" La diffusion des lumières n'exige autre chose que la liberté, et encore la plus inoffensive de toutes les libertés, celle de faire publiquement usage de sa raison en toutes choses."

KantQu’est-ce que les lumières ?, 1784

 

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... qui leur parlera de Grenade ou Cordoue...

... d'Ibn Sina, d'Ibn al-Haytham, d'Ibn Rochd...

d' Al Kindi : 

« Nous ne devons pas avoir honte d’admirer la vérité et de l’accueillir d’où qu’elle vienne, même si elle nous vient de générations antérieures et de peuples étrangers, car il n’y a rien de plus important pour celui qui cherche la vérité, et la vérité n’est jamais vile ; elle ne diminue jamais qui la dit ni qui la reçoit »

Al Kindi (800-870)

 

"Le meilleur homme de son temps, unique dans sa connaissance de toutes les sciences anciennes. Il s'appelle Philosophe des Arabes. Ses livres traitent de différentes sciences, telles que la logique, la philosophie, la géométrie, l'arithmétique, l'astronomie, etc. Nous [l']avons connecté avec les philosophes naturels en raison de sa prééminence dans [les]Sciences ". al-Fihrist 

 

 

... et de la beauté des cathédrales ?

vidéo JPL

KKK, suprémacisme blanc, une horreur américaine

Je pense que

Luther King Mandela Gandhi

n'ont servi à rien

que nous avons changé de siècle et d'ISMES

mais que notre part d'ombre loin de régresser

s'étend

JPL

... et pourtant :

Marilyn, une Passion américaine

"Et comme elle a l'éclat du verre, elle en a la fragilité"

Le 16 août prochain on verra à nouveau à l'afficheThe Misfits , film de John Huston qui réunit, en 1960, trois stars américaines : Marilyn, Clark Gable et Montgomery Clift.

Gable meurt la même année, Marilyn l'année suivante. Elle présentait Clift comme ""The only person I know who is in even worse shape than I am." (la seule personne qu'elle connaissait qui allait plus mal qu'elle !).

 

L'histoire de ces trois bras cassés, tournée dans le Nevada, a quelque résonance avec l'état des trois acteurs lors du tournage.

 

Le scénario d'Arthur Miller, alors époux de Marilyn, est aussi une mise en abyme de la détresse de l'actrice et des difficultés de leur couple.

En cours de tournage, l'actrice subit une nième dépression et doit être hospitalisé à Los Angeles. Plus jamais elle ne finira un film.

 

Elle avait la beauté, l'intelligence, la fragilité ; c'était une star, c'est devenu un mythe.

 

Sur le blog :

 

 Marilyn, sors de ce corps !

                                                                                                        A l'aide, à l'aide, à l'aide !

Marylin Monroe - The Misfits - On the set

Colours !

Biologie des couleurs

Modifications spectaculaires de la couleur et de la morphologie chez une seiche.
Modifications spectaculaires de la couleur et de la morphologie chez une seiche.

 J'ai parlé de diverses façons de couleurs sur ce site :

 

 - avec Newton et les physiciens de la "lumière",

- en chimiste, en évoquant notamment les couleurs végétales et le lien entre coloration et thérapie.

 

L'étude des couleurs - de la couleur- recouvre de nombreux champs disciplinaires et met en oeuvre de multiples techniques. Voici encore un domaine de recherche ou l'interdisciplinarité (*) s'impose.

 

La biologie de la couleur s'inscrit en effet dans cette recherche moderne, qui est interdisciplinaire et intégrative ; elle met en relation des compétences et des technologies de pointe, issues de champs disciplinaires variés.

 

A propos de la coloration animale, la recherche a fait un bond en avant, depuis une vingtaine d'années, grâce aux progrès technologiques en spectrophotométrie, imagerie numérique, neurosciences, analyses comparatives à grande échelle... qui permettent d'aborder de nouvelles problématiques.

 

La question centrale est à peu près celle-ci : comment la couleur est-elle produite et perçue, comment a-t-elle évoluée.

 

Ou plus précisément, comment les animaux utilisent-ils les pigments pour générer de la couleur, quelle est leur perception de la couleur, comment l'information sur les couleurs est-elle intégrée à l'ensemble des informations sensorielles et quels sont les principes qui sous-tendent l'évolution et la fonction de la couleur... Evidemment la génétique (et l'épigénétique) sous-jacente est au coeur de ces explorations.

 

Un magnifique article vient de paraître à ce propos. Il est signé par des chercheurs de  25 départements de recherche appartenant à des universités britanniques, américaines, suédoises, finlandaises, allemandes, australiennes, suisses et canadiennes.

 

Cet article est illustré par cette étonnante photo (ci-dessus) qui montre comment la couleur peut cacher ou révéler des formes.

Il s'agit d'une seiche australienne géante ( Sepia apama ) qui modifie la taille relative de ses chromatophores pigmentaires et déforme la  peau recouvrant ses muscles pour passer du mode camouflage (en haut), au mode de communication (en bas), en moins d'une seconde.

 

(*) Nous sommes toujours au temps de Montaigne, de cette tête que trop de pédagogues français préfèrent "bien pleine plutôt que bien faite."

 

 C'est Marc Fontecave, professeur au Collège de France qui écrit :

 « Malheureusement, aujourd’hui en France, en raison d’une vision de plus en plus utilitariste de la science par les politiques, de l’archaïsme de nos enseignements universitaires, de la rigidité des structures de nos organismes de recherche, enfin du conservatisme de nos entreprises, malgré les discours (on n’a jamais autant parlé de l’importance de cette fameuse « interface chimie-biologie »), le fossé qui sépare la chimie et la biologie est, de mon point de vue, loin de se combler. Et pourtant quel bonheur, j’en suis témoin, pour un chimiste que ce questionnement sur le vivant et ce que cela implique de mondes à découvrir.» 

 

Voir encore au XXIème siècle, des formations tubulaires, construites autour d'une discipline, de la première année de licence à la première année de master, me fait bondir. On forme de cette façon des scientifiques sourds, muets, aveugles et paralytiques, inaptes à affronter une science moderne où l'essentiel des enjeux se situent aux interfaces.

 En fait, ces collègues, et notamment ceux issus des ENS, en sont toujours au quantitatif, au volume, aux têtes "bien pleines" quand plus que jamais nous avons besoin de têtes "bien faites".

 Dans ce pays "perdre" une année pour mieux s'orienter, n'est que du temps perdu et mérite sanction.

 J'ai des exemples multiples à ce niveau. Ainsi, une de mes plus brillantes étudiantes, qui avait eu le tort d'échouer deux fois au concours de médecine (sur des QCM imbéciles !), s'était vu refuser l'accès à de nombreuses grandes écoles sur un critère d'âge. Aujourd'hui elle dirige un des laboratoires d'un grand groupe suisse...

Radioscopie

 

Le monde est irrégulièrement semé de dispositions régulières. Les cristaux en sont ; les fleurs, les feuilles ; maints ornements de stries, de taches sur les fourrures, les ailes, les coquilles des animaux ; les traces du vent sur les sables et les eaux, etc. Parfois, ces effets dépendent d’une sorte de perspective et de groupements inconstants. L’éloignement les produit ou les altère. Le temps les montre ou les voile. "

Paul Valéry

Je suis vierge, j'oublie Descartes, La MettrieCanguilhem...

 

Et je contemple le corps de cette femme en sa parfaite enveloppe.

 

La symétrie est remarquable, la peau est lisse, soyeuse, la chair appétissante.

 

Elle séduira...

 

Nulle empathie n'émane du visage. Le regard est vide, inexpressif, aucune pensée n'est à l'oeuvre .

 

Sous le sein gauche le moteur ronronne.

 

Les festons du soutien-gorge pointent le nombril. Là, sous la peau, les entrailles s'étalent dans tous les sens, les viscères gargouillent, la vie avance, tant bien que mal, dans le désordre, l'asymétrie.

 

Les franges de la ceinture conduisent à l'entre-jambe où une blessure 

 

[accueille] des géomètres de hasard

[qui vont]Bâtir de rien des chagrins assistés

En y creusant parfois pour le péché

 

et perpétuer l'espèce. 

     Patiens Machina !

 

 

Intelligence animale

Les corbeaux ont des projets d'avenir

"L'un des soi-disant "propre de l'homme" est sa capacité d'anticipation. Imaginant un futur difficile, l'humain est capable de renoncer à une satisfaction immédiate pour mieux aborder un futur incertain.

 

Las ! les "propre de l'homme" tombent les uns après les autres.  

En 2009, Mathias Osvath (Université de Lund, Suède) publiait ses observations à propos d'un chimpanzé en captivité qui façonnait des pierres au petit matin...  pour les lancer le soir sur les visiteurs.

Il semble aujourd'hui que seuls les grands singes ont cette capacité.

 

Tout naturellement les chercheurs se sont ensuite tournés vers les corvidés dont  les capacités cognitives  sont exceptionnelles.

 

Il me semble avoir relaté, quelque part sur ce site, l'expérience suivante :

un chercheur introduit un morceau de viande dans une bouteille d'eau minérale vide et dispose à côté un bâton pointu de taille adaptée. Le corbeau, qui a assisté à la scène, a tôt fait d'utiliser l'outil pour récupérer la nourriture.

 

Mathias Osvath vient de publier des résultats non ambigus montrant que des corbeaux sont capables d'opter pour une gratification retardée. Après avoir appris à utiliser un outil leur permettant d'ouvrir une boite contenant une grande quantité de nourriture, les 3/4 de ces oiseaux préfèrent choisir cet outil parmi un ensemble d'objets et une petite croquette (dont ils sont friands) qui leurs sont proposés, pour attendre plus de 15 minutes que la boite, plus consistante, leur soit présentée.

 

Certes, nombre d'études sur l'intelligence animale sont entachées d'anthropomorphisme ; l'animal ne dispose pas des mêmes moyens physiques, du même environnement, des mêmes besoins... Cependant on sait maintenant que  beaucoup d'entre-eux peuvent communiquer finement, utiliser des outils élaborés, avoir des gestes tactiques, déployer des mouvements stratégiques...

 

Lire : Animal minds, Donald R. Griffin

 

Intelligence Artificielle

L'IA, une révolution scientifique en marche...

... seule capable de traiter et de comprendre l'avalanche de données

Noeud dans un réseau neuronal artificiel
Noeud dans un réseau neuronal artificiel

Dans tous les domaines scientifiques les chercheurs croulent sous les données, par exemple :

 

-en biologie avec le décryptage du génome, du protéome, du microbiome, du métabolome...

- en astronomie où les données recueillies se chiffrent en petabytes,

- dans les sciences sociales où l'analyse des données fournies par internet (Google traite des dizaines de pétaoctets par jour !) est devenu un véritable casse-tête.

 - en médecine avec l'émergence du patient numérique,

- en chimie organique, où le traitement informatique traditionnel a largement échoué dans l'accompagnement des synthèses multi-étapes complexes,

...

Un ordinateur de grande capacité est capable de trier des données, mais sur un énorme échantillon il n'en dégagera pas la substantifique moelle ; surtout pour des systèmes complexes, difficiles à modéliser à l’aide des méthodes statistiques classiques, ou dans toutes les situations où il existe une relation non linéaire entre une variable prédictive et une variable prédite.

 

Pour cela les chercheurs, s'inspirant du fonctionnement du cerveau humain,  ont imaginé des réseaux de neurones artificiels.

 

Les réseaux neuronaux sont capables de détecter les interactions multiples non linéaires parmi une série de variables d’entrée, ils peuvent donc gérer des relations complexes entre les différents types de variables.

 

 Ces réseaux sont composés de plusieurs couches de cellules reliées entre elles et formant une vaste toile.  Un ensemble d'unités reçoit des éléments d'une entrée (par exemple des pixels pour une photo), effectue des calculs simples sur ces données, les transmet à la couche suivante et ainsi de suite. La dernière couche donne le résultat. Ce réseau est capable d'ajuster ses propres interconnexions, exactement comme cela se passe dans le cerveau humain lors de l'apprentissage.... Toute proportion gardée bien entendu (un réseau neuronal ne pourra pas à la fois conduire une voiture et faire une traduction, par exemple !).

 

En multipliant les couches, on aboutira à des modèles de plus en plus élaborés, on parle d'apprentissage profond (deep learning).

 Il faut noter que Google est en pointe dans le domaine de l'IA, il développe par exemple une boite à outils de logiciels open source (Tensorflow). 

 

Ces réseaux n'ont pas besoin d'être programmés ; ils apprennent seuls sur des modèles de plus en plus volumineux et complexes jusqu'à traiter des problèmes qui dépassent l'entendement humain ou qui nécessiteraient  des temps d'analyse rédhibitoires.

 

Les résultats spectaculaires de l'IA dans le domaine scientifique se multiplient. Par exemple :

 

L' équipe de Martin Seligman (Université de Pennsylvanie) a prédit les taux de mortalité par maladie cardiaque au niveau d'un comté américain en analysant 148 millions de tweets !

 

 Marwin HS Segler et al. utilise  des réseaux récurrents de neurones comme générateurs de structures moléculaires dans la synthèse de médicaments de novo et obtient des résultats particulièrement prometteurs...

 

LIRE ceci : AI is changing how we do science.

 

Photo JPL traitée par Deep Dream de Google, façon Van Gogh

Faut-il avoir peur de l'IA  ?

 Le développement de l'intelligence artificielle accompagne les progrès faramineux de la robotique. Pour l'instant nous sommes encore loin des humanoïdes de science-fiction, capables de séduire une belle terrienne, mais les premiers pas sont édifiants.

 

Par exemple le robot Atlas d'Alphabet (Google), grâce à une vision stéréo sophistiquée et de multiples capteurs, a la possibilité de manipuler des objets dans son environnement et de se déplacer sur un terrain accidenté.

 

Plus généralement, il me semble clair que la révolution de l'IA nous conduit vers une société transhumaniste, où raison, science et technologie pourraient être déployées au service de la lutte contre la pauvreté, la maladie, le handicap et la faim dans le monde,

 

Cette approche fait peur car elle implique le dépassement des limitations biologiques et la prise de contrôle de leur évolution par les humains eux-mêmes.

Pourtant les progrès scientifiques et technologiques, boostés par l'IA, indiquent que dans moins de 50 ans l'humain augmenté sera parmi nous.

Faut-il le craindre ? Personnellement je partage le point de vue du célèbre auteur de science-fiction Isaac Asimov :

 

“I could not bring myself to believe that if knowledge presented danger, the solution was ignorance."

Je n'ai jamais crû que si la connaissance présentait un danger, la solution était l'ignorance

 

NOTE2 000 signataires, dont  Elon Musk, patron de SpaceX, Tesla..., ont adopté un guide de référence pour un développement éthique de l'intelligence artificielle. Ces « 23 principes d'Asilomar » s'inspirent un peu des 3 lois de la robotique de l'écrivain Isaac Asimov

 

Télécharger
L’homme face à ses technologies : augmentation, hybridation, (trans)humanisme
intro_humain_augmente.pdf
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Le robot Atlas de Google
Le robot Atlas de Google

Aujourd'hui, en réalité, le risque majeur de la robotisation est une perte massive d'emplois peu qualifiés.

 

Les chiffres sont contradictoires. En France, le Conseil d'Orientation pour l'Emploi  (COE, rattaché au premier ministre) estime à moins de 10% les postes de travail directement menacés aujourd'hui par l'automatisation (agents d'entretien, ouvriers qualifiés des industries de process, ouvriers non qualifiés de la manutention en tête).

D'autres publications sont beaucoup plus inquiétantes.

 

Une étude très pointue, réalisée à Oxford en 2013, indique que la part des emplois impactée par les évolutions technologiques pourrait varier entre 45 et 60% dans les états membres de l’Union Européenne. En France, le risque est estimé à 49,54% 

 

En France UN emploi sur DEUX sera à court ou moyen terme menacé par cette révolution technologique.

Or nos systèmes publics d’éducation et de formation -initiale et continue- ne sont clairement pas adaptés à la mutation en cours

 

Il est urgent de revoir l'organisation et le contenu des études dans notre pays, si l'on veut compenser, au moins en partie, la perte de plusieurs millions d'emplois dans les 10 ans à venir.

 

Exemples de robotisation en cours de développement :

* Une étude , menée par l'Organisation internationale du travail, indique que jusqu'à 137 millions de travailleurs à travers le Cambodge, l'Indonésie, les Philippines, la Thaïlande et le Vietnam - environ 56% de la main-d'œuvre totale de ces pays - risquent d'être remplacés par des robots, en particulier les travailleurs de l'industrie manufacturière du vêtement.

** Un robot australien est capable de construire un mur de briques 10 fois plus vite qu'un maçon.

*** Un fabricant suédois a conçu une trayeuse qui propose ses services aux vaches selon leur désir !

 

LIRE : Robots will destroy our jobs – and we're not ready for it

 

Robotique et neurosciences

Voila qui ne va pas rassurer les populations frileuses devant les avancées de la science : on sait élaborer des réseaux neuronaux... mais on ne sait pas comment ils fonctionnent. Une vraie boite noire !

 

Comment comprendre que puisse être identifiée la forme d'un visage par une machine que l'on a gavée d'images d'objets hétéroclites ???

 

Il était donc urgent qu'émergent les neurosciences de l'intelligence artificielle !

 

Actuellement on développe des outils pour pénétrer l'esprit de la machine et donc l'améliorer.  Les chercheurs rivalisent d'astuces et même de pièges pour craquer ces boites noires.

 

LIRE : How AI detectives are cracking open the black box of deep learning

Et si la recherche était totalement robotisée ?

Laboratoire Zymergen
Laboratoire Zymergen

Et si l'IA conduisait à la perte de nos jobs de chercheurs ?!

 

 Dans la revue Science, John Bohannon qui décrit sa visite dans l'entreprise Zymergen à Emeryville (Californie), se pose la question.

 

Ce laboratoire de biotechnologie utilise toute une série de robots à vocation multiples pour, in fine, produire des "microbes" susceptibles d'intervenir dans la production de biocarburants, plastiques ou médicaments.

 

Ce type de laboratoire est courant, ce qui l'est moins c'est la façon dont la manipulation génétique est conduite à Zymergen où " ... pour interpréter des données, produire des hypothèses et planifier des expériences, le but suprême doit-être de se débarrasser de l'intuition humaine ", donc d'utiliser des robots intelligents. Faire du criblage à haut débit contrôlé par l'IA en quelque sorte.

 

Heureusement ce travail ne concerne qu'une petite partie des recherches dans cette interface chimie-biologie moléculaire-microbiologie-informatique (la fermentation microbienne en chimie "pèse" quand même 160 milliards de dollars !), car il est frustrant de ne pas comprendre "comment ça marche" !

 

Avant de conduire, dans de longues années, à la déshumanisation des laboratoires, l'IA peut au contraire apporter une aide très précieuse au chercheur, à tous les niveaux, de l'idée à la réalisation et à la publication des résultats :

 

- en triant de façon pertinente une bibliographie qui peut représenter des centaines voire des milliers d'articles,

- en suggérant des pistes de recherche,

- en proposant des protocoles expérimentaux,

- en pilotant des robots pour exécuter des tâches répétitives,

- en compilant et confrontant les résultats du laboratoire de toute nature...

 

...mais, pour l'instant, sans bannir l'intuition humaine, qui reste à la base des découvertes les plus innovantes.

Crimes contre la biodiversité

La sixième extinction de masse est actée


 

Lassitude de devoir répéter, depuis huit ans que j'ai ouvert cette rubrique, que notre biodiversité s'effondre, que d'enquêtes en colloques, de publications en conférences, les scientifiques produisent des données épouvantables à propos de cette extinction de masse dont l'homme est principalement responsable.

Ils prêchent dans le désert et un sinistre imbécile, élu à la tête du plus puissant pays du monde, peut se permettre encrasser davantage notre atmosphère, de fouiller plus avant dans les entrailles de la Terre, de stériliser des cultures pour élever des crassiers...

Pour quelques dollars de plus alors que c'est la survie de l'humanité qui est en cause !

 

Plus de blabla donc ici, mais des tableaux, des chiffres, des images, comme celles parues dans l'article de PNAS qui fait la une aujourd'hui des journaux et des média.

Demain il sera temps de tout oublier, puis d'aller complimenter l'armée française avec le triste crétin en question.

 

Je me posais une question depuis quelques années : où étaient passés les beaux chardonnerets qui venaient picorer les graines mises à disposition dans nos jardins ?

J'ai la réponse : en 20 ans leur population en France a diminué de 40%

Climat : folie d'un homme, folie des hommes...

" Our Dishonest President "

"I t was no secret during the campaign that Donald Trump was a narcissist and a demagogue who used fear and dishonesty to appeal to the worst in American voters."

...

"In a matter of weeks, President Trump has taken dozens of real-life steps that, if they are not reversed, will rip families apart, foul rivers and pollute the air, intensify the calamitous effects of climate change and profoundly weaken the system of American public education for all."

 

Ce n'est évidemment pas moi qui parle mais le Los Angeles Times, qui présente ainsi un volumineux dossier consacré au sinistre personnage qui réside à la Maison Blanche , dont l'éclat va être singulièrement terni  par les activités délétères des magnats du pétrole de  schiste, soutiens de son locataire.

 

Ce n'est pas un hasard si la Californie a pris la tête de la croisade anti Trump, républicains modérés inclus (le maire de San Diego, s'est engagé à respecter l'accord de Paris). Ce grand état américain, bien placé pour observer les effets du réchauffement climatique, s'est impliqué depuis longtemps dans  une politique volontariste de substitution des énergies fossiles.

 

Le 18 janvier 2007, A. Schwarzenegger gouverneur (Républicain) de Californie signait un ordre exécutif établissant une norme à faible teneur en carbone pour les carburants de véhicules de transport (Low Carbon Fuel Standard). Il s'agit de la première norme mondiale de limitation des gaz à effet de serre dans le domaine des carburants de transport. 

Démentant toutes les prévisions pessimistes des pétroliers, la Californie affiche aujourd'hui une efficacité énergétique 40 % supérieure à celle de Etats-Unis.

 

Plus largement, la Californie, qui rassemble la plus grande concentration mondiale de scientifiques,  ne digère pas l'attitude et la politique anti-science de Trump.

 

Ainsi que le souligne Valérie Masson-Delmotte (femme scientifique 2013), le président des Etats-Unis a pris la tête de la croisade anti-science menée sur Internet par nombre de gourous, de complotistes, d'apôtres des "vérités alternatives", de charlatans, de groupuscules d'extrême droite, sans parler des tenants d'une "science citoyenne" au nom de laquelle les chercheurs seraient aimablement priés de rester dans le droit chemin. Lyssenko n'est pas loin !

 

Lire : L'avenir de l'anti-science, Alexandre Moatti (Institut Diderot)

 

Certains scientifiques californiens privés de ressource (les financements fédéraux pour la recherche environnementale ont été amputés ou supprimés) sont déjà partis vers des cieux plus cléments (Toronto notamment), mais ce n'est qu'un phénomène marginal car la résistance s'organise, fonds publics ou privés locaux prendront la relève des dotations fédérales.

La Californie n'est d'ailleurs pas seule dans ce combat ; elle vient de s'associer aux Etats de New York et Washington pour relever le défi climatique.

 

Changement climatique : des données alarmantes

Remarquable dossier mis à jour le 01 01 2016 sur le réchauffement climatique et ses conséquences dans notre-planète.info.

 

Voir les informations du Réseau Action Climat France et de Climate Action Network.

 

Suivre les travaux du GIEC  : préparation du 6ème Rapport.

 

Sur le site : La Terre est pressée comme une orange.

 

 

 

2016 was the hottest year on record, continuing a decades-long warming trend. Scientists at NASA’s Goddard Institute for Space Studies (GISS) analyzed measurements from 6,300 locations and found that Earth’s average surface temperature has risen about 2.0 degrees Fahrenheit (1.1 degrees Celsius) since the late-19th century, largely a result of human emissions into the atmosphere. 

2016, année la plus chaude. Cela confirme une tendance observée depuis des décennies. L'Institut Goddard (NASA) a établi, à partir de mesures réalisées en 6,300 endroits de la planète, que la température moyenne en surface de la Terre s'est élevée d'environ 2.0 degrés Fahrenheit (1.1 degrés Celsius) depuis le dernier relevé du 19ème siècle, en grande partie du fait d'émissions d'origine anthropique dans l'atmosphère.

Migrations / People on the move

Science et préjugés

Persécution des juifs au XVème siècle - Bibliothèque Mazarine
Persécution des juifs au XVème siècle - Bibliothèque Mazarine

Depuis des dizaines de milliers d'années l'homme est en mouvement. La création de nations constituées d'ensembles plus ou moins homogènes (ancêtres, langue, religions) est très récente.

 

Sur certains territoires favorisés par la nature et le climat, l'arrivée de nouveaux venus a déclenché, dès le Moyen Âge,  des réflexes xénophobes et permis de désigner des boucs émissaires, offerts aux foules en colère par temps de crise.

 

L'histoire de l'antisémitisme en Europe, qui conduit au génocide nazi, est l'illustration de ce que le nationalisme, la notion de race et d'entre-soi, exacerbée par quelques populistes illuminés, est capable de produire.

 

Aujourd'hui le monde - et singulièrement l'Europe - est confronté  à une crise migratoire qui a conduit au pouvoir, ou à ses portes, des dirigeants d'extrême-droite. Comment lutter contre la montée de ces sentiments irrationnels qui portent en germe de très sanglants conflits ?

 

Peut-être en faisant de la science !

 

Depuis que le monde est monde, l'homme a toujours ressenti le besoin de se déplacer vers des lieux moins inhospitaliers, du fait de circonstances climatiques, mais aussi des guerres, des violences infligées aux minorités ethniques, religieuses, spirituelles, politiques.

 

La revue Science présente un dossier à ce sujet, rappelant que jamais ce flux ne fut aussi conséquent.

Aujourd'hui, ce sont près de 250 millions de personnes (3% de la population mondiale) qui vivent à l'extérieur de leur pays de naissance.

A rapprocher des 79 millions recensés en 1960.

Réchauffement climatique, instabilité politique croissante, moyens de transport et filières clandestines plus performants, font qu'inexorablement ce flux continuera à enfler.

 

Le mythe des origines

Mais qui est donc ce fameux "Français de souche" censé avoir traversé les âges...

 

Les méthodes modernes d'analyse du génome (d'ADN) montrent que bien peu d'entre-nous sont issus de la terre où ils résident.

 

Les Européens autochtones, par exemple, résultent d'au moins trois migrations majeures au cours des 15 000 dernières années, dont deux venant du Moyen-Orient.

 

D'où vient la population européenne ?

Les connaissances sur cette question progressent actuellement à grande vitesse, grâce aux nouvelles possibilités offertes par l’analyse de génomes anciens.

Les scientifiques font l’hypothèse que la population du Vieux Continent est issue de trois lignées principales : des chasseurs-cueilleurs, premiers humains modernes à s’être installés sur la place, des agriculteurs arrivés plus tardivement du Proche-Orient, et enfin un mystérieux troisième groupe en provenance d’Eurasie, qui aurait aussi contribué à forger la population amérindienne.

 Les dernières analyses montrent que des chasseurs-cueilleurs du Caucase ont également légué leurs gènes aux européens modernes.

 

A l'origine, il y a 45 000 environ,les premiers humains modernes (ou Homo sapiens) y débarquent en provenance d’Afrique. Ces chasseurs-cueilleurs font alors la connaissance d’une autre espèce humaine déjà installée localement : Néandertal. Des études récentes suggèrent que les deux espèces ont cohabité pendant plusieurs milliers d’années, se reproduisant même entre elles. 

Le fameux "Français de souche" devrait être un néandertalien... !

 

Une étude savante sur l'origine des européens : Origine, répartition, âge et relation ethnique des haplogroupes européens

La douleur de l'exil

Exposition Franta - Le temps d'une oeuvre - Vence
Exposition Franta - Le temps d'une oeuvre - Vence

On entend beaucoup les cris de colère de citoyens de ces pays riches, vers qui convergent les migrants économiques ou politiques.

Mais est-ce si simple de quitter famille, terre, racines ?

Nombreux sont ceux qui ont évoqué dans des livres, films, articles, la douleur de l'exil, qui parfois conduit à des traumas incurables.

 

 

La revue Science évoque le calvaire du peuple Yézidi, chassé du Kurdistan irakien par DAECH.

Chaque témoignage de Yézidis est une plongée dans l’horreur.

 

Science relate le parcours d'une famille yézidi, des montagnes du Kurdistan irakien à l'Allemagne, en passant par la Turquie et la Grèce.

Quatre ans après leur fuite, ayant échappé au pire, ils essaient de surmonter leurs souffrances psychologiques. Les douleurs de l'exil.

 

 Lorsque la violence politique ou religieuse éloigne les gens de leur foyer, «il y a confusion, perte, rupture de toutes sortes de liens», explique le psychiatre psychiatrique Laurence Kirmayer de l'Université McGill à Montréal, au Canada.

Une étude réalisée en 2016 auprès d'adultes Yezidis irakiens dans un camp de réfugiés turc, montre que près de 30% d'entre-eux présentaient un syndrome de stress post-traumatique (TPTT) ou une dépression majeure.

 

The pain of exile (La douleur de l'exil)

 

La mobilité dope la recherche

La science permet d'analyser, et parfois de réparer, les blessures occasionnées par les migrations ; la science est elle-même une des professions les plus itinérantes.

 

Depuis une trentaine d'années le phénomène s'accentue, de très nombreux scientifiques traversent les frontières à la recherche de nouvelles collaborations.

Ce qui fait aujourd'hui le dynamisme de la recherche, c'est l'ouverture vers l'interdisciplinarité et vers les collaborations trans nationales.

 

Des études très précises ont permis d'évaluer les conséquences de cette mobilité des scientifiques.

 

Le  projet GlobSci, portant sur 17 852 scientifiques travaillant dans 16 pays , a montré que le facteur d'impact de la recherche par des scientifiques nés à l'étranger (mesuré par pays de résidence à l'âge de 18 ans) est en moyenne supérieur à celui des indigènes qui n'ont pas d'expérience de mobilité internationale.

Ces résultats confirment que la mobilité transfrontalière entraîne une augmentation de la qualité de la recherche.

L'évolution des moyens de transport, qui ne cessent de rétrécir la planète, ne peuvent que stimuler ces mouvements.

 

C'est dans le dialogue, l'échange, la confrontation (pacifique) des points de vue, des cultures... que l'homme progresse. Tout cerveau normalement développé, capable d'une analyse sommaire des faits, devrait être capable de le comprendre !

Kew Gardens, plus beau jardin du monde

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Palm-House
Palm-House

Depuis qu'il a été fondée en 1759 par la princesse Augusta, Kew est devenu un leader mondial des sciences végétales et fongiques et une attraction touristique. Il été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2003.

 

"Aujourd'hui, Kew possède les collections les plus vastes et les plus diverses de spécimens botaniques vivants et conservés dans le monde. Le paysage contient une grande collection scientifique de plus de 14 000 arbres, y compris les variétés anciennes. Kew cultive également plus de 30 000 plantes différentes des climats tropicaux, tempérés, arides et alpins, dont beaucoup ont un statut de conservation élevé. Ces collections fournissent une bibliothèque de référence vivante pour nos scientifiques et un paysage dynamique pour montrer la beauté et l'émerveillement de ce royaume naturel diversifié dont dépend toute la vie." Kew

 

Kew et la biodiversité

State of the World's Plants report released by Kew

Begonia rubracteolata S.Julia, Borneo. Sur les 600 espèces estimées, seulement 200 ont été décrites à Borneo
Begonia rubracteolata S.Julia, Borneo. Sur les 600 espèces estimées, seulement 200 ont été décrites à Borneo

 Depuis leur création, en 1759, ces jardins ont contribué de manière significative et continue à l’étude de la diversité des plantes et de la botanique économique.

 

Le Royal Botanic Gardens, Kew vient de publier son premier rapport annuel sur l'état des plantes du monde et d'organiser le premier symposium international  sur le monde végétal.

 

Le rapport fournit une évaluation des connaissances actuelles sur la diversité des plantes terrestres, sur les menaces mondiales auxquelles elles sont confrontées, sur  les politiques en place et leur efficacité dans le traitement de ces menaces. Il a impliqué plus de 80 scientifiques.

 

"C'est la première évaluation mondiale de l'état des plantes du monde. Nous avons déjà un 'État du monde pour les oiseaux, les tortues maritimes, les forêts, les villes, les mères, les pères, les enfants, même les antibiotiques, mais pas les plantes.

Ceci est remarquable compte tenu de l'importance des plantes - pour la nourriture, les médicaments, les vêtements, les matériaux de construction, les biocarburants et la régulation du climat."

Professeur Kathy Willis, directrice scientifique au Royal Botanic Gardens, Kew

 

Dans ce rapport on apprend notamment qu'en 2016, 1730 nouvelles espèces ont été répertoriées.

 

Image magnétique...

Human connectome project

Reconstituer le câblage du cerveau

Les 180 régions relatives au langage, à la perception, la conscience, la pensée, l'attention et la sensation
Les 180 régions relatives au langage, à la perception, la conscience, la pensée, l'attention et la sensation

Grâce à différentes techniques d'imageries, la cartographie ( encore grossière) du cerveau se dévoile peu à peu.

 

Il y a un siècle, le neurophysiologiste  allemand Korbinian Brodmann avait recensé 52 aires différentes dans le cortex cérébral ; aujourd'hui les chercheurs identifient  au moins 180 régions différentes, importantes pour le langage, la perception, la conscience, la pensée, l'attention et la sensation.

 

Le but de cette cartographie est - ni plus ni moins - de déterminer comment les 100 milliards (environ) de neurones du cerveau humain sont câblés.

 

Les images réalisées (notamment par IRM de diffusion/tractographie- e-MRI)  sur 1200 jeunes adultes en bonne santé qui ont accepté de participer au Projet Human Connectome  (consortium dirigé par l'Université de Washington, l'Université du Minnesota et l'Université d'Oxford  - WU-Minn HCP) ,  a confirmé l'existence de 83 régions cérébrales connues et a ajouté 97 nouvelles.

 

 

Cartographie du cerveau humain de l'utérus à la naissance

e-MRI (tractographie) montrant les connexions dans un cerveau en développement
e-MRI (tractographie) montrant les connexions dans un cerveau en développement

Les chercheurs veulent faire encore plus fort : cartographier un cerveau en gestation.

 

Ils accumulent actuellement des milliers d'images de cerveau de foetus pour comprendre comment s'établissent les câblages neuronaux. Ils leur faut pour cela visualiser l'anatomie cérébrale, de l'embryon au nouveau-né.

Plus précisément le projet le plus avancé vise à établir les premières cartes 3D du cerveau humain entre 20 et 44 semaines de gestation.

 

Il s'agit d'une prouesse technique, notamment du fait qu'un foetus est toujours en mouvement, ce qui implique des corrections des données de l'IRM de diffusion par des calculs fort complexes.

 

Reconstruction 3D de la surface corticale et de ses caractéristiques calculées à partir d'une IRM de cerveau bébé de sept, huit et neuf mois.
Reconstruction 3D de la surface corticale et de ses caractéristiques calculées à partir d'une IRM de cerveau bébé de sept, huit et neuf mois.

 Avec ce formidable travail, les scientifiques espèrent comprendre comment des dysfonctionnements tels que l'autisme, la paralysie cérébrale, les troubles du déficit de l'attention... peuvent s'installer.

 

LIRE :“The Human Connectome Project’s neuroimaging approach

 

VOIR : 

-Human Brain Project,

-  The Blue Brain Project

 

VOIR sur le SITE :

 

Notre cerveau

- Image magnétique -3-

Sur le blog...

Sciences

Thalès
Thalès

Il n'y a pas de science sans conscience disait déjà Rabelais...

 

Je propose ici un petit parcours -très personnel- au coeur de l'aventure scientifique qui, de sapiens et néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à la mécanique quantique...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Une aventure de 2500 ans à peine qui, depuis Thalès de Milet, n'a cessé de nous émerveiller mais qui aujourd'hui, parfois, angoisse.

 

En effet, depuis Copernic, Galilée, Newton, les Lumières, Darwin et quelques autres, l'univers anthropocentrique d'Aristote, qui reçut l'onction de Saint-Thomas D'Aquin, a laissé place à un monde désenchanté où l'homme abandonné par les Dieux se retrouve bien seul !

 

Alors parfois, cet homme nu devient fou et se tourne vers la science pour détruire, saccager, exterminer, se proclamer roi. Le XXème siècle est une bonne illustration de ces détournements mortifères. De cela je parle aussi.

JPL

 

 

VOIR

 " La beauté du monde est dans l'oeil "

Camargue- Photo JPL
Camargue- Photo JPL

" Le soleil qui naît, une humidité qui s’attarde, des montagnes au loin qui surgissent lentement des brumes, toute une transparente poésie enfin se balance dans l’air sonore et cristallin. De ces moments sourd une espèce d’éternité faite à notre mesure. Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

                                                                                               Albert CAMUS,                                                   Critique d’un tableau de Boucherle (1934)

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes'

d'après Samuel Beckett