, plusieurs grandes sociétés pharmaceutiques se sont lancées dans le domaine de l'ARNm. En 2008, par exemple, Novartis et Shire ont créé des unités de recherche sur l'ARNm – la première se concentrait sur les vaccins, la seconde sur la thérapeutique.

 

 BioNTech a été lancé cette année-là et d'autres start-up sont rapidement entrées dans la mêlée, renforcées par une décision de 2012 de l'Agence américaine des projets de recherche avancée pour la défense, de commencer à financer des chercheurs de l'industrie pour étudier les vaccins et les médicaments à ARN.

 

 Moderna était l'une des entreprises qui s'est appuyée sur ce travail et, en 2015, elle avait levé plus d'un milliard de dollars sur la promesse d'exploiter l'ARNm pour inciter les cellules de l'organisme à fabriquer leurs propres médicaments, corrigeant ainsi les maladies causées par des protéines manquantes ou défectueuses. 

 

Lorsque ce plan a échoué, Moderna, dirigé par le directeur général français Stéphane Bancel, transfuge de BioMérieux, a choisi de donner la priorité à un objectif moins ambitieux : fabriquer des vaccins. Il ne doit pas le regretter !

 

 

Les deux points clés

Rappel :

Les vaccins COVID-19 fabriqués à partir d'ARN messager utilisent des nanoparticules lipidiques - des bulles de graisses - pour transporter les molécules dans les cellules.

L'ARNm contient le code permettant aux cellules de produire la protéine "spike" que le coronavirus SRAS-CoV-2 utilise pour pénétrer dans les cellules.

 

Voici les principales innovations dans la conception de ces vaccins.

 

Le vaccin produit par Moderna et BioNTech utilise un ARNm modifié où un nucléotide uridine (U) est remplacé par une pseudouridine (Ψ).

Ce changement est censé empêcher le système immunitaire de réagir à l'ARNm introduit.

 

Pour aider l'organisme à mettre en place une réponse immunitaire efficace en cas d'infections ultérieures par le SRAS-CoV-2, la séquence de l'ARNm est adaptée pour stabiliser la protéine spike dans la forme qu'elle utilise lors de sa fusion avec les cellules humaines.

 

La nanoparticule grasse qui entoure l'ARNm est constituée de quatre types de molécules lipidiques. L'une d'entre elles est "ionisable" : dans le vaccin, beaucoup de ces molécules ont une charge positive et s'accrochent à l'ARNm chargé négativement, mais elles perdent cette charge dans les conditions plus alcalines de la circulation sanguine, ce qui réduit la toxicité dans l'organisme.

 

L'ARNm modifié

 

Dès la fin des années 90, des chercheurs cherchaient à utiliser l'ARNm dans des vaccins contre le VIH. Cependant ces vaccins déclenchaient des réactions inflammatoires massives lorsqu'ils étaient injectés à des souris.

 

En 2005,  la biochimiste Katalin Karikó et l'immunologiste Drew Weissman, tous deux à l'Université de Pennsylvanie (UPenn) à Philadelphie qui travaillaient sur le sujet,  montrent que la réorganisation des liaisons chimiques sur l'un des nucléotides de l'ARNm, l'uridine, pour créer un analogue appelé pseudouridine, semblait empêcher le corps d'identifier l'ARNm comme un agresseur.

La modification d'une partie du code de l'ARNm permet donc à l'ARNm synthétique de franchir le cap des défenses immunitaires innées de la cellule.

C'était une avancée capitale dans la préparation des futurs vaccins de Moderna de BioNTech, qui tout deux utilisent ce type d'ARNM modifié.

 

L'encapsulation de l'ARNm

 

Une autre difficulté majeure était de faire en sorte que l’ARN messager pénètre dans les cellules du tissu (peau, muscle) dans lequel on l’injecte.

 

Il faut pour cela que la molécule d’ARN franchisse la membrane cellulaire afin de se retrouver dans le cytoplasme. C’est en effet dans ce compartiment de la cellule qu’elle sera traduite en protéine et servira d’antigène vaccinal.

Par ailleurs, l’ARN est susceptible d’être dégradé par des enzymes, des ribonucléases extracellulaires, abondamment présentes dans la peau et dans le sang. Cela impose donc de protéger l’ARN messager, menacé d’être détruit par ces enzymes ubiquitaires, tout en facilitant sa pénétration dans la cellule.

 

Il n'était donc pas simple d'amener l'ARNm sur sa cible.

 

Un moyen efficace pour protéger l’ARN consiste à l’encapsuler dans de très petites particules, en l’occurrence des nanoparticules lipidiques.

Celles-ci sont typiquement composées de quatre éléments différents. 

 

Tout d’abord de lipides capables de s’auto-agencer en particules sphériques (de 70–100 nanomètres) pour encapsuler l’ARN messager, soit ionisables (capables d’acquérir des charges positives en fonction du pH) ou cationiques (chargés positivement).

Ensuite de phospholipides ressemblant à ceux de la membrane cellulaire. Mais aussi de cholestérol qui stabilise la double couche lipidique de la nanoparticule lipidique. Enfin d’un lipide-PEG (polyéthylène glycol) qui apporte une couche hydratée aux nanoparticules et permet à ces formulations de gagner en stabilité.

 

La conception de ces minuscules bulles de graisse connues sous le nom de nanoparticules lipidiques, ou LNP, qui protègent l'ARNm et le transportent dans les cellules, doit beaucoup à  Pieter Cullis, biochimiste à l'Université de Colombie-Britannique à Vancouver, Canada.

En 2012, deux des sociétés fondées par Cullis se sont tournées vers l'exploration des opportunités pour le système d'administration de LNP dans les médicaments à base d'ARNm.

 

 

Nobel : and the winner is ?

Tous les chercheurs que j'ai cité dans cet article ont été des maillons importants dans la chaîne qui a conduit aux vaccins à ARN messagers.

Aucun doute que l'un ou plusieurs d'entre-eux sera (seront ) honorés à Stockholm.

 

Cependant nous ne sommes qu'au début du parcours qui conduira à l'utilisation d'ARNm dans de nombreuses indications thérapeutiques et notamment en oncologie.

 

 

Un article exhaustif (mais complexe !) dans la revue NatureThe tangled history of mRNA vaccines

 

Photos de gauche à droite et de haut en bas :

Pierre Meulien, Transgène,

Katalin Karikó a montré que les modifications chimiques de l'ARN peuvent faire passer la molécule au-delà des défenses immunitaires du corps,

Drew Weissman a travaillé avec Karikó et a co-découvert les avantages de l'ARNm modifié,

Pieter Cullis, mise au point des nanoparticules lipidiques, (LNP) qui protègent l'ARNm et le transportent dans les cellules

Ingmar Hoerr (à gauche) a fondé CureVac et l'immunologiste du cancer Eli Gilboa (à droite) a fondé la première entreprise de thérapie par ARNm

Derrick Rossi (à gauche) et Stéphane Bancel (à droite), Moderna.

 

 

04 octobre 2021

Déclin de l'efficacité des vaccins à ARNm en fonction du temps

Mise à jour au 04 octobre 2021

Une étude publiée par les chercheurs de BioNTech/Pfizer dans la très sérieuse revue britannique The Lancet,  confirme l'efficacité élevée du BNT162b2 contre les hospitalisations jusqu'à environ 6 mois après avoir été complètement vacciné, même face à la dissémination généralisée du variant delta.

 

L'étude a été réalisée entre le 14 décembre 2020 et le 8 août 2021, sur 4 920 549 personnes évaluées pour leur éligibilité. 

 

Pour les personnes entièrement vaccinées, l'efficacité contre les infections au SRAS-CoV-2 était de 73 %.  Contre les hospitalisations liées au COVID-19 elle était de 90 % (89-92). 

 

L'efficacité contre les infections est passée de 88 % au cours du premier mois après la vaccination complète à 47 %  après 5 mois. Parmi les infections séquencées, l'efficacité du vaccin contre les infections du variant delta était élevée au cours du premier mois après la vaccination complète (93 % ) mais a diminué à 53 % après 4 mois. 

 

L'efficacité contre d'autres variantes (non delta) le premier mois après la vaccination complète était également élevée à 97 %, mais a diminué à 67%  à 4-5 mois.

 

 L'efficacité du vaccin contre les admissions à l'hôpital pour des infections avec la variante delta pour tous les âges était élevée dans l'ensemble (93 %) jusqu'à 6 mois.

 

CONCLUSION :

Si la protection de ces vaccins face à la contamination par le virus SRAS-CoV-2 s'affaiblit significativement avec le temps,  la diminution de l'efficacité contre les admissions à l'hôpital n'a pas été observée dans cette population d'étude six mois après la deuxième injection.

 

Enfin un antiviral efficace contre le SRAS-CoV2 ?

Le molnupiravir change la donne !

 Le géant pharmaceutique Merck & Co vient d'annoncer qu'un molécule - le molnupiravir - administrée tôt après l'infection par le SRAS-CoV-2 réduit de moitié le risque d'hospitalisation et de décès d'une personne infectée par le virus.

 

Il s'agit du premier traitement antiviral oral, qui se montre efficace.

Dans un communiqué, Merck a déclaré qu'il prévoyait de demander bientôt une autorisation d'utilisation d'urgence auprès de la Food and Drug Administration des États-Unis.

 

Actuellement deux autres options antivirales sont disponibles : le remdesivir (modérément efficace), dont il a été démontré qu'il réduit les séjours à l'hôpital chez certains patients, et les anticorps monoclonaux (très chers). Contrairement au molnupiravir, ces deux traitements doivent être administrées par voie intraveineuse.

 

Cette annonce découle de l'analyse des données d'un essai mené sur 775 patients non hospitalisés qui ont rejoint l'étude dans les 5 jours suivant le début des symptômes et qui présentaient au moins un facteur de risque de développer une maladie grave. Les patients ont reçu un traitement de 5 jours, qui a suffi pour perturber la capacité du virus du SRAS-CoV-2 à répliquer son génome .

Il avait été précédemment montré que le molnupiravir augmente la fréquence des mutations de l'ARN viral et altère la réplication du SRAS-CoV-2 dans les modèles animaux et chez l'homme. 

 

Je rappelle qu'une étude précédente avait montré que cet antiviral avait peu d'effet lorsqu'il était administré à des patients déjà hospitalisés pour une maladie grave

Certains chercheurs avertissent que les effets secondaires pourraient être une préoccupation et que les nouveaux résultats n'ont pas encore été examinés par des pairs. 

 

 

27 septembre 2021

Communication scientifique pendant la pandémie : profusion, richesse et dérives

Rapport du Comité d'Ethique du CNRS (COMETS)

 

Le COMETS, comité d'éthique du  plus grand organisme public français de recherche scientifique, vient de publier son avis sur la " Communication scientifique en situation de crise sanitaire..."

Elle traite évidemment des comportements durant la crise du COVID : comportement du monde scientifique, des politiques et du public.

 

En voici les principaux éléments.

 

Si cet avis débute par un constat optimiste :

" les connaissances sur le SARS-CoV-2 et la COVID-19 ont très rapidement évolué grâce à une mobilisation inédite de la communauté scientifique internationale, au partage des données et à une politique éditoriale d’ouverture des publications, toutes initiatives qui sont les conséquences des récentes avancées permises par la Science Ouverte.".

 

Le COMETS porte aussi "un regard critique sur certaines dérives éditoriales et notamment sur les écarts à l‘intégrité scientifique, à la déontologie et à l’éthique qui ont accompagné la publication de travaux contestables portant sur des traitements de la COVID-19 par l’hydroxychloroquine."

 

Les multiples dérives du Pr Raoult et de l'IHU Marseille

 

Il relève en particulier le comportement déviant du Pr Raoult et de l'IHU Marseille.

 

"D’une manière plus générale, le COMETS déplore le comportement irresponsable de certains chercheurs qui ignorent, ou veulent ignorer, les fondements de la démarche scientifique que sont la rigueur, l’honnêteté, la fiabilité et la transparence des méthodes utilisées et l’évaluation critique des publications par les pairs."

 

"Les dérives constatées sont lourdes de conséquences par leur impact sur la santé et parce qu’elles contribuent à la défiance des citoyens vis-à-vis de la science et des scientifiques."

 

Face à l’urgence de trouver des solutions thérapeutiques à la COVID-19, "des acteurs de la recherche et du monde médical ont soutenu que l’intuition ou le « bon sens », médical seraient suffisants pour décider de l’efficacité et de la sécurité d’un traitement."

 

"Ils ont déclaré être les tenants d’une « éthique du traitement » qui serait opposée à une « éthique de la recherche » 

Ce discours a servi la promotion, par Didier Raoult et son équipe de l’IHU de Marseille, du traitement de la COVID-19 par un antipaludéen connu de longue date, l’hydroxychloroquine (HCQ)."

 

Largement ouvert au public, dans des conditions peu respectueuses des règles de déontologie médicale, le traitement a fait l’objet d’un emballement médiatique et politique alors même que son efficacité sur la COVID-19 ne reposait que sur une étude clinique contestable.

 

Des travaux biaisés publiés sans examen par des pairs, dans une revue contrôlée par l'IHU

 

Les dérives qui ont accompagné la publication de cette étude dans la revue International Journal of Antimicrobial Agents  ont alerté la communauté scientifique. 

Elles sont édifiantes : accepté 24 heures après sa soumission, l’article a eu, dès sa parution, un énorme impact international ; il a été critiqué sur sa méthodologie (élimination de cas, biais statistiques, absence de preuves robustes,) et suscité des commentaires sur le processus de validation par les pairs, l’un des signataires, Jean-Marc Rolain, étant aussi l’éditeur en chef de cette revue.

 

"Face à la pression de la communauté scientifique, l’article a été ré-évalué postérieurement à sa publication. L’expertise, rendue publique par la revue, a recommandé le retrait de l’article, ce qui n’a pas été fait."

 

"Près de 40 % des articles publiés dans l’International Journal of Antimicrobial Agents depuis sa création en 2013 ont été co-signés par son éditeur en chef, Jean-Marc Rolain, et un, voire plusieurs, membres de l’IHU de Marseille dont Didier Raoult."

 

"De tels conflits d’intérêt jettent la suspicion sur la validité de leurs travaux et sont d’autant plus critiquables que cette autopromotion contribue à l’avancement de carrière des auteurs et au financement de leur recherche, tous deux conditionnés par le nombre de leurs publications. "

 

"L’article de D. Raoult et son équipe oblige à un questionnement sur la responsabilité des auteurs face à l’énorme impact de leurs résultats en termes de soins. On peut s’inquiéter de ce que cette étude si peu probante ait pu susciter une telle adhésion du public. Il a été impossible par la suite d’en corriger les effets.

Comme nous le discutons plus loin, cette situation rassemble beaucoup des ingrédients de ce qui s’apparente au « populisme scientifique »."

 

"Les controverses autour de l’efficacité de l’HCQ ont conduit plusieurs équipes à conduire de nouvelles études. A la suite de la publication de l’une d’entre elles qui ne confirmait pas l’efficacité clinique de l’HCQ, ses auteurs ont subi une violente campagne de cyber-harcèlement sur les réseaux sociaux, allant jusqu’à des menaces de mort."

 

 

 Défiance envers la science

 

Quand la parole du scientifique est confrontée au « populisme scientifique »

 

"La méfiance des citoyens à l’égard des faits scientifiques avérés dépasse le contexte médical et présente des analogies avec la défiance à l’égard du pouvoir politique. C’est ainsi que certains avancent le concept encore incertain de « populisme scientifique », par analogie avec celui de populisme politique."

 

"Le concept de populisme politique est né il y a deux siècles et a pris des sens très différents selon les régimes politiques auxquels il a été appliqué. Dans son acception générale actuelle, le mot « populisme» désigne une approche politique tendant à opposer le peuple aux élites politiques, économiques ou médiatiques.

Le mot « populisme » fait référence au peuple qui serait exclu de l'exercice d’un pouvoir qu’il estime coupé des réalités de terrain même si ses représentants ont été élus démocratiquement. Dans des cas extrêmes, les courants populistes soupçonnent les dirigeants politiques de corruption et s’attaquent aux fondements démocratiques de l’Etat. Ce courant de pensée politique peut prendre des aspects démagogiques en préconisant et en soutenant des solutions simplistes à divers problèmes sociaux."

 

"Le populisme scientifique a une caractéristique qui le rapproche du populisme politique : il donne l’illusion de pouvoir accéder au « savoir » sans passer par les instances de validation du fait scientifique. Le populiste politique sollicite un consensus sans représentativité référendaire tandis que le populiste scientifique s’appuie sur une opinion sans représentativité académique."

 

Dans le contexte de la crise sanitaire, le soutien sans partage d’une partie de la population au traitement à l’HCQ préconisé par Didier Raoult revêt certains traits du populisme scientifique : méfiance à l’égard de ceux qui s’expriment mais ne fournissent pas de clefs immédiates aux questions posées ; préférence pour les solutions simples et rassurantes ; défiance vis à vis des élites supposées ignorantes des réalités de terrain ; opposition de communautés régionales éloignées du centre de gravité parisien de prise des décisions ; rejet des affirmations des scientifiques jugés compromis par leur proximité avec l’instance politique qu’ils conseillent ; enfin une forme de fascination exercée par une « personnalité forte » qui s’affirme par ses défis contre la représentativité académique.

 

"La dérive populiste de la science peut être aussi le fait d’un responsable politique. Ainsi, Philippe Douste-Blazy, ancien ministre et professeur de santé publique, et Christian Perronne, professeur de médecine, lançaient début avril 2020 une pétition en ligne demandant au gouvernement d ’accélérer les procédures de mise à disposition du traitement à l’HCQ et recueillaient près de 600.000 signatures !"

 

"Quelques jours plus tard était publié un sondage du Parisien, largement répercuté dans d’autres médias, qui portait sur « la croyance » du public en l’efficacité de l’HCQ. On ne peut que s’inquiéter que le choix d ’un traitement puisse être décidé par l’opinion publique sur la base d’une pétition ou d’un sondage et que des décisions politiques puissent être prises en se fondant sur des croyances ou des arguments irrationnels, faisant uniquement appel à la peur ou l’émotion."

 

"Les croyances complotistes servent aussi à alimenter le populisme scientifique et vont au-delà de la simple défiance envers la science. Le film documentaire de 2h40 « Hold-Up » mis en ligne fin 2020 en est un exemple édifiant.

Son discours simplificateur, à caractère conspirationniste, mélangeant le vrai et le faux, a été abondamment relayé par les médias et par les réseaux sociaux, et a ainsi participé à la désinformation des citoyens sur la pandémie de COVID-19."

 

Conclusion

 

"La mobilisation de la communauté scientifique, son engagement dans le partage des informations dans des délais inédits ont été indiscutablement des atouts dans le progrès des connaissances sur le virus SARSCoV-2 et la pandémie de COVID-19.

Mais les succès et la richesse de cette communication ne peuvent masquer certaines dérives. La légitimité de la parole des scientifiques a été remise en cause dans maintes circonstances.

Quelques scientifiques par des déclarations irresponsables, voire délibérément provocatrices, en portent une part de responsabilité.

Cette communication inappropriée a rendu malaisé l’accès à une information scientifique claire, compréhensible et basée sur des faits avérés.

________________________

 

Ce rapport est particulièrement éloquent, il reprend la liste des dérives gravissimes de Didier Raoult et de ses comparses, que je dénonce ici depuis le début (voir ce journal au 30.03.2020, au 25 juin 2020, au 3 septembre 2020, etc..).

Sur le blog :

L'effet Raoult

 

Ces dérives n'ont eu pour leur auteur aucune conséquence. Le président de la République s'est même déplacé à Marseille, dans son laboratoire. Aujourd'hui son mandat à la tête de l'IHU est prolongé d'un an, alors qu'il a atteint la limite d'âge académique.

Elles ont eu néanmoins pour la science française un impact désastreux en interne et en externe.

 

Ses conséquences sur le plan de la Santé publique en France et à l'étranger, se comptent en milliards d'euros dissipés et en milliers de vie perdues, directement ou indirectement.

 

 

15 septembre 2021

Interférence politicienne dans les campagnes de vaccination

La droite américaine responsable de dizaines de milliers de morts

Avec quelques farfelus et antivax bornés, une extrême-droite vindicative - qui souhaite se refaire... une santé - anime les défilés rituels de nos samedi, pour protester contre les contraintes sanitaires et la campagne de vaccination.

 

Ces gens là ont du sang sur les mains.

Et pas qu'un peu....

 

Le très sérieux New York Times vient de publier une étude comparative des chiffres publiés par le Centers for Disease Control and Prevention (CDC) , sur la base de la couleur politique des états américains : rouge pour les républicains, bleue pour les démocrates.

 

Cette étude porte sur deux mois : juillet et août 2021.

 

Tout d'abord, le tableau ci-dessus montre que si tout les états avaient eu un taux de vaccination égal à celui du plus vertueux (le Vermont), 16 200 vies auraient pu être épargnées sur ces deux mois, soit près de 100 000 morts sur un an !

 

Dans les tableaux ci-dessous, la comparaison des chiffres des décès dans les états gagnés par Trump vs ceux gagnés par Biden, montre de façon éloquente le coût de la sous-vaccination chez les "rouges" (Républicains).

 

La 3ème injection toujours aussi contestée par les scientifiques

 

La généralisation qui se profile pour cette 3ème injection, ne passe décidemment pas auprès de nombreux scientifiques, en particulier américains.

Un article, émanent notamment d'anciens membres de la FDA, paru dans la prestigieuse revue britannique The Lancet, le rappelle de façon spectaculaire.

Les auteurs soulignent "qu'un examen minutieux et public des données en évolution sera nécessaire pour s'assurer que les décisions concernant le renforcement [de la vaccination] sont éclairées par une science fiable plus que par la politique."

Actuellement les données sont confuses, mais il est clair que la double injection assure toujours une protection solide contre les infections graves.

Seuls, les les sujets les plus fragiles devraient bénéficier d'une nouvelle injection, suffisamment éloignée de la précédente.

Pour eux, le vrai combat se situe au niveau de la mondialisation de la vaccination et de la lutte contre les réticences de certaines populations.

C'est une vaccination universelle et massive qui nous sortira de ce marasme sanitaire.

 

Les auteurs évoquent aussi les risques de vaccination à répétition :

"Bien que les avantages de la vaccination primaire contre le COVID-19 l'emportent clairement sur les risques, il pourrait y avoir des risques si les rappels sont largement introduits trop tôt ou trop fréquemment, en particulier avec les vaccins qui peuvent avoir des effets secondaires à médiation immunitaire (comme la myocardite, qui est plus fréquent après la deuxième dose de certains vaccins à ARNm, ou le syndrome de Guillain-Barre, qui a été associé aux vaccins COVID-19 à vecteur adénoviral. Si un rappel inutile provoque des effets indésirables importants, il pourrait y avoir des implications pour l'acceptation des vaccins qui vont au-delà des vaccins COVID-19. Ainsi, un renforcement généralisé ne devrait être entrepris que s'il existe des preuves claires qu'il est approprié."

03 septembre 2021

Bientôt les vaccins à ADN

Plus stables, plus faciles à déployer

Plus d'une demi-douzaine de vaccins à ADN pour COVID-19 sont en phase d'essais précoces.

 

Parmi eux, Le ZyCoV-D, qui est administré par voie sous-cutanée (et non intramusculaire), s'est avéré protecteur à 67 % contre le COVID-19 symptomatique dans les essais cliniques.

Le chiffre d'efficacité de 67% provient d'essais impliquant plus de 28 000 participants, qui ont vu 21 cas symptomatiques de COVID-19 dans le groupe vacciné et 60 parmi les personnes ayant reçu un placebo. Et ce dans un milieu où le variant Delta est ultra dominant.

 

 Attention : aucune publication exhaustive n'a encore été produite devant des pairs.

 

Le ZyCoV-D a été développé par la société pharmaceutique indienne Zydus Cadila, dont le siège est à Ahmedabad. Le 20 août, le régulateur indien des médicaments a autorisé le vaccin pour les personnes âgées de 12 ans et plus.

 

Les vaccins à ADN présentent un certain nombre d'avantages, car ils sont faciles à produire et les produits finis sont plus stables que les vaccins à ARNm, qui nécessitent généralement un stockage à très basse température.

Le ZyCoV-D contient des brins circulaires d'ADN appelés plasmides, qui codent pour la protéine de pointe du SRAS-CoV-2, ainsi qu'une séquence de promoteur pour activer le gène. Une fois que les plasmides pénètrent dans les noyaux des cellules, ils sont convertis en ARNm, qui se déplace vers le corps principal de la cellule, le cytoplasme, et est traduit en la protéine de pointe elle-même. Le système immunitaire du corps organise alors une réponse contre la protéine et produit des cellules immunitaires adaptées qui peuvent éliminer les infections futures. Les plasmides se dégradent généralement en quelques semaines à quelques mois, mais l'immunité demeure.

 

Jusqu'ici les vaccins ADN avaient fait preuve d'une faible efficacité par voie intramusculaire.  Pour résoudre ce problème, le ZyCoV-D est déposé sous la peau dans une zone  riche en cellules immunitaires qui peuvent capter les corps étrangers, tels que les particules de vaccin. La capture de l'ADN y est beaucoup plus efficace que dans le muscle.

 

Le dispositif d'administration est donc très important avec ce vaccin. Le candidat américain d'Inovio est injecté sous la peau et utilise un dispositif qui frappe la peau avec de courtes impulsions électriques pour former des pores dans les cellules que le vaccin peut traverser.

 

Certes, nous ne sommes pas encore au niveau des vaccins à ARNm (pour le vaccin indien, 3 injections sont nécessaires), mais ces résultats sont salués par la communauté scientifique qui y voient une grande avancée en vaccinologie.

 

En effet on s'attend à ce que de nombreux autres vaccins à ADN émergent, ciblant des maladies pour lesquelles il n'existe actuellement aucun vaccin - du cytomégalovirus, qui peut être transmis aux bébés pendant la grossesse, au virus respiratoire syncytial. Des vaccins à ADN sont également testés ou développés contre la grippe, le virus du papillome humain, le VIH et le Zika.

Les vaccins à ADN peuvent stocker de nombreuses informations, ce qui signifie qu'ils peuvent coder de grandes protéines complexes ou même plusieurs protéines. Cela leur donne des promesses en tant que vaccins anticancéreux. 

 

 

News

1 - Variant Mu : affaire à suivre

 

En l'absence de données scientifiques sérieuses et précises, il est difficile de savoir si ce variant est celui qui est redouté par les virologues, capable de balayer tous les immunités acquises.

Certains élément préliminaires - et notamment la présence d'une constellation de mutations -  pourraient indiquer qu'il serait susceptible d'échapper aux anticorps.

Ainsi l'OMS affirme que Mu a le potentiel pour échapper à l'immunité conférée par les vaccins et les anticorps.

Le pire n'est donc pas sûr !

 

2 - Médicaments

 

Dire que certains antiviraux seront opérationnels au prochain trimestre est (très) prématuré.

On parle ainsi beaucoup du Molnupiravir développé par Ridgeback Biotherapeutics (Miami). Le molnupiravir est un médicament candidat antiviral disponible par voie orale actuellement en essai de phase III pour le traitement des patients atteints de COVID-19.

 Le molnupiravir augmente la fréquence des mutations de l'ARN viral et altère la réplication du SRAS-CoV-2 dans les modèles animaux et chez l'homme.

 

Merck a publié le 12 juillet 2021, les résultats intermédiaires des études de phase 2/3 de cette molécule face au COVID-19 léger à modéré. Des résultats encourageants qui demandent à être confirmés.

 

J'ai déjà parlé des anticorps monoclonaux, réservés aux patients immunodéprimés.

 

3 - Origine du SRAS-CoV-2

 

Pourquoi de nombreux scientifiques disent qu'il est peu probable que le SRAS-CoV-2 provienne d'une "fuite de laboratoire" ?

 

Un article très complet de la revue "Science" qui souligne notamment que "les accidents ne peuvent se produire que lorsque vous avez déjà un virus vivant en culture qui peut fuir", fait le point sur le sujet

 

Ces chercheurs pensent qu'un ancêtre du SRAS-CoV-2 est passé des animaux aux humains, en faisant des allers-retours, s'adaptant régulièrement à son nouvel hôte. Cela aurait pu se produire sur le marché de Wuhan et passer inaperçu pendant des semaines, car l'épidémie n'a fait surface que lorsque plusieurs personnes sont tombées gravement malades.

 

Sur ce marché, des milliers d'animaux, souvent vivants, étaient vendus sans contrôle. Parmi eux, deux espèces de canidés pouvant être contaminées par le virus : des renards et des chiens viverrins et également des civettes palmées masquées et des visons, facilement contaminables. Tous ces animaux peuvent être hôtes intermédiaires assurant le passage des chauves-souris à l'homme.

 

 

21 août 2021

Vaccins : 3ème injection ou pas (suite)

Les faits :

- le variant Delta est beaucoup plus contagieux et agressif,

- les jeunes, voire les enfants, sont de plus en plus touchés,

- l'immunité acquise par les vaccins ou par la maladie décline avec le temps,

- le nombre de cas chez les vaccinés (les cas dits "révolutionnaires") augmentent.

 

Les chiffres :

C'est là que le bât blesse ! Des résultats contradictoires sont cités par la presse et les revues scientifiques.

 

Les derniers résultats concernant l'efficacité,  validés par un journal scientifique sérieux, sont ceux qui figurent dans ce journal à la date du 12 août (Pfizer/BioNTech = 88%, AstraZeneca = 67%).

 

D'un autre côté la presse rapporte des chiffres issus des comptages des administrations de santé étatiques. Ainsi pour Israël, le vaccin Pfizer "ne protégerait plus qu'à 45%". Les scientifiques ne valident pas ces chiffres et font remarquer que ces études comportent de nombreux biais statistiques qui enlèvent toute crédibilité aux résultats cités.

 

Ellie Murray, épidémiologiste reconnue de l'Université de Boston, affirme "qu'ensemble, les nouvelles études indiquent globalement que les vaccins ont une efficacité d'environ 55% contre toutes les infections, 80% contre les infections symptomatiques et 90% ou plus contre l'hospitalisation".

Pour elle : "le seul groupe pour lequel ces données suggéreraient des boosters [3ème injection], est celui des immunodéprimés."

 

Pourtant les autorité fédérales américaines (CDC) vont proposer un rappel à 8 mois pour tous les vaccinés à ARNm (sous réserve de validation par la FDA) ; les Israéliens revaccinent déjà les plus de 40 ans.

 

Ces décisions sont fortement critiquées par beaucoup de scientifiques, en particulier américains.

Le Dr Murray a déclaré qu'une injection de rappel "renforcerait sans aucun doute l'immunité d'un individu, mais l'avantage supplémentaire peut être minime – et obtenu tout aussi facilement en portant un masque ou en évitant les repas à l'intérieur et les bars bondés."

 

En effet, pour nombre de chercheurs, l'augmentation de la proportion de vaccinés contaminés, est aussi, pour beaucoup, liée à un relâchement du respect des gestes barrières de cette population dans un milieu infesté par ce variant Delta hautement contagieux.

 

Pour les experts, il serait donc beaucoup plus efficace de vacciner massivement toutes les populations de la planète de façon à éviter l'apparition d'un variant insensible aux immunités déjà acquises. Et cela nous pend au nez !

 

En conclusion (provisoire !) :

 

1) L'efficacité des vaccins baissent légèrement avec le temps et diminue face au variant Delta.

2) La levée des mesures restrictives a permis une très forte circulation du variant Delta, beaucoup plus contagieux (mille fois plus que le variant alpha).

3) Dans ce contexte, le faible respect des gestes barrières (notamment chez les jeunes) dans la population vaccinée, a sans doute amplifié le nombre de cas "révolutionnaires".

4) Aujourd'hui, la vaccination complète à ARNm protège à environ 90% de l'hospitalisation pour un COVID grave.

5) L'injection de rappel, moins d'un an après la première injection, devrait être réservée aux immunodéprimés et aux personnes les plus fragiles.

 

12 août 2021

Lutter contre le virus : vaccins vs traitements

Traitements : pourquoi ça bloque

23 médicaments amphiphiles cationiques testés, dont l'hydroxychloroquine et l'azithromycine, pour lesquels la phospholipidose était corrélée de manière monotone avec l'efficacité antivirale. Aucun n'a d'activité in vivo.
23 médicaments amphiphiles cationiques testés, dont l'hydroxychloroquine et l'azithromycine, pour lesquels la phospholipidose était corrélée de manière monotone avec l'efficacité antivirale. Aucun n'a d'activité in vivo.

Contrairement à ce que proclament certains marcheurs imbéciles du samedi, le recherche d'antiviraux ciblant le SRAS-CoV-2 fait l'objet de travaux intenses.

Il est stupide et faux de dire que la recherche de médicaments a été abandonnée au profit de vaccins plus lucratifs.

 

J'ai déjà indiqué dans ce journal que les chimiothèques de tous les grands labos avaient fait l'objet de criblages à haut de débit.

En effet, compte tenu du besoin urgent, la réutilisation de médicaments approuvés, ou prétestés cliniquement, semblait particulièrement attrayante ; cette stratégie promettait le lancement rapide d'études cliniques antivirales.

Ainsi, des milliers de molécules ont été testées in silico, sans succès.

 

Les dernières publications n'incitent pas à l'optimisme. Notamment il s'avère que certaines molécules efficaces in vitro n'ont aucune activité in vivo

 

Le travail d'une équipe qui avait identifié plusieurs cibles médicamenteuses candidates, parmi lesquelles les récepteurs sigma avait suscité un grand espoir. Ces chercheurs avaient montré que les médicaments amphiphiles cationiques ciblant ces récepteurs inhibaient puissamment la production virale en culture cellulaire, fournissant une «validation» préliminaire des récepteurs sigma en tant que cibles médicamenteuses.

 

Hélas, lorsque les membres de la même équipe ont commencé à étudier leur potentiel dans des études cliniques, ils ont déchantés ! En testant 50 médicaments différents des récepteurs sigma pour trouver le plus approprié, ils n'ont trouvé aucune corrélation entre la puissance avec laquelle les médicaments inhibaient le récepteur et leur activité antivirale.

 

Les efforts de réaffectation de médicaments nécessitent une diligence scientifique pour éliminer les artefacts avant que de véritables candidats-médicaments antiviraux puissent passer aux études cliniques.

 

En effet, le coût des essais inutiles sur des médicaments - comme la chloroquine - est estimé à 6 milliards de dollars... sans compter le temps et les vies perdues.

 

Nous sommes donc très loin de la découverte du "médicament  miracle" quand on sait que le développement d'une nouvelle spécialité peut prendre 10 ans !

 

 

Plus que jamais : le vaccin !

Publication du 12 août 2021 dans  The New England Journal of Medicine
Publication du 12 août 2021 dans The New England Journal of Medicine

Les auteurs des campagnes antivaccins sont non seulement des imbéciles, mais également des criminels.

 

La fulgurante reprise de la pandémie avec le variant Delta, qui tue des patients de tous âges et va handicaper pendant des années des millions de personnes, montre à quel point ces gens là sont nocifs et méprisables.

 

Notre seule arme est le vaccin, lui seul peut nous permettre de retrouver notre LIBERTE de vivre, de travailler, d'apprendre, d'aimer, de nous distraire.

 

La plus récente étude publiée ce jour (12 août 2021), dans la très sérieuse revue The New England Journal of Medicine (NEJM), montre que les vaccins restent très efficace contre Delta. Je cite la conclusion de l'article :

 

Seules des différences modestes dans l'efficacité du vaccin ont été notées avec la variante delta par rapport à la variante alpha après la réception de deux doses de vaccin. Les différences absolues dans l'efficacité du vaccin étaient plus marquées après la réception de la première dose. Cette découverte soutiendrait les efforts visant à maximiser l'absorption du vaccin avec deux doses parmi les populations vulnérables."

 

Voici les chiffres :

 

 "Avec le vaccin BNT162b2 (BioNTech/Pfizer, l'efficacité de deux doses était de 93,7 % (IC à 95 %, 91,6 à 95,3) chez les personnes ayant la variante alpha et de 88,0 % (IC à 95 %, 85,3 à 90,1) chez celles ayant la variante delta. Avec le vaccin ChAdOx1 nCoV-19 (AstraZeneca/Oxford), l'efficacité de deux doses était de 74,5 % (IC à 95 %, 68,4 à 79,4) chez les personnes ayant la variante alpha et de 67,0 % (IC à 95 %, 61,3 à 71,8) chez celles ayant la variante delta."

 

29 juillet 2021

Troisième injection : ne pas se précipiter

News

1 - Sur la nécessité d'une troisième injection des vaccins à ARNm

 

Dans une étude publiée en ligne mais pas encore évaluée par des pairs ou publiée dans une revue scientifique, les scientifiques de Pfizer et de BioNTech ont rapporté que leur vaccin avait un taux d'efficacité extrêmement élevé d'environ 96% contre le Covid-19 symptomatique pendant les deux premiers mois suivant la seconde dose.

Cependant, ce chiffre a diminué régulièrement, tombant à 83,7% après six mois.

 

Contre les cas graves, cependant, l'efficacité du vaccin s'est maintenue à environ 97 pour cent.

 

Nombre d'experts jugent que "cette baisse très légère ne justifie pas une troisième injection dans  la population générale.

Ces scientifiques pensent que le mécanisme de défense produit par le vaccin peut expliquer que le virus peut parfois se reproduire dans le nez – produisant un rhume ou un mal de gorge – mais ne parvient pas à atteindre les poumons où il peut provoquer une maladie grave.

 

A noter que ce travail a été effectué avant la diffusion massive du variant Delta.

 

Je rappelle que Pfizer fait pression sur le gouvernement américain pour obtenir une AMM d'urgence pour cette piqûre de rappel. Evidemment, l'enjeu financier est énorme.

 

2 - Sur la propagation ultra rapide du variant Delta

 

Selon une étude chinoise, la charge virale est environ 1 000 fois plus élevée chez les personnes infectées par le variant Delta que chez celles infectées par la souche de coronavirus d'origine.

Les auteurs ont aussi noté que la propagation de ce variant était plus rapide (incubation de 4 jours contre 6).

 

 

14 juillet 2021

Obligation de vaccination et passe sanitaire : deux mois de perdus !

 

Pour des raisons bassement politiciennes, le pouvoir a perdu deux mois pour imposer des mesures qui auraient pu nous éviter la quatrième vague qui s'annonce déjà.

Certes, le très médiocre personnel politique qui sévit dans ce pays, de la droite à la gauche, n'aurait sans doute pas fait mieux !

Du côté de chez Le Pen et Mélenchon, ont aurait sans doute fait pire, puisque qu'on entend de ces côtés là de grotesques protestations contre une "atteinte aux libertés individuelles" ! Certains invoquent même "l'apartheid" !

J'ai dit ce que je pensais (ci-dessous)  de ce genre d'argument.

 

La ruée en masse vers les centres de vaccination, montre que l'on aurait pu beaucoup plus tôt imposer ces mesures, qui auraient permis de passer un été plus tranquille et une rentrés plus sereine.

News

1 - Il est trop tôt pour préconiser une troisième injection des vaccins à ARNm.

 

C'est en tout cas ce que disent la FDA et le CDC aux USA, en réponse à la demande (trop) pressante de Pfizer.

Une réunion en ligne de haut niveau, impliquant le directeur scientifique de Pfizer et tous les meilleurs médecins du gouvernement fédéral américain, a eu lieu le jour même où Israël a commencé à administrer une troisième dose du vaccin Pfizer-BioNTech aux patients transplantés cardiaques et autres déprimés du système immunitaire .

 

Les responsables ont déclaré après la réunion que davantage de données – et peut-être plusieurs mois de plus – seraient nécessaires avant que les régulateurs puissent déterminer si des injections de rappel étaient nécessaires.

 

De nombreux experts américains, dont le Dr Anthony S. Fauci, conseiller médical en chef du président Biden pour la pandémie, ont déclaré qu'il n'y avait pas encore de preuves suffisantes que les rappels étaient nécessaires.

 

Plusieurs responsables ont déclaré après la réunion, que la décision finale sur les injections de rappel, dépendra également des informations du monde réel recueillies par les Centers for Disease Control and Prevention sur les infections "révolutionnaires" – celles qui surviennent chez les personnes vaccinées – qui provoquent une maladie grave ou une hospitalisation.

 

L'Europe et la France feraient bien de s'inspirer de cette réflexion américaine avant de lancer une campagne pour une troisième injection, comme vient de le faire E. Macron.

 

2 - COVID et brouillard cérébral

 

L'infection par le coronavirus SARS-CoV-2 peut provoquer des pertes de mémoire, des accidents vasculaires cérébraux et bien d'autres désagréments affectant le cerveau.

Il est donc de plus en plus clair que le COVID-19 endommage le cerveau. De nouvelles études suggèrent que l'impact du coronavirus pourrait être multiforme : il pourrait attaquer certaines cellules cérébrales directement, réduire le flux sanguin vers les tissus cérébraux ou déclencher la production de molécules immunitaires pouvant endommager les cellules cérébrales.

 Selon une récente étude, des symptômes neurologiques sont apparus chez 80% des personnes hospitalisées avec le COVID-19. Les experts pensent que le SRAS-CoV-2 pourrait accéder au cerveau en passant par la muqueuse olfactive, la muqueuse de la cavité nasale, qui borde le cerveau.

Des études en imagerie (scintigraphies cérébrales structurelles et fonctionnelles) montrent les dégâts spectaculaires provoqués par le virus : "perte de matière grise dans le gyrus parahippocampique gauche, le cortex orbitofrontal latéral gauche et l'insula gauche".

 

 

07 juillet 2021

Quelle efficacité des vaccins face au variant delta ?

Depuis le mois de mai, plusieurs statistiques ont été publiées à propos de l'immunité conférée par les vaccins face au variant delta.

 

Les études les plus larges concernent le vaccin à ARNm BioNTech/Pfizer. Globalement on sait que le vaccin Moderna a une efficacité analogue et que le vaccin AstraZeneca (après deux injections) est légèrement moins performant.

 

Sur le vaccin BioNTech :

 

- en mai, en Grande-Bretagne, des chercheurs ont rapporté que deux doses du vaccin Pfizer-BioNTech avaient une efficacité de 88 pour cent protégeant contre la maladie symptomatique provoquée par Delta,

- une étude réalisée en juin en Écosse a conclu que le vaccin était efficace à 79 % contre le variant delta,

- samedi dernier, 3 juillet 2021, une équipe de chercheurs au Canada a évalué son efficacité à 87 pour cent,

- lundi 5 juillet 2021, le ministère israélien de la Santé a annoncé que l'efficacité du vaccin Pfizer-BioNTech était de 64% contre toutes les infections à coronavirus.

 

Pourquoi de telles différences ?

Nous ne sommes plus, avec ces publications, dans le cadre d'essais rigoureux de phase 3, où tous les paramètres sont lissés pour éviter tout type d'artefact.

Enfin, dans le cas d'Israël, des tests PCR positifs COVID ont été comptabilisés et pas seulement les malades identifiés. Cela inclut donc des cas asymptomatiques.

 

D'autres études seront donc nécessaires pour affiner ces chiffres. Cependant on peut dire que ce vaccin assure une excellente protection contre le nouveau variant, même si elle est en léger recul par rapport aux chiffres publiés pour le variant alpha. D'autre part, il semble que ce vaccin assure une protection de l'ordre de 95% contre les cas graves.

 

Je redis donc qu'il est absolument stupéfiant que les gouvernants n'aient pas le courage d'imposer la vaccination. Plus le temps passe et plus les risques augmentent de voir émerger un variant beaucoup plus dangereux et beaucoup moins sensible aux anticorps activés par les vaccins.

 

Ceux qui invoquent une atteinte à la liberté individuelle sont au mieux des faux-culs !

Quand je suis contraint de ne plus travailler, de ne plus me distraire, de ne plus avoir de vie sociale et familiale, de ne plus sortir de chez moi... que devient ma liberté individuelle ?

Quand je peux donner la mort à mon prochain - et réciproquement - en refusant un acte médical sûr et protecteur, ai-je moralement le droit d'invoquer "ma liberté individuelle" ?!

Celui qui invoque SA liberté individuelle de cette façon, prive l'autre de cette même liberté.

 

La liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres.John Stuart Mill