Hélas (?), la gauche est toujours dans mes tripes !

Depuis 2005 et le coup tordu de l'escamotage du NON au référendum constitutionnel, je me suis tenu fort loin des débats politiques nationaux : point de journaux télévisés, aucun débat suivi... Il faut dire que mes deux bêtes noires, Sarkozy et Hollande ont occupé pendant 10 ans le trône de notre République, ruinant économiquement et moralement le pays, favorisant l'émergence d'une bête immonde que la France n'a que trop connu.

 

Sur le flanc d'un PS à l'agonie ont surgi deux avatars :

 

- l'un à gauche, qui donne spectacle de foire, promet la lune à grands coups de menton et ne tolère pas la moindre contradiction. La lecture du blog de son mentor et des commentaires dithyrambiques (soigneusement filtrés, j'en ai fait l'expérience), nous renvoie à une gauche autoritaire que nous avons vu à l'oeuvre à l'est de l'Europe, à notre grand désespoir,

 

- l'autre à droite, qui se pare des vertus du modernisme, que l'on a vu en partie au travail sous Hollande, celle qui confie au grand patronat le soin de lutter contre le chômage en dotant de 40 milliards les grandes entreprises... contre la promesse - évidemment non tenue - d'un million d'emplois créés.

 En fait, l'essentiel de la timide décrue du chômage observée ces derniers mois est imputable à diverses actions publiques... au frais du contribuable !

 

Ces largesses sans précédent ont fatalement conduit à une ponction fiscale (impôts locaux, nationaux)  touchant de plein fouet les classes moyennes, alors que l'on apprenait de multiples sources que les Français les plus riches s'exonéraient par différents moyens - légaux ou illégaux- de leur contribution.

 

Cette "gauche" sociale libérale est actuellement représentée par Valls et Macron. Elle nous promet - à contre-temps- un blairisme, qui a fini le sale travail de Mme Thatcher, réduisant le Royaume-Uni au paradis de la City et à l'enfer des travailleurs pauvres.

 

De ces deux côtés, la gauche, ne peut attendre que le pire, ce n'est pas de vieux pots et de vieilles recettes que resurgira l'espérance en une société plus juste et plus fraternelle.

 

 

Parce que quand on a la gauche (des idées) chevillée au coeur, on ne peut jamais renoncer à entendre (mais plus trop à croire) ceux qui pourraient porter un projet pas trop éloigné de ses aspirations, j'avais décidé de jeter un oeil, sur le débat organisé par ce fantomatique parti socialiste, surtout pour écouter les propositions de deux hommes qui ont le mérite d'avancer des solutions originales.

 

Benoit Hamon est un homme sympathique que je crois sincère, son projet de revenu universel part d'un bon sentiment et d'un constat (contesté néanmoins par nombre d'économistes) quant à la raréfaction du travail. Il ne m'a pas convaincu, ni sur la faisabilité, ni sur l'opportunité, ni sur la pérennisation d'une telle usine à gaz. C'est de plus un très mauvais signal envoyé à la jeunesse.

 

J'ai trouvé Montebourg plus audacieux, plus sûr de lui, plus compétent et plus déterminé ; son analyse de la situation actuelle plus pertinente, son projet plus abouti. Comme lui je ne crois pas à la fin de la valeur travail.

 

Car le travail existe, simplement il change de nature. Regardons l'Allemagne et son faible taux de chômage, quand dans le même temps le pays dégage cette année un excédent budgétaire de 6,5 milliards d'euros.

 

 Mais quel travail ? 

 

Nous avons en France un savoir-faire exceptionnel dans de nombreux domaines : aéronautique, automobile, chantiers navals, ferroviaire, informatique, microélectronique, robotique...INVESTISSONS massivement dans l'innovation, la formation dans tous ces secteurs. Ne manquons pas la transition écologique, qui est une aubaine pour l'Allemagne, il n'est que temps de lancer de grand projets dans ce domaine. Nous prenons un retard considérable.

 

L'industrie se robotise : alors construisons des robots, apprenons à nos jeunes à piloter des robots. Montons notre niveau d'étude et de formation professionnelle initiale et permanente. Investissons dans la recherche, rémunérons correctement nos meilleurs éléments dont le salaire est multiplié par 4 quand ils s'expatrient.

 

Que nos bac S, nos ingénieurs des grandes écoles, s'investissent dans les domaines pour lesquels ils ont été formés avec la générosité de l'état, au lieu d'aller pantoufler dans les banques et assurances. Je suis partisan d'un contrat d'étude lié à l'embauche dans les secteurs les plus utiles à la nation : scientifiques, technologiques, médicaux, culturels... et non à la distribution de centaines de millions d'euros dans des filières parkings que nous ne connaissons que trop.

 

Le passage obligatoire par la case formation après un licenciement -avant le pôle emploi- est aussi une idée qui me tient particulièrement à coeur. Nous sommes très faibles sur la formation tout au long de la vie. Distraire des milliards de l'assurance chômage pour donner un nouvel élan à des parcours professionnel ne procède que d'un élémentaire bon sens.

 

 Montebourg, pour financer son projetrelancer l'investissement et remettre les Français au travail, souhaite récupérer les indécents effets d'aubaine du CICE qui ont profité aux banques et la grande distribution, et s'affranchir temporairement du fameux seuil des 3% de déficit que nombre d'économistes (y compris libéraux) trouvent absurde. Le coût de son plan n'est d'ailleurs qu'une goutte d'eau par rapport aux centaines de milliards d'évasion fiscale qui scandaleusement se retrouvent dans des paradis fiscaux au sein même de l'Europe : Royaume-Uni, Irlande, Luxembourg...

 

Dans un livre publié en 2012, le journaliste Antoine Peillon chiffrait à 600 milliards le montant des avoirs français dissimulés à l'étranger, dont environ 250 milliards détenus par des particuliers et le reste par des entreprises.

 A la même époque, le montant total «des différentes formes d'évitements illégaux de l'impôt est compris entre 60 à 80 milliards d'euros» chaque année, soit 20% des recettes fiscales brutes de l'Hexagone. 

Le Figaro, 2016

Et cela n'a fait qu'empirer.

 

Cette Europe là est en bout de course, face aux protectionnismes américains et asiatiques, elle est totalement démunie, elle reste la seule à croire aux délices infinis de la mondialisation.

 

Comme la majorité des Français, Montebourg avait dit non à cette Europe en 2005. Il faut repartir du résultat de ce référendum et reconstruire une nouvelle Europe, heureusement maintenant débarrassée du fardeau anglais.

...

A 22h30 j'ai éteint mon poste ; 1h30 devant mon écran, pour moi un exploit !

 

 

NB : J'ai aussi aimé la tirade de V. Peillon à propos du démantèlement de la sécu prôné (un temps) par Fillon.

 NON les Français n'accepteront pas que la qualité des soins soit lié à la solvabilité des patients, comme aux USA.

 

"Je suis chrétien, voila ma gloire", nous affirme M. Fillon... Ces chrétiens là, nos parents les ont connus : c'était l'époque où la châtelaine pourvoyait aux bonnes oeuvres de M. le curé. La SS n'existait pas encore et les enfants de 12 ans travaillaient dans les mines !