Les sots ont ceci de commun avec les éponges : c'est qu'ils adhérent." Paul Valery

Conscience

Sciences

Voir


 

Contre la barbarie et tous les totalitarismes, 

une arme fatale :

le savoir, la culture sous toutes ses formes. 

JP Lavergne

                                                                                                                                                  

À la Une

La mathématique française encore à l'honneur

Le mathématicien Yves Meyer reçoit le prix Abel

Pavage de Penrose
Pavage de Penrose

" Yves Meyer reçoit aujourd’hui le prix Abel, décerné chaque année par l’académie norvégienne des sciences et des lettres depuis 2003. Souvent perçue comme un prix Nobel, cette récompense distingue l’œuvre d’un mathématicien dans son ensemble. 

Les travaux d’Yves Meyer ont permis d’identifier des structures non périodiques comme des cas spécifiques d’ensembles modèles, appelés quasi-cristaux.

L’exemple par excellence d’une telle structure est donné par les pavages de Penrose, particulièrement connus pour leur esthétique..

 

Enfin, c’est sans doute pour ses travaux sur les ondelettes et leurs applications au calcul numérique qu’Yves Meyer est le plus connu. À partir des années 1980, on constate une convergence entre des développements scientifiques dans différents domaines visant à décomposer des fonctions : on utilise l’analyse temps-fréquence en traitement du signal, l’analyse multi-échelle en traitement d’image... [voir transformée de Fourier]. La contribution fondamentale d’Yves Meyer est alors d’organiser ces découvertes disjointes en une théorie unifiée qui conduit à la construction systématique des bases d’ondelettes dans les années 1990

 

Aujourd’hui, il existe de très nombreuses applications des ondelettes dont certaines sont spectaculaires – la norme JPEG 2000 fondée sur les ondelettes dites biorthogonales constitue l’état de l’art actuel en compression d’image – et se traduisent par un grand nombre de brevets, workshops, publications." CNRS

Voir

Rodin, l'exposition du centenaire

Auguste Rodin (1840-1917) est considéré comme le père de la sculpture moderne.

 

A l’occasion du centenaire de sa mort , le Grand Palais présente une exposition de ses plus grands chefs-d'oeuvre (Le Penseur, Le Baiser, les Bourgeois de Calais…).

 

Le parcours retrace les rêves et les gloires de ce poète de la passion, maître incontesté et monstre sacré. Entre scandales et coups d’éclat, il révolutionne la création artistique avant Braque, Picasso ou Matisse, et la fait à jamais basculer dans la modernité. L’exposition revient enfin sur son extraordinaire postérité auprès de générations d’artistes, de Carpeaux à Richier, en passant par Bourdelle, Claudel, Brancusi ou Picasso, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. "

 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Rodin, Paris

 

 

Blog

Ne vous faites pas rouler jeunesse !

La période des campagnes électorales est devenue pour moi douloureuse.

Celle qui est en cours est un cauchemar.

 

Je veux croire que c'est le sentiment des femmes et hommes de ma génération qui, de 1968 à la fin des années 80, eurent au moins l'illusion -sinon l'ivresse- de vivre l'avènement d'un monde résolument tourné vers le progrès, la fin des oppressions, la libération des femmes et des peuples opprimés.

 

Depuis cette époque, presque bénie, où s'engager avait un sens, cette génération n'a pu qu'assister à l'anéantissement de ses espérances et renoncer à ses rêves les plus raisonnables.

 

La cause de cette débandade est bien connue : une mondialisation de l'économie qui a donné tous les pouvoirs aux financiers, conduit à la constitution de fortunes vertigineuses au détriment d'une main d'oeuvre paupérisée... qui se tourne en retour vers les démagogues les plus cyniques.

 

 

 SUITE SUR LE BLOG

 

Sciences

Thalès
Thalès

Il n'y a pas de science sans conscience disait déjà Rabelais...

 

Je propose ici un petit parcours -très personnel- au coeur de l'aventure scientifique qui, de sapiens et néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à la mécanique quantique...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Une aventure de 2500 ans à peine qui, depuis Thalès de Milet, n'a cessé de nous émerveiller mais qui aujourd'hui, parfois, angoisse.

 

En effet, depuis Copernic, Galilée, Newton, les Lumières, Darwin et quelques autres, l'univers anthropocentrique d'Aristote, qui reçut l'onction de Saint-Thomas D'Aquin, a laissé place à un monde désenchanté où l'homme abandonné par les Dieux se retrouve bien seul !

 

Alors parfois, cet homme nu devient fou et se tourne vers la science pour détruire, saccager, exterminer, se proclamer roi. Le XXème siècle est une bonne illustration de ces détournements mortifères. De cela je parle aussi.

JPL

 

Intelligence animale

Bee too !

Dans le dossier "Animal, animaux, animalité", j'ai déjà longuement évoqué l'intelligence animale.

En particulier j'ai rapporté quelques unes des nombreuses expériences qui mettent en évidence la capacité de nombreuses espèces à utiliser (voire confectionner) un outil.

 

Les plus surprenantes concernent les abeilles (ou bourdons).

La flexibilité comportementale de ces insectes est stupéfiante.

Une publication vient à nouveau l'illustrer.

 

Pour obtenir une récompense, des abeilles ont dû déplacer une bille vers un l'emplacement défini.

D'autres abeilles qui avaient observé la démonstration ont été capables de réaliser la même tâche beaucoup plus rapidement que celles qui n'avaient pas assisté à cette démonstration. Par la suite certaines ont été capables d'optimiser la technique.

 

Cette expérience prouve deux choses qui n'avaient jamais été observées :

- les abeilles sont capables de réaliser des tâches complexes qui n'ont rien à voir avec leur "métier" d'abeille,

- elles sont capables d'apprendre à grande vitesse et d'améliorer un process, sans se contenter de le copier.

 

Nous voici bien loin de l'instinct animal qui a si longtemps servi à dévaloriser le vivant animal non-humain.

 

Odeur et intelligence artificielle

Algorithmes pour corréler odeur et structure chimique

On sait maintenant que grâce à plus de 400 récepteurs olfactifs, le nez humain est capable de détecter des milliards d'odeurs différentes.

 

L'olfaction est un sens très complexe et l'odeur ressentie entachée de subjectivité.

La corrélation entre structure chimique et odeur - qui pourrait être extrêmement utile dans de nombreux domaines (parfumerie notamment) - est donc un challenge très complexe.

 

C'est cependant le défi qui a été proposé aux chercheurs dans le cadre des DREAM challenges, qui visent à développer de nouvelles méthodes de traitement de données, pour mieux appréhender les sciences biologiques et la santé humaine.

 

Le DREAM Olfaction Prediction Challenge a été ouvert en janvier 2015. Son objectif  est de proposer des modèles pouvant prédire l'odeur  d'une molécule en fonction de ses caractéristiques physiques et chimiques. 

 

Dans ce but un ensemble de données a été mis à la disposition des chercheurs :

- l'analyse olfactive de 476 molécules par 49 sujets à l'aide de 19 descripteurs,

- les caractéristiques physico-chimiques de chaque molécule à partir de 4800 descripteurs.

 

Vingt-deux équipes ont relevé ce défi, deux d'entre-elles viennent de publier des résultats assez remarquables.

Les modèles qu'ils proposent ont permis de corréler 8 des 19 descripteurs sémantiques -  "ail", "poisson", "doux", "fruits", "brûlé", "épices", "fleur" et " acide" - aux descripteurs moléculaires de chaque composé.

 

Nanoparticules d'or et cancer

Destruction de tumeurs cérébrales en mimant le virus de la rage

J'ai évoqué ICI l'utilisation de nanoparticules - et notamment de nanoparticules d'or - à des fins thérapeutiques.

 

En effet, l’adressage de molécules actives, constitue un défi majeur pour le traitement de nombre de pathologies, infectieuses, cancéreuses ou d’origine génétique.

 

L'extrême petite taille des nanovecteurs (nous sommes ici à l'échelle de l'atome) leur donne la possibilité de franchir de nombreuses barrières biologiques (ce qui implique des protections drastiques lors de leur utilisation).

 

La barrière hémato-encéphalique est en particulier un filtre extrêmement efficace, qui protège notre cerveau de nombreux types d'agents pathogènes ou toxiques.

Revers de la médaille, il est très compliqué de traiter les pathologies du cerveau par voie médicamenteuse.

 

 

Traitement du cancer de la prostate par vectorisation à l'aide de nanoparticules d'or radioactives
Traitement du cancer de la prostate par vectorisation à l'aide de nanoparticules d'or radioactives

 Les nanoparticules peuvent alors être un moyen de vectorisation de médicaments dans ces cas difficiles. Ces dernières années, le développement de nanotechnologies dans le domaine des vecteurs de médicaments a donc  pris un essor considérable.

 Des nanosystèmes, capables de libérer le principe actif en réponse à un stimulus externe  (modification du pH, variation de température ou application d’un champ magnétique externe), ont été mis au point.

 

Dans ce domaine, des chercheurs coréens viennent de publier des travaux particulièrement remarquables.

 

Ils ont mimé pour cela la structure du virus de la rage qui franchit sans difficulté cette barrière hémato-encéphalique (provoquant encore de nos jours des dizaines de milliers de décès).

Sur le modèle de ce virus, Yu Seok Youn et son équipe ont ainsi conçu une nanoparticule d'or dont la protéine de surface à pu se lier à des récepteurs de cellules nerveuses servant de passerelle vers le système nerveux.

 

Cette nanoparticule ne vectorise aucun médicament mais transporte de minuscules (submicroscopiques) barres d'or qui absorbent la lumière d'un laser infra-rouge, provoquant leur réchauffement jusqu'à 50°C, en tuant ainsi les cellules cancéreuses à proximité.

Ce traitement a été testé en laboratoire sur des souris,  il réduit considérablement la taille des tumeurs.

 

C'est une avancée significative dans le traitement  des tumeurs du cerveau ; il reste cependant à confirmer que ces nanoparticules ciblent uniquement les cellules cancéreuses, sans provoquer d'effets secondaires.

 

Le rêve et son interprétation : de Freud à l'IRM fonctionnelle

" Je rêvais que j’étais un papillon volant dans les airs et ne sachant rien de Chuang Tzu "

Chuang Tzu (Zhuangzi)

 

 

Photo JPL traitée par DeepDream de Google
Photo JPL traitée par DeepDream de Google

Je n'ai pas les compétences pour discuter du travail de Freud -contesté par certains aujourd'hui.

On pourra aller ICI, sur un lien qui traite du sujet à un niveau scolaire, que je n'ai pas dépassé !

Sa lecture est en tout cas fort utile.

 

Ce qui n'est pas discutable par contre, c'est ce que commence à montrer l'imagerie cérébrale (dont je parle beaucoup sur ce site) à propos de l'empreinte des rêves sur notre cerveau.

 

Depuis quelques années, de nombreuses études étonnantes sont publiées dans les grandes revues scientifiques.

 

Les chercheurs japonais sont en pointe dans ce domaine.

Une équipe de l'ATR Computational Neuroscience Laboratories à Kyoto a décrit pour la première fois en 2013, des rêves, sur la base d'images cérébrales réalisées par IRMf, en tandem avec  l'électroencéphalographie (EEG).

 

Dans ces conditions, ils ont été en mesure de décrire ce que les cobayes avaient rêvé avec 60% de précision, un taux beaucoup plus élevé que ce qui peut être attribué au hasard. Bluffant !

VOIR

 " La beauté du monde est dans l'oeil "

Camargue- Photo JPL
Camargue- Photo JPL

" Le soleil qui naît, une humidité qui s’attarde, des montagnes au loin qui surgissent lentement des brumes, toute une transparente poésie enfin se balance dans l’air sonore et cristallin. De ces moments sourd une espèce d’éternité faite à notre mesure. Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

                                                                                               Albert CAMUS,                                                   Critique d’un tableau de Boucherle (1934)

Pissarro, "Le premier des impressionnistes"

Le musée Marmottan Monet "présente, du 23 février au 2 juillet 2017, la première exposition monographique Camille Pissarro organisée à Paris depuis 36 ans.

 

Quelque soixante-quinze de ses chefs-d’œuvre, peintures et tempéras, provenant des plus grands musées du monde entier et de prestigieuses collections privées, retracent l'œuvre de Camille Pissarro, de sa jeunesse dans les Antilles danoises jusqu’aux grandes séries urbaines de Paris, Rouen et Le Havre de la fin de sa vie.

 

Il fut considéré par Cézanne comme « le premier des impressionnistes »

 

Musée Marmottan

 

 

 

 

" Pourquoi craindre pour le dompteur, sa cage le protège des hommes'

d'après Samuel Beckett