Au pas de la mondialisation

 

Comme il s'était rendu au Fouquets après son élection, se faire applaudir par le gratin de la finance, des media et du show-biz , N. Sarkozy est allé hier faire acclamer sa fermeté réformatrice ... à Deauville !

 

Le président, s'il n'en mesure pas toujours toutes les conséquences, aime bien les symboles. Ficher et expulser les Roms, puis tout de suite après aller se confesser chez le Pape, c'est très fort. Personne n'avait osé avant lui aller aussi loin... dans le cynisme et la caricature !

 

On discerne à peu près maintenant les tenants et les aboutissants de la politique sarkozienne. Un seul objectif : se faire réélire, des moyens : toutes les ficelles de la politique politicienne, une force : la servilité de certains hommes.

 

Après avoir utilisé la méthode éculée du débauchage de ce qu'il y a de moins regardant sur l'éthique dans le camp d'en face (Kouchner, Besson, Amara) - tout en rassurant ses parrains avec le bouclier fiscal-  le président se replie en bon ordre vers l'extrême droite. Comme le disait Mitterrand, il faut en priorité rassembler ses propres forces avant la bataille.

 

L'affaire des retraites apparait donc  maintenant pour ce qu'elle est : un début de démantèlement du système par répartition ouvrant la voie  aux  juteux fonds de pension  réclamé par le patronat. La presse a relaté ces jours-ci que le propre frère du président, Guillaume Sarkozy, membre influent du MEDEF, était à la manœuvre :

 

Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l'éclosion de ces grands fonds de pensionqui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d'ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric... dont le délégué général est le frère du président !

 

Si les syndicats, qui ont bien compris l'enjeu de cette réforme, se battent unitairement avec l'énergie du désespoir (sans doute poussé par une base extrêmement offensive), le PS, une nouvelle fois, navre par sa faiblesse. Le retour annoncé, à longueur de communiqué, à la situation antérieure n'est qu’un aveu d'impuissance.

 

 Ce n'est pas en se référant constamment au passé, que la gauche va convaincre les français, écœurés par les jeux politiciens. La vieille soupe démagogue, les slogans usés, ont fait, depuis longtemps, leur temps. Sarkozy va sans doute  l'apprendre à ses dépends en 2012.

 

C'est une nouvelle société que la gauche devrait proposer aux français, qui s'appuie sur tous les fondamentaux de la République : justice, égalité, liberté, solidarité, laïcité, tous mis à mal par le sarkozysme.

 

Mais les moyens pour y parvenir ne sont pas ceux d'hier. La réflexion sur la méthode, sur un véritable projet de gauche, n'a pas vraiment commencée, ou alors cela m'a échappé. Ce n'est pas en comparant les tares et les vertus supposées de DSK, Aubry, Royal et consorts et en bricolant un ersatz de programme sur un coin de table, que l'on va redonner aux français l'espoir en des jours meilleurs !

 

La France de Sarkozy n'est donc pas celle de ceux qui travaillent : salariés, professions libérales, artisans... mais le pays de ceux qui encaissent, de ceux qui se couchent et se lèvent tard et dont l'occupation principale est de consulter les cours de la bourse et de soustraire leur magot au fisc.

 

Sarkozy met notre pays au pas de la mondialisation selon les canons du modèle anglo-saxon. Voila sa grande réforme. Nous étions au bord du gouffre... avec lui nous avons fait un grand pas en avant !

 

Dans les ascenseurs des tours de New-York, de Shanghai, de Taiwan et d'ailleurs, des multitudes d'écran crachent à longueur d'étages les cours du Down, du CAC, du Dax, du Nikkei, du Footsie ...  pour que les hommes de main des grands financiers puissent à coup de sms  jongler à tout moment avec les milliards. 

Dans le même temps en France, en Europe, en Amérique... la fin du mois commence pour beaucoup le 15 ; dans le monde des milliards d'individus sont malnutris.