60s, la jeunesse livre son dernier combat

La jeunesse des années 60 n'est pas la jeunesse dorée que l'on dépeint aujourd'hui.

Au contraire, la plupart des jeunes ne disposaient d'aucun des biens de la société de consommation qui prenait son envol.

Les jeunes des usines, des champs, des facs... travaillent, ils travaillent même beaucoup pour s'acheter une mobylette, s'offrir de rares loisirs ou tout simplement vivre.

Métro, boulot, dodo, ce n'était pas un slogan mais une triste réalité.

                                        « Au déboulé garçon pointe ton numéro

                                          Pour gagner ainsi le salaire

                                           D'un morne jour utilitaire

                                          Métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro »

 

 

Enfants, adolescents, jeunes adultes issus de l'innommable, ils imaginent un monde meilleur, plus fraternels où l'on ferait l'amour et pas la guerre.

 

Raconter les années 60, c'est évoquer, plus que leur défaite,  une bérézina dont nous portons encore aujourd'hui les stigmates.

 

Petit tour du monde qui en rend bien compte :

Aux USA, la décennie commence avec Kennedy, s'achève sous Nixon et le déluge de feu infligé au Vietnam.

En URSS et Europe de l'Est, les hôpitaux "psychiatriques" se remplissent de dissidents

En France, un De Gaulle encore flamboyant laisse la place au banquier Pompidou.

En Chine, Mao perd ses derniers neurones, ses nervis sèment la terreur dans campus et campagnes.

En Amérique du sud, les dictatures militaires écrasent la contestation populaire.

A Cuba on "normalise"

Près de chez nous : en Tunisie, Bourguiba vieillit mal ;  au Maroc on liquide les opposants ; en Algérie, on corrompt ; en Afrique, les élites se servent.

Au Moyen-Orient, Israël s'installe dans le sang et les larmes, Nasser d'effondre, Kadhafi arrive...

Stop... ou encore ?

 

La jeunesse américaine voulait se rapprocher des étoiles, elle côtoiera l'abîme : la drogue,  la boucherie du Vietnam.

Reins brisés, cerveaux lavés, la jeunesse rentrera dans le moule en enfilant un costume 3 pièces.

 

Pop Art, ultime pied de nez à la société de consommation

Leda et le cygne vu par Mel Ramos (Toucan better than one, 1968)
Leda et le cygne vu par Mel Ramos (Toucan better than one, 1968)

Alors il reste l'art, le POP ART notamment, pour tourner en dérision la société de consommation.

 

Au Musée Maillol on peut avoir un aperçu  du « Pop Art » à partir de quelques pièces maîtresses, peintures, sculptures, sérigraphies...  

 

" Au début des années 60 la société de consommation se développe parallèlement à une situation économique en pleine croissance. C’est dans ce contexte que le Pop Art va émerger. Les artistes du courant Pop représentent généralement les objets du quotidien et les signes de la culture de masse populaire. Ils s'approprient souvent des figures iconiques comme Jackie Kennedy ou Marilyn Monroe et utilisent des techniques employées dans la publicité et la bande-dessinée. Les couleurs sont utilisées en aplats uniformes dans des tons intenses. 

Le Pop Art affirme sa croyance en la puissance des images, et c'est souvent avec humour, parfois avec ironie, qu'il dépeint « the American way of life» pour le célébrer et le critiquer en même temps."

Musée Maillol

 

EXPOSITION POP ART - Icons that matter - Collection du Whitney Museum of American Art, New York - Musée Maillol - Du 22 septembre 2017 au 21 janvier 2018