Le vote de l'ONU sur la Palestine témoigne du rejet de la politique de conquête de l'Etat d'Israël

Par 138 voix contre 9 (dont Israël, USA, Canada)  l'AG des Nations-Unis a accordé à la Palestine le statut d'Etat observateur non membre permanent.

 

Ce vote des 2/3 des membres de l'ONU en faveur de la requête de Mahmoud Abbas témoigne de l'isolement de l'Etat hébreu et porte condamnation de la politique de colonisation des faucons au pouvoir à Tel Aviv.

 

Il faut souligner que c'est le comportement insensé du gouvernement israélien, qui réclame cyniquement à la fois la paix et les territoires, ne concédant que quelques bantoustans aux Palestiniens, qui a suscité la montée du Hamas à Gaza...

 

Les kamikazes du Hamas et du Jihad islamique sont d'ailleurs les meilleurs alliés objectifs de la clique de Netanyahu et leur alibi dans la politique de violence menée contre le peuple palestinien.

 

DES FAITS :

 

- dès le 15 novembre 1988, à Alger, le Conseil national palestinien (CNP, parlement en exil), qui proclame l'Etat palestinien indépendant, accepte les résolutions 242 et 338 de l'ONU, reconnaissant ainsi implicitement l'existence d'Israël. En décembre, devant l'ONU à Genève, Yasser Arafat, chef de l'OLP, reconnaît le droit d'Israël à vivre "en paix", et déclare renoncer totalement au terrorisme

 

- le 13 septembre 1993 : Israël et l'OLP signent à Washington un accord de principe ("Oslo I") sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de main historique.

 

-  le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, âgé de 73 ans, est assassiné par Ygal Amir, un juif israélien étudiant en droit opposé aux accords d'Oslo. Ce crime intervient après qu'il eut prononcé un discours lors d'une manifestation monstre pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv.  

 

-  le 24 avril 1996, le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.

 

- le 29 mai suivant les Israéliens élisent pour la première fois comme Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite nationaliste, opposé aux accords d'Oslo.

 

Les faucons israéliens auront désormais la main et n'auront de cesse de torpiller le processus de paix.

 

ENCORE DES FAITS :

 

- 24 septembre 1996 : l'ouverture par Israël d'un tunnel sous l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem (70 morts)


-7 mars 1997 : l'annonce unilatérale par Israël d'un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens réclament 30%) provoque une nouvelle crise.


- 18 Mars 1997 : Israël met en chantier une nouvelle colonie juive à Abou Ghneim (Har Homa) près de Bethléem,

 

-14 janvier 1998: Israël annonce qu'il gardera sous son contrôle de larges parties de la Cisjordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.

 

-21 juin 1998 : le gouvernement israélien décide la création d'une super-municipalité de Jérusalem qui englobe plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de volume.

 

-28 septembre 2000 : la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de l'islam, provoque de violentes émeutes en Israël et dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90 victimes. C'est le début de la deuxième Intifada (2000-2005). 

 

-4 décembre 2001 : Israël lance des raids d'une ampleur sans précédent dans les territoires palestiniens. Yasser Arafat, déclaré "hors-jeu" par Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée par Tsahal.


29 mars 2002: l'état hébreu lance une offensive dans les territoires occupés baptisée "rempart défensif". La Mouqataa, le quartier général d'Arafat à Ramallah, est partiellement détruit et le leader palestinien est coupé du monde.

 

On connait la suite : la fin d'Arafat, la montée, puis la prise du pouvoir à Gaza des extrémistes du Hamas et le petit "jeu" Hamas-Netanyahu : roquettes (souvent quelques pétards mouillés) contre bombardement massif et aveugle de Gaza, dont le résultat essentiel est de marginaliser le leader modéré Mahmoud Abbas.


Pour ce dernier le vote de l'ONU est donc un sérieux coup de pouce. Un avertissement donné aux faucons de Tel Aviv et de Gaza... et aux Américains, qui contre tout bon sens ont appuyé tous les coups de force de Netanyahu.

 

Avec le concours de l'Express