Cent ans de solitude

Si j'avais à retenir 5 oeuvres littéraires contemporaines, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez -mort aujourd'hui- serait dans le lot (au même titre que : Belle du Seigneur d'Albert Cohen, Le désert des Tartares de Dino Buzzati, En attendant Godot de Samuel Beckett et L'étranger de Camus).

 

 

Je ne me risquerais pas à analyser et encore moins à résumer l'épopée de la famille Buendia (généalogie ci-contre), qui sur un siècle (du milieu du XIXème au milieu du XXème siècle) apparaît, prospère et disparaît...sans que rien -ou presque- ne bouge, mais que tout se répète (comme le nom des protagonistes).

 

Voici donc quelques éléments issus de Wikipedia qui présente un gros dossier sur l'ouvrage.

 

" Cent Ans de solitude relate l'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo. Ce village est fondé par plusieurs familles, conduites par José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, un couple de cousins qui se marièrent, pleins d'appréhension et de craintes dues à leur parenté et au mythe existant dans la région, qui disait que leur descendance pourrait naître avec une queue de cochon …"

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" Tout au long du roman, tous les personnages semblent prédestinés à souffrir de la solitude comme une caractéristique innée à la famille Buendia. Le village même vit isolé de la modernité, toujours en attente de l'arrivée des gitans qui amènent les nouvelles inventions; et l'oubli, fréquent dans les événements tragiques récurrents dans l'histoire de la culture que présente l'œuvre..."

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Extrait 1 : où il est question du village (imaginaire) de Macondo :

 

«  À l’entrée du chemin du marigot, on avait planté une pancarte portant le nom de Macondo et, dans la rue principale, une autre proclamant : Dieu existe. Pas une maison où l’on eût écrit ce qu’il fallait pour fixer dans la mémoire chaque chose, chaque sentiment. Mais pareil système exigeait tant de vigilance et de force de caractère que bon nombre de gens succombèrent au charme d’une réalité imaginaire sécrétée par eux-mêmes, qui s’avérait moins pratique à l’usage mais plus réconfortante. Ce fut Pilar Ternera qui contribua le plus à répandre cette mystification, quand elle eut l’idée ingénieuse de lire le passé dans les cartes comme, jadis, elle y lisait l’avenir. Par ce biais, ces gens qui ne dormaient pas commencèrent à vivre en un monde issu des intercurrences et du hasard des cartes, où le souvenir du père s’identifiait bon gré mal gré à celui de tel homme brun arrivé début avril, et l’image de la mère à celle de telle femme brune qui portait un anneau d’or à la main gauche, et où telle date de naissance ne pouvait que remonter au dernier mardi qu’on entendit chanter l’alouette dans le laurier. Ces pratiques consolantes eurent raison de José Arcadio Buendia qui décida alors de construire cette machine de la mémoire dont il avait déjà eu envie autrefois pour se souvenir de toutes les merveilleuses inventions des gitans. Le principe de cette machine consistait à pouvoir réviser tous les matins, du début jusqu’à la fin, la totalité des connaissances acquises dans la vie. »

 

A propos de cette solitude qui accable la famille Buendia, l'article de Wiki dit ceci :

 

" La solitude est particulièrement évidente pour le colonel Aureliano Buendia dont la maladresse pour exprimer l'amour fait qu'il s'en va à la guerre en laissant des enfants de mères différentes à divers endroits. À certaines occasions, il demande même que l'on trace un cercle de trois mètres autour de lui pour éviter qu'on l'approche. Aussi, après avoir signé la paix, il se tire une balle dans la poitrine pour ne pas avoir à affronter l'avenir, mais il est tellement malchanceux qu'il se rate..."


Extrait 2 : la vie du colonel Aureliano Buendia

 

" Le colonel Aureliano Buendia se rendit compte alors, sans en être autrement surpris ni peiné, qu’Ursula était le seul être humain à avoir vraiment réussi à déchiffrer sa propre misère, et pour la première fois depuis nombre d’années, il osa la regarder en face. Elle avait la peau toute fendillée, les dents cariées, les cheveux fanés, sans couleur, le regard éteint. Il la compara à l’image la plus ancienne qu’il gardait d’elle, cet après-midi où il eut le pressentiment qu’une marmite de bouillon allait choir de la table, et ce fut pour retrouver cette image en morceaux. Il découvrit soudain les égratignures, les meurtrissures, les marques à vif, les ulcères et les cicatrices que lui avait laissés plus d’un demi-siècle d’existence quotidienne, et il constata que la vue de ces ravages n’éveillait en lui aucun sentiment, même de pitié. Il fit alors un dernier effort pour chercher en son coeur l’endroit où s’était décomposé son amour, et ne put le trouver. Autrefois, du moins éprouvait-il une confuse impression de honte lorsqu’il découvrait sur sa propre peau l’odeur d’Ursula, et il lui arrivait à maintes reprises de sentir ses pensées recouper les siennes. Mais tout cela avait été rasé par la guerre. Même Remedios, sa propre épouse, n’était plus à présent que l’image estompée de quelqu’un qui aurait pu être sa fille. Les innombrables femmes qu’il avait connues dans le désert de l’amour, et qui avaient dispersé sa semence sur tout le littoral, n’avaient laissé aucune trace dans son cœur. La plupart étaient entrées dans sa chambre en pleine obscurité et étaient reparties avant l’aube ; le lendemain, il ne subsistait d’elles qu’un peu de dégoût dans la mémoire du corps. La seule affection qui résista au temps et à la guerre fut celle qu’il porta à son frère José Arcadio, du temps qu’ils étaient enfants, et encore ne reposait-elle pas sur l’amour mais sur la complicité."


Durant ses 32 guerres civiles, le colonel Aureliano Buendía a 17 fils avec 17 femmes différentes, avec chacune desquelles il a passé une seule nuit...!

 

 

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100 ans de solitude par Juliette
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