Lumières et ombres d'été

 

Du Danube à la V(o)lt(a)va : Le monde en paix

 

Lumière d'un jour d'été sur le Danube : derrière nous, l'île Saint-André, le pont Marguerite... soleil au zénith sur le château de Buda. Les dernières grues déploient leurs ailes autour des tours du Parlement de Pest.

 

Lumière irradiante sur la place des Héros... comment ne pas fondre devant la mariée magyare qui jette son bouquet vers l'astre incandescent...

 

Revenir vers l'ombre douce des vieilles rues de Pest, puis les ruelles qui dominent les Bains de Buda... Du château, regard en plongée vers le Danube qui s'écoule avec retenue.

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Suivre les vignes et descendre du château qui domine la Vltava. 10h, à Prague ce jour là, ombres et lumières sur le fleuve au gré des nuages qui se dispersent.

 

A 14h, sur le pont Charles, les touristes japonaises ouvrent leurs ombrelles.

 

A Český Krumlov, la Moldau/Vltava ne veut plus couler vers Prague ; elle enserre en ses boucles le vieux village et le château des Babenberg. Sur la passerelle, près de Jean Népomucène, des touristes japonaises très pâles contemplent le ballet des canoës sur la rivière. A l'ombre de rochers des baigneuses exhibent des formes généreuses, les jeunes sont dans l'eau, des gerbes d'écume étincellent. Je m'éponge...

 

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 A Vienne à la même heure, dans les jardins de la Hofburg, l'ombre d'Elisabeth n'est qu'esquissée. D'autres touristes japonaises, plus délurées, s'ébattent sur les pelouses.

 

A deux pas de là s'écrivit l'histoire de l'Europe. Talleyrand a boitillé dans ce parc avant d'aller signer, dans l'ombre épaisse des vieux murs du Palais, le traité de Vienne qui consacrait la fin de l'Europe napoléonienne... qu'il avait contribué à bâtir.

 

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N’était-il pas aussi à Presbourg ce Diable boiteux, après les victoires d'Ulm et Austerlitz pour parapher le traité qui établissait la main mise de Napoléon sur cette même Europe ?

 

Au pied du Château de Bratislava (Presbourg) le Danube est comme immobile.

 

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Ombre d'un matin d'été dans la Wachau.

 

A 9h, un vol de hérons cendrés suit les berges d'un Danube plus vigoureux. Le village de Dürnstein est encore assoupi, les touristes aussi.

 

Nous grimpons vers les ruines du château où Richard Cœur de Lion fut détenu par les Babenberg au retour de la troisième croisade.

 

De quelques proéminences rocheuses, nous admirons, sur l'autre rive du Danube, le vignoble de la Wachau, magnifiquement mis en lumière par le soleil d'août commençant.

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Il était évident de conclure ce périple sur les traces de la Maison d'Autriche à l'abbaye de Melk, où Marie-Thérèse  est... impériale. Ici la lumière est d'or.

 

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Pour tant de splendeurs, combien de souffrances humaines ? Sur les chantiers des Palais, des cathédrales, des ponts... combien de cadavres ? En contemplant l'étourdissante beauté des vestiges de l'Empire austro-hongrois, en admirant les talents de leurs architectes et de leurs artisans, je n'oublie pas le prix du sang... comme en visitant l'an passé le Palais de Catherine, le Peterhof, l'(H)ermitage à Saint-Pétersbourg... ou il y a quelques années les Pyramides.

 

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 De Damas au Caire en passant par Tunis et Bagdad : le monde en sang.

 

 De ce sang séché nous reste au moins des magnificences.

 

Que nous restera-t-il de celui qui coule au milieu des ruines du Proche-Orient ? Uniquement un nouveau témoignage de la barbarie humaine, à l'oeuvre dans les camps de concentration, de déportation, d'extermination... et dans toutes les boucheries que l'Europe a produites tout au long du XXème siècle.

Ces jours ci, le président allemand était à Oradour...

 

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Assad gaze ses sujets de 0 à 90 ans, la botte égyptienne massacre ses opposants... mais en face les bouchers islamistes font régner la terreur dans les territoires qu'ils contrôlent et l'on sait bien qu'au pouvoir leur main de fer étranglerait toute velléité d'émancipation, réduirait les femmes au rôle de reproductrice, abolirait le temps passé depuis la mort du "prophète"... renverrait des millions d'êtres... au Néant !

 

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D'un côté la peste et le choléra, de l'autre le choléra et la peste... notre cher président aurait-il donc les antidotes, lui qui veut punir un camp plutôt que l'autre ?

 

L'exemple de la Libye aurait dû nous vacciner... les armes de Sarkozy sont aujourd'hui dans les montagnes et déserts tunisiens, algériens, maliens... et dans certaines banlieues ou quartiers de nos métropoles... braquées sur nous et nos amis !

Et serions nous si vertueux, si exemplaires que nous puissions nous arroger le droit de "punir" ?

 

 Hollande, général en retraite sur le champ de bataille de l'économie, fait donner la fanfare sur le terrain diplomatique... au risque d'être rapidement traité... de fanfaron !

 

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Donc revenir aux Lumières, à mon cher Diderot. Je parlerai bientôt de l'homme et des sciences, de l'homme et de la chimie, car lui, le philosophe, il avait bien compris que la vie est avant tout chimie !

 

Pour déchaîner ou maîtriser nos passions ne suffit-il pas de réguler dans notre cerveau la concentration de quelques molécules !

 

(photos : MHB)