Peindre -II- Lumières !

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LE PLUS GRAND MUSEE VIRTUEL 

 

 De Paris à New-York, d'Amsterdam à Florence, de Londres à Saint-Petersbourg, de Versailles à Berlin, de Madrid à Moscou...

 

Voici des œuvres sélectionnées au gré des expos, des lectures, des rencontres.

Des coups de cœur en vrac !

 

Rencontre

Van Gogh/Artaud

Champ de blé aux corbeaux, VVG
Champ de blé aux corbeaux, VVG

 

"Il n’est pas ordinaire de voir un homme, avec, dans le ventre, le coup de fusil qui le tua, fourrer sur une toile des corbeaux noirs avec au-dessous une espèce de plaine livide peut-être, vide en tout cas, où la couleur lie-de-vin de la terre s’affronte éperdument avec le jaune sale des blés.


Mais nul autre peintre que Van Gogh n’aura su comme lui trouver, pour peindre ses corbeaux, ce noir de truffes, ce noir « de gueuleton de riche » et en même temps comme excrémentiel des ailes de corbeaux surpris par la lueur descendante du soir.


Et de quoi en bas se plaint la terre sous les ailes des corbeaux fastes, fastes pour le seul Van Gogh sans doute et, d’autre part, fastueux augure d’un mal qui, lui, ne le touchera plus ?


Car nul jusque-là n’avait comme lui fait de la terre ce linge sale, tordu de vin et de sang trempé.
Le ciel du tableau est très bas, écrasé,
violacé, comme des bas-côtés de foudre.


La frange ténébreuse insolite du vide montant d’après l’éclair.


Van Gogh a lâché ses corbeaux comme les microbes noirs de sa rate de suicidé à quelques centimètres du haut et comme du bas de la toile,
suivant la balafre noire de la ligne où le battement de leur plumage riche fait peser sur le rebroussement de la tempête terrestre les menaces d’une suffocation d’en-haut.
Et pourtant tout le tableau est riche.


Riche, somptueux et calme le tableau.


Digne accompagnement à la mort de celui qui, durant sa vie, fit tournoyer tant de soleils ivres sur tant de meules en rupture de ban, et qui, désespéré, un coup de fusil dans le ventre, ne sut pas ne pas inonder de sang et de vin un paysage, tremper la terre d’une dernière émulsion, joyeuse à la fois et ténébreuse, d’un goût de vin aigre et de vinaigre taré."

 

Antonin Artaud, Van Gogh le suicidé de la société

Felix Ziem/Cocteau - Venise



Où vit-on des danseurs au bout de feuilles mortes,
Tant de lions couchés devant le seuil des portes,
Tant d’aiguilles de bois, de dentelles de fer,
De dentelles de marbre et de chevaux en l’air ?


Où vit-on tant de fruits qu’on charge et qu’on décharge ?
Tant de Jésus marcher sur l’eau,
Tant de pigeons marchant de long en large
Avec habit à queue et les mains dans le dos ?


Où vit-on, d’un orteil, tenir sur une boule
Un homme armé d’un parchemin ?


Où vit-on labyrinthe encombré d’une foule
Qui jamais ne perd son chemin ?


Où vit-on flotter tant d’épluchures d'oranges,
Tant de ronds, de carrés, d’ovales, de losanges


Où vit-on des bustes charmants
Glisser, les bras tendus, sur le bord des terrasses ?


Où vit-on manger tant de glaces ?
Où vit-on des radeaux être de belles places ?


Où vit-on sur un pied dormir les monuments ?
Où vit-on un palais qui penche

Attendre quoi ? debout et le poing sur la hanche ?


Où vit-on sur la mer machiner un décor ?
Tant de filles en deuil et de dames blanches
Se mettre au carnaval une tête de mort ?


Où vit-on parcourir avec paniers et boîtes
Tant de porteurs légers qui n’ont que des mains droites ?


Où vit-on atteler des hippocampes d'or ?

Jean Cocteau, Préface à Venise que j'aime, 1951.

 

 

Canaletto

Lumière !

Turner

Sorolla, un peintre espagnol à Paris

  Le musée des Impressionnismes de Giverny accueille une grande exposition consacrée à un peintre espagnol parfois méconnu : Joaquín Sorolla (1863-1923). L’exposition présente une cinquantaine de tableaux qui ont fait sensation à Paris, puis dans le monde entier au début du siècle dernier.

 

"En 1906, le peintre espagnol Joaquín Sorolla expose pour la première fois à Paris, à la galerie Georges Petit, chez l’un des principaux promoteurs des impressionnistes.

 

L’événement rencontre un vif succès et achève d’établir la réputation internationale de l’artiste. Sa maîtrise des effets de la lumière conduit à le considérer comme un peintre impressionniste."

 

 

Orient

Delacroix, Carnets de voyage au Maroc

 

  Le lundi 21 novembre 1831, lors de la première représentation de Robert le diable à l’opéra, le comte Charles de Mornay invite Delacroix à l’accompagner au Maroc, où Louis-Philippe lui avait demandé de se rendre pour effectuer une mission diplomatique. Delacroix accepte.

 

 Le 31 décembre suivant, à l’occasion de la Saint-Sylvestre, les deux hommes dinent chez mademoiselle Mars, comédienne et maîtresse de Monsieur de Mornay, à son Hôtel, rue de la Tour-des-Dames. Le départ est fixé au lendemain, à trois heure du matin. 

 

Le mercredi 11 janvier 1832, ils embarquent à Toulon à bord de La Perle et débarquent à Tanger le mercredi 25 janvier. Les Français sont accueillis par les consuls des nations étrangères présents à Tanger et par le pacha Sidi Larbi Saïdi. Ils traversent la ville musique en tête et escortés par plus de vingt drapeaux portés par des hommes à cheval. Un monde nouveau s’ouvre alors aux yeux du peintre : «», écrit-il après avoir parcouru les souks et es ruelles de Tanger pour la première fois.

 

Ebloui par la lumière, le scintillement des images nouvelles qu’il découvre, Delacroix  dessine sans cesse. Il croque tout ce qui l’entoure, les couleurs, les architectures, les silhouettes, les attitudes. Ce séjour marquera à jamais son art :

 

"Imagine mon ami ce que c'est que de voir couchés au soleil, se promenant dans les rues, raccommodant des savates, des personnages consulaires, des Caton, des Brutus, auxquels il ne manque même pas l'air dédaigneux que devaient avoir les maîtres du monde " écrit-il dans une lettre à son ami Jean Baptiste Pierret."

Albane Piot, Ecole du Louvre  (les liens sont ajoutés)

 

VOIR Correspondance d'Eugène Delacroix

Delacroix : cavaliers arabes

Delacroix...
Delacroix...

Ecole de Tunis, Tunisie, Maroc...

Ali Bellagha, Adel Megdiche, Zoubeïr Turki, Jalel Ben Abdallah, Abdelaziz Gorgi, Neïla Ben Ayed, Aly Ben Salem, Majorelle, Delacroix, Lecomte du Nouy, Kandinsky, Agrasot, Biehn, Gassem, Matisse, Pontoy, Comerre, Macke, Neri, Van Dongen, Tanoux, Dinet, Bruneau...

 

 

Tunisie, début XXème siècle

Orientalisme : odalisques par Ingres, Matisse, Picasso...

Nu bleu - souvenir de Biskra - H. Matisse
Nu bleu - souvenir de Biskra - H. Matisse

Fragonard amoureux - Musée du Luxembourg - Paris

Courbet, peintre réaliste et rebelle

Gustave COURBET ( 1819, Franche-Comté - 1877, Suisse)

Gustave Courbet est un artiste peintre né en Franche Conté, à Ornans, en 1819 ; mort en exil en Suisse en 1877). Il s'installera à Paris en 1839.

 

Le peintre rebelle

Courbet est considère comme un théoricien du réalisme en peinture ; ses maîtres à penser sont la nature, la réalité, le peuple...

Après avoir vu ses oeuvres refusées, il loue un pavillon et expose ses oeuvres lui même. Courbet va initier la pratique où l'artiste choisit de créer lui même ses conditions d'expositions. En 1855, il expose ses oeuvres ("Le pavillon du réalisme"), créé le mouvement réaliste et écrit son manifeste.


" Les artistes qui ont cherché à se défaire de la tyrannie des écoles sont le noyau de la modernité. Tous ceux qui ont à un moment donné essayer de provoquer un écart entre eux et les écoles sont la définition de la modernité."

 

" Un enterrement à Ornans." (1850)

"Précédemment, on critiquait les oeuvres, mais on ne se basait que sur le savoir faire, sur la technique, mais pas sur le niveau fondamental de la position de l'oeuvre.

En cette seconde moitié de XIXe siècle, selon la tradition académique, les tableaux de grand format sont réservés aux sujets historiques, bibliques, mythologiques ou allégoriques. Courbet maltraite cette convention en peignant un monde familier, domestique, sur de très grandes toiles. Il estime que l'histoire contemporaine, fût-elle celle des gens du peuple, mérite ces grands formats. En affirmant que "L'art historique est par essence contemporain", Courbet exprime son désir de réformer la peinture d'histoire. Le titre original de l'Enterrement, Tableau historique d'un enterrement à Ornans, est de ce point de vue emblématique.

Il y a pas moins de 42 personnages sur cette oeuvre, et ceux-ci sont tous individualisés.  A l'arrière plan, un paysage très sobre, très délavé, et qui finalement est complètement plat. Cette oeuvre a très peu de perspective, aucun effort particulier n'est fait pour en créer, le seul élément qui peut permettre la mise en perspective est la fosse au premier plan.

On peut interpréter cette oeuvre en considérant que ce qui est mort, c'est la vieille peinture."

 

 " L'atelier du peintre" (1855)

"Cette période trouve son apogée dans L'Atelier du peintre (1854-1855), véritable tableau-manifeste dans lequel Courbet affirme ses choix artistiques et politiques. Courbet donne d'ailleurs à cette oeuvre de près de quatre mètres sur six le sous-titre évocateur de Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale.
Le jury du Salon de 1855 accepte plus d'une dizaine de toiles de Courbet, mais refuse son Atelier, à cause de la taille de l'oeuvre. Cette décision incite Courbet à organiser une exposition particulière, en marge de l'Exposition universelle, dans un bâtiment édifié à ses frais et qu'il nomme le "pavillon du Réalisme".

On trouve une mention en dessous de la peinture : « C'est par erreur que dans les livres du palais des beaux arts il m'est assigné un maître... » (Courbet explique ensuite que son seul maître est la nature).Cette peinture une nouvelle fois monumentale, a provoqué un choc entre plus grand que le précédent : une une femme est nue au milieu d'hommes habillés. Cette femme n'est pas traitée comme une muse : elle a trop de chair, pourtant  c'est son inspiratrice. On voit ici le rapport de Courbet à son travail : quels sont ses amis, quelles sont ses inspirations...Il est en train de peindre un extérieur alors qu'il est dans son atelier. Son atelier est gigantesque, le mur du fond est plat est une nouvelle fois n'indique aucun effet de perspective. Le tableau seul au premier plan créé la perspective."

 

"L'origine du monde" (1866)

LXIXe siècle connut dans la représentation du nu les prémices d’une révolution picturale dont les acteurs principaux furent Courbet et Manet. Courbet rejetait la peinture académique et ses nus lisses, idéalisés, mais s’attaquait aussi directement à la bienséance hypocrite du Second Empire, où l’érotisme voire la pornographie étaient tolérés lorsqu’il s’agissait de peinture mythologique ou onirique.

Le réalisme de Courbet, qui se targua plus tard de n’avoir jamais menti dans sa peinture, repoussait toujours plus loin les limites du présentable. Avec L’Origine du monde, il exhiba en quelque sorte la partie cachée de l’Olympia de Manet. Maxime du Camp, dans une sévère diatribe, relata sa visite chez le commanditaire de l’œuvre et sa vision d’un tableau « donnant le dernier mot du réalisme ».

 

Dans le livre "Trois dîners avec Gambetta ", Ludovic Halévy, ( l'ouvrage a été publié et annoté par son fils Daniel en 1929, chez Grasset ) Ludovic Halévy, reprend le récit fait par Gamnetta ( en substance sauf pour les propos de Courbet ): "C'était chez Khalil Bey,...Devant le tableau, on s'épuisait en phrases enthousiastes... Courbet alors de dire avec sa grosse voix grasseyante et traînante; " Vous trouvez cela beau...et vous avez raison...Oui cela est très beau, et tenez, Titien, Véronèse, LEUR Raphaël, MOI-MËME n'avons jamais rien fait de plus beau ".

 

Le communard

 

 

A la chute du Second Empire, Courbet est élu Président de la Fédération des artistes. Alors que Paris subit le siège des armées prussiennes et que beaucoup fuient la capitale, Courbet reste sur place. Lui qui avait déjà suivi avec intérêt les événements de 1848 garde sans doute à l'esprit le souvenir de son grand-père, sans-culotte en 1789.

 

En février 1871, son engagement se confirme : il se présente aux élections législatives, sans succès. En avril 1871, la commission exécutive de la Commune de Paris le charge de rouvrir les musées parisiens et d'organiser le Salon.


Elu au Conseil de la Commune, Gustave Courbet n'est cependant pas garde national et ne participe donc pas aux combats. Arrêté par les versaillais le 7 juin, le peintre est condamné en septembre à 6 mois de prison et 500 francs d'amende auxquels s'ajoutent 6 850 francs de frais de procédure. La sentence est plutôt clémente au regard des peines de mort et de déportation qui frappent d'autres communards... mais ce n'est que le début des ennuis judiciaires.

 

En 1873, à la suite d'un nouveau procès, Courbet est jugé responsable. On le condamne à rembourser les frais de reconstruction de la colonne Vendôme (dont on lui impute la responsabilité de la démolition) s'élevant à 323 091 francs.

Courbet perd une grande partie de sa fortune et part s'installer en Suisse de peur d'être à nouveau emprisonné. 

Durant son exil, l'Etat saisit ses biens, surveille ses amis et sa famille.

 

« [...] Quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi : celui-là n'a jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime si ce n'est le régime de la liberté. »

Lettre de Gustave Courbet à Maurice Richard, Ministre des Beaux Arts, le 23 juin 1870, publié dans Le Siècle le même jour.

 

Jules Vallès rend hommage au peintre et à «l'homme de paix» :

« [...] Il a eu la vie plus belle que ceux qui sentent, dès la jeunesse et jusqu'à la mort, l'odeur des ministères, le moisi des commandes. Il a traversé les grands courants, il a plongé dans l'océan des foules, il a entendu battre comme des coups de canon le cœur d'un peuple, et il a fini en pleine nature, au milieu des arbres, en respirant les parfums qui avaient enivré sa jeunesse, sous un ciel que n'a pas terni la vapeur des grands massacres, mais, qui, ce soir peut-être, embrasé par le soleil couchant, s'étendra sur la maison du mort, comme un grand drapeau rouge. »

L'origine du monde
L'origine du monde



Ouvrez un cerisier et il n’y aura pas de fleurs…
Mais la brise printanière donnera une myriade de floraisons.

C’est la bouche originelle, mais il reste muet ;
Il est entouré d’une magnifique touffe ;
Les gens sensés peuvent s’y oublier complètement ;
C’est aussi l’origine de tous les Bouddhas des dix milles mondes.

 

Ikkyū Sōjun

Autour de l'impressionnisme

Manet, Jeune femme parmi les fleurs
Manet, Jeune femme parmi les fleurs

L’exposition Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme, est organisée avec le musée d’Orsay à Paris et la National Gallery of Art de Washington

F. Bazille, Aigus-Mortes, 1867
F. Bazille, Aigus-Mortes, 1867

Comment regarder l'oeuvre de Frédéric Bazille, né le 6 décembre 1841 à Montpellier et mort au combat le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rolande (Loiret),  lors de la guerre franco-prussienne alors qu'il n'était âgé que de 28 ans ? 

Si ses premières toiles sont clairement celles d'un peintre en devenir, influencé par le réalisme ou son ami Monet, l'artiste a néanmoins achevé de nombreux chefs-d'oeuvre, dans lesquels s'affirme progressivement son génie singulier. 

 

Une soixantaine de tableaux est parvenue jusqu'à nous.

Organisée de façon thématique et chronologique à la fois, le parcours mêle les oeuvres de Bazille à celles de ses contemporains comme Delacroix, Courbet, Manet, Corot, Sisley, Monet, Renoir, Fantin-Latour, Guigou, Scholderer ou encore Cézanne...

D'après Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l’impressionnisme, Musée d'Orsay/ Flammarion

Exposition à Montpellier jusqu'au 16 octobre 2016

 

Eugène Boudin

 

Eugène Boudin naît en 1824, à Honfleur.

Alors que classicisme et romantisme s’affrontent, il choisit une voie nouvelle, inspirée par les peintres de l’école de 1830, mais résolument tournée vers le plein air, et surtout vers la recherche du fugitif."

En 1858, il convertit Claude Monet, de seize ans son cadet, à la peinture. Monet dira plus tard : "Je dois tout à Boudin". En 1859, ce sont les rencontres de Baudelaire, fasciné par les études au pastel de Boudin, puis de Courbet.

 

 

Les Impressionnistes

Manet, autoportait
Manet, autoportait

Edouard Manet ( 1832, Paris - 1883, Paris)

 

La révolution de l’impressionnisme et des peintres impressionnistes débute en 1863 : Edouard Manet présente au Salon des Refusés Le Déjeuner sur l’herbe. C’est un véritable choc pour une jeune génération de peintres tels que Claude Monet, qui décident alors de suivre la voie d’un art non plus descriptif, mais sensitif. La peinture impressionniste était née, qui allait préfigurer la naissance de l’art moderne.

Au début du XIXe siècle, la peinture a atteint la plus grande perfection technique grâce à des artistes tels David ou Ingres. Quelques décennies plus tard, une poignée d’artistes français posera les fondements de l’art moderne en substituant à la notion d’imitation, dogme adopté depuis la Renaissance, celle de sensation révélée par l’œuvre d’art.

 

L’impressionnisme n’est pas une école : il désigne plutôt une attitude commune, même si les résultats différent, et résulte d’une longue évolution de la peinture de paysage vers le pleinairisme et la quête de la sensation, où la perception de la lumière a un rôle fondamental. A côté d’un courant « plastique » (Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Paul Cézanne) coexiste un impressionnisme plus « social », proche du réalisme et influencé par Emile Zola, qui s’attache à montrer la réalité moins idéale de la vie quotidienne (Edgar Degas).

 

Sans le vouloir, Manet est l’élément déclencheur de cette révolution, développée et poussée par Monet à son terme extrême, aux limites de l’abstraction.

Issus du réalisme, Monet, Renoir, Bazille, Degas, Pissarro, Sisley, Cézanne et d’autres, chacun à leur manière, vont, en peignant la « vie moderne », comme le souhaitait Charles Baudelaire, être les héros d’une certaine démocratisation de l’art.

 

S'il fallut trente ans pour que les yeux de leurs contemporains s'habituent à leur peinture, c'est bien parce que celle-ci remettait en cause des siècles de peinture académique et codifiée.

 

Les peintres impressionnistes, tout en maintenant le lien avec la peinture du monde réel, se sont totalement affranchis du carcan du passé, d'abord par le choix des thèmes qu'ils abordent, pris dans la vie quotidien de tout un chacun, ensuite par un mode de représentation pictural entièrement nouveau.

 

Les peintres impressionnistes seront suivis par une génération d’artistes, dits post-impressionnistes, qui mettront la subjectivité au centre de leurs préoccupations : Paul Gauguin et Vincent Van Gogh sont les emblèmes singuliers de la réaction à l’impressionnisme, et guident les peintres vers les évolutions prochaines de l’avant-garde du début du XXe siècle.

 

Si aujourd'hui les impressionnistes sont au firmament de la peinture, il est important de rappeler à quel point leur peinture fut incomprise, rejetée et honnie à leur époque. Citons leur contemporain Théodore Duret (Critique d'art 1838-1927) dans son "Histoire des peintres impressionnistes" :

 

"Il faut dire, à la louange de ces hommes, que le mépris, les opprobres, la pauvreté ne les ont à aucun moment amenés à dévier de leur voie. Ils se sont tenus à leur manière tant honnie, sans chercher un seul instant à la modifier en quoi que ce soit, pour se faire accepter du public. Ils ont attendu, pendant de longues années, tout le temps nécessaire, que le public vînt à eux et qu'un changement d'opinion se produisît, soutenus par la conviction qu'ils avaient de la justesse de leurs principes et de la valeur de leur art."

 

 

Manet inventeur du Moderne

Manet portraitiste

Monet, Bazille, Renoir

Impression soleil levant, C. Monet (1872)
Impression soleil levant, C. Monet (1872)

 

C'est le critique d'art du journal Charivari, Louis Leroy, qui par dérision qualifia l'exposition de la « Société Anonyme coopérative d'artistes-peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes » créée par Monet en 1874, d' "exposition des Impressionnistes".

Giverny - Monet - Les Nymphéas

Giverny (photo)
Giverny (photo)

L'impressionnisme et la mode

Musée d'Orsay - Splendeurs et misères ("des courtisanes")

"De L'Olympia de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne."  Musée d'Orsay


Post-impressionnisme

Signac, les couleurs de l'eau

Albert Marquet, Musée d'art moderne - Paris -

A. Marquet - Le Pyla
A. Marquet - Le Pyla

 

" Le Musée d’Art moderne consacre à Albert Marquet (1875-1947), une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’œuvres -peintures et dessins-, certaines montrées pour la première fois en France. Le parcours chronologique et thématique de l’exposition permet de redécouvrir un artiste inclassable qui a évolué avec les mouvements de l’époque, du post-impressionnisme au fauvisme, tout en conservant son indépendance stylistique."

 

Albert Marquet, post-impressionniste né à Bordeaux (1875)

Camoin dans sa lumière

Musée Granet, Aix-en-Provence

Charles Camoin, (Marseille, 1879 - Paris, 1965) est l'un des peintres qui a le mieux restitué la lumière d'un lieu qui m'est particulièrement cher : le golfe de Saint-Tropez.

 

Le musée Granet, qui l'expose actuellement, le présente ainsi :

 

" Il appartient à cette génération d'artistes qui font la charnière entre le XIXe et le XXe, époque de tous les bouleversements qu'ils soient techniques, philosophiques ou artistiques. 

Il est très proche de Matisse, Manguin et Marquet qu'il a rencontrés aux Beaux-Arts de Paris. Camoin est associé au fauvisme et il est le seul des fauves à avoir noué une relation forte avec Cézanne. "

...

" Avec cette exposition, le visiteur traverse les différents moments fondamentaux de l'histoire de l'art et suit les chemins empruntés par Camoin. Elle propose ainsi de faire découvrir l'œuvre de Camoin depuis sa fréquentation de l'atelier de Gustave Moreau et du groupe Matisse, sa rencontre avec Cézanne, ses années fauves, sa relation avec l'artiste Emilie Charmy, jusqu'à son séjour au Maroc avec Matisse et sa vision de la Méditerranée, éblouissante et douce, chatoyante et contrastée."

St-Tropez et son golfe

Tanger

Nus

Art nouveau

Prague : Expo Lendl/Mucha

Aquarelles...

Sculpture

Musée Rodin (Paris) : La chair et le marbre

 

"Non content de faire jouer son sens de la synthèse plastique, Rodin sait animer un matériau classique voué, a priori, à l’immobilité. La chair, que les sculpteurs s’attachent à représenter depuis l’Antiquité, devient avec lui plus vivante que jamais..."

Musée Rodin

 

 

Rodin, l'exposition du centenaire

Auguste Rodin (1840-1917) est considéré comme le père de la sculpture moderne.

 

A l’occasion du centenaire de sa mort , le Grand Palais présente une exposition de ses plus grands chefs-d'oeuvre (Le Penseur, Le Baiser, les Bourgeois de Calais…).

 

Le parcours retrace les rêves et les gloires de ce poète de la passion, maître incontesté et monstre sacré. Entre scandales et coups d’éclat, il révolutionne la création artistique avant Braque, Picasso ou Matisse, et la fait à jamais basculer dans la modernité. L’exposition revient enfin sur son extraordinaire postérité auprès de générations d’artistes, de Carpeaux à Richier, en passant par Bourdelle, Claudel, Brancusi ou Picasso, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. "

 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Rodin, Paris

 

 

Une sculpture et l'histoire...

Pauline Borghèse par Canova
Pauline Borghèse par Canova