La mort se porte bien...

Malgré les spectaculaires progrès de la science et de la médecine, la mort se porte toujours aussi bien.

 

Pas d'épidémies spectaculaires - quelques pandémies de-ci, de-là, certes - mais nous avons vaincu la peste, le choléra, le SIDA (presque), la variole... et le cancer n'a qu'a bien se tenir...

 

Quelques tremblements de terre et autres catastrophes naturelles... rien de bien méchant.

 

Non, celui qui s'obstine à faire vivre la mort - la vrai mort, pas celle des agonisants du pavillon des cancéreux - la mort jeune, bien saignante, bien atroce, servie tous les soirs sur les écrans, à tout moment sur les smartphones, c'est la plus stupide des créatures de ce bas monde : l'homme.

 

En évoquant l'animalité, j'ai écrit quelque part, que pour moi, le véritable propre de l'homme, était la connaissance de sa propre finitude.

 

C'est ce qui l'a conduit à inventer les religions, à faire le choix de la servitude volontaire,  à engendrer des monstres avides de conquête et de sang,  s'arrogeant le droit de vie et de mort sur le Vivant, animal ou végétal.

 

 

 

Courage, Drogo !

Et il essaya de faire un effort, de tenir dur, de jouer avec la pensée terrible. Il y mit toute son âme, dans un élan désespéré, comme s’il partait à l’assaut tout seul contre une armée. Et subitement les antiques terreurs tombèrent, les cauchemars s’affaissèrent, la mort perdit son visage glaçant, se changeant en une chose simple et conforme à la nature.

 

Le désert des tartaresDino Buzzati