Le cerveau dans tous ses états

IMAGERIE CEREBRALE
IMAGERIE CEREBRALE

 

Le journal Le Monde, dans un bref entretien avec le Pr Gérard Saillant, rappelle qu'en octobre prochain s'ouvrira l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) au sein de l'hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris.

 

L’ICM est un centre unique au monde qui regroupera en un même lieu les malades, les chercheurs et les médecins. C’est 800 chercheurs en permanence, 25 000 m2 de laboratoire où viendront travailler les meilleurs chercheurs du monde entier.”

 

Maladie d’Alzheimer, de Parkinson, paraplégie, tétraplégie, accidents vasculaires cérébraux, sclérose en plaques, dépression, psychoses... Aujourd’hui, les maladies neurologiques et psychiatriques affectent 10 millions de malades en Europe ; 4 à 5 millions de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. On recense 3 millions d’accidents vasculaires cérébraux, 2,5 millions d’épileptiques...
Le vieillissement de la population laisse présager une forte augmentation de ces chiffres.

 

Les travaux de l'ICM ciblent donc notamment :

 

- les maladies neurodégénératives

La dégénérescence nerveuse peut toucher le cortex cérébral (maladie d'Alzheimer), les structures profondes du cerveau (maladie de Parkinson), la moelle épinière (sclérose latérale amyotrophique).

- La sclérose en plaques et les maladies inflammatoires du système nerveux qui  généralement débutent chez le jeune adulte.

 

- Les séquelles d'accidents vasculaires cérébraux. 

 

- Les tumeurs, souvent malignes, qui sont généralement au-dessus de toute ressource thérapeutique.

 

- L'épilepsie, touchant les jeunes, qui est traitée par les médicaments, mais pas dans tous les cas.

 

- Les maladies psychiatriques : anxiété et la dépression réactionnelle jusqu'aux psychoses les plus graves, dont la schizophrénie, la dépression bipolaire, l'autisme...

 

- Les traumatismes du cerveau et de la moelle épinière : hémiplégie, paraplégie, tétraplégie.

 

Constitué d'environ 100 milliards de cellules nerveuses, qui communiquent entre elles par des contacts (synapses), le cerveau reste un vaste champ d'étude.

 

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Grâce aux progrès de la neurologie et des sciences de la cognition, il devient  possible de comprendre le fonctionnement normal du cerveau. Le projet du Pr Saillant doit d'abord permettre une meilleure connaissance des mécanismes moléculaires de la mort cellulaire et des diverses formes de réparation des cellules nerveuses.

 

Les approches dans le domaine de la neurobiologie moléculaire et cellulaire, de la neurophysiologie, des sciences de la cognition et de la thérapeutique ont été menées jusqu'à présent de façon dispersée au niveau planétaire.

 

Dans tous les cas l'amélioration de la qualité des soins exige la multidisciplinarité dans la pratique médicale et le développement continu des moyens diagnostiques et thérapeutiques. C'est un des constats qui justifie le projet ICM.

 

Le terme réparation apparait souvent dans la présentation de l'Institut qui vise donc, au delà de l'amélioration des soins palliatifs, une reconstruction de circuits (connexions synaptiques) endommagés. L'utilisation de cellules souches neuronales pour la réparation du cerveau a déjà fait l'objet de plusieurs publications.

 

On sait que, contrairement au dogme de la fixité neuronale, de nouvelles cellules neuronales sont générées dans le cerveau adulte chez la plupart des espèces.

 

LIRE ICI à propos de la plasticité cérébrale

 

La neurogenèse chez l’homme se déroule principalement dans deux régions du cerveau adulte : le gyrus dentelé de l’hippocampe et la région sous-ventriculaire.

 

Une équipe de chercheurs de l’Ecole polytechnique de Lausanne, dirigée par Carmen Sandi, s’est intéressée à une protéine présente dans l’hippocampe, la MIF (macrophage migration inhibitory factor). Selon leurs recherches publiées dans la revue Molecular psychiatry, l’inhibition de cette protéine provoque “une augmentation des états anxieux et dépressifs”.

 

Carmen Sandi montre qu’il existe un lien entre cette protéine et la neurogénèse. Ainsi chez des rats génétiquement modifiés pour ne pas produire la protéine MIF, un ralentissement de la production de nouveaux neurones est observé. Elle s’accompagne d’une augmentation de l’anxiété et des comportements dépressifs (les rongeurs réagissent différemment aux situations de stress).

 

De plus ces recherches ont montré que ces rats mutants réagissaient moins bien aux antidépresseurs, comme les ISRS (fluoxétine/Prozac).

 

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-Angoisse, chimie, conscience,

- Angoisse et dépression

 

La protéine MIF
La protéine MIF