VieS des ScienceS, SociétéS, ArtS
" La liberté commence où l'ignorance finit"

Jean-Pierre Lavergne

Autour du vivant


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Le Blog

 

Gaza : massacre dans le ghetto

Mieux que tous les discours : une carte...

... Depuis 1999, le mitage systématique des lambeaux restant de la cis-jordanie par la colonisation israélienne, vise à empêcher définitivement la création d'un état palestinien.

A Gaza, l'état hébreu asphyxie la population dans le bantoustan qu'il a créé... 

 

Qui ose s'étonner de la révolte en cours et des manifestations antisionistes, qu'il est trop commode d'assimiler à de l’antisémitisme.

 

Israël veut les territoires, la paix, le respect... il finira par tout perdre, quand les Américains n'assureront plus les fins de mois, l'armement, l'intendance... d'un état fauteur de guerres et de violences, qui menace leur prospérité économique.

 

Dame Nature et "l'alphabet de Dieu"

Copie d'écran de la Une du journal Le Monde, le 7 mai 2014 à 20h
Copie d'écran de la Une du journal Le Monde, le 7 mai 2014 à 20h

Ce n'est pas l'article scientifique le plus lu et le plus commenté dans le monde qui fait la couverture de la version papier du journal Nature du 15 mai qui le publie, mais un merle migrateur qui perd sa boussole biomagnétique, après avoir été exposé à un faible niveau de bruit électromagnétique (AM entre environ 20 kHz et 20 MHz... fréquences qui baignent notre environnement quotidien).

 

Si le plus grand journal scientifique, se soucie d'abord -et à juste titre (c'est dans son titre)- de l'état de notre planète et de ses occupants, c'est que cet état est pitoyable.

 

Les activités anthropiques ont, en un siècle, saccagé notre biodiversité, fait disparaître des centaines de milliers d'espèces végétales et animales, bouleversé, voire détruit, nombre de nos écosystèmes... et peut-être abrégé l'espérance de vie de l'humanité de quelques centaines de milliers d'années.

 

Voir le diagramme ci-après

 

Avant de clouer au pilori les chercheurs qui travaillent dans leur laboratoire sur les OGM et maintenant les OGA(augmentés), les scientophobes les plus convaincus ne devraient-ils pas plutôt se tourner vers les dirigeants, les lobbies et tous les ultra productivistes de cette planète, qui ont pour seule devise :  " Profitons... et après nous le déluge " ?

 

Vers tous ceux qui détournent le travail des scientifiques (ou l'orientent par le biais de financements) toujours dans le sens de la rentabilité à tout prix ?

 

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Certes, il n'est pas surprenant que les résultats publiés par le groupe de Floyd Romesberg, qui font la Une des plus grand media non spécialisés du monde entier, suscitent des milliers de commentaires et déclenchent aussitôt la controverse et l'anathème.

 

Observateur assidu des publications du Net, contraint de bloquer les commentaires sur ce blog, je m'attendais effectivement au pire.

 

Nombre d'excités exigent la prison pour les auteurs, la mise définitive au banc de l'humanité... et les destinent à la poubelle de l'histoire scientifique.

 

Il est probable que si le laboratoire de Floyd Romesberg ne se trouvait pas en Californie mais au fin fond du Texas, il faudrait le protéger des enragés de la gâchette !

 

Mais même chez des commentateurs plus honnêtes, la boutade que j'avais mise en avant sur ce site en 2012, en présentant la biologie synthétique - le fameux mythe de Faust - est prise au sérieux : nous serions sur la voie de la création de "transhumains" !

 

Et malheureusement de pseudoscientifiques se prêtent à ces âneries !

 

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J'ai rappelé plus haut que l'homme altérait gravement son milieu ; il affecte aussi profondément son organisme, en respirant, en consommant, particules et pesticides qui bouleversent les mécanismes biologiques les plus complexes, les plus fondamentaux, le rendant infertile, multipliant les pathologies ou en créant de nouvelles, provoquant des cancers du sein à 20 ans, de la prostate à 40, multipliant les maladies neurodégénératives...

 

L'alphabet de Dieu, si cher à ces censeurs radicaux, produit de plus en plus de monstruosités et ses mécanismes de réparation n'en peuvent mais !

 

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Que des chercheurs s'écartent radicalement des voies naturelles pour imaginer de nouvelles thérapies semble donc parfaitement légitime. Sait-on par exemple qu'aujourd'hui la recherche de nouveaux antibiotiques piétine, alors que des résistances aux plus puissants d'entre-eux, la vancomycine et le linézolide, viennent d'être mises en évidence ?

 

J'ai choisi cet exemple parce que l'un des thèmes de recherche de Floyd Romesberg est justement la mise au point de nouveaux antibactériens. (*)

 

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L'extension de l'alphabet génétique, c'est avant tout se donner les moyens de produire de nouvelles petites protéines constituées d'aminoacides "exotiques", non reconnus par l'organisme, et susceptibles, par exemple, de contrer les mécanismes de cancérisation.

 

Bien sûr qu'un problème d'éthique est posé à propos de la possible dissémination de tels organismes (notons au passage que les chercheurs californiens ont bloqué cette éventualité pour leur bactérie) et il sera évidemment traité, mais laissons au moins les biologistes synthétiques travailler en paix et montrer le potentiel thérapeutique de leurs découvertes.

 

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 J'ai dû écrire sur ce site, à plusieurs reprises, que depuis Giordano Bruno et Galilée, peu de choses avaient changé.

 

Il y a toujours au fond du cœur des hommes les plus antiques peurs, les plus archaïques croyances, dont se délectent toujours sectes et religions.

 

Excommunions donc nos meilleurs scientifiques - à défaut de les brûler - et continuons d'écouter gourous et prédicateurs incultes - de tous les cultes -, qui eux savent nous dire ce qui est licite ("hallal") et ce qui est péché ("haram").

 

Le hallal et le haram sont les vocables les mieux partagés par tous les sectaires... même s'ils s'étripent à propos de leurs contenus !

 

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 (*) Notons incidemment, que l'une de ces molécules, non mise sur le marché, mais en développement, a sauvé, il y a quelques mois, une petite fille pour laquelle toutes les antibiothérapies avaient échoué.

 

 

L'effondrement de notre biodiversité

 

L'indice de population est un indicateur utilisé pour suivre l'état de la biodiversité dans le monde. Il présente ici des tendances, étudiées entre 1970 et 2000, pour des populations de vertébrés terrestres (en orange), d'eau douce (en vert) et marins (en bleu). La tendance générale est indiquée par un trait noir. Les résultats sont sans appel, la biodiversité mondiale s'effondre. © WWF

Cent ans de solitude

Si j'avais à retenir 5 oeuvres littéraires contemporaines, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez -mort aujourd'hui- serait dans le lot (au même titre que : Belle du Seigneur d'Albert Cohen, Le désert des Tartares de Dino Buzzati, En attendant Godot de Samuel Beckett et L'étranger de Camus).

 

 

Je ne me risquerais pas à analyser et encore moins à résumer l'épopée de la famille Buendia (généalogie ci-contre), qui sur un siècle (du milieu du XIXème au milieu du XXème siècle) apparaît, prospère et disparaît...sans que rien -ou presque- ne bouge, mais que tout se répète (comme le nom des protagonistes).

 

Voici donc quelques éléments issus de Wikipedia qui présente un gros dossier sur l'ouvrage.

 

" Cent Ans de solitude relate l'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo. Ce village est fondé par plusieurs familles, conduites par José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, un couple de cousins qui se marièrent, pleins d'appréhension et de craintes dues à leur parenté et au mythe existant dans la région, qui disait que leur descendance pourrait naître avec une queue de cochon …"

...

" Tout au long du roman, tous les personnages semblent prédestinés à souffrir de la solitude comme une caractéristique innée à la famille Buendia. Le village même vit isolé de la modernité, toujours en attente de l'arrivée des gitans qui amènent les nouvelles inventions; et l'oubli, fréquent dans les événements tragiques récurrents dans l'histoire de la culture que présente l'œuvre..."

...

Extrait 1 : où il est question du village (imaginaire) de Macondo :

 

«  À l’entrée du chemin du marigot, on avait planté une pancarte portant le nom de Macondo et, dans la rue principale, une autre proclamant : Dieu existe. Pas une maison où l’on eût écrit ce qu’il fallait pour fixer dans la mémoire chaque chose, chaque sentiment. Mais pareil système exigeait tant de vigilance et de force de caractère que bon nombre de gens succombèrent au charme d’une réalité imaginaire sécrétée par eux-mêmes, qui s’avérait moins pratique à l’usage mais plus réconfortante. Ce fut Pilar Ternera qui contribua le plus à répandre cette mystification, quand elle eut l’idée ingénieuse de lire le passé dans les cartes comme, jadis, elle y lisait l’avenir. Par ce biais, ces gens qui ne dormaient pas commencèrent à vivre en un monde issu des intercurrences et du hasard des cartes, où le souvenir du père s’identifiait bon gré mal gré à celui de tel homme brun arrivé début avril, et l’image de la mère à celle de telle femme brune qui portait un anneau d’or à la main gauche, et où telle date de naissance ne pouvait que remonter au dernier mardi qu’on entendit chanter l’alouette dans le laurier. Ces pratiques consolantes eurent raison de José Arcadio Buendia qui décida alors de construire cette machine de la mémoire dont il avait déjà eu envie autrefois pour se souvenir de toutes les merveilleuses inventions des gitans. Le principe de cette machine consistait à pouvoir réviser tous les matins, du début jusqu’à la fin, la totalité des connaissances acquises dans la vie. »

 

A propos de cette solitude qui accable la famille Buendia, l'article de Wiki dit ceci :

 

" La solitude est particulièrement évidente pour le colonel Aureliano Buendia dont la maladresse pour exprimer l'amour fait qu'il s'en va à la guerre en laissant des enfants de mères différentes à divers endroits. À certaines occasions, il demande même que l'on trace un cercle de trois mètres autour de lui pour éviter qu'on l'approche. Aussi, après avoir signé la paix, il se tire une balle dans la poitrine pour ne pas avoir à affronter l'avenir, mais il est tellement malchanceux qu'il se rate..."


Extrait 2 : la vie du colonel Aureliano Buendia

 

" Le colonel Aureliano Buendia se rendit compte alors, sans en être autrement surpris ni peiné, qu’Ursula était le seul être humain à avoir vraiment réussi à déchiffrer sa propre misère, et pour la première fois depuis nombre d’années, il osa la regarder en face. Elle avait la peau toute fendillée, les dents cariées, les cheveux fanés, sans couleur, le regard éteint. Il la compara à l’image la plus ancienne qu’il gardait d’elle, cet après-midi où il eut le pressentiment qu’une marmite de bouillon allait choir de la table, et ce fut pour retrouver cette image en morceaux. Il découvrit soudain les égratignures, les meurtrissures, les marques à vif, les ulcères et les cicatrices que lui avait laissés plus d’un demi-siècle d’existence quotidienne, et il constata que la vue de ces ravages n’éveillait en lui aucun sentiment, même de pitié. Il fit alors un dernier effort pour chercher en son coeur l’endroit où s’était décomposé son amour, et ne put le trouver. Autrefois, du moins éprouvait-il une confuse impression de honte lorsqu’il découvrait sur sa propre peau l’odeur d’Ursula, et il lui arrivait à maintes reprises de sentir ses pensées recouper les siennes. Mais tout cela avait été rasé par la guerre. Même Remedios, sa propre épouse, n’était plus à présent que l’image estompée de quelqu’un qui aurait pu être sa fille. Les innombrables femmes qu’il avait connues dans le désert de l’amour, et qui avaient dispersé sa semence sur tout le littoral, n’avaient laissé aucune trace dans son cœur. La plupart étaient entrées dans sa chambre en pleine obscurité et étaient reparties avant l’aube ; le lendemain, il ne subsistait d’elles qu’un peu de dégoût dans la mémoire du corps. La seule affection qui résista au temps et à la guerre fut celle qu’il porta à son frère José Arcadio, du temps qu’ils étaient enfants, et encore ne reposait-elle pas sur l’amour mais sur la complicité."


Durant ses 32 guerres civiles, le colonel Aureliano Buendía a 17 fils avec 17 femmes différentes, avec chacune desquelles il a passé une seule nuit...!

 

 

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100 ans de solitude par Juliette
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Antibiotiques : la course contre la montre

L'émergence continue de bactéries multi-résistantes aux médicaments est un problème majeur de santé publique. L'identification et le développement de nouveaux antibiotiques, en particulier ceux ayant de nouveaux modes d'action, est impératif pour aider à traiter ces infections. 

 

Un article paru dans " The Journal of Antibiotics " dresse la liste de 22 nouveaux antibiotiques lancés depuis 2000.

 

 

Il faut noter qu'entre 1970 et 1999, toutes les molécules mises sur le marché n'étaient que des analogues de médicaments existants (à l'exception de la mupirocine commercialisé en 1985).

 

Depuis 2000, la situation s'est améliorée, avec l'apparition de cinq nouvelles classes d'antibiotiques : le linézolide (systémique, validé en 2000), la daptomycine (systémique, validé en 2003), la rétapamuline (topique, validé en 2007), la fidaxomicine (Clostridium, infections compliquées, validé en 2010) et la bedaquiline ( systémique, validé en 2012).

 

Cependant, il faut noter que l'ensemble de ces nouvelles classes d'antibiotiques est limité au traitement des infections Gram positif (entérocoques, streptocoques et staphylocoques).

 

Robert Grosseteste, un homme épris de Lumière

J'ai déjà évoqué Robert Grossesteste (ca. 1168-1253), évêque de Lincoln, dans l'un des articles que j'ai consacré à Isaac Newton (" De l'ombre à la lumière "). Cet homme érudit se présente à Oxford, au début du XIIIème siècle, à la fois comme néo-platonicien, héritier d’Aristote et des mécaniciens arabes. 

 

Grosseteste est fasciné par la lumière ; il connait en particulier parfaitement les travaux du savant égyptien Ibn-Al-Haytam, dit Alhazen (965-1039) qui a développé une véritable théorie corpusculaire de la lumière dans " Opticæ Thesaurus ".

 

Notons que Grosseteste, suivi par son disciple (qu'il ne rencontra jamais), Roger Bacon, fut le premier à évoquer le caractère ondulatoire de la lumière.

 

Si Grosseteste considère la lumière comme la première forme corporelle créée par Dieu, il met cette métaphysique de la lumière au service des sciences de la nature ; il utilise par exemple les mathématiques pour expliquer réflexions et réfractions. 

 

Rappelons que quelques années plus tard, Thomas d'Aquin (1224-1274), idéalisera lui aussi la métaphysique d'Aristote et fera de la lumière une pure qualité qui représente la perfection de Dieu.

 

La vie de Robert Grosseteste, évêque de Lincoln de 1235 à 1253, est un véritable roman, que ses nombreux biographes ont essayé de reconstituer.

 

C'était l'une des figures les plus marquantes et les plus remarquables de la vie intellectuelle anglaise du XIIIe siècle. Homme aux multiples talents : commentateur et traducteur d'Aristote et des penseurs grecs, mais aussi philosophe, théologien, scientifique... 

 

Fortement influencé par Augustin, il fut surtout l'un des premiers à faire un large usage de la pensée d'Aristote, d'Ibn Sina (Avicenne) et d'Averroès (Ibn Rochd).  Il sera également une source d'inspiration pour les travaux scientifiques à Oxford jusqu'au XIVème siècle. Il inspirera la philosophie naturelle de Roger Bacon

Isaac Newton lui rendit hommage.

 

Ses travaux sont multiples. On retiendra :

- les Commentaires sur Aristote (vers 1220 ?),

- des Œuvres philosophiques comme De Luce  et  De Finitate Motus Et Temporis (Finitude du temps et du mouvement), vers 1230,

 - des Œuvres théologiques comme De libero arbitrio (Sur le libre arbitre),

- des Travaux scientifiques : Sur la génération de sons (De generatione sonorum), Sur la sphère (De sphaera),  Sur les comètes (De Cometis), Sur l'air (De impressionibus aæris), Sur les lignes, les angles et des figures (De Lineis, angulis et figuris),  Sur l'arc en ciel (De iride), Sur la couleur (De colore), la chaleur du Soleil (De calore solis), le mouvement des corps superceleste (De motu supercaelestium)...

 

Cependant un thème majeur  traverse les œuvres de Grosseteste, celui de la lumière.

Ainsi, la notion de lumière occupe une place de choix dans ses commentaires sur la Bible, dans son approche de la perception sensorielle et de la relation du corps et de l'âme et dans ses théories sur l'origine de la connaissance et de la nature du monde physique - qui font l'ojet du travail que j'ai relaté pour commencer- et bien sûr, dans ses écrits sur l'optique. 

 

Les chercheurs spéculent sur les raisons qui ont amené Grosseteste à utiliser la notion de lumière dans des contextes aussi différents. D'un point de vue philosophique et scientifique, c'est sans aucun doute ce qui  fait sa plus grande originalité... et justifie les travaux contemporains.

 

Pour une biographie détaillée, voir la somme de Stanford Encyclopedia of Philosophy mise à jour en mai 2013.

De Luce (On Light, Lumière !) revisitée

Le "multivers" de Grosseteste
Le "multivers" de Grosseteste

Le journal Nature en ligne présente, ce 12 mars 2014, le travail remarquable d'une équipe interdisciplinaire (latinistes, philologues, historiens médiévaux, physiciens et cosmologues), piloté par l'Université de Durham autour du traité de Robert Grosseteste : De Luce.

 

Pour les auteurs, De Luce (On Light ), écrit en 1225, est la première tentative d'explication de l'origine du monde, utilisant un ensemble de lois physiques. 

 

Quatre siècles avant Isaac Newton, sept siècles avant la théorie du Big Bang, Grosseteste décrit ainsi la naissance de l'Univers : une explosion suivie d'une cristallisation de la matière formant étoiles et planètes qui constituent un ensemble de sphères imbriquées autour de la Terre.

 

En revisitant l'oeuvre de Grosseteste, qui précéda Roger Bacon à Oxford, ces chercheurs veulent montrer que la philosophie naturelle du XIIIe siècle ("polluée par l'alchimie et l'astrologie"), ne conduisait pas à une impasse scientifique, comme on l'a longtemps soutenu, mais qu'au contraire la science des XIIe et XIIIe siècles constitue une étape cruciale dans l'histoire de la pensée.

 

Les chercheurs de Durham ont identifiés six «lois» physiques dans De Luce autour de l'interaction de la lumière avec la matière. Ils les ont traduites mathématiquement avec les outils mathématiques dont nous disposons aujourd'hui, pour les confronter à la cosmogonie et à la cosmologie proposées par l'évêque de Lincoln.

L'article cité plus haut rapporte les premiers résultats de cette analyse.

 

 

Les batteries rechargeables du futur (très) proche

Les batteries Li(lithium)-ion, qui à partir du début des années 1990 ont remplacé les batteries au plomb ou Ni(nickel)-Cd (cadnium), ont marqué un progrès remarquable dans le domaine du stockage d'énergie  rechargeable. A poids égal, ces batteries délivrent deux fois plus d'énergie et coûtent 10 fois moins cher que les premières cellules livrées par Sony en 1991.

 

Notons au passage la remarquable performance du système de stockage énergétique (ESS) du roadster Telsa qui pèse environ 450 kg et délivre l'équivalent énergétique de 53 kWh, ce qui lui permet d'avoir une autonomie de plus de 400 km (notons que Telsa va commercialiser une voiture à 35 000 euros environ, la moitié du prix actuel du modèle de base).

 

Cependant ces batteries atteignent leur limite et les experts estiment à seulement 30% le gain possible au niveau du rapport énergie stockée/poids.

 

Les chercheurs -et en particulier les chimistes- travaillent donc d'arrache-pied pour développer de nouveaux systèmes.

 

En 2012, le Centre américain pour la recherche conjointe de stockage d'énergie (JCESR), basé au Laboratoire national d'Argonne, près de Chicago, Illinois, a reçu une dotation de 120 millions d'euros du gouvernement fédéral américain. Son directeur, George W. Crabtree, fixe alors un challenge redoutable : produire à 5 ans des batteries rechargeables 5 fois plus performantes  et coûtant 5 fois moins cher !

 

Pour faire court disons que ce pari parait aujourd'hui difficile à gagner !

 

Cependant des solutions existent et plusieurs laboratoires de recherche ont obtenu des résultats remarquables... qu'il faut maintenant confirmer au stade de la production industrielle, ce qui semble difficilement réalisable en moins de 4 ans !

 

Le travail le plus prometteur concerne les batteries Li-S (soufre) qui effectivement sont suceptibles de multiplier par 5 le rapport énergie stockée/poids, puisque l'électrode n'est plus du graphite (batterie Li-ion), mais un ruban de lithium beaucoup plus léger.

Voir les travaux de Elton J. Cairns à Berkeley

 

Malheureusement les composés lithium/soufre formés, solubles dans les électrolytes organiques utilisés, ont tendance à dégrader les électrodes. Les chimistes travaillent donc sur la conception de nouveaux électrolytes.

Aujourd'hui les meilleurs prototypes de cellules de ce type sont au niveau des batteries actuelles Li-ion.

 

L'avantage du lithium est son très faible poids ; certaines équipes ont choisi de s'orienter vers un métal plus lourd, le magnésium qui a l'avantage de produire des ions doublement chargés, donc théoriquement de doubler le rendement à volume égal (le lithium ne peut transporter qu'une charge). Des chercheurs du MIT s'orientent vers cette voie, le groupe Pellion Technologies également

 

Plusieurs autres possibilités sont évoquées dans cette mise au point du journal Nature en ligne.

F. Hollande rend hommage aux cerveaux français... expatriés !

Silicon Valley
Silicon Valley

Ils sont en train d’inventer la santé, la finance, les loisirs, l’homme ou le monde de demain… et ils sont français. Parmi les centaines de milliers d’ingénieurs, développeurs et entrepreneurs de la Silicon Valley qui, plus que jamais, imaginent, codent et conçoivent notre futur, au moins 10 000 viennent de France. De Twitter jusqu’au Google X, le labo secret de Mountain View, en passant par les plus petites start-up, les Français sont partout." Libération (payant)

 

En fait, nos meilleurs cerveaux irriguent les plus grands laboratoires américains, de Boston à San Diego, dans tous les domaines de la recherche de pointe. Car si en masse notre système éducatif est médiocre, il produit sans aucun doute une élite scientifique de haut niveau, que les nord-américains s'arrachent.

 

La visite de Hollande à la Silicon Valley, c'est l'hommage du vice à la vertu (je ne parle que de science ici).

Tant que nos entreprises seront incapables d'investir dans une recherche digne de ce nom, tant que nos laboratoires institutionnels gaspilleront une partie de leur énergie à courir après les subsides, tant que nos jeunes chercheurs -les plus brillants- seront recrutés à moins de deux mille euros par mois, à bac plus 12 (entre 4 à 5 fois moins que ce qu'on leur proposera outre-atlantique !), la fuite de nos cerveaux - qui ne fait que s'accélérer depuis 30 ans- continuera.

Incroyable gâchis...

 

2014 année Jaurès

S'il est un homme que le "peuple de gauche" peut célébrer sans retenue, c'est bien le tribun castrais Jean Jaurès.

 

Le 31 juillet prochain nous célébrerons le centenaire de son assassinat par un étudiant nationaliste,Raoul Villain, qui sera acquitté après la guerre (*). Il payait ainsi son opposition farouche au conflit qui s'annonçait et dont -pour lui- le prolétariat serait forcément la victime.

On sait ce qu'il advint : des millions de morts, l'avènement des fascismes, de Mussolini, de Hitler, de Pétain et un nouveal embrasement.

 

Intellectuel brillant (major à l'entrée de l'Ecole Normale Supérieure devant Henri Bergson, maître de conférences à la Faculté des Lettres de Toulouse), Jaurès est surtout un des fondateurs - et le plus brillant animateur - du premier parti socialiste français unifié, la SFIO, qui rassembla réformistes et révolutionnaires (guesdistes).

 

Jean Jaurès était avant tout un homme épris de justice.

 C'est ce qui motivera son combat pour Dreyfus, qu'il ne défendra (bien aprèsZola) que quand il aura tous les éléments prouvant l'implication du lieutenant-colonel  Henry.

C'est surtout ce qui expliquera son évolution politique après les grandes grèves de Carmaux qui feront de ce républicain farouche un socialiste convaincu.

 

 

S'il n'en restait qu'un pour nous consoler de la médiocrité, de la veulerie, de l'hollandisme ambiant, ce serait bien lui, Jaurès.

 

(*) : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! » Anatole France

 

 

La peste noire a laissé son empreinte sur le génome humain

La peste noire n'a pas seulement anéantie des millions d'Européens au cours du 14ème siècle, elle a laissé son empreinte sur le génome humain. Les modifications de certains gènes à cette occasion, peuvent expliquer les comportements différents des Européens vis à vis de certaines pathologies  notamment auto-immunes.

 

Un article publié dans PNAS renforce cette hypothèse. En utilisant l'histoire démographique de l'Europe, les auteurs ont pu comparer deux populations d'ascendance génétique différente, Européens et Roms (tsiganes) venus du continent indien, qui ont vécu dans la même zone géographique et ont été exposés aux mêmes risques environnementaux, y compris infectieux. 

 

 

 

Constitution tunisienne : défaite des barbus, victoire des femmes ?

La constitution tunisienne qui vient d'être promulguée, marque sans aucun doute la défaite de la mouvance islamiste qui avait pris le pouvoir à l'issue de la chute du dictateur Ben Ali et prétendait à terme imposer la charia.

 

Cette loi fondamentale, sans équivalent dans le monde arabo-musulman, inscrit au contraire dans le marbre des dispositions en opposition frontale avec la bible des barbus :

 

sur la liberté de conscience.

L'article 6 garantit : " la liberté de croyance [et] de conscience » (avec cependant un petit bémol, dans la mesure où le même article stipule que l'Etat doit « protéger les sacrés »).

 

sur les droits des femmes.

L'article 46 renforce les acquis (déjà très significatifs) de la première constitution, puisqu'il indique que :

 « L’Etat garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines. L'Etat œuvre à réaliser la parité entre la femme et l'homme dans les conseils élus. L’Etat prend les mesures nécessaires afin d’éradiquer la violence contre la femme ".

 

 L'article 34 précise que l'Etat doit garantir la représentativité des femmes dans les assemblées élues. L'objectif de parité est clairement affiché.

 

Nous sommes ici très loin des premières moutures du texte qui présentait la femme comme "complémentaire" de l'homme !

 

Trois raisons justifient ce repli (stratégique ?) de la mouvance islamiste.

 

Deux échecs cinglants :

- sur le plan sécuritaire, avec l'émergence d'une mouvance djihadiste (tolérée dans un premier temps) prenant le contrôle de mosquées, installant des maquis et surtout assassinant deux des leaders de la gauche progressiste (Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi) dont les meurtriers courent toujours.

 

sur le plan économique, avec une forte dégradation, liée à un net repli des investissements étrangers et une forte baisse du nombre de nuitées touristiques (moins 15% - moins 53% pour les Français- entre 2010 et 2013).

 

Une très forte résistance des forces progressistes, du syndicat UGTT, de la jeunesse et en particulier des femmes, dont j'ai signalé ici à plusieurs reprises le courage (1).

 

Certes, certains points (dont le fameux article 6) vont se prêter à des exégèses et il faudra voir dans quelle mesure la liberté de conscience et la protection du sacré sont compatibles (2), néanmoins on peut dire aujourd'hui que la " Révolution de jasmin " n'a pas été trahie.

 

____________

 

(1)  - voir le travail de l'ONG Al Bawsala fondée par Amira Yayaoui (@Mira404),

     - de Karima Souid (@KarimaSouid), députée de l'ANC, de Lina Ben Mehnni, militante des droits de l'homme... et de beaucoup d'autres.

 

(2) - voir la situation de Jabeur Mejri, condamné à 7 ans de prison pour avoir caricaturé le prophète, pour lequel le président de la république (Moncef Marzouki) a déclaré : " les attaques contre les symboles sacrés de l'islam » ne peuvent être considérées comme relevant de la liberté d'expression "

 

La dé-faite de la science

Il y a quelques semaines j'écoutais, à la fin d'une nuit de France Culture, la chronique d'André Brahic, grand astrophysicien français qui découvrit les anneaux de Neptune, ainsi que trois de ses arcs (qui portent les noms de notre devise : Liberté, Egalité, Fraternité)

 

A cette heure là, sur cette chaîne là, des hommes de cette qualité peuvent asséner quelques vérités dérangeantes !

 

Brahic déplorait l'absence de la science dans la sphère publique (je ne sais si j'ai fait état d'un article du Monde qui remarquait que dans le gouvernement actuel, jamais il n'y avait eu aussi peu de scientifiques).

Provocateur, il proposait tout simplement que, pour pouvoir postuler à la tête de l'état, il devrait être nécessaire, non pas de présenter 500 signatures d'élus... mais d'être titulaire d'un doctorat !

 

Boutade bien entendu, mais qui traduit l'irritation de tous les scientifiques devant la faible pénétration de leurs travaux dans la société et singulièrement dans le microcosme des élites dirigeantes, politiques et faiseurs d'opinions.

 

La veille au soir, je regardais par hasard le grand journal de Canal. Un journaliste, à fort accent du midi, cuisinait Anne Hidalgo, prétendante à la mairie de Paris. Parmi les questions pièges, il fut demandé, non pas le nom du nouveau président du Pôle Sorbonne Paris Cité (120 000 étudiants, 14 000 salariés), élu une semaine auparavent, mais celui du... gardien de but du PSG.

 

Boutade encore, mais qui traduit aussi une exaspération devant cette formidable inversion des valeurs qui conduit cette société à valoriser médiatiquement (et financièrement) des pousseurs de ballons, des brailleurs, des pétasses à gros seins...,  plutôt que ceux qui sont l'avenir de ce pays.

 

D'ailleurs, y-a-il une seule émission scientifique aujourd'hui à la télévision, à une heure décente ?

Il me semble que la dernière, présentée par des jumeaux adeptes de la chirurgie esthétique -mais au savoir très incertain- a disparu de nos écrans

 

Brahic soulignait qu'il ne peut y avoir de démocratie sans un minimum de connaissances des sciences (et technologies).

 

 

Combien de nos concitoyens se prononcent aujourd'hui sur le nucléaire, sur les OGM, sur les énergies renouvelables, sur le gaz de schistes, sur la vaccination... en ayant le minimum de connaissances permettant d'étayer leurs convictions ?

 

Brahic racontait ausssi, que se rendant dans un centre de radiothérapie visiter un ami cancéreux, il fût étonné de ne voir aucune mention du mot nucléaire. Le médecin de service lui expliqua que les affiches qui faisaient "peur aux patients" venaient d'être retirées !

 

Au XXIème siècle, la science, comme au temps de Copernic, de Galilée, de Darwin... n'est donc toujours pas "démocratique".

 

 

Certes on ne brûle plus les savants, on se contente de les ignorer ou de s'en méfier.

 

 

 

Camus : 100

Il y a un peu plus de 3 ans nous commémorions le cinquantenaire de sa disparition ; aujourd'hui, 7 novembre 2013, Albert Camus aurait eu 100 ans.

 

Et l'on voit refleurir les mêmes caricatures, les mêmes papiers d'hagiographes qui béatifient l'Oranais pour mieux démolir Sartre. Façon Onfray.

 

Peu m'en chaut ! Si j'ai toujours aimé lire Camus, j'ai aussi toujours pensé que sur la décolonisation et surtout à propos de l'Algérie, il s'était fourvoyé. La faute à une Mère, analphabète et quasi sourde-muette, qu'il vénérait ?

 

 Mais Camus a écrit le singulier :

 

« Aujourd’hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »

 

Ou encore ceci :

 

 « Le soleil qui naît, une humidité qui s’attarde, des montagnes au loin qui surgissent lentement des brumes, toute une transparente poésie enfin se balance dans l’air sonore et cristallin. De ces moments sourd une espèce d’éternité faite à notre mesure. Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret. »

 

Et ceci :

 

« Je me souviens du moins d’une grande fille magnifique qui avait dansé tout l’après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu’aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait près d’elle une odeur mêlée de fleurs et de chair. Le soir venu, je ne voyais plus son corps collé contre son danseur, mais sur le ciel tournaient les taches alternées du jasmin blanc et des cheveux noirs, et quand elle rejetait en arrière sa gorge gonflée, j’entendais son rire et voyais le profil de son danseur se pencher soudain. L’idée que je me fais de l’innocence, c’est à des soirs semblables que je la dois. Et ces êtres chargés de violence, j’apprends à ne plus les séparer du ciel où leurs désirs tournoient. »

 

Mais aussi ceci :

 

 « Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase: la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques…

 Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené.»

 Albert Camus, éditorial de « Combat », 8 août 1945.

 

A ce moment-là, il fut quasiment le seul à dénoncer l’emploi de la bombe.

 

Minuscules fragments d'une vie et d'une œuvre qui à jamais vous attachent à l'artiste, au savant, à l'architecte ou au philosophe... le propre du génie !

 

L'homme désenchanté

Diderot après Copernic avant Darwin participe à notre désenchantement en défendant un athéisme de raison et un matérialisme de combat en s'appuyant sur la chimie du XVIIIe siècle qui prépare son grand bond en avant.

 

Diderot sait l'unité de la matière... matière inerte matière vivante... les briques élémentaires sont les mêmes... Un siècle plus tard un savant allemand en apportera la preuve.

 

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Si ce monde n'est pas né d'un coup de baguette magique

Si nous ne sommes issus ni de la cuisse de Jupiter ni de la côte d'Adam

Si le vivant s'est auto-organisé

Si la mort décompose pour que la vie recompose

Si Dieu est mort...

Comment peux-tu garder toi l'incréé du coeur au ventre et des raisons de vivre ?

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Quand Babeuf et Marx accouchent de Staline et Pol Pot

Quand les murs les barbelés et les tanks furent les garants de la foi communiste

Quand Hollande succède à Jaurès et Blum pour prendre les accents de Barrès

Quand les vieux démons xénophobes pourrissent de l'Intérieur

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 Toi qui sais bien que la religion de l'Homme est encore une religion

 

Que peux-tu encore espérer misérable homoncule ?

Alors

 

N'écoute plus le chant des sirènes et les hurlements des hyènes !

 

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Je te parlerai des 850 colonnes de Cordoue du Sphinx thérianthrope de Giseh du Dôme de Saint-Isaac à Petersbourg de l'Arno à Florence de la zambra du Sacromonte à Grenade des poissons grillés sur le port d'Hesinki de nuits sur le Danube des aubes roses de Tafraout sur le chemin des amandiers des orangeraies de Menzel Bouzelfa des vieux moulins de Mykonos des couchers de soleil sur la mosquée de Korbous de ce joueur de flûte qui dansait sur les crêtes de l'Atlas...

De haltes paisibles sur les seins opulents de belles étrangères.

 

Souviens-toi de Démocrite de Pythagore d'Aristote de Lucrèce d'Ibn Sīnā d'Averroés de Montesquieu de Newton de Léonard de Manet de Molière de Hugo de Flaubert de Dickens de Joyce de Pasteur de Lise Meitner de Marie Curie de Mme du Châtelet des Reines d'Egypte...

 

De mosquées en cathédrales

De musées en monuments

De philosophes grecs en savants arabes

De poètes maudits en peintres scandaleux

De Thalès de Millet à Einstein

De Rabelais à Beckett...

Retrouve le génie des hommes

 

Eblouis-toi du spectacle qu'offre la Nature

Ecoute le jaillissement des cascades les clapotis de la calanque le grondements du torrent qui éclate sur le rocher le long gazouillement du Cincle Plongeur et l'ébranlement d'une harde d'isards aux premières lueurs de l'aube.

 

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Entend les clameurs de la jeunesse qui de Barcelone à Tunis d'Istambul à Paris de Téhéran à Tombouctou se lève et chante comme Eluard la liberté

 

Oublie les vieux cons dont le coeur retrécit et le cerveau s'étiole qui n'ont plus à t'offrir que des récits sanglants des valeurs financières des régions dévastées des promesses trahies des lendemains qui déchantent et des aubes cruelles.

 

Alors seras-tu peut-être réenchanté

 

 " Je tombai endormi. Et je vois dans mon sommeil un homoncule muni d'un rasoir, vêtu d'une robe rouge et d'un habit royal, se tenant en dehors des châtiments. Il me dit : 'Que faites-vous, Monsieur ?'. Je lui répondis : 'Je me trouve ici parce que, m'étant écarté de tout chemin, je suis en train d'errer'. "

Zosime de Panopolis

Lumières et ombres d'été

 

Du Danube à la V(o)lt(a)va : Le monde en paix

 

Lumière d'un jour d'été sur le Danube : derrière nous, l'île Saint-André, le pont Marguerite... soleil au zénith sur le château de Buda. Les dernières grues déploient leurs ailes autour des tours du Parlement de Pest.

 

Lumière irradiante sur la place des Héros... comment ne pas fondre devant la mariée magyare qui jette son bouquet vers l'astre incandescent...

 

Revenir vers l'ombre douce des vieilles rues de Pest, puis les ruelles qui dominent les Bains de Buda... Du château, regard en plongée vers le Danube qui s'écoule avec retenue.

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Suivre les vignes et descendre du château qui domine la Vltava. 10h, à Prague ce jour là, ombres et lumières sur le fleuve au gré des nuages qui se dispersent.

 

A 14h, sur le pont Charles, les touristes japonaises ouvrent leurs ombrelles.

 

A Český Krumlov, la Moldau/Vltava ne veut plus couler vers Prague ; elle enserre en ses boucles le vieux village et le château des Babenberg. Sur la passerelle, près de Jean Népomucène, des touristes japonaises très pâles contemplent le ballet des canoës sur la rivière. A l'ombre de rochers des baigneuses exhibent des formes généreuses, les jeunes sont dans l'eau, des gerbes d'écume étincellent. Je m'éponge...

 

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 A Vienne à la même heure, dans les jardins de la Hofburg, l'ombre d'Elisabeth n'est qu'esquissée. D'autres touristes japonaises, plus délurées, s'ébattent sur les pelouses.

 

A deux pas de là s'écrivit l'histoire de l'Europe. Talleyrand a boitillé dans ce parc avant d'aller signer, dans l'ombre épaisse des vieux murs du Palais, le traité de Vienne qui consacrait la fin de l'Europe napoléonienne... qu'il avait contribué à bâtir.

 

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N’était-il pas aussi à Presbourg ce Diable boiteux, après les victoires d'Ulm et Austerlitz pour parapher le traité qui établissait la main mise de Napoléon sur cette même Europe ?

 

Au pied du Château de Bratislava (Presbourg) le Danube est comme immobile.

 

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Ombre d'un matin d'été dans la Wachau.

 

A 9h, un vol de hérons cendrés suit les berges d'un Danube plus vigoureux. Le village de Dürnstein est encore assoupi, les touristes aussi.

 

Nous grimpons vers les ruines du château où Richard Cœur de Lion fut détenu par les Babenberg au retour de la troisième croisade.

 

De quelques proéminences rocheuses, nous admirons, sur l'autre rive du Danube, le vignoble de la Wachau, magnifiquement mis en lumière par le soleil d'août commençant.

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Il était évident de conclure ce périple sur les traces de la Maison d'Autriche à l'abbaye de Melk, où Marie-Thérèse  est... impériale. Ici la lumière est d'or.

 

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Pour tant de splendeurs, combien de souffrances humaines ? Sur les chantiers des Palais, des cathédrales, des ponts... combien de cadavres ? En contemplant l'étourdissante beauté des vestiges de l'Empire austro-hongrois, en admirant les talents de leurs architectes et de leurs artisans, je n'oublie pas le prix du sang... comme en visitant l'an passé le Palais de Catherine, le Peterhof, l'(H)ermitage à Saint-Pétersbourg... ou il y a quelques années les Pyramides.

 

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 De Damas au Caire en passant par Tunis et Bagdad : le monde en sang.

 

 De ce sang séché nous reste au moins des magnificences.

 

Que nous restera-t-il de celui qui coule au milieu des ruines du Proche-Orient ? Uniquement un nouveau témoignage de la barbarie humaine, à l'oeuvre dans les camps de concentration, de déportation, d'extermination... et dans toutes les boucheries que l'Europe a produites tout au long du XXème siècle.

Ces jours ci, le président allemand était à Oradour...

 

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Assad gaze ses sujets de 0 à 90 ans, la botte égyptienne massacre ses opposants... mais en face les bouchers islamistes font régner la terreur dans les territoires qu'ils contrôlent et l'on sait bien qu'au pouvoir leur main de fer étranglerait toute velléité d'émancipation, réduirait les femmes au rôle de reproductrice, abolirait le temps passé depuis la mort du "prophète"... renverrait des millions d'êtres... au Néant !

 

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D'un côté la peste et le choléra, de l'autre le choléra et la peste... notre cher président aurait-il donc les antidotes, lui qui veut punir un camp plutôt que l'autre ?

 

L'exemple de la Libye aurait dû nous vacciner... les armes de Sarkozy sont aujourd'hui dans les montagnes et déserts tunisiens, algériens, maliens... et dans certaines banlieues ou quartiers de nos métropoles... braquées sur nous et nos amis !

Et serions nous si vertueux, si exemplaires que nous puissions nous arroger le droit de "punir" ?

 

 Hollande, général en retraite sur le champ de bataille de l'économie, fait donner la fanfare sur le terrain diplomatique... au risque d'être rapidement traité... de fanfaron !

 

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Donc revenir aux Lumières, à mon cher Diderot. Je parlerai bientôt de l'homme et des sciences, de l'homme et de la chimie, car lui, le philosophe, il avait bien compris que la vie est avant tout chimie !

Pour déchaîner ou maîtriser nos passions ne suffit-il pas de réguler dans notre cerveau la concentration de quelques molécules !

 

(photos : MHB)

Le présentisme : no past, no future

  Etre insomniaque ne présente pas que des désavantages.

 

La nuit, je me cultive, je rattrape en (petite) partie les carences qu'une vie professionnelle trop envahissante ont multipliées.

 

Pour compenser le manque de soleil, on conseille la vitamine D ; pour combler mes lacunes, la nuit, j'écoute France Culture.

 

Au petit matin, entre rêve et réalité, je fais le compte de mes emplettes : ici un débat avec Sartre, là une conférence de Levy-Stauss. Au milieu d'un rêve, c'est Godard et Truffaut qui prennent la parole... et bien souvent je m'éveille au son de voix qui m'étaient chères et se sont tues.

 

Aujourd'hui, au petit matin (à moins que ce ne soit autour de minuit ?... mes nuits n'ont pas d'heure !), c'est sur une antienne bien dans le temps que j'ouvris mes deux oreilles : l'obsession du présent, le présentisme.

 

Moi, qui reste un passionné d'histoire et qui par ma profession ne cesse d'être à l'écoute de tous les signaux qui esquissent notre futur, l'obsession du présent, du vivre au présent, du penser au présent... m'agace.

 

No past, no future ? Quelle bêtise !

 

C'était donc François Hartog qui parlait (voir le podcast ci-dessous).

 

Dans Vacarme (n° 53) l'entretien avec l'historien sur le thème Présentisme et émancipation, est introduit ainsi :

 

" Si l’histoire a un sens politique c’est de nous aider à comprendre notre présent pour réorienter l’avenir. Rien de plus difficile pourtant pour un historien que de saisir la vérité de son temps. Il ne peut formuler que des hypothèses et des constructions. Mais la difficulté s’accroît encore aujourd’hui où tout semble voué à un pur présent, plein pour quelques-uns, vide pour la plupart, dévorant dans les deux cas tout passé et tout avenir. Ce que François Hartog appelle le présentisme. Comment faire l’histoire d’un temps qui ne veut plus d’histoire ? Quel sens encore lui trouver ? D’abord en prenant un peu de temps pour essayer de comprendre."

 

Dans cet entretien, François Hartog distingue trois grands régimes d’historicité, c’est-à-dire trois grandes formes de rapport au temps :

 

" ... le premier, ancien, qui accorde presque tout au passé ; le second, moderne, celui des xviiie-xixe siècles, et d’une grande partie du xxe siècle qui se tourne de plus en plus vers le futur et s’exprime essentiellement par l’idée de progrès ; et puis un troisième, celui d’aujourd’hui, où le présent tend à l’emporter sur le passé et le futur. C’est ce que j’appelle le présentisme. Mais évidemment ce sont trois formes idéales, trois constructions : en réalité, on trouve tous les dosages possibles."

 

Pour Hartog, la toute première expérience de l’historicité se retrouve dans l'Odyssée, lors du banquet chez les Phéaciens [Odyssée, chant 7].

 

" Ulysse demande à l’aède de chanter la prise de Troie, son plus grand exploit. Or en l’entendant, il se met à pleurer. Pourquoi ? Ulysse pleure parce qu’il n’a pas les mots pour relier celui qu’il était à celui qu’il est présentement. Il fait la douloureuse et soudaine expérience d’une non-coïncidence de soi à soi dans le chant de l’aède. Et le passé comme catégorie lui fait défaut pour relier les deux, pour saisir son identité. C’est pour moi une sorte de scène primitive de l’historicité qui va au-delà (ou en deçà, peu importe) de la question de la temporalité : Ulysse ne peut se penser lui-même (au sens d’ipse et non d’idem pour reprendre les catégories de Ricœur) qu’après ce récit de l’autre, et c’est après seulement qu’il va pouvoir se présenter, se raconter, et d’abord se nommer. Dans cette expérience, l’histoire prime le temps."

 

L’époque postmoderne  met en avant une sorte de présent qui se veut auto-suffisant :

 

"  C’est-à-dire quelque chose d’un peu monstrueux qui se donnerait à la fois comme le seul horizon possible et comme ce qui n’a de cesse de s’évanouir dans l’immédiateté. "

 

Mais ce présent n'est pas le même pour tout le monde : valorisant pour la caste dominante, aliénant pour les autres :

 

" Ce présent se révèle du même coup beaucoup plus différencié selon qu’on se situe à un bout ou à l’autre de la société. Avec d’un côté un temps des flux et une mobilité très valorisée et de l’autre, du côté du précariat, un présent en pleine décélération, sans passé sinon sur un mode compliqué (surtout pour les immigrés), et sans vraiment de futur. "

 

Je vous laisse découvrir la suite de cet entretien ICI.

 

 Les propos de Hartog cette nuit étaient surtout centrés sur le thème "Mémoire contre histoire".

 

Vieux devoir de philo des classes terminales mais qui amène au constat que quand chacun prétend en écrivant ses mémoires retracer l'histoire, l'Histoire est menacée :

 

" Le présent impotent a rendu tous les autres temps opaques : le passé s’est réduit aux simples traces de la mémoire, et le futur ne va plus au-delà du lendemain matin, sinon sur le seul mode de la menace.

 

Dans ces conditions il est à craindre que :

 

"L'histoire ne soit plus qu’une série d’événements qu’on refuse de comprendre, qu’on réduit à de l’imprévu : l’essentiel étant seulement d’y réagir le plus vite possible."

 

Oublié Marx et son fameux "qui ne connait l'histoire est condamné à la revivre "

 

 Pierre Nora qui a pourtant  dirigé Les Lieux de Mémoire, trois tomes pour établir un inventaire des lieux et des objets dans lesquels s'est incarnée la mémoire nationale des Français.),   craint lui-même que ces lieux de mémoire deviennent des lieux de déboires, détricotage du tissu national comme de la science historique.

 

Les "mémoires" ne viennent-elles pas imposer des dogmes en interdisant tout débat ?

 

Nora écrit aujourd'hui : La Mémoire divise, l'Histoire réunit : (poscast ci-dessous)

 

" La distance entre l'Histoire et la Mémoire se creuse avec la nouvelle Histoire qui apparaît dans les années soixante, sous le coup de la décolonisation et de la croissance économique. La décolonisation ouvre la confrontation entre la raison occidentale et les autres mentalités. On fait l'histoire des différences et non des points communs. L'histoire des mentalités devient une reconstitution de mémoires mortes.

Aujourd'hui, on a coutume de dire que l'Histoire s'accélère et le poids de la Mémoire est généralisé. Alors qu'autrefois le futur apparaissait clairement, l'Histoire donnait des pistes pour l'aborder. Devant un futur incertain on ne sait plus ce qu'il faut retenir, d'où un fétichisme de la trace. Tout devient historique, tout relève de la mémoire.

Dans ce contexte, que devient l'histoire nationale ? Elle se résume aux lieux de mémoire.

Pour répondre enfin à la question " Pourquoi faire de l'Histoire aujourd'hui ?" Pour échapper à la tyrannie des groupes, opposer l'histoire collective aux mémoires particulières.
Aujourd'hui, l'historien n'est plus le seul à gérer le passé, il y aussi les médias, les juges, les législateurs, les témoins...
Il faut se méfier de la sacralisation de la Mémoire. Elle peut se retourner et devenir un motif d'exclusion. Elle est un appel à la justice, mais aussi un appel au privilège, à la réparation et même, dans les cas extrêmes, elle peut devenir un appel au meurtre.
En reprenant Nietzsche, il y a un degré de rumination de sens mémoriel au delà duquel un homme, un peuple, une civilisation est détruit.
La Mémoire divise, l'Histoire réunit."

 

Quand on a plus beaucoup de temps, s'impose forcément une réflexion sur le temps. Pour les scientifiques,  d'Aristote(La physique) à Einstein (La relativité), en passant par Newton (le temps est mathématiques), le temps est mouvement.

 

C'est sans doute pour cela que j'ai en aversion tous les adeptes du temps figé, du temps confisqué !

 

Podcast 1 : Hors-champs, François Hartog

 

Podcast 2 : Mémoire et Histoire, Pierre Nora

 

 

 

 

Egypte, Tunisie, Turquie : l'archaïsme ne passera pas !

 

 

« Et quand on leur dit : ‹Ne semez pas la corruption sur la terre›, ils disent : ‹Au contraire nous ne sommes que des réformateurs !› Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte. » (Coran, sourate 2, Al-Baqarah, versets 11 et 12)

 

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Les fondamentalistes qui, dans la foulée de " printemps arabes " auxquels ils n'avaient pas participé, avaient pris le pouvoir, se heurtent en Egypte et en Tunisie à des résistances bien plus vives que prévues.

 

Les Frères musulmans égyptiens, soutenus, financés, armés, par la Qatar et l'Arabie saoudite, ont ruiné en quelques mois le capital de sympathie acquis durant l'ère Moubarak.

 

En Tunisie, où des imans du Golfe ont pris le contrôle des mosquées, le rejet était certes attendu, mais pas le si rapide retour en grâce des anciens bourguibistes voire même benalistes.

 

En Turquie, où les dirigeants islamistes commencent à saccager l'héritage du kémalisme, la jeunesse se révolte.

 

Du pouvoir islamiste, les masses, et certaines forces vives, attendaient avant tout la justice sociale. Ils se retrouvent face à des régimes conservateurs, économiquement libéraux, dont les dirigeants incompétents ruinent les pays respectifs.

 

Pour une vie meilleure, ces populations étaient prêtes à un repli vers des valeurs "traditionnelles". De côté là, elles n'ont pas été déçues !

 

Les différents courants islamistes qui sont actuellement au pouvoir, du Caire à Tunis, d'Ankara à Téhéran, ou les fondamentalistes jihadistes de Kaboul, Tombouctou et d'ailleurs, partagent exactement la même haine pour le savoir et la culture. Ici (au Caire) on coupe les vivre de l'Opéra, des corps de ballets, là (à Tunis) on menace les créateurs, on saccage les expositions, ailleurs on détruit des statues, des monuments, des bibliothèques. Partout les hommes et femmes de savoir sont tenus en suspicion.

 

Des barbares à l'anathème facile, profanent sans vergogne ce qu'il y a de plus beau dans l'héritage des savants, sculpteurs, philosophes, architectes, scientifiques... qui avaient porté au zénith la culture arabo-musulmane.

 

Ils contraignent par la menace, la terreur parfois, les meilleurs de leurs enfants au silence ou à l'exil. Ils veulent renvoyer les femmes dans les ténèbres du foyer. Ils conduisent les pays ou les régions dont ils se sont emparés à la misère et à une régression sur tous les plans.

 

Aussi il faut admirer et soutenir partout, ceux qui défient ces pouvoirs rétrogrades au cri de l'archaïsme ne passera pas !

 

Remuez vos méninges !

Ce qui m'amène au plus près de la sensation d'infini, ce n'est pas l'éclat d'une gerbe d'étoiles filantes, sillonnant la voûte céleste durant les Perséides, mais bien notre cerveau et ses 100 milliards de neurones, chacun capable d'établir 10 000 connexions, auxquels il faut ajouter les centaines de milliards de cellules gliales susceptibles de se connecter à la fois entre elles et avec les neurones...

 

Le cerveau c'est un système chimique (sur lequel je me penche sur ce site), électrique bien sûr, mais aussi magnétique et même quantique, d’une extraordinaire complexité.

 

Cependant, les énormes progrès de l'imagerie, qui nous permettent aujourd'hui de voir en direct fonctionner un cerveau, les bonds en avant de la cybernétique, qui rendent possible la réalisation d'un cerveau artificiel rudimentaire, devraient conduire les chercheurs à mieux connaître son fonctionnement et donc de pallier certains de ses dysfonctionnements.

 

Mais aujourd'hui, le meilleur outil de réparation du cerveau... c’est notre cerveau lui même, qui fait preuve d'une étonnante plasticité.

 

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Les découvertes les plus récentes montrent que cette plasticité cérébrale, certes plus intense chez l’enfant, est encore très importante chez l’adulte.

Mieux, le dogme de la fixité neuronale est à oublier, les découvertes sur la neurogenèse adulte se multiplient.

 

Un cerveau, comme n'importe quel organe, fonctionne d'autant mieux qu'il est sollicité.

 

L'importance de l'éveil de la curiosité intellectuelle chez le très jeune enfant a toujours été pour moi une évidence (1). Plus les connexions que j'évoquais plus haut sont établies vite et souvent, plus l'activité cérébrale sera efficace et pérenne.

 

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Le cerveau est au cœur du débat inné-acquis ; je suis persuadé qu'au départ nous possédons tous (ou presque : voir Aristote, Da Vinci, Newton et quelques autres sur ce site...), grosso-modo, le même potentiel intellectuel et que ce sont les processus d'apprentissage entre 1 et 7 ans qui font le gros de la différence. (2)

 

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Cependant les dernières découvertes montrent qu'au-delà de cette limite tout n'est pas perdu, à condition de stimuler ces fameux neurones, non par des activités répétitives, mais en sollicitant tout notre intellect… que nous sous-estimons beaucoup trop.

 

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(1)- Me navrent aujourd'hui, autant la disparition du bonheur et des multiples découvertes que procurait la lecture, que les nouvelles béatitudes devant des machines qui sollicitent plus les pouces que le cerveau.

(2)- L'école de la République étant en quasi faillite, les "élites" deviennent ainsi héréditaires...

 

Au fil des jours : « Tout s’anéantit, tout périt, tout passe : il n’y a que le monde qui reste, il n’y a que le temps qui dure. »

 

Citation de Denis Diderot que je lis ou relis depuis quelques semaines.

 

Quel écrivain (fluidité du style, précision du vocabulaire, articulation des idées, musique des phrases), quel philosophe (au sens originel) et quelle actualité pour cet homme... intemporel :

 

« Vaut-il mieux avoir éclairé le genre humain, qui durera toujours, que d’avoir ou sauvé ou bien ordonné une patrie qui doit finir ? Faut-il être l’homme de tous les temps, ou l’homme de son siècle ?».

 

Dans " (Pensées) sur l'Interprétation de la Nature ", que tout bachelier devrait connaître, il résume en peu de mots nos faiblesses :

 

(22.) " L'entendement a ses préjugés; le sens, son incertitude; la mémoire, ses limites; L'imagination, ses lueurs; les instruments, leur imperfection. Les phénomènes sont infinis; les causes, cachées; les formes, peut-être transitoires. Nous n'avons contre tant d'obstacles que nous trouvons en nous, et que la nature nous oppose au-dehors, qu'une expérience lente, qu'une réflexion bornée.

 

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La "philosophie expérimentale", si chère à l'homme des Lumières, a permis aux hommes de scienceS d'accomplir des prodiges, mais au fond, la nature humaine en a-t-elle été significativement modifiée, nos comportements transformés ?

 

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Le savant aujourd'hui - par le politique, par les media, par les masses - est sommé d'être utile ; n'entend-t- on pas sans cesse cette antienne : " Nous voulons des chercheurs qui trouvent "

 

Toujours dans le même texte, Denis écrivait :

 

(19.) " Il n'y a qu'un seul moyen de rendre la philosophie vraiment recommandable aux yeux du vulgaire(*): c'est de la lui montrer accompagnée de l'utilité. Le vulgaire demande toujours: à quoi cela sert-il ? et il ne faut jamais se trouver dans le cas de lui répondre: à rien: il ne sait pas que ce qui éclaire le philosophe et ce qui sert au vulgaire sont deux choses fort différentes, puisque l'entendement du philosophe est souvent éclairé par ce qui nuit, et obscurci par ce qui sert. "

 

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Le "vulgaire", aujourd'hui, n'est pas seulement celui qui ne sait pas, mais aussi celui qui feint de ne pas savoir, pour abuser le peuple et le manipuler. Le vulgaire c'est aussi le politique, les media.

 

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Le vulgaire c'est le politique (pas la politique); aujourd'hui c'est un homme normal qui très normalement a trompé son peuple pour un pouvoir dérisoire dans un théâtre d'ombres; c'était hier un petit homme fort peu normal, qui avait abusé le même peuple pour devenir la grenouille de la Fable.

Son bœuf était le Veau d'or ; il s'enfla... mais hélas jamais n'éclata...

 

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L'homme de pouvoir n'a qu'une obsession : éteindre les Lumières.

 

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Le vulgaire, c'est le religieux, homme de trop de foi (en lui), pétri de (ses) certitudes, égarant des brebis (hagardes), lançant comme Panurge son troupeau dans le gouffre des paradis... artifi(ciels)...

 

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Religions monothéistes, qui soufflent sur toutes les Lumières : malédiction de l'Homme moderne.

 

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Le vulgaire, c'est bien sûr l'argent, son vecteur, le nouveau "libéralisme" censé guider le monde (avec la complicité du politique et du religieux), qui plonge dans les ténèbres notre rapport aux autres et à la nature.

 

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(*) Qui se voit communément parmi les hommes." À tous événements le sage est préparé : Guéri par la raison des faiblesses vulgaires, Il se met au-dessus de ces sortes d'affaires." [Molière]

 

Delacroix, " La Liberté guidant le Peuple "

Tunisie : le combat décisif des progressistes musulmans

 

" Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés..."  

Louis Aragon

 

L'islam est-il compatible avec la démocratie ? C'est plus que jamais la question clé posée aux musulmans du monde entier, qui vont devoir très vite apporter une réponse et la valider dans les faits. Sinon, j'ai bien peur que ces populations ne restent pour très longtemps à la merci d'oligarchies corrompues - qui vantent d'autant plus le paradis d'Allah, qu'ils confisquent les biens très matériels des terres qu'ils occupent - et que plus que jamais en Europe ils n'alimentent les sentiments xénophobes, qui débordent maintenant largement les cercles ultranationalistes.

 

Pour les fondamentalistes wahhabites, salafistes et autres propagandistes islamistes -jihadistes ou non- la réponse est bien connue : c'est NON.

 

Pour ces fanatiques, la chasse aux mécréants passe par l'éradication des idées démocrates et la liquidation des laïques. Le premier ennemi de ces fous de Dieu, ce n'est pas l'impérialisme américain ou français dont ils se gargarisent (lire les blogs de Mediapart par exemple) mais tout ce qui s'apparente au progressisme.

 

Chokri Belaïd, un des leaders charismatiques de la gauche tunisienne, était à la fois démocrate (il combattait Ben Ali), laïque et progressiste, c'était donc une cible choix pour ces "défenseurs" de la Révolution, constitués en milice - à l'instar des Gardiens de la Révolution iraniens- qui depuis des mois font régner la terreur dans les villes et campagnes tunisiennes, brûlent les mausolées, comme leurs amis de l'AQMI à Tombouctou, violentent les femmes, perturbent les meetings des partis d'opposition (ou les empêchent).

 

Ces barbus stupides ne sont en fait que les hommes de mains de soi-disant islamistes modérés, que l'échec politique et économique conduit à lâcher la bride sur le cou de fanatiques prêts à tout.

 

En réalité, le parti Ennhada au pouvoir en Tunisie n'a rien de modéré. Des vidéos très explicites ont montré son leader expliquant à ses amis salafistes que, stratégiquement, s'il convenait de ménager pendant quelques temps des alliés de circonstances pour noyauter la société et structurer une avant-garde prête à en découdre le moment venu, le but était commun : installer en Tunisie un état islamique basé sur la charia.

 

Le déferlement de pétrodollars venus du golfe (et surtout du Qatar, en première ligne dans tous les combats wahhabites) arroser le parti islamiste et ses satellites, les prêches sollicités d'imans rétrogrades (allant jusqu'à justifier l'excision), accourus de tous les coins de l'Arabie et de l'Egypte, dès le lendemain de la prise de pouvoir, annonçaient clairement la couleur.

 

L'enjeu, en effet, va bien au-delà de la petite Tunisie. Après la Turquie, où l'islamisme rampant s'attache à extirper des lois et des mentalités ce qui subsiste du kémalisme, l'ancienne Ifriqiya restait la dernière vitrine d'un état musulman moderne, bâti par Bourguiba, mais malheureusement corrompu par un dictateur d'opérette qui a fait le lit des barbus.

 

La Tunisie n'est donc pas la Libye, le Maroc ou l'Algérie. La conscience politique, le nombre, la qualité et la détermination des opposants laïques et progressistes, l'incroyable volonté de toute une jeunesse - et en particulier des jeunes femmes- de résister au formidable retour en arrière que veulent leur imposer ces idéologues moyenâgeux, font que le combat des obscurantistes est loin d'être gagné ! Je veux croire que la jeunesse tunisienne n'aura pas besoin des bombes de l'ancien colonisateur pour renvoyer à leurs prières tous ces dévots dévoyés.

 

C'est à souhaiter pour le monde arabe, le monde musulman, l'Afrique, car si la Tunisie tombe, ce sont des centaines de millions d'hommes et de femmes, déjà en très grande difficulté, qui perdront définitivement pied et se retrouveront en marge du développement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

N'est pas pornographe qui veut !

Occupé depuis une dizaine d'années - pour ce site - à lire ou à relire Flaubert, Balzac, Gogol, Camus, Beckett, Diderot, Aristote, Montesquieu, Voltaire et beaucoup d'autres..., je méconnais presque complètement les auteurs qui font aujourd'hui les délices de nos critiques littéraires ou les succès de la FNAC et de Carrefour.

 

J'y trouve peu d'intérêt ; pas moyen de terminer un Houellebecq, un Angot ou même les petits formats de la dame au chapeau ; seule "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery fut, il y a quelque temps, un vrai plaisir de lecture.

 

Je suis un réactionnaire de la plume !

 

Néanmoins, ne méconnaissant pas l'intérêt sociologique des succès de librairie - dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es-, je n'ai pu ignorer l'engouement pour cet ouvrage pornographique dont tout le monde parle.


J'ai donc mis discrètement dans mon caddy, entre les endives et le fromage, l'histoire d'un certain Grey qui propose 50 nuances (innocent comme je le suis, je croyais qu'il s'agissait de nouvelles déclinaisons du thé Earl Grey !) de jeux érotico-sado-masochistes à une jeune diplômée (vierge comme il se doit, depuis Sade).

Au même moment, devant la plus haute pile du rayon librairie de mon hyper habituel, une ménagère de plus de 50 ans, feuilletait sans rougir ce roman, qui lui aurait valu le cachot et l'enfer... il y a seulement quelques dizaines d'années.

 

Disons tout de suite que j'ai lu 4 à 4 (un paragraphe sur 4 toutes les 4 pages) un bouquin dont le principal intérêt est un insoutenable suspense : l'initiée signera-t-elle le grotesque règlement d'une relation amoureuse qui prévoit menottes, fessées, chaînes et utilisation d'objets divers à des fins que la morale bourgeoise réprouve, mais que certaines alcôves ont mis à la mode.

 

Gageons qu'après quelques joyeuses turpitudes, la jeune Américaine rentrera dans le droit chemin...

 

Quand on peut avoir sous les yeux (ou sous la main) les textes d'Anaïs Nin, les Tropiques de Miller, les Infortunes de la Vertu de Sade, quelques vers d'Apollinaire, de Gautier et même de Musset, les ouvrages de Bataille, de Pierre Louÿs... comment faire un triomphe à cette pornographie d'aérogare, vendue comme un roman d'amour (vache) ?

 

Si le sexe trône aujourd'hui dans les supermarchés en tête de gondole, la fesse qui s'affiche est aussi lisse et fade que la peau  des femmes dénudées des abribus de JC Decaux.

 

On sait pourtant, depuis les grands Anciens, que la pornographie ce n'est pas que du cochon... c'est aussi de l'Art !

 

" Louange à Dieu qui créa les verges droites comme des lances, pour guerroyer dans les vagins... Louange à Celui qui nous fit don de mordiller et de sucer les lèvres, de poser cuisse contre cuisse, et de déposer nos bourses au seuil de la porte de la Clémence."


Cheikh O.M. Nefzaoui, Le Jardin parfumé (vers 1420)

 

 

Le vote de l'ONU sur la Palestine témoigne du rejet de la politique de conquête de l'Etat d'Israël

Par 138 voix contre 9 (dont Israël, USA, Canada)  l'AG des Nations-Unis a accordé à la Palestine le statut d'Etat observateur non membre permanent.

 

Ce vote des 2/3 des membres de l'ONU en faveur de la requête de Mahmoud Abbas témoigne de l'isolement de l'Etat hébreu et porte condamnation de la politique de colonisation des faucons au pouvoir à Tel Aviv.

 

Il faut souligner que c'est le comportement insensé du gouvernement israélien, qui réclame cyniquement à la fois la paix et les territoires, ne concédant que quelques bantoustans aux Palestiniens, qui a suscité la montée du Hamas à Gaza...

 

Les kamikazes du Hamas et du Jihad islamique sont d'ailleurs les meilleurs alliés objectifs de la clique de Netanyahu et leur alibi dans la politique de violence menée contre le peuple palestinien.

 

DES FAITS :

 

- dès le 15 novembre 1988, à Alger, le Conseil national palestinien (CNP, parlement en exil), qui proclame l'Etat palestinien indépendant, accepte les résolutions 242 et 338 de l'ONU, reconnaissant ainsi implicitement l'existence d'Israël. En décembre, devant l'ONU à Genève, Yasser Arafat, chef de l'OLP, reconnaît le droit d'Israël à vivre "en paix", et déclare renoncer totalement au terrorisme

 

- le 13 septembre 1993 : Israël et l'OLP signent à Washington un accord de principe ("Oslo I") sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de main historique.

 

-  le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, âgé de 73 ans, est assassiné par Ygal Amir, un juif israélien étudiant en droit opposé aux accords d'Oslo. Ce crime intervient après qu'il eut prononcé un discours lors d'une manifestation monstre pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv.  

 

-  le 24 avril 1996, le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.

 

- le 29 mai suivant les Israéliens élisent pour la première fois comme Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite nationaliste, opposé aux accords d'Oslo.

 

Les faucons israéliens auront désormais la main et n'auront de cesse de torpiller le processus de paix.

 

ENCORE DES FAITS :

 

- 24 septembre 1996 : l'ouverture par Israël d'un tunnel sous l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem (70 morts)


-7 mars 1997 : l'annonce unilatérale par Israël d'un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens réclament 30%) provoque une nouvelle crise.


- 18 Mars 1997 : Israël met en chantier une nouvelle colonie juive à Abou Ghneim (Har Homa) près de Bethléem,

 

-14 janvier 1998: Israël annonce qu'il gardera sous son contrôle de larges parties de la Cisjordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.

 

-21 juin 1998 : le gouvernement israélien décide la création d'une super-municipalité de Jérusalem qui englobe plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de volume.

 

-28 septembre 2000 : la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de l'islam, provoque de violentes émeutes en Israël et dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90 victimes. C'est le début de la deuxième Intifada (2000-2005). 

 

-4 décembre 2001 : Israël lance des raids d'une ampleur sans précédent dans les territoires palestiniens. Yasser Arafat, déclaré "hors-jeu" par Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée par Tsahal.


29 mars 2002: l'état hébreu lance une offensive dans les territoires occupés baptisée "rempart défensif". La Mouqataa, le quartier général d'Arafat à Ramallah, est partiellement détruit et le leader palestinien est coupé du monde.

 

On connait la suite : la fin d'Arafat, la montée, puis la prise du pouvoir à Gaza des extrémistes du Hamas et le petit "jeu" Hamas-Netanyahu : roquettes (souvent quelques pétards mouillés) contre bombardement massif et aveugle de Gaza, dont le résultat essentiel est de marginaliser le leader modéré Mahmoud Abbas.


Pour ce dernier le vote de l'ONU est donc un sérieux coup de pouce. Un avertissement donné aux faucons de Tel Aviv et de Gaza... et aux Américains, qui contre tout bon sens ont appuyé tous les coups de force de Netanyahu.

 

Avec le concours de l'Express

 

L'Europe des confettis

Les élections régionales organisées le dimanche 25 novembre en Catalogne ressemblaient fort à un référendum sécessionniste ; plusieurs formations autonomistes catalanes militent maintenant ouvertement pour l'indépendance, y compris la CiU au pouvoir à Barcelone.

 

Globalement les indépendantistes sortent renforcés de ce scrutin et certains observateurs pensent que le processus de séparation est enclanché.

 

Il s’agit d’une tendance lourde en Europe. Depuis l'explosion de l'empire soviétique, la balkanisation du Vieux Continent s'est traduite par la création d'une kyrielle de nouveaux états.

 

Dans le même temps les tensions centripètes s'exacerbaient en Belgique, en Espagne, au Danemark...

 

Les peuples européens n’ont plus confiance en leurs vieilles nations et n'attendent de l'Europe que subsides.

Certains  leaders populistes ou démagogues ont pu les persuader, en cette période de crise, que leur salut sur le triple plan, économique, démocratique, identitaire, résidait dans une gouvernance de proximité.

 

Pourtant ces mêmes dirigeants savent bien que frontières et murs ne sont que sources de tensions et de conflits. Les catalans jaloux de leur richesse, n’échapperont, pas plus dans leur petit périmètre, qu'aujourd'hui au sein de l’Espagne, à la pression des populations les plus pauvres d'Andalousie !

 

En fait la multiplication des états ne fait que traduire la multiplication des égoïsmes individuels.

 

Paul Valéry, écrivait en 1931 : « Le temps du monde fini commence ».

 

Il signifiait que sur notre Terre il n'y avait plus d'Eldorado et qu’il était temps de donner la priorité à la justice et à la solidarité.

 

Ceux qui aujourd'hui nient cette réalité ne sont que de médiocres politiciens qui ne font qu'accentuer le déclin de l'Europe.

 

Science, éthique et société

 

La triste affaire Séralini est la parfaite illustration des méthodes utilisées par certains (pseudo- ?) scientifiques pour manipuler l'opinion - au prix de l'abandon de tout sens éthique - et dévoyer ainsi la démocratie.

 

Cette opération de communication, invraisemblablement cautionnée (involontairement ?) par une revue scientifique de bon niveau, se termine fort heureusement en fiasco grâce à l'intervention d'autorités scientifiques incontestables (l'ensemble des Académies et de bien d'autres organismes compétents).

 

Hélàs, des manipulations de ce type sont légions, tant les media, à l'affut de sensationnalisme, sont capables eux-aussi d'abandonner tout éthique pour vendre du papier, tant les gourous ayant pignon sur le Net ne se font pas prier pour abuser pigeons, gogos ou militants fanatiques, prêts à prendre pour argent comptant toutes les sornettes qui les confortent dans une opinion... dont ils ne perçoivent même pas qu'elle a été forgée à leur insu.

 

Les études bidons, ou plus ou moins truquées, se retrouvent bien entendu au coeur de tous les grands débats scientifiques actuels de nos sociétés : réchauffement climatique (pour lequel deux savants français ne se sont pas couverts de gloire), médecine (médicaments, vaccins), OGM, évolution, effets des champs électromagnétiques...

 

Certes, c'est toujours du débat que nait la lumière. Dans les Congrès, les grandes revues scientifiques, ce débat entre savants est permanent.

 

Mais que pèse la voix d'un chercheur sérieux à qui l'on oppose la une d'un grand hebdomadaire, qui affirme tout de go " Oui : les OGM tuent !"  ?

 

Ce type de manipulation de l'opinion ne concerne pas que la science dans nos démocraties, mais qu'elle prenne de telles proportions est inquiétant au moment où le désamour pour les études scientifiques se confirme année après année.

 

Ceux qui se prêtent à ce dévoiement de la Science jouent aux apprentis sorciers ; veulent-ils participer à ce mouvement obscurantiste qui déferle en ce début de XXIième siècle ?

 

NB : Aujourd'hui je me garderais bien d'affirmer : non les OGM ne sont pas néfastes... mais ce dont je suis à peu près sûr, c'est que les pesticides autorisés pendant 50 ans, ont tué, tuent et tueront !

 

Sciences : Comment torpiller la cause que l'on défend

 

Avant de parler de cette  étude du Pr Gilles-Éric Séralini, militant écologiste proche de Corinne Lepage, j'ai voulu regarder de plus près les commentaires de la communauté scientifique, car les résultats avancés me paraissaient gros... très très gros !

 

On sait par exemple que depuis quinze ou vingt ans, des milliards d’animaux d’élevage dans l’Union européenne ont été nourris avec du soja transgénique, sans qu’on observe d’effet particulier.

 

En fait il semble que ce travail présente de très nombreux biais ; certains scientifiques se demandent même comment un tel article a pu être accepté pour publication.

 

Par exemple :

 

- souche de rat choisie, connue pour développer très facilement des tumeurs,

- maïs OGM retenu, d'une seule variété,

- méthodes et analyses statistiques, non conformes aux standards en vigueur,

- aucune relation dose-effet observée (l’effet toxique n'est pas corrélé à la dose administrée) ce qui est pour le moins curieux.

 

Mais surtout ce travail traite de deux effets à la fois, ce qui est passablement original dans des recherches de ce type !

 

Dans un article remarquablement documenté, Michel de Pracontal écrit :

 

" Son objectif est d’évaluer la toxicité d’un maïs OGM dit NK 603, produit par Monsanto, mais aussi – encore une fois ! – de l’herbicide Roundup. Précisons que la manipulation génétique du maïs NK 603 a précisément pour effet de le rendre tolérant au Roundup, de sorte qu’ils sont utilisés ensemble... "

 

« Il est difficile d’imaginer qu’un herbicide pourrait avoir des effets toxiques identiques à une manipulation génétique qui donne au maïs la capacité de détruire cet herbicide », lit-on dans la revue britannique New Scientist..."

 

Pour beaucoup de chercheurs (certes pas tous indépendants de l'industrie) :

 

« Cette étude a été conçue pour produire exactement ce qui a été observé… ». Ce qui est tout le contraire d'une démarche scientifique.

 

Evidemment, les magazines enclins à vendre du papier sans être trop regardant, comme le Nouvel Obs, ont fait leur gros titre d'un résultat dont la valeur scientifique est quasiment nulle.

 

Cela n'implique nullement qu'il faille consommer les produits de Monsanto qui nous a déjà (avec beaucoup d'autres) passablement empoisonné.

 

Mais ceux qui voudront démontrer la nocivité des OGM devront se plier à des normes scientifiques inattaquables, sous peine de desservir la cause qu'ils souhaitent défendre.

 

" Quand on grimpe aux arbres, il faut avoir les fesses propres..."


 

Post-Sciptum : Avis des 6 académies françaises paru le 19 octobre 2012 

 

ICI

 

Sciences : qu'appelons-nous "vrai" ?

La Vérité, Jules Joseph Lefebvre
La Vérité, Jules Joseph Lefebvre

  "Sciences, vérité et démocratie"

 

Nicolas Chevassus-au-Louis, Docteur en biologie, historien des sciences et journaliste, qui a produit cet été sur Mediapart une très intéressante enquête à propos des théories du complot, aborde dans un article publié dans Le Monde, ce que d'aucuns ont appelé "la guerre des sciences" entre rationalistes et relativistes.

 

L'occasion lui en est donné avec la parution de l'ouvrage du sociologue, anthropologue et philosophe des sciences français Bruno Latour (Une anthropologie des modernes, La Découverte), chantre du relativisme, qui depuis les controverses à propos du climat et du créationnisme, semble regretter certains de ses propos.

 

Latour fait partie d'une école (non moderne ou post-moderne ?) qui considère l'activité scientifique comme un système de croyances, de traditions orales et de pratiques culturelles spécifiques.

 

Pour les rationalistes au contraire, " la science parvient, dans sa confrontation avec le réel, à produire des énoncés ayant vocation à la vérité universelle, indépendants des conditions dans lesquelles ils ont été formulés ".(N.C.a.L)

 

Latour fit partie de ceux qui furent mis en cause dans l'ouvrage des physiciens Alan Sokal et Jean Bricmont, (Impostures intellectuelles ) qui stigmatise l'incompétence avec laquelle certains chercheurs en sciences humaines utilisent des concepts issus des sciences dures.

Cette publication  fit suite au canular d'Alan Sokal qui publia dans une revue majeure des sciences humaines, Social Text, un article volontairement truffé d'erreurs, intitulé : "Transgresser les frontières. Vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique".

 

Nicolas Chevassus nous dit aussi très justement que le débat se déplace aujourd'hui sur le terrain fort glissant de la philosophie politique : " toutes les opinions étant légitimes en démocratie, pourquoi certaines - les vérités scientifiques - prétendraient-elles être de nature différente ? "

 

C'est une vraie question d'actualité (qui s'est traduite, il y a peu, par des coups échangés dans un collège entre un enseignant et un élève) : la confrontation d'un enseignant donnant un cours sur l'origine de l'homme et l'évolution, avec un élève acquis au créationnisme, peut-elle être assimilée à un simple échange d'opinions ?

 

Habillez pour l'hiver : il sera long !

Aujourd'hui le doute n'est plus permis : nous abordons une période qui s'annonce longue et pénible, sous l'égide d'un quasi universel "En arrière toute !"

 

C'est une véritable course vers le passé qui s'engage entre les deux nouveaux blocs qui se font face : le fondamentalisme judéo-chrétien qui ne jure que par la Bible, le fondamentalisme musulman qui raye d'un trait de plume les 1380 ans qui nous séparent de la mort de Mahomet.

 

En fait ces deux ultra-conservatismes ont énormément de points en commun sur le plan politique (libéralisme économique, rejet explicite ou implicite de la démocratie, de la liberté d'expression...), sur le plan sociétal (place de la femme, des minorités...) et surtout la même haine de tout ce qui s'apparente au "progrès".

 

La navrante campagne des Républicains américains et de leur candidat mormon Mitt Romney, est une illustration caricaturale de ce retour à des conceptions charlatanesques de la science, dans tous les domaines.

 

Certes, certaines prises de positions, comme celles des climato-sceptiques, sont aussi sous-tendues par de colossaux intérêts économiques, mais même dans ce domaine certains expliquent tout simplement que l'homme ne peut modifier ce que Dieu a créé  !

 

Pour la première fois, me semble-t'il, les rédacteurs de la prestigieuse revue scientifique Nature  ont fait part de leur inquiétude à propos du programme républicain, rejoignant en cela l'écrasante majorité de la communauté scientifique américaine.

 

Si Romney est élu des coupes sombres sont annoncées dans le budget fédéral ; plusieurs programmes sont d'ores et déjà ciblés par les enragés du Tea Party.

 

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Face aux uns et aux autres, faut-il faire le dos rond ? Si oui, il ne suffira pas d'une génération pour revoir la Lumière !


 

A lire : La science bafouée par la campagne républicaine aux États-Unis

 

Voir aussi :  Romney président: un scénario catastrophe pour la planète

 

  

Dieu et Diable même combat !

 

Et si les libres penseurs du monde entier se levaient pour faire taire cette toute petite  minorité d'abrutis qui manipulent tant de pauvres gens exclus de ce monde, prêts à le quitter sans regrets pour celui infiniment meilleur qu'on leur vante à longueur de prêches, dans les temples, les mosquées, les églises et sur les écrans.

 

Et si les progressistes du monde entier relevaient ce défi en boutant hors du pouvoir ceux qui nous gouvernent aujourd'hui sur les 5 continents, complices de ces obscurantistes, en aggravant sans cesse avec leur "mondialisation" les inégalités entre riches et pauvres, nord et sud, est et ouest.

 

La religion n'est pas seulement l'opium du peuple, elle est le bras armé des pouvoirs politiques, financiers, économiques, qui nous imposent une société qui, telle une centrifugeuse folle, concentre sans fin la crème de la crème et rejette à chaque tour des millions de "particules" inutiles.

 

Dans ce modèle économique, ces particules doivent constituer une sorte d'infra-humanité, simple variable d'ajustement.

 

Dieu et Diable, même combat !

 

Morale et exemplarité

 

Vincent Peillon -universitaire, homme cultivé- un temps chantre de la rénovation du PS, bien vite rentré dans le rang, est certainement le ministre le plus remuant.

 

Pas une semaine sans peillonade !

 

Certes, tout n'est pas à jeter dans ses propositions.

 

J'ai défendu ici, comme il m'est arrivé de le faire au sein de conseils d'administration de collèges (et dans d'autres instances), la réorganisation de l'année scolaire (horaires quotidiens allégés, semaine de 5 jours, vacances d'été limitées à un mois...).

 

Notre modèle actuel, fait pour complaire aux parents, enseignants et... hôteliers, est, pour beaucoup de pédagogues responsables, une aberration. Vu de l'étranger c'est même une véritable monstruosité.

 

Mais c'est le souhait du ministre d'imposer des cours de "morale " à l'école qui aujourd'hui m'interpelle.

 

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Privilège de l'âge, j'ai connu ces heures exquises, où à peine installé sur son estrade, notre maître  traçait sur le tableau les six lettres du mot morale.

 

Le plus souvent une simple phrase servait de prétexte à une sorte de sermon laïque, à propos de nos devoirs vis à vis de la famille, des ancêtres, de la République... et de l'école.

 

Nous respections notre instituteur et l'école, nous respections nos parents, Jules Ferry était notre idole (c'était le nom de l'école !), nous n'avions aucun doute quant à l'avenir radieux promis à celles et ceux d'entre nous qui accumulaient les 10, les bons points et les images !

 

La leçon de morale, que nous écoutions sans sourire, n'avait donc rien d'incongru !

 

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Ce que M. Peillon semble ignorer, c'est que depuis 50 ans de l'eau, que dis-je, des océans, ont coulé sous les ponts de nos villes et de nos campagnes, emportant les quelques digues qui préservaient notre naïveté, noyant les espérances de générations de chérubins, plus que sceptiques devant des boniments que tous les jours,  la vrai vie, celle qui s'expose sur des écrans plats, vient démentir.

 

 

Que pèse pour nos chères têtes blondes, brunes ou rousses, en ce nouveau millénaire, l'apologie d'une République et d'une école qui laissent au bord du chemin le quart de sa jeunesse.

 

Peuvent-ils écouter sans scepticisme, ces fils et filles de chômeurs, d' intérimaires et de précaires, vanter les mérites du travail bien fait, les vertus de l'effort... quand les héros de notre temps sont des sportifs dopés, des stars refaites, des businessmen cyniques, des financiers véreux, des politiciens trop souvent corrompus, accrochés à leurs mandats comme les vigoureux morpions des lupanars antiques aux fesses des péripatéticiennes !

 

Notre système éducatif, sclérosé, vermoulu et pour tout dire à bout de souffle, n'a que faire de mesurettes destinées à satisfaire quelques électeurs déboussolés .

 

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Je renvoie donc V. Peillon, philosophe de formation, au concept de Tabula rasa (table rase ) et je lui conseille vivement de reprendre très rapidement en mains tous ces chefs d'établissement, tous ces inspecteurs généraux, ces recteurs, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur bac, tous ces universitaires qui ne pensent pas plus loin que leur m2 de labos... et à leur mettre le nez sur la situation dramatique de notre jeunesse qu'ils semblent (ou feignent) d'ignorer.

 

Enfin, avant d'imposer une morale (laquelle ?), je lui demande de réfléchir à la notion d'exemplarité.

 

Car aux plus hauts niveaux de notre pays (économie, finance, politique...), c'est la Vertu qui manque le plus.

 

Nous faudra-t'il un nouveau Robespierre pour retrouver le chemin de la vertu ?

 

« Ô vertu ! es tu moins nécessaire pour fonder une République que pour la gouverner dans la paix ? »

Maximilien de Robespierre

 

 

 

 

Véronése, Allégorie de la Vertu et du Vice
Véronése, Allégorie de la Vertu et du Vice

Goulag pour crime de lèse-Poutine...

Des tsars à Poutine, en passant par Staline et Brejnev, le pouvoir russe a toujours eu un goût prononcé pour les camps d'internement.

 

Ceux qui croyaient que la fin des soviets allaient ouvrir enfin les portes des prisons et fermer celles des goulags, doivent déchanter : quelques couplets ironiques sur le nouveau "tsar" restent la meilleure façon de connaître les terres lointaines de Sibérie ou les centres de traitement "psychiatrique"  de la très sainte Russie.

 

Certes, tous les anticommunistes primaires, pour qui la liberté n'est que celle du renard dans le poulailler, argueront que l'on peut maintenant sans contraintes faire affaire(s) avec les différentes mafias russes (contrôlées par les hommes de l'ex KGB, dont Poutine reste le patron), que les étals des grandes villes russes regorgent de victuailles...

 

Qui profite de "l'ouverture" de ces marchés ?

 

Récemment de passage à Saint-Pétersbourg (ville des tsars... et de Poutine ; voir ci-dessous), j'ai eu l'occasion de parler librement avec un Russe francophone, issu de la bourgeoisie pétersbourgeoise (sa mère parlait couramment le français).

 

Depuis l'ivresse des premiers jours, sans bons de rationnement, le bonheur de pouvoir circuler librement... de l'eau a coulé dans la Neva... comme les espoirs des esprits éclairés de la merveilleuse Petrograd...

 

Question : la vie des gens est-elle aujourd'hui plus facile ou plus difficile ?

Réponse : ni l'un, ni l'autre... c'est différent.

 

Question : la démocratie c'est pour quand ?

Réponse : dans un siècle... peut-être...

 

Cet homme, professeur de mathématiques à l'Université (maintenant un violon d'Ingres qui assure son argent de poche) a un deuxième job qui le fait vivre et n'a plus l'assurance d'avoir une retraite...

 

Un excellent reportage de l'hebdo Marianne, décrit à peu près ce qu'est devenue la Russie de Poutine : un vulgaire état pétro-gazier, qui ne produit plus rien et n'innove dans aucun domaine.

 

La science russe, qui depuis Mendeleïev bivouaquait sur les cimes, est au 36ème dessous. Dans le même temps, comme au Qatar, des milliardaires mafieux s'offrent des clubs de foot et des hôtels prestigieux...

 

Liberté, qu'il est difficile d'écrire ton nom !

Nous avons changé de souverain... pas de royaume !

Exit le roi dément, vive le roi normal !


Un roi normal, même s'il ne tond pas les pelouses ni ne rase gratis, a pour première mission de diminuer le train de vie de sa cour.

 

Les récentes décisions du prince de Corrèze vont donc dans le bon sens :

 

- diminution des listes civiles du souverain et de ses ministres,

- déplacements en carrosse léger de 6 chevaux,

- diminution du nombre de festivités et de chasses en forêt de Rambouillet...

 

Néanmoins un roi reste un roi et en bon républicain, à défaut de son raccourcissement place de la Concorde, je réclame (que dis-je, j'exige !) toujours l'abolition de TOUS les privilèges et l'embastillement de quelques privilégiés corrompus à côté de qui les Fermiers Généraux étaient des Petits frères des Pauvres.

 

D'ici la prochaine nuit du 4 août, j'exige donc :

 

- la dissolution de la deuxième assemblée du Roi dont le grand apparat n'a d'égal que l'inutilité et qui mène grand train (de sénateur),

- la mise à la diète sévère de la Grande Chambre du roi, dont les ministres et conseillers seront priés de circuler en convois ordinaires par les lignes de diligence régulières...

- le contrôle par le grand Chancelier de l'utilisation des fonds de la cassette royale affectés aux représentants du Tiers état, dont les revenus seront divisés par deux et les privilèges divers (pensions de vieillesse, cumul de charges...) abolis,

- la taxation sévère de patriotes autoproclamés qui organisent force convois de louis d'or vers les banques helvètes, (la France si on l'aime on s'acquitte !)

- la fin de l'octroi de charges inutiles à des courtisans nantis (comme missions vers des pays exotiques) et de multiples prébendes...

 

 Après la nuit du 4 août, j'ai noté dans mon Cahier de doléances qu'il fallait urgemment convoquer une Assemblée constituante qui dans un premier temps établirait une monarchie parlementaire selon le modèle de nos voisins anglais (mais dont le souverain serait privé de carrosses, de jubilés, de châteaux, de listes civiles pour toutes sortes de parasites qui n'ont de princiers que les dépenses).

 

Les représentants de cette assemblée ne seraient pas rééligibles dans la législature suivante et il en serait ainsi désormais à l'issu de chaque mandat.

 

Les représentants que le bon peuple aura élu pourront alors considérer avec plus d'attention et de compréhension les souffrances des paysans, des ouvriers des petites et grandes manufactures, dénoncer avec plus de vigueur les usuriers, diminuer taille et gabelle et taxer plus vigoureusement les propriétaires françois ou estrangers (sujets de Poutine premier ou de l'émir du Qatar en particulier !) dont les fortunes s'étalent insolemment Cours la Reine.

 

Enfin nous pourrions achever cette Révolution en rétablissant la RÉPUBLIQUE... mais cela est une autre Histoire !

 

 

 

 

La Cour en émoi...

Madame de Maintenant
Madame de Maintenant
Madame de Demain
Madame de Demain

 



Suite à un libelle intercepté par les argousins de Sa Majesté et fort maladroitement adressé à l’un de ses admirateurs, la maîtresse officielle du Roi, Mme de Maintenant, aurait été répudiée et exilée sur ses terres de Corrèze.


Il se dit fort qu’un manant, colporteur de parchemins en tous genres, entremetteur officiel de rois précédents, aurait déjà organisé un diner pour présenter à notre auguste Sire une de ses amies, rencontrée en Germanie, Mme Claudia de Demain, qui aurait l’avantage de flatter le goût européen (et pour les hautes statures) du souverain.


Ainsi va la politique dans notre beau royaume de France.

 

Ma part de rêve...

 

"Comme on fait son rêve, on fait sa vie"

 

 À propos de l'exposition dédiée actuellement à Victor Hugo, j'ai cité cette phrase de la surréaliste radicale qu'est Annie Lebrun, qui écrit aussi que :

 

"Le rêve qu'on a en soi, on le retrouve hors de soi" 

 

Jolies phrases d'une adepte d'André Breton pour qui la subjectivité doit imprègner toute pensée politique.

 

Dans Position politique du surréalisme (1935), l'auteur de Najda prétend concilier le : "Transformer le monde" de Marx et le "Changer la vie" de Rimbaud. 

 

A propos de l'engagement du poète, Breton écrit ainsi :

 

" Maison à ciel ouvert, maison perdue, laboratoire de devin ou repaire de brigands, - o menaçante et menacée! - la poésie, qui avait semblé se dissoudre pour étoiler le flot resurgit au flanc du torrent de pierre "

 

C'est Malraux qui à Moscou même - dans les années 30 - sommait les soviets de reconnaître le rôle essentiel de l'art et de la culture dans la conquête des sentiments en bravant inconscient et logique. Et il citait alors le mot d'ordre de Marx : "Plus de conscience".

 

Mais comment aujourd'hui donner à chacun sa part de rêve, quand notre société, à travers ses media, sa télé, sa pub, ses sports..., nous lobotomise et réduit comme peau de chagrin la part de cerveau disponible pour imaginer autre chose que notre consommation quotidienne !

 

Comme le marxisme-léninisme de Mao ou le stalinisme, ce stade ultime du capitalisme qu'est le financiarisme (les mots en isme deviennent de plus en plus laids !), fait de nous des robots, des êtres non-pensants, des esclaves aux chaînes invisibles.


Tuer le rêve, quel extraordinaire moyen de soumission !

  

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Nous voici bien loin du ronron de la campagne actuelle de la social-démocratie française, tétanisée par le possible, le normal, l'économiquement correct. Cette gauche là espère échapper au sort des socialistes grecs, espagnols, portugais, allemands, qui ont perdu toute crédibilité, en faisant preuve... du même réalisme.

 

Pourtant depuis le début de la crise financière ne devrions-nous pas -en tout cas à gauche, car sinon qui le fera ! - nous interroger sur l'opportunité du réalisme en période de crise.


Ne serait-il pas au contraire opportun de reprendre le slogan de mai 68 :

 

" Soyons réalistes : demandons l'impossible ! "

 

Quand en 1788 dans les cahiers de doléances des paysans réclamaient la fin des privilèges féodaux et ecclésiastiques (qui allaient être abolis un an plus tard) , quand les insurgés de 1830 et 1848 se battaient pour la République, la gauche des années 20 pour les congés payés, puis les retraites, celle de la libération pour la sécurité sociale, les 40h ... ne se situaient-ils pas dans le domaine de l'utopie, du rêve d'une vie meilleure ?


Aujourd'hui on veut faire rêver les pauvres en promettant une tranche d'imposition à 75% !

 

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Cela m'amène à Mélenchon qui reprend aujourd'hui la Bastille.

Il nous annonce une nouvelle République, une autre Europe, l'éducation pour tous, un SMIC à 1800 euros... et une tranche d'imposition... à 100% (c'est moins mesquin...).

 

Dans la foule immense qui l'acclame à chacune de ses apparitions sur les estrades, nombreux sont ceux qui communient dans ce rêve d’une vie meilleure... dont ils sont pourtant convaincus qu'ils ne la vivront pas...

 

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Attention à la gueule de bois des lendemains qui déchantent proclament les chantres du possible...


Ne savent-ils donc pas que pour des millions d'entre-nous ce sont tous les matins qui déchantent !

 

 

La cérémonie des adieux au souverain post-moderne se prépare

Pour les Américains, Sarkozy c'est fini
Pour les Américains, Sarkozy c'est fini

 

" La nouveauté la plus spectaculaire du sarkozysme a résidé dans l'adoption d'une méthode de gouvernement fondée sur la communication, avec un président omniprésent, qui fait l'actualité, en multipliant les annonces et en se déployant sur tous les fronts.

En plus de ses aspects directement politiques, cette méthode est conçue pour répondre à des attentes nouvelles de la société.

Nous vivons dans une démocratie non seulement d'opinion mais surtout d'émotion.

Un crime sordide, une catastrophe naturelle, une fermeture d'usine, et le chef de l'Etat doit être sur place le plus vite possible pour exprimer sa compassion et marquer la sollicitude des autorités.


Les conséquences de cette omniprésence médiatique sont aujourd'hui flagrantes : une action publique devenue illisible pour les citoyens qui ne s'y retrouvent pas dans ces discours sans suite et ces zigzags permanents, voire ces contradictions élevées à la hauteur d'une institution.

Cette logique de la communication a fini par saper la crédibilité de l'action publique.

Elle pose d'ailleurs une question qui va loin : cette fonction d'accompagnement des émotions collectives ne joue-t-elle pas au détriment de la conduite cohérente de l'action gouvernementale ? "

 

Marcel Gauchet in "Le Monde des Idées"

 

Voir sur le blog ICI

Que me reste-t-il de sacré ?

 

 " Est sacré l'être, la chose ou l'idée à quoi l'homme suspend toute sa conduite, ce qu'il n'accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu'il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix." Roger Caillois L'Homme et le sacré (1939)

 

 

Un lecteur, sans doute excédé par ma critique lourde, récurrente, systématique (j'assume tout cela !) des religions, mes profonds doutes idéologiques, ma misanthropie galopante… m'écrit : " Mais que vous reste-il donc de sacré ! "

 

Et ce matin, à l'heure où même les radios commerciales donnent la parole à des philosophes dûment estampillés,  Régis Debray, dont on connait la réflexion autour des religions, évoque le sacré (*)

 

Athée fasciné par les religions (ou plutôt les communions), il était interrogé à propos de ces 4 nouveaux morts - pour rien - en Afghanistan.

 

Il en vint à évoquer les mille morts par jour de la grande guerre et les monuments aux morts de tous ces petits villages, dont j'ai souvent parlé ici.

 

Oui, pour moi ces morts sont sacrés, tout comme ceux des suppliciés qui ont suivi De Gaulle et Jean Moulin. Les enclos qui les célèbrent, aussi.

 

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On sait que le philosophe déplore les désacralisations qui ont accompagné les sociétés moderne et post-moderne. Il va même jusqu'à écrire (en gros) : "Moins de gens dans les églises, plus de vols, de viols, de délinquance ".

 

Notons que le sacré n’est pas né avec les religions, qui n'ont après tout que 2500 ans, mais, sans doute, quand un hominidé réalisa la première sépulture.

 

Debray prône donc le retour au sacré - le sacré républicain par exemple, qui fédère autour de la patrie -  car il n'y a point de communautés viables sans sacralisation.

 

A une époque où tout se vaut, où notre président veut honorer en même temps Jean Moulin et les tortionnaires de Bigeard et Massu, peut-on rassembler notre patrie autour des cadavres de nos soldats ?


Au nom de ce sacré-là combien de massacres...

 

Régis Debray voit en fait du sacré partout et il est vrai que le sacré peut se décliner de multiples façons :

 

- lieux sacrés (temple, sanctuaire, mémorial...), 

-  temps sacrés (fêtes religieuses, Jeux Olympiques....),

- objets sacrés (Saint-Suaire, Feu sacré des Vestales ou du Saint-Esprit....),

- personnages sacrés (prophètes, sorciers, rois de France...),

- arts sacrés,

-  calendriers sacrés,

...

 
Debray postule que nombre de manifestations que nous ne considérions pas comme sacrées le sont. Il appelle cela les communications humaines. Celles-ci relèvent selon lui d'un besoin propre à l'homme et qui trouve ses racines dans sa nature même. Des événements comme la Coupe du Monde de football ou les Jeux Olympiques sont dans cette définition. Le fait que des centaines (des milliards) d'hommes sont réunis, à distance, autour d’un événement dans une simultanéité totale, induit une communion globale qui est constituante d’un caractère sacré .

 

En fait ceci n'est pas vraiment nouveau. Dans « Introduction à l’analyse de quelques phénomènes religieux » paru en... 1909, Henri Hubert et Marcel Mauss écrivaient :


 « Si les dieux chacun à leur heure sortent du temple et deviennent profanes nous voyons par contre des choses humaines, mais sociales, la patrie, la propriété, le travail, la personne humaine y entrer l'une après l'autre ».

 

René Girard, que j'ai évoqué à plusieurs reprises à propos des notions de bouc émissaire et de désir mimétique, concède que le sacré a bien pour but de faire fusionner les membres d'une communauté,  mais il ne croit pas à la possibilité de transcender le fond de violence dans lequel il est né.

 (voir La violence et le sacré).

 

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Comment faire le lien entre sacré et tabou ?

 

Freud dans Totem et Tabou établit un lien direct entre la notion de tabou et celle de sacré.

 

  " Est tabou, tout ce qui est à la fois sacré, dépassant la nature des choses ordinaires, et dangereux, impur, mystérieux".

 

Que l’on peut mettre en rapport avec cette phrase de Durkheim :

 

  "La chose sacrée, c’est celle que le profane ne peut et ne doit impunément pas toucher".

 

Et le propos de Jacques Ellul :

 

« On est toujours saisi par le caractère restrictif du sacré, imposant tabous, limites, prescriptions, mais en réalité l’institution du sacré est l’affirmation par l’homme d’un ordre du monde et d’un ordre du monde qu’il connaît, qu’il désigne et qu’il nomme. Le sacré, c’est pour l’homme la garantie qu’il n’est pas jeté dans un espace incohérent, dans un temps illimité. » 

 Les Nouveaux Possédés (1973).

 

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Lorsque le bûcher est dressé pour Giordano Bruno, nu, la langue entravée par un mors de bois et que l'hérétique repousse le crucifix tendu vers ses lèvres, c'est un blasphème qui permet à l'homme d'avancer vers ce désenchantement du monde consacré par Copernic et Darwin.

 

Debray veut réenchanter le monde par le sacré (contre la science ?), plutôt que par la fraternité, la solidarité... l'extase devant la beauté de la Nature, les œuvres des savants, des artistes, des musiciens…


Pour ma part je communie avec le genre humain chaque fois que je regarde un tableau de Léonard ou de Manet, que je  lis un passage de Flaubert, de Camus ou de Beckett, quand je découvre un poème de Sylvia Plath, quand j’écoute Mahler, quand je regarde un film de Woody Allen, quand je relis des textes de Newton

 

 

« Quelle est la force du besoin métaphysique et avec quelle peine finalement la nature s’en sépare, on peut le déduire de ce que, dans l’esprit libre encore, alors qu’il a secoué toute métaphysique, les plus hauts effets de l’art produisent aisément une résonance des cordes métaphysiques dès longtemps muettes, voire brisées, lorsque, par exemple, à un certain passage de la Neuvième Symphonie de Beethoven, il se sent planer au-dessus de la terre dans un dôme d’étoiles, le rêve de l’immortalité au cœur : toutes les étoiles semblent scintiller autour de lui et la terre descendre toujours plus profondément. » 

 

Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain

 

(*) Régis Debray :

  • Le Feu sacré : Fonction du religieux,(2003)
  • Les communions humaines. Pour en finir avec « la religion (2005)
  • Jeunesse du sacré (2012)

 

A venir dans Esprit critique

 

Une société du sacré ? Désacralisations et re-sacralisations dans la société contemporaine

 Georges Bertin et Céline Bryon-Portet

 

 


 

 

 

 

Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et... Luc Besson

 

Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a été officiellement reconnu comme légal par la Commission électorale, a indiqué mardi 13 décembre le quotidien officiel New Light of Myanmar." AFP

 

Ce texte anodin signe la victoire d'une femme héroïque qu'une sanglante dictature n'a jamais pu faire plier.

 

Cette femme de fer, que des films hollywoodiens viennent aujourd'hui célébrer, n'a rien de la Barbie de Luc Besson. Elle a montré pendant 20 ans un courage et une pugnacité digne de Mandela.

 

Leur parcours est fort semblable, leur solitude fut la même. Les régimes qu'ils combattaient avaient le soutien des pays occidentaux, qui faisaient profiter leurs entreprises d'une main d'œuvre de quasi esclaves travaillant à l'ombre des fusils.

 

Notre triste Kouchner, qui vendit ses services (lesquels ?) à Total en Birmanie est une bonne illustration de ces cyniques coopérations.

 

Quand j'ai rédigé ce petit texte, qui faisait figurer Aung au Panthéon de mes rebelles, le sémillant Kouchner venait de tourner casaque pour rejoindre les compères du Fouquet's et toucher sa part du gâteau du côté du Quai d’Orsay. La farouche birmane était dans les 36ème dessous !

 

La roue a tourné, pour une fois dans le bon sens !

 

Mais pour ces deux exemples qui réchauffent le cœur des militants des Droits de l'homme, combien de combats perdus, de résistants torturés, de "rebelles " liquidés, dans l'indifférence.

 

Dans la Russie de Poutine, la Syrie d'Assad, la Chine de Hu Jintao… combien de ces hommes et femmes croupissent dans les geôles ? Pour l'instant M. Luc Besson, nos gouvernants et nos élites, les ignorent.

 

Gageons que si par miracle une grande figure populaire et charismatique émergeait des cachots, lui, ou un autre, en ferait un blockbuster. Ce n'est qu'une histoire de nombre de zéros sur un chèque.

 

Du Caire à Rabat, en passant par Tunis : le jackpot islamiste

 

Après un magnifique printemps, voici le temps venu d'un bien triste automne en terre d'Arabie. 

 

Adieu jasmins et roses, parfums enivrant de liberté... certains préparent déjà les chrysanthèmes à déposer sur le tombeau des espérances d'une jeunesse qui n'a jamais connu que le bâillon.


Nul besoin de coups d'état, de menaces, de violences ; le fruit était mûr, il est tombé dans l'escarcelle de religieux moyenâgeux, après des élections quasi irréprochables.

 

Persécutés par des dictatures que nous avons soutenues au nom de sordides calculs de géopolitique à deux balles, ces hommes, fort peu démocrates, bénéficient de l'aura des martyrs.

 

Dans ces pays là, la démocratie à l'occidentale n'a vraiment pas la cote ; elle a pour longtemps le visage de l'Amérique de Nixon ou de Bush, ou même d'Obama qui, contre toute raison (je ne parlerai même pas de morale !), soutient, sans état d'âme, les faucons israéliens dans toutes leurs exactions.

Elle a celui d'un Sarkozy et d'un Guéant, et de tous ceux qui en Europe font à chaque élection de leurs populations immigrées de commodes boucs émissaires.

 

Les gauches locales n'ont pas la cote non plus. Pourtant, elles aussi ont eu leurs martyrs. Mais souvent, faute de relais, par lassitude, elles ont, soit déserté le sol natal, soit accepté le confort d'une opposition de façade, symbole pour les masses de compromission.

 

Le cas du Maroc à cet égard est exemplaire, où la gauche (l'USFP de Mehdi Ben BarkaMohamed El Yazghi et Omar Benjelloun, assassinés ou victimes de sévices), qui conduisait, dans les années 60-70, toutes les forces vives : syndicats ouvriers, étudiants, enseignants..., a vu peu à peu ses troupes rejoindre le camp islamiste.

 

Le transfert du vote de gauche vers les partis islamistes ressemble d'ailleurs de façon assez frappante à ce qui se passe chez nous où les voix populaires vont à la famille Le Pen.

 

L'hiver qui vient sera-t-il celui de la glaciation ? Selon les pays la résistance aux forces ultra conservatrices s'annonce plus ou moins forte.

 

En Tunisie, où le combat est d'ores et déjà engagé, notamment dans les universités, entre les franges les plus dures de l'islamisme et les jeunes modernistes qui ont animé ou relayé le mouvement contre Ben Ali, les barbus n'ont pas gagné d'avance.

Bien que rejeté par ces jeunes, l'héritage laïc de Bourguiba pèse encore. Les jeunes femmes (1) notamment semblent bien décidées à défendre farouchement leurs acquis, même au prix d'injures et de menaces quotidiennes des salafistes. Leur courage est exemplaire.

 

Au Maroc le roi est à la manœuvre et pour l'instant, même s'il a nommé un premier ministre " islamiste modéré ", il garde en main l'essentiel du pouvoir.

L'Egypte (comme la Lybie) semble par contre condamnées aux douceurs de la charî'a...

 

Que pouvons-nous faire ? Dans les masses arabes nous sommes totalement discrédités.

En vingt ans, en soutenant tous ces régimes corrompus, nous avons perdu, et au-delà, le maigre crédit acquis dans les années postcoloniales, entre 70 et 90.

 

Pour le coopérant (sincère je crois) que je fus, pour l'homme de gauche que je reste, c'est un crève-cœur de voir triompher des forces aussi obscurantistes.


Certes la roue tourne et le temps de l'histoire n'est pas le notre... Un jour viendra ?

 

...

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
...

                                                           Louis Aragon

 

(1) Suivre par exemple :

- Lina ben Mhenni : @benmhennilina, http://www.atunisiangirl.blogspot.com,

- Emna Ben Jemaa  : @Emnabenjemaa, http://emmabenji.canalblog.com,

- Emna El Hamni : @Psycke, http://Orchideas.blogspot.com 

 

Au fil du temps : sexe, amours et sentiments

 

A propos de DSK, rien ne nous sera épargné. Les récits de ses chevauchées lubriques dans les salons privés de restaurants huppés, les toilettes de palaces 5 étoiles, ou sur le bureau directoire de ses anciens appartements du FMI, avec vue sur le Potomac, me donnent  la nausée.

 

Le sexe dans cette dimension là, n'est plus obscène, il est effrayant. Nous voici à l'abattoir, quand le maquignon enfonce un doigt dans les flancs de la génisse pour évaluer la qualité d'une future entrecôte. Entre ses doigts maculés de sang, glissent de grosses coupures...

 

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Certains osent évoquer Casanova ! Mes souvenirs concernant le célèbre prisonnier de Venise me renvoyaient à une toute autre histoire.

Je suis en train de lire son autobiographie qui fait l'objet d'une exposition à la BnF ; cet homme aimait les femmes, pas les morceaux de viande !

 

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Sexe encore avec le très controversé " Sleeping beauty " de l'Australienne Julia Leigh, que j'ai vu malgré des critiques ... souvent à côté de la plaque.

 

Sur le thème d'Eros et Thanatos, ou de la jeune fille et la mort, voila un beau et terrible film, s'achèvant par le cri atroce de l'héroïne (fragile beauté diaphane) qui remue les tripes du spectateur (en tout cas de l'homme vieillissant que je suis !) pétrifié sur son fauteuil par un dénouement pourtant tellement naturel.

 

Cette jeune fille, dont " le vagin n'est pas le temple " réclamé par ces lugubres et séniles bourgeois qui s’étendent auprès d’elle, est l'image de la pureté.

 

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Pureté et courage incarnés aussi dans cette magnifique photo qu'une jeune blogueuse égyptienne, uniquement vêtue de bas, d'escarpins roses et d'un chouchou de la même couleur, envoie à la figure des barbus de tout poil qui, le soir venu, dépouillent leur poupée de chiffons pour consommer de la chair fraîche.

 

DSK et les fanatiques de toutes les religions ont finalement la même façon d'aborder le sexe, par le petit trou de la lorgnette !

 

Femme-objet, ou femme Obscur objet du désir ?

 

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Robert Guediguian, nous parle autrement de l'amour...

 

Héros de l'Estaque, comme Marius et Jeannette et les prolétaires embourgeoisés de son dernier film (Les neiges du Kilimandjaro), ou comme Manouchian dans "L'armée du crime", ses personnages vivent une grande histoire d'amour façon Badiou : 

 

"C’est la question de la durée qui m’intéresse dans l’amour. Par « durée » il faut entendre que l’amour invente une façon différente de durer dans la vie." L'éloge de l'amour.

 

Amour du compagnon d'une vie de dur labeur, de luttes, de révoltes, mais aussi amour du prochain, du plus pauvre que soi (*).

 

Guédiguian nous dit qu'aujourd'hui les fils de la solidarité sont tellement effilochés, la société si éclatée, les misères si souvent cachées, que même cet amour là devient une épreuve ; un Kilimandjaro à gravir en quelque sorte.

 

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Les héros de Guédiguian, comme la blogueuse nue d'Alexandriesont des saintes et des saints qui veulent croire au paradis sur terre et réenchanter le monde.


Tous les DSK, tous les barbus, tous  les égoïstes possédants des mondes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, brûleront dans les flammes éternelles de la mémoire de l'humanité.

 

 * Relire sur le sujet  « Les pauvres gens » de Victor Hugo dont voici la fin :

 

Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."

L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin 
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête, 
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept. 
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait 
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ? 
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire 
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds. 
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ? 
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études. 
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez. 


Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés, 
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte. 
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ; 
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux. 
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres 
Cette petite fille et ce petit garçon, 
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson. 
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche, 
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ? 
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.

- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!"

 

Pompeux, pompier, dégoulinant de bons sentiments diront les détracteurs du poète... 

Peut-être, mais les sentiments sont devenus denrée rare. Alors une petite overdose de temps en temps...

 

 

 

7 milliards de terriens... et moi, et moi, et moi...

L'homo sapiens est loin d'être une espèce rare, comme le grand requin blanc, les tigres, les gorilles...  ou quelques milliers d'insectes ou de végétaux, menacés de disparition.

 

Au fur et à mesure qu'elle prolifère, l'espèce humaine appauvrit la biodiversité et saccage la Terre. La voici aujourd'hui qui, à l'égal des Dieux, s'arroge le droit de vie et de mort sur une     planète bleue... de plus en plus noire.

 

Au sein de la société qu'elle a élaborée, elle a aussi organisé la rareté de la richesse. Grâce à une monstrueuse centrifugeuse, elle a enfanté l'homme enrichi (*) qui occupe de tout petits espaces, au centre de ce bas monde.

Cette créature y prospère sur un tas d'or, quant à la périphérie des milliards de pauvres Job croupissent sur leur fumier.

 

Sa puissance est telle, qu'il lui est facile de convaincre ces laissés-pour-compte de chercher le bonheur dans l'espace intemporel proposé par les calotins de diverses obédiences, les barbus de tout poil, les rabbins à bouclettes... Avec l'or, l'encens est une valeur sûre.

 

Entre ces quelques Crésus et les multitudes de miséreux, la messe est-elle dite ?

 

Aujourd'hui, premier novembre, au milieu des tombes ou dans les limbes de notre mémoire, nous pleurons nos chers disparus. Ayons une pensée pour nos pauvres descendants.

 

(*) à ne pas confondre avec l’homme augmenté !

 

1 commentaires

Carnet de campagne - III - François Hollande : celui qui a déjà fait perdre la gauche

La victoire de Samothrace - Musée du Louvre
La victoire de Samothrace - Musée du Louvre

 

Beau succès des primaires socialistes qui, pour moi, est avant tout la traduction du ras le bol des Français devant la parole confisquée.

 

C'est un paradoxe : jamais les radios, télés, journaux n'ont donné autant la parole à leurs publics respectifs et, dans le même temps, jamais nos concitoyens n'ont eu le sentiment d'être aussi peu entendus.

 

Dans ce pays où un homme s'est arrogé quasiment tous les pouvoirs dont celui totalement extravagant - de nommer à peu près tous les responsables publics, du secteur bancaire à la radio ou à  la télévision en passant par la gestion... du château de Versailles, les citoyens ont fait dimanche dernier acte de résistance en se rendant dans les isoloirs du PS.

 

Les échecs successifs du président en place l'ont certes conduit à faire profil plus bas. Mais le ver est dans le fruit ; la démocratie française a perdu beaucoup de sa crédibilité, comme beaucoup de démocraties du sud de l'Europe. (voir Mouvement des Indignés)

 

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Lundi dernier sur toutes les radios :

François Hollande (sportif émérite ?)  "Pour faire gagner la gauche, je dois gagner"


 

Depuis des mois F. Hollande clame urbi et orbi qu'il est le candidat le mieux placé pour " faire gagner la gauche ". Evidemment, depuis dimanche soir il a repris cette antienne de façon encore plus lancinante, rejoint par le chœur des media, qui voit en lui le postulant le moins dangereux pour leur petite entreprise.

 

Je pense bien au contraire que François Hollande est le candidat qui peut - et pour longtemps - faire perdre la gauche.


Quand je dis perdre je ne me place évidemment pas sur le plan électoral mais sur le plan des convictions.

 

F. Hollande - au demeurant sympathique et compétent - reste pour moi le porte-drapeau - non repenti -  de ceux qui au moment du Traité Constitutionnel Européen, en mai 2005, ont baissé pavillon sans condition devant les chantres du  libéralisme débridé ; c'est en quelque sorte un symbole du pétainisme de gauche.

 

Le credo de ce traité était la loi du marché. Il établissait en dogme absolu - dans tous les domaines (y compris éducatif) - le principe de " la concurrence libre et non faussée " qui portait en germe la liquidation rapide des services publics.

 

Rédigée par V. Giscard d'Estaing, aidé de quelques autres, dont P. Moscovici (soutien aujourd'hui de Hollande), cette constitution, sous couvert de belles paroles sur l'Europe des peuples, généreuse et solidaire, destinées à faire avaler la pilule à la volaille de gauche, avait tout simplement pour objet de rendre irréversible la conversion de tous les pays européens au libéralisme et à la mondialisation anglo-saxonne.

 

On connait le résultat de ce référendum en France : une participation exceptionnelle pour un tel scrutin (70%) et un NON sans appel (55%) à la ratification, malgré un pilonnage intensif des medias de droite et de gauche.

 

On constate depuis que ces nonistes abhorrés - dont je suis- n'avaient sans doute pas tort de rejeter cette Europe informe, tentaculaire et vidée de toute substance non monnayable, que l'on a fini néanmoins par nous imposer, grâce au traité de Lisbonne, ratifié par le parlement français ... avec l'appui du parti socialiste dirigé par F. Hollande.

 

Aujourd'hui, cette Europe des 27, dont la seule loi est celle de la finance, conduit au naufrage les pays les plus pauvres qu'elle était censée conforter.

Elle les met à la merci de créanciers douteux, qui s'emparent des biens publics en mettant à la rue des centaines de milliers d'ouvriers, d'employés, de cadres.

 

Dans le même temps, les états de l'UE ponctionnent leurs contribuables pour renflouer massivement des banques qui ont dilapidé les fonds de leurs épargnants dans des spéculations foireuses.

 

En validant cette Europe là, Hollande a conduit une grande partie de la gauche à Canossa, c'est l'homme du renoncement, celui qui peut la faire encore perdre et pour longtemps.

 

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Ce qui me réjouit dans ce scrutin, c'est le score d'Arnaud Montebourg, initiateur de ces primaires citoyennes, le seul clairement positionné à gauche (1).

Il est porteur d'un projet pour établir une VIème république (2) et lutter contre la corruption auquel évidemment j'adhère complètement. 

 

J'ai déjà dit que F. Hollande était aussi  le plus frileux dans ces domaines et qu'il ne faudrait pas compter sur lui pour nettoyer les écuries d'AugiasSa campagne s'appuie sur quelques barons et apparatchiks douteux qui évidemment en cas de succès demanderont leur dû.

 

Ce n'est pas par hasard que Montebourg a fait de très bons scores dans le Sud-Est...

 


(1) Les 4 propositions centrales de la campagne de Montebourg, à propos desquelles il interroge les finalistesconcernent : le contrôle financier, le protectionnisme industriel, la VIe République et la lutte contre la corruption.


(2) Qui rééquilibrerait les pouvoirs, supprimerait tout cumul des mandats, créerait des autorités de régulation strictement indépendantes, assurerait une véritable séparation des pouvoirs en libérant la justice,  supprimerait automatiquement toute immunité pour des faits de corruption passive ou active, redonnerait aux citoyens la possibilité de s'exprimer, par exemple avec les référendums d'initiative populaire...


 

      NB : APRES LE DÉBAT


HOLLANDE VEUT ÊTRE "  Le président de la victoire "

Pourvu qu'il ne soit pas le non-président de la défaite !

 

C'est le premier débat de la primaire que je regardais, accompagné, pour ne pas me laisser emporter par mes fortes réserves sur le Corrézien, par une néophyte des débats internes de la gauche.

 

Nous l'avons trouvé bien faible (beaucoup trop emphatique) face à M. Aubry qui à notre avis semble beaucoup plus déterminée à appliquer les mesures qu'elle préconise sur au moins trois points :

 

- le non-cumul des mandats (dès 2012), auquel Hollande s'est très tardivement rallié, mais dont je suis sûr, au vu de ses soutiens - qui les cumulent allègrement - , qu'il ne le ferait pas appliquer,

- la détermination à changer l'Europe. Hollande, sur ce plan, n'a d'ailleurs pas manqué de culot... quand on se souvient de ses belles envolées lyriques de 2005 !

- le blocage des procédures de licenciement initiées par des entreprises bénéficiaires qui souhaitent ainsi faire monter leurs cours en bourse et satisfaire leurs actionnaires.

 

Enfin il y a quand même une différence sérieuse sur le plan économique :

 

- M. Aubry ne sacrifiera pas la relance de l'investissement et de la croissance pour réduire le déficit,

- F. Hollande, en annonçant qu'il ramènera le déficit public à zéro (!) en 2017, se prive absolument de toute marge de manœuvre pour relancer l'économie. Faut-il saigner le malade pour le guérir (comme en Grèce) ? Heureusement qu'il ne sera pas en mesure de tenir ce qu'il promet !

Si Hollande est désigné dimanche, il faudra qu'il travaille très sérieusement son débat avec Sarkozy qui est un très bon bateleur de foire.

 

POUR FINIR : Il A "GAGNÉ" !

 

Victoire de la gauche Joffrin-Demorand, de la gauche  Terra Nova qui crache à la gueule des pauvres, de la gauche qui gagne dans les urnes et baisse son pantalon à la première semonce du FMI ou de la BCE... 

On ne la connait que trop bien cette gauche là qui fait prospérer la famille Le Pen et quelques cumulards qui s'accrochent à leurs mandats électoraux comme des anoploures....! 


Gagner, gagner, gagner.... c'est quoi la gauche ? Le PSG, Marseille... ?

 


 

Derrière les murs

 

On construit trop de murs et pas assez de ponts.

 Issaac Newton

 

La première fois que j'ai emprunté la route côtière entre Rabat et Casablanca - il y a déjà bien longtemps - après avoir quitté le site enchanteur des Oudayas, j'avais longé un mur interminable à la sortie de la ville, face à l'océan qui éclaboussait le bitume.

 

Qu'y avait-il derrière ces murs ?

 

Un bidonville (celui d’El Kora je crois) où des marmots titubants barbotaient dans des cloaques, où des femmes enfouies sous des chiffons donnaient un sein rabougri à des morveux, où des mécaniciens improvisés bricolaient d'improbables vélocipèdes, où l'on essaya de me fourguer un peu de hash et des scorpions enfermés dans des boites d'allumettes.

 

Car la misère importunait le touriste, incommodait le roi qui passait en trombe avec sa Mercédès pour se rendre en son Palais de Skhirat, donnait mauvaise conscience aux bourgeois de Rabat qui prenaient leurs quartiers d’été sur les plages de Témara.

 

Déjà, à Casablanca, derrière des murs identiques, une ville de cartons et de plastiques s'édifiait sur des tas d'immondices. Elle est aujourd’hui cernée par des constructions récentes en dur.

 

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En Californie aussi on dresse des murs. On y enferme les riches.

 

Bien sûr, ce sont de beaux murs, avec des miradors qui ressemblent à nos anciennes échauguettes.  Sous les palmiers, des Cadillac de 12 m de long, des Porsche qui consomment 50 l au cent en roulant à 80 km/h sur l'autoroute entre LA et Vegas, des piscines en forme de cœur où des femmes, seins en obus, fesses en silicone, boivent un dernier cocktail avec des gigolos bodybuildés.

 

Là-bas, comme ici, certains réclament toujours plus de murs, de grilles, de barrières... Comment faire cohabiter ceux qui en veulent toujours plus avec ceux qui en ont toujours moins ?

   

Mais aujourd’hui les miséreux n’acceptent plus de rester confinés derrière des murs, ils ont le culot de se montrer dans les quartiers chics et d’y créer quelques désordres. On a donc construit des murs de plus en plus hauts, sans comprendre qu’un pauvre qui n’a plus que sa vie à perdre essaiera toujours de le franchir.

 

Pourtant, entre ces emmurés, il faudra bien maintenir des ponts, ne serait-ce que pour que les multitudes de pauvres continuent à faire vivre les riches et en recueillent des miettes. Israël et la Palestine sont un bon exemple de ce nouveau mode de communication et d'échange.

 

Une sorte de course poursuite s’établira donc entre les maçons et les boulonneurs, riveteurs et autres soudeurs.

 

Ah, si j’étais riche j’investirais dans les travaux publics !

 

Le bateau ivre

...

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

...

A. Rimbaud, Le bateau ivre


 

Retour aux choses sérieuses après 8 jours au vert dans ma chère Lozère.

 

Je lis dans les gazettes :

 

- Sarkozy et Berlusconi vont-ils sauver l'euro et l'économie mondiale ?

 

- Algues vertes en Bretagne : un problème local !

 

- Syrie : le dictateur en place organisera des élections libres quand il aura fini de liquider des dizaines de milliers d'opposants.

 

- Affaire Tapie-Lagarde : non ! Sarkozy n'a pas fait cadeau de 380 millions d'euros au célèbre escroc !

 

- Affaire Ziad : Copé ne s'est baigné qu'une dizaine de fois dans la piscine du marchand d'armes, pourvoyeur de fond de la sarkozie.

 

- Après le foot anglais, sauvé par la mafia russe, le foot français est remis à flot par le pétrole des princes du Golfe arabique.

 

- Afghanistan : les talibans sont partout, les GIs et leurs hélicoptères tombent comme des mouches, les soldats français n'osent plus sortir de leurs trous... Mais grâce à nous les filles ne portent le tchador qu'à partir de 10 ans, la culture du pavot a tendance à légèrement diminuer,  les seigneurs de la guerre ont baissé les prix des rançons.

 

- Lybie : Kadhafi est toujours vivant, les rebelles seraient contrôlés par les islamistes, la population meurt de faim... mais elle apprend par cœur le célèbre poème d'Eluard : " Liberté"

...

Et l'on voudrait que je sois sérieux !

 

Et on a le brave culot
D'oser me demander
De ne plus boire que de l'eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l'argent de côté
D'aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

 

Jacques BREL, Le Tango funèbre

 

Les mots pour l'écrire, les mots pour le dire...

 

" Ce que j’aime en ma folie, c’est qu’elle m’a protégé, du premier jour, contre les séductions de « l’élite » : jamais je ne me suis cru l’heureux propriétaire d’un « talent » : ma seule affaire était de me sauver — rien dans les mains, rien dans les poches — par le travail et la foi. Du coup ma pure option ne m’élevait au-dessus de personne : sans équipement, sans outillage je me suis mis tout entier à l’œuvre pour me sauver tout entier. Si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. "


Jean-Paul Sartre, Les Mots (1964)


 

On peut utiliser toutes les ressources d'internet, être équipé de la panoplie complète issue des progrès des nouvelles technologies, suivre avec enthousiasme les avancées de la biologie moléculaire, de la médecine, des nanosciences... et trouver ridicule ces déclarations, désormais incontournables, de personnalités, d'écrivains, de savants, de politiciens... qui jurent ne vivre que pour et dans le futur.

No past en quelque sorte !

 

Si au présent, qui annonce dans ce domaine un peu reluisant futur, j'ai des sentiments passéistes, ils concernent les mots, la langue, l'écriture...

 

J'évoque cela car j'ai entrepris de lire des correspondances familiales, des lettres qui vont du début du XXème siècle aux années 70. Pas des courriers d'érudits, mais de gens simples n'ayant au mieux qu'un certificat d'études.

 

Bien sûr, celles qui me touchent le plus émanent de ce grand-père - que je n'ai pas connu -  qui a passé sa jeunesse sur les fronts de la guerre de 14 ou dans des casernes.

 

De ces mots griffonnés dans les tranchées qui évoquent (discrètement, censure oblige) la souffrance, la vermine, les copains morts, la grippe... mais aussi la vie au pays, les semences et les moissons, le moral qui fluctue au gré de maigres avancées ou de sanglants revers, des permissions espérées et puis souvent supprimées, on retrace à l'échelle d'un modeste dragon, l'histoire, la vraie, celle qui est faite du sang et des souffrances des hommes.

 

Loin, très loin de la grande Histoire qu'évoquent leurs chefs dans des mémoires, les Pétain et consorts, qui envoyèrent à la boucherie ces millions de jeunes gens dont les noms ornent les monuments de nos plus petits villages.

 

Particulièrement touchante aussi la première déclaration de cet homme à ma grand-mère, alors âgée de 16 ans (voir ci-dessous).

C'était il y a 99 ans, le style est impeccable, l'orthographe irréprochable. Le respect et la vénération de la femme, qui inspirent ce texte, témoignent aussi de comportements révolus.

 

De quoi disposeront les petits-enfants de nos enfants pour écrire la vie des simples gens en ce début de XXIème siècle. De photos, vidéos, documents numérisés... d'objets froids et sans âmes... mais plus de ces mots qui trahissent si bien l'angoisse, l'amour, l'espoir, la peur ou l'allégresse.

 

C'est un autre grand-père qui en m'apprenant à lire m'a donné le goût des mots et révélé l'incroyable magie de l'écriture : comment avec de simples signes faire revivre l'épopée des premiers hommes, le procès de Jeanne d'Arc, le tour du monde de Magellan, le courage de Danton montant sur l'échafaud, Le Tour de France de deux enfants, ouvrage mythique qu'il vénérait comme une bible.

 

Certes je n'oublie pas ce qu'écrit Sartre toujours dans "Les mots" et que j'ai pu très fortement ressentir ensuite :

"... pour avoir découvert le monde à travers le langage, je pris longtemps le langage pour le monde. " 

 

Grâce à lui et à quelques instituteurs amoureux de la langue française, j’ai pu saisir plus tard, la musicalité des textes de Ronsard ou de Lamartine, la flamboyance de Hugo ou de Tolstoï, la verve de Maupassant, l'époustouflante écriture de Flaubert, la révolte de Zola et encore beaucoup plus tard le génie de Beckett....  et y trouver un plaisir presque charnel...

 

Les mots rythment notre vie. Dans les périodes les plus sombres,  ils se bousculent ou au contraire sont retenus, deviennent plus rares. On ne sait plus mettre des mots - ou alors ils sont approximatifs- sur la souffrance ou l'amour ...

 

Si nous ne savons plus les mots pour l'écrire, qu'adviendra-t-il des mots pour le dire ?

 

Ce grand-père parlait très peu, on disait qu'il était avare de mots. En fait, il les respectait trop pour les gaspiller en paroles inutiles. Chacune de ses sentences était donc écoutée avec recueillement et presque dans la crainte.

 

Les femmes de la famille étaient au contraire étonnamment volubiles, elles ne pouvaient retenir les mots, ils leur échappaient... Enfant, j'en écoutais la musique, le sens  m'intéressait peu.

 

Dans la déclinaison des mots - écrits, parlés- on peut donc être à la fois touché par le contenu ou le phrasé.

 

C'est ce que l'on peut ressentir en lisant les plaidoiries célèbres de grands avocats du siècle dernier. Vincent Moro-Giafferi, qui fut l'un des plus brillants, mobilisait les spectateurs assidus de la Comédie française.

 

"L'opinion publique? Chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche! C'est elle qui, au pied du Golgotha, tendait les clous aux bourreaux, c'est elle qui applaudissait aux massacres de septembre et, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés..."  

Plaidoirie pour Eugène Dieudonné de la bande à Bonnot


Mais il ne se payait pas que de mots : en défendant le pseudo incendiaire du Reichstag, le bulgare Dimitrov, il affronta directement Hermann Goering !


On lui doit aussi ce superbe réquisitoire contre la peine de mort à l’occasion du procès du tueur en série Eugène Weidmann qu'il défendait :


«  Je plaide pour un assassin. Je me dresse contre l’échafaud… contre la hache du bourreau qui, faisant gicler sur la curiosité malsaine des foules le sang des coupables, n’y a jamais répandu que le germe de la cruauté ; contre la peine de mort que Victor Hugo, dans une plaidoirie éternelle, vouait à l’exécration des hommes…

Ah ! J’entends dire : à quoi bon ? Pourquoi se pencher sur une âme déchue… il a tué, qu’il meure ! Ses bras ont frappé, qu’on les noue sur les marches de la guillotine. Sa tête a consenti l’assassinat ; qu’on la tranche !

Je connais cette doctrine, c’est la morale du talion, c’est la loi du lynch, c’est la justice des barbares… »

 

Badinter lui doit beaucoup. Gilbert Collard, l’ami de Marine, ténor à la télé, avocaillon dans les prétoires, aurait dû s’abreuver à ces sources !

 

J'ai admiré la virtuosité d’un Desproges ("Je t’en prie, ma femme, ma sœur, mon amour, mets ton jean, ou reste nue, mais ne marche pas dans la mode, ça porte malheur.") ou d’un Devos ("Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? "), qui en jonglant avec les mots, en les détournant, nous faisaient rire, nous fascinaient et nous inquiétaient tout à la fois ; car les mots sont parfois trompeurs, que se cache-t-il derrière les mots ?

 

Les dictateurs eux-aussi ont détourné les mots ; ils en ont fait des slogans pour fanatiser les masses. Mais le slogan peut également donner le la d’une révolution. Quel texte symbolise mieux la révolte étudiante de mai 68 que celui-ci :

 

«  Soyez réalistes : demandez l’impossible ! »

 

La langue parlée d'aujourd'hui, est de bois. Nos politiciens, journalistes, stars formatés par la télé, sportifs…, utilisent un tout petit nombre de mots. Leur langue est le plus souvent imprécise, truffée d'anglicisme, encombrée de jargons pseudo-scientifiques ou technologiques. Elle sert beaucoup à nous manipuler.

 

Les publicitaires, les communicants, se sont en effet emparés des mots : on gagne  une campagne électorale comme on vend une paire de lunettes ; il suffit de trois mots sur une affiche et de cinq phrases dans des discours… Les mots ont perdu leur sens.

 

Sauver les mots au moment où il y a tant d'incompréhension entre nous devrait pourtant être une grande cause éducative.

 

Une grande cause révolutionnaire aussi : c'est en se réappropriant les mots que beaucoup de peuples se sont libérés. J’ai été très frappé, en suivant sur internet les récentes révoltes tunisienne et égyptienne, par la beauté des textes circulant sur la toile face aux stéréotypes des dictatures en place.

 

Des mots qui donnent du sens, véhiculés par les nouveaux objets communicants, alliance du passé et du présent… pour un futur meilleur ?

 

… On peut rêver !

 

 NB : Sartre écrit  "Les mots" pour démystifier l'écriture... et il en fait son plus beau livre !

 

 

24 avril 1912
24 avril 1912

Gaza : massacre dans le ghetto

Mieux que tous les discours : une carte...

... Depuis 1999, le mitage systématique des lambeaux restant de la cis-jordanie par la colonisation israélienne, vise à empêcher définitivement la création d'un état palestinien.

A Gaza, l'état hébreu asphyxie la population dans le bantoustan qu'il a créé... 

 

Qui ose s'étonner de la révolte en cours et des manifestations antisionistes, qu'il est trop commode d'assimiler à de l’antisémitisme.

 

Israël veut les territoires, la paix, le respect... il finira par tout perdre, quand les Américains n'assureront plus les fins de mois, l'armement, l'intendance... d'un état fauteur de guerres et de violences, qui menace leur prospérité économique.

 

Dame Nature et "l'alphabet de Dieu"

Copie d'écran de la Une du journal Le Monde, le 7 mai 2014 à 20h
Copie d'écran de la Une du journal Le Monde, le 7 mai 2014 à 20h

Ce n'est pas l'article scientifique le plus lu et le plus commenté dans le monde qui fait la couverture de la version papier du journal Nature du 15 mai qui le publie, mais un merle migrateur qui perd sa boussole biomagnétique, après avoir été exposé à un faible niveau de bruit électromagnétique (AM entre environ 20 kHz et 20 MHz... fréquences qui baignent notre environnement quotidien).

 

Si le plus grand journal scientifique, se soucie d'abord -et à juste titre (c'est dans son titre)- de l'état de notre planète et de ses occupants, c'est que cet état est pitoyable.

 

Les activités anthropiques ont, en un siècle, saccagé notre biodiversité, fait disparaître des centaines de milliers d'espèces végétales et animales, bouleversé, voire détruit, nombre de nos écosystèmes... et peut-être abrégé l'espérance de vie de l'humanité de quelques centaines de milliers d'années.

 

Voir le diagramme ci-après

 

Avant de clouer au pilori les chercheurs qui travaillent dans leur laboratoire sur les OGM et maintenant les OGA(augmentés), les scientophobes les plus convaincus ne devraient-ils pas plutôt se tourner vers les dirigeants, les lobbies et tous les ultra productivistes de cette planète, qui ont pour seule devise :  " Profitons... et après nous le déluge " ?

 

Vers tous ceux qui détournent le travail des scientifiques (ou l'orientent par le biais de financements) toujours dans le sens de la rentabilité à tout prix ?

 

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Certes, il n'est pas surprenant que les résultats publiés par le groupe de Floyd Romesberg, qui font la Une des plus grand media non spécialisés du monde entier, suscitent des milliers de commentaires et déclenchent aussitôt la controverse et l'anathème.

 

Observateur assidu des publications du Net, contraint de bloquer les commentaires sur ce blog, je m'attendais effectivement au pire.

 

Nombre d'excités exigent la prison pour les auteurs, la mise définitive au banc de l'humanité... et les destinent à la poubelle de l'histoire scientifique.

 

Il est probable que si le laboratoire de Floyd Romesberg ne se trouvait pas en Californie mais au fin fond du Texas, il faudrait le protéger des enragés de la gâchette !

 

Mais même chez des commentateurs plus honnêtes, la boutade que j'avais mise en avant sur ce site en 2012, en présentant la biologie synthétique - le fameux mythe de Faust - est prise au sérieux : nous serions sur la voie de la création de "transhumains" !

 

Et malheureusement de pseudoscientifiques se prêtent à ces âneries !

 

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J'ai rappelé plus haut que l'homme altérait gravement son milieu ; il affecte aussi profondément son organisme, en respirant, en consommant, particules et pesticides qui bouleversent les mécanismes biologiques les plus complexes, les plus fondamentaux, le rendant infertile, multipliant les pathologies ou en créant de nouvelles, provoquant des cancers du sein à 20 ans, de la prostate à 40, multipliant les maladies neurodégénératives...

 

L'alphabet de Dieu, si cher à ces censeurs radicaux, produit de plus en plus de monstruosités et ses mécanismes de réparation n'en peuvent mais !

 

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Que des chercheurs s'écartent radicalement des voies naturelles pour imaginer de nouvelles thérapies semble donc parfaitement légitime. Sait-on par exemple qu'aujourd'hui la recherche de nouveaux antibiotiques piétine, alors que des résistances aux plus puissants d'entre-eux, la vancomycine et le linézolide, viennent d'être mises en évidence ?

 

J'ai choisi cet exemple parce que l'un des thèmes de recherche de Floyd Romesberg est justement la mise au point de nouveaux antibactériens. (*)

 

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L'extension de l'alphabet génétique, c'est avant tout se donner les moyens de produire de nouvelles petites protéines constituées d'aminoacides "exotiques", non reconnus par l'organisme, et susceptibles, par exemple, de contrer les mécanismes de cancérisation.

 

Bien sûr qu'un problème d'éthique est posé à propos de la possible dissémination de tels organismes (notons au passage que les chercheurs californiens ont bloqué cette éventualité pour leur bactérie) et il sera évidemment traité, mais laissons au moins les biologistes synthétiques travailler en paix et montrer le potentiel thérapeutique de leurs découvertes.

 

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 J'ai dû écrire sur ce site, à plusieurs reprises, que depuis Giordano Bruno et Galilée, peu de choses avaient changé.

 

Il y a toujours au fond du cœur des hommes les plus antiques peurs, les plus archaïques croyances, dont se délectent toujours sectes et religions.

 

Excommunions donc nos meilleurs scientifiques - à défaut de les brûler - et continuons d'écouter gourous et prédicateurs incultes - de tous les cultes -, qui eux savent nous dire ce qui est licite ("hallal") et ce qui est péché ("haram").

 

Le hallal et le haram sont les vocables les mieux partagés par tous les sectaires... même s'ils s'étripent à propos de leurs contenus !

 

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 (*) Notons incidemment, que l'une de ces molécules, non mise sur le marché, mais en développement, a sauvé, il y a quelques mois, une petite fille pour laquelle toutes les antibiothérapies avaient échoué.

 

 

L'effondrement de notre biodiversité

 

L'indice de population est un indicateur utilisé pour suivre l'état de la biodiversité dans le monde. Il présente ici des tendances, étudiées entre 1970 et 2000, pour des populations de vertébrés terrestres (en orange), d'eau douce (en vert) et marins (en bleu). La tendance générale est indiquée par un trait noir. Les résultats sont sans appel, la biodiversité mondiale s'effondre. © WWF

Cent ans de solitude

Si j'avais à retenir 5 oeuvres littéraires contemporaines, Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez -mort aujourd'hui- serait dans le lot (au même titre que : Belle du Seigneur d'Albert Cohen, Le désert des Tartares de Dino Buzzati, En attendant Godot de Samuel Beckett et L'étranger de Camus).

 

 

Je ne me risquerais pas à analyser et encore moins à résumer l'épopée de la famille Buendia (généalogie ci-contre), qui sur un siècle (du milieu du XIXème au milieu du XXème siècle) apparaît, prospère et disparaît...sans que rien -ou presque- ne bouge, mais que tout se répète (comme le nom des protagonistes).

 

Voici donc quelques éléments issus de Wikipedia qui présente un gros dossier sur l'ouvrage.

 

" Cent Ans de solitude relate l'histoire de la famille Buendia sur six générations, dans le village imaginaire de Macondo. Ce village est fondé par plusieurs familles, conduites par José Arcadio Buendia et Ursula Iguarán, un couple de cousins qui se marièrent, pleins d'appréhension et de craintes dues à leur parenté et au mythe existant dans la région, qui disait que leur descendance pourrait naître avec une queue de cochon …"

...

" Tout au long du roman, tous les personnages semblent prédestinés à souffrir de la solitude comme une caractéristique innée à la famille Buendia. Le village même vit isolé de la modernité, toujours en attente de l'arrivée des gitans qui amènent les nouvelles inventions; et l'oubli, fréquent dans les événements tragiques récurrents dans l'histoire de la culture que présente l'œuvre..."

...

Extrait 1 : où il est question du village (imaginaire) de Macondo :

 

«  À l’entrée du chemin du marigot, on avait planté une pancarte portant le nom de Macondo et, dans la rue principale, une autre proclamant : Dieu existe. Pas une maison où l’on eût écrit ce qu’il fallait pour fixer dans la mémoire chaque chose, chaque sentiment. Mais pareil système exigeait tant de vigilance et de force de caractère que bon nombre de gens succombèrent au charme d’une réalité imaginaire sécrétée par eux-mêmes, qui s’avérait moins pratique à l’usage mais plus réconfortante. Ce fut Pilar Ternera qui contribua le plus à répandre cette mystification, quand elle eut l’idée ingénieuse de lire le passé dans les cartes comme, jadis, elle y lisait l’avenir. Par ce biais, ces gens qui ne dormaient pas commencèrent à vivre en un monde issu des intercurrences et du hasard des cartes, où le souvenir du père s’identifiait bon gré mal gré à celui de tel homme brun arrivé début avril, et l’image de la mère à celle de telle femme brune qui portait un anneau d’or à la main gauche, et où telle date de naissance ne pouvait que remonter au dernier mardi qu’on entendit chanter l’alouette dans le laurier. Ces pratiques consolantes eurent raison de José Arcadio Buendia qui décida alors de construire cette machine de la mémoire dont il avait déjà eu envie autrefois pour se souvenir de toutes les merveilleuses inventions des gitans. Le principe de cette machine consistait à pouvoir réviser tous les matins, du début jusqu’à la fin, la totalité des connaissances acquises dans la vie. »

 

A propos de cette solitude qui accable la famille Buendia, l'article de Wiki dit ceci :

 

" La solitude est particulièrement évidente pour le colonel Aureliano Buendia dont la maladresse pour exprimer l'amour fait qu'il s'en va à la guerre en laissant des enfants de mères différentes à divers endroits. À certaines occasions, il demande même que l'on trace un cercle de trois mètres autour de lui pour éviter qu'on l'approche. Aussi, après avoir signé la paix, il se tire une balle dans la poitrine pour ne pas avoir à affronter l'avenir, mais il est tellement malchanceux qu'il se rate..."


Extrait 2 : la vie du colonel Aureliano Buendia

 

" Le colonel Aureliano Buendia se rendit compte alors, sans en être autrement surpris ni peiné, qu’Ursula était le seul être humain à avoir vraiment réussi à déchiffrer sa propre misère, et pour la première fois depuis nombre d’années, il osa la regarder en face. Elle avait la peau toute fendillée, les dents cariées, les cheveux fanés, sans couleur, le regard éteint. Il la compara à l’image la plus ancienne qu’il gardait d’elle, cet après-midi où il eut le pressentiment qu’une marmite de bouillon allait choir de la table, et ce fut pour retrouver cette image en morceaux. Il découvrit soudain les égratignures, les meurtrissures, les marques à vif, les ulcères et les cicatrices que lui avait laissés plus d’un demi-siècle d’existence quotidienne, et il constata que la vue de ces ravages n’éveillait en lui aucun sentiment, même de pitié. Il fit alors un dernier effort pour chercher en son coeur l’endroit où s’était décomposé son amour, et ne put le trouver. Autrefois, du moins éprouvait-il une confuse impression de honte lorsqu’il découvrait sur sa propre peau l’odeur d’Ursula, et il lui arrivait à maintes reprises de sentir ses pensées recouper les siennes. Mais tout cela avait été rasé par la guerre. Même Remedios, sa propre épouse, n’était plus à présent que l’image estompée de quelqu’un qui aurait pu être sa fille. Les innombrables femmes qu’il avait connues dans le désert de l’amour, et qui avaient dispersé sa semence sur tout le littoral, n’avaient laissé aucune trace dans son cœur. La plupart étaient entrées dans sa chambre en pleine obscurité et étaient reparties avant l’aube ; le lendemain, il ne subsistait d’elles qu’un peu de dégoût dans la mémoire du corps. La seule affection qui résista au temps et à la guerre fut celle qu’il porta à son frère José Arcadio, du temps qu’ils étaient enfants, et encore ne reposait-elle pas sur l’amour mais sur la complicité."


Durant ses 32 guerres civiles, le colonel Aureliano Buendía a 17 fils avec 17 femmes différentes, avec chacune desquelles il a passé une seule nuit...!

 

 

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100 ans de solitude par Juliette
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Antibiotiques : la course contre la montre

L'émergence continue de bactéries multi-résistantes aux médicaments est un problème majeur de santé publique. L'identification et le développement de nouveaux antibiotiques, en particulier ceux ayant de nouveaux modes d'action, est impératif pour aider à traiter ces infections. 

 

Un article paru dans " The Journal of Antibiotics " dresse la liste de 22 nouveaux antibiotiques lancés depuis 2000.

 

 

Il faut noter qu'entre 1970 et 1999, toutes les molécules mises sur le marché n'étaient que des analogues de médicaments existants (à l'exception de la mupirocine commercialisé en 1985).

 

Depuis 2000, la situation s'est améliorée, avec l'apparition de cinq nouvelles classes d'antibiotiques : le linézolide (systémique, validé en 2000), la daptomycine (systémique, validé en 2003), la rétapamuline (topique, validé en 2007), la fidaxomicine (Clostridium, infections compliquées, validé en 2010) et la bedaquiline ( systémique, validé en 2012).

 

Cependant, il faut noter que l'ensemble de ces nouvelles classes d'antibiotiques est limité au traitement des infections Gram positif (entérocoques, streptocoques et staphylocoques).

 

Robert Grosseteste, un homme épris de Lumière

J'ai déjà évoqué Robert Grossesteste (ca. 1168-1253), évêque de Lincoln, dans l'un des articles que j'ai consacré à Isaac Newton (" De l'ombre à la lumière "). Cet homme érudit se présente à Oxford, au début du XIIIème siècle, à la fois comme néo-platonicien, héritier d’Aristote et des mécaniciens arabes. 

 

Grosseteste est fasciné par la lumière ; il connait en particulier parfaitement les travaux du savant égyptien Ibn-Al-Haytam, dit Alhazen (965-1039) qui a développé une véritable théorie corpusculaire de la lumière dans " Opticæ Thesaurus ".

 

Notons que Grosseteste, suivi par son disciple (qu'il ne rencontra jamais), Roger Bacon, fut le premier à évoquer le caractère ondulatoire de la lumière.

 

Si Grosseteste considère la lumière comme la première forme corporelle créée par Dieu, il met cette métaphysique de la lumière au service des sciences de la nature ; il utilise par exemple les mathématiques pour expliquer réflexions et réfractions. 

 

Rappelons que quelques années plus tard, Thomas d'Aquin (1224-1274), idéalisera lui aussi la métaphysique d'Aristote et fera de la lumière une pure qualité qui représente la perfection de Dieu.

 

La vie de Robert Grosseteste, évêque de Lincoln de 1235 à 1253, est un véritable roman, que ses nombreux biographes ont essayé de reconstituer.

 

C'était l'une des figures les plus marquantes et les plus remarquables de la vie intellectuelle anglaise du XIIIe siècle. Homme aux multiples talents : commentateur et traducteur d'Aristote et des penseurs grecs, mais aussi philosophe, théologien, scientifique... 

 

Fortement influencé par Augustin, il fut surtout l'un des premiers à faire un large usage de la pensée d'Aristote, d'Ibn Sina (Avicenne) et d'Averroès (Ibn Rochd).  Il sera également une source d'inspiration pour les travaux scientifiques à Oxford jusqu'au XIVème siècle. Il inspirera la philosophie naturelle de Roger Bacon

Isaac Newton lui rendit hommage.

 

Ses travaux sont multiples. On retiendra :

- les Commentaires sur Aristote (vers 1220 ?),

- des Œuvres philosophiques comme De Luce  et  De Finitate Motus Et Temporis (Finitude du temps et du mouvement), vers 1230,

 - des Œuvres théologiques comme De libero arbitrio (Sur le libre arbitre),

- des Travaux scientifiques : Sur la génération de sons (De generatione sonorum), Sur la sphère (De sphaera),  Sur les comètes (De Cometis), Sur l'air (De impressionibus aæris), Sur les lignes, les angles et des figures (De Lineis, angulis et figuris),  Sur l'arc en ciel (De iride), Sur la couleur (De colore), la chaleur du Soleil (De calore solis), le mouvement des corps superceleste (De motu supercaelestium)...

 

Cependant un thème majeur  traverse les œuvres de Grosseteste, celui de la lumière.

Ainsi, la notion de lumière occupe une place de choix dans ses commentaires sur la Bible, dans son approche de la perception sensorielle et de la relation du corps et de l'âme et dans ses théories sur l'origine de la connaissance et de la nature du monde physique - qui font l'ojet du travail que j'ai relaté pour commencer- et bien sûr, dans ses écrits sur l'optique. 

 

Les chercheurs spéculent sur les raisons qui ont amené Grosseteste à utiliser la notion de lumière dans des contextes aussi différents. D'un point de vue philosophique et scientifique, c'est sans aucun doute ce qui  fait sa plus grande originalité... et justifie les travaux contemporains.

 

Pour une biographie détaillée, voir la somme de Stanford Encyclopedia of Philosophy mise à jour en mai 2013.

De Luce (On Light, Lumière !) revisitée

Le "multivers" de Grosseteste
Le "multivers" de Grosseteste

Le journal Nature en ligne présente, ce 12 mars 2014, le travail remarquable d'une équipe interdisciplinaire (latinistes, philologues, historiens médiévaux, physiciens et cosmologues), piloté par l'Université de Durham autour du traité de Robert Grosseteste : De Luce.

 

Pour les auteurs, De Luce (On Light ), écrit en 1225, est la première tentative d'explication de l'origine du monde, utilisant un ensemble de lois physiques. 

 

Quatre siècles avant Isaac Newton, sept siècles avant la théorie du Big Bang, Grosseteste décrit ainsi la naissance de l'Univers : une explosion suivie d'une cristallisation de la matière formant étoiles et planètes qui constituent un ensemble de sphères imbriquées autour de la Terre.

 

En revisitant l'oeuvre de Grosseteste, qui précéda Roger Bacon à Oxford, ces chercheurs veulent montrer que la philosophie naturelle du XIIIe siècle ("polluée par l'alchimie et l'astrologie"), ne conduisait pas à une impasse scientifique, comme on l'a longtemps soutenu, mais qu'au contraire la science des XIIe et XIIIe siècles constitue une étape cruciale dans l'histoire de la pensée.

 

Les chercheurs de Durham ont identifiés six «lois» physiques dans De Luce autour de l'interaction de la lumière avec la matière. Ils les ont traduites mathématiquement avec les outils mathématiques dont nous disposons aujourd'hui, pour les confronter à la cosmogonie et à la cosmologie proposées par l'évêque de Lincoln.

L'article cité plus haut rapporte les premiers résultats de cette analyse.

 

 

Les batteries rechargeables du futur (très) proche

Les batteries Li(lithium)-ion, qui à partir du début des années 1990 ont remplacé les batteries au plomb ou Ni(nickel)-Cd (cadnium), ont marqué un progrès remarquable dans le domaine du stockage d'énergie  rechargeable. A poids égal, ces batteries délivrent deux fois plus d'énergie et coûtent 10 fois moins cher que les premières cellules livrées par Sony en 1991.

 

Notons au passage la remarquable performance du système de stockage énergétique (ESS) du roadster Telsa qui pèse environ 450 kg et délivre l'équivalent énergétique de 53 kWh, ce qui lui permet d'avoir une autonomie de plus de 400 km (notons que Telsa va commercialiser une voiture à 35 000 euros environ, la moitié du prix actuel du modèle de base).

 

Cependant ces batteries atteignent leur limite et les experts estiment à seulement 30% le gain possible au niveau du rapport énergie stockée/poids.

 

Les chercheurs -et en particulier les chimistes- travaillent donc d'arrache-pied pour développer de nouveaux systèmes.

 

En 2012, le Centre américain pour la recherche conjointe de stockage d'énergie (JCESR), basé au Laboratoire national d'Argonne, près de Chicago, Illinois, a reçu une dotation de 120 millions d'euros du gouvernement fédéral américain. Son directeur, George W. Crabtree, fixe alors un challenge redoutable : produire à 5 ans des batteries rechargeables 5 fois plus performantes  et coûtant 5 fois moins cher !

 

Pour faire court disons que ce pari parait aujourd'hui difficile à gagner !

 

Cependant des solutions existent et plusieurs laboratoires de recherche ont obtenu des résultats remarquables... qu'il faut maintenant confirmer au stade de la production industrielle, ce qui semble difficilement réalisable en moins de 4 ans !

 

Le travail le plus prometteur concerne les batteries Li-S (soufre) qui effectivement sont suceptibles de multiplier par 5 le rapport énergie stockée/poids, puisque l'électrode n'est plus du graphite (batterie Li-ion), mais un ruban de lithium beaucoup plus léger.

Voir les travaux de Elton J. Cairns à Berkeley

 

Malheureusement les composés lithium/soufre formés, solubles dans les électrolytes organiques utilisés, ont tendance à dégrader les électrodes. Les chimistes travaillent donc sur la conception de nouveaux électrolytes.

Aujourd'hui les meilleurs prototypes de cellules de ce type sont au niveau des batteries actuelles Li-ion.

 

L'avantage du lithium est son très faible poids ; certaines équipes ont choisi de s'orienter vers un métal plus lourd, le magnésium qui a l'avantage de produire des ions doublement chargés, donc théoriquement de doubler le rendement à volume égal (le lithium ne peut transporter qu'une charge). Des chercheurs du MIT s'orientent vers cette voie, le groupe Pellion Technologies également

 

Plusieurs autres possibilités sont évoquées dans cette mise au point du journal Nature en ligne.

F. Hollande rend hommage aux cerveaux français... expatriés !

Silicon Valley
Silicon Valley

Ils sont en train d’inventer la santé, la finance, les loisirs, l’homme ou le monde de demain… et ils sont français. Parmi les centaines de milliers d’ingénieurs, développeurs et entrepreneurs de la Silicon Valley qui, plus que jamais, imaginent, codent et conçoivent notre futur, au moins 10 000 viennent de France. De Twitter jusqu’au Google X, le labo secret de Mountain View, en passant par les plus petites start-up, les Français sont partout." Libération (payant)

 

En fait, nos meilleurs cerveaux irriguent les plus grands laboratoires américains, de Boston à San Diego, dans tous les domaines de la recherche de pointe. Car si en masse notre système éducatif est médiocre, il produit sans aucun doute une élite scientifique de haut niveau, que les nord-américains s'arrachent.

 

La visite de Hollande à la Silicon Valley, c'est l'hommage du vice à la vertu (je ne parle que de science ici).

Tant que nos entreprises seront incapables d'investir dans une recherche digne de ce nom, tant que nos laboratoires institutionnels gaspilleront une partie de leur énergie à courir après les subsides, tant que nos jeunes chercheurs -les plus brillants- seront recrutés à moins de deux mille euros par mois, à bac plus 12 (entre 4 à 5 fois moins que ce qu'on leur proposera outre-atlantique !), la fuite de nos cerveaux - qui ne fait que s'accélérer depuis 30 ans- continuera.

Incroyable gâchis...

 

2014 année Jaurès

S'il est un homme que le "peuple de gauche" peut célébrer sans retenue, c'est bien le tribun castrais Jean Jaurès.

 

Le 31 juillet prochain nous célébrerons le centenaire de son assassinat par un étudiant nationaliste,Raoul Villain, qui sera acquitté après la guerre (*). Il payait ainsi son opposition farouche au conflit qui s'annonçait et dont -pour lui- le prolétariat serait forcément la victime.

On sait ce qu'il advint : des millions de morts, l'avènement des fascismes, de Mussolini, de Hitler, de Pétain et un nouveal embrasement.

 

Intellectuel brillant (major à l'entrée de l'Ecole Normale Supérieure devant Henri Bergson, maître de conférences à la Faculté des Lettres de Toulouse), Jaurès est surtout un des fondateurs - et le plus brillant animateur - du premier parti socialiste français unifié, la SFIO, qui rassembla réformistes et révolutionnaires (guesdistes).

 

Jean Jaurès était avant tout un homme épris de justice.

 C'est ce qui motivera son combat pour Dreyfus, qu'il ne défendra (bien aprèsZola) que quand il aura tous les éléments prouvant l'implication du lieutenant-colonel  Henry.

C'est surtout ce qui expliquera son évolution politique après les grandes grèves de Carmaux qui feront de ce républicain farouche un socialiste convaincu.

 

 

S'il n'en restait qu'un pour nous consoler de la médiocrité, de la veulerie, de l'hollandisme ambiant, ce serait bien lui, Jaurès.

 

(*) : « Travailleurs, Jaurès a vécu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n’est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui défendent votre cause. Travailleurs, veillez ! » Anatole France

 

 

La peste noire a laissé son empreinte sur le génome humain

La peste noire n'a pas seulement anéantie des millions d'Européens au cours du 14ème siècle, elle a laissé son empreinte sur le génome humain. Les modifications de certains gènes à cette occasion, peuvent expliquer les comportements différents des Européens vis à vis de certaines pathologies  notamment auto-immunes.

 

Un article publié dans PNAS renforce cette hypothèse. En utilisant l'histoire démographique de l'Europe, les auteurs ont pu comparer deux populations d'ascendance génétique différente, Européens et Roms (tsiganes) venus du continent indien, qui ont vécu dans la même zone géographique et ont été exposés aux mêmes risques environnementaux, y compris infectieux. 

 

 

 

Constitution tunisienne : défaite des barbus, victoire des femmes ?

La constitution tunisienne qui vient d'être promulguée, marque sans aucun doute la défaite de la mouvance islamiste qui avait pris le pouvoir à l'issue de la chute du dictateur Ben Ali et prétendait à terme imposer la charia.

 

Cette loi fondamentale, sans équivalent dans le monde arabo-musulman, inscrit au contraire dans le marbre des dispositions en opposition frontale avec la bible des barbus :

 

sur la liberté de conscience.

L'article 6 garantit : " la liberté de croyance [et] de conscience » (avec cependant un petit bémol, dans la mesure où le même article stipule que l'Etat doit « protéger les sacrés »).

 

sur les droits des femmes.

L'article 46 renforce les acquis (déjà très significatifs) de la première constitution, puisqu'il indique que :

 « L’Etat garantit l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour assumer les différentes responsabilités et dans tous les domaines. L'Etat œuvre à réaliser la parité entre la femme et l'homme dans les conseils élus. L’Etat prend les mesures nécessaires afin d’éradiquer la violence contre la femme ".

 

 L'article 34 précise que l'Etat doit garantir la représentativité des femmes dans les assemblées élues. L'objectif de parité est clairement affiché.

 

Nous sommes ici très loin des premières moutures du texte qui présentait la femme comme "complémentaire" de l'homme !

 

Trois raisons justifient ce repli (stratégique ?) de la mouvance islamiste.

 

Deux échecs cinglants :

- sur le plan sécuritaire, avec l'émergence d'une mouvance djihadiste (tolérée dans un premier temps) prenant le contrôle de mosquées, installant des maquis et surtout assassinant deux des leaders de la gauche progressiste (Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi) dont les meurtriers courent toujours.

 

sur le plan économique, avec une forte dégradation, liée à un net repli des investissements étrangers et une forte baisse du nombre de nuitées touristiques (moins 15% - moins 53% pour les Français- entre 2010 et 2013).

 

Une très forte résistance des forces progressistes, du syndicat UGTT, de la jeunesse et en particulier des femmes, dont j'ai signalé ici à plusieurs reprises le courage (1).

 

Certes, certains points (dont le fameux article 6) vont se prêter à des exégèses et il faudra voir dans quelle mesure la liberté de conscience et la protection du sacré sont compatibles (2), néanmoins on peut dire aujourd'hui que la " Révolution de jasmin " n'a pas été trahie.

 

____________

 

(1)  - voir le travail de l'ONG Al Bawsala fondée par Amira Yayaoui (@Mira404),

     - de Karima Souid (@KarimaSouid), députée de l'ANC, de Lina Ben Mehnni, militante des droits de l'homme... et de beaucoup d'autres.

 

(2) - voir la situation de Jabeur Mejri, condamné à 7 ans de prison pour avoir caricaturé le prophète, pour lequel le président de la république (Moncef Marzouki) a déclaré : " les attaques contre les symboles sacrés de l'islam » ne peuvent être considérées comme relevant de la liberté d'expression "

 

La dé-faite de la science

Il y a quelques semaines j'écoutais, à la fin d'une nuit de France Culture, la chronique d'André Brahic, grand astrophysicien français qui découvrit les anneaux de Neptune, ainsi que trois de ses arcs (qui portent les noms de notre devise : Liberté, Egalité, Fraternité)

 

A cette heure là, sur cette chaîne là, des hommes de cette qualité peuvent asséner quelques vérités dérangeantes !

 

Brahic déplorait l'absence de la science dans la sphère publique (je ne sais si j'ai fait état d'un article du Monde qui remarquait que dans le gouvernement actuel, jamais il n'y avait eu aussi peu de scientifiques).

Provocateur, il proposait tout simplement que, pour pouvoir postuler à la tête de l'état, il devrait être nécessaire, non pas de présenter 500 signatures d'élus... mais d'être titulaire d'un doctorat !

 

Boutade bien entendu, mais qui traduit l'irritation de tous les scientifiques devant la faible pénétration de leurs travaux dans la société et singulièrement dans le microcosme des élites dirigeantes, politiques et faiseurs d'opinions.

 

La veille au soir, je regardais par hasard le grand journal de Canal. Un journaliste, à fort accent du midi, cuisinait Anne Hidalgo, prétendante à la mairie de Paris. Parmi les questions pièges, il fut demandé, non pas le nom du nouveau président du Pôle Sorbonne Paris Cité (120 000 étudiants, 14 000 salariés), élu une semaine auparavent, mais celui du... gardien de but du PSG.

 

Boutade encore, mais qui traduit aussi une exaspération devant cette formidable inversion des valeurs qui conduit cette société à valoriser médiatiquement (et financièrement) des pousseurs de ballons, des brailleurs, des pétasses à gros seins...,  plutôt que ceux qui sont l'avenir de ce pays.

 

D'ailleurs, y-a-il une seule émission scientifique aujourd'hui à la télévision, à une heure décente ?

Il me semble que la dernière, présentée par des jumeaux adeptes de la chirurgie esthétique -mais au savoir très incertain- a disparu de nos écrans

 

Brahic soulignait qu'il ne peut y avoir de démocratie sans un minimum de connaissances des sciences (et technologies).

 

 

Combien de nos concitoyens se prononcent aujourd'hui sur le nucléaire, sur les OGM, sur les énergies renouvelables, sur le gaz de schistes, sur la vaccination... en ayant le minimum de connaissances permettant d'étayer leurs convictions ?

 

Brahic racontait ausssi, que se rendant dans un centre de radiothérapie visiter un ami cancéreux, il fût étonné de ne voir aucune mention du mot nucléaire. Le médecin de service lui expliqua que les affiches qui faisaient "peur aux patients" venaient d'être retirées !

 

Au XXIème siècle, la science, comme au temps de Copernic, de Galilée, de Darwin... n'est donc toujours pas "démocratique".

 

 

Certes on ne brûle plus les savants, on se contente de les ignorer ou de s'en méfier.

 

 

 

Camus : 100

Il y a un peu plus de 3 ans nous commémorions le cinquantenaire de sa disparition ; aujourd'hui, 7 novembre 2013, Albert Camus aurait eu 100 ans.

 

Et l'on voit refleurir les mêmes caricatures, les mêmes papiers d'hagiographes qui béatifient l'Oranais pour mieux démolir Sartre. Façon Onfray.

 

Peu m'en chaut ! Si j'ai toujours aimé lire Camus, j'ai aussi toujours pensé que sur la décolonisation et surtout à propos de l'Algérie, il s'était fourvoyé. La faute à une Mère, analphabète et quasi sourde-muette, qu'il vénérait ?

 

 Mais Camus a écrit le singulier :

 

« Aujourd’hui maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. J’ai reçu un télégramme de l’asile : "Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués." Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier. »

 

Ou encore ceci :

 

 « Le soleil qui naît, une humidité qui s’attarde, des montagnes au loin qui surgissent lentement des brumes, toute une transparente poésie enfin se balance dans l’air sonore et cristallin. De ces moments sourd une espèce d’éternité faite à notre mesure. Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret. »

 

Et ceci :

 

« Je me souviens du moins d’une grande fille magnifique qui avait dansé tout l’après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu’aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait près d’elle une odeur mêlée de fleurs et de chair. Le soir venu, je ne voyais plus son corps collé contre son danseur, mais sur le ciel tournaient les taches alternées du jasmin blanc et des cheveux noirs, et quand elle rejetait en arrière sa gorge gonflée, j’entendais son rire et voyais le profil de son danseur se pencher soudain. L’idée que je me fais de l’innocence, c’est à des soirs semblables que je la dois. Et ces êtres chargés de violence, j’apprends à ne plus les séparer du ciel où leurs désirs tournoient. »

 

Mais aussi ceci :

 

 « Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique. On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes, que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase: la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques…

 Devant les perspectives terrifiantes qui s'ouvrent à l'humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d'être mené.»

 Albert Camus, éditorial de « Combat », 8 août 1945.

 

A ce moment-là, il fut quasiment le seul à dénoncer l’emploi de la bombe.

 

Minuscules fragments d'une vie et d'une œuvre qui à jamais vous attachent à l'artiste, au savant, à l'architecte ou au philosophe... le propre du génie !

 

L'homme désenchanté

Diderot après Copernic avant Darwin participe à notre désenchantement en défendant un athéisme de raison et un matérialisme de combat en s'appuyant sur la chimie du XVIIIe siècle qui prépare son grand bond en avant.

 

Diderot sait l'unité de la matière... matière inerte matière vivante... les briques élémentaires sont les mêmes... Un siècle plus tard un savant allemand en apportera la preuve.

 

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Si ce monde n'est pas né d'un coup de baguette magique

Si nous ne sommes issus ni de la cuisse de Jupiter ni de la côte d'Adam

Si le vivant s'est auto-organisé

Si la mort décompose pour que la vie recompose

Si Dieu est mort...

Comment peux-tu garder toi l'incréé du coeur au ventre et des raisons de vivre ?

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Quand Babeuf et Marx accouchent de Staline et Pol Pot

Quand les murs les barbelés et les tanks furent les garants de la foi communiste

Quand Hollande succède à Jaurès et Blum pour prendre les accents de Barrès

Quand les vieux démons xénophobes pourrissent de l'Intérieur

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 Toi qui sais bien que la religion de l'Homme est encore une religion

 

Que peux-tu encore espérer misérable homoncule ?

Alors

 

N'écoute plus le chant des sirènes et les hurlements des hyènes !

 

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Je te parlerai des 850 colonnes de Cordoue du Sphinx thérianthrope de Giseh du Dôme de Saint-Isaac à Petersbourg de l'Arno à Florence de la zambra du Sacromonte à Grenade des poissons grillés sur le port d'Hesinki de nuits sur le Danube des aubes roses de Tafraout sur le chemin des amandiers des orangeraies de Menzel Bouzelfa des vieux moulins de Mykonos des couchers de soleil sur la mosquée de Korbous de ce joueur de flûte qui dansait sur les crêtes de l'Atlas...

De haltes paisibles sur les seins opulents de belles étrangères.

 

Souviens-toi de Démocrite de Pythagore d'Aristote de Lucrèce d'Ibn Sīnā d'Averroés de Montesquieu de Newton de Léonard de Manet de Molière de Hugo de Flaubert de Dickens de Joyce de Pasteur de Lise Meitner de Marie Curie de Mme du Châtelet des Reines d'Egypte...

 

De mosquées en cathédrales

De musées en monuments

De philosophes grecs en savants arabes

De poètes maudits en peintres scandaleux

De Thalès de Millet à Einstein

De Rabelais à Beckett...

Retrouve le génie des hommes

 

Eblouis-toi du spectacle qu'offre la Nature

Ecoute le jaillissement des cascades les clapotis de la calanque le grondements du torrent qui éclate sur le rocher le long gazouillement du Cincle Plongeur et l'ébranlement d'une harde d'isards aux premières lueurs de l'aube.

 

____________________________________________________________________________________________

 

Entend les clameurs de la jeunesse qui de Barcelone à Tunis d'Istambul à Paris de Téhéran à Tombouctou se lève et chante comme Eluard la liberté

 

Oublie les vieux cons dont le coeur retrécit et le cerveau s'étiole qui n'ont plus à t'offrir que des récits sanglants des valeurs financières des régions dévastées des promesses trahies des lendemains qui déchantent et des aubes cruelles.

 

Alors seras-tu peut-être réenchanté

 

 " Je tombai endormi. Et je vois dans mon sommeil un homoncule muni d'un rasoir, vêtu d'une robe rouge et d'un habit royal, se tenant en dehors des châtiments. Il me dit : 'Que faites-vous, Monsieur ?'. Je lui répondis : 'Je me trouve ici parce que, m'étant écarté de tout chemin, je suis en train d'errer'. "

Zosime de Panopolis

Lumières et ombres d'été

 

Du Danube à la V(o)lt(a)va : Le monde en paix

 

Lumière d'un jour d'été sur le Danube : derrière nous, l'île Saint-André, le pont Marguerite... soleil au zénith sur le château de Buda. Les dernières grues déploient leurs ailes autour des tours du Parlement de Pest.

 

Lumière irradiante sur la place des Héros... comment ne pas fondre devant la mariée magyare qui jette son bouquet vers l'astre incandescent...

 

Revenir vers l'ombre douce des vieilles rues de Pest, puis les ruelles qui dominent les Bains de Buda... Du château, regard en plongée vers le Danube qui s'écoule avec retenue.

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Suivre les vignes et descendre du château qui domine la Vltava. 10h, à Prague ce jour là, ombres et lumières sur le fleuve au gré des nuages qui se dispersent.

 

A 14h, sur le pont Charles, les touristes japonaises ouvrent leurs ombrelles.

 

A Český Krumlov, la Moldau/Vltava ne veut plus couler vers Prague ; elle enserre en ses boucles le vieux village et le château des Babenberg. Sur la passerelle, près de Jean Népomucène, des touristes japonaises très pâles contemplent le ballet des canoës sur la rivière. A l'ombre de rochers des baigneuses exhibent des formes généreuses, les jeunes sont dans l'eau, des gerbes d'écume étincellent. Je m'éponge...

 

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 A Vienne à la même heure, dans les jardins de la Hofburg, l'ombre d'Elisabeth n'est qu'esquissée. D'autres touristes japonaises, plus délurées, s'ébattent sur les pelouses.

 

A deux pas de là s'écrivit l'histoire de l'Europe. Talleyrand a boitillé dans ce parc avant d'aller signer, dans l'ombre épaisse des vieux murs du Palais, le traité de Vienne qui consacrait la fin de l'Europe napoléonienne... qu'il avait contribué à bâtir.

 

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N’était-il pas aussi à Presbourg ce Diable boiteux, après les victoires d'Ulm et Austerlitz pour parapher le traité qui établissait la main mise de Napoléon sur cette même Europe ?

 

Au pied du Château de Bratislava (Presbourg) le Danube est comme immobile.

 

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Ombre d'un matin d'été dans la Wachau.

 

A 9h, un vol de hérons cendrés suit les berges d'un Danube plus vigoureux. Le village de Dürnstein est encore assoupi, les touristes aussi.

 

Nous grimpons vers les ruines du château où Richard Cœur de Lion fut détenu par les Babenberg au retour de la troisième croisade.

 

De quelques proéminences rocheuses, nous admirons, sur l'autre rive du Danube, le vignoble de la Wachau, magnifiquement mis en lumière par le soleil d'août commençant.

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Il était évident de conclure ce périple sur les traces de la Maison d'Autriche à l'abbaye de Melk, où Marie-Thérèse  est... impériale. Ici la lumière est d'or.

 

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Pour tant de splendeurs, combien de souffrances humaines ? Sur les chantiers des Palais, des cathédrales, des ponts... combien de cadavres ? En contemplant l'étourdissante beauté des vestiges de l'Empire austro-hongrois, en admirant les talents de leurs architectes et de leurs artisans, je n'oublie pas le prix du sang... comme en visitant l'an passé le Palais de Catherine, le Peterhof, l'(H)ermitage à Saint-Pétersbourg... ou il y a quelques années les Pyramides.

 

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 De Damas au Caire en passant par Tunis et Bagdad : le monde en sang.

 

 De ce sang séché nous reste au moins des magnificences.

 

Que nous restera-t-il de celui qui coule au milieu des ruines du Proche-Orient ? Uniquement un nouveau témoignage de la barbarie humaine, à l'oeuvre dans les camps de concentration, de déportation, d'extermination... et dans toutes les boucheries que l'Europe a produites tout au long du XXème siècle.

Ces jours ci, le président allemand était à Oradour...

 

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Assad gaze ses sujets de 0 à 90 ans, la botte égyptienne massacre ses opposants... mais en face les bouchers islamistes font régner la terreur dans les territoires qu'ils contrôlent et l'on sait bien qu'au pouvoir leur main de fer étranglerait toute velléité d'émancipation, réduirait les femmes au rôle de reproductrice, abolirait le temps passé depuis la mort du "prophète"... renverrait des millions d'êtres... au Néant !

 

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D'un côté la peste et le choléra, de l'autre le choléra et la peste... notre cher président aurait-il donc les antidotes, lui qui veut punir un camp plutôt que l'autre ?

 

L'exemple de la Libye aurait dû nous vacciner... les armes de Sarkozy sont aujourd'hui dans les montagnes et déserts tunisiens, algériens, maliens... et dans certaines banlieues ou quartiers de nos métropoles... braquées sur nous et nos amis !

Et serions nous si vertueux, si exemplaires que nous puissions nous arroger le droit de "punir" ?

 

 Hollande, général en retraite sur le champ de bataille de l'économie, fait donner la fanfare sur le terrain diplomatique... au risque d'être rapidement traité... de fanfaron !

 

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Donc revenir aux Lumières, à mon cher Diderot. Je parlerai bientôt de l'homme et des sciences, de l'homme et de la chimie, car lui, le philosophe, il avait bien compris que la vie est avant tout chimie !

Pour déchaîner ou maîtriser nos passions ne suffit-il pas de réguler dans notre cerveau la concentration de quelques molécules !

 

(photos : MHB)

Le présentisme : no past, no future

  Etre insomniaque ne présente pas que des désavantages.

 

La nuit, je me cultive, je rattrape en (petite) partie les carences qu'une vie professionnelle trop envahissante ont multipliées.

 

Pour compenser le manque de soleil, on conseille la vitamine D ; pour combler mes lacunes, la nuit, j'écoute France Culture.

 

Au petit matin, entre rêve et réalité, je fais le compte de mes emplettes : ici un débat avec Sartre, là une conférence de Levy-Stauss. Au milieu d'un rêve, c'est Godard et Truffaut qui prennent la parole... et bien souvent je m'éveille au son de voix qui m'étaient chères et se sont tues.

 

Aujourd'hui, au petit matin (à moins que ce ne soit autour de minuit ?... mes nuits n'ont pas d'heure !), c'est sur une antienne bien dans le temps que j'ouvris mes deux oreilles : l'obsession du présent, le présentisme.

 

Moi, qui reste un passionné d'histoire et qui par ma profession ne cesse d'être à l'écoute de tous les signaux qui esquissent notre futur, l'obsession du présent, du vivre au présent, du penser au présent... m'agace.

 

No past, no future ? Quelle bêtise !

 

C'était donc François Hartog qui parlait (voir le podcast ci-dessous).

 

Dans Vacarme (n° 53) l'entretien avec l'historien sur le thème Présentisme et émancipation, est introduit ainsi :

 

" Si l’histoire a un sens politique c’est de nous aider à comprendre notre présent pour réorienter l’avenir. Rien de plus difficile pourtant pour un historien que de saisir la vérité de son temps. Il ne peut formuler que des hypothèses et des constructions. Mais la difficulté s’accroît encore aujourd’hui où tout semble voué à un pur présent, plein pour quelques-uns, vide pour la plupart, dévorant dans les deux cas tout passé et tout avenir. Ce que François Hartog appelle le présentisme. Comment faire l’histoire d’un temps qui ne veut plus d’histoire ? Quel sens encore lui trouver ? D’abord en prenant un peu de temps pour essayer de comprendre."

 

Dans cet entretien, François Hartog distingue trois grands régimes d’historicité, c’est-à-dire trois grandes formes de rapport au temps :

 

" ... le premier, ancien, qui accorde presque tout au passé ; le second, moderne, celui des xviiie-xixe siècles, et d’une grande partie du xxe siècle qui se tourne de plus en plus vers le futur et s’exprime essentiellement par l’idée de progrès ; et puis un troisième, celui d’aujourd’hui, où le présent tend à l’emporter sur le passé et le futur. C’est ce que j’appelle le présentisme. Mais évidemment ce sont trois formes idéales, trois constructions : en réalité, on trouve tous les dosages possibles."

 

Pour Hartog, la toute première expérience de l’historicité se retrouve dans l'Odyssée, lors du banquet chez les Phéaciens [Odyssée, chant 7].

 

" Ulysse demande à l’aède de chanter la prise de Troie, son plus grand exploit. Or en l’entendant, il se met à pleurer. Pourquoi ? Ulysse pleure parce qu’il n’a pas les mots pour relier celui qu’il était à celui qu’il est présentement. Il fait la douloureuse et soudaine expérience d’une non-coïncidence de soi à soi dans le chant de l’aède. Et le passé comme catégorie lui fait défaut pour relier les deux, pour saisir son identité. C’est pour moi une sorte de scène primitive de l’historicité qui va au-delà (ou en deçà, peu importe) de la question de la temporalité : Ulysse ne peut se penser lui-même (au sens d’ipse et non d’idem pour reprendre les catégories de Ricœur) qu’après ce récit de l’autre, et c’est après seulement qu’il va pouvoir se présenter, se raconter, et d’abord se nommer. Dans cette expérience, l’histoire prime le temps."

 

L’époque postmoderne  met en avant une sorte de présent qui se veut auto-suffisant :

 

"  C’est-à-dire quelque chose d’un peu monstrueux qui se donnerait à la fois comme le seul horizon possible et comme ce qui n’a de cesse de s’évanouir dans l’immédiateté. "

 

Mais ce présent n'est pas le même pour tout le monde : valorisant pour la caste dominante, aliénant pour les autres :

 

" Ce présent se révèle du même coup beaucoup plus différencié selon qu’on se situe à un bout ou à l’autre de la société. Avec d’un côté un temps des flux et une mobilité très valorisée et de l’autre, du côté du précariat, un présent en pleine décélération, sans passé sinon sur un mode compliqué (surtout pour les immigrés), et sans vraiment de futur. "

 

Je vous laisse découvrir la suite de cet entretien ICI.

 

 Les propos de Hartog cette nuit étaient surtout centrés sur le thème "Mémoire contre histoire".

 

Vieux devoir de philo des classes terminales mais qui amène au constat que quand chacun prétend en écrivant ses mémoires retracer l'histoire, l'Histoire est menacée :

 

" Le présent impotent a rendu tous les autres temps opaques : le passé s’est réduit aux simples traces de la mémoire, et le futur ne va plus au-delà du lendemain matin, sinon sur le seul mode de la menace.

 

Dans ces conditions il est à craindre que :

 

"L'histoire ne soit plus qu’une série d’événements qu’on refuse de comprendre, qu’on réduit à de l’imprévu : l’essentiel étant seulement d’y réagir le plus vite possible."

 

Oublié Marx et son fameux "qui ne connait l'histoire est condamné à la revivre "

 

 Pierre Nora qui a pourtant  dirigé Les Lieux de Mémoire, trois tomes pour établir un inventaire des lieux et des objets dans lesquels s'est incarnée la mémoire nationale des Français.),   craint lui-même que ces lieux de mémoire deviennent des lieux de déboires, détricotage du tissu national comme de la science historique.

 

Les "mémoires" ne viennent-elles pas imposer des dogmes en interdisant tout débat ?

 

Nora écrit aujourd'hui : La Mémoire divise, l'Histoire réunit : (poscast ci-dessous)

 

" La distance entre l'Histoire et la Mémoire se creuse avec la nouvelle Histoire qui apparaît dans les années soixante, sous le coup de la décolonisation et de la croissance économique. La décolonisation ouvre la confrontation entre la raison occidentale et les autres mentalités. On fait l'histoire des différences et non des points communs. L'histoire des mentalités devient une reconstitution de mémoires mortes.

Aujourd'hui, on a coutume de dire que l'Histoire s'accélère et le poids de la Mémoire est généralisé. Alors qu'autrefois le futur apparaissait clairement, l'Histoire donnait des pistes pour l'aborder. Devant un futur incertain on ne sait plus ce qu'il faut retenir, d'où un fétichisme de la trace. Tout devient historique, tout relève de la mémoire.

Dans ce contexte, que devient l'histoire nationale ? Elle se résume aux lieux de mémoire.

Pour répondre enfin à la question " Pourquoi faire de l'Histoire aujourd'hui ?" Pour échapper à la tyrannie des groupes, opposer l'histoire collective aux mémoires particulières.
Aujourd'hui, l'historien n'est plus le seul à gérer le passé, il y aussi les médias, les juges, les législateurs, les témoins...
Il faut se méfier de la sacralisation de la Mémoire. Elle peut se retourner et devenir un motif d'exclusion. Elle est un appel à la justice, mais aussi un appel au privilège, à la réparation et même, dans les cas extrêmes, elle peut devenir un appel au meurtre.
En reprenant Nietzsche, il y a un degré de rumination de sens mémoriel au delà duquel un homme, un peuple, une civilisation est détruit.
La Mémoire divise, l'Histoire réunit."

 

Quand on a plus beaucoup de temps, s'impose forcément une réflexion sur le temps. Pour les scientifiques,  d'Aristote(La physique) à Einstein (La relativité), en passant par Newton (le temps est mathématiques), le temps est mouvement.

 

C'est sans doute pour cela que j'ai en aversion tous les adeptes du temps figé, du temps confisqué !

 

Podcast 1 : Hors-champs, François Hartog

 

Podcast 2 : Mémoire et Histoire, Pierre Nora

 

 

 

 

Egypte, Tunisie, Turquie : l'archaïsme ne passera pas !

 

 

« Et quand on leur dit : ‹Ne semez pas la corruption sur la terre›, ils disent : ‹Au contraire nous ne sommes que des réformateurs !› Certes, ce sont eux les véritables corrupteurs, mais ils ne s’en rendent pas compte. » (Coran, sourate 2, Al-Baqarah, versets 11 et 12)

 

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Les fondamentalistes qui, dans la foulée de " printemps arabes " auxquels ils n'avaient pas participé, avaient pris le pouvoir, se heurtent en Egypte et en Tunisie à des résistances bien plus vives que prévues.

 

Les Frères musulmans égyptiens, soutenus, financés, armés, par la Qatar et l'Arabie saoudite, ont ruiné en quelques mois le capital de sympathie acquis durant l'ère Moubarak.

 

En Tunisie, où des imans du Golfe ont pris le contrôle des mosquées, le rejet était certes attendu, mais pas le si rapide retour en grâce des anciens bourguibistes voire même benalistes.

 

En Turquie, où les dirigeants islamistes commencent à saccager l'héritage du kémalisme, la jeunesse se révolte.

 

Du pouvoir islamiste, les masses, et certaines forces vives, attendaient avant tout la justice sociale. Ils se retrouvent face à des régimes conservateurs, économiquement libéraux, dont les dirigeants incompétents ruinent les pays respectifs.

 

Pour une vie meilleure, ces populations étaient prêtes à un repli vers des valeurs "traditionnelles". De côté là, elles n'ont pas été déçues !

 

Les différents courants islamistes qui sont actuellement au pouvoir, du Caire à Tunis, d'Ankara à Téhéran, ou les fondamentalistes jihadistes de Kaboul, Tombouctou et d'ailleurs, partagent exactement la même haine pour le savoir et la culture. Ici (au Caire) on coupe les vivre de l'Opéra, des corps de ballets, là (à Tunis) on menace les créateurs, on saccage les expositions, ailleurs on détruit des statues, des monuments, des bibliothèques. Partout les hommes et femmes de savoir sont tenus en suspicion.

 

Des barbares à l'anathème facile, profanent sans vergogne ce qu'il y a de plus beau dans l'héritage des savants, sculpteurs, philosophes, architectes, scientifiques... qui avaient porté au zénith la culture arabo-musulmane.

 

Ils contraignent par la menace, la terreur parfois, les meilleurs de leurs enfants au silence ou à l'exil. Ils veulent renvoyer les femmes dans les ténèbres du foyer. Ils conduisent les pays ou les régions dont ils se sont emparés à la misère et à une régression sur tous les plans.

 

Aussi il faut admirer et soutenir partout, ceux qui défient ces pouvoirs rétrogrades au cri de l'archaïsme ne passera pas !

 

Remuez vos méninges !

Ce qui m'amène au plus près de la sensation d'infini, ce n'est pas l'éclat d'une gerbe d'étoiles filantes, sillonnant la voûte céleste durant les Perséides, mais bien notre cerveau et ses 100 milliards de neurones, chacun capable d'établir 10 000 connexions, auxquels il faut ajouter les centaines de milliards de cellules gliales susceptibles de se connecter à la fois entre elles et avec les neurones...

 

Le cerveau c'est un système chimique (sur lequel je me penche sur ce site), électrique bien sûr, mais aussi magnétique et même quantique, d’une extraordinaire complexité.

 

Cependant, les énormes progrès de l'imagerie, qui nous permettent aujourd'hui de voir en direct fonctionner un cerveau, les bonds en avant de la cybernétique, qui rendent possible la réalisation d'un cerveau artificiel rudimentaire, devraient conduire les chercheurs à mieux connaître son fonctionnement et donc de pallier certains de ses dysfonctionnements.

 

Mais aujourd'hui, le meilleur outil de réparation du cerveau... c’est notre cerveau lui même, qui fait preuve d'une étonnante plasticité.

 

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Les découvertes les plus récentes montrent que cette plasticité cérébrale, certes plus intense chez l’enfant, est encore très importante chez l’adulte.

Mieux, le dogme de la fixité neuronale est à oublier, les découvertes sur la neurogenèse adulte se multiplient.

 

Un cerveau, comme n'importe quel organe, fonctionne d'autant mieux qu'il est sollicité.

 

L'importance de l'éveil de la curiosité intellectuelle chez le très jeune enfant a toujours été pour moi une évidence (1). Plus les connexions que j'évoquais plus haut sont établies vite et souvent, plus l'activité cérébrale sera efficace et pérenne.

 

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Le cerveau est au cœur du débat inné-acquis ; je suis persuadé qu'au départ nous possédons tous (ou presque : voir Aristote, Da Vinci, Newton et quelques autres sur ce site...), grosso-modo, le même potentiel intellectuel et que ce sont les processus d'apprentissage entre 1 et 7 ans qui font le gros de la différence. (2)

 

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Cependant les dernières découvertes montrent qu'au-delà de cette limite tout n'est pas perdu, à condition de stimuler ces fameux neurones, non par des activités répétitives, mais en sollicitant tout notre intellect… que nous sous-estimons beaucoup trop.

 

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(1)- Me navrent aujourd'hui, autant la disparition du bonheur et des multiples découvertes que procurait la lecture, que les nouvelles béatitudes devant des machines qui sollicitent plus les pouces que le cerveau.

(2)- L'école de la République étant en quasi faillite, les "élites" deviennent ainsi héréditaires...

 

Au fil des jours : « Tout s’anéantit, tout périt, tout passe : il n’y a que le monde qui reste, il n’y a que le temps qui dure. »

 

Citation de Denis Diderot que je lis ou relis depuis quelques semaines.

 

Quel écrivain (fluidité du style, précision du vocabulaire, articulation des idées, musique des phrases), quel philosophe (au sens originel) et quelle actualité pour cet homme... intemporel :

 

« Vaut-il mieux avoir éclairé le genre humain, qui durera toujours, que d’avoir ou sauvé ou bien ordonné une patrie qui doit finir ? Faut-il être l’homme de tous les temps, ou l’homme de son siècle ?».

 

Dans " (Pensées) sur l'Interprétation de la Nature ", que tout bachelier devrait connaître, il résume en peu de mots nos faiblesses :

 

(22.) " L'entendement a ses préjugés; le sens, son incertitude; la mémoire, ses limites; L'imagination, ses lueurs; les instruments, leur imperfection. Les phénomènes sont infinis; les causes, cachées; les formes, peut-être transitoires. Nous n'avons contre tant d'obstacles que nous trouvons en nous, et que la nature nous oppose au-dehors, qu'une expérience lente, qu'une réflexion bornée.

 

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La "philosophie expérimentale", si chère à l'homme des Lumières, a permis aux hommes de scienceS d'accomplir des prodiges, mais au fond, la nature humaine en a-t-elle été significativement modifiée, nos comportements transformés ?

 

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Le savant aujourd'hui - par le politique, par les media, par les masses - est sommé d'être utile ; n'entend-t- on pas sans cesse cette antienne : " Nous voulons des chercheurs qui trouvent "

 

Toujours dans le même texte, Denis écrivait :

 

(19.) " Il n'y a qu'un seul moyen de rendre la philosophie vraiment recommandable aux yeux du vulgaire(*): c'est de la lui montrer accompagnée de l'utilité. Le vulgaire demande toujours: à quoi cela sert-il ? et il ne faut jamais se trouver dans le cas de lui répondre: à rien: il ne sait pas que ce qui éclaire le philosophe et ce qui sert au vulgaire sont deux choses fort différentes, puisque l'entendement du philosophe est souvent éclairé par ce qui nuit, et obscurci par ce qui sert. "

 

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Le "vulgaire", aujourd'hui, n'est pas seulement celui qui ne sait pas, mais aussi celui qui feint de ne pas savoir, pour abuser le peuple et le manipuler. Le vulgaire c'est aussi le politique, les media.

 

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Le vulgaire c'est le politique (pas la politique); aujourd'hui c'est un homme normal qui très normalement a trompé son peuple pour un pouvoir dérisoire dans un théâtre d'ombres; c'était hier un petit homme fort peu normal, qui avait abusé le même peuple pour devenir la grenouille de la Fable.

Son bœuf était le Veau d'or ; il s'enfla... mais hélas jamais n'éclata...

 

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L'homme de pouvoir n'a qu'une obsession : éteindre les Lumières.

 

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Le vulgaire, c'est le religieux, homme de trop de foi (en lui), pétri de (ses) certitudes, égarant des brebis (hagardes), lançant comme Panurge son troupeau dans le gouffre des paradis... artifi(ciels)...

 

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Religions monothéistes, qui soufflent sur toutes les Lumières : malédiction de l'Homme moderne.

 

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Le vulgaire, c'est bien sûr l'argent, son vecteur, le nouveau "libéralisme" censé guider le monde (avec la complicité du politique et du religieux), qui plonge dans les ténèbres notre rapport aux autres et à la nature.

 

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(*) Qui se voit communément parmi les hommes." À tous événements le sage est préparé : Guéri par la raison des faiblesses vulgaires, Il se met au-dessus de ces sortes d'affaires." [Molière]

 

Delacroix, " La Liberté guidant le Peuple "

Tunisie : le combat décisif des progressistes musulmans

 

" Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés..."  

Louis Aragon

 

L'islam est-il compatible avec la démocratie ? C'est plus que jamais la question clé posée aux musulmans du monde entier, qui vont devoir très vite apporter une réponse et la valider dans les faits. Sinon, j'ai bien peur que ces populations ne restent pour très longtemps à la merci d'oligarchies corrompues - qui vantent d'autant plus le paradis d'Allah, qu'ils confisquent les biens très matériels des terres qu'ils occupent - et que plus que jamais en Europe ils n'alimentent les sentiments xénophobes, qui débordent maintenant largement les cercles ultranationalistes.

 

Pour les fondamentalistes wahhabites, salafistes et autres propagandistes islamistes -jihadistes ou non- la réponse est bien connue : c'est NON.

 

Pour ces fanatiques, la chasse aux mécréants passe par l'éradication des idées démocrates et la liquidation des laïques. Le premier ennemi de ces fous de Dieu, ce n'est pas l'impérialisme américain ou français dont ils se gargarisent (lire les blogs de Mediapart par exemple) mais tout ce qui s'apparente au progressisme.

 

Chokri Belaïd, un des leaders charismatiques de la gauche tunisienne, était à la fois démocrate (il combattait Ben Ali), laïque et progressiste, c'était donc une cible choix pour ces "défenseurs" de la Révolution, constitués en milice - à l'instar des Gardiens de la Révolution iraniens- qui depuis des mois font régner la terreur dans les villes et campagnes tunisiennes, brûlent les mausolées, comme leurs amis de l'AQMI à Tombouctou, violentent les femmes, perturbent les meetings des partis d'opposition (ou les empêchent).

 

Ces barbus stupides ne sont en fait que les hommes de mains de soi-disant islamistes modérés, que l'échec politique et économique conduit à lâcher la bride sur le cou de fanatiques prêts à tout.

 

En réalité, le parti Ennhada au pouvoir en Tunisie n'a rien de modéré. Des vidéos très explicites ont montré son leader expliquant à ses amis salafistes que, stratégiquement, s'il convenait de ménager pendant quelques temps des alliés de circonstances pour noyauter la société et structurer une avant-garde prête à en découdre le moment venu, le but était commun : installer en Tunisie un état islamique basé sur la charia.

 

Le déferlement de pétrodollars venus du golfe (et surtout du Qatar, en première ligne dans tous les combats wahhabites) arroser le parti islamiste et ses satellites, les prêches sollicités d'imans rétrogrades (allant jusqu'à justifier l'excision), accourus de tous les coins de l'Arabie et de l'Egypte, dès le lendemain de la prise de pouvoir, annonçaient clairement la couleur.

 

L'enjeu, en effet, va bien au-delà de la petite Tunisie. Après la Turquie, où l'islamisme rampant s'attache à extirper des lois et des mentalités ce qui subsiste du kémalisme, l'ancienne Ifriqiya restait la dernière vitrine d'un état musulman moderne, bâti par Bourguiba, mais malheureusement corrompu par un dictateur d'opérette qui a fait le lit des barbus.

 

La Tunisie n'est donc pas la Libye, le Maroc ou l'Algérie. La conscience politique, le nombre, la qualité et la détermination des opposants laïques et progressistes, l'incroyable volonté de toute une jeunesse - et en particulier des jeunes femmes- de résister au formidable retour en arrière que veulent leur imposer ces idéologues moyenâgeux, font que le combat des obscurantistes est loin d'être gagné ! Je veux croire que la jeunesse tunisienne n'aura pas besoin des bombes de l'ancien colonisateur pour renvoyer à leurs prières tous ces dévots dévoyés.

 

C'est à souhaiter pour le monde arabe, le monde musulman, l'Afrique, car si la Tunisie tombe, ce sont des centaines de millions d'hommes et de femmes, déjà en très grande difficulté, qui perdront définitivement pied et se retrouveront en marge du développement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

N'est pas pornographe qui veut !

Occupé depuis une dizaine d'années - pour ce site - à lire ou à relire Flaubert, Balzac, Gogol, Camus, Beckett, Diderot, Aristote, Montesquieu, Voltaire et beaucoup d'autres..., je méconnais presque complètement les auteurs qui font aujourd'hui les délices de nos critiques littéraires ou les succès de la FNAC et de Carrefour.

 

J'y trouve peu d'intérêt ; pas moyen de terminer un Houellebecq, un Angot ou même les petits formats de la dame au chapeau ; seule "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery fut, il y a quelque temps, un vrai plaisir de lecture.

 

Je suis un réactionnaire de la plume !

 

Néanmoins, ne méconnaissant pas l'intérêt sociologique des succès de librairie - dis-moi ce que tu lis, je te dirais qui tu es-, je n'ai pu ignorer l'engouement pour cet ouvrage pornographique dont tout le monde parle.


J'ai donc mis discrètement dans mon caddy, entre les endives et le fromage, l'histoire d'un certain Grey qui propose 50 nuances (innocent comme je le suis, je croyais qu'il s'agissait de nouvelles déclinaisons du thé Earl Grey !) de jeux érotico-sado-masochistes à une jeune diplômée (vierge comme il se doit, depuis Sade).

Au même moment, devant la plus haute pile du rayon librairie de mon hyper habituel, une ménagère de plus de 50 ans, feuilletait sans rougir ce roman, qui lui aurait valu le cachot et l'enfer... il y a seulement quelques dizaines d'années.

 

Disons tout de suite que j'ai lu 4 à 4 (un paragraphe sur 4 toutes les 4 pages) un bouquin dont le principal intérêt est un insoutenable suspense : l'initiée signera-t-elle le grotesque règlement d'une relation amoureuse qui prévoit menottes, fessées, chaînes et utilisation d'objets divers à des fins que la morale bourgeoise réprouve, mais que certaines alcôves ont mis à la mode.

 

Gageons qu'après quelques joyeuses turpitudes, la jeune Américaine rentrera dans le droit chemin...

 

Quand on peut avoir sous les yeux (ou sous la main) les textes d'Anaïs Nin, les Tropiques de Miller, les Infortunes de la Vertu de Sade, quelques vers d'Apollinaire, de Gautier et même de Musset, les ouvrages de Bataille, de Pierre Louÿs... comment faire un triomphe à cette pornographie d'aérogare, vendue comme un roman d'amour (vache) ?

 

Si le sexe trône aujourd'hui dans les supermarchés en tête de gondole, la fesse qui s'affiche est aussi lisse et fade que la peau  des femmes dénudées des abribus de JC Decaux.

 

On sait pourtant, depuis les grands Anciens, que la pornographie ce n'est pas que du cochon... c'est aussi de l'Art !

 

" Louange à Dieu qui créa les verges droites comme des lances, pour guerroyer dans les vagins... Louange à Celui qui nous fit don de mordiller et de sucer les lèvres, de poser cuisse contre cuisse, et de déposer nos bourses au seuil de la porte de la Clémence."


Cheikh O.M. Nefzaoui, Le Jardin parfumé (vers 1420)

 

 

Le vote de l'ONU sur la Palestine témoigne du rejet de la politique de conquête de l'Etat d'Israël

Par 138 voix contre 9 (dont Israël, USA, Canada)  l'AG des Nations-Unis a accordé à la Palestine le statut d'Etat observateur non membre permanent.

 

Ce vote des 2/3 des membres de l'ONU en faveur de la requête de Mahmoud Abbas témoigne de l'isolement de l'Etat hébreu et porte condamnation de la politique de colonisation des faucons au pouvoir à Tel Aviv.

 

Il faut souligner que c'est le comportement insensé du gouvernement israélien, qui réclame cyniquement à la fois la paix et les territoires, ne concédant que quelques bantoustans aux Palestiniens, qui a suscité la montée du Hamas à Gaza...

 

Les kamikazes du Hamas et du Jihad islamique sont d'ailleurs les meilleurs alliés objectifs de la clique de Netanyahu et leur alibi dans la politique de violence menée contre le peuple palestinien.

 

DES FAITS :

 

- dès le 15 novembre 1988, à Alger, le Conseil national palestinien (CNP, parlement en exil), qui proclame l'Etat palestinien indépendant, accepte les résolutions 242 et 338 de l'ONU, reconnaissant ainsi implicitement l'existence d'Israël. En décembre, devant l'ONU à Genève, Yasser Arafat, chef de l'OLP, reconnaît le droit d'Israël à vivre "en paix", et déclare renoncer totalement au terrorisme

 

- le 13 septembre 1993 : Israël et l'OLP signent à Washington un accord de principe ("Oslo I") sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. Le Premier ministre israélien Itzhak Rabin et Yasser Arafat échangent une poignée de main historique.

 

-  le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, âgé de 73 ans, est assassiné par Ygal Amir, un juif israélien étudiant en droit opposé aux accords d'Oslo. Ce crime intervient après qu'il eut prononcé un discours lors d'une manifestation monstre pour la paix sur la place des rois de Tel Aviv.  

 

-  le 24 avril 1996, le CNP (parlement palestinien en exil), réuni pour la première fois en Palestine, élimine de sa charte les articles mettant en cause le droit à l'existence de l'Etat d'Israël.

 

- le 29 mai suivant les Israéliens élisent pour la première fois comme Premier ministre Benyamin Netanyahu, chef de la droite nationaliste, opposé aux accords d'Oslo.

 

Les faucons israéliens auront désormais la main et n'auront de cesse de torpiller le processus de paix.

 

ENCORE DES FAITS :

 

- 24 septembre 1996 : l'ouverture par Israël d'un tunnel sous l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem (70 morts)


-7 mars 1997 : l'annonce unilatérale par Israël d'un retrait de 9 % de la Cisjordanie (les Palestiniens réclament 30%) provoque une nouvelle crise.


- 18 Mars 1997 : Israël met en chantier une nouvelle colonie juive à Abou Ghneim (Har Homa) près de Bethléem,

 

-14 janvier 1998: Israël annonce qu'il gardera sous son contrôle de larges parties de la Cisjordanie, même en cas d'accord de paix avec les Palestiniens.

 

-21 juin 1998 : le gouvernement israélien décide la création d'une super-municipalité de Jérusalem qui englobe plusieurs colonies de Cisjordanie, et double ainsi de volume.

 

-28 septembre 2000 : la visite du chef du Likoud, Ariel Sharon, sur l'Esplanade des Mosquées (Jérusalem-est), troisième lieu saint de l'islam, provoque de violentes émeutes en Israël et dans les territoires palestiniens, faisant plus de 90 victimes. C'est le début de la deuxième Intifada (2000-2005). 

 

-4 décembre 2001 : Israël lance des raids d'une ampleur sans précédent dans les territoires palestiniens. Yasser Arafat, déclaré "hors-jeu" par Ariel Sharon, ne peut plus sortir de Ramallah, encerclée par Tsahal.


29 mars 2002: l'état hébreu lance une offensive dans les territoires occupés baptisée "rempart défensif". La Mouqataa, le quartier général d'Arafat à Ramallah, est partiellement détruit et le leader palestinien est coupé du monde.

 

On connait la suite : la fin d'Arafat, la montée, puis la prise du pouvoir à Gaza des extrémistes du Hamas et le petit "jeu" Hamas-Netanyahu : roquettes (souvent quelques pétards mouillés) contre bombardement massif et aveugle de Gaza, dont le résultat essentiel est de marginaliser le leader modéré Mahmoud Abbas.


Pour ce dernier le vote de l'ONU est donc un sérieux coup de pouce. Un avertissement donné aux faucons de Tel Aviv et de Gaza... et aux Américains, qui contre tout bon sens ont appuyé tous les coups de force de Netanyahu.

 

Avec le concours de l'Express

 

L'Europe des confettis

Les élections régionales organisées le dimanche 25 novembre en Catalogne ressemblaient fort à un référendum sécessionniste ; plusieurs formations autonomistes catalanes militent maintenant ouvertement pour l'indépendance, y compris la CiU au pouvoir à Barcelone.

 

Globalement les indépendantistes sortent renforcés de ce scrutin et certains observateurs pensent que le processus de séparation est enclanché.

 

Il s’agit d’une tendance lourde en Europe. Depuis l'explosion de l'empire soviétique, la balkanisation du Vieux Continent s'est traduite par la création d'une kyrielle de nouveaux états.

 

Dans le même temps les tensions centripètes s'exacerbaient en Belgique, en Espagne, au Danemark...

 

Les peuples européens n’ont plus confiance en leurs vieilles nations et n'attendent de l'Europe que subsides.

Certains  leaders populistes ou démagogues ont pu les persuader, en cette période de crise, que leur salut sur le triple plan, économique, démocratique, identitaire, résidait dans une gouvernance de proximité.

 

Pourtant ces mêmes dirigeants savent bien que frontières et murs ne sont que sources de tensions et de conflits. Les catalans jaloux de leur richesse, n’échapperont, pas plus dans leur petit périmètre, qu'aujourd'hui au sein de l’Espagne, à la pression des populations les plus pauvres d'Andalousie !

 

En fait la multiplication des états ne fait que traduire la multiplication des égoïsmes individuels.

 

Paul Valéry, écrivait en 1931 : « Le temps du monde fini commence ».

 

Il signifiait que sur notre Terre il n'y avait plus d'Eldorado et qu’il était temps de donner la priorité à la justice et à la solidarité.

 

Ceux qui aujourd'hui nient cette réalité ne sont que de médiocres politiciens qui ne font qu'accentuer le déclin de l'Europe.

 

Science, éthique et société

 

La triste affaire Séralini est la parfaite illustration des méthodes utilisées par certains (pseudo- ?) scientifiques pour manipuler l'opinion - au prix de l'abandon de tout sens éthique - et dévoyer ainsi la démocratie.

 

Cette opération de communication, invraisemblablement cautionnée (involontairement ?) par une revue scientifique de bon niveau, se termine fort heureusement en fiasco grâce à l'intervention d'autorités scientifiques incontestables (l'ensemble des Académies et de bien d'autres organismes compétents).

 

Hélàs, des manipulations de ce type sont légions, tant les media, à l'affut de sensationnalisme, sont capables eux-aussi d'abandonner tout éthique pour vendre du papier, tant les gourous ayant pignon sur le Net ne se font pas prier pour abuser pigeons, gogos ou militants fanatiques, prêts à prendre pour argent comptant toutes les sornettes qui les confortent dans une opinion... dont ils ne perçoivent même pas qu'elle a été forgée à leur insu.

 

Les études bidons, ou plus ou moins truquées, se retrouvent bien entendu au coeur de tous les grands débats scientifiques actuels de nos sociétés : réchauffement climatique (pour lequel deux savants français ne se sont pas couverts de gloire), médecine (médicaments, vaccins), OGM, évolution, effets des champs électromagnétiques...

 

Certes, c'est toujours du débat que nait la lumière. Dans les Congrès, les grandes revues scientifiques, ce débat entre savants est permanent.

 

Mais que pèse la voix d'un chercheur sérieux à qui l'on oppose la une d'un grand hebdomadaire, qui affirme tout de go " Oui : les OGM tuent !"  ?

 

Ce type de manipulation de l'opinion ne concerne pas que la science dans nos démocraties, mais qu'elle prenne de telles proportions est inquiétant au moment où le désamour pour les études scientifiques se confirme année après année.

 

Ceux qui se prêtent à ce dévoiement de la Science jouent aux apprentis sorciers ; veulent-ils participer à ce mouvement obscurantiste qui déferle en ce début de XXIième siècle ?

 

NB : Aujourd'hui je me garderais bien d'affirmer : non les OGM ne sont pas néfastes... mais ce dont je suis à peu près sûr, c'est que les pesticides autorisés pendant 50 ans, ont tué, tuent et tueront !

 

Sciences : Comment torpiller la cause que l'on défend

 

Avant de parler de cette  étude du Pr Gilles-Éric Séralini, militant écologiste proche de Corinne Lepage, j'ai voulu regarder de plus près les commentaires de la communauté scientifique, car les résultats avancés me paraissaient gros... très très gros !

 

On sait par exemple que depuis quinze ou vingt ans, des milliards d’animaux d’élevage dans l’Union européenne ont été nourris avec du soja transgénique, sans qu’on observe d’effet particulier.

 

En fait il semble que ce travail présente de très nombreux biais ; certains scientifiques se demandent même comment un tel article a pu être accepté pour publication.

 

Par exemple :

 

- souche de rat choisie, connue pour développer très facilement des tumeurs,

- maïs OGM retenu, d'une seule variété,

- méthodes et analyses statistiques, non conformes aux standards en vigueur,

- aucune relation dose-effet observée (l’effet toxique n'est pas corrélé à la dose administrée) ce qui est pour le moins curieux.

 

Mais surtout ce travail traite de deux effets à la fois, ce qui est passablement original dans des recherches de ce type !

 

Dans un article remarquablement documenté, Michel de Pracontal écrit :

 

" Son objectif est d’évaluer la toxicité d’un maïs OGM dit NK 603, produit par Monsanto, mais aussi – encore une fois ! – de l’herbicide Roundup. Précisons que la manipulation génétique du maïs NK 603 a précisément pour effet de le rendre tolérant au Roundup, de sorte qu’ils sont utilisés ensemble... "

 

« Il est difficile d’imaginer qu’un herbicide pourrait avoir des effets toxiques identiques à une manipulation génétique qui donne au maïs la capacité de détruire cet herbicide », lit-on dans la revue britannique New Scientist..."

 

Pour beaucoup de chercheurs (certes pas tous indépendants de l'industrie) :

 

« Cette étude a été conçue pour produire exactement ce qui a été observé… ». Ce qui est tout le contraire d'une démarche scientifique.

 

Evidemment, les magazines enclins à vendre du papier sans être trop regardant, comme le Nouvel Obs, ont fait leur gros titre d'un résultat dont la valeur scientifique est quasiment nulle.

 

Cela n'implique nullement qu'il faille consommer les produits de Monsanto qui nous a déjà (avec beaucoup d'autres) passablement empoisonné.

 

Mais ceux qui voudront démontrer la nocivité des OGM devront se plier à des normes scientifiques inattaquables, sous peine de desservir la cause qu'ils souhaitent défendre.

 

" Quand on grimpe aux arbres, il faut avoir les fesses propres..."


 

Post-Sciptum : Avis des 6 académies françaises paru le 19 octobre 2012 

 

ICI

 

Sciences : qu'appelons-nous "vrai" ?

La Vérité, Jules Joseph Lefebvre
La Vérité, Jules Joseph Lefebvre

  "Sciences, vérité et démocratie"

 

Nicolas Chevassus-au-Louis, Docteur en biologie, historien des sciences et journaliste, qui a produit cet été sur Mediapart une très intéressante enquête à propos des théories du complot, aborde dans un article publié dans Le Monde, ce que d'aucuns ont appelé "la guerre des sciences" entre rationalistes et relativistes.

 

L'occasion lui en est donné avec la parution de l'ouvrage du sociologue, anthropologue et philosophe des sciences français Bruno Latour (Une anthropologie des modernes, La Découverte), chantre du relativisme, qui depuis les controverses à propos du climat et du créationnisme, semble regretter certains de ses propos.

 

Latour fait partie d'une école (non moderne ou post-moderne ?) qui considère l'activité scientifique comme un système de croyances, de traditions orales et de pratiques culturelles spécifiques.

 

Pour les rationalistes au contraire, " la science parvient, dans sa confrontation avec le réel, à produire des énoncés ayant vocation à la vérité universelle, indépendants des conditions dans lesquelles ils ont été formulés ".(N.C.a.L)

 

Latour fit partie de ceux qui furent mis en cause dans l'ouvrage des physiciens Alan Sokal et Jean Bricmont, (Impostures intellectuelles ) qui stigmatise l'incompétence avec laquelle certains chercheurs en sciences humaines utilisent des concepts issus des sciences dures.

Cette publication  fit suite au canular d'Alan Sokal qui publia dans une revue majeure des sciences humaines, Social Text, un article volontairement truffé d'erreurs, intitulé : "Transgresser les frontières. Vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique".

 

Nicolas Chevassus nous dit aussi très justement que le débat se déplace aujourd'hui sur le terrain fort glissant de la philosophie politique : " toutes les opinions étant légitimes en démocratie, pourquoi certaines - les vérités scientifiques - prétendraient-elles être de nature différente ? "

 

C'est une vraie question d'actualité (qui s'est traduite, il y a peu, par des coups échangés dans un collège entre un enseignant et un élève) : la confrontation d'un enseignant donnant un cours sur l'origine de l'homme et l'évolution, avec un élève acquis au créationnisme, peut-elle être assimilée à un simple échange d'opinions ?

 

Habillez pour l'hiver : il sera long !

Aujourd'hui le doute n'est plus permis : nous abordons une période qui s'annonce longue et pénible, sous l'égide d'un quasi universel "En arrière toute !"

 

C'est une véritable course vers le passé qui s'engage entre les deux nouveaux blocs qui se font face : le fondamentalisme judéo-chrétien qui ne jure que par la Bible, le fondamentalisme musulman qui raye d'un trait de plume les 1380 ans qui nous séparent de la mort de Mahomet.

 

En fait ces deux ultra-conservatismes ont énormément de points en commun sur le plan politique (libéralisme économique, rejet explicite ou implicite de la démocratie, de la liberté d'expression...), sur le plan sociétal (place de la femme, des minorités...) et surtout la même haine de tout ce qui s'apparente au "progrès".

 

La navrante campagne des Républicains américains et de leur candidat mormon Mitt Romney, est une illustration caricaturale de ce retour à des conceptions charlatanesques de la science, dans tous les domaines.

 

Certes, certaines prises de positions, comme celles des climato-sceptiques, sont aussi sous-tendues par de colossaux intérêts économiques, mais même dans ce domaine certains expliquent tout simplement que l'homme ne peut modifier ce que Dieu a créé  !

 

Pour la première fois, me semble-t'il, les rédacteurs de la prestigieuse revue scientifique Nature  ont fait part de leur inquiétude à propos du programme républicain, rejoignant en cela l'écrasante majorité de la communauté scientifique américaine.

 

Si Romney est élu des coupes sombres sont annoncées dans le budget fédéral ; plusieurs programmes sont d'ores et déjà ciblés par les enragés du Tea Party.

 

________________

 

Face aux uns et aux autres, faut-il faire le dos rond ? Si oui, il ne suffira pas d'une génération pour revoir la Lumière !


 

A lire : La science bafouée par la campagne républicaine aux États-Unis

 

Voir aussi :  Romney président: un scénario catastrophe pour la planète

 

  

Dieu et Diable même combat !

 

Et si les libres penseurs du monde entier se levaient pour faire taire cette toute petite  minorité d'abrutis qui manipulent tant de pauvres gens exclus de ce monde, prêts à le quitter sans regrets pour celui infiniment meilleur qu'on leur vante à longueur de prêches, dans les temples, les mosquées, les églises et sur les écrans.

 

Et si les progressistes du monde entier relevaient ce défi en boutant hors du pouvoir ceux qui nous gouvernent aujourd'hui sur les 5 continents, complices de ces obscurantistes, en aggravant sans cesse avec leur "mondialisation" les inégalités entre riches et pauvres, nord et sud, est et ouest.

 

La religion n'est pas seulement l'opium du peuple, elle est le bras armé des pouvoirs politiques, financiers, économiques, qui nous imposent une société qui, telle une centrifugeuse folle, concentre sans fin la crème de la crème et rejette à chaque tour des millions de "particules" inutiles.

 

Dans ce modèle économique, ces particules doivent constituer une sorte d'infra-humanité, simple variable d'ajustement.

 

Dieu et Diable, même combat !

 

Morale et exemplarité

 

Vincent Peillon -universitaire, homme cultivé- un temps chantre de la rénovation du PS, bien vite rentré dans le rang, est certainement le ministre le plus remuant.

 

Pas une semaine sans peillonade !

 

Certes, tout n'est pas à jeter dans ses propositions.

 

J'ai défendu ici, comme il m'est arrivé de le faire au sein de conseils d'administration de collèges (et dans d'autres instances), la réorganisation de l'année scolaire (horaires quotidiens allégés, semaine de 5 jours, vacances d'été limitées à un mois...).

 

Notre modèle actuel, fait pour complaire aux parents, enseignants et... hôteliers, est, pour beaucoup de pédagogues responsables, une aberration. Vu de l'étranger c'est même une véritable monstruosité.

 

Mais c'est le souhait du ministre d'imposer des cours de "morale " à l'école qui aujourd'hui m'interpelle.

 

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Privilège de l'âge, j'ai connu ces heures exquises, où à peine installé sur son estrade, notre maître  traçait sur le tableau les six lettres du mot morale.

 

Le plus souvent une simple phrase servait de prétexte à une sorte de sermon laïque, à propos de nos devoirs vis à vis de la famille, des ancêtres, de la République... et de l'école.

 

Nous respections notre instituteur et l'école, nous respections nos parents, Jules Ferry était notre idole (c'était le nom de l'école !), nous n'avions aucun doute quant à l'avenir radieux promis à celles et ceux d'entre nous qui accumulaient les 10, les bons points et les images !

 

La leçon de morale, que nous écoutions sans sourire, n'avait donc rien d'incongru !

 

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Ce que M. Peillon semble ignorer, c'est que depuis 50 ans de l'eau, que dis-je, des océans, ont coulé sous les ponts de nos villes et de nos campagnes, emportant les quelques digues qui préservaient notre naïveté, noyant les espérances de générations de chérubins, plus que sceptiques devant des boniments que tous les jours,  la vrai vie, celle qui s'expose sur des écrans plats, vient démentir.

 

 

Que pèse pour nos chères têtes blondes, brunes ou rousses, en ce nouveau millénaire, l'apologie d'une République et d'une école qui laissent au bord du chemin le quart de sa jeunesse.

 

Peuvent-ils écouter sans scepticisme, ces fils et filles de chômeurs, d' intérimaires et de précaires, vanter les mérites du travail bien fait, les vertus de l'effort... quand les héros de notre temps sont des sportifs dopés, des stars refaites, des businessmen cyniques, des financiers véreux, des politiciens trop souvent corrompus, accrochés à leurs mandats comme les vigoureux morpions des lupanars antiques aux fesses des péripatéticiennes !

 

Notre système éducatif, sclérosé, vermoulu et pour tout dire à bout de souffle, n'a que faire de mesurettes destinées à satisfaire quelques électeurs déboussolés .

 

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Je renvoie donc V. Peillon, philosophe de formation, au concept de Tabula rasa (table rase ) et je lui conseille vivement de reprendre très rapidement en mains tous ces chefs d'établissement, tous ces inspecteurs généraux, ces recteurs, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur bac, tous ces universitaires qui ne pensent pas plus loin que leur m2 de labos... et à leur mettre le nez sur la situation dramatique de notre jeunesse qu'ils semblent (ou feignent) d'ignorer.

 

Enfin, avant d'imposer une morale (laquelle ?), je lui demande de réfléchir à la notion d'exemplarité.

 

Car aux plus hauts niveaux de notre pays (économie, finance, politique...), c'est la Vertu qui manque le plus.

 

Nous faudra-t'il un nouveau Robespierre pour retrouver le chemin de la vertu ?

 

« Ô vertu ! es tu moins nécessaire pour fonder une République que pour la gouverner dans la paix ? »

Maximilien de Robespierre

 

 

 

 

Véronése, Allégorie de la Vertu et du Vice
Véronése, Allégorie de la Vertu et du Vice

Goulag pour crime de lèse-Poutine...

Des tsars à Poutine, en passant par Staline et Brejnev, le pouvoir russe a toujours eu un goût prononcé pour les camps d'internement.

 

Ceux qui croyaient que la fin des soviets allaient ouvrir enfin les portes des prisons et fermer celles des goulags, doivent déchanter : quelques couplets ironiques sur le nouveau "tsar" restent la meilleure façon de connaître les terres lointaines de Sibérie ou les centres de traitement "psychiatrique"  de la très sainte Russie.

 

Certes, tous les anticommunistes primaires, pour qui la liberté n'est que celle du renard dans le poulailler, argueront que l'on peut maintenant sans contraintes faire affaire(s) avec les différentes mafias russes (contrôlées par les hommes de l'ex KGB, dont Poutine reste le patron), que les étals des grandes villes russes regorgent de victuailles...

 

Qui profite de "l'ouverture" de ces marchés ?

 

Récemment de passage à Saint-Pétersbourg (ville des tsars... et de Poutine ; voir ci-dessous), j'ai eu l'occasion de parler librement avec un Russe francophone, issu de la bourgeoisie pétersbourgeoise (sa mère parlait couramment le français).

 

Depuis l'ivresse des premiers jours, sans bons de rationnement, le bonheur de pouvoir circuler librement... de l'eau a coulé dans la Neva... comme les espoirs des esprits éclairés de la merveilleuse Petrograd...

 

Question : la vie des gens est-elle aujourd'hui plus facile ou plus difficile ?

Réponse : ni l'un, ni l'autre... c'est différent.

 

Question : la démocratie c'est pour quand ?

Réponse : dans un siècle... peut-être...

 

Cet homme, professeur de mathématiques à l'Université (maintenant un violon d'Ingres qui assure son argent de poche) a un deuxième job qui le fait vivre et n'a plus l'assurance d'avoir une retraite...

 

Un excellent reportage de l'hebdo Marianne, décrit à peu près ce qu'est devenue la Russie de Poutine : un vulgaire état pétro-gazier, qui ne produit plus rien et n'innove dans aucun domaine.

 

La science russe, qui depuis Mendeleïev bivouaquait sur les cimes, est au 36ème dessous. Dans le même temps, comme au Qatar, des milliardaires mafieux s'offrent des clubs de foot et des hôtels prestigieux...

 

Liberté, qu'il est difficile d'écrire ton nom !

Nous avons changé de souverain... pas de royaume !

Exit le roi dément, vive le roi normal !


Un roi normal, même s'il ne tond pas les pelouses ni ne rase gratis, a pour première mission de diminuer le train de vie de sa cour.

 

Les récentes décisions du prince de Corrèze vont donc dans le bon sens :

 

- diminution des listes civiles du souverain et de ses ministres,

- déplacements en carrosse léger de 6 chevaux,

- diminution du nombre de festivités et de chasses en forêt de Rambouillet...

 

Néanmoins un roi reste un roi et en bon républicain, à défaut de son raccourcissement place de la Concorde, je réclame (que dis-je, j'exige !) toujours l'abolition de TOUS les privilèges et l'embastillement de quelques privilégiés corrompus à côté de qui les Fermiers Généraux étaient des Petits frères des Pauvres.

 

D'ici la prochaine nuit du 4 août, j'exige donc :

 

- la dissolution de la deuxième assemblée du Roi dont le grand apparat n'a d'égal que l'inutilité et qui mène grand train (de sénateur),

- la mise à la diète sévère de la Grande Chambre du roi, dont les ministres et conseillers seront priés de circuler en convois ordinaires par les lignes de diligence régulières...

- le contrôle par le grand Chancelier de l'utilisation des fonds de la cassette royale affectés aux représentants du Tiers état, dont les revenus seront divisés par deux et les privilèges divers (pensions de vieillesse, cumul de charges...) abolis,

- la taxation sévère de patriotes autoproclamés qui organisent force convois de louis d'or vers les banques helvètes, (la France si on l'aime on s'acquitte !)

- la fin de l'octroi de charges inutiles à des courtisans nantis (comme missions vers des pays exotiques) et de multiples prébendes...

 

 Après la nuit du 4 août, j'ai noté dans mon Cahier de doléances qu'il fallait urgemment convoquer une Assemblée constituante qui dans un premier temps établirait une monarchie parlementaire selon le modèle de nos voisins anglais (mais dont le souverain serait privé de carrosses, de jubilés, de châteaux, de listes civiles pour toutes sortes de parasites qui n'ont de princiers que les dépenses).

 

Les représentants de cette assemblée ne seraient pas rééligibles dans la législature suivante et il en serait ainsi désormais à l'issu de chaque mandat.

 

Les représentants que le bon peuple aura élu pourront alors considérer avec plus d'attention et de compréhension les souffrances des paysans, des ouvriers des petites et grandes manufactures, dénoncer avec plus de vigueur les usuriers, diminuer taille et gabelle et taxer plus vigoureusement les propriétaires françois ou estrangers (sujets de Poutine premier ou de l'émir du Qatar en particulier !) dont les fortunes s'étalent insolemment Cours la Reine.

 

Enfin nous pourrions achever cette Révolution en rétablissant la RÉPUBLIQUE... mais cela est une autre Histoire !

 

 

 

 

La Cour en émoi...

Madame de Maintenant
Madame de Maintenant
Madame de Demain
Madame de Demain

 



Suite à un libelle intercepté par les argousins de Sa Majesté et fort maladroitement adressé à l’un de ses admirateurs, la maîtresse officielle du Roi, Mme de Maintenant, aurait été répudiée et exilée sur ses terres de Corrèze.


Il se dit fort qu’un manant, colporteur de parchemins en tous genres, entremetteur officiel de rois précédents, aurait déjà organisé un diner pour présenter à notre auguste Sire une de ses amies, rencontrée en Germanie, Mme Claudia de Demain, qui aurait l’avantage de flatter le goût européen (et pour les hautes statures) du souverain.


Ainsi va la politique dans notre beau royaume de France.

 

Ma part de rêve...

 

"Comme on fait son rêve, on fait sa vie"

 

 À propos de l'exposition dédiée actuellement à Victor Hugo, j'ai cité cette phrase de la surréaliste radicale qu'est Annie Lebrun, qui écrit aussi que :

 

"Le rêve qu'on a en soi, on le retrouve hors de soi" 

 

Jolies phrases d'une adepte d'André Breton pour qui la subjectivité doit imprègner toute pensée politique.

 

Dans Position politique du surréalisme (1935), l'auteur de Najda prétend concilier le : "Transformer le monde" de Marx et le "Changer la vie" de Rimbaud. 

 

A propos de l'engagement du poète, Breton écrit ainsi :

 

" Maison à ciel ouvert, maison perdue, laboratoire de devin ou repaire de brigands, - o menaçante et menacée! - la poésie, qui avait semblé se dissoudre pour étoiler le flot resurgit au flanc du torrent de pierre "

 

C'est Malraux qui à Moscou même - dans les années 30 - sommait les soviets de reconnaître le rôle essentiel de l'art et de la culture dans la conquête des sentiments en bravant inconscient et logique. Et il citait alors le mot d'ordre de Marx : "Plus de conscience".

 

Mais comment aujourd'hui donner à chacun sa part de rêve, quand notre société, à travers ses media, sa télé, sa pub, ses sports..., nous lobotomise et réduit comme peau de chagrin la part de cerveau disponible pour imaginer autre chose que notre consommation quotidienne !

 

Comme le marxisme-léninisme de Mao ou le stalinisme, ce stade ultime du capitalisme qu'est le financiarisme (les mots en isme deviennent de plus en plus laids !), fait de nous des robots, des êtres non-pensants, des esclaves aux chaînes invisibles.


Tuer le rêve, quel extraordinaire moyen de soumission !

  

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Nous voici bien loin du ronron de la campagne actuelle de la social-démocratie française, tétanisée par le possible, le normal, l'économiquement correct. Cette gauche là espère échapper au sort des socialistes grecs, espagnols, portugais, allemands, qui ont perdu toute crédibilité, en faisant preuve... du même réalisme.

 

Pourtant depuis le début de la crise financière ne devrions-nous pas -en tout cas à gauche, car sinon qui le fera ! - nous interroger sur l'opportunité du réalisme en période de crise.


Ne serait-il pas au contraire opportun de reprendre le slogan de mai 68 :

 

" Soyons réalistes : demandons l'impossible ! "

 

Quand en 1788 dans les cahiers de doléances des paysans réclamaient la fin des privilèges féodaux et ecclésiastiques (qui allaient être abolis un an plus tard) , quand les insurgés de 1830 et 1848 se battaient pour la République, la gauche des années 20 pour les congés payés, puis les retraites, celle de la libération pour la sécurité sociale, les 40h ... ne se situaient-ils pas dans le domaine de l'utopie, du rêve d'une vie meilleure ?


Aujourd'hui on veut faire rêver les pauvres en promettant une tranche d'imposition à 75% !

 

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Cela m'amène à Mélenchon qui reprend aujourd'hui la Bastille.

Il nous annonce une nouvelle République, une autre Europe, l'éducation pour tous, un SMIC à 1800 euros... et une tranche d'imposition... à 100% (c'est moins mesquin...).

 

Dans la foule immense qui l'acclame à chacune de ses apparitions sur les estrades, nombreux sont ceux qui communient dans ce rêve d’une vie meilleure... dont ils sont pourtant convaincus qu'ils ne la vivront pas...

 

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Attention à la gueule de bois des lendemains qui déchantent proclament les chantres du possible...


Ne savent-ils donc pas que pour des millions d'entre-nous ce sont tous les matins qui déchantent !

 

 

La cérémonie des adieux au souverain post-moderne se prépare

Pour les Américains, Sarkozy c'est fini
Pour les Américains, Sarkozy c'est fini

 

" La nouveauté la plus spectaculaire du sarkozysme a résidé dans l'adoption d'une méthode de gouvernement fondée sur la communication, avec un président omniprésent, qui fait l'actualité, en multipliant les annonces et en se déployant sur tous les fronts.

En plus de ses aspects directement politiques, cette méthode est conçue pour répondre à des attentes nouvelles de la société.

Nous vivons dans une démocratie non seulement d'opinion mais surtout d'émotion.

Un crime sordide, une catastrophe naturelle, une fermeture d'usine, et le chef de l'Etat doit être sur place le plus vite possible pour exprimer sa compassion et marquer la sollicitude des autorités.


Les conséquences de cette omniprésence médiatique sont aujourd'hui flagrantes : une action publique devenue illisible pour les citoyens qui ne s'y retrouvent pas dans ces discours sans suite et ces zigzags permanents, voire ces contradictions élevées à la hauteur d'une institution.

Cette logique de la communication a fini par saper la crédibilité de l'action publique.

Elle pose d'ailleurs une question qui va loin : cette fonction d'accompagnement des émotions collectives ne joue-t-elle pas au détriment de la conduite cohérente de l'action gouvernementale ? "

 

Marcel Gauchet in "Le Monde des Idées"

 

Voir sur le blog ICI

Que me reste-t-il de sacré ?

 

 " Est sacré l'être, la chose ou l'idée à quoi l'homme suspend toute sa conduite, ce qu'il n'accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu'il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix." Roger Caillois L'Homme et le sacré (1939)

 

 

Un lecteur, sans doute excédé par ma critique lourde, récurrente, systématique (j'assume tout cela !) des religions, mes profonds doutes idéologiques, ma misanthropie galopante… m'écrit : " Mais que vous reste-il donc de sacré ! "

 

Et ce matin, à l'heure où même les radios commerciales donnent la parole à des philosophes dûment estampillés,  Régis Debray, dont on connait la réflexion autour des religions, évoque le sacré (*)

 

Athée fasciné par les religions (ou plutôt les communions), il était interrogé à propos de ces 4 nouveaux morts - pour rien - en Afghanistan.

 

Il en vint à évoquer les mille morts par jour de la grande guerre et les monuments aux morts de tous ces petits villages, dont j'ai souvent parlé ici.

 

Oui, pour moi ces morts sont sacrés, tout comme ceux des suppliciés qui ont suivi De Gaulle et Jean Moulin. Les enclos qui les célèbrent, aussi.

 

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On sait que le philosophe déplore les désacralisations qui ont accompagné les sociétés moderne et post-moderne. Il va même jusqu'à écrire (en gros) : "Moins de gens dans les églises, plus de vols, de viols, de délinquance ".

 

Notons que le sacré n’est pas né avec les religions, qui n'ont après tout que 2500 ans, mais, sans doute, quand un hominidé réalisa la première sépulture.

 

Debray prône donc le retour au sacré - le sacré républicain par exemple, qui fédère autour de la patrie -  car il n'y a point de communautés viables sans sacralisation.

 

A une époque où tout se vaut, où notre président veut honorer en même temps Jean Moulin et les tortionnaires de Bigeard et Massu, peut-on rassembler notre patrie autour des cadavres de nos soldats ?


Au nom de ce sacré-là combien de massacres...

 

Régis Debray voit en fait du sacré partout et il est vrai que le sacré peut se décliner de multiples façons :

 

- lieux sacrés (temple, sanctuaire, mémorial...), 

-  temps sacrés (fêtes religieuses, Jeux Olympiques....),

- objets sacrés (Saint-Suaire, Feu sacré des Vestales ou du Saint-Esprit....),

- personnages sacrés (prophètes, sorciers, rois de France...),

- arts sacrés,

-  calendriers sacrés,

...

 
Debray postule que nombre de manifestations que nous ne considérions pas comme sacrées le sont. Il appelle cela les communications humaines. Celles-ci relèvent selon lui d'un besoin propre à l'homme et qui trouve ses racines dans sa nature même. Des événements comme la Coupe du Monde de football ou les Jeux Olympiques sont dans cette définition. Le fait que des centaines (des milliards) d'hommes sont réunis, à distance, autour d’un événement dans une simultanéité totale, induit une communion globale qui est constituante d’un caractère sacré .

 

En fait ceci n'est pas vraiment nouveau. Dans « Introduction à l’analyse de quelques phénomènes religieux » paru en... 1909, Henri Hubert et Marcel Mauss écrivaient :


 « Si les dieux chacun à leur heure sortent du temple et deviennent profanes nous voyons par contre des choses humaines, mais sociales, la patrie, la propriété, le travail, la personne humaine y entrer l'une après l'autre ».

 

René Girard, que j'ai évoqué à plusieurs reprises à propos des notions de bouc émissaire et de désir mimétique, concède que le sacré a bien pour but de faire fusionner les membres d'une communauté,  mais il ne croit pas à la possibilité de transcender le fond de violence dans lequel il est né.

 (voir La violence et le sacré).

 

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Comment faire le lien entre sacré et tabou ?

 

Freud dans Totem et Tabou établit un lien direct entre la notion de tabou et celle de sacré.

 

  " Est tabou, tout ce qui est à la fois sacré, dépassant la nature des choses ordinaires, et dangereux, impur, mystérieux".

 

Que l’on peut mettre en rapport avec cette phrase de Durkheim :

 

  "La chose sacrée, c’est celle que le profane ne peut et ne doit impunément pas toucher".

 

Et le propos de Jacques Ellul :

 

« On est toujours saisi par le caractère restrictif du sacré, imposant tabous, limites, prescriptions, mais en réalité l’institution du sacré est l’affirmation par l’homme d’un ordre du monde et d’un ordre du monde qu’il connaît, qu’il désigne et qu’il nomme. Le sacré, c’est pour l’homme la garantie qu’il n’est pas jeté dans un espace incohérent, dans un temps illimité. » 

 Les Nouveaux Possédés (1973).

 

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Lorsque le bûcher est dressé pour Giordano Bruno, nu, la langue entravée par un mors de bois et que l'hérétique repousse le crucifix tendu vers ses lèvres, c'est un blasphème qui permet à l'homme d'avancer vers ce désenchantement du monde consacré par Copernic et Darwin.

 

Debray veut réenchanter le monde par le sacré (contre la science ?), plutôt que par la fraternité, la solidarité... l'extase devant la beauté de la Nature, les œuvres des savants, des artistes, des musiciens…


Pour ma part je communie avec le genre humain chaque fois que je regarde un tableau de Léonard ou de Manet, que je  lis un passage de Flaubert, de Camus ou de Beckett, quand je découvre un poème de Sylvia Plath, quand j’écoute Mahler, quand je regarde un film de Woody Allen, quand je relis des textes de Newton

 

 

« Quelle est la force du besoin métaphysique et avec quelle peine finalement la nature s’en sépare, on peut le déduire de ce que, dans l’esprit libre encore, alors qu’il a secoué toute métaphysique, les plus hauts effets de l’art produisent aisément une résonance des cordes métaphysiques dès longtemps muettes, voire brisées, lorsque, par exemple, à un certain passage de la Neuvième Symphonie de Beethoven, il se sent planer au-dessus de la terre dans un dôme d’étoiles, le rêve de l’immortalité au cœur : toutes les étoiles semblent scintiller autour de lui et la terre descendre toujours plus profondément. » 

 

Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain

 

(*) Régis Debray :

  • Le Feu sacré : Fonction du religieux,(2003)
  • Les communions humaines. Pour en finir avec « la religion (2005)
  • Jeunesse du sacré (2012)

 

A venir dans Esprit critique

 

Une société du sacré ? Désacralisations et re-sacralisations dans la société contemporaine

 Georges Bertin et Céline Bryon-Portet

 

 


 

 

 

 

Aung San Suu Kyi, Nelson Mandela et... Luc Besson

 

Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a été officiellement reconnu comme légal par la Commission électorale, a indiqué mardi 13 décembre le quotidien officiel New Light of Myanmar." AFP

 

Ce texte anodin signe la victoire d'une femme héroïque qu'une sanglante dictature n'a jamais pu faire plier.

 

Cette femme de fer, que des films hollywoodiens viennent aujourd'hui célébrer, n'a rien de la Barbie de Luc Besson. Elle a montré pendant 20 ans un courage et une pugnacité digne de Mandela.

 

Leur parcours est fort semblable, leur solitude fut la même. Les régimes qu'ils combattaient avaient le soutien des pays occidentaux, qui faisaient profiter leurs entreprises d'une main d'œuvre de quasi esclaves travaillant à l'ombre des fusils.

 

Notre triste Kouchner, qui vendit ses services (lesquels ?) à Total en Birmanie est une bonne illustration de ces cyniques coopérations.

 

Quand j'ai rédigé ce petit texte, qui faisait figurer Aung au Panthéon de mes rebelles, le sémillant Kouchner venait de tourner casaque pour rejoindre les compères du Fouquet's et toucher sa part du gâteau du côté du Quai d’Orsay. La farouche birmane était dans les 36ème dessous !

 

La roue a tourné, pour une fois dans le bon sens !

 

Mais pour ces deux exemples qui réchauffent le cœur des militants des Droits de l'homme, combien de combats perdus, de résistants torturés, de "rebelles " liquidés, dans l'indifférence.

 

Dans la Russie de Poutine, la Syrie d'Assad, la Chine de Hu Jintao… combien de ces hommes et femmes croupissent dans les geôles ? Pour l'instant M. Luc Besson, nos gouvernants et nos élites, les ignorent.

 

Gageons que si par miracle une grande figure populaire et charismatique émergeait des cachots, lui, ou un autre, en ferait un blockbuster. Ce n'est qu'une histoire de nombre de zéros sur un chèque.

 

Du Caire à Rabat, en passant par Tunis : le jackpot islamiste

 

Après un magnifique printemps, voici le temps venu d'un bien triste automne en terre d'Arabie. 

 

Adieu jasmins et roses, parfums enivrant de liberté... certains préparent déjà les chrysanthèmes à déposer sur le tombeau des espérances d'une jeunesse qui n'a jamais connu que le bâillon.


Nul besoin de coups d'état, de menaces, de violences ; le fruit était mûr, il est tombé dans l'escarcelle de religieux moyenâgeux, après des élections quasi irréprochables.

 

Persécutés par des dictatures que nous avons soutenues au nom de sordides calculs de géopolitique à deux balles, ces hommes, fort peu démocrates, bénéficient de l'aura des martyrs.

 

Dans ces pays là, la démocratie à l'occidentale n'a vraiment pas la cote ; elle a pour longtemps le visage de l'Amérique de Nixon ou de Bush, ou même d'Obama qui, contre toute raison (je ne parlerai même pas de morale !), soutient, sans état d'âme, les faucons israéliens dans toutes leurs exactions.

Elle a celui d'un Sarkozy et d'un Guéant, et de tous ceux qui en Europe font à chaque élection de leurs populations immigrées de commodes boucs émissaires.

 

Les gauches locales n'ont pas la cote non plus. Pourtant, elles aussi ont eu leurs martyrs. Mais souvent, faute de relais, par lassitude, elles ont, soit déserté le sol natal, soit accepté le confort d'une opposition de façade, symbole pour les masses de compromission.

 

Le cas du Maroc à cet égard est exemplaire, où la gauche (l'USFP de Mehdi Ben BarkaMohamed El Yazghi et Omar Benjelloun, assassinés ou victimes de sévices), qui conduisait, dans les années 60-70, toutes les forces vives : syndicats ouvriers, étudiants, enseignants..., a vu peu à peu ses troupes rejoindre le camp islamiste.

 

Le transfert du vote de gauche vers les partis islamistes ressemble d'ailleurs de façon assez frappante à ce qui se passe chez nous où les voix populaires vont à la famille Le Pen.

 

L'hiver qui vient sera-t-il celui de la glaciation ? Selon les pays la résistance aux forces ultra conservatrices s'annonce plus ou moins forte.

 

En Tunisie, où le combat est d'ores et déjà engagé, notamment dans les universités, entre les franges les plus dures de l'islamisme et les jeunes modernistes qui ont animé ou relayé le mouvement contre Ben Ali, les barbus n'ont pas gagné d'avance.

Bien que rejeté par ces jeunes, l'héritage laïc de Bourguiba pèse encore. Les jeunes femmes (1) notamment semblent bien décidées à défendre farouchement leurs acquis, même au prix d'injures et de menaces quotidiennes des salafistes. Leur courage est exemplaire.

 

Au Maroc le roi est à la manœuvre et pour l'instant, même s'il a nommé un premier ministre " islamiste modéré ", il garde en main l'essentiel du pouvoir.

L'Egypte (comme la Lybie) semble par contre condamnées aux douceurs de la charî'a...

 

Que pouvons-nous faire ? Dans les masses arabes nous sommes totalement discrédités.

En vingt ans, en soutenant tous ces régimes corrompus, nous avons perdu, et au-delà, le maigre crédit acquis dans les années postcoloniales, entre 70 et 90.

 

Pour le coopérant (sincère je crois) que je fus, pour l'homme de gauche que je reste, c'est un crève-cœur de voir triompher des forces aussi obscurantistes.


Certes la roue tourne et le temps de l'histoire n'est pas le notre... Un jour viendra ?

 

...

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
...

                                                           Louis Aragon

 

(1) Suivre par exemple :

- Lina ben Mhenni : @benmhennilina, http://www.atunisiangirl.blogspot.com,

- Emna Ben Jemaa  : @Emnabenjemaa, http://emmabenji.canalblog.com,

- Emna El Hamni : @Psycke, http://Orchideas.blogspot.com 

 

Au fil du temps : sexe, amours et sentiments

 

A propos de DSK, rien ne nous sera épargné. Les récits de ses chevauchées lubriques dans les salons privés de restaurants huppés, les toilettes de palaces 5 étoiles, ou sur le bureau directoire de ses anciens appartements du FMI, avec vue sur le Potomac, me donnent  la nausée.

 

Le sexe dans cette dimension là, n'est plus obscène, il est effrayant. Nous voici à l'abattoir, quand le maquignon enfonce un doigt dans les flancs de la génisse pour évaluer la qualité d'une future entrecôte. Entre ses doigts maculés de sang, glissent de grosses coupures...

 

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Certains osent évoquer Casanova ! Mes souvenirs concernant le célèbre prisonnier de Venise me renvoyaient à une toute autre histoire.

Je suis en train de lire son autobiographie qui fait l'objet d'une exposition à la BnF ; cet homme aimait les femmes, pas les morceaux de viande !

 

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Sexe encore avec le très controversé " Sleeping beauty " de l'Australienne Julia Leigh, que j'ai vu malgré des critiques ... souvent à côté de la plaque.

 

Sur le thème d'Eros et Thanatos, ou de la jeune fille et la mort, voila un beau et terrible film, s'achèvant par le cri atroce de l'héroïne (fragile beauté diaphane) qui remue les tripes du spectateur (en tout cas de l'homme vieillissant que je suis !) pétrifié sur son fauteuil par un dénouement pourtant tellement naturel.

 

Cette jeune fille, dont " le vagin n'est pas le temple " réclamé par ces lugubres et séniles bourgeois qui s’étendent auprès d’elle, est l'image de la pureté.

 

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Pureté et courage incarnés aussi dans cette magnifique photo qu'une jeune blogueuse égyptienne, uniquement vêtue de bas, d'escarpins roses et d'un chouchou de la même couleur, envoie à la figure des barbus de tout poil qui, le soir venu, dépouillent leur poupée de chiffons pour consommer de la chair fraîche.

 

DSK et les fanatiques de toutes les religions ont finalement la même façon d'aborder le sexe, par le petit trou de la lorgnette !

 

Femme-objet, ou femme Obscur objet du désir ?

 

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Robert Guediguian, nous parle autrement de l'amour...

 

Héros de l'Estaque, comme Marius et Jeannette et les prolétaires embourgeoisés de son dernier film (Les neiges du Kilimandjaro), ou comme Manouchian dans "L'armée du crime", ses personnages vivent une grande histoire d'amour façon Badiou : 

 

"C’est la question de la durée qui m’intéresse dans l’amour. Par « durée » il faut entendre que l’amour invente une façon différente de durer dans la vie." L'éloge de l'amour.

 

Amour du compagnon d'une vie de dur labeur, de luttes, de révoltes, mais aussi amour du prochain, du plus pauvre que soi (*).

 

Guédiguian nous dit qu'aujourd'hui les fils de la solidarité sont tellement effilochés, la société si éclatée, les misères si souvent cachées, que même cet amour là devient une épreuve ; un Kilimandjaro à gravir en quelque sorte.

 

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Les héros de Guédiguian, comme la blogueuse nue d'Alexandriesont des saintes et des saints qui veulent croire au paradis sur terre et réenchanter le monde.


Tous les DSK, tous les barbus, tous  les égoïstes possédants des mondes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, brûleront dans les flammes éternelles de la mémoire de l'humanité.

 

 * Relire sur le sujet  « Les pauvres gens » de Victor Hugo dont voici la fin :

 

Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."

L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin 
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête, 
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept. 
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait 
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ? 
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire 
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds. 
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ? 
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études. 
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez. 


Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés, 
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte. 
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ; 
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux. 
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres 
Cette petite fille et ce petit garçon, 
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson. 
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche, 
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ? 
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.

- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!"

 

Pompeux, pompier, dégoulinant de bons sentiments diront les détracteurs du poète... 

Peut-être, mais les sentiments sont devenus denrée rare. Alors une petite overdose de temps en temps...

 

 

 

7 milliards de terriens... et moi, et moi, et moi...

L'homo sapiens est loin d'être une espèce rare, comme le grand requin blanc, les tigres, les gorilles...  ou quelques milliers d'insectes ou de végétaux, menacés de disparition.

 

Au fur et à mesure qu'elle prolifère, l'espèce humaine appauvrit la biodiversité et saccage la Terre. La voici aujourd'hui qui, à l'égal des Dieux, s'arroge le droit de vie et de mort sur une     planète bleue... de plus en plus noire.

 

Au sein de la société qu'elle a élaborée, elle a aussi organisé la rareté de la richesse. Grâce à une monstrueuse centrifugeuse, elle a enfanté l'homme enrichi (*) qui occupe de tout petits espaces, au centre de ce bas monde.

Cette créature y prospère sur un tas d'or, quant à la périphérie des milliards de pauvres Job croupissent sur leur fumier.

 

Sa puissance est telle, qu'il lui est facile de convaincre ces laissés-pour-compte de chercher le bonheur dans l'espace intemporel proposé par les calotins de diverses obédiences, les barbus de tout poil, les rabbins à bouclettes... Avec l'or, l'encens est une valeur sûre.

 

Entre ces quelques Crésus et les multitudes de miséreux, la messe est-elle dite ?

 

Aujourd'hui, premier novembre, au milieu des tombes ou dans les limbes de notre mémoire, nous pleurons nos chers disparus. Ayons une pensée pour nos pauvres descendants.

 

(*) à ne pas confondre avec l’homme augmenté !

 

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Carnet de campagne - III - François Hollande : celui qui a déjà fait perdre la gauche

La victoire de Samothrace - Musée du Louvre
La victoire de Samothrace - Musée du Louvre

 

Beau succès des primaires socialistes qui, pour moi, est avant tout la traduction du ras le bol des Français devant la parole confisquée.

 

C'est un paradoxe : jamais les radios, télés, journaux n'ont donné autant la parole à leurs publics respectifs et, dans le même temps, jamais nos concitoyens n'ont eu le sentiment d'être aussi peu entendus.

 

Dans ce pays où un homme s'est arrogé quasiment tous les pouvoirs dont celui totalement extravagant - de nommer à peu près tous les responsables publics, du secteur bancaire à la radio ou à  la télévision en passant par la gestion... du château de Versailles, les citoyens ont fait dimanche dernier acte de résistance en se rendant dans les isoloirs du PS.

 

Les échecs successifs du président en place l'ont certes conduit à faire profil plus bas. Mais le ver est dans le fruit ; la démocratie française a perdu beaucoup de sa crédibilité, comme beaucoup de démocraties du sud de l'Europe. (voir Mouvement des Indignés)

 

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Lundi dernier sur toutes les radios :

François Hollande (sportif émérite ?)  "Pour faire gagner la gauche, je dois gagner"


 

Depuis des mois F. Hollande clame urbi et orbi qu'il est le candidat le mieux placé pour " faire gagner la gauche ". Evidemment, depuis dimanche soir il a repris cette antienne de façon encore plus lancinante, rejoint par le chœur des media, qui voit en lui le postulant le moins dangereux pour leur petite entreprise.

 

Je pense bien au contraire que François Hollande est le candidat qui peut - et pour longtemps - faire perdre la gauche.


Quand je dis perdre je ne me place évidemment pas sur le plan électoral mais sur le plan des convictions.

 

F. Hollande - au demeurant sympathique et compétent - reste pour moi le porte-drapeau - non repenti -  de ceux qui au moment du Traité Constitutionnel Européen, en mai 2005, ont baissé pavillon sans condition devant les chantres du  libéralisme débridé ; c'est en quelque sorte un symbole du pétainisme de gauche.

 

Le credo de ce traité était la loi du marché. Il établissait en dogme absolu - dans tous les domaines (y compris éducatif) - le principe de " la concurrence libre et non faussée " qui portait en germe la liquidation rapide des services publics.

 

Rédigée par V. Giscard d'Estaing, aidé de quelques autres, dont P. Moscovici (soutien aujourd'hui de Hollande), cette constitution, sous couvert de belles paroles sur l'Europe des peuples, généreuse et solidaire, destinées à faire avaler la pilule à la volaille de gauche, avait tout simplement pour objet de rendre irréversible la conversion de tous les pays européens au libéralisme et à la mondialisation anglo-saxonne.

 

On connait le résultat de ce référendum en France : une participation exceptionnelle pour un tel scrutin (70%) et un NON sans appel (55%) à la ratification, malgré un pilonnage intensif des medias de droite et de gauche.

 

On constate depuis que ces nonistes abhorrés - dont je suis- n'avaient sans doute pas tort de rejeter cette Europe informe, tentaculaire et vidée de toute substance non monnayable, que l'on a fini néanmoins par nous imposer, grâce au traité de Lisbonne, ratifié par le parlement français ... avec l'appui du parti socialiste dirigé par F. Hollande.

 

Aujourd'hui, cette Europe des 27, dont la seule loi est celle de la finance, conduit au naufrage les pays les plus pauvres qu'elle était censée conforter.

Elle les met à la merci de créanciers douteux, qui s'emparent des biens publics en mettant à la rue des centaines de milliers d'ouvriers, d'employés, de cadres.

 

Dans le même temps, les états de l'UE ponctionnent leurs contribuables pour renflouer massivement des banques qui ont dilapidé les fonds de leurs épargnants dans des spéculations foireuses.

 

En validant cette Europe là, Hollande a conduit une grande partie de la gauche à Canossa, c'est l'homme du renoncement, celui qui peut la faire encore perdre et pour longtemps.

 

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Ce qui me réjouit dans ce scrutin, c'est le score d'Arnaud Montebourg, initiateur de ces primaires citoyennes, le seul clairement positionné à gauche (1).

Il est porteur d'un projet pour établir une VIème république (2) et lutter contre la corruption auquel évidemment j'adhère complètement. 

 

J'ai déjà dit que F. Hollande était aussi  le plus frileux dans ces domaines et qu'il ne faudrait pas compter sur lui pour nettoyer les écuries d'AugiasSa campagne s'appuie sur quelques barons et apparatchiks douteux qui évidemment en cas de succès demanderont leur dû.

 

Ce n'est pas par hasard que Montebourg a fait de très bons scores dans le Sud-Est...

 


(1) Les 4 propositions centrales de la campagne de Montebourg, à propos desquelles il interroge les finalistesconcernent : le contrôle financier, le protectionnisme industriel, la VIe République et la lutte contre la corruption.


(2) Qui rééquilibrerait les pouvoirs, supprimerait tout cumul des mandats, créerait des autorités de régulation strictement indépendantes, assurerait une véritable séparation des pouvoirs en libérant la justice,  supprimerait automatiquement toute immunité pour des faits de corruption passive ou active, redonnerait aux citoyens la possibilité de s'exprimer, par exemple avec les référendums d'initiative populaire...


 

      NB : APRES LE DÉBAT


HOLLANDE VEUT ÊTRE "  Le président de la victoire "

Pourvu qu'il ne soit pas le non-président de la défaite !

 

C'est le premier débat de la primaire que je regardais, accompagné, pour ne pas me laisser emporter par mes fortes réserves sur le Corrézien, par une néophyte des débats internes de la gauche.

 

Nous l'avons trouvé bien faible (beaucoup trop emphatique) face à M. Aubry qui à notre avis semble beaucoup plus déterminée à appliquer les mesures qu'elle préconise sur au moins trois points :

 

- le non-cumul des mandats (dès 2012), auquel Hollande s'est très tardivement rallié, mais dont je suis sûr, au vu de ses soutiens - qui les cumulent allègrement - , qu'il ne le ferait pas appliquer,

- la détermination à changer l'Europe. Hollande, sur ce plan, n'a d'ailleurs pas manqué de culot... quand on se souvient de ses belles envolées lyriques de 2005 !

- le blocage des procédures de licenciement initiées par des entreprises bénéficiaires qui souhaitent ainsi faire monter leurs cours en bourse et satisfaire leurs actionnaires.

 

Enfin il y a quand même une différence sérieuse sur le plan économique :

 

- M. Aubry ne sacrifiera pas la relance de l'investissement et de la croissance pour réduire le déficit,

- F. Hollande, en annonçant qu'il ramènera le déficit public à zéro (!) en 2017, se prive absolument de toute marge de manœuvre pour relancer l'économie. Faut-il saigner le malade pour le guérir (comme en Grèce) ? Heureusement qu'il ne sera pas en mesure de tenir ce qu'il promet !

Si Hollande est désigné dimanche, il faudra qu'il travaille très sérieusement son débat avec Sarkozy qui est un très bon bateleur de foire.

 

POUR FINIR : Il A "GAGNÉ" !

 

Victoire de la gauche Joffrin-Demorand, de la gauche  Terra Nova qui crache à la gueule des pauvres, de la gauche qui gagne dans les urnes et baisse son pantalon à la première semonce du FMI ou de la BCE... 

On ne la connait que trop bien cette gauche là qui fait prospérer la famille Le Pen et quelques cumulards qui s'accrochent à leurs mandats électoraux comme des anoploures....! 


Gagner, gagner, gagner.... c'est quoi la gauche ? Le PSG, Marseille... ?

 


 

Derrière les murs

 

On construit trop de murs et pas assez de ponts.

 Issaac Newton

 

La première fois que j'ai emprunté la route côtière entre Rabat et Casablanca - il y a déjà bien longtemps - après avoir quitté le site enchanteur des Oudayas, j'avais longé un mur interminable à la sortie de la ville, face à l'océan qui éclaboussait le bitume.

 

Qu'y avait-il derrière ces murs ?

 

Un bidonville (celui d’El Kora je crois) où des marmots titubants barbotaient dans des cloaques, où des femmes enfouies sous des chiffons donnaient un sein rabougri à des morveux, où des mécaniciens improvisés bricolaient d'improbables vélocipèdes, où l'on essaya de me fourguer un peu de hash et des scorpions enfermés dans des boites d'allumettes.

 

Car la misère importunait le touriste, incommodait le roi qui passait en trombe avec sa Mercédès pour se rendre en son Palais de Skhirat, donnait mauvaise conscience aux bourgeois de Rabat qui prenaient leurs quartiers d’été sur les plages de Témara.

 

Déjà, à Casablanca, derrière des murs identiques, une ville de cartons et de plastiques s'édifiait sur des tas d'immondices. Elle est aujourd’hui cernée par des constructions récentes en dur.

 

   ____________

 

En Californie aussi on dresse des murs. On y enferme les riches.

 

Bien sûr, ce sont de beaux murs, avec des miradors qui ressemblent à nos anciennes échauguettes.  Sous les palmiers, des Cadillac de 12 m de long, des Porsche qui consomment 50 l au cent en roulant à 80 km/h sur l'autoroute entre LA et Vegas, des piscines en forme de cœur où des femmes, seins en obus, fesses en silicone, boivent un dernier cocktail avec des gigolos bodybuildés.

 

Là-bas, comme ici, certains réclament toujours plus de murs, de grilles, de barrières... Comment faire cohabiter ceux qui en veulent toujours plus avec ceux qui en ont toujours moins ?

   

Mais aujourd’hui les miséreux n’acceptent plus de rester confinés derrière des murs, ils ont le culot de se montrer dans les quartiers chics et d’y créer quelques désordres. On a donc construit des murs de plus en plus hauts, sans comprendre qu’un pauvre qui n’a plus que sa vie à perdre essaiera toujours de le franchir.

 

Pourtant, entre ces emmurés, il faudra bien maintenir des ponts, ne serait-ce que pour que les multitudes de pauvres continuent à faire vivre les riches et en recueillent des miettes. Israël et la Palestine sont un bon exemple de ce nouveau mode de communication et d'échange.

 

Une sorte de course poursuite s’établira donc entre les maçons et les boulonneurs, riveteurs et autres soudeurs.

 

Ah, si j’étais riche j’investirais dans les travaux publics !

 

Le bateau ivre

...

Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !

...

A. Rimbaud, Le bateau ivre


 

Retour aux choses sérieuses après 8 jours au vert dans ma chère Lozère.

 

Je lis dans les gazettes :

 

- Sarkozy et Berlusconi vont-ils sauver l'euro et l'économie mondiale ?

 

- Algues vertes en Bretagne : un problème local !

 

- Syrie : le dictateur en place organisera des élections libres quand il aura fini de liquider des dizaines de milliers d'opposants.

 

- Affaire Tapie-Lagarde : non ! Sarkozy n'a pas fait cadeau de 380 millions d'euros au célèbre escroc !

 

- Affaire Ziad : Copé ne s'est baigné qu'une dizaine de fois dans la piscine du marchand d'armes, pourvoyeur de fond de la sarkozie.

 

- Après le foot anglais, sauvé par la mafia russe, le foot français est remis à flot par le pétrole des princes du Golfe arabique.

 

- Afghanistan : les talibans sont partout, les GIs et leurs hélicoptères tombent comme des mouches, les soldats français n'osent plus sortir de leurs trous... Mais grâce à nous les filles ne portent le tchador qu'à partir de 10 ans, la culture du pavot a tendance à légèrement diminuer,  les seigneurs de la guerre ont baissé les prix des rançons.

 

- Lybie : Kadhafi est toujours vivant, les rebelles seraient contrôlés par les islamistes, la population meurt de faim... mais elle apprend par cœur le célèbre poème d'Eluard : " Liberté"

...

Et l'on voudrait que je sois sérieux !

 

Et on a le brave culot
D'oser me demander
De ne plus boire que de l'eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l'argent de côté
D'aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

 

Jacques BREL, Le Tango funèbre

 

Les mots pour l'écrire, les mots pour le dire...

 

" Ce que j’aime en ma folie, c’est qu’elle m’a protégé, du premier jour, contre les séductions de « l’élite » : jamais je ne me suis cru l’heureux propriétaire d’un « talent » : ma seule affaire était de me sauver — rien dans les mains, rien dans les poches — par le travail et la foi. Du coup ma pure option ne m’élevait au-dessus de personne : sans équipement, sans outillage je me suis mis tout entier à l’œuvre pour me sauver tout entier. Si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires, que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. "


Jean-Paul Sartre, Les Mots (1964)


 

On peut utiliser toutes les ressources d'internet, être équipé de la panoplie complète issue des progrès des nouvelles technologies, suivre avec enthousiasme les avancées de la biologie moléculaire, de la médecine, des nanosciences... et trouver ridicule ces déclarations, désormais incontournables, de personnalités, d'écrivains, de savants, de politiciens... qui jurent ne vivre que pour et dans le futur.

No past en quelque sorte !

 

Si au présent, qui annonce dans ce domaine un peu reluisant futur, j'ai des sentiments passéistes, ils concernent les mots, la langue, l'écriture...

 

J'évoque cela car j'ai entrepris de lire des correspondances familiales, des lettres qui vont du début du XXème siècle aux années 70. Pas des courriers d'érudits, mais de gens simples n'ayant au mieux qu'un certificat d'études.

 

Bien sûr, celles qui me touchent le plus émanent de ce grand-père - que je n'ai pas connu -  qui a passé sa jeunesse sur les fronts de la guerre de 14 ou dans des casernes.

 

De ces mots griffonnés dans les tranchées qui évoquent (discrètement, censure oblige) la souffrance, la vermine, les copains morts, la grippe... mais aussi la vie au pays, les semences et les moissons, le moral qui fluctue au gré de maigres avancées ou de sanglants revers, des permissions espérées et puis souvent supprimées, on retrace à l'échelle d'un modeste dragon, l'histoire, la vraie, celle qui est faite du sang et des souffrances des hommes.

 

Loin, très loin de la grande Histoire qu'évoquent leurs chefs dans des mémoires, les Pétain et consorts, qui envoyèrent à la boucherie ces millions de jeunes gens dont les noms ornent les monuments de nos plus petits villages.

 

Particulièrement touchante aussi la première déclaration de cet homme à ma grand-mère, alors âgée de 16 ans (voir ci-dessous).

C'était il y a 99 ans, le style est impeccable, l'orthographe irréprochable. Le respect et la vénération de la femme, qui inspirent ce texte, témoignent aussi de comportements révolus.

 

De quoi disposeront les petits-enfants de nos enfants pour écrire la vie des simples gens en ce début de XXIème siècle. De photos, vidéos, documents numérisés... d'objets froids et sans âmes... mais plus de ces mots qui trahissent si bien l'angoisse, l'amour, l'espoir, la peur ou l'allégresse.

 

C'est un autre grand-père qui en m'apprenant à lire m'a donné le goût des mots et révélé l'incroyable magie de l'écriture : comment avec de simples signes faire revivre l'épopée des premiers hommes, le procès de Jeanne d'Arc, le tour du monde de Magellan, le courage de Danton montant sur l'échafaud, Le Tour de France de deux enfants, ouvrage mythique qu'il vénérait comme une bible.

 

Certes je n'oublie pas ce qu'écrit Sartre toujours dans "Les mots" et que j'ai pu très fortement ressentir ensuite :

"... pour avoir découvert le monde à travers le langage, je pris longtemps le langage pour le monde. " 

 

Grâce à lui et à quelques instituteurs amoureux de la langue française, j’ai pu saisir plus tard, la musicalité des textes de Ronsard ou de Lamartine, la flamboyance de Hugo ou de Tolstoï, la verve de Maupassant, l'époustouflante écriture de Flaubert, la révolte de Zola et encore beaucoup plus tard le génie de Beckett....  et y trouver un plaisir presque charnel...

 

Les mots rythment notre vie. Dans les périodes les plus sombres,  ils se bousculent ou au contraire sont retenus, deviennent plus rares. On ne sait plus mettre des mots - ou alors ils sont approximatifs- sur la souffrance ou l'amour ...

 

Si nous ne savons plus les mots pour l'écrire, qu'adviendra-t-il des mots pour le dire ?

 

Ce grand-père parlait très peu, on disait qu'il était avare de mots. En fait, il les respectait trop pour les gaspiller en paroles inutiles. Chacune de ses sentences était donc écoutée avec recueillement et presque dans la crainte.

 

Les femmes de la famille étaient au contraire étonnamment volubiles, elles ne pouvaient retenir les mots, ils leur échappaient... Enfant, j'en écoutais la musique, le sens  m'intéressait peu.

 

Dans la déclinaison des mots - écrits, parlés- on peut donc être à la fois touché par le contenu ou le phrasé.

 

C'est ce que l'on peut ressentir en lisant les plaidoiries célèbres de grands avocats du siècle dernier. Vincent Moro-Giafferi, qui fut l'un des plus brillants, mobilisait les spectateurs assidus de la Comédie française.

 

"L'opinion publique? Chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche! C'est elle qui, au pied du Golgotha, tendait les clous aux bourreaux, c'est elle qui applaudissait aux massacres de septembre et, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés..."  

Plaidoirie pour Eugène Dieudonné de la bande à Bonnot


Mais il ne se payait pas que de mots : en défendant le pseudo incendiaire du Reichstag, le bulgare Dimitrov, il affronta directement Hermann Goering !


On lui doit aussi ce superbe réquisitoire contre la peine de mort à l’occasion du procès du tueur en série Eugène Weidmann qu'il défendait :


«  Je plaide pour un assassin. Je me dresse contre l’échafaud… contre la hache du bourreau qui, faisant gicler sur la curiosité malsaine des foules le sang des coupables, n’y a jamais répandu que le germe de la cruauté ; contre la peine de mort que Victor Hugo, dans une plaidoirie éternelle, vouait à l’exécration des hommes…

Ah ! J’entends dire : à quoi bon ? Pourquoi se pencher sur une âme déchue… il a tué, qu’il meure ! Ses bras ont frappé, qu’on les noue sur les marches de la guillotine. Sa tête a consenti l’assassinat ; qu’on la tranche !

Je connais cette doctrine, c’est la morale du talion, c’est la loi du lynch, c’est la justice des barbares… »

 

Badinter lui doit beaucoup. Gilbert Collard, l’ami de Marine, ténor à la télé, avocaillon dans les prétoires, aurait dû s’abreuver à ces sources !

 

J'ai admiré la virtuosité d’un Desproges ("Je t’en prie, ma femme, ma sœur, mon amour, mets ton jean, ou reste nue, mais ne marche pas dans la mode, ça porte malheur.") ou d’un Devos ("Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? "), qui en jonglant avec les mots, en les détournant, nous faisaient rire, nous fascinaient et nous inquiétaient tout à la fois ; car les mots sont parfois trompeurs, que se cache-t-il derrière les mots ?

 

Les dictateurs eux-aussi ont détourné les mots ; ils en ont fait des slogans pour fanatiser les masses. Mais le slogan peut également donner le la d’une révolution. Quel texte symbolise mieux la révolte étudiante de mai 68 que celui-ci :

 

«  Soyez réalistes : demandez l’impossible ! »

 

La langue parlée d'aujourd'hui, est de bois. Nos politiciens, journalistes, stars formatés par la télé, sportifs…, utilisent un tout petit nombre de mots. Leur langue est le plus souvent imprécise, truffée d'anglicisme, encombrée de jargons pseudo-scientifiques ou technologiques. Elle sert beaucoup à nous manipuler.

 

Les publicitaires, les communicants, se sont en effet emparés des mots : on gagne  une campagne électorale comme on vend une paire de lunettes ; il suffit de trois mots sur une affiche et de cinq phrases dans des discours… Les mots ont perdu leur sens.

 

Sauver les mots au moment où il y a tant d'incompréhension entre nous devrait pourtant être une grande cause éducative.

 

Une grande cause révolutionnaire aussi : c'est en se réappropriant les mots que beaucoup de peuples se sont libérés. J’ai été très frappé, en suivant sur internet les récentes révoltes tunisienne et égyptienne, par la beauté des textes circulant sur la toile face aux stéréotypes des dictatures en place.

 

Des mots qui donnent du sens, véhiculés par les nouveaux objets communicants, alliance du passé et du présent… pour un futur meilleur ?

 

… On peut rêver !

 

 NB : Sartre écrit  "Les mots" pour démystifier l'écriture... et il en fait son plus beau livre !

 

 

24 avril 1912
24 avril 1912

Féminisme et intégrisme

 

Parfois les féministes m'exaspérent ! Un résidu de machisme sans doute.

 

Ou plutôt certaines féministes intégristes qui confondent égalité des sexes avec... sus aux mâles, m'emmerdent !

 

Pour une Simone de Beauvoir, une Benoite Groult, une Gisèle Halimi ou une Elisabeth Badinter, combien de harpies qui ne rêvent que d'une chose : raccourcir le membre viril qui a le tort de mesurer 15cm de plus que leur bouton magique. Freud avait vaguement parlé de ça, non ?

 

Les femmes, depuis les études de Masters and Johnson ou la publication du rapport Hite, n'ont plus besoin que l'on leur  intime l'ordre d'"Oser le clitoris" !

 

Brigitte Lahaie, les nouveaux types de réunion "tupperware", Chanel et Dior, ou les catalogues des "3 Suisses" et de "La Redoute", vantent ou proposent des objets bizarres, apparemment très efficaces et dont le succès indique que dans l'intimité... elles OSENT !

 

La campagne de ces pseudo "féministes" serait donc plus honnête si elle avait pour emblème "NON au PENIS" !

 

... Et après tout pourquoi pas quand on lit les exploits d'un DSK, d'un Georges Tron, le destin tragique d'adolescentes de banlieue ou d'innocentes joggeuses !

 

Néanmoins je persiste à croire et à dire que le sexisme est avant tout l'expression d'un rapport de domination et qu'il faut le traiter globalement comme toutes les inégalités, toutes les discriminations.

 

La guerre des sexes, comme les guerres de religion, les guerres impérialistes, et finalement toutes les guerres, ne font que détourner de leur objet premier des luttes légitimes.

 

Autour de la méditerranée il y a encore tant de choses à faire pour aller vers l'égalité (et pas l'identité) et le respect. Y compris en France qui arrive en avant-dernière position en Europe pour le nombre de femmes dans la représentation nationale.

 

Pour revenir à l'objet du débat, l'essentiel ne se situe pas au niveau de l'anatomie, mais des mentalités et de l'éducation.

 

L'éducation sexuelle à l'école doit évoluer et sortir de descriptions purement mécaniques pour  aborder la question du plaisir, du plaisir partagé et contrer l'image du coït véhiculé par la pornographie.

Toutes les études le montrent, l'amour quand c'est bien fait, c'est très bon pour la santé. Il n'y a pas que le port du préservatif qui évite des maladies graves !

 

Malheureusement la répression doit accompagner l'éducation et le laxisme qui accompagne le traitement de délits sexuels, comme le harcèlement (dont l'affaire Tron est un exemple éloquent), disparaitre.

 

Mais l'égalité des hommes et des femmes ne sera obtenue en appuyant simplement sur un bouton !

 

A vos marques....

Un Sarkozy tout petit,

Un Mélenchon qui relève le menton,

Un Hulot toujours aussi cabot,

Un Besancenot démago,

Un Bayrou très très mou,

Une Marine qui tapine,

Une Aubry à petit bruit ,

Un Borloo qu'est pas beau,

...

 

Revient Arlette... qu'est ce qu'on s'embête !

Aubrac, transhumance

 

Hier j'étais au col de Bonnecombe (1 350 m d’altitude), sur la commune des Salces, pour accueillir les troupeaux de la magnifique race Aubrac à l'occasion de la transhumance qui a lieu chaque année le dimanche le plus proche du 25 mai.

C'était le grand jour pour ces superbes vaches décorées comme il se doit, qui vont passer l’été sur les estives.  

A 10 h 30, une messe a été célébrée par l’évêque de Mende, puis les troupeaux ont été bénis.

Elles sont si belles ces vaches que j'ai de plus en plus de mal à déguster les steaks qu'elles nous fournissent, pourtant incomparables !

 

 

Minuit, Paris... WOODY !

 

J'ai déjà dit ici mon admiration pour Woody Allen. J'ai bien dû voir une vingtaine de films écrits et réalisés par l'auteur de Manhattan.

Les différentes époques de son œuvre correspondent à peu près aux apparitions successives de ses actrices fétiches. Après les chefs d'œuvres griffés Diane Keaton et Mia Farrow, voici depuis quelques années de véritables bijoux tournés en Europe avec comme égérie Scarlett Johansson et ses clones.

 

Minuit à Paris est son dernier opus décliné sur le thème des Américains à Paris dans les années 20. Sur une musique de Cole Porter on croise Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Hemingway, mais aussi Picasso, le matador Juan Belmonte et bien d'autres...

 

Woody Allen sait depuis longtemps que " la nostalgie n'est plus ce qu'elle était " et il se moque gentiment de sa passion pour les idoles d'avant-guerre.

 

Le mode est léger, les images magnifiques, la musique... au diapason, Marion Cotillard au sommet de son art, la sosie de Scarlett, pas mal. Le seul bémol concerne l'acteur principal qui cabotine un peu trop en faisant du Woody Allen.

 

Je suis sorti de ce film joyeux, presque rabiboché avec notre... présent, pourtant tellement morose.

 

NB :

Je me demande parfois ce qui me raccroche à ce beau pays qui est la France !

J'ai une sainte horreur du chauvinisme, du nationalisme, des cocoricos.

Je déteste le corporatisme, le favoritisme, le clientélisme... ces ismes qui rongent notre société.

Je tiens en piètre estime nos media, nos politiques.

L'affaissement de notre système éducatif me consterne.

Le démantèlement accéléré de notre système social qui nous conduit sur la voie banalisée du libéralisme sans contrainte et livre les plus faibles aux prédateurs, me navre...

...

Suis-je donc atteint par ce "malheur des français" dont je parlais ici ?

 

Après le film, hier soir, vers minuit, près de Montpellier, sous les étoiles, une légère brise de mer faisait onduler la jupe de ma compagne.

Nous avons dîné (ah la cuisine française !) avec en tête des airs de Broadway, les plus belles toiles de Picasso, l'Adieu aux armes d'Hemingway, les bistrots montmartrois des années 20... et comme chaque fois que je sors  d'un film de Woody Allen - c'est étrange -  je nageais dans le bonheur d'être Français !

Que sait-on des mécanismes d'addiction sexuelle ?

DOPAMINE et ADDICTION SEXUELLE
DOPAMINE et ADDICTION SEXUELLE

 

Il me semble que l'heure n'est plus à la curée dans l'affaire DSK (1), car si la cause semble entendue, les attendus de l'acte d'accusation posent une autre question, d'ordre médical et scientifique, à propos d'une telle perte de contrôle de la part d'un homme à qui le pouvoir semblait offert.

Peu importe au fond que l'hypothèse du complot (le "pot de miel") soit un jour vérifiée, le patron du FMI a manifestement brutalement perdu tout discernement, toute inhibition.

 

J'ai déjà évoqué le phénomène de dépendance à propos de l'opium (Chimies - IX) et parlé brièvement ailleurs de la chimie du cerveau (j’y reviendrai).

 

Dans les publications concernant les addictions - y compris les addictions sexuelles - on évoque  généralement  un trouble majeur du circuit de la « récompense ». 

 

J’ai déjà évoqué sur ce site, décrit les principaux neurotransmetteurs, dont la dopamine. J’ai également évoqué le rôle des endorphines.

 

Quelle est l'action des endorphines ?  (voir aussi sur le site)

Les endorphines, comme tous les dérivés et substances proches dans leur action de la morphine, ont pour effet de diminuer l'activité cérébrale et la perception de l'environnement et donc de diminuer la perception de la douleur.

 

Les endorphines exercent en particulier une action dopaminergique sur les neurones de l'Aire Tegmentale Ventrale et le noyau Accumbens. Ces régions du cerveau, interconnectées entre elles, forment ce que l'on appelle le "circuit de la récompense" (il s’agit de "récompenser" l'exécution des fonctions vitales par une sensation agréable). Le neurotransmetteur qui assure la connexion entre les deux régions de ce circuit est la dopamine.

 

Les effets du stress sont aussi souvent évoqués dans les cas d'addiction :

 

 "Les études à l'aide de modèles animaux d'addiction ont permis non seulement de mettre en évidence des phénomènes de dysrégulations neurobiologiques spécifiques (dopamine, glutamate, peptides opioïdes, GABA) impliquant le circuit de récompense mais également de montrer que les voies du stress jouaient un rôle important notamment dans l'installation de l'état motivationnel négatif sous-tendant les processus addictifs"

 

Voir aussi ICI cet excellent article à propos du stress.

 

Evidemment l'addiction sans substance exogène pose des problèmes particuliers qui sont loin d'être résolus. Sur ce sujet lire :

 

 

Behavioral Addictions: Do They Exist  ? , (Science, 2001)

Addiction sans drogue(s) , Marc Valleur, Dan Velea (Thema, 2002)

The Neurobiology of Love, Tobias Esch1, & George B. Stefano, (Neuroendocrinology Letters, 2005)

 

(1) Cette affaire donne à nouveau des media français une image peu reluisante. Après avoir complaisamment occulté les frasques de DSK quand celui-ci était proche des pouvoirs, les voici sonnant l'hallali,  images sordides et témoignages circonstanciés à l'appui.

Au delà du manque de professionnalisme, j'appelle cela de la lâcheté, de la veulerie, de la servilité...

 

ADDICTION ET PLASTICITE CEREBRALE

Articles généraux ICI, ICI et ICI

 

 

Circuit  de la récompense
Circuit de la récompense

MITTERRAND : POURQUOI ? (2)

MITTERRAND : POURQUOI ? (2)
MITTERRAND : POURQUOI ? (2)

 

... ou : politique et éthique est-ce vraiment compatible ?

 

Depuis le début du XXème siècle, trois hommes seulement auront incarné ce fameux peuple de gauche et réalisé l'unité de ses composantes : Jaurès, Blum et Mitterrand. L'état actuel de la gauche - et de notre société - ne permettent pas d'envisager l'avènement prochain du quatrième mousquetaire !

Que le futur élu de la gauche à la présidence ne s'y trompe pas ; il devra son succès à l'incroyable nullité du titulaire actuel et non à une adhésion à des valeurs qui n'apparaissent hélas plus comme un recours...

 

Mitterrand, 30 ans... soyons nostalgiques...  le temps d'une commémoration !

 

Comme beaucoup d'hommes de gauche de ma génération j'ai été- je l'avoue- fasciné par le parcours de  François Mitterrand (une trajectoire à la Rastignac disait François Mauriac), par un talent, par un souffle, par une détermination et un courage qui faisaient oublier des convictions fluctuantes, souvent très éloignées de nos idéaux !

 

Mitterrand avait une plume et une voix.

J'ai lu ses derniers ouvrages, plus convainquants quand ils évoquent Vézelay que lorsqu’est esquissé une approche du marxisme.

J'ai vu l'homme en meeting, bluffé par le brillant exercice de style d'un orateur capable de retracer, de Jaurès à Mendès, en passant par Blum, l'histoire de la gauche française... sous les vivats mêlés de trotskystes, communistes, Cégétistes, Cédétistes, socialistes, radicaux et même gaullistes de gauche... lui qui n'était rien de tout cela !

 

En fait, j'ai toujours eu le sentiment que Mitterrand n'était ni de droite, ni vraiment de gauche... mais profondément français... français dans l'acception américaine du terme : complexe, cultivé, intello, détaché de l'argent (même s'il n'a pas dédaigné les "facilités" attachées à la pratique du pouvoir... mais cela aussi - hélas - c'est bien français !), épicurien, dilettante à ses heures et avant tout homme LIBRE.

 

Je n’ai pas été déçu par l’homme Mitterrand. Ebranlé certes par son amitié pour l’horrible Bousquet, mais les accusations d’antisémitisme sont absurdes quand on connaît son affection pour Georges Dayan, sa proximité avec Claude Estier, Jacques Attali et bien d’autres juifs omniprésents dans son entourage.

 

Pas déçu par l’homme, mais évidemment souvent irrité par le politique (même si la plupart de ses 110 propositions de campagne en 1981 ont été tenues y compris l'abolition de la peine de mort) et dépité par ce second mandat avant tout destiné à faire barrage à deux hommes qu’il détestait, Chirac et Rocard. Hélas, il ne s’était pas trompé sur ces deux là, médiocres ou velléitaires.

 

La trajectoire de Mitterrand me conforta - s'il en était besoin - dans la volonté de ne jamais idolâtrer quiconque, de toujours donner la préférence aux idéaux, aux convictions par rapport aux hommes et aux organisations.

J’ai haï toute forme d’embrigadement, toute camisole idéologique, tous ces ouvrages du prêt-à-penser que les philosophes et les élites offrent aux peuples du haut de certitudes… dont ils changent avec d’autant plus de facilité que leur position dans la cité se renforce.

 

Regardons ce que les amis les plus proches du dernier président de gauche sont devenus, les Dumas, Lang, Gallo, Kiejman, Attali, Kouchner, Charasse... Pour un Badinter, combien de courtisans, de carriéristes... combien de ceux que j'appelle les gamellistes ?

 

La Vème République n'a produit que deux chefs d'état dignes de la fonction : un faux homme de droite, De Gaulle et un pseudo homme de gauche, Mitterrand.

 

A eux deux ils cumulent la mise en place de TOUS les acquis sociaux de notre pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 

Tous les deux ont su faire entendre la voix et les valeurs de notre république dans le monde.

 

Ce n’est déjà pas si mal !

 

Plus d'info : document audio du 10 mai 1981


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10 mai 1981 - Enregistrement personnel
10 mai 1981, François Mitterrand préside
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NUCLEAIRE : INCROYABLE LEGERETE JAPONAISE !

 

 

Chaque jour qui passe accroit ma stupéfaction, ma consternation et mes interrogations à propos de la tragédie nucléaire japonaise.

 

J'avais dit je crois ici, il y a une quinzaine de jours, que la messe était dite et qu'il fallait s'attendre au déversement dans la nature d'une quantité importante de déchets radioactifs, dans la mesure où du combustible irradié (y compris du plutonium) se retrouvait à l'air libre.

 

Je pensais cependant alors que les autorités japonaises et l'industriel TEPCO, qui refusaient obstinément depuis le début de la catastrophe l'aide internationale (les américains avaient immédiatement proposé leurs services pour rétablir le refroidissement, puis les russes et les français avaient fait de même), étaient capables de circonscrire la contamination majeure dans leur fameux périmètre de 30 km de rayon  et surtout s’étaient donnés les moyens de récupérer ou de confiner - au moins en partie- les tonnes d'eau déversées sur les cœurs  fondus des réacteurs.

 

On apprend aujourd'hui qu'il n'en est rien, que les poissons du Pacifique font faire sauter les compteurs Geiger, que Tokyo sera peut-être menacé… que finalement TEPCO est obligé d'appeler au secours !

 

Incroyable légèreté de la part des dirigeants d'un pays qui a reçu deux bombes atomiques sur la figure !

 

Avec le recul, on réalise aujourd'hui que le tsunami a bon dos. Car enfin les raz-de-marée catastrophiques au Japon ne datent pas d'hier et les séismes destructeurs y sont monnaie courante. En 1995, à Kobe, un séisme de magnitude 7,2 a détruit en grande partie la ville et tué près de 7000 personnes.

 

Comment donc peut-on construire, en un lieu aussi exposé, une centrale nucléaire sensée résister à un séisme de magnitude compris, selon les sources, entre 5,5 et 7 et prévue pour supporter une vague de 5m (la vague a dépassé les 10m !).

 

C’est certes la première des interrogations mais il y en a beaucoup d’autres.

 

Pourquoi les Japonais ont-ils délibérément ignorés et occultés les multiples avertissements de l’Autorité Atomique Internationale à propos de centrales datant des années 70 ?

 

Pourquoi n’y avait-il pas un plan d’alimentation électrique haute tension de secours ?

 

Pourquoi TEPCO, le lendemain même de la catastrophe, au vu des dommages considérables subis par 3 des unités de Fukushima, qui laissaient envisager le pire (fusion du cœur, fissuration des enveloppes étanches, combustible irradié non refroidi) n’a pas fait provision des dizaines de tonnes d’acide borique nécessaires pour ralentir la fission ?

 

Pourquoi les ingénieurs japonais sont-ils incapables d’apprécier correctement les risques d’irradiation, publient des chiffres fantaisistes, envoient des sauveteurs patauger dans de l’eau tellement radioactive qu’ils sont grièvement brulés ?

 

Pourquoi ces ingénieurs sont-ils surpris, après avoir rétabli l’alimentation électrique de constater que le sel a gravement endommagé les circuits de refroidissement ? L’eau du Pacifique est-elle si peu salée ?

 

Il y a peu d’années, on se faisait hara-kiri pour beaucoup moins que çà au Pays du Soleil Levant ! Les bonnes traditions se perdent, les calculatrices ont remplacé les sabres…

 

 Si à ces questions, volontairement très naïves, on me répondait : on ne peut pas TOUT prévoir, je rétorquerais : alors on s’abstient d’édifier de tels complexes industriels, vecteurs potentiels de dizaines de milliers de morts et de destruction massive du milieu naturel.

 

L'accident de Fukushima Dai-ichi, après celui de Tchernobyl, renvoie finalement dos à dos -pour le pire- deux totalitarismes : celui des bureaucraties staliniennes et celui des "saigneurs" de l'argent roi. Dans les deux cas, l'homme n'est qu'une machine à produire et la nature un champ libre pour leurs saccages…

Transmettre quoi ? Le savoir !

Je délaisse ce blog, un peu débordé par la rédaction des épisodes de mon année de la chimie. Voila un exercice chronophage et parfois éprouvant. En tout cas un pari à tenir... mais sera-t-il tenu ?

Heureusement, je dors peu...

 

Autre avantage, que m'a donné mon métier (et sans doute un peu la nature), je sais utiliser la lecture rapide (à ne pas mettre entre les mains des enfants !), qui permet dans un premier temps de saisir (photographier) les points importants et les mots-clés d'un texte, pour pouvoir ensuite y revenir... ou passer son chemin.

L'ennui c'est que parfois, pour un roman qui ne me captive pas par exemple, il m'est difficile de revenir à une lecture normale. Il m'est arrivé, quelques fois, de devoir relire un bouquin dont il ne me restait presque aucun souvenir !

 

Pas de risque de ce côté là avec le texte présenté par Michel Serres à l'Académie Française ("Petite Poucette"), le premier mars dernier. J'ai signalé le résumé paru dans Le Monde sur ma page d'accueil.

 

Quel bonheur de lire sous une plume aussi brillante ce que l'on ressent de façon de plus en plus prégnante depuis 20 ans !

Je retranscris à nouveau la conclusion de sa première partie :

 

Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. Il ou elle n'a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n'habite plus le même espace. Né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus, sous soins palliatifs, la même mort.

 

A ces humains, nos enfants, nos petits-enfants, notre génération propose une société du spectacle, du paraître, où des media vaniteux et incultes tiennent lieu d'éducateurs :

 

Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.

Les enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs. Critiqués, méprisés, vilipendés, puisque mal payés.

 
Michel Serres, après ce constat pose trois questions : Que transmettre ? À qui le transmettre ? Comment le transmettre ?

 

Que transmettre ? Le savoir !

 

Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. 

 

Pour le philosophe les fonctions cognitives se transforment avec le support :

 

Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête a muté.

 

La question qui se pose à nouveau est donc celle du comment (*) transmettre.

Michel Serres constate que nous n'avons pas fait (ou trop peu, ou trop tard) l'effort d'adapter nos pédagogies à ces nouveaux humains, de ne pas avoir su  utiliser ce prodigieux moyen de communication qu'est Internet :

 

L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?

Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait.

 

 

Question de moyens, d'état d'esprit, de formation des pédagogues, de lassitude devant tant de réformettes inutiles quand l'essentiel n'était pas traité ?

 Un peu de tout cela sans doute....

 

Moi, le temple, je suis législateur d'Éphèse;
Le peuple en me voyant comprend l'ordre et s'apaise;
Mes degrés sont les mots d'un code, mon fronton
Pense comme Thalès, parle comme Platon,
Mon portique serein, pour l'âme qui sait lire,
À la vibration pensive d'une lyre

Victor Hugo

 

(*) Je l'ai dit plusieurs fois ici notre enseignement secondaire est obsolète et la nuisance d'inspecteurs généraux attachés à leurs sacro-saints programmes, au quantitatif plus qu'au qualitatif, au disciplinaire quand l’essentiel est aux interfaces, toujours intacte. L'unique finalité du lycée est la réussite à un examen qui ne signifie plus rien. Ubu règne en maître !

 

Certains anciens IG sont cependant lucides. Ainsi Bernard Toulemonde, qui fut recteur de l'académie de Montpellier puis de Toulouse, écrit dans la Revue de l'Inspection Générale n° 5 :

" L’organisation actuelle [de l'IGEN], par discipline ou par spécialité, n’est pas adaptée au fonctionnement de l’Éducation nationale. Elle présente de trop nombreux effets pervers: cloisonnement et fonctionnement en «tuyaux d’orgue» avec chacun ses rites, sa culture, ses méthodes, sa tendance inévitable à la «défense de la discipline» («combien de divisions»?) et à la constitution de hiérarchies parallèles. …Cette organisation conduit à une grande pauvreté du travail collectif et interdisciplinaire; elle pèse sur l’ensemble du système et va totalement à l’encontre de la transversalité que connaissent désormais le niveau académique et le niveau des établissements scolaires. " 

 

Au fil des jours : hier, aujourd'hui, demain...

Hier...

 

Relu cette semaine les "Ecrits Intimes" de Roger Vailland". Qui se souvient de ce libertin,  surréaliste -exclu du groupe pour avoir dans un journal qualifié l'immonde préfet Chiappe d"épurateur de notre capitale"-, résistant puis communiste orthodoxe (1), qui découvre avec effroi en 1956 les crimes de Staline dans le fameux rapport Khrouchtchev ?

C'est pour Vailland un monde qui s'écroule. Dans La Fête il écrit :

 

"Duc s'était retrouvé comme mort. L'histoire de son temps et sa propre histoire qu'il croyait aller de concert... lui avait soudain paru aller à contretemps. Tout avait été remis en question de ce qu'il avait estimé le plus assuré"

 

Il quittera le parti sur la pointe des pieds, écrira "La Loi" (prix Goncourt 1957, face à Michel Butor pour "La modification" ) puis "La Fête". Il voyagera et s'étourdira dans les plaisirs de la chair.

 

"Depuis le début de ce siècle nous n'avons pensé qu'à nous dénuder, et aussi sur les plages. Du "forçat intraitable" de Rimbaud, aussi à Genet. Empruntés, malheureux dans nos habits d'emprunts."  Ecrits Intimes, Porquerolles, 1962.

 

Il en avait fini avec le temps de la fraternité. Combien de militants comme lui, intellectuels, combattants des guerres d'Espagne et des maquis, furent broyés, saccagés par le bolchévisme ? Aux millions de morts des camps, il faut ajouter au passif des soviets les millions de militants perdus pour la cause du progrès et de la justice.

 

Le parcours et les livres de Vailland témoignent d'une époque révolue. Mais on peut lire (relire) sans déplaisir (bien au contraire en ce qui me concerne) : 325 000 francs et Beau Masque (de vrais romans ouvriers !), La Truite et bien sûr La Loi et La Fête.

 

"La vie c’est saloperie
J’ai retravaillé
Et puis j’attends avec calme
LA FIN DU MONDE ou son commencement"

 

 

(1) - Samedi soir, lecture de ma pièce chez L, devant la "section idéologique" du Parti... accueil chaleureux, et après l'accord de Duclos, qui semble sûr, j'aurai l'accord matériel et moral total du Parti..." 

 

Aujourd'hui...

 

Après Ben Ali : Moubarak ! Je crains fort que la suite en Egypte ne soit moins réjouissante. D'un côté, l'armée soutenue par les américains (et les israéliens !), de l'autre, les pires des barbus sunnites : les Frères musulmans qui quadrillent les quartiers populaires depuis des lustres. Au milieu, les jeunes qui ont chassé le raïs ne pèseront pas lourd. J'en ai bien peur.

 

Ca bouge aussi en Iran, mais les milices (les fameux Gardiens de la "Révolution") du régime théocratique chiite, pendent, liquident et torturent avec moins de complexes que les policiers et soldats égyptiens. Il va falloir attendre... j'en ai bien peur.

 

Demain...

 

La présidentielle c'est demain... d'ailleurs c'est demain depuis avant-hier... je veux dire depuis l'élection précédente. Tous ne pensent qu'à ça : les candidats, les journaux (ça fait vendre autant qu'une Coupe du Monde ou la photo de Carla Bruni nue à la une de Gala !), les télés...

 

Depuis que la candidature de DSK prend un soupçon de consistance, les hyènes de l'UMP sont lâchées : ce n’est pas un candidat de terroir ça,  un Strauss avec un Kahn accolé, marié à une Sinclair et élu de Sarcelles !

 

Ce terroir là on le connait bien : c'est celui de Maurras et de Pétain, il sent le fumier à plein nez !

 

 Je crois qu'ils ont raison d'avoir peur pour leur Napoléon au petit pied ; il y a deux ou trois ans je n'aurais jamais imaginé voter DSK... maintenant ma Sarkozyte aigüe va même me pousser à faire du prosélytisme pour le patron du FMI !  C'est pour cela aussi que je déteste notre président !

 

La liberté commence où l'ignorance finit

 

 Dans les années 60, à un ministre qui lui faisait remarquer que le budget de l'éducation était beaucoup trop élevé, Bourguiba répondit : "Vous voulez essayer l'ignorance ?"

 

Si aujourd'hui le peuple tunisien et sa jeunesse ont mis fin à mains nues à l'un des pires régimes totalitaires, c'est bien grâce à ce pari de Bourguiba.

 

Si aujourd'hui c'est la démocratie que l'on réclame de Tunis à Tozeur et non l'avènement du  pouvoir des barbus obscurantistes que l'on voulait bien nous annoncer, c'est aussi grâce à ce choix.

 

La liberté commence où l'ignorance finit, magnifique phrase de Victor Hugo, devise de ce site, est plus que jamais d'actualité.

 

J'ai rapporté aussi quelque part ces  mots de Frantz Fanon :

 

" Culture et savoir diminuent en tout homme qui les possède la possibilité d’être dupe des mots, d’être crédule aux mensonges. Culture et savoir augmentent en tout homme le pouvoir de comprendre la réalité où il vit..."

 

En France, ceux qui nous abrutissent de télé réalité, d'informations people, de bling-bling, de carlamania... qui nous vendent la culture téetfunisée, l'information pernautisée... tous ceux qui n'ont que le mot France à la bouche, mais qui s'assoient sur ce que ce pays a produit de plus beau, de plus riche, de plus original... oui tous ceux là n'ont pas l'âme innocente : ils se font des c... en or en nous lavant le cerveau.

Gaz de schiste : un nouveau front pour les écologistes ?

 

Les gaz de schiste (shale gas) ont connu un essor extraordinaire ces dernières années aux Etats-Unis où ils représentent 12 % de la production de gaz contre seulement 1 % en 2000. A part quelques pays qui n'ont pas de bassins sédimentaires, on peut trouver ces gaz à peu près partout.

 

En Europe, le consortium Gash, (Statoil, Exxon Mobil, Gaz de France SUEZ, Wintershall, Vermillion, Marathon Oil, Total, Repsol, Schlumberger et Bayerngas) vise à établir d'ici 3 ans une cartographie des ressources européennes.

 

Les bassins les plus intéressants sont situés en Europe du Nord et de l'Est et plus au sud, notamment en France.

Des permis de recherche ont été accordés pour un total de 9700 kilomètres carrés dans une zone qui va du Larzac à la Drôme (Total vient d'obtenir un permis d'exploration dans la région de Montélimar) en passant par les Cévennes et l'Ardèche…

Voila pourquoi les moustaches de José Bové se sont hérissées ces jours-ci !

Les Causses lozériens semblent aussi dans le collimateur, voila qui me fait dresser l'oreille !

 

Le gaz naturel

 

La formation du gaz naturel a pour origine la photosynthèse, qui permet aux végétaux de transformer le dioxyde de carbone et l’eau en oxygène et en hydrates de carbone, grâce à l’énergie solaire. Les végétaux sont enfouis par des sédiments et à mesure que s’accroît la charge sédimentaire, ces hydrates de carbone, sous l’effet de la chaleur et de la pression, conduisent aux hydrocarbures. Le gaz naturel est ainsi formé dans des roches mères organiques, des schistes noirs de fine granulométrie. Sous l'effet de la pression, la majeure partie du gaz naturel migre vers des roches plus poreuses tels le grès et le calcaire.

 On appelle « gaz de schiste » le gaz naturel demeurant dans les schistes.

 

La technique de forage

 

Le gaz de schiste étant dispersé dans une roche imperméable, il faut forer de très nombreux puits et fracturer la roche. On utilise donc un forage horizontal (voir figure).

Généralement la profondeur d'exploitation  est de l'ordre de 1500 à 3000 mètres de profondeur, très en dessous des aquifères d'eau potable.

La fracturation de la roche implique, à chaque opération, l'injection de milliers de m3 d'eau à haute pression et de sable (pour maintenir la fracture ouverte).

 

Les problèmes environnementaux

 

Ils sont multiples :

 

      - la disponibilité et le traitement de l’eau

Notons tout d’abord que l’extraction du gaz de schiste va nécessiter de grandes quantités d’eau qu’il faudra retraiter.

Une partie de l'eau qui a été injectée pour réaliser la fracturation hydraulique est récupérée (de 20 à 70 %) lors de la mise en production du puits. Elle doit être retraitée (par décantation, floculation, électrocoagulation)… afin d’éliminer les chlorures, les éléments en suspension, les sulfates et les carbonates… ainsi que les métaux.  

Il faut aussi se débarrasser des additifs chimiques qui peuvent être classés en 3 grandes catégories : les biocides qui réduisent la prolifération bactérienne dans le fluide ; les produits qui favorisent la pénétration du sable dans les fractures ; les produits qui augmentent lerendement des puits.

 

-  l’emprise au sol

Il y a deux phases dans l'exploitation des gaz de schistes :

* le forage

Les couches géologiques concernées étant très peu poreuses et imperméables, il faut forer un grand nombre de puits (plusieurs puits par km2).

Lors du forage et de la mise en production du puits (quelques semaines), l'activité autour du forage est donc très intense et implique une logistique lourde.

Pour minimiser l'empreinte au sol, mais surtout pour optimiser l'architecture et la productivité des puits horizontaux et diminuer leur coût, on regroupe les plateformes de forage sous forme de "clusters"


      * l’exploitation

 L'émergence du gaz se fait naturellement par différence de pression, sans nécessiter de pompage. En surface, il ne reste que la tête de puits et le gazoduc permettant d'évacuer le gaz.

 

Conclusion

 

L’homme est ainsi fait que dans sa quête de richesses (pour qui ?), de progrès (?)... il ira toujours plus loin dans l’exploitation des ressources naturelles.

 

On sait depuis fort longtemps que des quantités énormes d’hydrocarbures lourds et légers sont détenues dans les schistes ; d’innombrables études ont été notamment réalisées sur les schistes bitumineux, dès le premier choc pétrolier. Le renchérissement du pétrole brut et les progrès spectaculaires des technologies vont assurer, dans les années qui viennent, la rentabilité de leur exploitation.

 

On sait aussi que le prix écologique à payer va être lourd, très lourd.

 

Aux citoyens de juger si le jeu en vaut la chandelle. Les responsables politiques actuels semblent avoir fait leur choix : l’ancien ministre de l’écologie avait donné son feu vert pour la localisation des gaz de schistes. Cependant devant la montée des contestations,  le président socialiste de la région Rhône-Alpes vient de demander l'annulation des permis de recherche accordés dans la région de Montélimar.

Personnellement, si on touche aux Causses, je prends le maquis !

 

A lire : Extraction du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent (Québec)

 

NB : Le Conseil Général de l'Hérault (le nord du département est menacé) a voté à l'unanimité le 24 janvier une motion qui décline une série de griefs contre cette entreprise, qu’il s’agisse de « dispositifs du Grenelle que l’on foule du pied » ou des « quantités d’eau à mobiliser dans une région frappée d’une sécheresse endémique depuis des années », voire de « permis totalement incompatibles avec, par exemple, un classement de grand site au patrimoine mondial (pour Causses et Cévennes), les schémas de développement du tourisme, Natura 2000, etc. ».

 

Faut-il célébrer Céline ?

 

Le premier juillet prochain, certains veulent célébrer le cinquantenaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline.

Ainsi, parmi les Célébrations nationales 2011 du ministère de la Culture, on retrouve son nom, au côtés de celui de Blaise Cendrars, entre autres.

 

Serge Klarsfeld, qui préside depuis de longues années l' Association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), s'en indigne violemment :

«Céline, dont les immondes écrits antisémites ont contribué à l’assassinat massif des Juifs, vient d’être proposé par le ministère de la culture comme ‘‘digne d’être célébré’’ à l’occasion du cinquantenaire de sa mort.

L’officiel ‘‘Recueil des célébrations nationales’’ a inclus l’infâme Céline comme un de ‘‘ceux dont la vie, l’œuvre, la conduite morale, les valeurs qu’ils symbolisent sont, aujourd’hui, reconnues comme remarquables’’ (préface de Alain Corbin).

Dans son avant-propos Frédéric Mitterrand exprime son admiration pour cette brochure grâce à laquelle ‘‘se réécrit au fil de ces 300 pages une histoire de France propre à charmer nos imaginations et nos esprits contemporains’’.»

 

Dernière minute : F. Mitterrand (qui n'est pas à une volte-face près !) retire Céline des célébrations

 

J'ai très peu d'affinités avec la famille Klarsfeld (le fils Arno est très proche de Nicolas Sarkozy) qui a souvent l'indignation sélective, néanmoins j'approuve complètement ce texte.

 

Comme beaucoup de jeunes de mon époque, j'ai lu à 20 ans (en une nuit) le prodigieux  "Voyage au bout de la nuit". Mais j'ai presqu'aussitôt après découvert les infamies contenues dans les «Beaux draps »,  «Bagatelles pour un massacre» et  «L’Ecole des cadavres». Je n'ai plus ouvert un livre du Dr Destouches !

 

Je connais les arguments des admirateurs de Céline :

-Céline est le plus grand prosateur de l'absurde,  il faut lire ces textes antisémites au second ou troisième degré, on pourrait remplacer le terme juif par ceux de moldave, bougnoul, ... seule la beauté de la langue est à considérer,

- son antisémitisme hystérique fait partie d'un délire, de l'expression d'un mal-être...

 

Henry Miller a utilisé le sexe flamboyant et la pornographie pour écrire ses plus beaux textes, Céline a utilisé le racisme et l'antisémitisme en contre-point de son œuvre... c'est du même ordre !

 

J'ai écrit quelque part sur ce site à propos de Céline :

 

" Le texte ci-dessous, qui dégouline de haine et de racisme, est dédié aux admirateurs de LF Céline. Pour eux le génie littéraire excuse tout, prime sur tout, sublime tout, aucune éthique ne saurait lui être opposé..."

 

"Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. [...] Dans l’élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangreneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n’a jamais été persécuté par les aryens. Il s’est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d’hybride."

 

CELINE, L'école des Cadavres 

 

Plus que jamais je persiste et signe !

 

 

TUNISIE : AVEUGLEMENT !

TUNISIE : AVEUGLEMENT
TUNISIE : AVEUGLEMENT

 

Les jours du dictateur tunisien et de sa famille corrompue sont-ils comptés ?

Beaucoup l'espèrent tant la mafia qui gouverne ce petit pays d'une main de fer est devenue impopulaire.

Pourtant certains le redoutent, notamment dans les grandes villes, car le spectre islamiste, agité sans cesse par le pouvoir, effraye au pays  de Bourguiba, notamment les femmes qui jouissent encore d'une liberté sans équivalent dans un pays arabe musulman.

 

Ben Ali a pu, sur cette peur, obtenir également le soutien d'un occident aveugle et sourd, en particulier de la France qui, de feu Philippe Seguin à Delanoë en passant par Frédéric Mitterrand (qui a décrit avec une grande complaisance ce qu'il appelle «la solution Maghreb») a toujours eu de solides avocats.

 

Comme en Iran, cet acharnement à soutenir une dictature, qui a certes mis en prison quelques activistes musulmans mais qui a surtout démantelé toute opposition, créé des brigades parallèles spécialisées dans l'enlèvement et la torture d'opposants au régime, pris le contrôle du syndicat unique, instauré une censure et un contrôle du Net pires qu'en Chine, confisqué à son  profit les fruits d'une croissance économique liée au dynamisme et à la formation de grande qualité des travailleurs tunisiens, peut, il est vrai, donner sur un plateau le pouvoir aux premiers résistants qui ont été les islamistes.

 

Son prédécesseur et fondateur de la république tunisienne, Habib Bourguiba, gouverna certes sans partage. Mais il bénéficiait de l'aura de son combat pour l'indépendance et il utilisa ce pouvoir pour donner à son pays, dépourvu de ressources naturelles, les moyens d'affronter la modernité. Pour cela il misa essentiellement sur l'éducation et sur l'émancipation de la femme. Il y a plus de 40 ans, le taux d'alphabétisation des jeunes filles en Tunisie approchait les 80% !

 

Après Mustapha Kemal, Bourguiba fut le second chef d'état laïque - au moins dans l'esprit-. Il fût en tout cas le premier leader (et le dernier !) à tenter une interprétation moderne du Coran, en soutenant par exemple les autodafés de voiles ou en prônant une interruption du jeûne pendant le Ramadan pour accélérer l'effort de modernisation du pays.

 

Certes la maladie, puis la sénilité et l’influence de son entourage, le conduisirent à de nombreux errements parmi lesquels la mise en piste d’un soudard nommé Ben Ali.

 

Le "miracle tunisien" qui voit ce pays dépourvu de dons du ciel, avoir un PIB largement supérieur à ceux du Maroc et de l'Algérie, bien dotés par la nature, est dû à ce pari de Bourguiba sur l'éducation, bien plus qu'au libéralisme effréné instauré par la clique Ben Ali à l'heure de la mondialisation.

 

Cette heure s'achève, car d'une part, dans la logique de ce libéralisme mondial, la Tunisie n'est plus assez compétitive, sa main d'œuvre très qualifiée devient trop chère et d'autre part le tourisme qui a saccagé la moindre parcelle  d'oasis ou de désert, souillé tout le littoral, au profit des tours operators européens, est arrivé au bout de ce parti pris du toujours moins cher, qui conduit les hôteliers à travailler parfois à perte et donc à fournir des prestations de plus en plus bas de gamme… et des salaires de plus en plus dérisoires.

 

L'Europe et surtout la France iront-ils jusqu'au bout de cette logique suicidaire en maintenant Ben Ali au pouvoir ? Pour le coup l'aubaine serait inespérée pour le radicalisme islamique au Maghreb ! Sarkozy et la classe politique française voient en Ben Ali  un rempart contre l'islamisme alors qu'il en est le fourrier !

 

« Mon vœu est que vous vous armiez d’audace pour venir à bout des traditions qui s’opposent au progrès. C’est à ce prix que nous pourrons mener à bien notre révolution sociale. »

Habib BOURGUIBA, Monastir, le 14 Mai 1960

 

PS (le 15/01/2011 : BEN ALI, C'EST FINI !

 

Il a suffi d'un symbole, d'un diplômé à qui l'on refuse une licence de marchand ambulant qui s'immole par le feu, pour que tout un pays s'embrase et du désespoir d'une jeunesse qui affronte la mitraille mains et poitrines nus , pour que l'un des pires régimes policiers du monde arabe s'écroule. Une leçon à méditer de l'Afrique à la Russie, de Gbagbo à Poutine, où corruption et dictature sont des mots qui vont très bien ensemble.

Dans cette affaire, de Sarkozy à la "nullissime" Alliot-Marie on pouvait redouter le pire. On a été (bien) servi. Oser dire que l'on était prêt à envoyer notre police d'élite pour réprimer le soulèvement d'un peuple -qui à encore en mémoire le massacre de Bizerte- c'est plus qu'effrayant, stupéfiant... c'est inqualifiable de la part d'un gouvernement républicain.

Obama, qui a encouragé l'élimination de Ben Ali et soutenu l'instauration d'un régime démocratique, a été plus clairvoyant. Lui avait compris que c'était le seul moyen de faire barrage aux fondamentalistes musulmans qui sont sans doute prêts à récupérer le sacrifice de ces "martyrs".

 

 

 

Mitterrand : pourquoi ?

 

Ce samedi 08 janvier 2011 on célébre, à Jarnac, le 15ème anniversaire de la mort de François Mitterrand.

 

Cet homme est un problème pour moi : si j'analyse lucidement son parcours, je dois convenir que nombre d'épisodes de cette vie fort tortueuse, heurtent mes convictions et parfois me choquent profondément. En particulier cette amitié jamais démentie avec l'ignoble Bousquet.

Et pourtant j'ai pour lui une sorte d'admiration, que même le dernier ouvrage de  Benjamin Stora  n'arrive pas à réduire (pour être convaincant Stora aurait dû citer les autres dirigeants politiques de l'époque ; à part Mendès, aucun n'est exempt de gros reproches).

 

Pourquoi ?

 

Sans doute -et peut-être avant tout- parce que pour les hommes de ma génération, il a représenté le dernier espoir d'avènement d'une nouvelle société, plus libre, plus fraternelle, plus solidaire. Espoir qui n'existe plus aujourd'hui.

 

Si l'on se replace dans le contexte de l'époque :

- des media contrôlés directement par l'Elysée (les Duhamel frères, Elkabbach, Poivre d'Arvor... sévissaient depuis une dizaine d'années en temps que cireurs de pompes officiels),

- un affairisme sans précédent dans l'entourage immédiat du pouvoir (assassinats de Boulin, Fontanet, De Broglie...jamais élucidés),

- la confiscation du pouvoir (et des avantages qui vont avec) par une petite caste d'héritiers (félons) du gaullisme (Chirac en tête),

- la médiocrité du personnel politique (déjà),

- le début du chômage de masse pour les jeunes après le premier choc pétrolier,

- la ghettoisation du sous-prolétariat immigré au moment où le président (Giscard d'Estaing) fricotait avec les tyrannaux africains...,

 

... on peut comprendre que pour la gauche, mais aussi pour toute une jeunesse,exaspérée par le retour de bâton qui avait suivi mai 68, les 110 propositions de Mitterrand (dont une centaine fut appliquée ; on n'a pas revu cela depuis !) incarnaient l'espoir de jours meilleurs.

 

On connait la suite : les débuts exaltants (abolition de la peine de mort, libéralisation des ondes, SMIC relevé, congés payés augmentés, régularisation massive des travailleurs sans-papiers...), le réalisme économique qui revient en boomerang  (quelle énorme contradiction entre la volonté d'aller vers plus d'Europe et la nationalisation du système bancaire !). Le deuxième mandat, avec Rocard qu'il détestait, vit le retour des combines politiciennes (débauchage de centristes douteux, comme Jean-Pierre Soisson, allié ensuite du FN dans sa région !). L’affaiblissement lié à la maladie mit en lumière les comportements douteux de l'entourage immédiat (dont celui du très proche Roland Dumas). Les écoutes téléphoniques furent révélés... etc.

 

15 ans après, que reste-t-il donc à admirer ?

Le courage d'abord. Nul besoin, comme l'histrion qui nous gouverne aujourd'hui, d'insulter le pauvre peuple (sous la protection de ses gorilles) pour en faire la démonstration !  Mitterrand n'a jamais tremblé intellectuellement (face à l'acharnement de ses adversaires politiques), ni physiquement (dans la résistance, face à la maladie, devant l'adversité...).

L'immense culture de cet homme ensuite, à qui nous devons de belles réalisations (réhabilitation du Louvre, Opéra Bastille, grande bibliothèque) et qui, sur ce plan, a fait honneur à sa fonction.

Le respect qu'il sut inspirer à l'étranger, sa résistance face aux pressions de l'URSS et des USA, l'achèvement de la réconciliation franco-allemande. Entaché hélas par une politique africaine mené un temps par un homme courageux (Jean-Pierre Cot) mais confiée très vite aux mains d'un fils minable et cupide.

 

Le temps qui passe tend à embellir les belles actions et à estomper les ombres et les turpitudes. Nous avons l'oubli sélectif ! D'autant que la succession fut calamiteuse avec un Chirac insipide, sachant se servir avant de servir, et un(e) espèce de ludion inculte, à l'ego gonflé mais à la tête vide, camelot de la politique vendant de la pacotille et de la poudre aux yeux, dont le verbe est pieusement recueilli par des media aux ordres et des journalistes serviles. Un homme qui met à mal notre démocratie et nous prépare des lendemains très incertains.

 

Pour moi, un dernier aspect positif paradoxal  : la trajectoire de Mitterrand me conforta dans la volonté, qui s’était intuitivement imposée, de ne jamais idolâtrer quiconque, de ne jamais aliéner ma liberté de pensée, de toujours donner la préférence aux idéaux, aux convictions, face aux hommes et aux organisations. J’ai haï toute forme d’embrigadement, toute camisole idéologique, tous ces ouvrages du prêt-à-penser que les philosophes et les élites offrent aux peuples du haut de certitudes… dont ils changent avec d’autant plus de facilité que leur position dans la cité se renforce.

 

PS : le journal Midi-Libre de ce jour rapporte ces propos de Gérard Saumade ancien député et président du Conseil Général de l'Hérault :

 

« Un jour, raconte Gérard Saumade, Mitterrand et Pierre Joxe viennent manger à Gignac avec le député PS Gilbert Senes. Au moment de repartir, Mitterrand exige du pilote de survoler le cimetière de Sète, où est enterré Paul Valéry. Ensemble, nous réciterons quelques strophes du fameux poème le Cimetière marin... »

La phobie de la différence

LA PHOBIE DE LA DIFFERENCE
LA PHOBIE DE LA DIFFERENCE

 

Inventaire à la Prévert :

Aethiopiphobie 
Afrophobie
Arménophobie
Biphobie
Bretonophobie
Christiannophobie
Corsophobie
Judéophobie
Lesbophobie
Nippophobie
Transphobie
Turcophobie

Islamophobie

Xénophobie

 

Ne font-ils pas de l'ethnophobie tous ces phobiques ?

 

J’ai moi aussi quelques phobies (en plus d’une sarkophobie aigüe) : j’ai horreur des processions, des prosternations, des adorations, des confessions… qui malheureusement caractérisent toutes les religions.

 

La religion ? Il y a des maisons pour ça : ce sont des maisons closes nommées lieux de culte.

 

Bâtissons donc, sans discriminations, mosquées, synagogues, temples, chapelles…  pour cacher à nos yeux ces saints que nous ne devrions pas voir !

 

 

Si j’impose aux cultures non occidentales de participer de ma vision des choses, et de se prêter à mes pouvoirs, comment, moi, est-ce que je reçois le message de ces cultures ?

Livrons-nous à quelques réflexions sur la façon mutilante et mutilée dont l’homme européen, par exemple, a reçu le message des civilisations africaines. Qu’ont-elles alimenté en nous jusqu’ici ? Quelques inspirations d’art, l’évasion dansée, et guère plus. Elles aboutissent donc à la boutique du marchand de tableaux, et aux caveaux du jazz. Que j’aime ce terme de « caveau », propice aux pénombres digestives ! Après tout, il s’agit toujours de digestion des uns par les autres. Civilisation de consommation, comme on dit. »  

 

Jacques Berque, Revue Esprit, 1969

Le Président : la face (très) sombre de la politique

 

 On lira ICI une critique pertinente du film de Yves Jeuland, tourné pendant la dernière campagne électorale de Georges Frêche.

 

Ce film a été présenté en avant- première à Montpellier aux proches et aux admirateurs de l'ancien président de Région, il y a une dizaine de jours. Les louanges, les larmes, les applaudissements, l'enthousiasme des groupies devant une œuvre qui  met sobrement en pièce leur héros, montre jusqu'où peut conduire le moutonnisme et le culte du chef.

 

Georges Frêche a fait de Montpellier une grande cité moderne et dans le même temps il a corrompu jusqu'à l'os la gauche locale, prête à tout accepter, à tout entendre, à tout faire pour complaire au seigneur local, grand dispensateur de fonctions et de deniers.

 

La fédération du PS entièrement noyautée par le besogneux Robert Navarro (aujourd'hui premier vice-président de la Région LR), homme à tout faire du président, vient d'être épinglée par la direction nationale du PS pour un trucage massif des scrutins internes. Seuls les sourds et les aveugles en ont été surpris, les autres étant bien sûr... muets.

 

Je me souviens d'avoir suivi, en 1977, au sein du comité du quartier populaire Celleneuve/ Petit Bard dirigé par Jean Lévy - figure admirable de la gauche locale-, la première campagne municipale victorieuse de Georges F. Heureusement Jean Lévy n'est plus ; il n'aura pas vu se dessiner la caricature que devint le leader de la gauche locale.

 

En politique, aujourd'hui, le constat est amer : pour "gagner" tout les moyens sont bons, que l'on soit de droite, de gauche ou même écolo. Les idéaux pèsent bien peu quand il s'agit d'occuper un quelconque fauteuil.

 

Nous voici à l'extrême limite de l'exercice de la démocratie (voir BLOG ICI).  Ceux qui propulsent vers le pouvoir des Frêche, des Sarkozy (ou des Berlusconi en Italie), tendent dangeureusement le fil ténu qui nous sépare de la dictature.

 

En ces temps difficiles où l'insécurité est partout - dans les quartiers certes- mais aussi et surtout au sein du foyer, au travail...  beaucoup d'hommes et de femmes ont besoin du réconfort illusoire d'aboyeurs, de protecteurs, de grands timoniers, de petits pères des peuples, de duce, de guides, de führers... l'histoire est là pour nous le confirmer.

Et la fin de cette histoire là est toujours tragique.

GSM, WiFi... : champs électromagnétiques et ondes impulsives ; des faits

GSM, Wi-Fi... DES FAITS !
GSM, Wi-Fi... DES FAITS !

 Histoire :

 Le train à vapeur faisait tourner le lait des vaches tellement il passait rapidement devant la tête des pauvres bovidés ...

 

Internet, ce magnifique outil de communication, est évidemment utilisé par des imposteurs, des illuminés ou des crétins, qui abusent de la crédulité humaine et de l'ignorance scientifique des populations, en faisant circuler les pires bobards qui, maintes fois répétés, finissent par prendre de la consistance.

 

Les campagnes anti-vaccinations sont un exemple -je dirais presque criminel, tant le génie de Jenner, Pasteur et consorts a sauvé de vies (variole, rage,  rougeole, polio, tétanos, choléra...)- de ces nouvelles formes de désinformation.

 

Ces mystifications ont un contre-effet pervers : leurs excès conduisent certains à négliger le principe fondamental de précaution... ce qui réjouit les productivistes et positivistes de tout poil. Les alertes sérieuses sont noyées dans un bruit de fond de canulars, de rumeurs, d’articles scientifiques bidonnés… Dans cette avalanche d’affirmations, toutes péremptoires, comment démêler le vrai du faux !

 

Ainsi, sur les effets des ondes pulsées (impulsives) en particulier et des champs électromagnétiques en général la confusion est à son comble !

 

Je voudrais tout d’abord rappeler que dans le domaine scientifique le doute est essentiel et qu’il doit- sans entraver sa créativité- constamment accompagner le chercheur...

 

Les champs électromagnétiques

 

Les téléphones portables, les émetteurs de radio et de télévision, les lignes électriques...  produisent des champs électromagnétiques dans le domaine des radiofréquences. Ces flux se superposent aux rayonnements naturels (comme les irradiations cosmiques par exemple).

 

Le principal effet biologique des champs électromagnétiques de radiofréquence est de nature thermique. On mesure habituellement leur densité énergétique en watts par mètre carré (W/m2).

 

Il faut savoir que plus la fréquence est haute (et donc la longueur d'onde basse) plus le rayonnement porte d'énergie.

 

 Parmi les rayonnements qui composent le spectre électromagnétique, les rayons gamma émis par les substances radioactives, les rayons cosmiques et les rayons X, de très courtes longueurs d'onde, constituent les rayonnements les plus énergétiques («ionisants"; ils peuvent rompre des liaisons chimiques). Les champs électromagnétiques d'origine humaine  engendrent des rayonnements qui se situent dans le domaine des ondes radio, ils sont peu énergétiques (« non ionisants").

 

Il faut noter ensuite que la densité de puissance du signal est inversement proportionnelle au carré de la distance et que donc qu'elle diminue très vite avec l'éloignement de l'émetteur.

 

Le téléphone est généralement tenu à proximité immédiate du cerveau, ce qui n’est pas le cas des équipements Wi-Fi (à l'exception des téléphones Wi-Fi). 

 

Le tableau joint ci-après présente les effets thermiques de différentes sources de champs électromagnétiques. Il montre très clairement qu'un téléphone portable placé près de l'oreille diffuse une puissance énergétique significative.

 

Malgré la permanence d'exposition, les effets thermiques des ondes Wi-Fi sont  unanimement reconnus comme étant négligeables.

 

Les ondes pulsées (impulsives)

 

Pour certains le problème est ici. Ils évoquent pêle-mêle le radar et les fours à microonde dont les fréquences utilisées (qui permettent de vaporiser les molécules d'eau) seraient les mêmes que le GSM (voila pourquoi nous avons souvent le cerveau en ébullition !)...

 

L'effet thermique que j’évoquais précédemment pour les GSM  concerne l’onde porteuse dont la fréquence est de l’ordre de 1000 MHz. Avec les ondes pulsées, l'onde porteuse est ouverte et fermée à une cadence très rapide. Les systèmes numériques transmettent ainsi l'information par rafales, introduisant une modulation d'amplitude sur l'onde porteuse pour transmettre les données sous forme de train d'ondes. 

 

Certains scientifiques font remarquer que ces "bouffées" présentent des risques autres que ceux  liés aux effets thermiques (proportionnés à la densité de puissance).  Ils évoquent des effets génotoxiques,  ils présentent des cas de sujets souffrants d'électro-hypersensibilité , incommodés par les ondes pulsées malgré les faibles puissances des radiations reçues.

 

Il faut savoir qu’à ce jour aucune étude scientifiquement et statistiquement valable n’a pu mettre en évidence un quelconque effet athermique de ces ondes radios.

 

 

Au contraire des expériences en double-aveugle, ont conduit l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmer  qu'il n'y avait aucune corrélation entre la présence ou non des ondes et les symptômes observés. Ces derniers seraient donc attribuables à d'autres facteurs (pollutions diverses, mauvais éclairage, stress... et peut-être surtout aux longues heures passées devant des écrans !).

 

Le principe de précaution

 

Je joins deux textes : un rapport d'étape assez complet de l'OMS et un avis du spécialiste belge André Vander Vorst, expert en hyperfréquences de l’Université Catholique de Louvain (UCL) et membre du Conseil Supérieur de la Santé (Belgique) qui insiste sur la nécessité de mettre en place des normes plus sévères. Voir aussi ICI à propos des risques sanitaires des télécommunications.

 

Téléphone portable

 

Nul n'est besoin d'être un grand scientifique pour ressentir un échauffement de l'oreille après une conversation prolongée avec un portable, cela est corroboré par le tableau donné ci-après.

 

Il existe un large consensus sur les précautions qui devraient être prises :

 

- éviter toute utilisation de portables par un enfant de moins de 12 ans,

- limiter dans la durée les conversations avec un portable sans oreillettes, personnellement je dépasse rarement 5 minutes

- limiter l'utilisation du portable dans le temps ; avoir comme seule source de télécommunication un portable, n'est pas une bonne idée.

 

Wi-Fi, Bluetooth

 

Aucune étude scientifique sérieuse n'a démontré à ce jour une nocivité particulière de ces dispositifs. Néanmoins nous avons vu que l'énergie reçue d'un émetteur Wi-FI diminuait très rapidement avec la distance, on peut donc facilement éviter d'être à moins d'un mètre de la source,  qui peut être maintenant facilement déconnectée pendant les périodes de non-utilisation. Rappelons enfin qu’il est possible de créer un réseau domestique à partir du circuit électrique avec des prises CPL200 (toutes compatibles).

 

Se passer du Wi-Fi et de tous les dispositifs sans fils parait donc très exagéré vis-à-vis du risque potentiel encouru ! Nous prenons beaucoup plus de risques sanitaires en consommant des fruits et légumes forcés à coup de pesticides et d’engrais.

 

NB :

Téléphonie mobile

Il faut noter que l’appellation générale "ondes pulsées" pour la téléphonie mobile est  inappropriée. Deux technologies très différentes sont utilisées :

 

- la technologie GSM que j'ai évoquée :  le téléphone mobile d’un utilisateur émet de manière discontinue un signal d’une fréquence voisine de 900 MHz ou 1 800 MHz, avec une durée d’émission de 576 microsecondes suivie de sept périodes de même durée sans émission, puis émission d’un nouveau signal de 576 microsecondes, etc. 

 

- la technologie UMTS : le téléphone UMTS d’un utilisateur émet de manière continue un signal d’une fréquence voisine de 2 100 MHz, comme les antennes-relais UMTS.

 

Wi-Fi

Il s'agit ici d'ondes pulsées (impulsives) de très hautes fréquences qui diffusent dans l'ensemble de l'environnement mais traversent mal les murs. La puissance émise par les équipements Wifi (~30 mW) est vingt fois moindre que celle émise par les téléphones mobiles (~600 mW)  .

Les adaptateurs 802.11n actuellement disponibles, sont simple-bande à 2,4 GHz ou double-bande (2,4 GHz ou 5 GHz, au choix).

 

Complement (le 05/01/2011)

 

WIMAX   DIJON SE DEPEUPLE !

La peste des temps modernes serait donc ce que certains appellent l'électrosmog !

Depuis la fin du XIXème siècle nous sommes immergés dans des champs électromagnétiques d'origines multiples.

Depuis l'invention du radar, des systèmes d'alarmes, du four microondes,... du Wimax, nous sommes soumis à des champs d'hyperfréquence (onde porteuse) accompagnés de pulsations de basses fréquences (ondes impulsives).

 

De nombreuses associations affirment de façon péremptoire(avec le plus souvent des arguments scientifiques qui font sourire) que tous les systèmes de transmission sans fils constituent un risque sanitaire majeur pour les populations.

 

Malheureusement leurs études, rapports... sont entachés, comme ceux des tenants de la thèse inverse, de deux défauts rédhibitoires : des à priori (on ne retient que les éléments favorables à la thèse que l'on défend) et des conflits d'intérêts.

 

A ce propos on est obligé de constater que le rapport "BioInitiative" qui est la bible des "antis sans-fils" est principalement rédigé et édité par Cindy Sage, également gérante d’un cabinet de consultants spécialisé dans le domaine de la protection contre les champs électromagnétiques !

 

Enfin à propos de l'électrosensibilité (reconnue dans certains pays comme la Suède), des expériences laissent perplexes. Des "électrosensibles" placés dans un laboratoire n'ont jamais pu détecter des champs électromagnétiques-beaucoup plus puissants que ceux qu'ils mettaient en cause- qui y étaient disposés !

 

En clair, les études de provocation ne permettent pas de démontrer l’existence d’un mécanisme biophysique pour l’EHS (Rubin et coll., 2010).

De plus le fait que les symptômes apparaissent aussi bien dans les conditions où le champ est réellement généré ou non peuvent être expliqués par des effets nocebo (Röösli, 2008 ; Rubin et coll., 2010).

 

 Rubin, GJ., Nieto-Hernandez, R. & Wessely, S. (2010). Idiopathic environmental intolerance attributed to electromagnetic fields (formerly ’electromagnetic hypersensitivity’): An updated systematic review of provocation studies. Bioelectromagnetics, 31, 1-11.

Roosli, M. (2008).Radiofrequency electromagnetic field exposure and non-specific symptoms of ill health: A systematic review. Environ Res, 107, 277-287. 

 

Donc principe de précaution, notamment pour le Wimax et les mobiles OUI, ; panique et comportements irrationnels, NON !

 

 

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STEPHANE HESSEL : UNE ADMIRATION SANS BORNE

STEPHANE HESSEL, LE VIEIL HOMME INDIGNE QUE J'ADMIRE
STEPHANE HESSEL, LE VIEIL HOMME INDIGNE QUE J'ADMIRE

 

Stéphane HESSEL : un homme que j'admire inconditionnellement. Déporté, résistant, gaulliste, ambassadeur de France... mais surtout humaniste engagé contre toutes les oppressions.

 

Son engagement en faveur de la création d'un état palestinien lui a valu d'être qualifié "d'antisémite" par les fanatiques pro-israéliens («serpent dont il faudrait écraser la tête», Pierre-André Taguieff).

 

À 93 ans, l'ambassadeur de France demeure porté par une énergie hors du commun qui lui permet, en l'espace d'une semaine, de prendre la parole à Buchenwald, où il fut déporté, puis de se rendre à Gaza pour réclamer la libération du soldat franco-israélien Guilad Shalit face au premier ministre du Hamas. Lire la suite sur Mediapart.

 

«Je suis un sartrien, je considère qu'il a raison quand il dit: “On devient Homme en s'engageant.”» Stéphane HESSEL

 

Stéphane Hessel est aussi un amoureux de la poésie. J'aime beaucoup son poème préféré :

 

J'ai cueilli ce brin de bruyère,
L'automne est morte, souviens-t-en,
Nous ne nous verrons plus sur terre.
Odeur du temps, brin de bruyère,
Et souviens-toi que je t'attends.

 

Guillaume Apollinaire

 

 

La fête de la "gentillesse"

 

La fête de la Gentillesse -que l'on nous incite à célébrer ce samedi 13 novembre- est une invention de nos amis anglo-saxons ("World Kindness Day"), qui en connaissent un rayon pour faire marcher le commerce ! Après les mères, les pères, les grands-mères, les femmes... voici les gentils.

Mais savons-nous discerner aujourd'hui les gentils des méchants ?

 

Dans la bible les Gentils étaient les non-Juifs ; au Moyen-âge les chrétiens désignaient tous les paiens sous ce vocable (voir Somme contre les gentils de Thomas d'Aquin), classifications simples et radicales, tout à fait manichéennes.

 

Tout petit, je voyais des gentils partout ! Au point que ma grand-mère paternelle, qui ne manquait pourtant jamais les Vêpres, en était agacée. J'étais un enfant naïf, je fus un adolescent naïf et j'ai désespérément essayé de rester un homme naïf : c'est tellement rassurant de vivre dans un monde de gentils.

 

Pourtant la vie nous apprend très vite que dans bien des gentils il y a un salaud qui sommeille et que le méchant n'est plus toujours celui que l'on vous a désigné. C'est une période douloureuse de notre vie ou les pistes sont brouillées : le Mal, le Bien, le Bon, le Méchant… qui est quoi, qui est qui ? Selon votre degré de naïveté ce temps vient plus ou moins vite, dure plus ou moins longtemps.

 

C'est d'autant plus difficile de discerner les gentils des méchants que souvent l'homme varie : tel gentil patenté, dûment estampillé, devient subitement douteux ; de la méchanceté remonte à la surface ! En vieillissant beaucoup de gentils deviennent méchants, l'inverse est rarement vrai.

 

Gentil est un mot bien galvaudé : on trouve même un club des gentils boursiers !

 

Alors, gentil est un mot que j'ai désormais réservé à mes compagnons à 4 pattes. Un gentil chien ne vous mordra pas les mollets alors que j'ai vu de "gentils" camarades ou collègues enfoncer sans vergogne  le poignard dans le dos.

 

Fêtons, si nécessaire, les gens serviables, généreux ou solidaires -il en reste encore- ou la fraternité comme devrait nous y inciter la devise de notre république.

 

Personnellement, je préfére jauger et apprécier les hommes à partir de leur honnêteté, de leur fidélité à des principes et à une éthique. J'ai malheureusement constaté que les candidats à ce label étaient nettement plus rares.

Il est sans aucun doute plus facile d'être gentil qu'honnête.

 

Je vais plus loin : pour progresser dans notre société, l'honnêteté est parfois devenue une vertu handicapante !

 

 Naïf comme je voulais le rester, j'ai été malhonnête avec moi-même : j'ai trop longtemps rejeté ce constat affligeant. Un homme de gauche doit coûte que coûte croire en l’homme. Croyez- moi cela me coûte beaucoup !

Dieu, que de crimes sont commis en ton nom !

 

" L'homme est-il simplement une erreur de Dieu ? Où Dieu simplement une erreur de l'homme ?" Friederich Nietzsche

 

L'assassinat sauvage de chrétiens dans une église de Bagdad par de sinistres barbus illuminés -se réclamant du même Dieu unique que leurs victimes-, est à ajouter au palmarès sanglant des religions monothéistes.(*)

 

Depuis les croisades on massacre avec allégresse au nom de ce Dieu  "miséricordieux". Les turpitudes d'Hitler, de Staline, de Pol Pot... sont une peccadille à côté des génocides et autres atrocités perpétrés au nom de la croix ou du croissant !

 

Le dernier refuge de la barbarie ne se trouve plus derrière les barreaux de quelques dictatures mais dans le prêche d'un pape moyenâgeux, d'un clergé déviant, d'imans incultes, de rabbins fanatiques.

 

Certes la mitre et la crosse, les hommes de la kippa et des bouclettes, agissent aujourd'hui avec plus de discrétion que les adeptes de Ben Laden.

 

 

Mais JP 2 et Benoit 16, en interdisant le préservatif, sont en partie responsables des millions de morts en Afrique (dans le même temps, ils couvraient les abus sexuels de prêtres en manque de chair fraiche), mais les juifs orthodoxes sont à l'origine de la création d'immenses camps de concentration et de l'asphyxie de tout un peuple en Palestine.

Accessoirement, les puritains américains, autour d'une tasse de thé, continuent de distiller une haine viscérale de l'Autre et le racisme primaire du KKK, tout en  invoquant les noms d'Hitler et de Staline réunis dès qu'il s'agit d'organiser la plus minime solidarité avec les plus démunis... Bien entendu au nom d'un Dieu bien blanc, bien américain !

 

En invoquant leur Dieu, ces hommes de religion font bien peu de cas des hommes. A la Déclaration Universelle des Droits,  ils opposent de "saintes écritures" maintes fois manipulées, trafiquées, interprétées, pour servir leurs dessins : décerveler, asservir, dominer.

 

Aujourd'hui à l'entrée des temples, des mosquées, des églises, des synagogues... on devrait imposer des pancartes portant un avertissement solennel : L'abus de religion nuit gravement à la société.

 

Préservons jalousement notre état laïc. Nous avons fait trop de concessions aux curés, rabbins et imans qui veulent rogner nos libertés, pervertir notre démocratie, affaiblir notre république. Quand on veut manger avec le diable il faut se munir d'une longue cuillère !

 

(*) : On annonce pour bientôt la lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, Iranienne condamnée à mort pour adultère. Au hit parade des barbares, les ayatollahs et mollahs ne sont pas mal non plus !

Thanatos

  ..

Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes
Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes
Et détournant mes yeux de ce vide avenir
En moi-même je vois tout le passé grandir

 

Guillaume APPOLINAIRE, Alcools,

 

Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
...
Il semble que la Mort est la soeur de l'amour
La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
 ...
La mienne n'aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul, dans la main une faux
Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu'il faut
 ...
De grands yeux d'océan, une voix d'ingénue
Un sourire d'enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
 ...
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l'ivoire des dents

...

Paroles de Jean Roger CAUSSIMON pour Léo FERRE

 

 

Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d’un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n’auras pour alcôve et manoir
Qu’un caveau pluvieux et qu’une fosse creuse ;

Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu’assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,

Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni,

Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n’avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.

 

Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal, 

 

CLIMAT : LES CONCLUSIONS DE L'ACADEMIE DES SCIENCES

 

Voici les conclusions de la commission crée par l'Académie des Sciences propos de l'évolution climatique. Ce rapport avait été demandé à la demande de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, suite aux diverses publications des trois "climato-sceptiques" français : Vincent Courtillot, Yves le Mouël et Claude Allègre.

 

CONCLUSIONS

Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003.

Cette augmentation est principalement due à l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère.

L’augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l’activité humaine.

Elle constitue une menace pour le climat et, de surcroît, pour les océans en raison du processus d’acidification qu’elle provoque.

Cette augmentation entraîne des rétroactions du système climatique global, dont la complexité implique le recours aux modèles et aux tests permettant de les valider.

Les mécanismes pouvant jouer un rôle dans la transmission et l’amplification du forçage solaire et, en particulier, de l’activité solaire ne sont pas encore bien compris. L’activité solaire, qui a légèrement décru en moyenne depuis 1975, ne peut être dominante dans le réchauffement observé sur cette période.

Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage océan‐atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone.

Les projections de l’évolution climatique sur 30 à 50 ans sont peu affectées par les incertitudes sur la modélisation des processus à évolution lente. Ces projections sont particulièrement utiles pour répondre aux préoccupations sociétales actuelles, aggravées par l’accroissement prévisible des populations.

L’évolution du climat ne peut être analysée que par de longues séries de données, à grande échelle, homogènes et continues. Les grands programmes d’observations internationaux, terrestres et spatiaux, doivent être maintenus et développés, et leurs résultats mis à la libre disposition de la communauté scientifique internationale.

Le caractère interdisciplinaire des problèmes rencontrés impose d’impliquer davantage encore les diverses communautés scientifiques pour poursuivre les avancées déjà réalisées dans le domaine de la climatologie et pour ouvrir de nouvelles pistes aux recherches futures.

 

Le 26 octobre 2010

JEUNES, SOYEZ REALISTES : DEMANDEZ L'IMPOSSIBLE !

 

C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une Révolution !

Réponse à Louis XVI, le 14 juillet 1789

 

Ceux qui croient que la jeunesse manifeste pour sa retraite (des petits vieux avant l'âge dixit l'UMP) montrent à quel point ils sont déconnectés des réalités de ce pays !

 

Beaucoup de jeunes pensent - et c'est beaucoup plus grave pour ce régime- que  leur avenir dans la France d'aujourd'hui... c'est "No future".

 

L'histoire ne repasse pas les plats, mais elle est riche de leçons que nos gouvernants devraient méditer.

Notre jeunesse est turbulente, insolente, parfois violente... mais généreuse. L'image que la société lui renvoie aujourd'hui, est celle du fric, de l'égoïsme, d'un modèle de réussite qui passe par l'épaisseur d'un compte en banques.

 

Mais nous ne sommes pas des anglo-saxons et comme à la fin des années 60, les pré-adultes le disent de façon virulente à celui qui nous gouverne et vénère tant tout ce qui vient d'outre-atlantique.

 

La dernière mode, initiée par le philosophe mondain Luc Ferry, est de réduire mai 68 à une révolte de petit-bourgeois dont le seul but était d'accéder... au dortoir des filles dans les cités.

 

Les lycéens, les étudiants d'alors avaient en fait la même aspiration qu'aujourd'hui : être libre de vivre et de s'épanouir dans une société qui leur ferait une petite place et leur proposerait un avenir plus exaltant.

 

Certes nous étions dans une société de quasi plein emploi, mais l'on oublie que dans  les dernières années du gaullisme -toute la partie pompidolienne en fait- le seul slogan était: enrichissez-vous !

 

Et que ceux qui s'enrichissaient étaient, comme aujourd'hui, une petite caste d'entrepreneurs-trafiqueurs-financiers, très proches du pouvoir.  Les morts non élucidées de trois ministres giscardo-pompidoliens (De Bröglie, Fontanet et Boulin) témoignent des rapports douteux qui déjà à l'époque liaient pouvoir et puissance d'argent.

 

Le dernier des gaullistes historiques, Jacques Chaban-Delmas, un temps premier ministre, conseillé par Jacques Delors, avait bien vu le danger et proposé une "Nouvelle société". Il fût promptement mis à la porte par Pompidou, adepte de Guizot !

 

Ce que nous ne cessons de payer depuis le premier choc pétrolier, ce n'est pas mai 68, mais la mise sous le boisseau d'un projet réformiste en 1972-73.

 

Le combat de tous ceux qui se mobilisent aujourd'hui rassemblent les réfractaires au modèle de société de Nicolas Sarkozy et de ses amis du CAC 40 : les Bouygues, Bolloré, Lagardère, Pinault, Arnault et consorts. Il est normal et légitime que les jeunes y aient toute leur place.

 

Finalement grâce à Sarkozy, la retraite à 60 ans est devenue le dernier symbole des luttes du monde du travail.

Au pas de la mondialisation

 

Comme il s'était rendu au Fouquets après son élection, se faire applaudir par le gratin de la finance, des media et du show-biz , N. Sarkozy est allé hier faire acclamer sa fermeté réformatrice ... à Deauville !

 

Le président, s'il n'en mesure pas toujours toutes les conséquences, aime bien les symboles. Ficher et expulser les Roms, puis tout de suite après aller se confesser chez le Pape, c'est très fort. Personne n'avait osé avant lui aller aussi loin... dans le cynisme et la caricature !

 

On discerne à peu près maintenant les tenants et les aboutissants de la politique sarkozienne. Un seul objectif : se faire réélire, des moyens : toutes les ficelles de la politique politicienne, une force : la servilité de certains hommes.

 

Après avoir utilisé la méthode éculée du débauchage de ce qu'il y a de moins regardant sur l'éthique dans le camp d'en face (Kouchner, Besson, Amara) - tout en rassurant ses parrains avec le bouclier fiscal-  le président se replie en bon ordre vers l'extrême droite. Comme le disait Mitterrand, il faut en priorité rassembler ses propres forces avant la bataille.

 

L'affaire des retraites apparait donc  maintenant pour ce qu'elle est : un début de démantèlement du système par répartition ouvrant la voie  aux  juteux fonds de pension  réclamé par le patronat. La presse a relaté ces jours-ci que le propre frère du président, Guillaume Sarkozy, membre influent du MEDEF, était à la manœuvre :

 

Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l'éclosion de ces grands fonds de pensionqui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d'ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric... dont le délégué général est le frère du président !

 

Si les syndicats, qui ont bien compris l'enjeu de cette réforme, se battent unitairement avec l'énergie du désespoir (sans doute poussé par une base extrêmement offensive), le PS, une nouvelle fois, navre par sa faiblesse. Le retour annoncé, à longueur de communiqué, à la situation antérieure n'est qu’un aveu d'impuissance.

 

 Ce n'est pas en se référant constamment au passé, que la gauche va convaincre les français, écœurés par les jeux politiciens. La vieille soupe démagogue, les slogans usés, ont fait, depuis longtemps, leur temps. Sarkozy va sans doute  l'apprendre à ses dépends en 2012.

 

C'est une nouvelle société que la gauche devrait proposer aux français, qui s'appuie sur tous les fondamentaux de la République : justice, égalité, liberté, solidarité, laïcité, tous mis à mal par le sarkozysme.

 

Mais les moyens pour y parvenir ne sont pas ceux d'hier. La réflexion sur la méthode, sur un véritable projet de gauche, n'a pas vraiment commencée, ou alors cela m'a échappé. Ce n'est pas en comparant les tares et les vertus supposées de DSK, Aubry, Royal et consorts et en bricolant un ersatz de programme sur un coin de table, que l'on va redonner aux français l'espoir en des jours meilleurs !

 

La France de Sarkozy n'est donc pas celle de ceux qui travaillent : salariés, professions libérales, artisans... mais le pays de ceux qui encaissent, de ceux qui se couchent et se lèvent tard et dont l'occupation principale est de consulter les cours de la bourse et de soustraire leur magot au fisc.

 

Sarkozy met notre pays au pas de la mondialisation selon les canons du modèle anglo-saxon. Voila sa grande réforme. Nous étions au bord du gouffre... avec lui nous avons fait un grand pas en avant !

 

Dans les ascenseurs des tours de New-York, de Shanghai, de Taiwan et d'ailleurs, des multitudes d'écran crachent à longueur d'étages les cours du Down, du CAC, du Dax, du Nikkei, du Footsie ...  pour que les hommes de main des grands financiers puissent à coup de sms  jongler à tout moment avec les milliards. 

Dans le même temps en France, en Europe, en Amérique... la fin du mois commence pour beaucoup le 15 ; dans le monde des milliards d'individus sont malnutris.

 

 

La beauté des mathématiques

  « Ce qui nous attire, nous frêles humains, vers les mathématiques, c’est qu’elles confrontent l’incertitude et le caractère relatif de la pensée humaine à l’absolue certitude de la vérité mathématique. » David Ruelle

 

Les mathématiques m'ont toujours fasciné. Un parcours scolaire erratique, mais sans doute aussi des capacités d'abstraction insuffisantes, m'ont conduit vers d'autres rivages.

 

Parmi les sciences, je mets bien sûr les mathématiques au-dessus de tout. D'ailleurs aujourd'hui quel scientifique peut se passer des mathématiques ?

 

Malheureusement nos pédagogues n'ont toujours pas intégré cette donnée. A l'université la majorité des collègues de chimie, de biologie, des sciences de la terre... n'ont qu'un but éliminer au plus tôt les mathématiques de leurs cursus. Pour ne pas effrayer les étudiants, il est vrai fort peu armés par le lycée pour affronter l'algèbre linéaire !

 

Ce qui m'attire dans les mathématiques, au-dela de la rigueur d'une démonstration, c'est l'esthétique de la forme. Beauté des nombres, des équations, des courbes, des symétries. Elégance du geste du chercheur qui s'affirme parfois dans la gratuité de la démonstration d'un théorème, comme celui de Fermat.

 

Pour moi, ce qui est beau est simple, limpide. Quoi de plus limpide que la machinerie mathématique : à partir d'un énoncé supposé vrai (les axiomes), avec des règles de déduction, le mathématicien énonce de nouveaux théorèmes. Simplement muni d'un langage formel, de lois strictes de déduction et d'un ensemble d'axiomes, le mathématicien peut partir à la conquête de l'univers.

 

Je retrouve dans le livre de David Ruelle (1), que je viens seulement de découvrir, un écho à ces propos.

 

David Ruelle est un physicien théoricien -presque un mathématicien donc !- Sa passion pour les mathématiques ne l'aveugle pas : à propos d'Alexandre Grothendieck, dont j'ai longuement parlé sur ce site il écrit par exemple, :  "Il s’est passé quelque chose de peu honorable. Et l’élimination de Grothendieck restera une tache dans l’histoire des mathématiques du XXème siècle ".

 

Il ne cache pas non plus que les mathématiques restent souvent un outil de sélection, y compris au sein de sa communauté. Il rappelle comment à l'université de Moscou, sous le régime soviétique, on instaurait des quotas d'enseignants juifs en leur proposant au concours des démonstrations quasiment infaisables dans le temps imparti.

 

S'il parle du formidable apport du groupe Bourbaki, de la grande qualité des mathématiciens français du XXème siècle,  il n'omet pas de dire qu'il y a des salauds partout y compris chez les mathématiciens et à propos de la communauté scientifique  il écrit :

 

"Il ne fait aucun doute que certains d'entre eux sont des salauds et d'autres des tricheurs. Il m'arrive d'être impressionné par la force morale d'un collègue, mais également par la faiblesse d'un autre."

 

Ce que j'ai pu noter assez souvent dans mon métier d'enseignant-chercheur ! Les pires étant les salauds gentils, ceux qui vous tirent dans le dos !

 

Je pense en effet comme lui que même si les aspects moraux et politiques de la science ne constituent pas notre objectif principal, nous ne pouvons uniquement nous consacrer à la beauté platonicienne des formes.

 

Mais il sait surtout choisir des exemples frappants pour nous dévoiler la diversité des approches mathématiques. A propos du théorème du papillon dont la démonstration qui parait aisée s'avère difficile en géométrie euclidienne, il montre qu'une autre approche (en géométrie projective) le rend presque évident... c'est la beauté cachée des mathématiques !

 

Les mathématiques se sont encore épurées avec l'introduction explicite des structures (comme la structure des groupes). David Ruelle revient à ce propos sur l'apport d'A.Grothendieck qui a proposé une vue dynamique des structures :

 

"On n'attaque pas un problème de front, mais on l'enveloppe et le dissout dans une marée montante de théories générales."

 

Tout cela sans perdre de vue les problèmes à résoudre... ou à dissoudre !

 

Le mathématicien a donc accès au monde élégant des structures naturelles tout comme, selon Platon, le philosophe peut atteindre au monde lumineux des idées pures.

 

... nous savons qu'il y a une différence du tout au tout entre celui qui est versé dans la géométrie et celui qui ne l'est pas. Platon, La République, Livre VII

 

Les grands mathématiciens sont-ils donc des surhommes ? En tout cas souvent des hommes à part semble penser David Ruelle qui remarque "que beaucoup ne sont pas bien adaptés socialement."

Il rappelle le lien fait avec l'autisme par Ioan James : " Il a été avancé que des caractéristiques autistiques modérés peuvent être à l'origine de l'obstination et de la détermination qui permettent d'exceller, spécialement lorsqu'elles sont combinées à un haut niveau d'intelligence."

 

David Ruelle, qui évoque dans ce livre les apports de nombreux grands mathématiciens, indique que nombre d'entre-eux ont été victimes de graves dépressions : Kurt Gödel, qui est mort d'inanition de peur d'être empoisonné, David Hilbert (dont la distraction était légendaire), Felix Klein et Alan Turing, mathématicien  homosexuel anglais condamné en 1952 à subir pendant un an  des injections d'hormones féminines. Il se suicidait deux ans plus tard.

 

Vous trouverez sur ce site une ébauche de sujet autour des mathématiques (art, poésie, sciences...), que j'espère pouvoir nourrir au fil du temps. Nul besoin d'aimer les mathématiques pour découvrir dans ces pages leur beauté et l'admiration qu'elles suscitent.

 

"Nous devons être prêts à admettre que la perfection, la pureté, la simplicité que nous aimons en mathématiques sont liées métaphoriquement à notre quête de perfection, de pureté et de simplicité humaines."

 

(1) David RUELLE, L'étrange beauté des mathématiques, Odile Jacob (2008)

 

A l'aide à l'aide A l'aide...

Marilyn dans The Misfits
Marilyn dans The Misfits

 

A l'aide à l'aide

A l'aide

Je sens la vie qui se rapproche

alors que tout ce que je veux

c'est mourir...

 

Marilyn Monroe, au Dr Mike Fayer (1958), Fragments, p163

 

Naître avec un pied bot, un membre atrophié, un visage repoussant, afficher un handicap visible vous attire sympathie, pitié ou au contraire provoque la répulsion et le rejet. Il assigne votre place au sein de la communauté des gens "normaux" et dès lors la communication s'établit sur des bases claires.

 

Tel n'est pas le cas de ceux pour qui la chimie du cerveau est perturbée par quelques dysfonctionnements dans la production ou la circulation de ces messagers chimiques, les neurotransmetteurs (ou neuromédiateurs), qui régulent  humeurs, pulsions et angoisses.

 

Quand la beauté, le charisme, l'intelligence, le talent..., renvoient au monde entier l'image du bonheur et du succès, vivre avec ce handicap devient parfois, un supplice.

 

Alors au jour le jour il faut compenser, lutter pour donner le change et continuer à renvoyer aux "gens normaux" les signaux qu'ils attendent de vous.

 

En lisant "Fragments"(1), qui rassemble divers écrits bruts de Marilyn (je dirais des bribes, des lambeaux de vie), on perçoit combien cette lutte est inégale, comment la souffrance qui accompagne chacun des actes de sa vie quotidienne, de sa vie amoureuse, de sa vie professionnelle, va finir par l'emporter hors de ce monde, vers la tombe ou l'asile.

 

Pas besoin d'avoir beaucoup lu Freud (qu'elle connait bien) pour saisir que fuir à la fois l'image de la mère -qui finira folle- et chercher dans tous les hommes l’amour et le réconfort d'un père inconnu, ne l'aide pas à sortir de ce marasme psychologique.

 

Alors Marilyn se drogue, s'allonge avec le premier homme qui passe, séduit un président, un chanteur maffieux, un roi de la pègre, un écrivain célèbre... mais surtout, de psychanalyses en psychanalystes -avec lesquels elle va aussi finir par coucher-, elle cherche à comprendre, à traquer au tréfonds d'elle-même, la bête immonde qui l'étouffe (2).

 

L'issue, elle la connait, elle la réclame dans ce petit poème que j'ai retranscrit plus haut.

 

Ce document est bouleversant. C'est un témoignage éloquent sur la souffrance psychique et la révélation d'une intelligence toute entière tendue vers le déchiffrage du soi.

 

Oh comme j'aimerais être

morte - absolument non existante -

partie loin d'ici - de partout mais comment le ferais-je

il y a toujours des ponts - le pont de Brooklyn

Mais j'aime ce pont

...

Donc

il faudrait que ce soit un autre pont

un pont moche et sans vue - sauf

que j'aime chaque pont en particulier - il y a quelque chose en eux et d'ailleurs je n'ai

jamais vu un pont moche

 

Poème non daté ( .. elle était un poète au coin de la rue essayant de réciter ses vers à une foule qui lui arrache ses vêtements - Arthur Miller-)

 

(1) Fragments, Marilyn Monroe

 

(2) Il est fortement conseillé de lire en parallèle Marilyn dernières séances, publié chez Grasset (2006), par le psychanalyste Michel Schneider

 

Marilyn, Palm Springs, 50 ans après

Ce juif polonais qui a fait honneur à la France...

 

Georges Charpak est mort.

 

Clos à jamais le regard bleu intense, pétillant de malice, de ce juif polonais fou de science et d'humanisme. Voila un "bon français" qui aurait volontiers botté le cul des Sarkozy, Besson et autre Hortefeux, qui exhalent les remugles du pétainisme. Lui qui fut résistant et passa par Dachau, savait à quoi conduit la désignation de boucs émissaires.

 

Fou de science, Charpak le fut jusqu'à la fin. Bricoleur de génie il travaillait encore sur de nouveaux générateurs de rayons X. Car Charpak n'était pas seulement un brillant théoricien, c'était aussi un expérimentateur hors pair.


Après son prix Nobel de Physique, il entreprit de faire partager sa passion aux plus jeunes et s'investit dans le projet La main à la pâte destiné à éveiller la curiosité scientifique des tout-petits. On ne peut pas dire qu'il fut particulièrement aidé par les autorités et il pestait contre "les cons des ministères".

 

Pourtant cette expérience était très importante au moment où se dessinait presque partout dans le monde, mais surtout en Europe, une désaffection préoccupante pour les études scientifiques en général et pour la physique en particulier.

 

J'ai eu le privilège d'assister à une conférence de Charpak à Montpellier (il fut élève du Lycée Joffre), juste après son Prix Nobel. J'ai toujours devant moi le regard turquoise pétillant de malice de ce passionné !

 

A lire Mémoires d'un déraciné, physicien et citoyen du monde, Éditions Odile Jacob, 2008

Le monstre doux

 

 

"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.


Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?"


Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840)

 

A lire : Raffaele Simone, Le Monstre doux. L'Occident vire-t-il à droite ?

 

 

Rentrée : une immarcescible candeur...

 

Jean Daniel, que j'ai beaucoup admiré, écrivait à propos d'Eric Woerth dans son blog de juillet dernier : " un visage digne et ténébreux [qui] évoque une immarcescible candeur".

Le Littré traduit pour immarcescible : qui ne peut se flétrir.

 

Pauvre J. Daniel, la candeur, non plus, n'est plus ce qu'elle était et l'image immaculée du ministre laisse place à un profil de coquin qui s'est servi de sa position au gouvernement pour renflouer les caisses de son parti et accessoirement imposer sa femme auprès de la plus grosse fortune de France. Bon appétit messieurs ! 

 

"L'état s'est ruiné dans ce siècle funeste,
Et vous vous disputez à qui prendra le reste !"

Victor Hugo, Ruy Blas


Je l'ai écrit ici, pratiquement tous les éditorialistes le soulignent (sauf évidemment celui du Figaro qui est devenu l'organe de propagande de l'UMP (sous la férule du sémillant E. Mougeotte), la France est aujourd'hui le seul pays démocratique où un homme, avec une telle carte de visite, peut rester ministre.

 

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Pauvre éducation nationale ! Elle part à vau-l'eau. Tous les Diafoirus sont à son chevet ; ils viennent dans les media vendre leur bouquin de rentrée. Quant au gouvernement il administre les traitements de nos ancêtres : la saignée annuelle censée redonner des couleurs au malade !

 

On taille, on charcute, on improvise d'un côté ; on s'arc-boute sur des concepts, des slogans antédiluviens de l'autre. Entre les deux, les jeunes, qui se sms-isent, ont le même respect pour la culture que notre président et comme lui ne rêvent souvent que d'une chose "gagner un max de thunes " !

 

Nous savons pourtant que le principal vecteur d'intégration est l'école. Certes pas l'école de Jules Ferry, mais l'école du vivre ensemble, du civisme, de la tolérance, de l'apprentissage des fondamentaux, sans oukases, avec pragmatisme... mais rigueur et exigence.

 

Au bout du système éducatif, l'université est aujourd'hui incapable de traiter correctement la population qu'elle reçoit.

On lui reproche d'éliminer près de la moitié de ses effectifs en quelques semestres et de ne recevoir en master qu'une petite "élite".

Comment pourrait-elle faire autrement quand chaque cours de licence ou même de M1 consiste à tenter de colmater des brèches béantes. Quand les tentatives de dialogue à propos d'un cours échouent lamentablement faute d'interlocuteurs, quand chaque session d'examen est une épreuve pour le correcteur qui se voit indirectement sanctionné par le néant de dizaines ou de centaines de copies.

 

Certes nous avons toujours quelques brillants éléments que nous pouvons sans rougir présenter au monde entier et que parfois on nous envie... mais sans nous auraient-ils fait moins bien ?

 

C'est bien en amont qu'il faut agir ; de la maternelle au collège de multiples chantiers sont à ouvrir, à commencer par celui des rythmes scolaires -une curiosité dans le monde-.

 

La formation (initiale et continue) des enseignants doit aussi être complètement revue, le lien -inexistant- entre secondaire et supérieur établi...

 

Je rabâche cela depuis plus de 20 ans devant des auditoires (commissions d'évaluation, profs, parents d'élèves, directeurs d'établissements, universitaires...) qui écoutent poliment avant de mettre en avant tout ce qu'ils auraient à perdre dans le changement : les ministères leurs deniers,  les profs leurs vacances, les parents leurs week-ends, les chefs d'établissement leurs prérogatives, les universitaires leurs heures de labo...

Bref trop d'acteurs du système éducatif sont foncièrement conservateurs (y compris les syndicats majoritaires) pour que cela bouge.

 

D'ailleurs certains ont pris définitivement leur parti de l'effacement de la culture, de la perte des savoirs. Ils traitent de passéistes, de ringards, d'élitistes... ceux qui défendent encore, comme je le fais sur ce site, la culture comme creuset de la citoyenneté. Pour eux, qu'ils le déplorent ou pas, ce temps s'est arrêté au début des années 70. A quoi servent les cours d'histoire ; pour faire un bon français s'il suffit d’apprendre "La Marseillaise" , à quoi bon étudier la Révolution française...

 

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Il faut aller vite, toujours plus vite, à la vitesse des smartphones. Jouir d'abord, penser (éventuellement) ensuite. Nous revoici au coeur de ce fameux concept de post modernité que j'évoquais dans un  précédent billet.

 

WIKI cite Peter Sloterdijk (un post humaniste !) à propos du post modernisme : "culte du présent, bonne gestion et recherche du bien-être remplacent la volonté de transmission, propre aux prémodernes, comme celle de transformation de la société, caractéristique des modernes".

 

 Le tryptique, Apprendre, Comprendre, Transmettre, qui sert de bannière à ce site, est pour moi l'incontournable façon de préparer la Transformation de nos modèles sociaux et économiques. C'est peu dire que je redoute l'avènement d'une société post moderne !

 

Un des papes du post modernisme est Michel Maffesoli, que j'ai évoqué également ici. Le prochain opus de Maffesoli traitera de la Sarkologie.

Pour Maffesoli, Sarko est en effet l'archétype du post moderne et -au-delà de sondages ponctuels- il se trouve donc parfaitement en phase avec notre société. Le sociologue dit se garder de porter un jugement de valeur, mais -de fait- il devient la nouvelle idole des intellectuels de droite (la droite "moderne" qui serait donc en fait post moderne).

 

Il ne s'agit pas que d'une question de sémantique, mais bien d'un problème de fond : faut-il accompagner cette évolution de la société (éducation nationale, media...) qui serait irréversible, ou faut-il, contre vents et marées, maintenir cette fameuse exception culturelle française ?

 

Montesquieu ou BHL, Copernic ou Elisabeth Teissier, Souchon ou NTM... Zidane ou Anelka...

 

Certains diront : "encore un vieux réac qui reprend l'antienne du "c'était mieux avant...".

Je ne le pense pas. Au contraire, je m'entoure de tous les moyens technologiques que fournit notre société "moderne" (y compris le dernier smartphone !), j'utilise les plus récentes bases de données, je pratique à haute dose la lecture sur internet, je scrabble en ligne... J'essaie de suivre les dernières progrès scientifiques, l'évolution des grands courants de pensée... et j'y trouve des avancées extraordinaires.

Dans les musées je n'ai jamais vu autant de monde ; à Montpellier tous les festivals affichent complet et les jeunes sont présents... La préservation de la Nature et du Patrimoine est un impératif qui fait son chemin et des merveilles sont offertes à nos yeux...

Les privilégiés -dont je suis- vivent donc une époque formidable...

 

Mais tous les autres ? Faut-ils qu'ils ignorent la phrase de Newton : "J'ai vu plus loin que les autres parce que j'étais juché sur les épaules de Géants" ?

 

Je ne le pense pas non plus. Révolutionnons donc l'école, utilisons tous les moyens modernes de communications que manipulent si bien les ados, au lieu de dicter des résumés barbants et répétitifs qui sont recrachés année après année, supprimons cet énorme hiatus de l'été en diminuant les heures de cours hebdomadaires, généralisons dans les universités les Ecoles d'été, multiplions les passerelles entre les disciplines... il n'y a probablement que les inspecteurs généraux qui ne savent pas qu'aujourd'hui l'essentiel est aux interfaces !

 

Sur l'organisation, sur les méthodes, sur la forme... tout est à revoir. C'est le prix à payer si l'on veut sauver l'Education NATIONALE, préserver notre patrimoine et faire en sorte que tous les petits français, blancs, jaunes, noirs... aient la tête bien faite et le coeur plus léger.

 

Je suis ce soir d'une immarcescible candeur !

 

Car tel est notre bon plaisir…

 

La dernière foucade de l'ogre de Montpellier, qui installe sur la place centrale du nouveau quartier Odysseum de la capitale du Languedoc des statues monumentales de quelques "grands hommes du XXème siècle", dont Mao et Lénine, me donne du grain à moudre quant à l'état déliquescent de notre démocratie. 

 

La façon dont G. Frêche, qui fait son dernier tour de piste, peut se moquer impunément de ses concitoyens, de ses électeurs, des courtisans qui guettent ses aumônes et lorgnent sur la succession, en imposant un Panthéon de bronze  plus que contestable, est révélatrice du pouvoir absolu que confère notre pseudo démocratie aux dirigeants de nos collectivités, municipales, territoriales ou nationales.

 

Le moins que l'on puisse dire est que le président de la Région Languedoc-Roussillon honnit la démocratie, ne dissimule pas le plus profond mépris pour ses concitoyens et les hommes qui l'entourent... mais a pour lui-même une grande admiration. Nul besoin d’être psy pour remarquer qu’il présente tous les aspects d'une personnalité paranoïaque et mégalomaniaque.

 

On sait hélas depuis ce sinistre 20ème siècle qu’il veut honorer, que paranoïa et mégalomanie peuvent conduire à l'extermination de millions de personnes pour peu que des mégalos/paranos trouvent le soutien de quelques cerveaux égarés, l'appui d'hommes de main ambitieux et une conjoncture favorable.

 

Quelques personnalités à l’ego démesuré et aux scrupules légers, président ainsi aux destinées de nos communes, de nos Régions, de notre Etat. Certains feraient peut-être de bons fachos si l'occasion se présentait.  Des chefs dont l'autorité ne saurait être remise en question et qui ne tolèrent aucun contre-pouvoir.

 

Ces contre-pouvoirs, pourtant, existent en théorie dans notre démocratie : à tous les échelons nous avons des assemblées censées contrôler l'exécutif, ainsi que des juges et des tribunaux.

 

En théorie seulement car il s'avère que ces assemblées sont d'une docilité remarquable, que juges et tribunaux ne s'opposent que rarement au Prince ou -comme l'affaire Bettencourt le démontre éloquemment-sont  mis hors d'état d'exercer leurs investigations.

 

La séparation des pouvoirs en France n'est plus qu'une illusion et le Président de la République, qui décide de tout à tout propos et se moque de notre Constitution, a donné le signal à tous les roitelets de France et de Navarre : faites donc selon votre bon plaisir.

 

Il ne reste aujourd'hui que quelques organes de presse pour dénoncer les turpitudes et les extravagances de ces Napoléon au petit pied dont le Waterloo tarde à venir.

 

Pour moi l'urgence des urgences est donc de revoir de fond en comble notre Constitution, voire d'en réécrire une autre. Le fantôme d'une VIème République revient dans l'actualité ces jours-ci, cette fois agité par Europe-Ecologie qui s'apprête à investir la juge Eva JOLY pour la présidentielle 2012. Le PC et certains au PS et au centre l'appellent aussi de leurs vœux.

 

J'espère qu'un projet qui proposerait de  restaurer la prééminence du pouvoir législatif, qui interdirait tout cumul des mandats et les limiterait dans le temps, viendra devant les électeurs. Dans ce cas il aura mes suffrages.

 

Surestimation délirante de ses capacités personnelles. La mégalomanie peut s'exprimer sur les plans physiques, sociaux, intellectuels, etc... Le sujet mégalomane peut se croire investi d'une mission divine, vouloir devenir roi...
Symptôme d'une hypertrophie du Moi selon les psychanalystes, la mégalomanie peut conduire le sujet au délire si elle ne se traduit pas par des ambitions vouées d'office à l'échec en raison de capacités réelles insuffisantes.

ALBI AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO

 

La ville d'Albi est chère au cœur des hommes du sud-ouest. Sa cathédrale Sainte-Cécile, forteresse de briques dont le chœur et le jubé, ornés de dentelle de pierres, sont exceptionnels, abrite aussi de multiples trésors picturaux de l'école italienne. Elle porte l'histoire de la croisade des albigeois et de la liquidation de l'hérétisme cathare.

 

Raimond-Roger Trencavel, vicomte d'Albi, et son oncle Raymond VI, comte de Toulouse, jugés trop tolérants avec les hérétiques, furent excommuniés et les évêques d'Albi, seigneurs du Palais de la Berbie, étalaient dès le XIIIème siècle la toute puissance de Rome face aux manants et aux bourgeois tentés par la réforme.

 

Alors que Castres au sud bascula plus tard dans le camp des protestants, Albi fut toujours fidèle au Vatican, son évêque d'alors, Laurent Strozzi, était un cousin de Catherine de Médicis.

 

La collégiale Saint-Salvi dotée d'un remarquable cloître du XIIème siècle, est un autre joyau de la ville rouge dont le vieux centre  et ses magnifiques maisons à encorbellement et colombages témoignent de la prospérité passée.

 

Car Albi et sa région furent un pays de cocagne. Cette prospérité qui marqua la renaissance est liée à la culture du pastel. L'expression célèbre de "Pays de Cocagne" est liée aux "coques", étape ultime de traitement de la plante, le pastel Isatis tinctoria.

 

Le rouge de la brique, le bleu pastel, l'infini diversité des couleurs champêtres de l'albigeois, le ciel changeant sous les rafales du vent d'autan ont sans doute joué un rôle dans la vocation de Toulouse-Lautrec. Le musée d'Albi,  installé au cœur du Palais de la Berbie,  présente un vaste échantillonnage de la production du peintre. A ne manquer sous aucun prétexte !

 

Au pied des remparts une promenade au bord du Tarn, de Pont-Vieux en Pont-Neuf, finiront par vous convaincre qu'ALBI n'a pas usurpé son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO. 

 

 

Nécrose du capitalisme français : une analyse de Laurent Mauduit

 

Voici la conclusion d'une remarquable analyse de l'ancien journaliste du Monde, parue aujourd'hui sur le site de Mediapart :

 

"Mandataire des plus grandes fortunes françaises, Nicolas Sarkozy installe au sein du capitalisme français quelques grands oligarques dévoués à sa cause, alors même que les règles de l'Etat de droit ne le permettent pas. L'affaire Pérol en est l'illustration la plus connue. Au mépris des règles encadrant le pantouflage, le chef de l'Etat a installé en 2008 à la tête des Caisses d'épargne et des Banques populaires son plus proche collaborateur pour les questions économiques, François Pérol, désormais visé par une cascade de plaintes pour prise illégale d'intérêt, qui ont débouché sur l'ouverture d'une information judiciaire.

Le 1er septembre, François Pérol prendra donc le plus naturellement du monde la présidence de la Fédération bancaire française (FBF), la fédération qui regroupe la profession. Quand il était secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol avait veillé, au plus fort de la crise financière, à ce que les banques ne soient pas sanctionnées pour leurs dérives; aujourd'hui, ces mêmes banques font le carré autour de lui.

Jusqu'à ces dernières semaines, une thèse avait les faveurs de la plupart des observateurs: la photo de famille, celle du Fouquet's, dit bien ce qu'il faut penser du système. Il n'englobe que certains grands groupes, ceux des PDG-propriétaires. Ce capitalisme-là, c'est donc un capitalisme familial, celui de Martin Bouygues ou de son meilleur ennemi Vincent Bolloré, celui d'Albert Frère ou d'Alain Minc.

On a ainsi pu penser que le capitalisme français était en fait une sorte de mille-feuilles, avec une première couche composée par des PME, très éloignées des réseaux parisiens; puis une deuxième couche, celle du capitalisme du Fouquet's; et puis une troisième couche, celle des mastodontes tournés vers l'étranger, indifférents aux petites affaires intérieures. Et évidemment, il était tentant de classer L'Oréal dans cette catégorie. Une firme tellement internationalisée qu'elle ne prête pas la moindre attention à ce qui se passe à l'Elysée, n'est-ce pas?

Et pourtant, non ! Le système économique français a fait la démonstration qu'il constituait une variété résistante de capitalisme, une variété qui ne s'est pas dissoute dans la mondialisation. C'est même encore plus inquiétant que cela: l'affaire Bettencourt-Woerth force à revoir la classification du capitalisme français en strates distinctes.

Somme toute, pour des raisons qui tiennent à son histoire et notamment à la persistance de la tradition bonapartiste ou néo-bonapartiste, la France a souvent disposé d'une démocratie à part dans le concert des grandes nations, une démocratie anémiée, méprisant tous les systèmes de contre-pouvoirs. Et du même coup, le capitalisme français a lui aussi été modelé par cette culture et ce legs.

A une démocratie malade correspond donc un capitalisme nécrosé. L'affaire Bettencourt-Woerth en est l'illustration la plus récente et la plus criante. Ce n'est que le dernier remugle d'une ancienne tradition très française, celle qu'illustrait la célèbre boutade proférée par Benjamin Constant, pour justifier son ralliement à l'Empire: «Servons la cause! Et servons-nous...»

Laurent MAUDUIT, La nécrose avancée du capitalisme français

Maladies neurodégénératives : témoignage d'un proche et avancées thérapeutiques

 

PIERRE "MATHIAS" JAQUIER NOUS A QUITTE LE 31 AOUT 2010 (*)

 

Pierre Jaquier est un luthier d'exception. Facteur de violes de gambe, il a réalisé les magnifiques instruments du film d'Alain Corneau, Tous les matins du monde. Chacun de ses instruments est unique, et les têtes sculptées de ses violes sont de véritables œuvres d'art. 

 

A l'instar de grands interprètes du monde entier, j'ai eu le privilège de visiter l'atelier de Mathias (son prénom d'artiste) -ami de ma belle-famille- dans un petit village du Luberon et de m'émerveiller devant le minutieux travail du maitre.

 

Atteint d'une Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA, maladie de Charcot) foudroyante, Mathias est aujourd'hui dans un fauteuil roulant, il a perdu l'usage de ses mains.

Ses facultés intellectuelles restent intactes. Vous pourrez lire ICI son bouleversant témoignage.

 

Le SLA est une maladie neurodégénérative peu courante, contrairement à la maladie d'Alzheimer par exemple. C'est une maladie du motoneurone : maladies liées notamment  à une anomalie de la jonction de la fibre musculaire avec son nerf moteur.

L’atteinte des neurones moteurs de la moelle épinière provoque une diminution de la force musculaire dans un premier temps, puis une paralysie. Les membres supérieurs sont touchés en premier puis les muscles du tronc (respiratoires) enfin les membres inférieurs.

Il n’existe pas de déficit sensitif.

 

La cause des lésions est inconnue. On sait qu’il existe une notion d’hérédité (5 à 8% des cas) et une prédominance chez l’homme.  

 

Les élément- traces métalliques -ETM- (terminologie plus adaptée que métaux lourds) sont mis en cause par plusieurs chercheurs comme un des facteurs environnementaux suspectés d'accélérer le déclenchement de la maladie. Cependant aucune étude sérieuse ne le démontre.

Le pronostic est sombre : on peut seulement ralentir l'évolution du processus par l'utilisation conjointe du Riluzole(Sanofi-Aventis) et de la Vitamine E.

 

POUR EN SAVOIR PLUS : VISITEZ LE SITE DE L'ASSOCIATION ARSLA QUI A PUBLIE LE TEMOIGNAGE DE MATHIAS

 

Cependant les chercheurs n'ont pas baissé les bras et comme pour toutes les maladies neurodégénératives, les travaux  se multiplient selon plusieurs axes.

 

Ainsi dans la littérature j'ai relevé plusieurs pistes intéressantes :

 

- pour la détection précoce : découverte d'un gène lié à la SLA (Université de Laval, Québec)

 

- pour les essais thérapeutiques : étude prochaine en phase 3 d'un benzothiazole (hétérocycle aromatique présent dans le riluzole), le dexpramipexolepar KNOPP Neurosciences. Il est validé comme médicament orphelin.

 

Pour plus d'infos sur les travaux en cours voir ICI.

 

Actuellement la recherche concernant les maladies neurodégénératives connait un développement sans précédent.

 

En France, l'Institut Pasteur, dans le cadre de son programme Neurosciences, explore plusieurs pistes. J'avais signalé ici que des équipes de l'Institut Pasteur et du CNRS avaient montré les capacités intrinsèques du cerveau à s'auto-réparer. En détournant des neurones nouvellement formés depuis leur zone germinative vers les régions lésées, on pourrait ainsi espérer contribuer à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou la Chorée de Huntington.

 

J'avais évoqué dans un précédent billet, l'installation de l'ICM (Institut du Cerveau et de la moelle épinière) au sein de l'hôpital Pitié-Salpétrière.

 

On peut aussi citer lIFR37 des Neurosciences de Strasbourg qui regroupe 32 équipes de différentes unités du CNRS de l’INSERM et de l’Université de Strasbourg.

L’ensemble de ces équipes développe des thématiques liées au fonctionnement des systèmes nerveux et neuroendocrine, depuis le niveau moléculaire jusqu'aux comportements et aux fonctions cognitives, tant chez l'animal que chez l'Homme.

L’activité de ce futur Neuropôle se caractérise par l’existence d’un continuum de recherches fondamentales, appliquées et cliniques.

 

En Europe, certains des meilleurs chercheurs du monde et de l’Europe se sont réunis le 15 avril 2010 à Stockhlom pour définir une stratégie de recherche paneuropéenne dans la lutte contre les maladies neurodégénératives  dans le cadre de l’initiative de programmation conjointe contre les maladies neurodégénératives (JPND).

La JPND est considérée comme un projet pilote pour la programmation conjointe au sein du 7ème PRCD.

 

(*) : Mathias était profondément croyant. Il avait, dans les moindres détails, organisé la messe de funérailles qui a été concélébrée le 3 septembre en l'église de Cucuron, en présence de ses amis musiciens qui avaient déposé devant le cercueil les instruments -tous différents- qu'il avait réalisé pour eux.

 

A la fin de la cérémonie un texte, qu'il avait préparé, a été distribué :

 

"Une si petite séparation...

A ceux qui m'entourent j'ai envie de dire : ne soyez pas tristes. Non pas qu'on ne puisse être très affligé quand on perd quelqu'un de cher. Mais simplement pour moi, la mort n'est qu'une toute petite séparation... En ce qui concerne cette séparation, indépendamment de la conviction qu'on peut avoir, il me semble qu'il se garde de toute existence quelque chose qui passe, qui se transmet. Les gens disparus sont encore en nous, leur apport se transmet très longtemps, de diverse façon, même si nous n'évoquons pas explicitement leur souvenir. C'est la transmission de ce que l'on est qui vous permet d'être vivant par dela la mort."

 

http://www.em-consulte.com/article/253981

Vulgarité (suite)

 

 Mon billet du 7 avril, à propos de la vulgarité du chef de l'état, m'a valu quelques courriels de lecteurs de droite et de gauche qui disaient en gros la même chose : vous attachez beaucoup trop d'importance à la forme. Ceux de droite soulignaient que si les attaques se concentraient sur les comportements du président, c'était évidemment que sa politique ne devait pas être si mauvaise. Ceux de gauche pensaient qu'il était beaucoup plus important de parler économie, retraite, chômage (ce que je fais d'ailleurs régulièrement ici et ailleurs)...

 

Loin d'être convaincu, je remets le couvert. Ce qui m'y incite est la mascarade qui a entouré la prestation des bleus en AfSud. Le côté sportif est secondaire dans cette affaire : nous avons une équipe de petit niveau, avec un entraineur incohérent et une fédération dirigé par de joyeux retraités peu compétents.

 

La question essentielle est celle du comportement de ces joueurs sur le terrain, dans les vestiaires et devant les media.

 

Si l'on en croit le philosophe raciste Alain Finkielkraut (qui ridiculisait déjà il y a 4 ans notre équipe blacks-blacks-blacks) : l'équipe de France est une bande de voyous qui ne connaît qu'une seule morale, celle de la mafia (...). Aujourd'hui on a envie de vomir avec la génération caillera.

 «L’esprit des cités contre l’esprit de la Cité», dit aussi Finkielkraut, plus enclin à absoudre le «casse-toi, pôv’ con !» du Président que le «Va te faire enculer !» du footballeur, remarque Pierre Marcelle dans Libé.

 

Finkie, qui a une peur bleue de tout ce qui n'est pas blanc, n'est que le porte-parole de responsables politiques en faillite, de Français en souffrance -chômeurs, travailleurs pauvres, classes moyennes en débandades-... tous en manque de boucs-émissaires.

 

Anelka, Evra, Abidal et consorts ont certes été de pitoyables représentants du sport français (mais la main de Thierry Henry qui nous qualifie, n'était-elle pas encore plus indécente ?) et le journal L'Equipe a eu raison de provoquer la crise en citant les propos de vestiaires.

 

Mais qui les a préparé à ce rôle ? Quand on passe, à 16 ou 17 ans, d'une cité de banlieue à un confortable cottage près de Londres, Madrid ou Milan, avec 100 000 ou 500 000 euros par mois, que très rapidement on monte dans sa Porsche pour aller à l'entraînement, on a évidemment manqué quelques étapes dans sa formation d' adulte. Cette remarque élémentaire aurait dû conduire la fédération et le staff technique à considérer l'aspect éducatif, psychologique et même civique comme le demande Rama Yade, pour la préparation de ces joueurs.

 

Ces cadors aux pieds d'argent et à la cervelle de moineaux, leur prétention, leur vulgarité, me choquent donc, mais il ne s'agit que de footballeurs d'une petite trentaine d'années à qui l'on donne une place très exagérée.

 

Le président de la République, en recevant Thierry Henry dès sa descente d'avion (alors que des millions de français contestaient dans la rue sa réforme des retraites) -pour une opération de communication qui risque fort de faire flop- a révélé une nouvelle fois de surprenantes priorités. En tout cas pas celles que l'on attend d'un chef d'Etat en période de crise... Au sens étymologique  il a été très vulgaire !

 

 

 

 

 

 

 

18 juin

 

Tout juste en face de mon boulanger, une plaque (voir la photo) rappelle qu'en ce lieu six  résistants furent exécutés. Six hommes dans la fleur de l'âge.

 Il y a 20 ans, des bouquets champêtres ornaient le plus souvent l'endroit, aujourd'hui la modeste pierre disparait parfois sous les herbes folles.

 

Qui la regarde encore ?

 

Le 18 juin, la France commémore l’appel du général De Gaulle. De Gaulle était un militaire courageux qui refusait la capitulation, un nationaliste ombrageux et surtout un homme politique hors pair qui savait que continuer à se battre aux côtés des alliés permettrait d'appartenir au camp des vainqueurs à la fin des hostilités dont l'issue, pour lui, ne faisait aucun doute.

 

Sans être un antimilitariste forcené, j'ai fort peu de goût pour la chose militaire et il m'est arrivé de ferrailler avec l'association locale d'anciens combattants, toujours prête à exalter nos "faits d'armes" en Indochine et en AFN. Cela ne m'empêche pas de décliner la litanie des noms gravés dans le marbre des monuments aux morts des petits villages à chacune de mes escapades dans la France profonde et d'avoir une pensée pour tous ces soldats victimes des Pétain et autres hauts gradés, bouchers de 14-18.

 

Le 18 juin, ce n'est donc pas à De Gaulle que je pense, mais à tous les résistants, déportés... à  tous ceux qui se sont levés face à l'idéologie nazi, à une barbarie sans nom. Souvent ces hommes et ces femmes sont morts dans l'anonymat, au coin d'une rue, au fond d'un bois, dans une cave... Ils n'ont pas eu droit au champ d'honneur, mais ils n’ont pas sacrifié leur vie pour rien, même si trop d'entre nous l'ignorent ou l'ont oublié.

 

J’ai pour eux une infinie reconnaissance.

Les confettis : aubaine de roitelets ridicules

 

La victoire écrasante des indépendantistes flamands en Belgique confirme une tendance lourde, observée depuis l'éclatement de l'URSS : le goût des population pour les états confettis.

 

L'Europe, qui comptait 25 États indépendants en 1914, puis 31 en 1945, était constituée de 44 nations en 2006. L'effondrement du bloc soviétique a conduit  à la création de 20 nouveaux États en cinq ans (de 1991 à 1995).

 

Au niveau mondial on en dénombrait (source Wiki) :

  • 88 en 1955 (5 en Afrique, 22 en Amérique, 27 en Asie, 32 en Europe et 2 en Océanie), dont 76 membres de l'ONU ;
  • 156 en 1975 (48 en Afrique, 29 en Amérique, 39 en Asie, 33 en Europe et 7 en Océanie), dont 144 membres de l'ONU ;
  • 193 en 2006 (53 en Afrique, 35 en Amérique, 47 en Asie, 44 en Europe et 14 en Océanie), dont 192 membres de l'ONU.

Bien sûr la décolonisation est passée par là.

 

Au sein de ces états, dont nombre ne sont pas viables, les séparatismes sont toujours à l'œuvre : la Russie, le Kirghizistan, l'Espagne, la Suisse, l'Italie, le Royaume-Uni (avec l'Ecosse), la Belgique, parmi bien d'autres, sont secoués par des fièvres indépendantistes, ethniques ou plus simplement tribales !

 

On peut se demander à quel niveau de scissiparité le processus s'arrêtera ! Assisterons-nous à un véritable retour de la tribu ?

 

On connait le proverbe : chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. Peut-on imaginer sur cette terre une myriade d'ilots, entourés de hauts murs, où chacun, le doigt sur la gâchette, voudra à tout prix préserver son pré carré ? Est-ce vraiment de la sociologie-fiction ?

 

L'avenir est-il aux murs, aux barbelés et aux miradors, qui fleurissent déjà aux USA, en Israël et ailleurs, à un univers concentrationnaire ?

 

Les crétins fervents qui nous gouvernent, incapables de tracer une route un tant soit peu raisonnable, suivent ou manipulent des aboyeurs stupides qui se pâment devant le drapeau de leur microscopique refuge.

 

 

Ces séparatismes sont l'aubaine de roitelets ridicules dont les cocoricos masquent la future impuissance.

 

La mondialisation économique a donc paradoxalement contribué à faire exploser des états : il fallait bien diviser pour mieux régner sur la planète ! En Europe, les gouvernants, craignant  de ne pas avoir leur part du gâteau, sont allés à marche forcée vers une UNION des marchands, sans se soucier des peuples qui pourtant renâclaient. Ils ont ruiné l’espérance  d'une Europe politique forte et solidaire. 

 

L'époque n'est pas à la solidarité, à la mixité, à l'universalité. Frileusement nous nous replions sur nous mêmes, convaincus que le salut est individuel.

 

Nous verrons donc bientôt des travailleurs immigrés wallons en Flandre, des napolitains clandestins en Lombardie... car les lois économiques sont implacables : les populations misérables  ne reconnaissent plus les frontières et se déplacent au gré du marché du travail.

Les émules des Besson, Hortefeux et consorts vont avoir du pain sur la planche !

Au fil des jours : postmodernité, hypermodernité... archaïsme !

 

Nous vivons une époque épique (et nous n'avons rien d'épique) chantait Léo Ferré. Pour certains philosophes, artistes, scientifiques... nous étions déjà dans la postmodernité.

 

La pensée postmoderne se situe dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux résultant de la modernité, et l'échec des utopies révolutionnaires...

 

Les prémodernes se reposaient sur la tradition et les modernes sur l'avenir, les postmodernes auraient les pieds dans le vide. WIKI

 

No future ?

 

Pour le sociologue et philosophe Michel Freitag la postmodernité est la dissolution de la référence à la raison : les actions humaines tendent à se réduire progressivement à un comportement adaptatif, que la pensée s’identifie à un calcul marginal de gain ou de perte, que les rapports humains se réduisent à la compétition ou à la concurrence et les identités ou statuts à ceux de gagnant et de perdant.

 

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Au récent Congrès de la Société Française de Microbiologie, un éminent virologue (Didier Raoult) dont j'ai déjà parlé ici,  a un peu pompeusement intitulé sa conférence : La microbiologie postmoderne. Avec d'autres, il remet en effet en cause quelques dogmes au niveau de la classification du monde animal et végétal et de l'Arbre du Vivant :

 

«L'idée de l'ancêtre unique est un contre-sens. C'est une idée darwinienne, mais Darwin avait tort : il y a autant d'arbres que de gènes».

 

Reprenant l'idée de rhizome qui, contrairement à l'arborescence, est un modèle d'organisation sans subordination hiérarchique développé dans les années 1970 par les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari, Didier Raoult propose de «changer l'arbre de la vie par le rhizome de la vie». Déclaration à l'AFP, décembre 2009

 

L'hypothèse du rhizome de Raoult est satisfaisante pour les virus, moins pour les bactéries ou les Archées, et certainement pas pour les Eucaryotes.
Beaucoup pensent donc que ce qui est remis en cause, c'est l'application aux virus des principes de l'évolution de type darwinienne.

Pour eux les virus ne sont pas vivants et il suffit d'exclure les virus pour retrouver un ancêtre commun et retrouver un arbre du vivant

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En chimie, que je connais mieux, nous voici aux portes de la reconstruction du vivant et à la manipulation d'objets nanométriques. En physique et microélectronique, on se tourne aussi vers les nanosciences et les nanotechnologies qui repoussent les domaines de la science-fiction. La mécanique quantique va trouver ses plus remarquables applications...

 

La science est-elle pour autant  entrée dans la postmodernité ? Comme en relativité tout dépend de la position de l'observateur. Dans 1000 ans nous serons archaïques...

 

La science dans une société postmoderne renonce à son idéal normatif de réalité et de vérité, au profit de la prévisibilité des résultats de l’action instrumentale. Susann Heenen-Wolff

 

Il y longtemps qu'Einstein (un intemporel !) nous avait dit ça... beaucoup mieux.

 

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Un bref séjour à Paris m'a donné l'occasion de découvrir deux belles et importantes  expositions : Edvard Munch à la Pinacothèque et Lucian Freud à Beaubourg.

 

Dans le monde de la peinture, la postmodernité s'appelle néo-expressionisme (voir Esthétiques de la postmodernité de Caroline GUIBET LAFAYE). L. Freud a été rattaché par certains à ce courant.

 

Avec Lucian Freud, la chair crue  dégouline et notre triste condition nous est, à chaque toile, envoyée à la figure. Le huis-clos entre le peintre et le (les) modèles est parfois étouffant mais débouche sur quelques œuvres magistrales, bien résumées par la photo de cette jeune fille contemplant une toile où le peintre est représenté en train de la peindre.

 

De Munch je ne connaissais que Le Cri, et l'exposition s'intitule... L'anti-cri !

Munch est un rebelle en constante  opposition avec les écoles de son temps (impressionnisme, fauvisme, symbolisme, abstraction). Son œuvre est imprégnée d'un désespoir évident, elle révèle une grande lucidité et un doute permanent (d'où une multitude d'esquisses).

 

Incompétent sur les techniques, je dirais simplement que j'ai ressenti beaucoup d'émotion et de plaisir en découvrant ces toiles. Modernité, postmodernité, archaïsme... peu m'en chaut (ça c'est de l'archaïsme) puisque c'est beau...

 

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Michel Maffesoli, donne de la post modernité la définition suivante :

"ce pourrait être : « la synergie de phénomènes archaïques et du développement technologique ». C’est ainsi que, pour reprendre les grands thèmes explicatifs de la modernité : État - nation, institution, système idéologique, on peut constater, pour ce qui concerne la postmodernité, le retour au local, l’importance de la tribu et le bricolage mythologique."

 

 

Archaïques, les dirigeants de ce monde le sont sans aucun doute, toujours dominés par des instincts primaires et barbares.

L'attitude d'Israël est la caricature de ces comportements primitifs, irrationnels, des nations d'aujourd'hui.

Même le sioniste le plus exalté sait qu'il n'y aura pas d'issue au conflit en Palestine sans la création d'un état palestinien viable, que chaque violation grossière des lois internationales renforce la détermination des militants palestiniens, multiplie les vocations de terroristes et rend sympathiques leurs plus farouches ennemis.

 

Les Etats-Unis tiennent à bout de bras un état devenu un monstre hydrocéphale dont la tête n'est plus que guerrière. Mais le sioniste le plus convaincu devine aussi que le lobby juif aux USA finira par céder devant la montée des diversités américaines, que l'intelligentsia juive va se lasser de porter un fardeau aussi lourd.

Alors il faudra concéder la paix et des territoires. Des dizaines d'années auront été perdues, des milliers de vies aussi et beaucoup d'énergie... pour le seul profit de complexes militaro-industriels.

 

Voici venu -nous dit-on-  le temps de l'hypermodernité   (qui ne serait qu'une nouvelle version de la modernité !)...  Que les sociologues se penchent plutôt sur l'archaïsme... moderne !

 

 

 

Parlez-vous franglais ?

 

Parlez-vous franglais Etiemble, (1964)

 

 Un ami cheminot, amoureux de la langue française, poète à ses heures, avait le réflexe québécois : pas moyen de placer un week-end, un corner, un happy end... sans se faire sérieusement réprimander (même un vulgaire sandwich ne trouvait pas grâce à ses yeux !).


J'en souriais, moi qui parfois dans mes cours étais contraint d'utiliser des expressions anglo-saxonnes, sans équivalents dans la langue de Molière.

 

J'avais bien tort !

 

Non seulement l'anglais scientifique est devenu la langue universelle des chercheurs (plus aucune publication scientifique digne de ce nom en langue française dans les revues françaises ou internationales), mais une espèce de bouillie à la mode américaine vient dans tous les domaines de la vie courante corrompre notre langue et parfois s'y substituer.

 

Ce charabia, c'est le franglais, utilisé à tort et à travers dans nos media, dans tous ces talk, chat, et autre meeting. La télévision comme toujours a donné le la : de prime (un vocable que je ne supporte plus), en best of, guest star, trash tv, serial killer, loser, addict... les Morandini et consorts, mais aussi des critiques plus sérieux, s'en donnent à cœur joie.

 

Les journalistes ne sont pas en reste qui nous bassinent avec des car-jackinghome-jacking, speed dating...

 

La dernière trouvaille de chroniqueurs ayant pignon sur lucarne est le home staging qui permet de relooker son appartement !

 

C'est d'autant plus inadmissible que les équivalents français existent : un architecte d'intérieur (ou simplement un décorateur) a toujours su rénover ou embellir un bien immobilier. Le cambriolage et le vol avec effraction ne sont pas non plus l'apanage du monde contemporain.

 

Même en informatique c'est par laxisme, suivisme, voire snobisme, que l'on consomme à longueur de colonnes du bug, chip, driver, hot line, on-line, package, mail, spam... alors que nous avons des défaut, puce, pilote, assistance en ligne, progiciel, courriel, pourriel... bien de chez nous !

 

Certes parfois l'anglais (le vrai) décrit plus simplement et plus précisément des méthodes, des objets, des recherches scientifiques, des technologies... mais pas toujours. Faisons au moins l'effort, chaque fois que cela est encore possible, de préférer le français qui est une belle langue qui s'appauvrit.

 

Le franglais est le symptôme d'une double ignorance chez ses adeptes : ignorance du français certes, mais aussi méconnaissance de l'anglais.

 

Nos vénérables académiciens, souvent politiciens décatis, écrivaillons à la chaîne ou pisse-copies à la Max Gallo, feraient mieux de se pencher sur ce mal - plus du tout sournois - au lieu de reluquer le sexe des mots et de valider des auteures, professeures, et autre maîtresse de conférences...... sous la pression de quelques féministes qui se trompent une nouvelle fois de combat (je préfère une femme ingénieur payée comme un homme à une ingénieure payée 15% en moins !).

 

Plutôt que la nation - facteur de division -, défendons la langue, vecteur de culture, d'échange, de savoir. Si mon identité de Français me laisse froid (disons tiède), mon appartenance à la francophonie me rend fier.


Le snobisme a précédé la fuite, l'inculture a suivi, la faillite pointe à l'horizon de désespérance de notre vieille nation. Le français est hors circuit, il demande trop d'efforts, trop de vigilance pour ces rois du raccourci, de la facilité et du concis Nabum, Le Post

 

P.S. du 14 novembre 2012 :

 

Avez-vous eu ma chère votre "bashing"... il parait que celui du président était particulièrement réussi...

 Des perroquets je vous dis !

Vive le Québec

Encore une jolie performance de nos amis Québécois : au lieu de l'horrible selfie, ils utilisent le terme egoportrait.

 

CLIMAT : L'ECOTRON de Montpellier

 

Pendant que Claude Allègre fait fortune en vendant des ouvrages de charlatans (1), les chercheurs travaillent d'arrache-pied pour évaluer l'impact sur l'environnement de l'élévation globale des températures, associée à une raréfaction des précipitations et à une augmentation du pourcentage de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

 

L'écotron européen, sis à Montferrier sur Lez, au sein du Pôle Agropolis de Montpellier, est la première très grande infrastructure de recherche en écologie. Son pilotage est assuré par le CEFE (université Montpellier II/CNRS).

 

L'écotron devrait permettre de répondre aux questions suivantes :

 

- Comment l'augmentation de température et de CO2 atmosphérique affectent-ils la diversité et l'activité des communautés végétales et d'organismes du sol ? Quelles en sont les conséquences sur le stockage du carbone et la disponibilité en eau ?

- Quelles sont les différences de réponses entre individus d'une même espèce? Comment les interactions entre espèces vont-elles être modifiées ?

-  Dans quelle mesure le fonctionnement des écosystèmes est-il menacé par l’érosion de la biodiversité ?

 

A partir des prédictions des climatologues, une expérience grandeur nature est ainsi réalisée sur une prairie... auvergnate. Dans des enceintes de 35 m3, douze prélèvements de cet écosystème (végétaux et insectes) vont être  soumis à des atmosphères confinées plus chaude, plus sèches et plus riches en CO2, pendant plusieurs années. Des relevés quotidiens permettront de suivre au plus près l'évolution des échantillons.

 

D’après le CNRS, jamais le confinement d'écosystème n'aura été réalisé avec une telle précision.

 

Il faut noter qu'en parallèle, à Sète, la plate-forme Medimeer (université Montpellier II/CNRS/IFREMER), permet d'étudier les effe