La Terre est pressée comme une orange...

Le silence assourdissant de la biodiversité qui s'effondre

L'homme est le seul primate qui n'est pas pas menacé d'extinction!

Pendant que le président élu de la plus grande puissance mondiale nie l'implication de ses congénères dans le désastre écologique en cours, les études sur l'évolution de la biodiversité se succèdent, convergent, et sont de plus en plus désespérantes.

 

La dernière en date, publiée dans Sciences Advances : Impending extinction crisis of the world’s primates: Why primates matter, annonce pour très vite l'extinction de nos très proches parents : les primates non humains.

 

Ces parents biologiques, jouent un rôle important dans les moyens de subsistance, les cultures et les religions de nombreuses sociétés et offrent une perspective unique sur l'évolution humaine, la biologie, le comportement et la menace des maladies émergentes. Ils sont une composante essentielle de la biodiversité tropicale, ils contribuent à la régénération des forêts et la santé des écosystèmes. 

 

De tout cela, l'humain, au mépris même de son intérêt bien compris, fait fi. De nombreux scientifiques imaginent qu'il se sentira bientôt très seul sur son tas de déchets industriels...

 

Cette méga-analyse porte sur 504 espèces de 79 genres répartis dans la zone néotropicale, le continent africain, Madagascar et l'Asie, elle indique que ~ 75% des espèces de primates sont en déclin et que~ 60% sont d'ores et déjà menacées d'extinction.

 

Cette situation est le résultat de l'escalade des pressions anthropiques sur les primates et leurs habitats : expansion de l'agriculture industrielle, élevage à grande échelle, exploitation forestière et minières (forages pétrole, gaz...).

 

Enfin une analyse globale récente suggère que de nombreux primates pâtiront de  l'évolution des conditions climatiques au cours du 21ème siècle : l'Amazonie, la forêt atlantique du Brésil, l'Amérique centrale et l'Asie de l' Est et du Sud - sont considérés comme des points sensibles de la vulnérabilité des primates face au changement climatique.

 

En conclusion, malgré un tableau très sombre, malgré l'extinction imminente d'un grand nombre de primates, les chercheurs restent persuadés que la conservation de nombreuses d'espèces n'est pas encore une cause perdue.

 

L'inversion de cette tendance est subordonnée à la mise en œuvre urgente de décisions scientifiques, politiques et de gestion immédiates visant à réduire les pressions environnementales et anthropiques sur ces  population.

 

Sinon, la réduction continue et accélérée de la biodiversité des primates est inéluctable.

 


Crimes contre la biodiversité

La sixième extinction de masse est actée

 

Lassitude de devoir répéter, depuis huit ans que j'ai ouvert cette rubrique, que notre biodiversité s'effondre, que d'enquêtes en colloques, de publications en conférences, les scientifiques produisent des données épouvantables à propos de cette extinction de masse dont l'homme est principalement responsable.

Ils prêchent dans le désert et un sinistre imbécile, élu à la tête du plus puissant pays du monde, peut se permettre encrasser davantage notre atmosphère, de fouiller plus avant dans les entrailles de la Terre, de stériliser des cultures pour élever des crassiers...

Pour quelques dollars de plus alors que c'est la survie de l'humanité qui est en cause !

 

Plus de blabla donc ici, mais des tableaux, des chiffres, des images, comme celles parues dans l'article de PNAS qui fait la une aujourd'hui des journaux et des média.

Demain il sera temps de tout oublier, puis d'aller complimenter l'armée française avec le triste crétin en question.

 

Je me posais une question depuis quelques années : où étaient passés les beaux chardonnerets qui venaient picorer les graines mises à disposition dans nos jardins ?

J'ai la réponse : en 20 ans leur population en France a diminué de 40%

 

RAPPORT PLANÈTE VIVANTE 2016

L'homme, ce grand ravageur

Des milliers d'espèces animales et végétales disparues, des dizaines de milliers menacées

D'années en années, le rapport "Planète Vivante" de l'ONG WorldWildLife (WWF), sur l'état de la biodiversité terrestre, se fait plus inquiétant et confirme que l'homme est une arme de destruction massive pour le vivant, animal et végétal, de cette planète.

 

Pour de nombreuses espèces, les dégâts sont irréversibles, pour beaucoup d'autres la fin est proche.

 

Quelques chiffres donnent une idée de l'ampleur du désastre.

Entre 1970 et 2012, la population des vertébrés (mammifères, oiseaux et poissons) a diminué de 58% :

 - le LPI terrestre (Living Planet Index) a perdu 38%,

 - le LPI marin a perdu 36%

 - le LPI eau douce s'est effondré de 81% (merci les pesticides!).

 

 

A court terme, ce sont les humains eux-mêmes qui seront victimes de leurs propres méfaits.

 

Les causes de cette atteinte majeure à la biodiversité sont clairement identifiées :

 

La perte ou la dégradation de l' habitat est la menace la plus commune pour les espèce en déclin.

Agriculture non durable,  développement résidentiel ou commercial,  production d'énergies non renouvelables, endommagent les zones vitales pour la faune et la flore.

 

- L'impact de notre système alimentaire, conduit à la surexploitation des océans, et à la pollution massive des terres.

 

- Le changement climatique (essentiellement d'origine anthropique), perturbe gravement le rythme de vie des animaux en provoquant migration et reproduction à contre-temps.

 

- Enfin, animaux et végétaux sont exposés, dans tous les milieux, à une constante surexploitation, au braconnage (*) volontaire ou involontaire (pêche).

 

(*) Caricature de la bêtise humaine : l'ancien gardien de but de l'OM, Pascal Olmeta; paradant il y a quelques jours, fusil en main, sur le cadavre de l'éléphant qu'il venait d'abattre.

 

 

Nous avons construit trop de villes à la campagne...

... urbains, trop urbains !

Mégalopole japonaise
Mégalopole japonaise

La revue américaine Science publie une série d'infographies interactives, qui montre à quel point la terre est devenue une planète urbaine.

 

Aujourd'hui, plus de la moitié des habitants de la planète vivent dans les villes, et la proportion est en forte croissance. En 2050, près des deux tiers d'entre nous seront des citadins.

 

Sur le plan écologique, les répercussions sont catastrophiques. L'imperméabilisation des sols provoque non seulement des crues dramatiques, mais en empêchant l'humification des sols, elle nuit aux écosystèmes aquatiques et porte atteinte à la biodiversité

Anthropocène : l'âge de l'homme

Le Musée national d'histoire naturelle à Washington DC met les pieds dans le plat en réaménageant ses salles d'exposition pour faire une place à une nouvelle ère terrestre : l'anthropocène.

 

Pour certains en effet, la révolution industrielle marque le point de départ d'une nouvelle ère géologique, succédant à l'holocène, qu'ils nomment anthropocène.

 

Avec l'anthropocène l'histoire de la Terre connait une inflexion majeure, désormais l'homme est la force géologique principale. 

 

Ainsi, avec les seules activités minières, les humains déplacent plus de sédiments que tous les fleuves du monde combinés. 

 

Homo sapiens a également réchauffé la planète, acidifié et fait monter le niveau des océans, provoqué l'érosion de la couche d'ozone...

 

Pour certains géoscientifiques, pour qui l'échelle de temps de l'histoire de la Terre est aussi fondamentale que le tableau périodique des éléments, il s'agit presque d'un sacrilège !

 

Pour ceux-là, "L'échelle de temps géologiques est l'une des grandes réalisations de l'humanité "

 

Jusqu'à ce jour, les travaux concernant l'échelle des temps géologiques ont été basés sur la stratigraphie  : l'études des couches de roche, des sédiments océaniques, des carottes de glace et autres dépôts géologiques.

 

L'anthropocène se situe dans une autre dimension, beaucoup plus complexe.

Reproduction de Nature 2015
Reproduction de Nature 2015

Pour le début de la dernière période géologique, l'Holocène, Michael Walker et ses collègues ont choisi un changement climatique - la fin de l'ultime période glaciaire - et identifiés une signature chimique de ce réchauffement, à une profondeur de 1,492.45 mètres, dans un noyau de glace foré à proximité du centre du Groenland .

Il s'agit donc d'une détermination très précise.

 

On doit à Paul Crutzen, chimiste à l'Institut Max Planck de Mainz, en Allemagne, les premières réflexions quant à l'impact des activités anthropiques sur notre planète.

Dans les années 70-80, il montre comment elles endommagent la couche d'ozone et peuvent conduire à de profonds bouleversements dans notre environnement.

 

Il recevra le Prix Nobel de chimie en 1995.

 

C'est donc lui et un biologiste américain, Eugene F. Stoermer, qui sont à l'origine du terme d'anthropocène.

 

Mais un chimiste et un biologiste n'étaient pas les mieux placés pour annoncer une nouvelle ère géologique. Il a fallu le relais de géologues pour que l'idée fasse son chemin.

 

Ce fut fait en 2008 avec une publication retentissante de géologues britanniques conduits par Jan Zalasiewicz et Mark Williams :

 

" Are we now living in the Anthropocène ? "

 

 Depuis, un groupe de travail s'est mis en place et les débats sont animés autour de la détermination du point de départ de cette nouvelle "ère géologique", car longue est la liste des bouleversements provoqués par l'homme !

 

Le début de la révolution industrielle a de nombreux adeptes mais d'autres options sont sur la table, comme l' expansion de l'agriculture et de l'élevage, il y a plus de 5000 ans, ou l'extension des activités minières, il y a plus de 3000 ans.

 

Hélas, il n'existe aucun signal géologique non équivoque et synchrone de l'activité humaine qui puisse signer ce point de départ !

Menaces sur la biodiversité

Blanchissement des coraux de la grande barrière de corail
Blanchissement des coraux de la grande barrière de corail

L'ampleur du désastre qui affecte la biodiversité est bien connue des scientifiques, qui alertent autorités et citoyens sur les conséquences catastrophiques pour l'avenir de l'humanité de disparitions aussi rapides et aussi massives de tant d'espèces.

 

Après nous le déluge semblent répondre en coeur beaucoup trop d'entre nous...

 

Parmi les multiples atteintes à nos écosystèmes, le blanchissement des coraux, lié à l'élévation de la température des mers et océans, fait actuellement l'objet de multiples travaux

Rapport "Planète Vivante 2012" du WWF : une catastrophe annoncée

1) L'indice planète vivante (IPV), qui mesure les variations de la biodiversité à partir du suivi de 9 014 populations appartenant à 2 688 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons, montre une diminution globale de 28 % de la biodiversité entre 1970 et 2008.


Cette moyenne résulte en fait d'une très forte disparité entre pays tempéré (+30%) et pays tropicaux (-60%).

 

2) L'empreinte écologique, qui mesure  la surface de terre et le volume d'eau nécessaires pour produire les ressources consommées par la population chaque année et absorber le dioxyde de carbone rejeté atteignait en 2008 18,2 milliards d'hectares globaux (hag, hectares de bioproductivité moyenne), soit 2,7 hag par personne, excède de 50 % la biocapacité de la planète.

 

Mais cette moyenne recèle aussi de très grosses disparités :

- l'empreinte carbone record est détenue par le Qatar (11,5 hag nécessaires par habitant), suivi du Koweït, des Emirats arabes unis, du Danemark et des Etats-Unis, (entre 8 et 10 hag par habitant). La France se classe à la 23e position, avec 5 hag, soit le double de la moyenne mondiale (2,7).

 

- Le Bangladesh, l'Erythrée, Haïti, l'Afghanistan, possèdent l'empreinte la plus faible, avec environ 0,4 hag par habitant.

 

D'une façon générale, la pression sur les ressources naturelles des pays les plus pauvres s'aggrave, qu'il s'agisse de produits alimentaires, biocarburants ou de matières premières... et de l'eau :  plus de 20% de l'eau consommée sur la planète est utilisée pour une production destinée à l'exportation.

 

Voir l'article ICI 

 

Première extinction d'un grand singe ?



Le gibbon de Hainan pourrait devenir le premier primate à disparaître.

 

Dans cette petite île du sud de la Chine, il ne resterait qu'une vingtaine d'individus. Cette population, qui comptait plus de 2000 membres en 1950, a été drastiquement réduite par la destruction de son habitat et par le braconnage.

Un plan de sauvetage est en cours d'élaboration.

 
 

... et d'un petit singe

 

Brachyteles hypoxanthus également sur la "liste rouge" de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

 

La Liste rouge de l’UICN constitue l’inventaire mondial le plus complet de l’état de conservation global des espèces végétales et animales. Elle s’appuie sur une série de critères précis pour évaluer le risque d’extinction de milliers d’espèces et de sous-espèces. Ces critères s’appliquent à toutes les espèces et à toutes les parties du monde.


Les gorilles résidant dans le parc national des Virunga (République démocratique du Congo), classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, sont menacés d'extinction .

 

Un exemple parmi des centaines des atteintes irréversibles à la biodiversité.



Quelques chiffres clefs

 

Dans la dernière édition de la Liste rouge mondiale (version 2014.2), sur les 74106 espèces étudiées, 22176 sont classées menacées.

Parmi ces espèces, 41% des amphibiens, 13% des oiseaux et 25% des mammifères sont menacés d’extinction au niveau mondial. C’est également le cas pour 31% des requins et raies, 33% des coraux constructeurs de récifs et 34% des conifères.

Dans cet état des lieux, la France figure parmi les 10 pays hébergeant le plus grand nombre d’espèces menacées : au total, 1048 espèces menacées au niveau mondial sont présentes sur son territoire, en métropole et en outre-mer.

Biodiversité : la mer se vide !

Chronologie (échelle logarithmique) du déclin des faunes marine et terrestre.
Chronologie (échelle logarithmique) du déclin des faunes marine et terrestre.

Bien que les humains prélèvent la faune marine depuis des milliers d'années, celle-ci est beaucoup moins affectée par les activités anthropiques que la faune terrestre. 

Cependant l'industrialisation récente de cette récolte a ouvert une ère de déclin intense des espèces aquatiques. Combinée au changement climatique (la barre de couleur correspond au réchauffement selon le GIEC), ces activités marines risquent de provoquer un effondrement des ressources halieutiques animales.

 

Voir l'article de Science


Il faut sauver les abeilles

Le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles est un phénomène mondial, maintenant bien avéré.

Si l'origine semble multifactorielle, l'effet désastreux des pesticides néonicotinoïdes est solidement établi.

 

Un éditorial du quotidien "Le Monde" (du 09/02/2013) appellait à l'interdiction totale de ces produits qui agissent à dose infime et dont l'effet persiste pendant des années.

 

 

Voir aussi le site du CNRS/sagascience : Biodiversité !