"Vérités" alternatives

 "L'œil de l'esprit ne peut trouver nulle part plus d'éblouissements ni plus de ténèbres que dans l'homme ; il ne peut se fixer sur aucune chose qui soit plus redoutable, plus compliquée, plus mystérieuse et plus infinie. Il y a un spectacle plus grand que la mer, c'est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c'est l'intérieur de l'âme. "

Victor Hugo

 

 

Trump, les glaciers et les ours
Trump, les glaciers et les ours

La démarche de l'extrême-droite a toujours été la même.

A l'instar des groupes sectaires, elle recrute ses adeptes sur un mythe susceptible de fanatiser des populations en souffrance, qui, dès lors, peuvent  gober n'importe quoi.

Une sorte de "vérité" alternative délivrée par le gourou, le dictateur, le leader... prend le pas sur les faits, les évidences, les mieux établies.

 

L'arrivée au pouvoir de Donald Trump est un cas d'école, une illustration des méfaits de ce temps d'une post-vérité, solidement adossée à internet et aux réseaux sociaux. 

 

Chez nous la famille Le Pen, depuis la négation des chambres à gaz, a montré le chemin. La fille, plus adroite que le père, a su capter un plus large auditoire. Elle est en passe de faire accepter par un tiers de notre électorat, un projet économique - étayé par de stupéfiantes contre-vérités-  susceptible de ruiner ce pays.

 

 

Mais cette pratique s'étend et touche maintenant une partie importante des classes politiques. L'affaire Fillon est un autre cas d'école.

 

Voici des faits qui semblent clairs, une vérité qui paraît limpide : on a rémunéré - à un niveau inconnu dans la profession- une personne qui de son foyer aurait accompli une tâche surhumaine de représentation. La personne en question, ainsi employée à l'insu de son plein gré, avoue même à la télévision n'en avoir rien fait.

 

Néanmoins, son époux et "employeur" a le culot de nier (*) totalement les faits et de maintenir sa candidature à la présidence de notre pays. Plus fort, il est soutenu dans cette démarche-qui stupéfie toutes les grandes démocraties- par la majorité de son camp !

 

Pour être honnête, n'oublions pas que la gauche, a eu aussi ses menteurs effrontés : Tapie,  Guérini, Cahuzac... pour ne citer que les plus marquants.

 

Que pouvons nous faire face à ces dérives qui minent la démocratie ? Le grand journaliste américain, aujourd'hui retraité, Dan Rather répond :

 

« Tout ce que pouvons faire est de monter à la barre et le dire de manière simple et sans équivoque : un mensonge, c'est un mensonge ! » 

 

En France, hélas, cela ne suffit pas à écarter des voyous multirécidivistes comme les Balkany, les Dassault..., constamment réélus malgré des turpitudes avérées. La seule solution consisterait à rendre définitivement inéligibles, dès la première infraction, tous ces tristes personnages.

 

(*) Devant deux cents journalistes, qui s'émerveillent d'excuses incompréhensibles, puisque cet individu se dit blanc comme neige !

 

 

Ralph Keyes : The Post-Truth Era: Dishonesty and Deception in Contemporary Life

" Jusqu'à une époque récente nous avions la vérité et le mensonge. Maintenant , nous avons la vérité, les mensonges et les déclarations qui peuvent ne pas être vrai, mais que nous considérons trop bénignes (ou trop stupides) pour appeler faux. 

 

A l'ère de la post-vérité, les frontières sont floues entre la vérité et le mensonge, l'honnêteté et la malhonnêteté, la fiction et le documentaire.

 

 Tromper les autres devient un défi, un jeu, et finalement une habitude. "

 

At one time we had truth and lies. Now we have truth, lies, and statements that may not be true but we consider too benign to call false. Euphemisms abound. We’re “economical with the truth,” we “sweeten it,” or tell “the truth improved.” The term deceive gives way to spin.  At worst we admit to “misspeaking,” or “exercising poor judgment.”  Nor do we want to accuse others of lying.  We say they’re in denial.  A liar is “ethically challenged,” someone for whom “the truth is temporarily unavailable.”

This is post-truth. In the post-truth era, borders blur between truth and lies, honesty and dishonesty, fiction and nonfiction. Deceiving others becomes a challenge, a game, and ultimately a habit. Research suggests that the average American tells lies on a daily basis. These fibs run the gamut from “I like sushi,” to “I love you.”