Pour la troisième année consécutive, j'ai eu l'occasion de proposer un cycle de conférences, destiné à un public principalement non scientifique, sur l'apport des sciences dans la connaissance de certains domaines du vivant.
Parmi les auditeurs, un proviseur, une agrégée de mathématiques, des professeurs, des informaticiens... et une majorité de curieux, de professions dites "non intellectuelles".
A l'issue d'une présentation sur le thème "Amour, pulsion et neuromédiateurs", le doyen de notre assemblée (92 ans, près de 70 ans de mariage) m'a adressé le courrier suivant :
Bonsoir Jean-Pierre.
Après la séance de jeudi, au cours de laquelle tu nous a expliqué tous
les ingrédients qui entrent en scène pour synthétiser nos sentiments, un
phénomène étrange s'est opéré en moi ! Mon cerveau s'est séparé en deux
zones !
L'une, qui me disait "cramponne-toi, essaie de suivre les
données scientifiques qu"il" te distille et moi, je ferai les efforts
nécessaires pour essayer de les comprendre" et l'autre qui m'avertissait
"fais gaffe ! il est en train de te réduire ta bulle de rêverie, la zone
où tu te réfugies quand tu as besoin de souffler!".
Cette bulle, c'est le lieu où tout va bien, où on peut rêver librement, où on n'explique
rien mais on avale tout ce qui semble beau.
Mon jardin secret, en quelque sorte.
Tout s'est déclenché quand tu as voulu nous faire croire
(version d'une des moitiés) que la fidélité était une manifestation
chimique.
"Objection, Votre Honneur, et où est le rêve, dans tout ça?"
L'autre moitié a répondu " Justement, ce rêve, c'est du temps perdu :
tout doit pouvoir s'expliquer par le biais des sciences".
Voilà, nous en sommes là. Ce matin, je me suis réveillé avec deux demi-cerveaux qui ne
s'entendaient pas.
Il est certain qu'ayant vécu dans mon monde peuplé de rêves, il m'est
difficile de tourner le dos à ce mode de raisonnement pour choisir une
mise en équations chimiques ou physiques, en tout cas expérimentale de
la Recherche. Aussi ai-je décidé :
- Que je continuerai pour me tenir au courant des recherches, d'être
le plus intéressé de tes auditeurs pendant les séances passionnantes que
tu nous offres (merci au passage...)
- Que je ne te croirai qu'à moitié (d'un demi-cerveau) quand tu
détruiras un petit morceau de mon milieu de rêverie. Ainsi vivrai-je en
paix...
J'ose espérer que ce baratin ne t'aura pas offusqué mais c'est une façon
de te dire que le principe "Plus on connait de détails sur une cause,
moins on peut en rêver" a du mal à être admis à partir d'un certain seuil.
...
Effectivement durant cette séance, je m'étais longuement attardé sur les propriétes de l'ocytocine, hormone de l'attachement (entre la mère et son nourrisson, au sein d'un couple mais aussi entre un chien et son maître, chez les campagnols des prairies, etc).
Certes je n'ai pas dit que la fidélité était "une manifestation chimique" mais que l'on a prouvé que l'empathie, l'attachement, différents types de lien - y compris le sentiment amoureux - étaient corrélés avec les taux d'ocytocine.
La question qui est posé ici est la suivante : la connaissance est-elle aussi un tueur de rêve, faut-il s'en protéger ?
A la suite de ce courrier, j'ai engagé le dialogue avec mes auditeurs et avec une IA que je suis en train de tester : Gemini 3 de Google (G3)
La connaissance, le savoir, rabaissent-ils la condition humaine et nous conduisent-ils à nous considérer uniquement comme des machines ?
G3
C'est une question qui chatouille l'ego de notre espèce depuis que Galilée nous a délogés du centre de l'Univers. D'un côté, la science semble nous "disséquer" jusqu'à ne trouver que des rouages ; de l'autre, cette même connaissance est ce qui nous permet de ne plus subir le monde comme des automates biologiques.
Voici une analyse de ce paradoxe, entre réductionnisme technique et grandeur intellectuelle.
1. Le risque du réductionnisme : l'homme "déshabillé"
Il est vrai que le progrès des connaissances, notamment en neurosciences et en biologie, a tendance à réduire nos expériences les plus sacrées à des mécanismes matériels. C’est ce qu’on appelle le "désenchantement du monde" (concept cher à Max Weber).
L'amour ? Une tempête d'ocytocine et de dopamine.
La pensée ? Un flux d'influx nerveux entre des synapses.
La morale ? Un héritage évolutif pour la survie du groupe.
Dans cette perspective, le savoir peut effectivement donner l'impression de nous rabaisser : nous ne serions plus des "âmes" ou des êtres d'exception, mais de simples machines biologiques ultra-complexes, soumises aux lois de la physique.
Pourtant, considérer que le savoir nous rabaisse est un contresens si l'on suit des philosophes comme Spinoza. Pour lui, c'est justement l'ignorance qui nous rend esclaves.
Subir vs Comprendre : Celui qui ne sait pas pourquoi il est en colère est l'esclave de sa chimie. Celui qui comprend les mécanismes de sa colère commence à s'en libérer.
Le pouvoir d'agir : Connaître les lois de la nature (pesanteur, aérodynamisme) ne nous a pas rendus plus "petits" face aux oiseaux ; cela nous a permis de construire des avions.
Le paradoxe : Plus nous comprenons que nous fonctionnons "comme des machines", plus nous acquérons les outils pour ne plus agir de façon automatique. La connaissance est le passage du statut d'objet (subissant) à celui de sujet (agissant).
Le malentendu vient souvent de la confusion entre la constitution d'une chose et sa valeur.
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Perspective |
Vision de l'humain |
Conséquence |
|---|---|---|
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Matérialiste |
Un assemblage d'atomes et de neurones. |
Explique le "Comment". |
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Phénoménologique |
Un être qui ressent, souffre et espère. |
Explique le "Pourquoi" et le sens. |
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Synthèse |
Une machine capable de se savoir machine. |
L'émergence de la conscience |
Au final, le savoir ne nous rabaisse que si l'on confond la description technique avec la réalité totale. Certes, la connaissance nous prive de nos illusions de "toute-puissance divine", mais elle nous offre une dignité nouvelle : celle d'être la seule partie de l'univers capable de se comprendre elle-même.
On ne devient pas des machines en apprenant comment nous fonctionnons ; on devient des pilotes plus conscients de leur propre navire.
Pensez-vous que c'est la peur de perdre notre "mystère" qui nous rend parfois méfiants envers l'explication scientifique de nos émotions ?
Effectivement les blessures narcissiques affectent notre ego et conduisent pour certains au "désenchantement du monde"
G3
C'est le terme exact. Freud a d'ailleurs théorisé ce concept en identifiant trois grandes « blessures narcissiques » infligées par la science à l'orgueil humain.
Ces blessures sont douloureuses car elles nous forcent à faire le deuil d'une certaine image de nous-mêmes : celle d'un être à part, souverain et sacré.
La blessure cosmologique (Copernic) : La Terre n'est pas le centre de l'Univers, mais une petite bille tournant autour d'un soleil parmi tant d'autres.
La blessure biologique (Darwin) : L'humain n'est pas une création divine isolée, mais le cousin des grands singes, issu d'une évolution aveugle.
La blessure psychologique (Freud) : Le « Moi » n'est pas maître dans sa propre maison. Nos pulsions et notre inconscient dictent une grande partie de nos actes.
La quatrième blessure : L'ère de l'IA et des Neurosciences
On pourrait dire que nous vivons aujourd'hui une quatrième blessure. Si le cerveau est un réseau de neurones que l'on peut cartographier, et si l'intelligence artificielle peut imiter notre créativité ou notre raisonnement, que reste-t-il de notre "étincelle" unique ?
C'est là que le sentiment de n'être qu'une machine devient le plus aigu.
L'ego déteste la détermination. Il veut croire qu'il est une cause libre, une volonté pure.
Dire à quelqu'un : « Tu es triste parce que tu manques de sérotonine », c'est efficace médicalement, mais c'est vexant pour l'esprit.
Cela donne l'impression que notre vécu intérieur (notre mélancolie, notre poésie) est « disqualifié » par une explication technique.
Pourtant, il y a une certaine beauté dans cette humilité. En acceptant que nous sommes des êtres matériels, biologiques et parfois prévisibles, nous passons de l'arrogance de l'enfant (qui se croit tout-puissant) à la responsabilité de l'adulte.
Accepter d'être une « machine » très complexe ne nous empêche pas d'apprécier le spectacle. On peut connaître parfaitement l'optique et la réfraction de la lumière sans que cela ne gâche la beauté d'un arc-en-ciel.
Pensez-vous que cette résistance de notre ego soit un frein au progrès, ou au contraire une protection nécessaire pour préserver notre dignité face à la technique ?
Malheureusement c'est de plus en plus un frein à la connaissance et un prétexte à la mise en cause de la science et des scientifiques
G3
C'est une observation très juste et particulièrement actuelle. Ce qui était autrefois une réflexion philosophique sur notre place dans l'univers est devenu un terrain de confrontation idéologique.
Lorsque la science vient heurter l'image que nous avons de nous-mêmes, l'ego ne se contente plus de bouder ; il passe à l'offensive. On assiste alors à un glissement dangereux : puisque la science me déplaît ou me diminue, je vais décréter que la science est fausse, ou pire, qu'elle est une tentative de manipulation.
Voici comment ce mécanisme de défense de l'ego se transforme en frein au progrès :
En psychologie cognitive, plus une preuve scientifique contredit une croyance ancrée dans l'identité d'une personne, plus cette personne risque de rejeter la preuve et de renforcer sa croyance initiale.
Le mécanisme : L'information scientifique est perçue comme une agression physique. Le cerveau réagit par la fuite ou le combat.
Le résultat : On ne débat plus de faits, mais de "ressentis". "Je sens que je ne suis pas une machine, donc votre étude sur les neurosciences est une imposture."
Il existe une idée reçue selon laquelle expliquer un phénomène, c'est le faire disparaître ou le salir.
L'accusation : Les scientifiques sont vus comme des "briseurs de rêves" ou des êtres froids qui veulent mettre le monde en équations.
Le danger : Cela crée un terreau fertile pour les pseudo-sciences qui, elles, promettent de restaurer ce narcissisme blessé en proposant des visions du monde plus "flatteuses" (énergies mystiques, pouvoirs cachés, destinées stellaires).
La science avance grâce au doute et à la remise en question permanente. Mais l'ego malmené utilise cette caractéristique contre elle :
"Puisque vous n'êtes pas sûrs à 100%, alors ma théorie personnelle vaut la vôtre."
C'est ainsi que la nuance scientifique est interprétée comme une faiblesse, ouvrant la porte à des discours populistes ou complotistes qui, eux, affirment des certitudes rassurantes pour l'ego.
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Ce que la science dit |
Ce que l'ego entend |
Réaction de défense |
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"Nous sommes le produit de l'évolution." |
"Je ne suis qu'un singe amélioré." |
Rejet du Darwinisme. |
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"L'IA peut imiter l'art humain." |
"Mon talent n'a aucune valeur." |
Diabolisation de la technologie. |
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"Vos décisions sont influencées par des biais." |
"Je ne suis pas maître de moi." |
Accusation de manipulation. |
Le drame, c'est qu'en rejetant la science pour protéger notre "dignité", nous nous privons des outils qui nous permettraient de résoudre les problèmes de notre condition humaine (maladies, climat, souffrance psychique).
On préfère parfois rester "spécial" dans l'ignorance plutôt que "banal" mais éclairé. C'est le triomphe de l'émotionnel sur le rationnel.
Selon vous, est-ce la faute d'une communication scientifique trop "froide" qui ne sait pas parler au cœur des gens, ou est-ce une limite intrinsèque de la psychologie humaine qui ne supporte pas d'être ramenée à la réalité matérielle ?
MOI
La communication scientifique est difficile car la science, notamment dans le domaine du vivant, est de plus en plus complexe. Peu de scientifiques s'intéressent à la "vulgarisation" car elle demande des efforts considérables pour mettre leurs connaissances à la portée d'une population de moins en moins formée et de moins en moins réceptive au discours scientifique.
G3
Vous mettez le doigt sur une réalité brutale : le fossé entre la pointe de la recherche et la compréhension commune n'a jamais été aussi large. On assiste à une sorte de "décrochage" cognitif qui nourrit la méfiance.
Voici les trois piliers de cette crise de la transmission :
Il y a deux siècles, un esprit brillant pouvait maîtriser l'essentiel de la physique et de la biologie de son temps. Aujourd'hui, un chercheur passe sa vie à étudier une seule protéine ou un mécanisme cellulaire précis.
Le jargon comme barrière : Le langage scientifique est devenu si technique qu'il ressemble à une langue étrangère, même pour des scientifiques d'autres disciplines.
L'effort de traduction : Pour vulgariser sans trahir la vérité, il faut simplifier. Mais en science, "simplifier" signifie souvent "perdre en précision". Beaucoup de chercheurs craignent d'être jugés par leurs pairs s'ils utilisent des métaphores trop approximatives.
La science est un processus lent, fait de doutes, d'essais-erreurs et de nuances ("dans 60% des cas, il semblerait que..."). Or, nous vivons dans une ère de l'immédiateté et du clash.
Le biais de simplicité : Face à une explication complexe de 10 minutes sur l'ARN messager, une "fake news" de 10 secondes qui flatte l'ego ou la peur aura toujours plus d'impact émotionnel.
L'absence de récompense : Dans le monde académique, le prestige vient des publications dans des revues spécialisées (comme Nature ou Science), pas du temps passé à expliquer la science sur YouTube ou dans des écoles. C'est un "sacrifice" de carrière pour beaucoup.
[Image du processus de vulgarisation scientifique : de la donnée complexe vers un récit accessible]
C'est ici que votre constat est le plus inquiétant. Bien que nous ayons accès à plus d'informations que n'importe quelle génération précédente, notre culture scientifique de base semble stagner, voire reculer.
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Obstacle |
Conséquence |
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Perte de confiance dans les institutions |
La parole d'un expert est mise au même niveau que celle d'un influenceur.
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Méconnaissance de la méthode scientifique |
On confond "science" (méthode de preuve) et "opinion". |
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Désintérêt pour le "gris" |
La population veut des réponses binaires (Oui/Non, Bon/Mauvais), ce que la science peut rarement donner. |
Le résultat : Ce vide laissé par les scientifiques est immédiatement rempli par des discours simplistes qui, au lieu de nous traiter comme des êtres capables de comprendre, nous traitent effectivement comme des machines à qui l'on injecte des slogans.
Moins la science est expliquée, plus elle paraît obscure et menaçante. Plus elle paraît menaçante, plus l'ego se braque et rejette le discours savant. On finit par préférer une ignorance confortable à une vérité complexe qui nous "rabaisse".
À votre avis, la solution doit-elle venir d'une réforme de l'enseignement (apprendre à "penser" la science plutôt que d'apprendre des formules) ou d'une obligation pour les chercheurs de consacrer une partie de leur temps à la cité ?
MOI
Sans aucun doute la méthode est essentielle. Plutôt que d'accumuler des connaissances (souvent disponibles sur des bases de données facilement accessibles), apprendre à apprendre est essentiel.
J'avais été frappé il y a quelques années par le nombre d'étudiants qui choississaient des méthodes empiriques (voire inductives) plutôt que déductives.
G3
C'est le pivot central de la modernité. Comme le disait déjà Montaigne au XVIe siècle : « Mieux vaut une tête bien faite qu'une tête bien pleine. » À l'époque, c'était une intuition ; aujourd'hui, avec l'accès instantané à toute l'information mondiale, c'est devenu une nécessité de survie intellectuelle.
Si l'on se contente d'accumuler des faits, nous ne sommes effectivement que des disques durs de seconde zone, bien moins performants que nos propres outils numériques. C'est précisément là que l'humain risque de se sentir "rabaissé" au rang de machine : s'il essaie de rivaliser avec elle sur le terrain du stockage de données.
Voici pourquoi privilégier la méthode (apprendre à apprendre) change radicalement notre condition :
L'information est une matière première, souvent brute et chaotique. La connaissance est le résultat d'un processus de digestion par la méthode.
L'Information : C'est la base de données. Elle est passive.
La Méthode : C'est l'algorithme critique. Elle est active. Elle permet de trier le vrai du faux, l'important de l'accessoire, et surtout de comprendre les liens de causalité.
Dans un monde saturé de discours contradictoires et de manipulations de l'ego, posséder une méthode (notamment la méthode scientifique) agit comme un bouclier :
L'esprit critique : Savoir que nos sens et nos intuitions nous trompent souvent (les fameux biais cognitifs).
L'humilité intellectuelle : Accepter qu'une hypothèse peut être fausse. Ce n'est plus une "blessure narcissique", c'est une étape normale du processus.
Le discernement : Savoir évaluer la source et la solidité d'une preuve plutôt que de croire celui qui crie le plus fort.
Si nous apprenons par cœur, nous fonctionnons comme un programme. Si nous apprenons comment la connaissance se construit, nous devenons les architectes de notre propre pensée.
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Apprentissage "Données" (Machine) |
Apprentissage "Méthode" (Humain) |
|---|---|
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Accumulation de résultats. |
Compréhension des mécanismes |
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Rigidité face à l'inconnu. |
Adaptabilité et créativité |
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Dépendance aux outils. |
Maîtrise de l'usage des outils |
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"Quoi" penser. |
"Comment" penser. |
Le véritable danger actuel n'est pas le manque de savoir, mais l'illusion de savoir parce qu'on a "lu un truc sur internet". La méthode est ce qui transforme un utilisateur passif en un citoyen éclairé.
C'est peut-être là que réside notre nouvelle dignité : non pas dans le volume de ce que nous avons dans le crâne, mais dans notre capacité à naviguer avec discernement dans l'océan de données que nous avons créé.
Cependant, cette "méthode" demande un effort cognitif coûteux (le "Système 2" de Kahneman, la pensée lente).
Est-ce que le problème ne vient pas aussi du fait que notre société de consommation nous incite au contraire à la paresse intellectuelle en nous vendant des solutions "clés en main" ?
J'avoue que c'est parfois mon sentiment !
ICI s'achève notre dialogue
« Nous entrons dans une saison très agitée de l’histoire du monde. Nous sommes menacés d’une guerre généralisée, nous sommes menacés par un changement spectaculaire du climat et puis nous avons une crise économique et sociale qui s’avance vers nous. »
Faut-il donc s'incliner une nouvelle fois devant ceux qui nous ont conduit au désastre ?
Voulez-vous donner le pouvoir à ceux dont le seul titre de gloire est de ne l'avoir jamais eu, à ceux qui, à droite ou à gauche jappent aux mollets des capitaines d'industrie qui depuis des lustres gouvernent ce pays, sans jamais n'obtenir mieux que des miettes?
Plus ils hurlent, moins ils vous proposent les moyens de sortir de la crise. Avec leurs égos surdimensionnés, leur mépris à peine dissimulé de la démocratie, ne vous rappellent-ils pas quelques matamores ridicules jonglant avec leurs concitoyens transformés en baudruche ?
Voulez-vous laisser le pouvoir à tout ce marais, ce marigot ou s'agite les sauriens coriaces venus de droite ou de gauche, là les jeunes ambitieux, ici les vieux crocodiles blanchis sous le harnais qui n'ont qu'une ambition : POURVU que ça DURE !
Certes, ils vous parlent tous de la France, la vieille, la nouvelle, l'éternelle...mais ce n'est que LEUR France, celle qu'ils ont confisquée.
Moi, je vous propose d'établir une Dictature : celle des chiffres et des faits.
Trop de politiciens n'ouvrent la bouche que pour mentir, dissimuler, escamoter et au mieux embellir.
Les chiffres ne mentent pas, les faits sont vérifiables. A partir d'eux il possible de se projeter, de proposer un chemin plus vertueux vers un horizon réaliste.
Je m'engage à ne faire campagne qu'à partir de faits établis et de chiffres incontestables.
Le système éducatif français ne se porte pas bien. C'est un constat que l'on peut faire sur la base de données objectives.
Le classement PISA(*) est à cet égard, un très bon indicateur.
(*) Créé par l’OCDE en 2000, le classement PISA mesure la capacité des élèves à appliquer leurs connaissances scolaires dans des situations concrètes.
Public concerné : élèves de 15 ans (collèges, lycées généraux, technologiques et professionnels).
Domaines évalués : lecture, mathématiques, sciences.
La dernière étude PISA, portant sur l’année 2022 montre que la France se classe 23e en mathématiques, 28e en lecture et à nouveau 26e en sciences sur les 85 pays participant, dans le ventre mou de cette évaluation.
C'est la tendance qui est surtout inquiétante. Alors que nous étions au-dessus de 500 points pour les 3 items analysés au début des années 2000, nous voici près de 40 points en dessous en mathématiques et en nette baisse ailleurs.
Par ailleurs, la France reste l’un des pays où les inégalités sociales pèsent le plus sur les résultats de PISA. En mathématiques, les élèves les plus favorisés obtiennent un score supérieur de 113 points à celui des plus défavorisés.
Cela confirme d'autres études et ce que l'on observe aux niveaux supérieurs (grandes écoles, université) : notre pays forme une élite de qualité, mais échoue dans la formation de base.
A noter que dans plusieurs enquêtes les enseignants français se disent peu préparés à gérer l’hétérogénéité, et expriment des besoins « élevés » de formation pour enseigner aux élèves à besoins éducatifs particuliers.
Selon l'Office statistique de l'Union européenne Eurostat, en 2024, le produit intérieur brut (PIB) par habitant de la France est passé pour la première fois en dessous de la moyenne des 27 pays de l'Union européenne.
Il y a 40 ans, notre pays était au niveau de l'Allemagne.
Depuis une vingtaine d’années, la richesse par habitant en France progresse moins vite qu’ailleurs en Europe. Cette érosion continue de la position française trouve ses racines dans plusieurs tendances de fond, déjà identifiées de longue date par les analystes.
Ces derniers soulignent l'évidente érosion du capital humain.
Le niveau de formation et de compétences de la population stagne, voire recule comparativement à d’autres pays. Le système éducatif français ne parvient plus à hisser ses élèves parmi les meilleurs (voir ci-dessus).