Nelson Mandela

L'homme du XXème siècle

Nelson Mandela (18 juillet 1918, Province du Cap - 5 décembre 2013, Johannesburg)

 

Né en 1918, leader politique, prix Nobel de la paix et chef d'Etat sud-africain, Nelson Mandela est l'un des plus grands hommes d'Etat du 20è siècle.

 

 


Nelson Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 dans la province du Transkei, en Afrique du Sud. Son père, un conseiller en chef de la tribu des Thembu ; décède alors que son fils est âgé de 9 ans.


Mandela étudie au collège de Clarkebury, puis au lycée de Healdtown, qui est à l’époque le plus grand lycée africain en dessous de l’Equateur (plus d’un millier de lycéens garçons et filles). Il est admis à l’université de Fort Hare (qui resta l’unique établissement d’enseignement supérieur pour les Noirs d’Afrique du Sud jusqu’au début des années 60) qui compte 150 étudiants à l’époque. Il étudie le droit. Au cours de sa seconde année d’études, à la suite de revendications des étudiants, Mandela est convoqué par le directeur qui suspend ses études à Fort Hare.

 Ne voulant pas subir un mariage forcé, Mandela s’enfuit à Johannesburg. Il travaille comme veilleur de nuit dans une mine, puis Lazar Sidelsky, avocat libéral blanc, accepte de le prendre comme stagiaire. Fin 42, Mandela obtient sa licence en droit.

 Mandela entre en contact pour la première fois avec un mouvement politique appelé ANC, "African National Congress" fondé en 1912. Début 43, il s’inscrit à l’université de langue anglaise Witwatersrand pour préparer un LLB, diplôme menant au métier d’avocat.


Fin 1943 la proposition de la création d’une ligue des jeunes de l’ANC est adoptée. La ligue des jeunes prône la mobilisation et les actions de masse, prenant en modèle les actions menées par Ghandi (le leader indien, avocat de formation a vécu 20 ans en Afrique du Sud avant de retourner en Inde). Sa philosophie influencera de nombreux membres de l’ANC parmi lesquels Albert John Lutuli, président du parti de 1952 à 1967 et prix Nobel en 1960.


Après la seconde guerre mondiale, les élections générales blanches (les noirs n’ayant pas le droit de vote) de 1948 opposent l’United Party alors au pouvoir au National Party qui a publiquement soutenu l’Allemagne néo-nazie  pendant la seconde guerre mondiale (parmi les hommes qui allaient devenir des personnalités influentes du parti national et de l'Afrique du Sud après la seconde guerre mondiale figuraient John Balthazar Voerster, membre de l'organisation terroriste pro-nazie Ossew Brandwag et Henrik Verwoerd, antisémite et pro-nazi convaincu, ce qui ne l'empêchera pas de devenir ministre des affaires étrangères de 1950 à 1958, puis premier ministre de 1958 à 1966).


 Mandela devient président des ligues de jeunesse de l’ANC en 1951 et fait campagne pour l’abolition des lois discriminatoires. Il est arrêté une première fois et condamné à une peine de prison avec sursis.

Il obtient son diplôme d’avocat durant cette période et crée, en compagnie d’Oliver Tambo, le premier cabinet d’avocats noirs de Johannesburg en août 1952.


 Mandela fait partie des leaders noirs arrêtés et jugés pour trahison en 1956. Il est à nouveau interpelé en 1960, après le massacre de Sharpeville (69 personnes furent tuées et plus d'une centaine d’autres blessées par la police à la suite de manifestations pacifiques).

Le congrès panafricain, qui avait organisé les manifestations à Sharpeville et l’ANC furent interdits à la suite des événements.

Après Sharpeville, il était devenu évident aux yeux de tous que la résistance non-violente n’était plus tenable. Mandela défendit la création d’une branche militaire au sein de l’ANC.

La création d’Umkhonto we Sizwe marquait un tournant dans la politique de l’ANC car l’organisation avait toujours refusé de recourir à la violence et à la lutte armée.

Mandela fut l’organisateur d’une grève générale mi-mai 1961 et entra dans la clandestinité, puis voyagea dans le reste de l’Afrique pour sensibiliser les dirigeants africains à la lutte anti-apartheid.

En 1961, il se rend notamment clandestinement en Ethiopie afin d’assister à la Conférence d’Addis Abeba organisée par le Mouvement panafricain de Liberation de l’Afrique Orientale, centrale et australe.

A son retour en Afrique du Sud en 1962, il est arrêté pour avoir quitté illégalement le pays et avoir incité les ouvriers noirs à faire grève  et condamné à 5 ans de travaux forcés.

En 1963, lui et plusieurs dirigeants de l’ANC et de Umkhonto we Sizwe furent accusés de comploter pour renverser le gouvernement de Pretoria par la violence.

La déclaration que Mandela fit, lors du procès qui suivit (Procès de Rivonia , 9 octobre 1963 - 12 juin 1964), allait rester dans l'histoire :

" Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple africain. J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir" .

 Le 12 juin 1964, Nelson Mandela et sept autres accusés sont condamnés à la prison à perpétuité.

De 1964 à 1982, il est emprisonné à Robben Island, près de Cape Town.

En 1982, il fut transféré à la prison de haute sécurité de Pollsmoor où il fut maintenu en confinement solitaire pendant 6 ans.

En 1972, le gouvernement pro-apartheid lui offrit la liberté conditionnelle en lui proposant de reconnaître l’indépendance du Transkei et la politique des Bantoustans, ce qu'il refusa de faire, réaffirmant son allégeance à l’ANC et la fidélité à ses idées.

Le gouvernement lui proposa une seconde fois la libération, dans les années 80 à la condition que l’ANC renonce à la lutte armée, proposition qu'il refusa de nouveau.

Parallèlement, la situation en Afrique du Sud était devenue intenable pour le régime de Prétoria.

La mobilisation de la jeunesse des townships était apparue dans les années 70, grâce à l’émergence de mouvements comme le "Black Consciouness Movement" de Steve Biko.

La résistance à l’apartheid battait son plein à l’intérieur du pays, les manifestations anti-apartheid se multipliaient à l’extérieur (une campagne internationale en faveur de la libération de Nelson Mandela avait été lancée au début des années 80 par Oliver Tambo, alors président de l’ANC), les pressions diplomatiques et le boycott international s’intensifiaient, enfin la fin de la guerre froide et la chute du mur de Berlin achevèrent d’isoler le régime de Pretoria.

FW De Klerk alors président de l’Afrique du Sud, se décida à libérer le leader noir, afin d’avoir un interlocuteur avec qui négocier.

Le 11 février 1990, Nelson Mandela fut libéré, après 26 années passées de prison.

Mandela devint le premier président de la république sud africaine post-apartheid, de 1994 à 1999.

Célébrant la victoire de l’ANC en présence de Coretta Scott King, la veuve de Martin Luther King, Nelson Mandela repris les mots du célèbre leader noir américain :

"free at last, free at last..."

Il vient de mourir, à l'âge de 95 ans, à son domicile de Johannesburg après une longue agonie.

 

 Jusqu'au début des années 80, les puissances occidentales et leur bras armé, Israël, ont soutenu l'apartheid. Ce fut le cas du gouvernement français de Giscard d'Estaing (grand amateur de chasse à l'éléphant en Afrique, ami de Bokassa...).

 

Les campagnes anti-apartheid eurent donc un écho très limité en France, notamment les appels au boycott des oranges Outspan.


Et la justice française était là pour menacer les associations et rappeler que appels au boycott pouvaient les faire condamner à des dommages et intérêts conséquents.