En arrière-plan : Giordano Bruno

 

Un médicament pour traiter la maladie d'Alzheimer ? Une annonce prématurée ?

Planète : "L'utopie ou la mort"

Van Gogh/Artaud, les suicidés de la société !

SRAS-CoV-2 - Journal d'une pandémie

 

Conscience

 " Le savant n’est pas l’homme qui fournit les vraies réponses ;

c’est celui qui pose les vraies questions. "

C. Levi-Strauss, Le cru et le cuit

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes' 

d'après Samuel Beckett

Sciences

Je propose ici un petit parcours - très personnel - au coeur de l'aventure scientifique qui, de Sapiens et Néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à l'intelligence artificielle...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Voir

" Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

 A. Camus

 aussi: https://www.jeanpierrelavergne.fr/                                 


Blog

 

Billets d'humeur -depuis janvier 2009 - classés, pour simplifier, en six rubriques : arts, histoire, philosophie, politique, société, sciences.

Rappel : philosophie = aime la sagesse !

 

Planète vivante

Ressources pillées, biodiversité gravement altérée, pollutions majeures, climat déréglé... l'avenir de l'homme sur la Terre s'avère très sombre !

 


Un médicament pour traiter la maladie d'Alzheimer ?

Une annonce prématurée ?

La Food and Drug Administration a approuvé lundi le premier nouveau médicament contre la maladie d'Alzheimer en près de deux décennies, une décision controversée prise malgré l'opposition du comité consultatif indépendant de l'agence et de certains experts de la maladie d'Alzheimer qui ont déclaré qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves que le médicament peut aider les patients.

 

Le médicament, l'aducanumab, qui portera le nom de marque Aduhelm, est une perfusion intraveineuse mensuelle destinée à ralentir le déclin cognitif chez les personnes souffrant de légers problèmes de mémoire et de réflexion.

 

La FDA a cependant demandé à Biogen, son fabricant, de procéder à un essai de phase 4 pour confirmer son efficacité.

Il faut noter que le comité consultatif de la FDA , ainsi qu'un groupe de réflexion indépendant et plusieurs experts éminents – dont certains médecins atteints de la maladie d'Alzheimer qui ont travaillé sur les essais cliniques d'aducanumab – ont déclaré que les preuves soulevaient des doutes importants quant à l'efficacité du médicament. Ils ont également déclaré que même si cela pouvait ralentir le déclin cognitif chez certains patients, le bénéfice suggéré par les preuves serait si faible qu'il ne l'emporterait pas sur le risque de gonflement ou de saignement dans le cerveau causé par le médicament lors des essais.

Biogen, qui a déposé une demande d'examen réglementaire dans l'Union européenne, au Japon, au Brésil... a annoncé lundi après-midi que le prix catalogue serait de 56 000 $ par an... sans compter tous les examens de contrôle régulier par imagerie cérébrale.

 

Voir ci-dessous l'article que j'écrivais en 2019, suite à l'abandon des essais de phase 3 de l'aducanumab. On comprend mieux les réticences d'aujourd'hui.

 

VOIR : " L'approbation d'un médicament contre la maladie d'Alzheimer déconcerte la communauté de la recherche"

De quoi s'agit-il ?

Aduhelm est un anticorps monoclonal qui cible une protéine, la bêta-amyloïde, qui s'agglutine en plaques dans le cerveau des patients atteints de la maladie d'Alzheimer et est considérée comme un biomarqueur de la maladie. 

Une chose sur laquelle les critiques et les partisans de l'approbation s'accordent est que le médicament réduit considérablement les niveaux d'amyloïde.

 

Cependant, réduire les plaques d'amyloïde n'est pas la même chose que ralentir les symptômes de la démence.

 Au cours de plus de deux décennies d'essais cliniques, de nombreux médicaments anti amyloïdes n'ont pas réussi à réduire les symptômes de la maladie.

 

De plus, certains chercheurs pensent que la protéine Tau, et non l'amyloïde, pourrait être le principal moteur des symptômes de la maladie d'Alzheimer.

 Une étude d'imagerie sur des patients ayant une démence légère suggère que les dépôts de protéine Tau - et non d'amyloïde - sont étroitement liés à des symptômes, tels que la perte de mémoire et la démence.

 

Si de très nombreux travaux ont démontré que les personnes atteintes de la MA ont beaucoup plus de plaques ß- amyloïdes dans leur cerveau que les personnes non atteintes, on sait qu'environ 30% des personnes sans aucun signe de démence ont un cerveau rempli de ß -amyloïde.

 

Le rôle "complice" de la protéine Tau est donc suspecté. Une étude récente par imagerie TEP utilisant un agent de contraste semble le vérifier.

 

 

SUR LE SITE : La mémoire et l'oubli

 

"L’eau claire ; comme le sel des larmes d’enfance,

l’assaut au soleil des blancheurs des corps de femmes ;

la soie, en foule et de lys pur, des oriflammes

sous les murs dont quelque pucelle eut la défense ;

l’ébat des anges ; — Non… le courant d’or en marche,

meut ses bras, noirs, et lourds, et frais surtout, d’herbe. Elle

sombre, avant le Ciel bleu pour ciel-de-lit, appelle

pour rideaux l’ombre de la colline et de l’arche."

 

A. RimbaudMémoire

Article de MAI 2019  (sur l'échec de l'aducanumab) :

Alzheimer : retour aux fondamentaux

Le nouvel échec d'un candidat médicament, venant après beaucoup d'autres, confirme que les chercheurs sont encore très loin de la solution dans le traitement de cette pathologie redoutable et en pleine expansion.

 

Biogen à Cambridge (Massachusetts) et Esai à Tokyo qui développaient l'aducanumab viennent d'annoncer leur  décision de suspendre leurs essais de phase III après avoir pris connaissance de l'avis d'un comité indépendant indiquant qu'il était peu probable que le médicament ralentisse le déclin cognitif comme prévu. 

 

Cette molécule est un anticorps conçu pour se lier et éliminer les plaques collantes de β-amyloïde suspectées d'être à l'origine de la maladie en s'agglutinant autour des neurones, en bloquant leur communication et, finalement, en les tuant. 

 

Pourtant la piste "anti amyloïde" semblait être la plus prometteuse...

 

Certains pensent que les plaques amyloïdes étaient déjà trop importantes dans l'échantillon utilisé pour l'essai clinique, constitué de personnes atteintes de formes précoces et légères de la maladie d'Alzheimer.

 

D'autres anticorps sont en cours d'études, notamment sur des patients asymptomatiques présentant une accumulation d’amyloïde (solanezumabcrenezumab)... avec des résultats actuellement décevants.

 

Parmi les approches non amyloïdes, des molécules ciblant la protéine tau qui s'accumule dans les neurones du cerveau des malades sont à l'étude... mais là aussi les chercheurs patinent... et reviennent au fondamental, c'est à dire à une meilleure connaissance du cerveau.

Rapport de l'Agence Internationale de l'Energie 2021

Centrale électrique à charbon - Allemagne, 2021
Centrale électrique à charbon - Allemagne, 2021

Dans un nouveau rapport de grande envergure, l'Agence internationale de l'énergie a publié une feuille de route détaillée à l'adresse des nations du monde, destinée à réduire les émissions de dioxyde de carbone à zéro net d'ici 2050.

Cela empêcherait très probablement la température mondiale moyenne d'augmenter de 1,5 degrés Celsius au-dessus de la période préindustrielle - seuil au-delà duquel les scientifiques disent que la Terre ferait face à des dommages irréversibles. 

 

Les engagements pris par les gouvernements à ce jour - même s'ils sont pleinement respectés - sont bien en deçà de ce qui est nécessaire pour ramener les émissions mondiales de dioxyde de carbone, liées à l'énergie, à zéro net d'ici 2050.

 

En fait, peu de gouvernements respectent leurs engagements , la France en particulier.

 

Ce rapport spécial est la première étude complète au monde sur la manière de passer à un système énergétique net zéro émission d'ici 2050, tout en garantissant un approvisionnement énergétique stable et abordable, en fournissant un accès universel à l'énergie et en permettant une croissance économique robuste

 

Il définit une voie rentable et économiquement productive, aboutissant à une économie de l'énergie propre, dynamique et résiliente, dominée par les énergies renouvelables comme le solaire et l'éolien à la place des combustibles fossiles. 

Le rapport examine également les principales incertitudes, telles que les rôles de la bioénergie, de la capture du carbone et des changements de comportement pour atteindre le zéro net.

 

Alors que les universitaires et les écologistes ont déjà formulé des recommandations similaires, c'est la première fois que l'Agence internationale de l'énergie propose des moyens de réaliser des réductions aussi drastiques des émissions.

La feuille de route pour arriver à zéro émission de CO2 en 2050

 

2020

La voie vers des émissions nettes nulles est étroite.

Pour s'y maintenir, il faut déployer massivement toutes les technologies d'énergie propre disponibles (énergies renouvelables, véhicules électriques et rénovation des bâtiments) d'ici à 2030.

Pour l'énergie solaire, cela équivaut à installer le plus grand parc solaire actuel du monde à peu près tous les jours.

 

2025

Une augmentation des investissements dans les énergies propres peut être source d'emplois et de croissance.

Pour atteindre des émissions nettes nulles d'ici à 2050, les investissements annuels dans les énergies propres à l'échelle mondiale devront plus que tripler d'ici à 2030 pour atteindre environ 4 000 milliards de dollars.

Cela permettra de créer des millions de nouveaux emplois, d'augmenter considérablement la croissance économique mondiale et de réaliser l'accès universel à l'électricité et à la cuisson propre dans le monde entier d'ici à la fin de la décennie.

 

2030

Nous devons réaliser des progrès considérables en matière d'innovation dans le domaine des énergies propres.

La plupart des réductions des émissions de CO2 jusqu'en 2030 proviennent de technologies déjà commercialisées aujourd'hui. Mais en 2050, près de la moitié des réductions proviennent de technologies qui sont actuellement au stade de la démonstration ou du prototype.

Des efforts d'innovation majeurs doivent être déployés au cours de cette décennie afin de commercialiser ces nouvelles technologies à temps.

 

2035

Un abandon rapide des combustibles fossiles

Le "zéro net" implique une diminution considérable de l'utilisation du charbon, du pétrole et du gaz.

Il faut pour cela prendre des mesures telles que l'arrêt des ventes de nouvelles voitures particulières à moteur à combustion interne d'ici à 2035 et la suppression progressive de toutes les centrales électriques au charbon et au pétrole en service continu d'ici à 2040.

 

2040

L'électricité devient le cœur du système énergétique.

Elle jouera un rôle clé dans tous les secteurs, des transports aux bâtiments en passant par l'industrie. La production d'électricité devra atteindre des émissions nettes nulles à l'échelle mondiale en 2040 et être en bonne voie pour fournir près de la moitié de la consommation totale d'énergie.

Cela nécessitera une augmentation considérable de la flexibilité du système électrique (batteries, réponse à la demande, carburants à base d'hydrogène, hydroélectricité, etc.) afin de garantir un approvisionnement fiable.

2045 Les nouvelles industries à faibles émissions prospèrent

 

2045

 Les nouvelles technologies énergétiques seront largement répandues.

La grande majorité des voitures circulant sur les routes fonctionneront à l'électricité ou avec des piles à combustible, les avions utiliseront en grande partie des biocarburants avancés et des carburants synthétiques, et des centaines d'installations industrielles utiliseront le captage du carbone ou l'hydrogène dans le monde entier.

 

2050

Un monde d'énergie propre

Le secteur mondial de l'énergie en 2050 repose en grande partie sur les énergies renouvelables, le solaire étant la principale source d'approvisionnement. Pour parvenir à un avenir plus propre et plus sain, tous les gouvernements devront faire preuve d'une détermination sans faille, en étroite collaboration avec les entreprises, les investisseurs et les citoyens.

Il faudra également une plus grande coopération internationale entre les pays, notamment pour garantir que les économies en développement disposent des financements et des technologies dont elles ont besoin pour atteindre le niveau net zéro à temps.

Utopie ?

 

Mais qui annonçait L'utopie ou la mort ?

 

... Le premier écologiste français sérieux : René Dumont...

en 1973

 

Feuille de route de 2020 (en haut à gauche) à 2045 (en bas à droite)...

Feuille de route de 2020 (en haut à gauche à 2045 en bas à droite)

 

... pour arriver à zéro émission de CO2 en 2050

Situation idéale 2050
Situation idéale 2050

VAN GOGH/ARTAUD : les suicidés de la société

A gauche, Vincent Van Gogh "Autoportrait au chapeau de feutre" (1887). A droite Antonin Artaud à la fin de sa vie.

 

Que se passe t-il quand un génie illuminé rencontre un fou... de peinture ? Un texte à nul autre pareil, où l'auteur, à travers une analyse au scalpel de l'oeuvre et de la vie de Van Gogh, vomit son désespoir, sa haine de la médecine, de la psychiatrie... et du genre humain.

 

 Antonin Artaud

Van Gogh, Le suicidé de la société

 

L'auteur c'est Antonin Arthaud (1996-1948), pour moi le plus génial, le plus honorable, le plus sincère des surréalistes... qui finiront par l'exclure violemment, au moment de leur rapprochement avec le parti communiste :

 « [...] Il y a longtemps que nous voulions le confondre, persuadés qu'une véritable bestialité l'animait [...] Cette canaille aujourd'hui nous l'avons vomie. Nous ne voyons pas pourquoi cette charogne tarderait plus longtemps à se convertir, ou, comme sans doute elle dirait, à se déclarer chrétienne

Un texte signé par Breton, Aragon et Eluard... qui ne les grandit pas !

 

Artaud n'a jamais cessé d'écrire et notamment des correspondances où il se dit envoûté, comme l'avait été aussi Van Gogh.

 

Dès ses premiers textes, Artaud décrit ce qu’il appelle une décorporisation de la réalité, l’impression de ne pas avoir de corps, de ne pas être en vie. C’est un mal profond qui a été diagnostiqué quand il avait 18/20 ans, une neurasthénie disait-on à l’époque.

 

De 1938 à 1947, il passe 9 ans dans plusieurs hôpitaux psychiatriques (il consultera à Montpellier, fut interné à Rodez) qui lui appliquent les traitements les plus violents de l'époque, comme les électrochocs, vécus comme autant de séances de torture :

"L'électrochoc, M. Latrémolière, me désespère, il m'enlève la mémoire, il engourdit ma pensée et mon cœur, il fait de moi un absent qui se connaît absent et se voit pendant des semaines à la poursuite de son être, comme un mort à côté d'un vivant qui n'est plus lui, qui exige sa venue et chez qui il ne peut entrer"

 

Mais Artaud est bien plus qu'un écrivain : c'est un homme de théâtre, de cinéma, un dessinateur, un critique d'art, un explorateur (de l'imaginaire ?)...

La postérité évoquera surtout sa folie et ses délires. Mais le théâtre contemporain s'en inspirera et lui rendra hommage.

 

Dans "Van Gogh le suicidé de la société", un essai publié en 1947 à l'occasion d'une exposition au Musée de l'Orangerie, Artaud "hurle" que "Van Gogh n'était pas fou" !

"On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie, ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l’oreille gauche"

" Non, Van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques, dont l’angle de vision, à côté de toutes les autres peintures qui sévissaient à cette époque, eût été capable de déranger gravement le conformisme larvaire de la bourgeoisie second Empire..."

 

C'est la psychiatrie, c'est l'asile, et au-delà la société, qui ont voulu faire de lui un dément !

 Et puis même le serait-il :

"Il y a dans tout dément un génie incompris dont l’idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n’a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparés la vie."

 

On l'aura compris, quand Artaud évoque Van Gogh, il parle aussi de lui.

 

J'ai choisi quelques peintures du peintre néerlandais, avec les commentaires d'Antonin Artaud, issus du texte dont je propose quelques extraits ci-après.

 

JPL - mars 2021

 

 

ANTONIN ARTAUD […] Un fou, Van Gogh ?

 [EXTRAITS] de  VAN GOGH, LE SUICIDÉ DE LA SOCIÉTÉ

 –

" Un fou, Van Gogh ?

 

Que celui qui a su un jour regarder une face humaine regarde le portrait de Van Gogh par lui-même, je pense à celui avec un chapeau mou. Peinte par Van Gogh extralucide, cette figure de boucher roux, qui nous inspecte et nous épie, qui nous scrute avec un œil torve aussi.

 

Je ne connais pas un seul psychiatre qui saurait scruter un visage d’homme avec une force aussi écrasante et en disséquer comme au tranchoir l’irréfragable psychologie.

 

L’œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi- même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d’un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie.

 

Le regard de Van Gogh est pendu, vissé, il est vitré derrière ses paupières rares, ses sourcils maigres et sans un pli. C’est un regard qui enfonce droit, il transperce dans cette figure taillée à la serpe comme un arbre bien équarri.

Mais Van Gogh a saisi le moment où la prunelle va verser dans le vide, où ce regard, parti contre nous comme la bombe d’un météore, prend la couleur atone du vide et de l’inerte qui le remplit.

 

Mieux qu’aucun psychiatre au monde, c’est ainsi que le grand Van Gogh a situé sa maladie. Je perce, je reprends, j’inspecte, j’accroche, je descelle, ma vie morte ne recèle rien, et le néant au surplus n’a jamais fait de mal à personne, ce qui me force à revenir au dedans, c’est cette absence désolante qui passe et me submerge par moments, mais j’y vois clair, très clair, même le néant je sais ce que c’est, et je pourrais dire ce qu’il y a dedans.

 

Et il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société le lui a interdit. Carrément et consciemment interdit.

 

Il y a eu un jour les exécuteurs de Van Gogh, comme il y a eu ceux de Gérard de Nerval, de Baudelaire, d’Edgar Poe et de Lautréamont. Ceux qui un jour ont dit : Et maintenant, assez, Van Gogh, à la tombe, nous en avons assez de ton génie, quant à l’infini, c’est pour nous, l’infini.

 

Car ce n’est pas à force de chercher l’infini que Van Gogh est mort, qu’il s’est vu contraint d’étouffer de misère et d’asphyxie, c’est à force de se le voir refuser par la tourbe de tous ceux qui, de son vivant même, croyaient détenir l’infini contre lui ;et Van Gogh aurait pu trouver assez d’infini pour vivre pendant toute sa vie si la conscience bestiale de la masse n’avait voulu se l’approprier pour nourrir ses partouses à elle, qui n’ont jamais rien eu à voir avec la peinture ou avec la poésie. De plus, on ne se suicide pas tout seul.

 

Nul n’a jamais été seul pour naître. Nul non plus n’est seul pour mourir. Mais, dans le cas du suicide, il faut une armée de mauvais êtres pour décider le corps au geste contre nature de se priver de sa propre vie. Et je crois qu’il y a toujours quelqu’un d’autre à la minute de la mort extrême pour nous dépouiller de notre propre vie.

 

Ainsi donc, Van Gogh s’est condamné, parce qu’il avait fini de vivre...

Mais surtout Van Gogh voulait enfin rejoindre cet infini pour lequel, dit-il, on s’embarque comme dans un train pour une étoile, et on s’embarque le jour où l’on a bien décidé d’en finir avec la vie.

 

  Il y a des consciences qui, à de certains jours, se tueraient pour une simple contradiction, et il n’est pas besoin pour cela d’être fou, fou repéré et catalogué, il suffit, au contraire, d’être en bonne santé et d’avoir la raison de son côté.

 

Moi, dans un cas pareil, je ne supporterai plus sans commettre un crime de m’entendre dire : « Monsieur Artaud, vous délirez », comme cela m’est si souvent arrivé.

 

Et Van Gogh se l’est entendu dire. Et c’est de quoi s’est tordu à sa gorge ce nœud de sang qui l’a tué. […]"

 

Antonin Artaud, 1947

 

 

" Or, c’est de son coup de massue, vraiment de son coup de massue que Van Gogh ne cesse de frapper toutes les formes de la nature et les objets.

Cardés par le clou de Van Gogh,

les paysages montrent leur chair hostile,

la hargne de leurs replis éventrés,

que l’on ne sait quelle force étrange est, d’autre part, en train de métamorphoser."

 

Champ de blé aux corbeaux (1890)

 

"Il n’est pas ordinaire de voir un homme, avec, dans le ventre, le coup de fusil qui le tua, fourrer sur une toile des corbeaux noirs avec au-dessous une espèce de plaine livide peut-être, vide en tout cas, où la couleur lie-de-vin de la terre s’affronte éperdument avec le jaune sale des blés."

 

 

 

" Le ciel du tableau est très bas, écrasé,

violacé, comme des bas-côtés de foudre.

La frange ténébreuse insolite du vide montant d’après l’éclair.

Van Gogh a lâché ses corbeaux comme les microbes noirs de sa rate de suicidé à quelques centimètres du haut et comme du bas de la toile,

suivant la balafre noire de la ligne où le battement de leur plumage riche fait peser sur le rebroussement de la tempête terrestre les menaces d’une suffocation d’en-haut.

Et pourtant tout le tableau est riche.

Riche, somptueux et calme le tableau.

Digne accompagnement à la mort de celui qui, durant sa vie, fit tournoyer tant de soleils ivres sur tant de meules en rupture de ban, et qui, désespéré, un coup de fusil dans le ventre, ne sut pas ne pas inonder de sang et de vin un paysage, tremper la terre d’une dernière émulsion, joyeuse à la fois et ténébreuse, d’un goût de vin aigre et de vinaigre taré.

C’est ainsi que le ton de la dernière toile peinte par Van Gogh est, lui qui, d’autre part, n’a jamais dépassé la peinture, d’évoquer le timbre abrupt et barbare du drame élisabéthain le plus pathétique, passionnel et passionné.

C’est ce qui me frappe le plus dans Van Gogh, le plus peintre de tous les peintres et qui, sans aller plus loin que ce qu’on appelle et qui est la peinture, sans sortir du tube, du pinceau, du cadrage du motif et de la toile pour recourir à l’anecdote, au récit, au drame, à l’action imagée, à la beauté intrinsèque du sujet et de l’objet, est arrivé à passionner la nature et les objets de telle sorte que tel fabuleux conte d’Edgar Poe, d’Herman Melville, de Nathanaël Hawthorne, de Gérard de Nerval, d’Achim Arnim ou d’Hoffmann, n’en dit pas plus long sur le plan psychologique et dramatique que ses toiles de quatre sous,

ses toiles presque toutes, d’ailleurs, et comme par un fait exprès, de médiocre dimension.

 

Si Van Gogh n’était pas mort à 37 ans je n’en appellerais pas à la Grande Pleureuse pour me dire de quels suprêmes chefs-d’œuvre la peinture eût été enrichie,

car je ne crois pas, après les « Corbeaux », me résoudre à croire que Van Gogh eût peint un tableau de plus.

Je pense qu’il est mort à 37 ans parce qu’il était, hélas, arrivé au bout de sa funèbre et révoltante histoire de garrotté d’un mauvais esprit."

 

 

La chaise de Gauguin (1888)

"Un bougeoir sur une chaise, un fauteuil de paille tressée,

Un livre sur le fauteuil,

Et voilà le drame éclairé.

Qui va entrer ?

Sera-ce Gauguin ou un autre fantôme ?

 

Le bougeoir allumé sur le fauteuil de paille indique, paraît-il, la ligne de démarcation lumineuse qui sépare les deux individualités antagonistes de Van Gogh et de Gauguin.

L’objet esthétique de leur dispute n’offrirait, si on le racontait, pas grand-intérêt peut-être, mais il devait indiquer entre les deux natures de Van Gogh et de Gauguin une scission humaine de fond.

Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,

alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.

En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.

 

Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité."

 

"C’est ainsi que la lumière du bougeoir sonne, que la lumière du bougeoir allumé sur le fauteuil de paille verte sonne comme la respiration d’un corps aimant devant le corps d’un malade endormi.

Elle sonne comme une étrange critique, un profond et surprenant jugement dont il semble bien que Van Gogh puisse nous permettre de présumer la sentence plus tard, beaucoup plus tard, au jour où la lumière violette du fauteuil de paille aura achevé de submerger le tableau.

Et on ne peut pas ne pas remarquer cette coupure de lumière lilas qui mange les barreaux du grand fauteuil torve, du vieux fauteuil écarquillé de paille verte, bien qu’on ne puisse pas tout de suite la remarquer."

 

 

La nuit étoilée (1889)

 

"C’est ainsi que d’étranges forces sont soulevées et amenées dans la voûte astrale, dans cette espèce de coupole sombre que constitue par-dessus toute la respiration humaine, la venimeuse agressivité du mauvais esprit de la plupart des gens."

 

 

Champ de blé avec une alouette (1887)

 

 

"Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Les oliviers de Saint-Rémy (1889)

 Le cyprès solaire.

 La chambre à coucher.

 La cueillette des olives.

 Les Aliscamps.

 Le café d’Arles.

 

Le pont où on a envie de plonger le doigt dans l’eau, dans un mouvement de régression violente à un état d’enfance auquel vous contraint la poigne faramineuse de Van Gogh.

L’eau est bleue,

pas d’un bleu d’eau,

d’un bleu de peinture liquide.

Le fou suicidé est passé par là et il a rendu l’eau de la peinture à la nature,

mais à lui qui la lui rendra ?"


La chambre à coucher (1888)

 

Sur leOcculte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

Et ce fut sûrement de la faute de Van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces couleurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

 

Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand Van Gogh n’apparaît.

Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

 

 

Sur le site :

 

VOIR

PEINDRE : Lumières !

 

SRAS-CoV-2 - Actualités

 

Depuis le 19 mars 2020, je fais régulièrement le point sur l'avancée des recherches dans le domaine, à partir de sources scientifiques incontestables, citées dans les plus grandes publications scientifiques : Nature, Science, PNAS, Cell, The Lancet, New England Journal of Medicine...

 

 

09 juin 2021

Piqûre de rappel ?

Bien que de nombreux scientifiques estiment que les vaccins à ARNm - Pfizer-BioNTech, Moderna - assureront une immunité pendant au moins un an, personne ne le sait avec certitude. Il est également difficile de savoir si les variants du coronavirus modifieront nos besoins en matière de vaccination.

 

Pour l'instant, les scientifiques se posent beaucoup de questions sur les rappels de Covid-19... mais ils n'ont pas encore beaucoup de réponses !

 

Cependant les premières études sont encourageantes. Des chercheurs ont analysé le sang de volontaires ayant participé aux premiers essais de vaccins.

Il s'avère que leurs niveaux d'anticorps et de cellules immunitaires, qui ciblent le coronavirus, restent élevés, 15 mois après.  Ces niveaux baissent, mais progressivement et il est possible qu'avec ce lent  déclin, la protection vaccinale reste forte pendant longtemps.

 

Reste le problème des variants. Faudra-t-il développer des vaccins adaptés à différents types de mutation ?

Certains scientifiques pensent qu'une réponse immunitaire élevée à la version originale du coronavirus fournira également une protection suffisante contre les variants. Mais il est également possible qu'un vaccin conçu pour contrecarrer un variant en particulier soit plus efficace.

 

Pfizer a commencé un essai pour tester les deux options. 

Certains volontaires ayant déjà reçu deux doses de leur vaccin recevront une troisième dose de la même injection en guise de rappel. Dans le cadre du même essai, les chercheurs donneront à d'autres volontaires un rappel expérimental conçu pour se protéger contre la variante bêta.

 

« Sur la base de ce que nous avons appris jusqu'à présent, notre réflexion actuelle est que jusqu'à ce que nous voyions une réduction de la circulation du SRAS-CoV-2 et de la maladie Covid-19, nous pensons qu'il est probable qu'une troisième dose, un coup de pouce de notre vaccin, dans les 12 mois après l'administration du vaccin, seront probablement nécessaires pour aider à fournir une protection contre Covid-19 »

 

Jerica Pitts, directrice des relations avec les médias mondiaux pour Pfizer.

 

We’ll Probably Need Booster Shots for Covid-19. But When? And Which Ones?

 

News

1 - La vaccination des 12-16 ans avec les vaccins ARNm. Très efficace, elle produit un taux d'anticorps très élevé.

Cependant il existe une suspicion de correlation entre la vaccination avec le vaccin Pfizer et des cas de myocardites (souvent bénins).

Le 1ier juin, La revue «Science» en ligne a rapporté que, selon une étude du ministère israélien de la Santé, un cas de myocardite survient  tous les "3000 à 6000 hommes âgés entre 16 et 24 ans qui ont reçu le vaccin Pfizer". 

 

2 - Un spray nasal chargé d'anticorps pourrait fournir une protection contre le COVID.

Une équipe du Centre de Santé de Houston Texas, a testé sur des souris un assemblage de fragments d'IgG ciblant le SRAS-CoV-2 associés à un autre type d'anticorps:  les anticorps IgM, qui agissent en premiers intervenants dans un large éventail d'infections. Les IgM modifiées ont eu un effet « neutralisant » beaucoup plus fort contre plus de 20 variants du SRAS-CoV-2 que les IgG seuls.

Lorsque ce cocktail est injecté dans le nez des souris, six heures avant ou six heures après l'infection, les IgM modifiées ont fortement réduit la quantité de virus dans les poumons des rongeurs, deux jours après.

 

Ces anticorps constitueraient une sorte de masque chimique, qui pourrait être utilisé par toute personne ayant été exposée au SRAS-CoV-2, ou comme une ligne de défense supplémentaire pour les personnes qui pourraient ne pas être entièrement protégées par les vaccins.

 

31 mai 2021

Un article exhaustif sur l'escroquerie scientifique du Pr Raoult

Une vaste étude, excellement documentée, sur l'escroquerie scientifique montée par Didier Raoult et certains de ses complices à l'IHU Marseille, vient d'être publiée par Hervé Seitz, chercheur CNRS de l'Université de Montpellier (Institut de Génétique Humaine, IGH).

 

"... le monde médical et scientifique aura douloureusement expérimenté les principes de la communication à l’heure de la post-vérité : à court terme, un mensonge asséné avec suffisamment de conviction rend inaudible le discours rationnel et honnête de l’approche scientifique. Il a fallu un effort sur le long terme pour faire accepter la vérité..."

"Le grand public s’est emparé avec avidité d’une question médico-scientifique, mais cette bonne volonté a parfois été détournée par des argumentations fallacieuses."

 

Cette escroquerie aura eu un coût considérable, non seulement pour les patients dupés, mais aussi pour la crédibilité scientifique en général.

Dans le privé ce gourou aurait été prestement éjecté de son poste. Dans le monde universitaire, où le culte du chef, du mandarin, n'a jamais cessé de sévir, il peut continuer à développer ses théories complotistes (maintenant contre les vaccins) depuis son fief marseillais... largement financé par le contribuable !

 

 

Un millier de scientifiques soutient un lanceur d'alerte qui a dénoncé les fraudes de D. Raoult

Plus de 1000 chercheurs ont signé une lettre ouverte de soutien à Elisabeth Bik, consultante en intégrité scientifique, harcelée par un avocat représentant Didier Raoult, le microbiologiste controversé de l'Institut hospitalier de Marseille (IHU), et par la horde des complotistes qui suivent le professeur marseillais.

 

Elle est spécialiste de l'identification d'images manipulées dans des articles scientifiques (elle a identifié plus de 400 faux articles de recherche publiés en Chine par une usine à articles).

 

Il y a un peu plus d'un an, elle a fait part de ses inquiétudes concernant des dizaines d'articles de D. Raoult - y compris des problèmes éthiques, procéduraux et méthodologiques. Elle a en particulier épinglé l'article liminaire de mars 2020 rapportant le succès d'un petit essai sur l'hydroxychloroquine. On sait que cet article a été retiré depuis par l'éditeur.

 

D. Raoult n'était pas à son coup d'essai : il avait déjà été interdit de publication pendant un an dans les revues de l'American Society for Microbiology (ASM) pour manipulation de données, ce qui est très rare et particulièrement infamant. Dans son commentaire, l'ASM écrivait :

 

« La déformation des données […] est un outrage à la conduite éthique d‘une recherche scientifique ».

 

Raoult et ses comparses accusent aujourd'hui E. Bik d'être à la solde de groupes pharmaceutiques. Les réseaux sociaux, comparses du marseillais, l'attaquent sur son physique et ont publié son adresse personnelle.

 

La violence de l'attaque contre cette lanceur d'alerte sur la fraude scientifique, a donc déclenché une riposte de la communauté scientifique mondiale, qui signe la pétition initiée par Brian A.Nosek (PhD, Yale) cofondateur et directeur exécutif du Center for Open Science (Université de Virginie).

 

 Pour le Dr Nosek,  les agissements de Raoult et de ses comparses constituent « une menace substantielle pour la science en tant que système social»

 

LIRE dans la revue en ligne Science :

 

Scientists rally around misconduct consultant facing legal threat after challenging COVID-19 drug researcher

 

 

NEWS

1- Après une injection, le vaccin AstraZeneca est peu efficace sur les variants sud-africains et indiens, selon une étude de l'Institut Pasteur.

 

2- La menace d'une troisième vague au Royaume-Uni se précise selon plusieurs scientifiques anglais. C'est la très rapide montée en puissance du variant indien en Angleterre ( B.1.617.2) qui fait craindre le pire. Rappelons que les Anglais utilisent principalement la vaccin à adénovirus d'AstraZeneca.

 

2- Après une vaccination complète, le vaccin BioNTech/Pfizer est efficace contre le variant indien.

 

4 - Origine du SRAS-CoV-2 - La charge de la preuve -

Les Chinois doivent-ils prouver qu'il ne s'agit pas d'un échappement d'un laboratoire ou les Américains doivent-ils prouver le contraire ?

Je rappelle que pour une très large majorité de virologues sérieux - y compris américains -, il n'existe pas l'ombre d'une preuve d'une fuite d'un laboratoire de Wuhan.

Ces virologues indiquent que les preuves génomiques montrent qu'un virus similaire au SRAS-CoV-2 est originaire de chauves-souris fer à cheval ( Rhinolophus spp.), avant de se propager à un animal inconnu qui a ensuite transmis l'agent pathogène aux humains.

Je préfère suivre ces scientifiques plutôt que Qanon et l'extrême- droite mondiale, qui bouffe ici de l'Asiatique, là du noir et chez nous de l'Arabe !

Il est vrai qu'en France on préfère écouter Bigard et Raoult plutôt que l'Académie de Médecine !
https://www.nature.com/articles/d41586-021-01383-3

 

 

6 mai 2021

Un troisième vaccin à ARNm bientôt en piste

CureVac sur le point d'annoncer ses résultats de phase 3

Ingmar Hoerr, biologiste et l'un des fondateurs de CureVac
Ingmar Hoerr, biologiste et l'un des fondateurs de CureVac

Avec quelques semaines de retard, la société allemande CureVac, devrait publier le bilan des essais de son vaccin à ARNm (CVnCoV)dans les jours qui viennent.

 

Ce vaccin présenterait un avantage important sur les deux premiers : il pourrait être stocké dans un simple réfrigérateur, ce qui permettrait une utilisation dans les régions du monde les plus défavorisées.

 

Pour le co-fondateur de CureVac, le biologiste Ingmar Hoerr, l'essai du vaccin Covid-19 de la société est l'aboutissement d'un quart de siècle de travail sur l'ARN.

 

En 2013, CureVac avait injecté à des volontaires humains un vaccin antirabique à ARN, dans le cadre du premier essai clinique de cette technologie contre une maladie infectieuse. Une version modifiée de ce vaccin s'est révélée prometteuse dans les premières études cliniques (CV7202 - phase 1).

 

Comme ses deux prédécesseurs, CureVac ciblait à l'origine certains types de cancer en produisant des molécules d'ARN codant pour une protéine tumorale.

Dans ce domaine la société a connu quelques déboires : en 2017, CureVac a annoncé que son vaccin à ARN contre le cancer de la prostate n'offrait aucun bénéfice aux patients.

 

Pour le vaccin contre le COVID, CureVac n'a pas bénéficié dans un premier temps de fonds considérables comme BioNTech et Moderna. On sait que la société a refusé un milliard de dollars proposé par Trump pour une livraison exclusive aux USA.

 

En juin 2020, le gouvernement allemand a investi 300 millions d'euros dans la start up, ce qui a donné confiance aux investisseurs privés. On sait aujourd'hui que le géant pharmaceutique, Bayer, s'est associé à CureVac.

 

En décembre 2020, après des données prometteuses issues des premières études de sécurité, la société a commencé son essai de phase 3 , recrutant 40 000 volontaires en Europe et en Amérique latine.

Les résultats devraient être connus d'ici la mi-mai. 

 

Comme pour Moderna et BioNTech, ce vaccin à ARNm n'est donc pas sorti soudainement sorti du chapeau. Il y a derrière ces réussites de longues années de recherche et aussi d'échecs.

 

News

Une excellente nouvelle !

 

L'administration Biden s'est prononcée mercredi en faveur de la levée de la protection de la propriété intellectuelle pour les vaccins contre le coronavirus, s'associant aux efforts internationaux pour renforcer la production et répondre aux préoccupations concernant l'accès aux vaccins dans les pays en développement.

 

https://www.nytimes.com/2021/05/05/us/politics/biden-covid-vaccine-patents.html

 

Une autre excellente nouvelle !

 

Le vaccin contre le coronavirus Pfizer-BioNTech est extrêmement efficace pour protéger contre les maladies graves causées par deux variants dangereux, selon deux publications anglaises (*) du NEJM et du Lancet parues le mercredi 05 05 2021.

Les études, qui sont basées sur l'utilisation réelle du vaccin au Qatar et en Israël, suggèrent que le vaccin peut prévenir les pires issues - y compris la pneumonie sévère et la mort - causées par B.1.1.7 , la variante identifiée pour la première fois au Royaume-Uni et B.1.351, la variante identifiée pour la première fois en Afrique du Sud.

 

(*) https://www.nejm.org/doi/10.1056/NEJMc2104974

et

https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)00947-8/fulltext

 

 

30 avril 2021

Trois scénarios sur l'impact des mesures de déconfinement en France

L' équipe de modélisation de l'épidémiologie et de l'évolution des maladies infectieuses (CNRS, IRD, Université de Montpellier), ETE fr, propose régulièrement des modélisations à propos de l'évolution de la pandémie.

Les auteurs utilisent un modèle pour extrapoler à partir des admissions en réanimation et de la dynamique de vaccination.

Ce ne sont pas des prédictions - car il y a trop d’inconnues - mais des scénarios plausibles.

 

Voici les 3 schémas qu'ils envisagent après le calendrier du déconfinement annoncé par le Président de la République.

 

Ce sont des tendances schématiques qui peuvent aider à saisir les enjeux des prochaines semaines.

 

En bleu : effectif en réanimation

En rouge : mortalité cumulée

En noir : nombre de reproduction temporel (Rt)

 

Voir Samuel AlizonCNRS, IRD, Université de Montpellier.

 

Scénario 1 (optimiste) : l’épidémie serait sous contrôle (Rt=0,9) et les prochaines mesures (réouverture des écoles, déconfinement) n’aggraveraient pas la situation. Il faudrait attendre la mi-juin pour passer à moins de 3000 personnes en soins critiques.

 

 

 

Scénario 2 (médian) : la réouverture des écoles n’aurait pas d’effet mais le déconfinement du 3 mai ferait passer le Rt à 1,05.

La hausse de couverture vaccinale permettrait de reprendre le contrôle mais on pourrait aborder juillet avec plus de 3000 personnes en soins intensifs.

 

 

 

Le scénario 3 (pessimiste) inclut une légère hausse au déconfinement du 3 mai (Rt=1,05) et un relâchement plus prononcé le 17 mai (Rt=1,2).

Le rythme de vaccination prévu ne suffirait plus et on aurait une remontée de l’épidémie en juin et une situation critique en juillet.

 

26 avril 2021

Vaccins pour les enfants : les essais cliniques ont commencé

Il n'y aura pas d'immunité collective sans vaccins pour les enfants, y compris pour les plus jeunes.

 

Certes, actuellement les enfants sont peu touchés, mais certains scientifiques craignent qu'une fois les adultes vaccinés, le virus, via des mutations, affecte davantage les plus jeunes.

 

On sait aujourd'hui que la vaccination freine considérablement la transmission.

Les fabricants de vaccins ont donc débuté leurs essais cliniques de phase I/II.

Du fait de problèmes (très rares) de thrombose chez les adultes, AstraZeneca et Janssen (J&J) viennent de suspendre leurs travaux.

Une nouvelle fois ce sont les vaccins à ARNm qui sont le plus avancés.

Pour le moment ce sont des enfants entre 10 et 12 ans qui sont concernés par les tests, notamment chez BioNTech/Pfizer et Moderna, mais des essais cliniques dès 6 mois sont envisagés.

 

Evidemment, actuellement il n'est pas question d'essais cliniques de grande ampleur contre placebo. Il s'agit ici de déterminer les taux d'anticorps obtenus après la vaccination.

Ces essais sont délicats, car un enfant n'est pas un petit adulte, son système immunitaire est susceptible de réagir plus violemment.

Les premiers résultats des essais ont montré que les enfants de 12 à 15 ans qui avaient reçu deux doses standard du vaccin Pfizer – BioNTech ont développé des niveaux nettement plus élevés d'anticorps anti-virus que les 16 à 25 ans dans les essais précédents.

Selon un résultat préliminaire, l'essai Pfizer-BioNTech chez les adolescents a enregistré 18 cas de COVID dans le groupe placebo, et aucun chez ceux qui ont reçu le vaccin.

 

Une gamme de doses sera utilisée, pour en trouver une qui déclenche une forte réponse immunitaire, sans trop d'effets secondaires.

 

Ce n'est que dans un deuxième temps,  une fois la dose idéale identifiée, que plusieurs milliers de participants seront randomisés pour recevoir, soit deux doses de vaccin, soit une injection de placebo. Les chercheurs suivront ensuite les enfants pendant des mois, voire des années, pour étudier l'innocuité et l'efficacité des vaccins.

 

Que se passe-t-il en Inde ?

La pandémie déferle sur l'Inde à un rythme qui stupéfie les scientifiques.

 

Quelques mois plus tôt, les données sur les anticorps avaient suggéré que les populations de grandes villes, comme  Delhi ou Chennai (Madras), avaient déjà été infectées. Les épidémiologistes locaux en avaient conclu que le pire de la pandémie était passé dans le pays.

 

Des études réalisées en décembre et janvier avaient estimé que plus de 50% de la population de certaines régions des grandes villes indiennes avait déjà été exposée au virus.

Or l''Inde a recensé dimanche 25 avril près de 350.000 nouvelles contaminations au coronavirus sur 24 heures, un record mondial, et plus de 2600 morts.

 

Une première hypothèse  pourrait être que la première vague a frappé principalement les pauvres des villes. Les études sur les anticorps pourraient ne pas être représentatives de l'ensemble de la population.

 

D'un autre côté, le virus touche aujourd'hui des populations qui étaient auparavant en mesure de se protéger. Cela pourrait inclure des communautés urbaines plus riches, dans lesquelles les gens se sont isolés lors de la première vague, mais ont commencé à se mélanger à la seconde.

 

Mais certains chercheurs affirment que la vitesse et l'ampleur de l'épidémie actuelle suggèrent qu'elle sont liées aux variants émergents du virus.

Les données de surveillance génomique montrent que le variant B.1.1.7, qui a été identifiée pour la première fois au Royaume-Uni, est devenue la forme dominante du virus dans l'État indien du Pendjab.

 

Un nouveau variant, potentiellement préoccupant, a également été identifiée pour la première fois en Inde à la fin de l'année dernière. Connu sous le nom de B.1.617, il est devenu dominant dans l'état du Maharashtra

 

B.1.617 a attiré l'attention car il contient deux mutations qui ont été liées à une transmissibilité accrue et à une capacité à échapper à la protection immunitaire.

Il a maintenant été détecté dans 20 autres pays. Les laboratoires indiens tentent de le cultiver pour tester à quelle vitesse il se réplique et si le sang d'individus vaccinés peut bloquer l'infection.

 

Cependant beaucoup d'autres scientifiques font remarquer que les variants émergents ne représentent qu'une petite partie des infections en Inde. Dans de nombreuses régions qui connaissent une forte progression de la maladie , ils ne constituent pas la majorité des génomes séquencés.

 

En fait, un relâchement des gestes barrières doit être en grande partie responsable de la flambée actuelle.

La pandémie a refait surface dans une société pleinement ouverte où les gens se mélangent, se déplacent et voyagent.

Ces derniers mois, de grandes foules se sont rassemblées à l'intérieur et à l'extérieur pour des meetings politiques, des célébrations religieuses et des mariages.

 

Ceci est une leçon pour l'Europe : la lutte contre la pandémie passe par le maintien des gestes barrières et la limitation drastique des évènements intra muros... tant que la vaccination ne sera pas massive.

 

En Inde, plus de 120 millions de doses ont été administrées, principalement d'une version produite localement du vaccin Oxford-AstraZeneca appelé Covishield. Mais cela ne représente que moins de 10% de la population indienne.

 

 

 

21 avril 2021

Evolution convergente et COVID-19

Le SRAS-CoV-2 tourne en rond

Par évolution convergente, un même trait émerge dans différentes lignées indépendantes au fil du temps, généralement au fur et à mesure qu'elles s'adaptent à des environnements similaires.

Dans le cas du SRAS-CoV-2, les séquences génomiques complètes des virus de milliers de patients permettent de rechercher des modèles convergents.

 

Alors que la plupart des mutations sont ponctuelles et s'éteignent, certaines établissent de nouvelles lignées qui deviennent plus fréquentes à mesure que le virus réussit à se répliquer et à infecter de nombreuses personnes. Si la même partie du virus mute à plusieurs reprises dans différents échantillons à travers le monde et devient plus fréquente, cette mutation code très probablement une adaptation qui aide le virus à prospérer.

 

Plusieurs études récentes ont identifié des signatures d'évolution convergente

Plusieurs équipes de recherche ont observé que de nombreuses variants récemment découvertes semblent rééchantillonner les mutations déjà trouvées dans d'autres, ce qui laisse supposer que le virus commence à manquer de nouvelles adaptations majeures.

 

L'exemple qui attire le plus d'attention chez les experts à travers le monde est celui d'un groupe de mutations réparties dans au moins huit endroits de la protéine S, qu'on a observé sur les variants dits britannique, sud-africain, brésilien, et sur le dernier en date, le variant philippin P3. La plus redoutable, appelée E484K, rend le virus moins sensibles aux anticorps humains.

 

Ce que tout cela signifie, c'est que derrière le chaos apparent créé par ces variants qui se multiplient, il y a peut-être une série restreinte de "recettes" ou de mutations qui se répètent d'une lignée à l'autre. Le virus tourne en rond, c'est une bonne nouvelle.

 

Cela ne signifie pas que les forces de l'évolution s'arrêteront à mesure que nous approcherons de l'immunité collective et assouplirons les restrictions. Tant que l'infection restera à un haut niveau de nouvelles mutations resteront possibles.

 

Bilan sur l'efficacité des vaccins aux USA

The Centres for Disease Control and Prevention (CDC) vient de publier une statistique qui illustre l'efficacité des vaccins à ARNm.

 

Au 14 avril 2021, sur 77 millions d'Américains entièrement  vaccinés :

- 5814 cas de COVID-19 ont été rapportés,

- 45% d'entre eux concernaient des personnes de 60 ans et plus,

- 65% étaient des femmes,

- 29% étaient des cas asymptomatiques,

- 7% ont été hospitalisés (396 personnes),

- il y a eu 74 cas mortels dont 9 sans lien direct avec le COVID-19.

 

A noter que cette statistique sous-estime très probablement beaucoup les cas asymptomatiques qui n'ont certainement pas tous été déclarés.

 

Ces chiffres confirment donc l'extraordinaire efficacité de ces vaccins, qui protègent à plus de 99,9% des formes graves de la maladie.

 

 

 

 

19 avril 2021

Le sinistre directeur de l'IHU Marseille continue de sévir

 

Dans le crime il suffit qu’une fois on débute ;

Une chute toujours attire une autre chute.

N. Boileau

 

Pour D. Raoult, le cap des 100 000 morts est "sans importance" puisque 90 % des défunts "seraient morts dans l'année". Et de faire remarquer que l'espérance de vie en France est de 81 ans. (Déclarations à BFM TV)

 

Infâme est ce propos qui insulte la mémoire des disparus et agresse leurs familles, mensongères sont ces affirmations que tout démographe en herbe pourrait démentir.

 

Si l'espèrance de vie en France est de 80 ans pour les hommes et de 85 ans pour les femmes à la naissance (ce qui inclut toutes les maladies, accidents de la vie...), un homme de 80 ans a environ 8 ans à vivre (en moyenne).

 

Base statistique 2013 sur étude de l'INED, période 2008 – 2010. L'espérance de vie d'un homme de 80 ans aujourd'hui est de 88 ans et 4 mois, d'une femme de 11 ans et un mois. Cela veut dire que 50 % des hommes qui ont 80 ans vivront plus que 8 ans et 4 mois.

 

Si ces chercheurs marseillais  étaient honnêtes et sérieux, ils se seraient penchés sur les analyses fouillées des experts sur le sujet.

Par exemple ils auraient épluché cette étude parue dans la revue scientifique de référence,  Nature, en février dernier :

 

Years of life lost to COVID-19 in 81 countries 

(Années de vie perdues à cause du COVID-19 dans 81 pays)

 

qui analyse l'impact sur la mortalité prématurée par COVID-19, en calculant le nombre d'années de vie perdues dans 81 pays, couvrant 1 279 866 décès.

 

Elle montre que :

- Au 6 janvier 2021 les années de vie perdues (YLL) dans ces 81 pays en raison des décès attribuables au COVID-19 dépasse 20,5 millions d'années.

 - Les trois quarts de la YLL résultent de décès chez les moins de 75 ans et près d'un tiers de décès de moins de 55 ans (les hommes ont perdu 45% d'années de vie de plus que les femmes).

- La YLL dans les pays fortement touchés représentait 2 à 9 fois la grippe saisonnière moyenne.

 

Si l'on suit bien les différentes déclarations de Raoult ces dernières années, grâce à un époustouflant micro-climat à l'IHU de Marseille, le COVID ne tue que les mourants - qui pourraient d'ailleurs être sauvés grâce à quelques gélules d'hydroxychloroquine -, les bactéries ne résistent à aucun antibiotique, et les vaccins (sauf le vaccin chinois que même les Chinois ne veulent plus) sont priés de rester à la porte puisqu'inutiles !

 

La seule question que je me pose à son sujet est comment les institutions tolèrent qu'un établissement public, largement financé par des fonds publics, soit dirigé par un tel personnage !

 

 

Vers un vaccin anti pancoronavirus ?

Faut-il attendre l'apparition de nouveaux variants, ou même, après le SRAS-CoV, le SRAS CoV-2, un SRAS-CoV-3, pour imaginer de nouveaux vaccins, ou mieux un vaccin qui immuniserait contre toute la famille SRAS ?

De nombreux chercheurs pensent que non et travaillent déjà sur un hypothétique vaccin "pancoronavirus" (relatif à tous les coronavirus).

 

Un vaccin idéal contre le pancoronavirus nous protégerait de ses quatre genres - alpha, bêta, gamma et delta - mais la plupart des chercheurs ont des objectifs plus modestes et visent "seulement" les béta-coronavirus.

 

Les β-coronavirus comprennent le SARS-CoV et le SARS-CoV-2 qui sont dans le sous-genre Sarbecovirus et le MERS-CoV dans le sous-genre Merbecovirus. Ils infectent principalement les chauves-souris 

 

Ainsi de nouveaux programmes visant à accélérer la création de vaccins contre l'ensemble des bêta coronavirus, sont en train de voir le jour.

 

 

En effet, la menace d'une autre pandémie de coronavirus semble désormais bien réelle. Au-delà des chauves-souris, les coronavirus infectent les chameaux, les oiseaux, les chats, les chevaux, les visons, les porcs, les lapins, les pangolins et d'autres animaux à partir desquels ils pourraient affecter les populations humaines.

 

Une vingtaine de groupes de recherche dans le monde ont des projets de vaccination contre le pancoronavirus . Leurs approches comprennent de nouvelles nanocages équipées de particules virales, la technique  de l'ARN messager (ARNm) et des cocktails de virus inactivés, pilier des vaccins antérieurs.

 

Modélisation Spike/anticorps

Parmi ceux là, l'équipe de Andrew Ward, bioinformaticien  au fameux Scripps Research Institute (Département de biologie intégrative structurelle et computationnelle), travaille sur des modèles d'interactions entre Spike et les anticorps neutralisants précédemment identifiés.

 

En effet pour tous les coronavirus, la cible est toujours la fameuse protéine de pointe (Spike) qui permet au virus d'infecter les cellules.

 

Dans ce laboratoire on réalise des complexes de la protéine de pointe avec des anticorps neutralisants récupérés chez des "rescapés" du SRAS-CoV et du SRAS-CoV-2, qui sont analysés avec des microscopes électroniques de dernière génération, notamment par la technique de cryo-microscopie électronique (cryo-EM).

 

Sur ces complexes cristallisés, les ordinateurs vont analysés des centaines de clichés différents (avec une résolution qui approche les 3 angströms) pour créer une  «carte finale» de S avec l'anticorps fixé.

 

En créant des images similaires des pics de nombreux coronavirus différents auxquels sont liés des anticorps neutralisants, Ward espère identifier de courts segments de la protéine - appelés épitopes - essentiels à la liaison avec tous les agents pathogènes. Ces épitopes sont la clé de la conception d'un vaccin capable de déclencher une large réponse immunitaire contre les coronavirus.

 

Ce travail semble très prometteur et ce n'est qu'un exemple.

 

La biologiste structurelle Pamela Bjorkman du California Institute of Technology est encore plus avancée. Son équipe a récemment évalué des vaccins candidats contre le pancoronavirus chez la souris.

 

Bjorkman et coll. ont choisi une partie du pic (S)  d'une gamme de coronavirus bêta: SARS-CoV et SARS-CoV-2, un virus isolé d'un pangolin, et cinq virus de chauve-souris. Ils ont utilisé le domaine de liaison au récepteur de chaque virus (RBD), la région de pointe qui initie une infection en se fixant sur l'enzyme de conversion de l'angiotensine 2 (ACE2), une protéine sur les cellules humaines. Le RBD est la cible apparente de la plupart des anticorps qui bloquent le SRAS-CoV-2.

"Les comparaisons des gènes d'ARN codant pour les pointes ont montré que la section supérieure de la RBD variait beaucoup, mais la partie inférieure était conservée à travers les différents virus. Les chercheurs ont donc façonné huit multimères - de petites protéines - à partir des séquences d'ARN conservées. Ensuite, ils ont fixé des combinaisons d'entre eux sur la surface d'une nanoparticule construite à partir d'une protéine bactérienne pour créer divers vaccins «mosaïques». En théorie, une mosaïque produirait des anticorps qui protègent contre les virus connus - et comme les séquences sont conservées, le vaccin pourrait également protéger contre les parents éloignés de ces virus."

Donc contre un éventuel SRAS-CoV-3... !

 

 

14 avril 2021

Comment les vaccins à adénovirus pourraient provoquer la formation de caillots sanguins ?

On apprend aujourd'hui que le vaccin à adénovirus Janssen de Johnson&Johnson est à son tour sous investigation pour avoir provoqué, comme AstraZeneca, des thromboses atypiques graves aux USA (6 cas - un mortel - sur 6,6 millions de vaccinés).

 

Actuellement les scientifiques n'ont aucune explication et en sont réduits à des hypothèses.

 

Un article publié ce jour dans le The New England Journal of Medicine (NJEM) conclut que :

" La vaccination avec ChAdOx1 nCov-19 (AstraZeneca) peut entraîner le développement rare d'une thrombopénie thrombotique immunitaire médiée par des anticorps activateurs de plaquettes dirigés contre le PF4, qui imite cliniquement la thrombocytopénie auto-immune induite par l'héparine."

 

Des spécialistes ont précisément décrit le phénomène :

 

" Ce trouble de la coagulation, [est] une étrange combinaison de caillots sanguins - qui peuvent être dangereux et potentiellement mortels s'ils bloquent le flux sanguin vers le cerveau ou les poumons - et une carence contre-intuitive de fragments cellulaires appelés plaquettes qui favoriser la coagulation. Les caillots sont également apparus dans des parties inhabituelles du corps, telles que le cerveau et l'abdomen, plutôt que dans les jambes, où se forment la plupart des caillots sanguins veineux profonds."

De quoi dérouter les spécialistes...

 

Cependant, certains chercheurs ont remarqué la similitude avec un phénomène similaire chez quelques personnes qui avaient été traitées avec l'héparine, un anticoagulant. L'héparine est normalement utilisée pour prévenir la coagulation, mais dans de très rares cas, elle peut déclencher un syndrome appelé thrombocytopénie induite par l'héparine (TIH *), qui provoque des caillots sanguins et de faibles taux de plaquettes.

Depuis on sait que ce syndrome peut-être observé... sans héparine. Une maladie orpheline inexpliquée !

 

L'Agence européenne des médicaments (EMA) a diligenté plusieurs enquêtes ; 86 rapports de personnes qui avaient présenté des caillots sanguins dans le cerveau ou l'abdomen dans les deux semaines suivant la réception d'une dose du vaccin Oxford-AstraZeneca sont analysés.

 

L'EMA soutient également les études de deux consortiums universitaires centrés aux Pays-Bas, l'un dirigé par le Centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam et l'autre par des chercheurs de l'Université d'Utrecht et du Centre médical universitaire d'Utrecht.

 

Une timide étude des facteurs de risque semble indiquer actuellement que les femmes et les moins de 60 ans seraient les plus touchés.

 

Il faut néanmoins relativiser : nous sommes actuellement à environ un cas grave par million pour ces deux vaccins. Le rapport bénéfice/risque reste largement en faveur de la vaccination, face à un virus qui a tué un million de personnes en Europe, en un an.

 

*  On pense que la TIH est le résultat d'une réaction immunitaire aux complexes formés lorsque des molécules d'héparine chargées négativement se lient à une protéine chargée positivement appelée facteur plaquettaire 4 (PF4), qui est importante pour la coagulation. Cela active les plaquettes, déclenchant une réaction en chaîne. «Une fois que les plaquettes sont activées, c'est comme mettre une allumette à l'amadou», explique John Kelton, hématologue à l'Université McMaster à Hamilton, au Canada, qui étudie la TIH depuis 40 ans. «Ils recrutent de plus en plus de plaquettes, et lorsqu'ils sont activés, ils explosent et produisent du matériau coagulant. HIT est comme un feu de forêt; il se perpétue tout simplement. »

 

En bref - Confirmation de l'efficacité des

anticorps monoclonaux

 

Un cocktail d'anticorps monoclonaux développé par le fabricant de médicaments Regeneron offrirait une forte protection contre le Covid-19 lorsqu'il est administré à des personnes vivant avec une personne infectée par le coronavirus, selon les résultats des essais cliniques de phase 3 annoncés lundi 12 avril (avec une protection de 72% contre les infections symptomatiques la première semaine et de 93% les semaines suivantes).

 Le médicament, s'il est autorisé, pourrait offrir une autre ligne de défense contre la maladie pour les personnes qui ne sont pas protégées par la vaccination. Regeneron a déclaré dans un communiqué de presse qu'il demanderait à la Food and Drug Administration d'étendre l'autorisation d'urgence du médicament.

 

 

01 avril 2021

Préparer un vaccin à ARNm : la recette façon "Marmiton"

Non seulement ces vaccins ont une efficacité inégalée, mais ils sont les plus simples à préparer.

Pour trois raisons ;

-  la technologie ARNm ne nécessite pas de cellules vivantes,

- il y a moins de substances dans le mélange, 

- le processus nécessite des volumes plus petits que la fabrication de vaccins conventionnels.

 

La recette

 

Temps de préparation : deux jours (non compris les contrôles qualité)

 

Pour un réacteur standard de 30 litres :

1 -  Préparez une longue chaîne d'ARN. Cela nécessite une matrice d'ADN, quatre nucléotides différents et une enzyme pour lier les nucléotides ensemble dans le bon ordre.

2. Vous rajoutez ensuite une autre enzyme pour dégrader la matrice d'ADN, ce qui prend environ 15 minutes. Ne pas oublier de bien touiller le mélange.

3. L'étape suivante est la plus délicate : elle consiste à stabiliser l'ARN en l'encapsulant dans des nanoparticules lipidiques. Ajoutez ensemble l'ARN et les nanoparticules, ces dernières s'auto-assemblent autour des premières, dans un processus qui prend environ une journée.

4. Il ne vous reste plus qu'à mettre en pot votre ARN messager ; cela s'appelle le flaconnage.

 Dans l'industrie, une ligne de remplissage peut remplir environ 400 flacons par minute et peut fonctionner environ 60% du temps sur une base annuelle. Les 40% restants du temps sont nécessaires pour préparer une ligne pour un remplissage futur. Une ligne de remplissage pouvait remplir 126 millions de flacons par an.

 

ATTENTION : le défi technique consiste principalement à empêcher la dégradation de l'ARN notoirement fragile. Même une fois qu'il est protégé à l'intérieur des bulles lipidiques, des températures très basses sont nécessaires pour le garder intact. 

 

Les espaces clos sont les hotspots les plus redoutables pour le COVID 19

Simulation avec de minuscules bulles de savon dans une expérience destinée à explorer comment les fenêtres ouvertes et les différents niveaux de filtration de l'air affectent les concentrations de particules virales. Université de Delft
Simulation avec de minuscules bulles de savon dans une expérience destinée à explorer comment les fenêtres ouvertes et les différents niveaux de filtration de l'air affectent les concentrations de particules virales. Université de Delft

Les gouvernements et les entreprises dépensent encore des millions de dollars pour la désinfection des surfaces,  malgré les preuves qu'il est rare que le SRAS-CoV-2 passe d'une personne à une autre par des surfaces contaminées . En revanche, peu de pays ont investi dans des mesures visant à améliorer la qualité de l'air intérieur.

 

Pourquoi ?

 

Il faut se souvenir que Le 28 mars 2020, l'OMS a diffusé un message de santé publique sur Twitter et Facebook affirmant que "le COVID19 n'était PAS aéroporté"

L'OMS n'a mis à jour son avis sur la transmission du SRAS-CoV-2 que  trois mois plus tard, reconnaissant la possibilité "qu'une transmission aérienne puisse se produire dans certains contextes communautaires".

 

Aujourd'hui on sait que la contamination se fait massivement dans des lieux clos mal ventilés et très peu par des surfaces contaminées.

Certains gouvernement ont tout juste commencé à investir dans la purification de l'air, comme l'Allemagne qui a budgété en octobre dernier 500 millions d'euros  pour améliorer la ventilation des bâtiments publics, notamment les écoles, les musées et les bureaux publics.

 

Ce qui rend les espaces intérieurs si dangereux, c'est que le virus expiré peut s'accumuler et infecter les personnes qui n'ont pas de contact direct avec une personne infectée.

 

Malheureusement, la ventilation efficace des espaces intérieurs est infiniment complexe et aucune solution radicale n'existe. Nous en sommes toujours au bricolage !

 

Pour estimer, approximativement, la contamination de l'air, certains chercheurs préconisent l'utilisation de moniteurs de CO2, peu coûteux.  En effet, au fur et à mesure que les aérosols porteurs de virus sont expirés, le CO2 l' est aussi . Et lorsque la ventilation est mauvaise, le CO2 s'accumule avec le virus.

 

Fixer des limites claires au niveau de CO2 aiderait à garantir que la ventilation est adéquate pour réduire le risque d'infection. Pour certains scientifiques, 700 ppm de CO2 intérieur serait une limite raisonnable, et des limites plus basses devraient s'appliquer aux gymnases et autres lieux où les gens expulsent de plus grands volumes d'air.

Taïwan, la Norvège et le Portugal ont des lois qui limitent le CO2 intérieur à 1 000 ppm.

Des études menées en Californie ont montré que les salles de classe pulvérisaient ce plafond. Même dans un restaurant apparemment spacieux et aux hauts plafonds, on peut atteindre parfois 2000 ppm !

 

Et la ventilation pose des problèmes insolubles

De nombreux experts disent que les autorités devraient agir pour donner un message clair sur l'importance d'une bonne ventilation pour la sécurité à l'intérieur, en particulier dans les espaces occupés en permanence ou lorsque les masques sont retirés lorsque vous mangez.

 

Dans de nombreux pays, des campagnes concertées ont exhorté les gouvernements locaux ou nationaux à prendre des mesures pour réduire la transmission aérienne du SRAS-CoV-2.

 

L'OMS recommande un taux de ventilation minimum de 6 à 12 renouvellements d'air - dans lequel tout le volume d'air de la pièce est remplacé - par heure pour empêcher la transmission aérienne d'agents pathogènes dans les établissements de soins de santé.

 

Les objectifs recommandés par l'American Society of Heating, Refrigerating and Air-Conditioning Engineers (ASHRAE) sont 0,35 renouvellement d'air par heure pour les maisons, 2–3 pour les bureaux, 5–6 pour les écoles. Les scientifiques jugent ces chiffres insuffisants... alors qu'ils sont rarement respectés.

 

Au Canada, Liangzhu (Leon) Wang et ses collègues ont tenté d'estimer le niveau de ventilation nécessaire pour réduire le risque d'infection dans les écoles. Ils ont mesuré le taux de ventilation dans les salles de classe de 3 écoles de Montréal et ont constaté qu'une salle de classe de 20 élèves avec un enseignant, avec les fenêtres ouvertes échangeait moins de la moitié de son air par heure; une pièce similaire avec ventilation mécanique avait deux changements d'air par heure.

Les mêmes auteurs montrent également que le port d'un masque à l'intérieur est plus efficace que le changement d'air : les masques réduisent le risque d'infection de plus de 60%.

 

Une meilleure méthode consiste à ventiler mécaniquement un espace. Cela aspire de l'air extérieur exempt de virus et élimine l'air intérieur contaminé, diluant ainsi tout virus présent... à condition d'utiliser des systèmes suffisamment puissants pour utiliser 100% de l'air extérieur. La plupart des bureaux et des salles de classe dans le monde ne sont alimentés que par 20% d'air extérieur, le reste étant recyclé pour économiser sur la consommation d'énergie pour le chauffage et le refroidissement.

 

Enfin des purificateurs d'air équipés de filtres à particules haute efficacité ont été testés. Dans certains scénarios, les purificateurs d'air ont surpassé le système de ventilation pour éliminer les aérosols simulés par des bulles de savon remplies d'air. Mais même sur le réglage le plus bas, les purificateurs d'air ont dépassé le niveau acceptable de bruit et de tirage recommandé par les normes européennes.

 

En fait, aucun système connu n'est satisfaisant, l’innovation est nécessaire pour combler les lacunes des systèmes actuels. Elle nous permettra de mieux affronter... la prochaine pandémie !

 

En attendant, en milieu clos, ne criez pas, ne chantez pas, ne courrez pas, ne mangez pas... et portez le masque !

 

 

24 mars 2021

L'immunité collective : une utopie ?

Les raisons pour lesquelles l'immunité collective face au COVID est probablement impossible

C'est un constat fait par des scientifiques de renom, qui est à la Une de la prestigieuse revue scientifique Nature.

 

Pour ces chercheurs, même avec une rigoureuse campagne de vaccination, le seuil théorique pour vaincre le COVID-19, semble hors de portée.

 

La plupart des estimations avaient placé le seuil entre 60 et 70% de la population acquérant l'immunité, soit par la vaccination, soit par une exposition antérieure au virus. Mais alors que la pandémie entre dans sa deuxième année, l'analyse des épidémiologistes est en train de changer.

 

En février, le spécialiste indépendant des données, Youyang Gu, a modifié le nom de son modèle de prévision COVID-19 de «Path to Herd Immunity» en «Path to Normality». Il a déclaré que l'atteinte d'un seuil d'immunité collective semblait peu probable en raison de facteurs tels que l'hésitation à la vaccination, l'émergence de nouveaux variants et l'arrivée tardive des vaccins pour les enfants.

 

Le modèle Youyang Gu COVID-19 utilise l'apprentissage automatique pour dériver le nombre de reproduction de base ( R 0 ) à partir des données publiées par le Center for Systems Science and Engineering (CSSE) de l'Université Johns Hopkins.

 

Les perspectives à long terme de la pandémie postulent que le COVID-19 va devenir une maladie endémique , un peu comme la grippe. A court terme, les scientifiques ne tablent plus sur l'immunité collective.

 

Vaccination trop lente, incomplète, ne bloquant pas la transmission (?)

Deux raisons majeures font que ces chercheurs ne croient plus l'immunité collective atteignable dans un délai raisonnable.

 

1- La vaccination va rester longtemps très partielle.

Or, même une résistance localisée à la vaccination peut entraîner des poches de résurgence de la maladie qui ensuite vont flamber. C'est ce que l'on observe avec la rougeole.

 

En Israël,  pays le plus avancé en matière de vaccination, où à la mi-mars plus de 50% de la population du pays était entièrement vaccinée avec les deux doses nécessaires, des réticences se font jour :

«Maintenant, le problème est que les jeunes ne veulent pas se faire vacciner», ni les juifs orthodoxes, ni les arabes israéliens...

 

Il faut aussi noter qu'actuellement aucun vaccin n'est approuvé pour les jeunes de moins de 18 ans.

Actuellement aux USA, aucun vaccin n'est approuvé pour les moins de 18 ans qui représentent 24% de la population.

 

Certes, Pfizer – BioNTech et Moderna ont maintenant inscrit des adolescents dans des essais cliniques de leurs vaccins, et les vaccins Oxford/AstraZeneca et Sinovac Biotech sont testés chez des enfants dès l'âge de trois ans. Mais les résultats ne seront connus que dans plusieurs mois. 

 

S'il n'est pas possible de vacciner les enfants, c'est presque la totalité des adultes qui devrait être vaccinée.

 

2- L'immunité collective n'est pertinente que si nous avons un vaccin bloquant la transmission. Pour l'instant seules les données de Moderna et Pfizer semblent assez encourageantes.

 

L'apparition de nouveaux variants plus résistants

 Alors même que les plans de déploiement des vaccins font face à des obstacles en matière de production et de distribution, de nouveaux variants du SRAS-CoV-2 apparaissent, qui pourraient être plus transmissibles et plus résistants aux vaccins. 

 

Plus il faut de temps pour endiguer la transmission du virus, plus ces variants ont du temps pour émerger et se propager.

 

A Manaus, au Brésil, la région avait été gravement touchée par la maladie. En juin 2020, les scientifiques locaux avaient estimé que 76% de la population avait été infectée.

Selon certaines estimations, cela aurait dû être suffisant pour atteindre le seuil d'immunité collective, mais en janvier, Manaus a vu une forte recrudescence des cas. 

 

Ce pic s'est produit après l'émergence d'une nouveau variant connu sous le nom de P.1, ce qui suggère que les infections précédentes ne conféraient pas d'immunité pour cette nouvelle souche. «En janvier, 100% des cas à Manaus étaient causés par P.1». 

 

 Enfin, il faut aussi noter que des taux d'immunité plus élevés peuvent créer une pression sélective, qui favoriserait les variants capables d'infecter des personnes déjà immunisées.

Seule une vaccination rapide et complète peut empêcher un nouveau variant de s'implanter.

 

Et donc ?

 Compte tenu de ce que l'on sait à ce jour sur le COVID-19, «parvenir à l'immunité de l'ensemble des populations par le seul vaccin est plutôt improbable».

 

 Il est temps d'avoir des attentes plus réalistes et donc de réfléchir à la façon dont nous pouvons vivre avec le virus. 

 

Ce pronostic n'est pas aussi sombre que cela puisse paraître. 

Même sans immunité collective, la capacité de vacciner les personnes vulnérables semble réduire sérieusement les hospitalisations et les décès dus au COVID-19 et donc sans doute le nombre de malades victimes du COVID long, dont tous les méfaits (parfois gravissimes) n'ont pas encore été vraiment analysés.

 La maladie ne disparaîtra peut-être pas de sitôt, mais son importance diminuera probablement... Comme la grippe !

 

News en vrac

 

* AstraZeneca continue à désorienter les scientifiques. Ainsi la firme a fourni à l'administration américaine des données périmées, incomplètes et biaisées pour obtenir leur AMM en urgence aux USA !

Pas de quoi amadouer la redoutable FDA  ! Je commence à réviser mon opinion sur l'Université d'Oxford qui cautionne tout cela ! Comment cette vénérable institution a pu laisser passer de telles pratiques ?!! Chauvinisme ?

 

* Le coût humain de la stratégie française  "Vivre avec le virus"... sans vaccin (à ce jour seulement 4% de la population a reçu les deux doses), commence à interroger.

Avec 300 morts par jour; bientôt 5000 malades en permanence en réanimation, dont beaucoup mourront ou présenteront de graves séquelles, le bilan va devenir insoutenable !

S'il y avait des solutions miracles, comme le proclame quelques politiciens irresponsables, cela se saurait, mais je pense, comme beaucoup de scientifiques, que cette stratégie nous amène dans le mur.

 

* J'avais cité le 12 mars dernier une publication qui " affirmait que les personnes infectées par le variant du coronavirus appelé B.1.1.7, courent un risque plus élevé de mourir que les personnes infectées par d'autres variants circulants, quels que soient leur âge, leur sexe et leurs problèmes de santé préexistants".

Les témoignages des soignants en France vont dans ce sens : plus de jeunes, plus de femmes et des séjours plus longs en réanimation, disent-ils.

 

* Efficacité des vaccins dans "la vraie vie" : Une étude a révélé que seulement quatre des 8 121 employés entièrement vaccinés dans un hôpital de Dallas ont été infectés, tandis qu'une autre a révélé que seulement sept des 14 990 travailleurs en Californie ont été testés positifs deux semaines ou plus après avoir reçu le vaccin.

 

* Selon une très récente étude, le vaccin d'AstraZeneca s'est montré très peu efficace ( 10,4% - IC à 95%, -76,8 à 54,8 -) vis à vis du variant sud-africain. Cela confirme des résultats précédents.