Préhistoire : oubliez tout ce que vous avez appris !

Nous sommes beaucoup plus vieux qu'on ne croit !

L'homme de Jebel Irhoud (Maroc), -300 000 ans
L'homme de Jebel Irhoud (Maroc), -300 000 ans

Les progrès fulgurants de la génétique, de la géochronologie, de l'imagerie, de l'intelligence artificielle, de la bio-informatique... et surtout la constitution de groupes de recherche pluridisciplinaires, ont  révolutionné la paléoanthropologie.

Ce qui semble aujourd'hui à peu près clair, c'est que l'origine de notre espèce (Homo sapiens) remonte au moins à 300 000 ans et  n'émane pas d'un petit foyer de l'Afrique de l'est.

 

En fait de nombreux sites, de l'Afrique du Sud au Maroc, permettent d'identifier la présence de notre ancêtre entre -260 000 ans et - 300 000 ans.

Homo sapiens s'est déployé dans toute l'Afrique, à un moment clé, à la faveur d'un changement climatique, quand le Sahara était vert, chaud et humide.

Nous devons ces résultats aux chercheurs de l'Institut Max Plank de Leipzig, dont j'ai beaucoup parlé à propos de Néandertal, et plus particulièrement au groupe du Français Jean-Jacques Hublin (département de l'évolution humaine) également professeur au Collège de France.

 

NB :  Si l'origine de Sapiens est donc aujourd'hui fixée à -300 000 ans, on estime que l'ensemble de l'humanité est issue d'une population originelle vivant en Afrique il y a 120 000 ans.

De très récents travaux (2018) semblent indiquer que c'est un dysfonctionnement génétique accidentel chez des australopithèques, qui a provoqué un développement rapide du cortex cérébral (responsable du langage, de l'imagination et de nos capacités à résoudre des problèmes). Les gènes identifiés étaient aussi présents chez les cousins (Néandertal et Dénisovans), mais ne se retrouve pas chez les singes les plus proches de l'homme (chimpanzé et bonobo).

Cette découverte est fondamentale dans la recherche de gènes propres à l'humain. 

Les gènes  en question -NOTCH2NL-  pourraient être des régulateurs de la taille du cerveau propres à l’espèce humaine. Trois gènes NOTCH2NL spécifiques à l’humain sont situés sur le premier chromosome, dans une région qui a déjà été associée à des maladies affectant la taille du cerveau : les microdélétions génétiques qui ont lieu dans cette zone donnent lieu à des cas de microcéphalie et de schizophrénie, tandis que les microduplications donnent lieu à des cas de macrocéphalie et d’autisme. A SUIVRE.

 

 

Et nous étions beaucoup plus tôt  des artistes...

Bien avant les premières civilisations qui se développèrent autour de l'Hindus (-8000 ans) et des sumériens (- 6000 ans, première écriture), l'homme  est devenu une espèce singulière (homme moderne) en produisait une oeuvre qui n'a aucune fonction pratique : une oeuvre d'art.

 

L'art est un propre de l'homme, bien plus que le langage ou le rire.

 

A propos de l'origine de cette activité, il faut réactualiser nos connaissances : bien avant d'orner somptueusement des grottes comme Altamira (-15000), Lascaux (-18 000), Chauvet (-35000), l'homme était un artiste.

 

Néandertal n'était pas une brute épaisse, il ciselait et peignait des cailloux et traçait lui aussi des motifs à l'ocre sur des parois de grotte.

 

Dans la grotte de La Pasiega, à côté de Bilbao (Espagne), autour d’une figure quadrillée, on trouve des  représentations d’animaux, des points et des figures non identifiées. Des chercheurs allemands et britanniques qui l'ont étudiée avec la méthode Uranium-Thorium estiment que le panneau a été peint il y a... 64 800 ans au minimum.

 

Ce record vient d'être pulvérisé ! Un motif quadrillé (un hashtag !) dessiné avec un crayon ocre a été identifié sur de la pierre de Blombos, en Afrique du Sud... âge : 73 000 ans !

 

 

Grotte de Blombos
Grotte de Blombos

A oublier...