Peindre -II- Lumières !

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LE PLUS GRAND MUSEE VIRTUEL 

 

 De Paris à New-York, d'Amsterdam à Florence, de Londres à Saint-Petersbourg, de Versailles à Berlin, de Madrid à Moscou...

 

Lumière de Vermeer - Rijksmuseum

La plus grande exposition jamais consacrée au peintre, du 10 février  au 4 juin 2023

C’est en effet la première fois que sont réunies vingt-huit œuvres sur un corpus de trente-sept identifiées comme de la main du maître grâce à la collaboration des plus grands musées de New York, Paris, Dublin, Tokyo et d’autres...

 

Vermeer n’est pas une exception dans la peinture hollandaise du 17e siècle. Il existe un courant consacré aux scènes d’intérieur qui correspond à la demande locale.

Un véritable marché de l’art avait en effet émergé et les acheteurs étaient des bourgeois plus ou moins aisés, dont les goûts et les centres d’intérêt différaient profondément de ceux des aristocrates et des ecclésiastiques, commanditaires des tableaux dans l’Europe catholique.

 

Mais Vermeer apporte des effets de lumière et de perspective plus subtils et plus sophistiqués. On a pu démontrer qu’il utilisait probablement une chambre noire (camera obscura) pour capter une première image photographique du sujet. La chambre noire est un dispositif optique permettant de projeter sur une surface plane la lumière réfléchie par les objets environnants. On obtient sur la surface plane une image inversée de la scène réelle. Le principe est découvert au 10e siècle par un scientifique arabe, Ibn al-Haytham (965-1039).

 

 

Rencontre

VAN GOGH/ARTAUD : les suicidés de la société

A gauche, Vincent Van Gogh "Autoportrait au chapeau de feutre" (1887). A droite Antonin Artaud à la fin de sa vie.

 

Que se passe t-il quand un génie illuminé rencontre un fou... de peinture ? Un texte à nul autre pareil, où l'auteur, à travers une analyse au scalpel de l'oeuvre et de la vie de Van Gogh, vomit son désespoir, sa haine de la médecine, de la psychiatrie... et du genre humain.

 

 Antonin Artaud

Van Gogh, Le suicidé de la société

 

L'auteur c'est Antonin Arthaud (1996-1948), pour moi le plus génial, le plus honorable, le plus sincère des surréalistes... qui finiront par l'exclure violemment, au moment de leur rapprochement avec le parti communiste :

 « [...] Il y a longtemps que nous voulions le confondre, persuadés qu'une véritable bestialité l'animait [...] Cette canaille aujourd'hui nous l'avons vomie. Nous ne voyons pas pourquoi cette charogne tarderait plus longtemps à se convertir, ou, comme sans doute elle dirait, à se déclarer chrétienne

Un texte signé par Breton, Aragon et Eluard... qui ne les grandit pas !

 

Artaud n'a jamais cessé d'écrire et notamment des correspondances où il se dit envoûté, comme l'avait été aussi Van Gogh.

 

Dès ses premiers textes, Artaud décrit ce qu’il appelle une décorporisation de la réalité, l’impression de ne pas avoir de corps, de ne pas être en vie. C’est un mal profond qui a été diagnostiqué quand il avait 18/20 ans, une neurasthénie disait-on à l’époque.

 

De 1938 à 1947, il passe 9 ans dans plusieurs hôpitaux psychiatriques (il consultera à Montpellier, fut interné à Rodez) qui lui appliquent les traitements les plus violents de l'époque, comme les électrochocs, vécus comme autant de séances de torture :

"L'électrochoc, M. Latrémolière, me désespère, il m'enlève la mémoire, il engourdit ma pensée et mon cœur, il fait de moi un absent qui se connaît absent et se voit pendant des semaines à la poursuite de son être, comme un mort à côté d'un vivant qui n'est plus lui, qui exige sa venue et chez qui il ne peut entrer"

 

Mais Artaud est bien plus qu'un écrivain : c'est un homme de théâtre, de cinéma, un dessinateur, un critique d'art, un explorateur (de l'imaginaire ?)...

La postérité évoquera surtout sa folie et ses délires. Mais le théâtre contemporain s'en inspirera et lui rendra hommage.

 

Dans "Van Gogh le suicidé de la société", un essai publié en 1947 à l'occasion d'une exposition au Musée de l'Orangerie, Artaud "hurle" que "Van Gogh n'était pas fou" !

"On peut parler de la bonne santé mentale de Van Gogh qui, dans toute sa vie, ne s’est fait cuire qu’une main et n’a pas fait plus, pour le reste, que de se trancher une fois l’oreille gauche"

" Non, Van Gogh n’était pas fou, mais ses peintures étaient des feux grégeois, des bombes atomiques, dont l’angle de vision, à côté de toutes les autres peintures qui sévissaient à cette époque, eût été capable de déranger gravement le conformisme larvaire de la bourgeoisie second Empire..."

 

C'est la psychiatrie, c'est l'asile, et au-delà la société, qui ont voulu faire de lui un dément !

 Et puis même le serait-il :

"Il y a dans tout dément un génie incompris dont l’idée qui luisait dans sa tête fit peur, et qui n’a pu trouver que dans le délire une issue aux étranglements que lui avait préparés la vie."

 

On l'aura compris, quand Artaud évoque Van Gogh, il parle aussi de lui.

 

J'ai choisi quelques peintures du peintre néerlandais, avec les commentaires d'Antonin Artaud, issus du texte dont je propose quelques extraits ci-après.

 

JPL - mars 2021

 

 

ANTONIN ARTAUD […] Un fou, Van Gogh ?

 [EXTRAITS] de  VAN GOGH, LE SUICIDÉ DE LA SOCIÉTÉ

 –

" Un fou, Van Gogh ?

 

Que celui qui a su un jour regarder une face humaine regarde le portrait de Van Gogh par lui-même, je pense à celui avec un chapeau mou. Peinte par Van Gogh extralucide, cette figure de boucher roux, qui nous inspecte et nous épie, qui nous scrute avec un œil torve aussi.

 

Je ne connais pas un seul psychiatre qui saurait scruter un visage d’homme avec une force aussi écrasante et en disséquer comme au tranchoir l’irréfragable psychologie.

 

L’œil de Van Gogh est d’un grand génie, mais à la façon dont je le vois me disséquer moi- même du fond de la toile où il a surgi, ce n’est plus le génie d’un peintre que je sens en ce moment vivre en lui, mais celui d’un certain philosophe par moi jamais rencontré dans la vie.

 

Le regard de Van Gogh est pendu, vissé, il est vitré derrière ses paupières rares, ses sourcils maigres et sans un pli. C’est un regard qui enfonce droit, il transperce dans cette figure taillée à la serpe comme un arbre bien équarri.

Mais Van Gogh a saisi le moment où la prunelle va verser dans le vide, où ce regard, parti contre nous comme la bombe d’un météore, prend la couleur atone du vide et de l’inerte qui le remplit.

 

Mieux qu’aucun psychiatre au monde, c’est ainsi que le grand Van Gogh a situé sa maladie. Je perce, je reprends, j’inspecte, j’accroche, je descelle, ma vie morte ne recèle rien, et le néant au surplus n’a jamais fait de mal à personne, ce qui me force à revenir au dedans, c’est cette absence désolante qui passe et me submerge par moments, mais j’y vois clair, très clair, même le néant je sais ce que c’est, et je pourrais dire ce qu’il y a dedans.

 

Et il avait raison, Van Gogh, on peut vivre pour l’infini, ne se satisfaire que d’infini, il y a assez d’infini sur la terre et dans les sphères pour rassasier mille grands génies, et si Van Gogh n’a pas pu combler son désir d’en irradier sa vie entière, c’est que la société le lui a interdit. Carrément et consciemment interdit.

 

Il y a eu un jour les exécuteurs de Van Gogh, comme il y a eu ceux de Gérard de Nerval, de Baudelaire, d’Edgar Poe et de Lautréamont. Ceux qui un jour ont dit : Et maintenant, assez, Van Gogh, à la tombe, nous en avons assez de ton génie, quant à l’infini, c’est pour nous, l’infini.

 

Car ce n’est pas à force de chercher l’infini que Van Gogh est mort, qu’il s’est vu contraint d’étouffer de misère et d’asphyxie, c’est à force de se le voir refuser par la tourbe de tous ceux qui, de son vivant même, croyaient détenir l’infini contre lui ;et Van Gogh aurait pu trouver assez d’infini pour vivre pendant toute sa vie si la conscience bestiale de la masse n’avait voulu se l’approprier pour nourrir ses partouses à elle, qui n’ont jamais rien eu à voir avec la peinture ou avec la poésie. De plus, on ne se suicide pas tout seul.

 

Nul n’a jamais été seul pour naître. Nul non plus n’est seul pour mourir. Mais, dans le cas du suicide, il faut une armée de mauvais êtres pour décider le corps au geste contre nature de se priver de sa propre vie. Et je crois qu’il y a toujours quelqu’un d’autre à la minute de la mort extrême pour nous dépouiller de notre propre vie.

 

Ainsi donc, Van Gogh s’est condamné, parce qu’il avait fini de vivre...

Mais surtout Van Gogh voulait enfin rejoindre cet infini pour lequel, dit-il, on s’embarque comme dans un train pour une étoile, et on s’embarque le jour où l’on a bien décidé d’en finir avec la vie.

 

  Il y a des consciences qui, à de certains jours, se tueraient pour une simple contradiction, et il n’est pas besoin pour cela d’être fou, fou repéré et catalogué, il suffit, au contraire, d’être en bonne santé et d’avoir la raison de son côté.

 

Moi, dans un cas pareil, je ne supporterai plus sans commettre un crime de m’entendre dire : « Monsieur Artaud, vous délirez », comme cela m’est si souvent arrivé.

 

Et Van Gogh se l’est entendu dire. Et c’est de quoi s’est tordu à sa gorge ce nœud de sang qui l’a tué. […]"

 

Antonin Artaud, 1947

 

 

" Or, c’est de son coup de massue, vraiment de son coup de massue que Van Gogh ne cesse de frapper toutes les formes de la nature et les objets.

Cardés par le clou de Van Gogh,

les paysages montrent leur chair hostile,

la hargne de leurs replis éventrés,

que l’on ne sait quelle force étrange est, d’autre part, en train de métamorphoser."

 

Champ de blé aux corbeaux (1890)

 

"Il n’est pas ordinaire de voir un homme, avec, dans le ventre, le coup de fusil qui le tua, fourrer sur une toile des corbeaux noirs avec au-dessous une espèce de plaine livide peut-être, vide en tout cas, où la couleur lie-de-vin de la terre s’affronte éperdument avec le jaune sale des blés."

 

 

 

" Le ciel du tableau est très bas, écrasé,

violacé, comme des bas-côtés de foudre.

La frange ténébreuse insolite du vide montant d’après l’éclair.

Van Gogh a lâché ses corbeaux comme les microbes noirs de sa rate de suicidé à quelques centimètres du haut et comme du bas de la toile,

suivant la balafre noire de la ligne où le battement de leur plumage riche fait peser sur le rebroussement de la tempête terrestre les menaces d’une suffocation d’en-haut.

Et pourtant tout le tableau est riche.

Riche, somptueux et calme le tableau.

Digne accompagnement à la mort de celui qui, durant sa vie, fit tournoyer tant de soleils ivres sur tant de meules en rupture de ban, et qui, désespéré, un coup de fusil dans le ventre, ne sut pas ne pas inonder de sang et de vin un paysage, tremper la terre d’une dernière émulsion, joyeuse à la fois et ténébreuse, d’un goût de vin aigre et de vinaigre taré.

C’est ainsi que le ton de la dernière toile peinte par Van Gogh est, lui qui, d’autre part, n’a jamais dépassé la peinture, d’évoquer le timbre abrupt et barbare du drame élisabéthain le plus pathétique, passionnel et passionné.

C’est ce qui me frappe le plus dans Van Gogh, le plus peintre de tous les peintres et qui, sans aller plus loin que ce qu’on appelle et qui est la peinture, sans sortir du tube, du pinceau, du cadrage du motif et de la toile pour recourir à l’anecdote, au récit, au drame, à l’action imagée, à la beauté intrinsèque du sujet et de l’objet, est arrivé à passionner la nature et les objets de telle sorte que tel fabuleux conte d’Edgar Poe, d’Herman Melville, de Nathanaël Hawthorne, de Gérard de Nerval, d’Achim Arnim ou d’Hoffmann, n’en dit pas plus long sur le plan psychologique et dramatique que ses toiles de quatre sous,

ses toiles presque toutes, d’ailleurs, et comme par un fait exprès, de médiocre dimension.

 

Si Van Gogh n’était pas mort à 37 ans je n’en appellerais pas à la Grande Pleureuse pour me dire de quels suprêmes chefs-d’œuvre la peinture eût été enrichie,

car je ne crois pas, après les « Corbeaux », me résoudre à croire que Van Gogh eût peint un tableau de plus.

Je pense qu’il est mort à 37 ans parce qu’il était, hélas, arrivé au bout de sa funèbre et révoltante histoire de garrotté d’un mauvais esprit."

 

 

La chaise de Gauguin (1888)

"Un bougeoir sur une chaise, un fauteuil de paille tressée,

Un livre sur le fauteuil,

Et voilà le drame éclairé.

Qui va entrer ?

Sera-ce Gauguin ou un autre fantôme ?

 

Le bougeoir allumé sur le fauteuil de paille indique, paraît-il, la ligne de démarcation lumineuse qui sépare les deux individualités antagonistes de Van Gogh et de Gauguin.

L’objet esthétique de leur dispute n’offrirait, si on le racontait, pas grand-intérêt peut-être, mais il devait indiquer entre les deux natures de Van Gogh et de Gauguin une scission humaine de fond.

Je crois que Gauguin pensait que l’artiste doit rechercher le symbole, le mythe, agrandir les choses de la vie jusqu’au mythe,

alors que Van Gogh pensait qu’il faut savoir déduire le mythe des choses les plus terre-à-terre de la vie.

En quoi je pense, moi, qu’il avait foutrement raison.

 

Car la réalité est terriblement supérieure à toute histoire, à toute fable, à toute divinité, à toute surréalité."

 

"C’est ainsi que la lumière du bougeoir sonne, que la lumière du bougeoir allumé sur le fauteuil de paille verte sonne comme la respiration d’un corps aimant devant le corps d’un malade endormi.

Elle sonne comme une étrange critique, un profond et surprenant jugement dont il semble bien que Van Gogh puisse nous permettre de présumer la sentence plus tard, beaucoup plus tard, au jour où la lumière violette du fauteuil de paille aura achevé de submerger le tableau.

Et on ne peut pas ne pas remarquer cette coupure de lumière lilas qui mange les barreaux du grand fauteuil torve, du vieux fauteuil écarquillé de paille verte, bien qu’on ne puisse pas tout de suite la remarquer."

 

La nuit étoilée (1889)

 

"C’est ainsi que d’étranges forces sont soulevées et amenées dans la voûte astrale, dans cette espèce de coupole sombre que constitue par-dessus toute la respiration humaine, la venimeuse agressivité du mauvais esprit de la plupart des gens."

 

 

Champ de blé avec une alouette (1887)

 

 

"Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Les oliviers de Saint-Rémy (1889)

 Le cyprès solaire.

 La chambre à coucher.

 La cueillette des olives.

 Les Aliscamps.

 Le café d’Arles.

 

Le pont où on a envie de plonger le doigt dans l’eau, dans un mouvement de régression violente à un état d’enfance auquel vous contraint la poigne faramineuse de Van Gogh.

L’eau est bleue,

pas d’un bleu d’eau,

d’un bleu de peinture liquide.

Le fou suicidé est passé par là et il a rendu l’eau de la peinture à la nature,

mais à lui qui la lui rendra ?"


La chambre à coucher (1888)

 

Sur leOcculte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

Et ce fut sûrement de la faute de Van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces couleurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

 

Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand Van Gogh n’apparaît.

Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

 

  

La Palette de Van Gogh

 

Pour ceux qui n'ont pu profiter de l' Expérience immersive du Musée d'Orsay, qui s'est terminée le 04 février 2024.

La Palette de Van Gogh est une expérience inédite interactive et immersive.

 

Van Gogh d'hier... et de demain !

Van Gogh à Auvers-sur-Oise, les derniers mois

Présentée au musée d’Orsay à l’automne 2023, cette exposition est la première consacrée aux œuvres produites par Vincent van Gogh (1853-1890) durant les deux derniers mois de sa vie, à Auvers-sur-Oise, près de Paris.

 

Aucune exposition n’a encore été consacrée exclusivement à ce stade final, pourtant crucial, de sa carrière. En deux mois, le peintre a produit 74 tableaux et 33 dessins, parmi lesquels des œuvres iconiques : Le Docteur Paul Gachet (ci-contre), L’église d’Auvers-sur-Oise, ou encore Champ de blé aux corbeaux.

 

Riche d’une quarantaine de tableaux et d’une vingtaine de dessins, l’exposition met en lumière cette période dans un propos thématique : premiers paysages figurant le village, portraits, natures mortes, paysages de la campagne environnante.

 

 

 

Dans « Bonjour Vincent » au musée d'Orsay, Vincent van Gogh discute avec les visiteurs grâce à l'intelligence artificielle

« Bonjour Vincent », destiné à représenter l'humanité du peintre, a été assemblé par des ingénieurs utilisant l'intelligence artificielle pour analyser quelque 900 lettres écrites par l'artiste au cours des années 1800, ainsi que les premières biographies écrites sur lui.

 

Il offre une rencontre unique et personnalisée entre les visiteurs et Vincent van Gogh

Grâce à un microphone connecté à une borne interactive, l'application permet aux visiteurs de discuter en tête-à-tête avec l'artiste pendant qu'il peint son célèbre Champ de blé aux corbeaux.

 

 L'approche scientifique de l'expérience permet d'obtenir l'IA de Vincent van Gogh au plus près de sa personnalité et de ses connaissances, de manière aussi ludique qu'éducative.

 

Jumbo Mana, la start-up technologique qui a développé l'algorithme de van Gogh, a annoncé son intention de lancer le programme d'IA de van Gogh sur les appareils Amazon Alexa et Echo au cours de l'année prochaine.

 La compagnie travaille sur un projet similaire basé sur la vie du poète français Arthur Rimbaud, un autre artiste radical qui a expérimenté les hallucinations et les limites de la conscience.

 

 

Felix Ziem/Cocteau - Venise



Où vit-on des danseurs au bout de feuilles mortes,
Tant de lions couchés devant le seuil des portes,
Tant d’aiguilles de bois, de dentelles de fer,
De dentelles de marbre et de chevaux en l’air ?


Où vit-on tant de fruits qu’on charge et qu’on décharge ?
Tant de Jésus marcher sur l’eau,
Tant de pigeons marchant de long en large
Avec habit à queue et les mains dans le dos ?


Où vit-on, d’un orteil, tenir sur une boule
Un homme armé d’un parchemin ?


Où vit-on labyrinthe encombré d’une foule
Qui jamais ne perd son chemin ?


Où vit-on flotter tant d’épluchures d'oranges,
Tant de ronds, de carrés, d’ovales, de losanges


Où vit-on des bustes charmants
Glisser, les bras tendus, sur le bord des terrasses ?


Où vit-on manger tant de glaces ?
Où vit-on des radeaux être de belles places ?


Où vit-on sur un pied dormir les monuments ?
Où vit-on un palais qui penche

Attendre quoi ? debout et le poing sur la hanche ?


Où vit-on sur la mer machiner un décor ?
Tant de filles en deuil et de dames blanches
Se mettre au carnaval une tête de mort ?


Où vit-on parcourir avec paniers et boîtes
Tant de porteurs légers qui n’ont que des mains droites ?


Où vit-on atteler des hippocampes d'or ?

Jean Cocteau, Préface à Venise que j'aime, 1951.

 

 

Canaletto

Lumière !

Turner

Sorolla, un peintre espagnol à Paris

  Le musée des Impressionnismes de Giverny accueille une grande exposition consacrée à un peintre espagnol parfois méconnu : Joaquín Sorolla (1863-1923). L’exposition présente une cinquantaine de tableaux qui ont fait sensation à Paris, puis dans le monde entier au début du siècle dernier.

 

"En 1906, le peintre espagnol Joaquín Sorolla expose pour la première fois à Paris, à la galerie Georges Petit, chez l’un des principaux promoteurs des impressionnistes.

 

L’événement rencontre un vif succès et achève d’établir la réputation internationale de l’artiste. Sa maîtrise des effets de la lumière conduit à le considérer comme un peintre impressionniste."

 

 

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Joaquin Sorolla - Lumières méditerranéennes
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Orient

Delacroix, Carnets de voyage au Maroc

 

  Le lundi 21 novembre 1831, lors de la première représentation de Robert le diable à l’opéra, le comte Charles de Mornay invite Delacroix à l’accompagner au Maroc, où Louis-Philippe lui avait demandé de se rendre pour effectuer une mission diplomatique. Delacroix accepte.

 

 Le 31 décembre suivant, à l’occasion de la Saint-Sylvestre, les deux hommes dinent chez mademoiselle Mars, comédienne et maîtresse de Monsieur de Mornay, à son Hôtel, rue de la Tour-des-Dames. Le départ est fixé au lendemain, à trois heure du matin. 

 

Le mercredi 11 janvier 1832, ils embarquent à Toulon à bord de La Perle et débarquent à Tanger le mercredi 25 janvier. Les Français sont accueillis par les consuls des nations étrangères présents à Tanger et par le pacha Sidi Larbi Saïdi. Ils traversent la ville musique en tête et escortés par plus de vingt drapeaux portés par des hommes à cheval. Un monde nouveau s’ouvre alors aux yeux du peintre : «», écrit-il après avoir parcouru les souks et es ruelles de Tanger pour la première fois.

 

Ebloui par la lumière, le scintillement des images nouvelles qu’il découvre, Delacroix  dessine sans cesse. Il croque tout ce qui l’entoure, les couleurs, les architectures, les silhouettes, les attitudes. Ce séjour marquera à jamais son art :

 

"Imagine mon ami ce que c'est que de voir couchés au soleil, se promenant dans les rues, raccommodant des savates, des personnages consulaires, des Caton, des Brutus, auxquels il ne manque même pas l'air dédaigneux que devaient avoir les maîtres du monde " écrit-il dans une lettre à son ami Jean Baptiste Pierret."

Albane Piot, Ecole du Louvre  (les liens sont ajoutés)

 

VOIR Correspondance d'Eugène Delacroix

Delacroix : cavaliers arabes

Delacroix...
Delacroix...

Ecole de Tunis, Tunisie, Maroc...

Ali Bellagha, Adel Megdiche, Zoubeïr Turki, Jalel Ben Abdallah, Abdelaziz Gorgi, Neïla Ben Ayed, Aly Ben Salem, Majorelle, Delacroix, Lecomte du Nouy, Kandinsky, Agrasot, Biehn, Gassem, Matisse, Pontoy, Comerre, Macke, Neri, Van Dongen, Tanoux, Dinet, Bruneau...

 

 

Orientalisme : odalisques par Ingres, Matisse, Picasso...

Nu bleu - souvenir de Biskra - H. Matisse
Nu bleu - souvenir de Biskra - H. Matisse

Courbet, peintre réaliste et rebelle

Gustave COURBET ( 1819, Franche-Comté - 1877, Suisse)

Gustave Courbet est un artiste peintre né en Franche Conté, à Ornans, en 1819 ; mort en exil en Suisse en 1877). Il s'installera à Paris en 1839.

 

Le peintre rebelle

Courbet est considère comme un théoricien du réalisme en peinture ; ses maîtres à penser sont la nature, la réalité, le peuple...

Après avoir vu ses oeuvres refusées, il loue un pavillon et expose ses oeuvres lui même. Courbet va initier la pratique où l'artiste choisit de créer lui même ses conditions d'expositions. En 1855, il expose ses oeuvres ("Le pavillon du réalisme"), créé le mouvement réaliste et écrit son manifeste.


" Les artistes qui ont cherché à se défaire de la tyrannie des écoles sont le noyau de la modernité. Tous ceux qui ont à un moment donné essayer de provoquer un écart entre eux et les écoles sont la définition de la modernité."

 

" Un enterrement à Ornans." (1850)

"Précédemment, on critiquait les oeuvres, mais on ne se basait que sur le savoir faire, sur la technique, mais pas sur le niveau fondamental de la position de l'oeuvre.

En cette seconde moitié de XIXe siècle, selon la tradition académique, les tableaux de grand format sont réservés aux sujets historiques, bibliques, mythologiques ou allégoriques. Courbet maltraite cette convention en peignant un monde familier, domestique, sur de très grandes toiles. Il estime que l'histoire contemporaine, fût-elle celle des gens du peuple, mérite ces grands formats. En affirmant que "L'art historique est par essence contemporain", Courbet exprime son désir de réformer la peinture d'histoire. Le titre original de l'Enterrement, Tableau historique d'un enterrement à Ornans, est de ce point de vue emblématique.

Il y a pas moins de 42 personnages sur cette oeuvre, et ceux-ci sont tous individualisés.  A l'arrière plan, un paysage très sobre, très délavé, et qui finalement est complètement plat. Cette oeuvre a très peu de perspective, aucun effort particulier n'est fait pour en créer, le seul élément qui peut permettre la mise en perspective est la fosse au premier plan.

On peut interpréter cette oeuvre en considérant que ce qui est mort, c'est la vieille peinture."

 

 " L'atelier du peintre" (1855)

"Cette période trouve son apogée dans L'Atelier du peintre (1854-1855), véritable tableau-manifeste dans lequel Courbet affirme ses choix artistiques et politiques. Courbet donne d'ailleurs à cette oeuvre de près de quatre mètres sur six le sous-titre évocateur de Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale.
Le jury du Salon de 1855 accepte plus d'une dizaine de toiles de Courbet, mais refuse son Atelier, à cause de la taille de l'oeuvre. Cette décision incite Courbet à organiser une exposition particulière, en marge de l'Exposition universelle, dans un bâtiment édifié à ses frais et qu'il nomme le "pavillon du Réalisme".

On trouve une mention en dessous de la peinture : « C'est par erreur que dans les livres du palais des beaux arts il m'est assigné un maître... » (Courbet explique ensuite que son seul maître est la nature).Cette peinture une nouvelle fois monumentale, a provoqué un choc entre plus grand que le précédent : une une femme est nue au milieu d'hommes habillés. Cette femme n'est pas traitée comme une muse : elle a trop de chair, pourtant  c'est son inspiratrice. On voit ici le rapport de Courbet à son travail : quels sont ses amis, quelles sont ses inspirations...Il est en train de peindre un extérieur alors qu'il est dans son atelier. Son atelier est gigantesque, le mur du fond est plat est une nouvelle fois n'indique aucun effet de perspective. Le tableau seul au premier plan créé la perspective."

 

"L'origine du monde" (1866)

LXIXe siècle connut dans la représentation du nu les prémices d’une révolution picturale dont les acteurs principaux furent Courbet et Manet. Courbet rejetait la peinture académique et ses nus lisses, idéalisés, mais s’attaquait aussi directement à la bienséance hypocrite du Second Empire, où l’érotisme voire la pornographie étaient tolérés lorsqu’il s’agissait de peinture mythologique ou onirique.

Le réalisme de Courbet, qui se targua plus tard de n’avoir jamais menti dans sa peinture, repoussait toujours plus loin les limites du présentable. Avec L’Origine du monde, il exhiba en quelque sorte la partie cachée de l’Olympia de Manet. Maxime du Camp, dans une sévère diatribe, relata sa visite chez le commanditaire de l’œuvre et sa vision d’un tableau « donnant le dernier mot du réalisme ».

 

Dans le livre "Trois dîners avec Gambetta ", Ludovic Halévy, ( l'ouvrage a été publié et annoté par son fils Daniel en 1929, chez Grasset ) Ludovic Halévy, reprend le récit fait par Gamnetta ( en substance sauf pour les propos de Courbet ): "C'était chez Khalil Bey,...Devant le tableau, on s'épuisait en phrases enthousiastes... Courbet alors de dire avec sa grosse voix grasseyante et traînante; " Vous trouvez cela beau...et vous avez raison...Oui cela est très beau, et tenez, Titien, Véronèse, LEUR Raphaël, MOI-MËME n'avons jamais rien fait de plus beau ".

 

Le communard

 

 

A la chute du Second Empire, Courbet est élu Président de la Fédération des artistes. Alors que Paris subit le siège des armées prussiennes et que beaucoup fuient la capitale, Courbet reste sur place. Lui qui avait déjà suivi avec intérêt les événements de 1848 garde sans doute à l'esprit le souvenir de son grand-père, sans-culotte en 1789.

 

En février 1871, son engagement se confirme : il se présente aux élections législatives, sans succès. En avril 1871, la commission exécutive de la Commune de Paris le charge de rouvrir les musées parisiens et d'organiser le Salon.


Elu au Conseil de la Commune, Gustave Courbet n'est cependant pas garde national et ne participe donc pas aux combats. Arrêté par les versaillais le 7 juin, le peintre est condamné en septembre à 6 mois de prison et 500 francs d'amende auxquels s'ajoutent 6 850 francs de frais de procédure. La sentence est plutôt clémente au regard des peines de mort et de déportation qui frappent d'autres communards... mais ce n'est que le début des ennuis judiciaires.

 

En 1873, à la suite d'un nouveau procès, Courbet est jugé responsable. On le condamne à rembourser les frais de reconstruction de la colonne Vendôme (dont on lui impute la responsabilité de la démolition) s'élevant à 323 091 francs.

Courbet perd une grande partie de sa fortune et part s'installer en Suisse de peur d'être à nouveau emprisonné. 

Durant son exil, l'Etat saisit ses biens, surveille ses amis et sa famille.

 

« [...] Quand je serai mort, il faudra qu'on dise de moi : celui-là n'a jamais appartenu à aucune école, à aucune église, à aucune institution, à aucune académie, surtout à aucun régime si ce n'est le régime de la liberté. »

Lettre de Gustave Courbet à Maurice Richard, Ministre des Beaux Arts, le 23 juin 1870, publié dans Le Siècle le même jour.

 

Jules Vallès rend hommage au peintre et à «l'homme de paix» :

« [...] Il a eu la vie plus belle que ceux qui sentent, dès la jeunesse et jusqu'à la mort, l'odeur des ministères, le moisi des commandes. Il a traversé les grands courants, il a plongé dans l'océan des foules, il a entendu battre comme des coups de canon le cœur d'un peuple, et il a fini en pleine nature, au milieu des arbres, en respirant les parfums qui avaient enivré sa jeunesse, sous un ciel que n'a pas terni la vapeur des grands massacres, mais, qui, ce soir peut-être, embrasé par le soleil couchant, s'étendra sur la maison du mort, comme un grand drapeau rouge. »

L'origine du monde
L'origine du monde



Ouvrez un cerisier et il n’y aura pas de fleurs…
Mais la brise printanière donnera une myriade de floraisons.

C’est la bouche originelle, mais il reste muet ;
Il est entouré d’une magnifique touffe ;
Les gens sensés peuvent s’y oublier complètement ;
C’est aussi l’origine de tous les Bouddhas des dix milles mondes.

 

Ikkyū Sōjun

Autour de l'impressionnisme

Manet, Jeune femme parmi les fleurs
Manet, Jeune femme parmi les fleurs

L'exposition "Paris 1874" au musée d'Orsay

 

 

Dans « Paris 1874 », une sélection d’œuvres ayant figuré à l’exposition impressionniste de 1874 (mais pas que) est mise en perspective avec des tableaux et sculptures montrés au même moment au Salon officiel.

Cette confrontation inédite permet de restituer le choc visuel des œuvres alors exposées par les impressionnistes, mais aussi de le nuancer, par des parallèles et recoupements inattendus entre la première exposition impressionniste et le Salon.

 

Photos JPL enregistrées le 9 mai 2024.

 

 

Les expositions impressionnistes

 

 

L’exposition  de 1874 présentait 165 œuvres : dix œuvres pour B. Morisot et Degas, neuf pour Monet, sept pour Renoir. Les exposants ont aussi la possibilité de présenter dessins, pastels, estampes. Avec Bracquemond, et Lepic, l’estampe occupe une place de choix dans cette exposition.

 

Les principaux tableaux exposés en 1874 :

 

Morisot : « Le Berceau », « La Lecture »,  « Marine », « Sur la falaise », « Dans le bois ».

Cezanne : « La Maison du pendu, à Auvers-sur-Oise », « Une moderne Olympia », « Étude : Paysage à Auvers »

Degas : « Classe de danse », « Aux courses en province », « Répétition de ballet »

Monet : « Coquelicots », « Boulevard des Capucines », « Impression, soleil levant », « Le Déjeuner » 

Renoir : « Danseuse », « La Loge », « Parisienne », « Fleurs ».

Sisley : « Ile de la Loge », « L’automne, bords de la Seine près de Bougival » 

Pissarro : « Le Verger », « Gelée Blanche », « Jardin de la ville de Pontoise » et « Une Matinée du mois de juin ».

 

La deuxième exposition impressionniste (galerie Durand-Ruel, 11 rue Le Peletier), réunit dix-neuf participants ; Caillebotte a rejoint le groupe mais Cézanne et Boudin ne sont plus là.

 

En effet, plusieurs artistes, échaudés par l’expérience de 1874, préfèrent ne pas réitérer l’expérience et miser sur le Salon officiel.

Les visiteurs ont la chance d'admirer vingt-quatre Degas, dix-neuf Monet et Renoir, dix-sept Morisot, douze Pissarro, huit Caillebotte et Sisley

La critique reste très partagée.

 

 Une troisième exposition, fut organisée en avril 1877. Elle se tenait au n° 6 de la rue Le Peletier, au premier étage d’une maison en réparation, loué pour la circonstance, où  241 toiles avaient été réunies. Il y eut dix-huit exposants. Cézanne était de retour.

 

On put notamment admirer « La Gare Saint-Lazare » de Monet, le « Bal du Moulin de la Galette » de Renoir.

 

L’exposition Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme, est organisée avec le musée d’Orsay à Paris et la National Gallery of Art de Washington

F. Bazille, Aigus-Mortes, 1867
F. Bazille, Aigus-Mortes, 1867

Comment regarder l'oeuvre de Frédéric Bazille, né le 6 décembre 1841 à Montpellier et mort au combat le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rolande (Loiret),  lors de la guerre franco-prussienne alors qu'il n'était âgé que de 28 ans ? 

Si ses premières toiles sont clairement celles d'un peintre en devenir, influencé par le réalisme ou son ami Monet, l'artiste a néanmoins achevé de nombreux chefs-d'oeuvre, dans lesquels s'affirme progressivement son génie singulier. 

 

Une soixantaine de tableaux est parvenue jusqu'à nous.

Organisée de façon thématique et chronologique à la fois, le parcours mêle les oeuvres de Bazille à celles de ses contemporains comme Delacroix, Courbet, Manet, Corot, Sisley, Monet, Renoir, Fantin-Latour, Guigou, Scholderer ou encore Cézanne...

D'après Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l’impressionnisme, Musée d'Orsay/ Flammarion

Exposition à Montpellier jusqu'au 16 octobre 2016

 

Pissarro, "Le premier des impressionnistes"

Eugène Boudin

 

Eugène Boudin naît en 1824, à Honfleur.

Alors que classicisme et romantisme s’affrontent, il choisit une voie nouvelle, inspirée par les peintres de l’école de 1830, mais résolument tournée vers le plein air, et surtout vers la recherche du fugitif."

En 1858, il convertit Claude Monet, de seize ans son cadet, à la peinture. Monet dira plus tard : "Je dois tout à Boudin". En 1859, ce sont les rencontres de Baudelaire, fasciné par les études au pastel de Boudin, puis de Courbet.

 

 

Les Impressionnistes

Manet, autoportait
Manet, autoportait

Edouard Manet ( 1832, Paris - 1883, Paris)

 

La révolution de l’impressionnisme et des peintres impressionnistes débute en 1863 : Edouard Manet présente au Salon des Refusés Le Déjeuner sur l’herbe. C’est un véritable choc pour une jeune génération de peintres tels que Claude Monet, qui décident alors de suivre la voie d’un art non plus descriptif, mais sensitif. La peinture impressionniste était née, qui allait préfigurer la naissance de l’art moderne.

Au début du XIXe siècle, la peinture a atteint la plus grande perfection technique grâce à des artistes tels David ou Ingres. Quelques décennies plus tard, une poignée d’artistes français posera les fondements de l’art moderne en substituant à la notion d’imitation, dogme adopté depuis la Renaissance, celle de sensation révélée par l’œuvre d’art.

 

L’impressionnisme n’est pas une école : il désigne plutôt une attitude commune, même si les résultats différent, et résulte d’une longue évolution de la peinture de paysage vers le pleinairisme et la quête de la sensation, où la perception de la lumière a un rôle fondamental. A côté d’un courant « plastique » (Claude Monet, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Paul Cézanne) coexiste un impressionnisme plus « social », proche du réalisme et influencé par Emile Zola, qui s’attache à montrer la réalité moins idéale de la vie quotidienne (Edgar Degas).

 

Sans le vouloir, Manet est l’élément déclencheur de cette révolution, développée et poussée par Monet à son terme extrême, aux limites de l’abstraction.

Issus du réalisme, Monet, Renoir, Bazille, Degas, Pissarro, Sisley, Cézanne et d’autres, chacun à leur manière, vont, en peignant la « vie moderne », comme le souhaitait Charles Baudelaire, être les héros d’une certaine démocratisation de l’art.

 

S'il fallut trente ans pour que les yeux de leurs contemporains s'habituent à leur peinture, c'est bien parce que celle-ci remettait en cause des siècles de peinture académique et codifiée.

 

Les peintres impressionnistes, tout en maintenant le lien avec la peinture du monde réel, se sont totalement affranchis du carcan du passé, d'abord par le choix des thèmes qu'ils abordent, pris dans la vie quotidien de tout un chacun, ensuite par un mode de représentation pictural entièrement nouveau.

 

Les peintres impressionnistes seront suivis par une génération d’artistes, dits post-impressionnistes, qui mettront la subjectivité au centre de leurs préoccupations : Paul Gauguin et Vincent Van Gogh sont les emblèmes singuliers de la réaction à l’impressionnisme, et guident les peintres vers les évolutions prochaines de l’avant-garde du début du XXe siècle.

 

Si aujourd'hui les impressionnistes sont au firmament de la peinture, il est important de rappeler à quel point leur peinture fut incomprise, rejetée et honnie à leur époque. Citons leur contemporain Théodore Duret (Critique d'art 1838-1927) dans son "Histoire des peintres impressionnistes" :

 

"Il faut dire, à la louange de ces hommes, que le mépris, les opprobres, la pauvreté ne les ont à aucun moment amenés à dévier de leur voie. Ils se sont tenus à leur manière tant honnie, sans chercher un seul instant à la modifier en quoi que ce soit, pour se faire accepter du public. Ils ont attendu, pendant de longues années, tout le temps nécessaire, que le public vînt à eux et qu'un changement d'opinion se produisît, soutenus par la conviction qu'ils avaient de la justesse de leurs principes et de la valeur de leur art."

 

 

Manet inventeur du Moderne

Manet portraitiste

Monet, Bazille, Renoir

Impression soleil levant, C. Monet (1872)
Impression soleil levant, C. Monet (1872)

 

C'est le critique d'art du journal Charivari, Louis Leroy, qui par dérision qualifia l'exposition de la « Société Anonyme coopérative d'artistes-peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes » créée par Monet en 1874, d' "exposition des Impressionnistes".

Giverny - Monet - Les Nymphéas

Giverny (photo)
Giverny (photo)

L'impressionnisme et la mode

Musée d'Orsay - Splendeurs et misères ("des courtisanes")

"De L'Olympia de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne."  Musée d'Orsay


Post-impressionnisme

Signac, les couleurs de l'eau

Albert Marquet, Musée d'art moderne - Paris -

A. Marquet - Le Pyla
A. Marquet - Le Pyla

 

" Le Musée d’Art moderne consacre à Albert Marquet (1875-1947), une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’œuvres -peintures et dessins-, certaines montrées pour la première fois en France. Le parcours chronologique et thématique de l’exposition permet de redécouvrir un artiste inclassable qui a évolué avec les mouvements de l’époque, du post-impressionnisme au fauvisme, tout en conservant son indépendance stylistique."

 

Albert Marquet, post-impressionniste né à Bordeaux (1875)

Camoin dans sa lumière

Musée Granet, Aix-en-Provence

Charles Camoin, (Marseille, 1879 - Paris, 1965) est l'un des peintres qui a le mieux restitué la lumière d'un lieu qui m'est particulièrement cher : le golfe de Saint-Tropez.

 

Le musée Granet, qui l'expose actuellement, le présente ainsi :

 

" Il appartient à cette génération d'artistes qui font la charnière entre le XIXe et le XXe, époque de tous les bouleversements qu'ils soient techniques, philosophiques ou artistiques. 

Il est très proche de Matisse, Manguin et Marquet qu'il a rencontrés aux Beaux-Arts de Paris. Camoin est associé au fauvisme et il est le seul des fauves à avoir noué une relation forte avec Cézanne. "

...

" Avec cette exposition, le visiteur traverse les différents moments fondamentaux de l'histoire de l'art et suit les chemins empruntés par Camoin. Elle propose ainsi de faire découvrir l'œuvre de Camoin depuis sa fréquentation de l'atelier de Gustave Moreau et du groupe Matisse, sa rencontre avec Cézanne, ses années fauves, sa relation avec l'artiste Emilie Charmy, jusqu'à son séjour au Maroc avec Matisse et sa vision de la Méditerranée, éblouissante et douce, chatoyante et contrastée."

St-Tropez et son golfe

Tanger

Nus

Frida Kahlo, au-delà des apparences

Palais Galliera, Paris (du 15 09 2022 au 05 03 2023)

Le Palais Galliera célèbre Frida Kahlo (6 juillet 1907-13 juillet 1954), l’une des artistes les plus reconnues et influentes du XXe siècle.

 

Loin des clichés qui entourent sa personnalité, l’exposition Frida Kahlo, au-delà des apparences propose aux visiteurs d’entrer dans l’intimité de l’artiste, et de comprendre comment elle s’est construite une identité à travers la manière de se présenter et de se représenter.

 

Pour la première fois en France et en étroite collaboration avec le Museo Frida Kahlo, l’exposition rassemble plus de 200 objets provenant de la Casa Azul, la maison où Frida est née et a grandi : vêtements, correspondances, accessoires, cosmétiques, médicaments, prothèses médicales... 

 

Ces effets personnels ont été mis sous scellés au décès de l’artiste, en 1954, par son mari le peintre muraliste mexicain Diego Rivera, et ont été redécouverts cinquante ans plus tard, en 2004.

 

Cette précieuse collection - comprenant des robes traditionnelles Tehuana, des colliers précolombiens que Frida collectionnait, des exemplaires de corsets et de prothèses peints à la main... - est présentée, avec des films et photographies de l’artiste, pour constituer un récit visuel de sa vie hors-normes.

 

 

 

Frida Kahlo Sur Google Arts & Culture

 

 

Art nouveau

Prague : Expo Lendl/Mucha

Aquarelles...

Sculpture

Musée Rodin (Paris) : La chair et le marbre

 

"Non content de faire jouer son sens de la synthèse plastique, Rodin sait animer un matériau classique voué, a priori, à l’immobilité. La chair, que les sculpteurs s’attachent à représenter depuis l’Antiquité, devient avec lui plus vivante que jamais..."

Musée Rodin

 

 

Rodin, l'exposition du centenaire

Auguste Rodin (1840-1917) est considéré comme le père de la sculpture moderne.

 

A l’occasion du centenaire de sa mort , le Grand Palais présente une exposition de ses plus grands chefs-d'oeuvre (Le Penseur, Le Baiser, les Bourgeois de Calais…).

 

Le parcours retrace les rêves et les gloires de ce poète de la passion, maître incontesté et monstre sacré. Entre scandales et coups d’éclat, il révolutionne la création artistique avant Braque, Picasso ou Matisse, et la fait à jamais basculer dans la modernité. L’exposition revient enfin sur son extraordinaire postérité auprès de générations d’artistes, de Carpeaux à Richier, en passant par Bourdelle, Claudel, Brancusi ou Picasso, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. "

 

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Rodin, Paris

 

 

Une sculpture et l'histoire...

Pauline Borghèse par Canova
Pauline Borghèse par Canova