ven
03
fév
2012
Les Français sont-ils des veaux ?
Voila bien une expression qui déclenche chez moi une crise aigüe de démangeaison au niveau du pouce droit, se traduisant par une pression frénétique sur ma zapette à la vue de tout politicien qui me parait avoir perdu sa peau d'origine.
Le début de ce syndrome allergique remonte à 2002, quand le supposé psychorigide, Lionel Jospin, avait été convoqué par les media pour se dépouiller de cette armure qui éloigne du "peuple". Le pape du journalisme, Alain Duhamel, avait alors crié au miracle.
On sait ce qu'il advint du candidat de la gauche...
En réfléchissant bien, il me semble toutefois que j'avais eu une première alerte en 1988, quand l'inventeur de la "Force tranquille", le publiciste Jacques Séguéla, m'apprit que F. Mitterrand avait dû se faire rogner les incisives.
J'avais illico choisi un autre candidat au premier tour !
François Hollande, pour qui je n'ai pas une grande estime, mais dont je reconnais les qualités intellectuelles, avait largement anticipé sa position de papabile. Convoquant nutritionnistes, endocrinologues, liposuccionistes, masseurs, ostéopathes et autres traqueurs de calories... il avait fait imploser son armure en perdant une vingtaine de kilos, deux ans avant son intronisation.
Lors d'un diner chez le marieur de président, Jacques Séguéla (ex-publiciste), on lui fit rencontrer une journaliste top-niveau dont le physique correspondait à ses aspirations présidentielles.
Son caractère mollasson menaçant de prendre malgré tout le dessus, certains disent qu'avant le récent meeting du Bourget, il fut contraint par ses coaches d'accompagner ses menus végétariens de puissantes boissons énergétiques, tout en regardant en boucle les pitreries de son futur adversaire.
Le jour J, il fendit tellement l'armure qu'il tint des propos quasiment gauchistes !
On raconte que le lendemain, en lisant les commentaires extatiques des journalistes du Nouvel Obs et en voyant la tête de Manuel Valls (socialiste de droite) à propos de sa prestation, il demanda à son entourage s'il avait vraiment dit tout ça. Puis il téléphona illico à des amis banquiers pour les rassurer !
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Pour Eva Joly, dont les communicants exigent un "relooking extrême", indispensable pour la mise en conformité avec l'affiche de campagne prévue pour elle (voir ci-dessus), la situation est par contre pratiquement désespérée, d'autant que ses orthophonistes ne réussissent pas à lui faire perdre ce charmant accent qui déplait tant aux Français "de souche".
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Et notre petit Nicolas ? A part son escabeau, on ne lui connait pas de prothèse.
Notre président fait naturellement "peuple", il parle peuple, avec le vocabulaire du peuple (casse-toi pauv-con).
Malheureusement, depuis 2007, il y a eu le Fouquet's, Carla Bruni, Bernard Kouchner, Frédéric Mitterrand (qui hélas a gardé ses dents)... des stars et des dandys, qui ont fâcheusement brouillé cette image, qui lui permit de subtiliser le vote populaire au FN.
Toutefois, notons à son actif qu'il a su repousser les avances répétées de Jack Lang...
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Parfois je me dis que la crise a du bon. En Italie, elle a mis sur la touche le sinistre clown Berlusconi. Pourquoi n'amènerait-elle pas en France un peu de sérieux en politique ?
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... Et on a le brave culot
D'oser me demander
De ne plus boire que de l'eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l'argent de côté
D'aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah Ah Ah Ah Ah Ah
Jacques Brel
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NB : Je suis sans déplaisir une série de France 2 ("Les hommes de l'ombre"), où l'on voit en action des "communicants" lors d'une élection présidentielle.
L'héroïne y est incarnée par Nathalie Baye, dont le visage a été refait façon poupée Barbie.
Sans doute un hasard...
J'étais tombé amoureux de l'actrice en découvrant le fabuleux film de Truffaut, "L'homme qui aimait les femmes" (formidable Charles Denner !).
Hélas, il n'y a que le film qui n'a pas pris une ride !
mar
31
jan
2012
Voici ce que prévoyait l'accord PS-Vert signé il y a quelques mois :
- une nouvelle assiette fiscale « qui dissuade la pollution et la consommation d’énergie » et la mise en œuvre d’une « contribution climat énergie à 36 € la tonne »,
- l’étude d’une « TVA éco modulable » dans le cadre européen,
- une recherche publique réorientée prioritairement vers « l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables »,
- une nouvelle impulsion vers les énergies nouvelles, mobilités durables, agro-ressources et éco-construction,
- un effort conséquent pour la prévention des pollutions (pesticides, rejets industriels) et des risques,
- et enfin « une politique de formation et de reconversion des travailleurs des secteurs concernés [par l'inflexion de la politique énergétique] »
De tout cela Hollande en campagne n'a pas dit UN MOT. Au Colloque de France-Nature-Environnement, il s'est contenté de promettre une nième " conférence environnementale " !
On ne peut être plus cynique !
Sarkozy, que l'on a vu hier plus que jamais accroché aux basques de la chancelière allemande, n'a pourtant rien retenu de l'énorme effort d'investissement consenti outre-rhin pour les énergies renouvelables (*). Il est vrai que le fiasco du "Grenelle de l'environnement", l'avait depuis longtemps disqualifié sur ce terrain.
Pour les deux prétendants au titre suprême, l'écologie reste donc le hobby de quelques attardés, le hochet que l'on agite de temps en temps pour calmer quelques inquiétudes.
Funeste erreur, dramatique méconnaissance du sujet, paresse intellectuelle... ou lâche renoncement devant des décisions qui forcement vont fâcher des lobbies industriels et financiers (donc tous les media) très puissants ?
Toujours est-il que la France va rater une nouvelle fois (après l'informatique et les plans calculs des années 70-80), l'occasion de participer, en acteur majeur, à une révolution technologique inéluctable, génératrice d'emplois hautement qualifiés.
Nous allons (nos enfants) le payer cher !
(*) Exemple : Investissements dans les « petites capacités distribuées » en 2010 :
- Allemagne, 34 milliards de dollars,
- Italie, 5,5 milliards de dollars,
- France, 2,7 milliards de dollars.
Pour avoir une idée du niveau français : République tchèque, 2,3 milliards de dollars !
B : Un lecteur de Mediapart commente ainsi la campagne de Hollande :
" Il fait ce qu'il faut faire pour nous débarrasser de l'indignité, de notre honte quotidienne, de l'obscène et de l'inculte, et je lui en sais infiniment gré "
Cela restera pour beaucoup la seule raison de voter pour lui au second tour.
dim
22
jan
2012
" Est sacré l'être, la chose ou l'idée à quoi l'homme suspend toute sa conduite, ce qu'il n'accepte pas de mettre en discussion, de voir bafouer ou plaisanter, ce qu'il ne renierait ni ne trahirait à aucun prix." Roger Caillois, L'Homme et le sacré (1939)
Un lecteur, sans doute excédé par ma critique lourde, récurrente, systématique (j'assume tout cela !) des religions, mes profonds doutes idéologiques, ma misanthropie galopante… m'écrit : " Mais que vous reste-il donc de sacré ! "
Et ce matin, à l'heure où même les radios commerciales donnent la parole à des philosophes dûment estampillés, Régis Debray, dont on connait la réflexion autour des religions, évoque le sacré (*)
Athée fasciné par les religions (ou plutôt les communions), il était interrogé à propos de ces 4 nouveaux morts - pour rien - en Afghanistan.
Il en vint à évoquer les mille morts par jour de la grande guerre et les monuments aux morts de tous ces petits villages, dont j'ai souvent parlé ici.
Oui, pour moi ces morts sont sacrés, tout comme ceux des suppliciés qui ont suivi De Gaulle et Jean Moulin. Les enclos qui les célèbrent, aussi.
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On sait que le philosophe déplore les désacralisations qui ont accompagné les sociétés moderne et post-moderne. Il va même jusqu'à écrire (en gros) : "Moins de gens dans les églises, plus de vols, de viols, de délinquance ".
Notons que le sacré n’est pas né avec les religions, qui n'ont après tout que 2500 ans, mais, sans doute, quand un hominidé réalisa la première sépulture.
Debray prône donc le retour au sacré - le sacré républicain par exemple, qui fédère autour de la patrie - car il n'y a point de communautés viables sans sacralisation.
A une époque où tout se vaut, où notre président veut honorer en même temps Jean Moulin et les tortionnaires de Bigeard et Massu, peut-on rassembler notre patrie autour des cadavres de nos soldats ?
Au nom de ce sacré-là combien de massacres...
Régis Debray voit en fait du sacré partout et il est vrai que le sacré peut se décliner de multiples façons :
- lieux sacrés (temple, sanctuaire, mémorial...),
- temps sacrés (fêtes religieuses, Jeux Olympiques....),
- objets sacrés (Saint-Suaire, Feu sacré des Vestales ou du Saint-Esprit....),
- personnages sacrés (prophètes, sorciers, rois de France...),
- arts sacrés,
...
Debray postule que nombre de manifestations que nous ne considérions pas comme sacrées le sont. Il appelle cela les communications humaines. Celles-ci relèvent selon lui d'un besoin propre à
l'homme et qui trouve ses racines dans sa nature même. Des événements comme la Coupe du Monde de football ou les Jeux Olympiques sont dans cette définition. Le fait que des centaines (des
milliards) d'hommes sont réunis, à distance, autour d’un événement dans une simultanéité totale, induit une communion globale qui est constituante d’un caractère sacré .
En fait ceci n'est pas vraiment nouveau. Dans « Introduction à l’analyse de quelques phénomènes religieux » paru en... 1909, Henri Hubert et Marcel Mauss écrivaient :
« Si les dieux chacun à leur heure sortent du temple et deviennent profanes nous voyons par contre des choses humaines, mais sociales, la patrie, la propriété, le travail, la personne humaine y entrer l'une après l'autre ».
René Girard, que j'ai évoqué à plusieurs reprises à propos des notions de bouc émissaire et de désir mimétique, concède que le sacré a bien pour but de faire fusionner les membres d'une communauté, mais il ne croit pas à la possibilité de transcender le fond de violence dans lequel il est né.
(voir La violence et le sacré).
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Comment faire le lien entre sacré et tabou ?
Freud dans Totem et Tabou établit un lien direct entre la notion de tabou et celle de sacré.
" Est tabou, tout ce qui est à la fois sacré, dépassant la nature des choses ordinaires, et dangereux, impur, mystérieux".
Que l’on peut mettre en rapport avec cette phrase de Durkheim :
"La chose sacrée, c’est celle que le profane ne peut et ne doit impunément pas toucher".
Et le propos de Jacques Ellul :
« On est toujours saisi par le caractère restrictif du sacré, imposant tabous, limites, prescriptions, mais en réalité l’institution du sacré est
l’affirmation par l’homme d’un ordre du monde et d’un ordre du monde qu’il connaît, qu’il désigne et qu’il nomme. Le sacré, c’est pour l’homme la garantie qu’il n’est pas jeté dans un espace
incohérent, dans un temps illimité. »
Les Nouveaux Possédés (1973).
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Lorsque le bûcher est dressé pour Giordano Bruno, nu, la langue entravée par un mors de bois et que l'hérétique repousse le crucifix tendu vers ses lèvres, c'est un blasphème qui permet à l'homme d'avancer vers ce désenchantement du monde consacré par Copernic et Darwin.
Debray veut réenchanter le monde par le sacré (contre la science ?), plutôt que par la fraternité, la solidarité... l'extase devant la beauté de la Nature, les œuvres des savants, des artistes, des musiciens…
Pour ma part je communie avec le genre humain chaque fois que je regarde un tableau de Léonard ou de Manet, que je lis un passage de Flaubert, de Camus ou de Beckett, quand je découvre un poème de Sylvia Plath, quand j’écoute Mahler, quand je regarde un film de Woody Allen, quand je relis des textes de Newton…
« Quelle est la force du besoin métaphysique et avec quelle peine finalement la nature s’en sépare, on peut le déduire de ce que, dans l’esprit libre encore, alors qu’il a secoué toute métaphysique, les plus hauts effets de l’art produisent aisément une résonance des cordes métaphysiques dès longtemps muettes, voire brisées, lorsque, par exemple, à un certain passage de la Neuvième Symphonie de Beethoven, il se sent planer au-dessus de la terre dans un dôme d’étoiles, le rêve de l’immortalité au cœur : toutes les étoiles semblent scintiller autour de lui et la terre descendre toujours plus profondément. »
Friedrich Nietzsche, Humain, trop humain
(*) Régis Debray :
A venir dans Esprit critique :
Une société du sacré ? Désacralisations et re-sacralisations dans la société contemporaine
Georges Bertin et Céline Bryon-Portet
lun
09
jan
2012
Nouvelle revue de détail de nos postulants :
1 -L'insoutenable légèreté de l'être (ou plutôt du néant) Sarkozy
Plus que jamais vibrion instable et incohérent. Le degré zéro de la politique.
Il nous a tout dit, puis le contraire... et son inverse. Sait-il lui même où il habite ?
Son squat est à l'Elysée, malheureusement !
Le film (sur Arte il me semble) qui rapportait les avis des correspondants étrangers sur le personnage, est éloquent et accablant.
Cet homme fait un tort considérable à la France et beaucoup de mal aux Français.
Qu'il dégage ! Vite !
2 - Tout miel, tout sucre ; Hollande le candidat des douceurs
Il sait bien que l’on n’attrape pas les votants avec du vinaigre. Fluctue donc au gré du vent et des sondages.
Campagne soporifique, pas d'idées, pas de ligne directrice... un vrai conservateur à la Pompidou.
Le plus mauvais candidat du PS depuis 40 ans.
3 - Marine Le Pen : la fille de son père.
On lui a limé les dents, pas les griffes.
Ne connait aucun dossier... mais ce n'est plus en France un handicap !
Avec 3 slogans et un bouc-émissaire on peut faire plus de 20%.
4 - François Bayrou : humain trop humain !
C'est pour cela que sur le plan... humain, c'est lui que je préfère !
La droite à l'ancienne. Il serait le candidat idéal du capitalisme familial, façon début du XXème siècle.
Honnête, trop honnête pour la politique d'aujourd'hui. La preuve : il n'a plus de troupes !
Si j'étais de droite, je voterais pour lui.
Un mauvais point : reçoit des soutiens qui plombent, comme celui du crétin des Pyrénées : Douste-Blazy.
5 - Une fille du nord déboussolée : Éva Joly
Bien discrète la candidate des Verts ! Il est vrai que ses "amis" lui savonnent la planche.
J'adhère à son programme (qu'elle ne connait pas encore par cœur) sur bien des points : justice, institutions en particulier. Sur la politique énergétique, encore des lacunes.
Pôle-position pour moi au premier tour... pour l'instant.
6 - Mélenchon : à l'ombre de Marchais un Mitterrand du pauvre
Fait le boulot... mais plus langue de bois tu meurs !
Au fond, sur le bilan, sur les causes de notre grande dépression, sur l'Europe...il a raison.
Mais les moulinets de Don Quijote n'ont jamais fait peur à des géants de papier... alors les géants de la finance !
Pour conquérir sa Dulcinée (score à deux chiffres) devra mettre du sérieux dans ses propositions et écouter un peu plus Sancho Panza (le PC).
Face à un candidat PS bien faible, il pourrait alors voir sa côte remonter.
7 - Rien sur Villepin !
Ma note de campagne : 2/10, pour un spectacle que l'on pourrait intituler : Diablotin dans un filet d'eau tiède...
Mon pronostic aujourd'hui comme hier : Hollande avec un petit 52-53%.
Face à un si piètre sortant, cela ne serait pas un exploit.
dim
01
jan
2011
Je vous (nous) souhaite une année 2012 :
Sans El Assad, sans Poutine, sans Kim Sung, Kim Jong (et pourquoi pas Kim Kong !)…
Sans dictateurs
Sans barbus, sans muftis, sans ayatollahs, sans pape, sans popes, sans Dalaï-lama, sans rabbins (grands ou petits)
Sans foi
Mais avec des lois
qui protègent les plus faibles, les plus démunis,
les veuves et les orphelins,
et pas les margoulins
Sans Dassault, sans Mirages ni Rafales
Sans gaspiller un atome à faire la bombe
pour que tous les damnés de la terre puissent faire bombance
Pour que la terre redevienne un Paradis
interdit à tous les barbus, papes, popes, rabbins, moines et leurs bonnes sœurs…
Pour que tous ces bonimenteurs et diseurs de bonne aventure
Mécréants du bonheur
Oiseaux de malheur
Aillent en enfer...
Ou même dans leur ciel
Ils l'ont bien mérité !
mer
14
déc
2011
" Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, a été officiellement reconnu comme légal par la Commission électorale, a indiqué mardi 13 décembre le quotidien officiel New Light of Myanmar." AFP
Ce texte anodin signe la victoire d'une femme héroïque qu'une sanglante dictature n'a jamais pu faire plier.
Cette femme de fer, que des films hollywoodiens viennent aujourd'hui célébrer, n'a rien de la Barbie de Luc Besson. Elle a montré pendant 20 ans un courage et une pugnacité digne de Mandela.
Leur parcours est fort semblable, leur solitude fut la même. Les régimes qu'ils combattaient avaient le soutien des pays occidentaux, qui faisaient profiter leurs entreprises d'une main d'œuvre de quasi esclaves travaillant à l'ombre des fusils.
Notre triste Kouchner, qui vendit ses services (lesquels ?) à Total en Birmanie est une bonne illustration de ces cyniques coopérations.
Quand j'ai rédigé ce petit texte, qui faisait figurer Aung au Panthéon de mes rebelles, le sémillant Kouchner venait de tourner casaque pour rejoindre les compères du Fouquet's et toucher sa part du gâteau du côté du Quai d’Orsay. La farouche birmane était dans les 36ème dessous !
La roue a tourné, pour une fois dans le bon sens !
Mais pour ces deux exemples qui réchauffent le cœur des militants des Droits de l'homme, combien de combats perdus, de résistants torturés, de "rebelles " liquidés, dans l'indifférence.
Dans la Russie de Poutine, la Syrie d'Assad, la Chine de Hu Jintao… combien de ces hommes et femmes croupissent dans les geôles ? Pour l'instant M. Luc Besson, nos gouvernants et nos élites, les ignorent.
Gageons que si par miracle une grande figure populaire et charismatique émergeait des cachots, lui, ou un autre, en ferait un blockbuster. Ce n'est qu'une histoire de nombre de zéros sur un chèque.
jeu
01
déc
2011
Après un magnifique printemps, voici le temps venu d'un bien triste automne en terre d'Arabie.
Adieu jasmins et roses, parfums enivrant de liberté... certains préparent déjà les chrysanthèmes à déposer sur le tombeau des espérances d'une jeunesse qui n'a jamais connu que le bâillon.
Nul besoin de coups d'état, de menaces, de violences ; le fruit était mûr, il est tombé dans l'escarcelle de religieux moyenâgeux, après des élections quasi irréprochables.
Persécutés par des dictatures que nous avons soutenues au nom de sordides calculs de géopolitique à deux balles, ces hommes, fort peu démocrates, bénéficient de l'aura des martyrs.
Dans ces pays là, la démocratie à l'occidentale n'a vraiment pas la cote ; elle a pour longtemps le visage de l'Amérique de Nixon ou de Bush, ou même d'Obama qui, contre toute raison (je ne parlerai même pas de morale !), soutient, sans état d'âme, les faucons israéliens dans toutes leurs exactions.
Elle a celui d'un Sarkozy et d'un Guéant, et de tous ceux qui en Europe font à chaque élection de leurs populations immigrées de commodes boucs émissaires.
Les gauches locales n'ont pas la cote non plus. Pourtant, elles aussi ont eu leurs martyrs. Mais souvent, faute de relais, par lassitude, elles ont, soit déserté le sol natal, soit accepté le confort d'une opposition de façade, symbole pour les masses de compromission.
Le cas du Maroc à cet égard est exemplaire, où la gauche (l'USFP de Mehdi Ben Barka, Mohamed El Yazghi et Omar Benjelloun, assassinés ou victimes de sévices), qui conduisait, dans les années 60-70, toutes les forces vives : syndicats ouvriers, étudiants, enseignants..., a vu peu à peu ses troupes rejoindre le camp islamiste.
Le transfert du vote de gauche vers les partis islamistes ressemble d'ailleurs de façon assez frappante à ce qui se passe chez nous où les voix populaires vont à la famille Le Pen.
L'hiver qui vient sera-t-il celui de la glaciation ? Selon les pays la résistance aux forces ultra conservatrices s'annonce plus ou moins forte.
En Tunisie, où le combat est d'ores et déjà engagé, notamment dans les universités, entre les franges les plus dures de l'islamisme et les jeunes modernistes qui ont animé ou relayé le mouvement contre Ben Ali, les barbus n'ont pas gagné d'avance.
Bien que rejeté par ces jeunes, l'héritage laïc de Bourguiba pèse encore. Les jeunes femmes (1) notamment semblent bien décidées à défendre farouchement leurs acquis, même au prix d'injures et de menaces quotidiennes des salafistes. Leur courage est exemplaire.
Au Maroc le roi est à la manœuvre et pour l'instant, même s'il a nommé un premier ministre " islamiste modéré ", il garde en main l'essentiel du pouvoir.
L'Egypte (comme la Lybie) semble par contre condamnées aux douceurs de la charî'a...
Que pouvons-nous faire ? Dans les masses arabes nous sommes totalement discrédités.
En vingt ans, en soutenant tous ces régimes corrompus, nous avons perdu, et au-delà, le maigre crédit acquis dans les années postcoloniales, entre 70 et 90.
Pour le coopérant (sincère je crois) que je fus, pour l'homme de gauche que je reste, c'est un crève-cœur de voir triompher des forces aussi obscurantistes.
Certes la roue tourne et le temps de l'histoire n'est pas le notre... Un jour viendra ?
...
Quoi toujours ce serait la guerre la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jeté ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
...
(1) Suivre par exemple :
- Lina ben Mhenni : @benmhennilina, http://www.atunisiangirl.blogspot.com,
- Emna Ben Jemaa : @Emnabenjemaa, http://emmabenji.canalblog.com,
- Emna El Hamni : @Psycke, http://Orchideas.blogspot.com
jeu
24
nov
2011
I - Eva Joly et la "politique propre"
«Il y a des choses impossibles à changer chez moi, ce sont mon accent et ma ligne de conduite politique. J'ai toujours été une femme libre et je n'ai jamais été sous influence d'un quelconque lobby. J'ai vécu pendant plusieurs années avec un contrat sur ma tête et deux gardes du corps au moment de l'affaire Elf. Et je n'ai pas cédé. Alors…»
Eva Joly
La mise au pas d'Eva Joly par son propre parti, EELV, après le ralliement piteux d'Arnaud Montebourg à François Hollande -candidat des féodaux du PS,- signe-t-elle la fin de l'opération " politique propre" (1) qu'elle voulait conduire... avant même le début de l'élection présidentielle ?
Eva Joly avait la naïveté de croire qu'elle pourrait imposer à ses alliés un processus de purification de mœurs politiques dont elle avait pu apprécier la nocivité dans son métier de juge.
Eva Joly, sincèrement convaincu de la nécessité de sortir du nucléaire (2), avait eu la naïveté de croire qu'après la catastrophe de Fukushima les forces de gauche s'engagerait dans cette voie, en proposant des mesures immédiates pour réorienter notre recherche et notre industrie vers le développement d'énergies alternatives, comme le fait l'Allemagne.
Si Eva Joly savait par contre que F. Hollande était fort loin de ses idées (elle avait tenté de peser avec son parti sur la primaire socialiste, en faveur de M. Aubry), elle n'imaginait cependant pas qu'un claquement de doigt du lobby nucléaire suffirait à faire trembler le candidat socialiste.
Eva Joly était bien naïve ; il est vrai qu'elle est née en Norvège et a dirigé un projet anticorruption, pour le compte du ministère norvégien des affaires étrangères, entre 2002 et 2005.
Que son pays, pourtant gros exportateur de pétrole, est classé dans le top 10 des pays les moins corrompus de la planète, quand la France, en 25ème position se situe entre l'Uruguay et l'Estonie. Que les feuilles d'impôt de TOUS les citoyens y sont consultables sur Internet...
Un autre monde !
(1) Mani pulite (en italien, « Mains propres ») désigne une série d'enquêtes judiciaires visant des personnalités du monde politique et économique italien. Les enquêtes mirent au jour un système de corruption et de financement illicite des partis politiques Elles donnèrent lieu à une grande indignation de l'opinion publique et révolutionnèrent la scène politique italienne, provoquant la disparition de partis historiques comme la Démocratie chrétienne (DC), le Parti socialiste italien (PSI), le Parti socialiste démocratique italien (PSDI) ou encore le Parti libéral italien(PLI). Le bouleversement fut tel qu'on parle désormais d'un passage à une Seconde République. Wikipedia
En France, après l'affaire Elf qu'Eva Joly instruisit, nous avons eu droit aux emplois fictifs de la ville de Paris, aujourd'hui à l'affaire Takieddine dans laquelle sont impliqués, outre E. Balladur, N. Sarkozy et sa garde rapprochée : Copé, Hortefeux et quelques autres... Quant au PS, il a laissé prospérer à Marseille bon nombre de maffieux.
Et ce n'est que la partie visible de l'iceberg...
(2) Je suis très loin d'être un antinucléaire borné et certains écolos me hérissent le poil en distillant les pires âneries.
Je sais aussi que la sortie du nucléaire va demander un effort considérable (des experts disent qu'y rester va avoir un coût comparable).
Mais l'incroyable hypocrisie de nombre de politiques sur ce sujet est bien pire, car ils savent que l'on ne peut plus tergiverser : soit on s'engage tout de suite dans l'après-nucléaire et l'on investit tous les moyens disponibles dans la formation, la recherche, les technologies autour des énergies alternatives, soit on continue en construisant massivement de nouvelles centrales.
II - Sarkozy toujours trop !
Dès la fin des primaires PS, Sarkozy est parti en campagne. Tête baissé, comme le toro devant le chiffon rouge, il fonce et envoie dans le vide ses coups de cornes.
Décidemment avec lui c'est toujours trop !
Cet homme instable qui a passé son temps à dire tout et son contraire, à faire et à défaire presqu'aussitôt, à confondre action et agitation, qui a donné d'un président de la République une image caricaturale, n'imagine pas que l'on puisse ne pas le réélire.
D'ailleurs on le sent prêt à tous les coups tordus pour arriver à ses fins. L'enquête d'un journaliste américain semble relancer l'hypothèse d'un piège tendu (le pot de miel !) à DSK.
Mouillé jusqu'aux oreilles dans l'affaire Takieddine, il est bien capable de faire pire durant la prochaine campagne.
Trop, c'est trop... si les Français le réélisent ils auront définitivement mérité le qualificatif de veaux dont les affublait le général de Gaulle !
sam
19
nov
2011
A propos de DSK, rien ne nous sera épargné. Les récits de ses chevauchées lubriques dans les salons privés de restaurants huppés, les toilettes de palaces 5 étoiles, ou sur le bureau directoire de ses anciens appartements du FMI, avec vue sur le Potomac, me donnent la nausée.
Le sexe dans cette dimension là, n'est plus obscène, il est effrayant. Nous voici à l'abattoir, quand le maquignon enfonce un doigt dans les flancs de la génisse pour évaluer la qualité d'une future entrecôte. Entre ses doigts maculés de sang, glissent de grosses coupures...
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Certains osent évoquer Casanova ! Mes souvenirs concernant le célèbre prisonnier de Venise me renvoyaient à une toute autre histoire.
Je suis en train de lire son autobiographie qui fait l'objet d'une exposition à la BnF ; cet homme aimait les femmes, pas les morceaux de viande !
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Sexe encore avec le très controversé " Sleeping beauty " de l'Australienne Julia Leigh, que j'ai vu malgré des critiques ... souvent à côté de la plaque.
Sur le thème d'Eros et Thanatos, ou de la jeune fille et la mort, voila un beau et terrible film, s'achèvant par le cri atroce de l'héroïne (fragile beauté diaphane) qui remue les tripes du spectateur (en tout cas de l'homme vieillissant que je suis !) pétrifié sur son fauteuil par un dénouement pourtant tellement naturel.
Cette jeune fille, dont " le vagin n'est pas le temple " réclamé par ces lugubres et séniles bourgeois qui s’étendent auprès d’elle, est l'image de la pureté.
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Pureté et courage incarnés aussi dans cette magnifique photo qu'une jeune blogueuse égyptienne, uniquement vêtue de bas, d'escarpins roses et d'un chouchou de la même couleur, envoie à la figure des barbus de tout poil qui, le soir venu, dépouillent leur poupée de chiffons pour consommer de la chair fraîche.
DSK et les fanatiques de toutes les religions ont finalement la même façon d'aborder le sexe, par le petit trou de la lorgnette !
Femme-objet, ou femme Obscur objet du désir ?
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Robert Guediguian, nous parle autrement de l'amour...
Héros de l'Estaque, comme Marius et Jeannette et les prolétaires embourgeoisés de son dernier film (Les neiges du Kilimandjaro), ou comme Manouchian dans "L'armée du crime", ses personnages vivent une grande histoire d'amour façon Badiou :
"C’est la question de la durée qui m’intéresse dans l’amour. Par « durée » il faut entendre que l’amour invente une façon différente de durer dans la vie." L'éloge de l'amour.
Amour du compagnon d'une vie de dur labeur, de luttes, de révoltes, mais aussi amour du prochain, du plus pauvre que soi (*).
Guédiguian nous dit qu'aujourd'hui les fils de la solidarité sont tellement effilochés, la société si éclatée, les misères si souvent cachées, que même cet amour là devient une épreuve ; un Kilimandjaro à gravir en quelque sorte.
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Les héros de Guédiguian, comme la blogueuse nue d'Alexandrie, sont des saintes et des saints qui veulent croire au paradis sur terre et réenchanter le monde.
Tous les DSK, tous les barbus, tous les égoïstes possédants des mondes d’hier, d’aujourd’hui et de demain, brûleront dans les flammes éternelles de la mémoire de l'humanité.
* Relire sur le sujet « Les pauvres gens » de Victor Hugo dont voici la fin :
Elle dit : "A propos, notre voisine est morte.
C'est hier qu'elle a dû mourir, enfin, n'importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L'un s'appelle Guillaume et l'autre Madeleine ;
L'un qui ne marche pas, l'autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin."
L'homme prit un air grave, et, jetant dans un coin
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
"Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête,
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept.
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ?
Bah ! tant pis ! ce n'est pas ma faute, C'est l'affaire
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds.
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ?
C'est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.
Si petits ! on ne peut leur dire : Travaillez.
Femme, va les chercher. S'ils se sont réveillés,
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte.
C'est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux.
Ils vivront, ils seront frère et soeur des cinq autres.
Quand il verra qu'il faut nourrir avec les nôtres
Cette petite fille et ce petit garçon,
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.
Moi, je boirai de l'eau, je ferai double tâche,
C'est dit. Va les chercher. Mais qu'as-tu ? Ça te fâche ?
D'ordinaire, tu cours plus vite que cela.
- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà!"
Pompeux, pompier, dégoulinant de bons sentiments diront les détracteurs du poète...
Peut-être, mais les sentiments sont devenus denrée rare. Alors une petite overdose de temps en temps...
mar
01
nov
2011
L'homo sapiens est loin d'être une espèce rare, comme le grand requin blanc, les tigres, les gorilles... ou quelques milliers d'insectes ou de végétaux, menacés de disparition.
Au fur et à mesure qu'elle prolifère, l'espèce humaine appauvrit la biodiversité et saccage la Terre. La voici aujourd'hui qui, à l'égal des Dieux, s'arroge le droit de vie et de mort sur une planète bleue... de plus en plus noire.
Au sein de la société qu'elle a élaborée, elle a aussi organisé la rareté de la richesse. Grâce à une monstrueuse centrifugeuse, elle a enfanté l'homme enrichi (*) qui occupe de tout petits espaces, au centre de ce bas monde.
Cette créature y prospère sur un tas d'or, quant à la périphérie des milliards de pauvres Job croupissent sur leur fumier.
Sa puissance est telle, qu'il lui est facile de convaincre ces laissés-pour-compte de chercher le bonheur dans l'espace intemporel proposé par les calotins de diverses obédiences, les barbus de tout poil, les rabbins à bouclettes... Avec l'or, l'encens est une valeur sûre.
Entre ces quelques Crésus et les multitudes de miséreux, la messe est-elle dite ?
Aujourd'hui, premier novembre, au milieu des tombes ou dans les limbes de notre mémoire, nous pleurons nos chers disparus. Ayons une pensée pour nos pauvres descendants.
(*) à ne pas confondre avec l’homme augmenté !
lun
24
oct
2011
Sur nos très étranges lucarnes notre Napoléon le petit va nous expliquer jeudi prochain qu'il a, la veille, sauvé l'euro... lui qui depuis dix ans est l'un des principaux fossoyeurs de l'Europe.
Je ne parle évidemment pas de ce "machin" informe, décervelé, ligoté par les lois du marché ; à la merci des spéculateurs.
De cette Europe ballotée par le tumulte de flots financiers qui rejette successivement sur la grève les cadavres de ses membres les plus fragiles : l'Irlande, la Grèce, demain le Portugal, l'Espagne (en voie de paupérisation écrit " Le Monde "), l'Italie.
Déjà les agences de notation et leurs vautours guettent les suivants... dont nous sommes.
De l'Europe qui se moque des citoyens... des cochons de payants... toujours les mêmes : de ceux qui travaillent toujours plus pour gagner moins, de peur d'alimenter la file des chômeurs qui s'allonge comme le nez de Pinocchio de nos marchands d'illusion.
Dire cela, c'est bien évidemment faire preuve d'un populisme primaire, l'horreur des horreurs pour la gauche bien pensante de Serge July (qui insultait les nonistes dans "Libé" au lendemain du NON, en 2005), du Nouvel Obs, et d'une partie du PS, celle qui vient de porter aux nues F. Hollande.
Certes de timides actes de contritions sont ici et là concédés : " on s'est un peu trompé, mais nos intentions étaient pures " entend-on même chez quelques" hollandais ".
La meilleure des repentances serait de nous dire - la corde au cou -, nous avons eu tout faux et il faut repartir de zéro !
________________
Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être.
Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir. Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.
Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse. Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise. On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue ! Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé.
Victor HUGO, Napoléon le petit
lun
10
oct
2011
lun
03
oct
2011
On avance, on avance... Et plus on avance, plus l'on voit que l'on va dans le même sens...!
Les comiques troupiers, forts en gueule, pauvres en c...lles, tel JL Borloo, commencent à poser ce qui leur reste d'attributs virils sur le bureau de Sarkozy, qui lui, n'en doutons pas, ira au bout.
Tant pis pour la droite, qui avec Juppé tient un postulant qui aurait donné beaucoup de fil à retordre au weightwatchers man de la gauche, que les sondages et les médias sont en train de consacrer.
La campagne de F. Hollande conforte mon opinion sur cet homme de peu de poids : la gauche (la vraie) n'a rien à en attendre.
Les Français lui sauront gré un moment de les avoir débarrassés d'un agité primaire, inculte et grossier qui faisait tache, mais ils lui demanderont rapidement de les sortir du marasme social, moral, économique dans lequel ils sont plongés.
Aussi je crois que l'ex-patron (calamiteux) du PS, se prépare des lendemains qui déchantent en articulant sa campagne autour d'un catalogue de promesses dont tout le monde sait qu'il ne servira qu'une fois... pour attraper les nigauds.
En prenant le profil (maigre !) de Pompidou, il se trompe d'époque et montre qu'il n'a pas saisi grand-chose de la situation actuelle et de l'ampleur de la désaffection des citoyens pour la politique et les politiciens.
Pire qu'il ne voit même pas que notre démocratie est en danger.
Pompidou n'avait qu'à gérer l'héritage d'un grand homme dans une société en croissance, le futur élu devra assumer la succession d'un sapajou par temps de tempête économique.
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On n’entend pas assez les deux seuls — Arnaud Montebourg et Eva Joly — qui osent murmurer que rien ne sera possible sans une nouvelle constitution.
Je rabâche, mais pour moi c'est l'urgence absolue. Si j'étais élu président, je transformerais immédiatement le parlement en assemblée constituante !
Cette constitution devrait impérativement mettre un terme à la professionnalisation de la politique en interdisant tout cumul des mandats (un homme, une femme : un mandat) et en les limitant à deux consécutifs (hormis pour les maires de communes de moins de 20 000 habitants).
Il n'est guère étonnant que Hollande soit le candidat de gauche le moins déterminé sur cette question : sa campagne est menée par d'anciens caciques et notables du PS — fussent-ils exclus du parti et sous le coup de multiples accusations de corruption (comme l'ancien secrétaire de la fédération PS de l'Hérault) — qui s'accrochent à leurs mandats comme des anoploures !
Héritier de DSK, il bénéficie aussi de l'onction sondagière qui est un énorme plus pour un parti essentiellement constitué d'élus et de beaucoup d'obligés, avant tout motivés par le choix de la bonne casaque, synonyme de récompenses.
Voilà aussi pourquoi il faut absolument déprofessionnaliser la politique, seul moyen de faire revenir au premier plan les convictions, que beaucoup trop d'élus de gauche n'ont plus ou mettent dans leur poche.
Parenthèse : sur le plan des convictions, l'attitude du PS vis à vis du Sénat, qu'il vient de conquérir, sera un bon test. Dégonflera-t-il cette baudruche qui ne représente pas grand-chose et coûte un argent fou au Trésor public :
... près de 400 personnes menant grand train (pas de sénateur !) quand la Chambre Haute allemande (le Bundesrat) a 69 membres et le Sénat américain... 100... ?
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Au centre, le seul à résister dans la tourmente est bien le béarnais têtu, F. Bayrou. Abandonné par des troupes fort catholiques, mais détestant le jeûne, il n'a pas renoncé « à se tenir exactement au milieu » et finalement c'est bien lui qui donnera la réplique au duo de favoris. Je ne voterai pas pour lui, mais je salue son courage.
Eva Joly est bien timorée. Elle apprend et compte les coups administrés par l'écolo de chez Bouygues qui cherche en vain à se placer dans un coup gagnant.
C'est ma (timide) favorite, car en cas de victoire de Hollande on aura bien besoin de contrepoids et d'aiguillon !
Pour le reste, Mélenchon fait son job et va assurer ses 5 ou 6%, peut-être plus, tant l'absence du facteur et de la Vierge rouge a sinistré l'extrême-gauche.
De l'autre côté, Marine suit les traces de son père. Elle a récupéré deux « célèbres » mégalos : l'avocat de Virenque et du tortionnaire Paul Aussaresses (Gilbert Collard) et l'ancien président déjanté de Reporter Sans Frontières (Robert Ménard).
Maigre butin pour camoufler tous les grognards fachos, tous les jeunots qui ne pensent qu'à bouffer du noir ou de l'arabe, tous les intellos fans de Maurras et adeptes de la pureté ethnique, qui constituent sa garde rapprochée.
Bref, de cette élection je n'attends rien de plus que l'éviction de la scène politique du mari de Carla Bruni.
L'important c'est l'après...
sam
24
sep
2011
...
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente
...
A chaque élection présidentielle américaine, malgré mon cuir tanné, c'est le même espoir qui surgit... celui de pouvoir enfin faire taire mon antiaméricanisme primaire !
Avec l'élection d'Obama - un noir, de père afro-musulman, intellectuel brillant- les yankees ont fait fort pour convaincre le monde entier qu'ils pouvaient désormais, non seulement être admirés, mais aussi aimés.
L'attente était si forte, l'espérance si violente, que, sans avoir rien fait pour le mériter, un an après son élection, ce président des Etats-Unis d'Amérique a reçu le prix Nobel de la Paix... par anticipation !
Car on en était sûr : Obama allait faire la paix en Afghanistan, en Irak et surtout -surtout !- traiter, suturer cette plaie ouverte dont le pus irrigue le monde arabe, abreuve les terroristes, pollue la planéte... le conflit israélo-palestinien.
Il y a un an encore, le président réaffirmait à l'ONU que dans l'année le problème serait réglé.
Ceux qui ont un tout petit peu suivi les prises de position américaines de cette dernière année ont en fait assez vite compris qu'ils allaient devoir déchanter et que la politique étrangère des USA ne changerait pas d'un iota ; que son axe majeur - le soutien indéfectible au pouvoir israélien quel qu'il soit -et à ses pires turpitudes- resterait son credo.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est un modéré. La condition qu'il posait pour des négociations directes avec Israël - l'arrêt de la colonisation de ce qui reste d'un territoire palestinien complètement mité par les implantations des colons militants - dont le seul but est de rendre impossible la création de l'état palestinien - était plus que raisonnable.
Israël l'a refusé et s'il dit aujourd'hui vouloir négocier, c'est pour accorder le statut de bantoustan à quelques territoires, comme aux plus beaux jours de l'apartheid en Afrique du Sud !
La seule issue pour M. Abbas était donc de demander cette reconnaissance à l'ONU. Elle sera soutenue par une large majorité de nations mais se heurtera - Obama vient de l'affirmer - au veto des USA.
Si Israël peut se frotter les mains et se satisfait d'avoir conduit ses voisins dans une impasse qui va encore lui donner du temps pour fortifier ses installations en Palestine, Obama et les Américains vont perdre très gros dans cette sinistre comédie.
Englués en Afghanistan où leur défaite (et la notre) est consommée, considérablement affaiblis par une crise financière dont ils sont responsables et les met à la merci de leur créancier n°1 les Chinois, ils font la preuve -par l'absurde- que la Pax americana a vécu !
Désormais le règlement des conflits au Moyen-Orient ne passera plus par eux, les jours des régimes féodaux arabes corrompus qui leur fournissent le pétrole, sont sans doute comptés. On a vu ce qu'il est advenu de leurs deux "grand amis" Ben Ali et Moubarak.
En fait, aux USA, depuis l'élection d'Obama rien n'a changé et si on peut porter au crédit du nouveau président la loi visant à assurer une assurance maladie aux plus démunis- le "medical care" – celle-ci est très en deçà des engagements de campagne et a été symboliquement abrogée à l’initiative des républicains, désormais majoritaires à la Chambre des représentants.
Les promesses faites aux écologistes en particulier sont restées à l'état... de promesses et l'on assiste au contraire au retour à l'orthodoxie productiviste.
Le 2 septembre dernier, en catimini, la Maison Blanche a annoncé qu'elle renonçait à appliquer de nouvelles normes anti-pollution visant à réduire les rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère. Il ne s'agit pas d'une petite affaire mais de la mise sous le boisseau d'un axe majeur de la campagne de Barak Obama.
On pourrait étoffer la liste des renoncements.
Finalement cette débâcle est-elle surprenante ?
Les évènements récents, comme le large soutien à la peine de mort et aux exécutions barbares (20 ans après la condamnation pour Troy Davis) qui leur font suite, le succès des groupes ultraconservateurs du tea party, les luttes -violentes- contre l'avortement, le libre accès maintenu à toutes sortes d'armes... montrent que la société américaine n'évolue pas ou alors à pas imperceptibles.
Je l'avoue, cette société puritaine qui a pour alpha et oméga la loi du plus fort (élu de Dieu), suscite chez moi un profond rejet.
L’affaire DSK, certes fort peu reluisante pour la classe politique française en général, vient de mettre à nu quelques tares de ce pays : une hypocrisie gigantesque dans l'approche de la sexualité, une justice entièrement vérolée par l'argent, des media fort populaires digne du caniveau.
Pourquoi donc, comme beaucoup de Français, suis-je mal à l'aise avec mon antiaméricanisme ?
Parce que ce grand pays, qui est à l'origine de tant de maux et s'est construit sur le génocide de sa population autochtone, a produit de grandes choses, notamment dans le domaine scientifique...
Quoi que... En y regardant de plus près, on constate que beaucoup de leurs héros, de leurs savants, de leurs Prix Nobel... sont des immigrés de fraiche date et qu'aujourd'hui même, ce sont les meilleurs chercheurs du monde entier qui sont dans leurs plus prestigieux laboratoires... Un lauréat de Harvard préférera souvent le business à la recherche de pointe !
En serait-il de même si l'argent se faisait plus rare au pays de l'oncle Sam ?
Gardons nous donc d'écouter chez nous les défenseurs zélés de l'outre-Atlantique ; comme les prédicateurs évangélistes milliardaires... ils prêchent pour leur propre paroisse !
sam
27
aoû
2011
Avant la vraie rentrée universitaire qui se profile -la dernière j'espère sous l'ère de la LRU, des concours d'excellence à tout va qui ont transformé les chercheurs et enseignants-chercheurs en gratte-papier, lobbyistes ou voyageurs de commerce- voici l'époque des Universités d'été.
Celle du PS a été intéressante cette année, puisqu'elle a permis aux prétendants à la couronne de montrer leurs muscles.
Comme il est fort probable que l'an prochain, au second tour de la présidentielle, j'aurais à voter pour un de ceux-là, voici la première page de mon carnet de campagne.
Les hors concours :
La gauche cassoulet, fils indigne de parents assez remarquables, copain de Tapie ; encore un de ces héritiers à la tête bien vide et aux poches bien pleines. Se présente pour obtenir quelques sinécures, dont des postes de sénateur dans le Tarn et Garonne (qui vaut bien mieux que cela !).
A mettre au régime sec !
Remarqué par le très conservateur " The Economist " qui le considère comme le seul socialiste présentable (c'est à dire ultralibéral compatible).
Serait beaucoup plus à l'aise chez Sarkozy avec Besson...
Ma tête de turc !
Au PS passe son temps à changer d'écurie... car il n'a pas encore trouvé le moyen de se propulser au niveau qu'il estime être le sien. De bonnes idées parfois (la 6e République par exemple).
Trop instable... à tester comme ministre de l'outremer dans un premier temps...
Les favoris :
- Ségolène
Des qualités certaines (pugnacité, courage, quelques bonnes idées), mais de gros défauts : manque de fonds sur certains sujets, entourage techniquement faible ou pas écouté, peu convaincante lors du débat face à Sarkozy en 2007.
Doit encore travailler !
- François Hollande
Un Daladier relooké façon président des années 2000. A pu prendre de la hauteur... en Corrèze, grâce aux époux Chirac. Pas vraiment méchant, consensuel... l'antisarko quoi !
Jospin lui doit une partie de sa cuisante défaite en 2002, tant sa gestion du PS fut calamiteuse.
Vient de s'acoquiner dans ma région avec... un fameux coquin : un triste sire nommé Robert Navarro, homme de main de G. Frêche, ancien guichetier de la SNCF, ex-responsable (il a été exclu depuis) de la Fédération PS de l'Hérault qui, comme le Christ, multipliait les adhérents et faisait voter les morts, sous le coup d'une plainte... du PS, pour abus de confiance.
Hollande illustre ainsi de façon éloquente ce qui lui tient lieu de programme : gagner à tout prix...
Il n'abusera pas de ma confiance !
- Martine Aubry, sérieuse, travailleuse, appréciée par Mitterrand, Jospin... et son père. Sans aucun doute la plus capable de rassembler l'ensemble de la gauche. On la dit autoritaire, pas vraiment motivée par le poste. Son pacte avec DSK m'avait choqué.
Finalement la seule qui peut réserver des surprises (bonnes ou mauvaises !).
BILAN
Ensemble très moyen, seule Martine Aubry pourrait avoir ma voix au premier tour :
- si elle promet de virer tous les malpropres qui prospèrent encore au PS, dont le célèbre clan Guerini à Marseille, accablé par un rapport interne (signé par A. Montebourg)... qu'elle a pris soin de mettre à la corbeille,
- si Mélenchon continue à nous assommer avec des slogans, sans dessiner vraiment ce que pourrait être une véritable alternative à la mondialisation,
- si Éva Joly ne propose pas - outre des mesures courageuses, innovantes et réalistes pour sortir de notre modèle énergétique actuel - une révision radicale de notre constitution interdisant tout cumul de mandats électifs (impérativement limités dans le temps) et redonnant l'essentiel des pouvoirs législatifs au Parlement.
Donc si je suis sûr de voter contre Sarkozy au second tour, je suis aujourd'hui bien incapable de dire ce que je ferai au premier !
Peut-être un grand tour dans les Causses... histoire de respirer un peu d'air pur !
jeu
25
aoû
2011
DSK : perdant !
Ses amis ont beau se réjouir de façon indécente, ils ne nous feront pas oublier qu'ils ont voulu mettre à la tête de notre pays un obsédé sexuel aux lourds antécédents, perdant les pédales devant les (forts modestes !) appâts d'une femme de chambre.
PS : perdant !
Pour avoir, au delà de toute analyse sensée et de tout respect de l'éthique, envisagé sérieusement de soutenir cet homme, au seul motif que les sondages l'envoyaient à l'Elysée.
... Et pour continuer aujourd'hui à en faire une victime !
La justice américaine : grande perdante !
Ceux qui se pâmaient devant le modèle américain doivent avoir un réveil difficile. Que de tares révélées !
- La soumission à l'argent qui permit à quelques policiers de troisième zone de menotter dans un avion un des principaux dirigeants de la planète, sans avoir vérifié de façon sommaire le sérieux de l'accusation... au seul motif que la prise était bonne et rentable !
- L'immense hypocrisie de cette société puritaine qui se délecte pendant des semaines des outrages subis par les parties intimes de la plaignante et fustige la légèreté des mœurs françaises, qui parce que le mensonge est un crime presqu'aussi grand qu'un viol, acquitte l'ex patron du FMI.
Au passage on se demande alors pourquoi G. Bush qui a constamment menti pour justifier l'invasion de l'Irak, n'est pas en prison !
Pascal Bruckner, dans un excellent article publié par Le Monde, souligne qu'en fait la société américaine est malade du sexe ! Je cite un paragraphe :
" L'Amérique du Nord, à l'évidence, a un problème avec le sexe qui vient de son héritage protestant mais elle veut en plus donner des leçons au monde entier. La qualifier de puritaine ne suffit pas car c'est un puritanisme retors, d'après la révolution des mœurs, qui parle le langage de la liberté amoureuse et coexiste avec une industrie pornographique florissante. C'est très exactement un puritanisme lubrique : à quoi ont servi les affaires Clinton ou DSK ? A condamner l'érotisme pour mieux en parler, à se pourlécher des semaines, des mois durant de détails croquignolets, à évoquer la fellation, la semence, les organes génitaux avec une gourmandise faussement indignée."
Les féministes hystériques : perdantes !
A vouloir à tout coup, quelle que soit la crédibilité des accusateurs, condamner la gent masculine, elles dévoilent la substance de leur combat : faire de tout homme un agresseur ou un violeur potentiel et leur objectif : rallumer la guerre des sexes.
Toujours dans Le Monde, une de ces féministes conclut ainsi un article d'anthologie :
"Dominique Strauss-Kahn a pu incarner la France dans son arrogance dominatrice, mais la prétendue séduction "à la française" apparaît désormais, le roi étant nu, pour ce qu'elle est : de la violence sexuelle."
En fait, ces femmes là sont en train de constituer dans notre pays une alliance contre-nature que Pascal Bruckner décrit pour les USA :
" Il s'est passé en effet aux Etats-Unis un phénomène singulier qui n'a pas touché l'Europe : l'alliance du féminisme et de la droite républicaine, ultra conservatrice. Ces deux forces se sont unies, au nom d'intérêts différents, pour refermer le couvercle ouvert par les années 60-70. Voilà pourquoi tant d'intellectuelles féministes, telle une Joan Scott spécialisée dans le frenchbashing, sont devenues de purs et simples propagandistes du département d'Etat, chargées de promouvoir urbi et orbi l'American way of life. Cela explique l'ambiance de maccarthysme moral qui touche là-bas les choses de l'amour et dont les Américains les plus lucides s'alarment depuis longtemps."
Les défenseurs des droits des femmes : perdants !
Avec le retentissement donné à cette affaire par les enragées, comment entendre les plaintes des femmes discriminées dans leur boulot, harcelées dans leurs quartiers, épuisées dans leur foyer, mutilées dans leur communauté, exploitées et infantilisées dans nombre de pays !
Les femmes violées : perdantes ! Oseront-elles maintenant dénoncer le crime, quand le modèle de victime mis en avant est totalement décrédibilisé...
L'affaire DSK : un révélateur et un saccage !
mer
10
aoû
2011
On construit trop de murs et pas assez de ponts.
Issaac NEWTON
La première fois que j'ai emprunté la route côtière entre Rabat et Casablanca - il y a déjà bien longtemps - après avoir quitté le site enchanteur des Oudayas, j'avais longé un mur interminable à la sortie de la ville, face à l'océan qui éclaboussait le bitume.
Qu'y avait-il derrière ces murs ?
Un bidonville (celui d’El Kora je crois) où des marmots titubants barbotaient dans des cloaques, où des femmes enfouies sous des chiffons donnaient un sein rabougri à des morveux, où des mécaniciens improvisés bricolaient d'improbables vélocipèdes, où l'on essaya de me fourguer un peu de hash et des scorpions enfermés dans des boites d'allumettes.
Car la misère importunait le touriste, incommodait le roi qui passait en trombe avec sa Mercédès pour se rendre en son Palais de Skhirat, donnait mauvaise conscience aux bourgeois de Rabat qui prenaient leurs quartiers d’été sur les plages de Témara.
Déjà, à Casablanca, derrière des murs identiques, une ville de cartons et de plastiques s'édifiait sur des tas d'immondices. Elle est aujourd’hui cernée par des constructions récentes en dur.
………….
En Californie aussi on dresse des murs. On y enferme les riches.
Bien sûr, ce sont de beaux murs, avec des miradors qui ressemblent à nos anciennes échauguettes. Sous les palmiers, des Cadillac de 12 m de long, des Porsche qui consomment 50 l au cent en roulant à 80 km/h sur l'autoroute entre LA et Vegas, des piscines en forme de cœur où des femmes, seins en obus, fesses en silicone, boivent un dernier cocktail avec des gigolos bodybuildés.
Là-bas, comme ici, certains réclament toujours plus de murs, de grilles, de barrières... Comment faire cohabiter ceux qui en veulent toujours plus avec ceux qui en ont toujours moins ?
Mais aujourd’hui les miséreux n’acceptent plus de rester confinés derrière des murs, ils ont le culot de se montrer dans les quartiers chics et d’y créer quelques désordres. On a donc construit des murs de plus en plus hauts, sans comprendre qu’un pauvre qui n’a plus que sa vie à perdre essaiera toujours de le franchir.
Pourtant, entre ces emmurés, il faudra bien maintenir des ponts, ne serait-ce que pour que les multitudes de pauvres continuent à faire vivre les riches et en recueillent des miettes. Israël et la Palestine sont un bon exemple de ce nouveau mode de communication et d'échange.
Une sorte de course poursuite s’établira donc entre les maçons et les boulonneurs, riveteurs et autres soudeurs.
Ah, si j’étais riche j’investirais dans les travaux publics !
dim
07
aoû
2011
...
Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !
...
A. Rimbaud, Le bateau ivre
Retour aux choses sérieuses après 8 jours au vert dans ma chère Lozère.
Je lis dans les gazettes :
- Sarkozy et Berlusconi vont-ils sauver l'euro et l'économie mondiale ?
- Algues vertes en Bretagne : un problème local !
- Syrie : le dictateur en place organisera des élections libres quand il aura fini de liquider des dizaines de milliers d'opposants.
- Affaire Tapie-Lagarde : non ! Sarkozy n'a pas fait cadeau de 380 millions d'euros au célèbre escroc !
- Affaire Ziad : Copé ne s'est baigné qu'une dizaine de fois dans la piscine du marchand d'armes, pourvoyeur de fond de la sarkozie.
- Après le foot anglais, sauvé par la mafia russe, le foot français est remis à flot par le pétrole des princes du Golfe arabique.
- Afghanistan : les talibans sont partout, les GIs et leurs hélicoptères tombent comme des mouches, les soldats français n'osent plus sortir de leurs trous... Mais grâce à nous les filles ne portent le tchador qu'à partir de 10 ans, la culture du pavot a tendance à légèrement diminuer, les seigneurs de la guerre ont baissé les prix des rançons.
- Lybie : Kadhafi est toujours vivant, les rebelles seraient contrôlés par les islamistes, la population meurt de faim... mais elle apprend par cœur le célèbre poème d'Eluard : " Liberté"
...
Et l'on voudrait que je sois sérieux !
Et on a le brave culot
D'oser me demander
De ne plus boire que de l'eau
De ne plus trousser les filles
De mettre de l'argent de côté
D'aimer le filet de maquereau
Et de crier vive le roi
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!
Jacques BREL, Le Tango funèbre
dim
17
jui
2011
De Fillon à Ségolène, de Marine à Martine (*), c’est haro sur Éva !
Qu’une « demi-Française » ose remettre en cause la parade de militaires astiqués, pomponnés, rasés de près, mentons levés, armes au poing, prêts à donner leur vie (pour qui ?) voila de quoi alimenter la chronique de l’anti-France, ouverte depuis plus d’un siècle par ceux qui, plus tard, se réfugieront dans un lâche pétainisme.
Citoyens, circulez y a rien à voir... écolos continuez à compter... fleurettes et OGM ; l'armée, les défilés à la soviétique, les drapeaux qui recouvrent les cercueils de malheureux jeunes,
morts pour rien... c'est le cœur de la Nation... n'y touchez pas, c'est sacré !
D’ailleurs, dans ma commune, ne vient-on pas d’inaugurer une rue Marcel Bigeard du nom de l’un des principaux responsables de l'organisation de la torture en Algérie (**) et cela ne choque pas grand monde.
Il était si beau mon légionnaire... et il sentait si bon le sable chaud !
Pourtant même le Figaro, dans son édition en ligne du 15 juillet, remarque que nous sommes pratiquement le seul pays démocratique à organiser de telles démonstrations de force :
« L'Espagne et le Portugal ont ainsi fortement réduit le nombre des militaires présents lors des célébrations de la fête nationale... La Grèce a supprimé son défilé. Quant à l'Italie, un
défilé a bien lieu le 2 juin, mais dans l'indifférence.
Le Royaume-Uni n'a lui pas de fête nationale à proprement parler, mais l'anniversaire de la Reine joue en quelque sorte ce rôle. En Allemagne, la fête nationale, fixée à l'anniversaire de la
réunification, ne donne pas lieu à un défilé militaire, ni à une fête populaire.
L'Europe du Nord n'est pas très portée sur les défilés militaires. »
Inutile de préciser que les USA ne font pas défiler leurs troupes !
Je ne suis pas un antimilitariste primaire ; le 11 novembre et le 8 mai, j’ai même une pensée pour tous ces jeunes morts sous notre drapeau et pour toutes les victimes des conflits déclenchés en Europe, au XXème siècle, par la bêtise ou la folie de quelques nationalistes exaltés.
Mais le 14 juillet, c’est la fête de tous les citoyens et des valeurs de notre république, et cela ne se résume pas aux claquements sur le pavé des pas cadencés d’une marche militaire.
D'ailleurs ce n'est qu'en 1880, 10 ans après le désastre de Sedan, qu'un défilé militaire fut organisé le 14 juillet, pour bomber le torse face à l'Allemagne unifiée. La première vraie célébration de la prise de la Bastille eut lieu le 14 juillet 1790, ce fut la Fête de la Fédération ou devant tous les députés, Louis XVI prêta serment " à la Nation et à la loi ".
C'était une fête républicaine ; les gardes nationaux promettaient notamment " de sacrifier nos fortunes et nos vies pour conserver à nos descendants cette liberté après laquelle nous soupirions depuis si longtemps. "
(*) Martine Aubry, en visite au forum Libération à Avignon, a écarté la proposition : «J’ai entendu ce qu’a dit Eva Joly. Bien évidemment, ce n’est pas acceptable, ça n’a même pas de sens.»
Mais si Martine, cela a justement beaucoup de sens !
(**) On peut lire ceci dans Wikipedia :
" Si la torture, les enlèvements et les exécution sommaires se généralisent, théorisées par l'armée et soutenues à la fois par l'état-major et les politiques, on confie néanmoins cette tâche en particulier à des unités spéciales: les paras de Massu et Bigeard "
Massu a reconnu les faits, pas Bigeard, malgré de multiples témoignages accablants.
jeu
14
jui
2011
On le sait bien, à l'étranger comme au cœur de la France profonde, la bouffe chez nous relève du sacré.
Voilà pourquoi à l’extrême droite un symbole alimentaire a désormais pris le pas sur une icône : brandir un saucisson c'est quand même plus viril que d'invoquer les mânes d'une pucelle !
Ce sont de soi-disant défenseurs de la laïcité qui au nom de cette « France éternelle » ont sorti de leurs besaces charcutailles et gros rouge qui tache pour des agapes communautaires destinées à exclure les adeptes de Mahomet. Des banquets républicains à rebours en quelque sorte !
Pour régler le problème de l'immigration, Pasqua avait des charters, Sarko sort son saucisson. Avec sans doute la même efficacité !
NB : Lionel LUCA qui a pris la tête de cette croisade moderne, s'est vu attribué le premier prix de la « Bêtise avec un grand C », une récompense décernée à l'unanimité par la SACD « visant à honorer ceux qui, en toute méconnaissance de cause, prendront dorénavant l'initiative de tenter de limiter la liberté d'expression en s'attaquant publiquement à des œuvres sans les avoir lues ou vues »
Il avait accusé le film Hors-la-loi, de Rachid Bouchareb sur la guerre d'Algérie, de manichéisme et de « falsification historique » sans l'avoir vu !
lun
11
jui
2011
En France la droite n'a pas beaucoup d'idées, mais elle sait utiliser (à bon escient ?) la rumeur, la calomnie, les remugles de caniveau. Pour s'en convaincre, il suffit de réviser un tout petit peu son histoire de France.
Pour DSK, tout était prêt : bouquins, témoignages, photos... et patatras le patron du FMI se prend les pieds tout seul dans le tapis ! A 2h du matin un ami de New-York réveille l'Elysée et répercute la bonne nouvelle.
Las, le bilan du petit Nicolas est si mauvais, l'homme tellement carbonisé, que même une Martine Aubry menace d'écraser le sortant. Sa brillante équipe de campagne reprend alors les boules puantes, distillées depuis près de 10 ans sur le Net par l'extrême-droite lilloise.
Si Hollande est épargné (pour l'instant), c'est sans doute parce que l'agité de Neuilly est persuadé que le mollasson de Corrèze est un adversaire moins coriace, opinion que je partage.
Je ne suis cependant pas convaincu que cette grosse ficelle ne devienne pas un vrai nœud coulant pour le candidat de la droite.
Les Français susceptibles de se repaitre de ce fiel sont déjà chez Marine ; les autres attendent de la future campagne, des idées, du sens, l'esquisse d'un chemin moins chaotique pour nos concitoyens et notre pays.
La victoire d'Eva Joly chez les écolos témoigne de ce souhait et me réjouit. Pour une fois, ni les sondages, ni un sourire médiatique, n'ont transformé un vecteur publicitaire en porte-parole cohérent d'une grande cause mondiale.
ven
24
jun
2011
" Ce que j’aime en ma folie, c’est qu’elle m’a protégé, du premier jour, contre les séductions de « l’élite » : jamais je ne me suis cru
l’heureux propriétaire d’un « talent » : ma seule affaire était de me sauver — rien dans les mains, rien dans les poches — par le travail et la foi. Du coup ma pure option ne
m’élevait au-dessus de personne : sans équipement, sans outillage je me suis mis tout entier à l’œuvre pour me sauver tout entier. Si je range l’impossible Salut au magasin des accessoires,
que reste-t-il ? Tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n’importe qui. "
Jean-Paul Sartre, Les Mots (1964)
On peut utiliser toutes les ressources d'internet, être équipé de la panoplie complète issue des progrès des nouvelles technologies, suivre avec enthousiasme les avancées de la biologie moléculaire, de la médecine, des nanosciences... et trouver ridicule ces déclarations, désormais incontournables, de personnalités, d'écrivains, de savants, de politiciens... qui jurent ne vivre que pour et dans le futur.
No past en quelque sorte !
Si au présent, qui annonce dans ce domaine un peu reluisant futur, j'ai des sentiments passéistes, ils concernent les mots, la langue, l'écriture...
J'évoque cela car j'ai entrepris de lire des correspondances familiales, des lettres qui vont du début du XXème siècle aux années 70. Pas des courriers d'érudits, mais de gens simples n'ayant au mieux qu'un certificat d'études.
Bien sûr, celles qui me touchent le plus émanent de ce grand-père - que je n'ai pas connu - qui a passé sa jeunesse sur les fronts de la guerre de 14 ou dans des casernes.
De ces mots griffonnés dans les tranchées qui évoquent (discrètement, censure oblige) la souffrance, la vermine, les copains morts, la grippe... mais aussi la vie au pays, les semences et les moissons, le moral qui fluctue au gré de maigres avancées ou de sanglants revers, des permissions espérées et puis souvent supprimées, on retrace à l'échelle d'un modeste dragon, l'histoire, la vraie, celle qui est faite du sang et des souffrances des hommes.
Loin, très loin de la grande Histoire qu'évoquent leurs chefs dans des mémoires, les Pétain et consorts, qui envoyèrent à la boucherie ces millions de jeunes gens dont les noms ornent les monuments de nos plus petits villages.
Particulièrement touchante aussi la première déclaration de cet homme à ma grand-mère, alors âgée de 16 ans (voir ci-dessous).
C'était il y a 99 ans, le style est impeccable, l'orthographe irréprochable. Le respect et la vénération de la femme, qui inspirent ce texte, témoignent aussi de comportements révolus.
De quoi disposeront les petits-enfants de nos enfants pour écrire la vie des simples gens en ce début de XXIème siècle. De photos, vidéos, documents numérisés... d'objets froids et sans âmes... mais plus de ces mots qui trahissent si bien l'angoisse, l'amour, l'espoir, la peur ou l'allégresse.
C'est un autre grand-père qui en m'apprenant à lire m'a donné le goût des mots et révélé l'incroyable magie de l'écriture : comment avec de simples signes faire revivre l'épopée des premiers hommes, le procès de Jeanne d'Arc, le tour du monde de Magellan, le courage de Danton montant sur l'échafaud, Le Tour de France de deux enfants, ouvrage mythique qu'il vénérait comme une bible.
Certes je n'oublie pas ce qu'écrit Sartre toujours dans "Les mots" et que j'ai pu très fortement ressentir ensuite :
"... pour avoir découvert le monde à travers le langage, je pris longtemps le langage pour le monde. "
Grâce à lui et à quelques instituteurs amoureux de la langue française, j’ai pu saisir plus tard, la musicalité des textes de Ronsard ou de Lamartine, la flamboyance de Hugo ou de Tolstoï, la verve de Maupassant, l'époustouflante écriture de Flaubert, la révolte de Zola et encore beaucoup plus tard le génie de Beckett.... et y trouver un plaisir presque charnel...
Les mots rythment notre vie. Dans les périodes les plus sombres, ils se bousculent ou au contraire sont retenus, deviennent plus rares. On ne sait plus mettre des mots - ou alors ils sont approximatifs- sur la souffrance ou l'amour ...
Si nous ne savons plus les mots pour l'écrire, qu'adviendra-t-il des mots pour le dire ?
Ce grand-père parlait très peu, on disait qu'il était avare de mots. En fait, il les respectait trop pour les gaspiller en paroles inutiles. Chacune de ses sentences était donc écoutée avec recueillement et presque dans la crainte.
Les femmes de la famille étaient au contraire étonnamment volubiles, elles ne pouvaient retenir les mots, ils leur échappaient... Enfant, j'en écoutais la musique, le sens m'intéressait peu.
Dans la déclinaison des mots - écrits, parlés- on peut donc être à la fois touché par le contenu ou le phrasé.
C'est ce que l'on peut ressentir en lisant les plaidoiries célèbres de grands avocats du siècle dernier. Vincent Moro-Giafferi, qui fut l'un des plus brillants, mobilisait les spectateurs assidus de la Comédie française.
"L'opinion publique? Chassez-la, cette intruse, cette prostituée qui tire le juge par la manche! C'est elle qui, au pied du Golgotha, tendait les clous aux bourreaux, c'est elle qui applaudissait aux massacres de septembre et, un siècle plus tard, crevait du bout de son ombrelle les yeux des communards blessés..."
Plaidoirie pour Eugène Dieudonné de la bande à Bonnot
Mais il ne se payait pas que de mots : en défendant le pseudo incendiaire du Reichstag, le bulgare Dimitrov, il affronta directement Hermann Goering !
On lui doit aussi ce superbe réquisitoire contre la peine de mort à l’occasion du procès du tueur en série Eugène Weidmann qu'il défendait :
« Je plaide pour un assassin. Je me dresse contre l’échafaud… contre la hache du bourreau qui, faisant gicler sur la curiosité malsaine des foules le sang des coupables, n’y a jamais répandu que le germe de la cruauté ; contre la peine de mort que Victor Hugo, dans une plaidoirie éternelle, vouait à l’exécration des hommes…
Ah ! J’entends dire : à quoi bon ? Pourquoi se pencher sur une âme déchue… il a tué, qu’il meure ! Ses bras ont frappé, qu’on les noue sur les marches de la guillotine. Sa tête a consenti l’assassinat ; qu’on la tranche !
Je connais cette doctrine, c’est la morale du talion, c’est la loi du lynch, c’est la justice des barbares… »
Badinter lui doit beaucoup. Gilbert Collard, l’ami de Marine, ténor à la télé, avocaillon dans les prétoires, aurait dû s’abreuver à ces sources !
J'ai admiré la virtuosité d’un Desproges ("Je t’en prie, ma femme, ma sœur, mon amour, mets ton jean, ou reste nue, mais ne marche pas dans la mode, ça porte malheur.") ou d’un Devos ("Avez-vous remarqué qu’à table les mets que l’on vous sert vous mettent les mots à la bouche ? "), qui en jonglant avec les mots, en les détournant, nous faisaient rire, nous fascinaient et nous inquiétaient tout à la fois ; car les mots sont parfois trompeurs, que se cache-t-il derrière les mots ?
Les dictateurs eux-aussi ont détourné les mots ; ils en ont fait des slogans pour fanatiser les masses. Mais le slogan peut également donner le la d’une révolution. Quel texte symbolise mieux la révolte étudiante de mai 68 que celui-ci :
« Soyez réalistes : demandez l’impossible ! »
La langue parlée d'aujourd'hui, est de bois. Nos politiciens, journalistes, stars formatés par la télé, sportifs…, utilisent un tout petit nombre de mots. Leur langue est le plus souvent imprécise, truffée d'anglicisme, encombrée de jargons pseudo-scientifiques ou technologiques. Elle sert beaucoup à nous manipuler.
Les publicitaires, les communicants, se sont en effet emparés des mots : on gagne une campagne électorale comme on vend une paire de lunettes ; il suffit de trois mots sur une affiche et de cinq phrases dans des discours… Les mots ont perdu leur sens.
Sauver les mots au moment où il y a tant d'incompréhension entre nous devrait pourtant être une grande cause éducative.
Une grande cause révolutionnaire aussi : c'est en se réappropriant les mots que beaucoup de peuples se sont libérés. J’ai été très frappé, en suivant sur internet les récentes révoltes tunisienne et égyptienne, par la beauté des textes circulant sur la toile face aux stéréotypes des dictatures en place.
Des mots qui donnent du sens, véhiculés par les nouveaux objets communicants, alliance du passé et du présent… pour un futur meilleur ?
… On peut rêver !
NB : Sartre écrit "Les mots" pour démystifier l'écriture... et il en fait son plus beau livre !
mer
22
jun
2011
Parfois les féministes m'exaspérent ! Un résidu de machisme sans doute.
Ou plutôt certaines féministes intégristes qui confondent égalité des sexes avec... sus aux mâles, m'emmerdent !
Pour une Simone de Beauvoir, une Benoite Groult, une Gisèle Halimi ou une Elisabeth Badinter, combien de harpies qui ne rêvent que d'une chose : raccourcir le membre viril qui a le tort de mesurer 15cm de plus que leur bouton magique. Freud avait vaguement parlé de ça, non ?
Les femmes, depuis les études de Masters and Johnson ou la publication du rapport Hite, n'ont plus besoin que l'on leur intime l'ordre d'"Oser le clitoris" !
Brigitte Lahaie, les nouveaux types de réunion "tupperware", Chanel et Dior, ou les catalogues des "3 Suisses" et de "La Redoute", vantent ou proposent des objets bizarres, apparemment très efficaces et dont le succès indique que dans l'intimité... elles OSENT !
La campagne de ces pseudo "féministes" serait donc plus honnête si elle avait pour emblème "NON au PENIS" !
... Et après tout pourquoi pas quand on lit les exploits d'un DSK, d'un Georges Tron, le destin tragique d'adolescentes de banlieue ou d'innocentes joggeuses !
Néanmoins je persiste à croire et à dire que le sexisme est avant tout l'expression d'un rapport de domination et qu'il faut le traiter globalement comme toutes les inégalités, toutes les discriminations.
La guerre des sexes, comme les guerres de religion, les guerres impérialistes, et finalement toutes les guerres, ne font que détourner de leur objet premier des luttes légitimes.
Autour de la méditerranée il y a encore tant de choses à faire pour aller vers l'égalité (et pas l'identité) et le respect. Y compris en France qui arrive en avant-dernière position en Europe pour le nombre de femmes dans la représentation nationale.
Pour revenir à l'objet du débat, l'essentiel ne se situe pas au niveau de l'anatomie, mais des mentalités et de l'éducation.
L'éducation sexuelle à l'école doit évoluer et sortir de descriptions purement mécaniques pour aborder la question du plaisir, du plaisir partagé et contrer l'image du coït véhiculé par la pornographie.
Toutes les études le montrent, l'amour quand c'est bien fait, c'est très bon pour la santé. Il n'y a pas que le port du préservatif qui évite des maladies graves !
Malheureusement la répression doit accompagner l'éducation et le laxisme qui accompagne le traitement de délits sexuels, comme le harcèlement (dont l'affaire Tron est un exemple éloquent), disparaitre.
Mais l'égalité des hommes et des femmes ne sera obtenue en appuyant simplement sur un bouton !
mar
21
jun
2011
Un Sarkozy tout petit,
Un Mélenchon qui relève le menton,
Un Hulot toujours aussi cabot,
Un Besancenot démago,
Un Bayrou très très mou,
Une Marine qui tapine,
Une Aubry à petit bruit ,
Un Borloo qu'est pas beau,
...
Revient Arlette... qu'est ce qu'on s'embête !
mer
15
jun
2011
Plus sérieux que l'humour corse, plus alambiqué que l'humour belge, aussi profond que l'humour juif, voici l'humour corrézien.
L'humour corrézien se décline en trois temps : sur un ton sérieux on affirme, sur un ton badin on dément et à tout un chacun on confirme !
Chirac, c'est le Judas des temps modernes, un Judas décomplexé, revendiqué, triomphant !
En 74, il choisit Giscard contre Chaban (le candidat de son parti), en 81, le socialiste Mitterrand contre Giscard... et cela le conduit à l'Elysée en 1995.
Un Judas triomphant ne se pend pas, il devra donc affronter son propre Judas ! Souvenons-nous de cette campagne présidentielle de 1995 et des poignards plantés dans son dos par le duo improbable Balladur-Sarkozy !
L'image des Guignols de Canal le montrant mangeant une pomme, sur son mont des Oliviers, le corps transpercé, fit de ce Judas un Christ ressuscité... et lui ouvrit le chemin de son ciel : l'Elysée.
Aujourd'hui Chirac fait donc logiquement campagne pour Hollande contre Sarkozy... Le petit (au sens hugolien du terme) homme de l'Elysée doit se faire du souci, car l'humour corrézien, comme le baiser de Judas, tue !
Finalement ce qui est le plus choquant dans notre société ce n'est pas que dans tout groupe organisé il y ait un Judas... hélas pour trente deniers que ne ferait-on pas... mais c'est que souvent comme Chirac, Judas entraîne le gros des Apôtres et soit triomphant.
A mon petit niveau de responsabilité professionnelle, j'ai pu en faire la triste expérience. Le plus douloureux n'est pas la trahison d'un malheureux ambitieux, car le mépris efface l'infamie, mais c'est que le gros de la troupe, pour d'illusoires prébendes, suive le mouton noir au mépris de l'éthique.
Etre sincère est une preuve d'imbécillité disait sur une antenne un politologue en vue. Je crois qu'il a raison. Aujourd'hui pour ne pas trahir -un tant soit peu- il faut être fort bête ou fou... un imbécile heureux en quelque sorte !
lun
23
mai
2011
Hier j'étais au col de Bonnecombe (1 350 m d’altitude), sur la commune des Salces, pour accueillir les troupeaux de la magnifique race Aubrac à l'occasion de la transhumance qui a lieu chaque année le dimanche le plus proche du 25 mai.
C'était le grand jour pour ces superbes vaches décorées comme il se doit, qui vont passer l’été sur les estives.
A 10 h 30, une messe a été célébrée par l’évêque de Mende, puis les troupeaux ont été bénis.
Elles sont si belles ces vaches que j'ai de plus en plus de mal à déguster les steaks qu'elles nous fournissent, pourtant incomparables !
ven
20
mai
2011
LES DEUX TÉLÉRÉALITÉS QUI VONT NOUS ACCOMPAGNER JUSQU'À LA PRÉSIDENTIELLE :
- DSK au fond du trou : sa prison, sa cellule, son procès
- 9 MOIS AVEC CARLA : ses échographies, son accouchement, ses relevailles, sa 7ème merveille.
Pernaut jubile, Ferrari se pâme, TF1 se frotte les mains... Bouygues encaisse.
Ainsi va désormais la politique en France.
On a les politiques et les journalistes que l'on mérite. Qui avait dit : " les Français sont des veaux " ?
jeu
19
mai
2011
J'ai déjà dit ici mon admiration pour Woody Allen. J'ai bien dû voir une vingtaine de films écrits et réalisés par l'auteur de Manhattan.
Les différentes époques de son œuvre correspondent à peu près aux apparitions successives de ses actrices fétiches. Après les chefs d'œuvres griffés Diane Keaton et Mia Farrow, voici depuis quelques années de véritables bijoux tournés en Europe avec comme égérie Scarlett Johansson et ses clones.
Minuit à Paris est son dernier opus décliné sur le thème des Américains à Paris dans les années 20. Sur une musique de Cole Porter on croise Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Hemingway, mais aussi Picasso, le matador Juan Belmonte et bien d'autres...
Woody Allen sait depuis longtemps que " la nostalgie n'est plus ce qu'elle était " et il se moque gentiment de sa passion pour les idoles d'avant-guerre.
Le mode est léger, les images magnifiques, la musique... au diapason, Marion Cotillard au sommet de son art, la sosie de Scarlett, pas mal. Le seul bémol concerne l'acteur principal qui cabotine un peu trop en faisant du Woody Allen.
Je suis sorti de ce film joyeux, presque rabiboché avec notre... présent, pourtant tellement morose.
NB :
Je me demande parfois ce qui me raccroche à ce beau pays qui est la France !
J'ai une sainte horreur du chauvinisme, du nationalisme, des cocoricos.
Je déteste le corporatisme, le favoritisme, le clientélisme... ces ismes qui rongent notre société.
Je tiens en piètre estime nos media, nos politiques.
L'affaissement de notre système éducatif me consterne.
Le démantèlement accéléré de notre système social qui nous conduit sur la voie banalisée du libéralisme sans contrainte et livre les plus faibles aux prédateurs, me navre...
...
Suis-je donc atteint par ce "malheur des français" dont je parlais ici ?
Après le film, hier soir, vers minuit, près de Montpellier, sous les étoiles, une légère brise de mer faisait onduler la jupe de ma compagne.
Nous avons dîné (ah la cuisine française !) avec en tête des airs de Broadway, les plus belles toiles de Picasso, l'Adieu aux armes d'Hemingway, les bistrots montmartrois des années 20... et comme chaque fois que je sors d'un film de Woody Allen - c'est étrange - je nageais dans le bonheur d'être Français !
lun
16
mai
2011
Pour les fans du patron du FMI la catastrophe annoncée a (sans doute - il reste malgré tout présumé innocent -) eu lieu.
Pourquoi annoncée ? Parce que les frasques sexuelles multiples de DSK étaient bien connues des journalistes, des politiques... et finalement de beaucoup de monde.
Comment imaginer qu'un pouvoir aux abois, donné perdant à tout coup contre cet homme, ne suscite pas lors de la campagne, témoignages, livres, photos... de jeunes femmes harcelées. Ou même pire !
A quoi donc tient un tel aveuglement de la part des socialistes prêts à l'adouber ?
Aux sondages, qui trois fois par semaine donnaient DSK gagnant de façon écrasante face à Sarkozy.
Ce ne sont donc plus les idées, les comportements, l'éthique... qui prévalent au sein du principal parti de gauche, mais bien l'envie de gagner quel qu'en soit le prix. Exactement comme à droite.
Totalement décalé au moment du référendum sur le Traité Constitutionnel européen, le PS - alors conduit par le mollasson Hollande - s'apprêtait encore une fois à s'asseoir sur ses valeurs. En cela la chute, cent fois prévisible, de DSK est une bonne nouvelle pour la gauche.
J'ai du l'écrire ici, l'avènement de Sarkozy a marqué le début de la fin de la démocratie en France.
Le ralliement de la gauche à un homme contestable en tout point, alors que les écolos sont sur le point de choisir un public-relation façonné par la télé de Bouygues, aurait signé son arrêt de mort.
Ce scandale réveillera-t-il les Français ?
Pour sauver notre démocratie il faudrait que la prochaine présidentielle donne lieu à un affrontement qui ne fasse pas la une de Match ou de Gala.
Moi je rêve d'un duel Juppé-Jospin... Quitte à rêver, aujourd'hui il faut mettre la barre très haut !
mer
13
avr
2011
Dans cette société du spectacle tf-un-isée (marque déposée par moi-même), l'essentiel n'est plus d'avoir les capacités d'exercer un poste ou une fonction, mais d'avoir la gueule de l'emploi :
- Marine le Pen, avenante blonde aux yeux bleux (quoiqu'un peu enveloppée), croule sous les fleurs de certains des adversaires de son père (y compris du vieux beau Roland Dumas, l'homme aux bottines à 2000 euros payées par Elf via sa maîtresse) et envoie le FN au (7ème) ciel,
- Nicolas Hulot, écologiste à la ville et à la télé, ami de Bouygues, sourire breveté par Alain Delon, fait un tabac chez les Français,
- Jean-Louis Borloo (pas vraiment beau mais médiatique), imitateur de Colombo, soutien indéfectible de Sarko pendant 4 ans, devient le champion des centristes, reléguant François Bayrou, -qui a le malheur d'être bègue- aux oubliettes,
- Carla Bruni qui n'a jamais rien caché de ses appâts (et de ses appétits) est femme de président,
- Laurence Ferrari, une vraie blonde, présente le journal télévisée le plus regardé de France...
L'essentiel pour un homme(femme) politique n'est donc plus de connaître son droit, ses classiques, son histoire de France, les grandes lignes des ouvrages de Keynes ou de Marx... mais de présenter son profil le plus photo(télé)génique pour conquérir des parts de marché.
Quand Sarkozy monte sur un tabouret ou sélectionne un auditoire d'hommes de petite taille, quand Hollande jeûne, à l'instar d'une femme tout juste ménopausée, pour perdre sa bedaine et ses bajoues (moi je préfère la méthode Brassens !), quand DSK subit l’agression du scalpel qui a figé le sourire de Catherine Deneuve pour l’éternité... cela fait rire… On devrait presque en pleurer !
Comme si on ne pouvait pas être "Beau, beau... beau et con à la fois !" comme le chantait le grand Jacques Brel… qui aurait bien eu besoin aujourd’hui d’implants dentaires !
NB - Je rassure mes admiratrices : je suis très beau... mais je me soigne !
ven
01
avr
2011
Sarkozy voit des ex partout !
A l'université, pour quelques millions d'euros (produit du fameux grand emprunt) jetés en pâture à des directions qui jouent leur avenir dans ce concours de cirque - qui me fait irrésistiblement penser à ces numéros de fauves où le lion doit à de multiples reprises franchir un cerceau enflammé sans se brûler le poil pour recevoir un minuscule morceau de viande avariée ... décompté évidemment de sa pitance ordinaire !- c'est la ruée vers l'EX (ex, pour excellence bien sûr !)
Nous avons donc les Labex (Les Laboratoires d’excellence), Equipex (Les équipements d'excellence), Idex (Initiatives d'excellence).
Je ne vais pas rentrer dans le détail de ces concours douteux, dont un des objectifs, non avoué, est de transformer les grands organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA...) en agence de moyens ou mieux en coquille vide.
Disons que l'enseignement supérieur est devenu une annexe de La Française des Jeux, les millions distribués étant évidemment récupérés sur l'ensemble des participants... avec un bonus de l'Etat qui fait ainsi quelques économies.
Cette compétition ridicule, qui mobilise l'essentiel de l'énergie des universitaires, sans cesse occupés à préparer des projets, à défendre âprement leur part du maigre gâteau au sein de leur université, au ministère et ailleurs, est-elle au moins un gage de cette fameuse excellence recherchée ?
Rien n'est moins sûr ! Dans cette quête éperdue de la manne, on voit se constituer de curieux attelages et de vrais fourre-tout... l'expertise que l'on dit "indépendante" (sic) saura-t-elle et pourra-t-elle dégager le bon grain de l'ivraie ???
Tout ceci découle de cette fameuse loi LRU, dont j'ai déjà dit ici le plus grand mal !
Encouragé par la docilité des universitaires, voila-t-il pas que notre Education nationale, qui dégraisse à tour de bras, met en avant des Internats d’excellence.
Voila ce que l'on peut lire sur le site du ministère :
"L'internat d'excellence s'adresse à des collégiens, lycéens et étudiants motivés, ne bénéficiant pas d'un environnement favorable pour réussir leurs études. Cette mesure de la dynamique Espoir banlieues, mise en place en 2008 pour la promotion de l'égalité des chances et de la mixité sociale, prend une nouvelle dimension avec l'ouverture de douze internats d'excellence à la rentrée 2010. À terme, 20 000 places seront créées pour l'internat d'excellence."
Vous avez bien lu : 12 internats, avec à terme (quand ?) 20 000 place, du collège à l'université !
Les chefs d'établissements qui ont perdu des milliers de postes en 3 ans apprécieront !
Tout cela par le bon vouloir, non pas d'un Présidex (les Français lui ont refusé le label)... mais je l'espère d'un Futurex... président !
lun
28
mar
2011
Chaque jour qui passe accroit ma stupéfaction, ma consternation et mes interrogations à propos de la tragédie nucléaire japonaise.
J'avais dit je crois ici, il y a une quinzaine de jours, que la messe était dite et qu'il fallait s'attendre au déversement dans la nature d'une quantité importante de déchets radioactifs, dans la mesure où du combustible irradié (y compris du plutonium) se retrouvait à l'air libre.
Je pensais cependant alors que les autorités japonaises et l'industriel TEPCO, qui refusaient obstinément depuis le début de la catastrophe l'aide internationale (les américains avaient immédiatement proposé leurs services pour rétablir le refroidissement, puis les russes et les français avaient fait de même), étaient capables de circonscrire la contamination majeure dans leur fameux périmètre de 30 km de rayon et surtout s’étaient donnés les moyens de récupérer ou de confiner - au moins en partie- les tonnes d'eau déversées sur les cœurs fondus des réacteurs.
On apprend aujourd'hui qu'il n'en est rien, que les poissons du Pacifique font faire sauter les compteurs Geiger, que Tokyo sera peut-être menacé… que finalement TEPCO est obligé d'appeler au secours !
Incroyable légèreté de la part des dirigeants d'un pays qui a reçu deux bombes atomiques sur la figure !
Avec le recul, on réalise aujourd'hui que le tsunami a bon dos. Car enfin les raz-de-marée catastrophiques au Japon ne datent pas d'hier et les séismes destructeurs y sont monnaie courante. En 1995, à Kobe, un séisme de magnitude 7,2 a détruit en grande partie la ville et tué près de 7000 personnes.
Comment donc peut-on construire, en un lieu aussi exposé, une centrale nucléaire sensée résister à un séisme de magnitude compris, selon les sources, entre 5,5 et 7 et prévue pour supporter une vague de 5m (la vague a dépassé les 10m !).
C’est certes la première des interrogations mais il y en a beaucoup d’autres.
Pourquoi les Japonais ont-ils délibérément ignorés et occultés les multiples avertissements de l’Autorité Atomique Internationale à propos de centrales datant des années 70 ?
Pourquoi n’y avait-il pas un plan d’alimentation électrique haute tension de secours ?
Pourquoi TEPCO, le lendemain même de la catastrophe, au vu des dommages considérables subis par 3 des unités de Fukushima, qui laissaient envisager le pire (fusion du cœur, fissuration des enveloppes étanches, combustible irradié non refroidi) n’a pas fait provision des dizaines de tonnes d’acide borique nécessaires pour ralentir la fission ?
Pourquoi les ingénieurs japonais sont-ils incapables d’apprécier correctement les risques d’irradiation, publient des chiffres fantaisistes, envoient des sauveteurs patauger dans de l’eau tellement radioactive qu’ils sont grièvement brulés ?
Pourquoi ces ingénieurs sont-ils surpris, après avoir rétabli l’alimentation électrique de constater que le sel a gravement endommagé les circuits de refroidissement ? L’eau du Pacifique est-elle si peu salée ?
Il y a peu d’années, on se faisait hara-kiri pour beaucoup moins que çà au Pays du Soleil Levant ! Les bonnes traditions se perdent, les calculatrices ont remplacé les sabres…
Si à ces questions, volontairement très naïves, on me répondait : on ne peut pas TOUT prévoir, je rétorquerais : alors on s’abstient d’édifier de tels complexes industriels, vecteurs potentiels de dizaines de milliers de morts et de destruction massive du milieu naturel.
L'accident de Fukushima Dai-ichi, après celui de Tchernobyl, renvoie finalement dos à dos -pour le pire- deux totalitarismes : celui des bureaucraties staliniennes et celui des "saigneurs" de l'argent roi. Dans les deux cas, l'homme n'est qu'une machine à produire et la nature un champ libre pour leurs saccages…
mar
08
mar
2011
Je délaisse ce blog, un peu débordé par la rédaction des 52 épisodes de mon année de la chimie. Voila un exercice chronophage et parfois éprouvant. En tout cas un pari à tenir... mais sera-t-il tenu ?
Heureusement, je dors peu...
Autre avantage, que m'a donné mon métier (et sans doute un peu la nature), je sais utiliser la lecture rapide (à ne pas mettre entre les mains des enfants !), qui permet dans un premier temps de saisir (photographier) les points importants et les mots-clés d'un texte, pour pouvoir ensuite y revenir... ou passer son chemin.
L'ennui c'est que parfois, pour un roman qui ne me captive pas par exemple, il m'est difficile de revenir à une lecture normale. Il m'est arrivé, quelques fois, de devoir relire un bouquin dont il ne me restait presque aucun souvenir !
Pas de risque de ce côté là avec le texte présenté par Michel Serres à l'Académie Française ("Petite Poucette"), le premier mars dernier. J'ai signalé le résumé paru dans Le Monde sur ma page d'accueil.
Quel bonheur de lire sous une plume aussi brillante ce que l'on ressent de façon de plus en plus prégnante depuis 20 ans !
Je retranscris à nouveau la conclusion de sa première partie :
Sans que nous nous en apercevions, un nouvel humain est né, pendant un intervalle bref, celui qui nous sépare des années soixante-dix. Il ou elle n'a plus le même corps, la même espérance de vie, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde, ne vit plus dans la même nature, n'habite plus le même espace. Né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus, sous soins palliatifs, la même mort.
A ces humains, nos enfants, nos petits-enfants, notre génération propose une société du spectacle, du paraître, où des media vaniteux et incultes tiennent lieu d'éducateurs :
Nous, adultes, avons doublé notre société du spectacle d’une société pédagogique dont la concurrence écrasante, vaniteusement inculte, éclipse l’école et l’université. Pour le temps d’écoute et de vision, la séduction et l’importance, les médias se sont saisis depuis longtemps de la fonction d’enseignement.
Les enseignants sont devenus les moins entendus de ces instituteurs. Critiqués, méprisés, vilipendés, puisque mal payés.
Michel Serres, après ce constat pose trois questions : Que transmettre ? À qui le transmettre ? Comment le transmettre ?
Que transmettre ? Le savoir !
Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous.
Pour le philosophe les fonctions cognitives se transforment avec le support :
Ne dites surtout pas que l’élève manque des fonctions cognitives qui permettent d’assimiler le savoir ainsi distribué, puisque, justement, ces fonctions se transforment avec le support. Par l’écriture et l’imprimerie, la mémoire, par exemple, muta au point que Montaigne voulut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine. Cette tête a muté.
La question qui se pose à nouveau est donc celle du comment (*) transmettre.
Michel Serres constate que nous n'avons pas fait (ou trop peu, ou trop tard) l'effort d'adapter nos pédagogies à ces nouveaux humains, de ne pas avoir su utiliser ce prodigieux moyen de communication qu'est Internet :
L’évolution historique du couple support-message est une bonne variable de la fonction d’enseignement. Du coup, la pédagogie changea trois fois : avec l’écriture, les Grecs inventèrent la paideia ; à la suite de l’imprimerie, les traités de pédagogie pullulèrent. Aujourd’hui ?
Je répète. Que transmettre ? Le savoir ? Le voilà, partout sur la toile, disponible, objectivé. Le transmettre à tous ? Désormais, tout le savoir est accessible à tous. Comment le transmettre ? Voilà, c’est fait.
Question de moyens, d'état d'esprit, de formation des pédagogues, de lassitude devant tant de réformettes inutiles quand l'essentiel n'était pas traité ?
Un peu de tout cela sans doute....
Moi, le temple, je suis législateur d'Éphèse;
Le peuple en me voyant comprend l'ordre et s'apaise;
Mes degrés sont les mots d'un code, mon fronton
Pense comme Thalès, parle comme Platon,
Mon portique serein, pour l'âme qui sait lire,
À la vibration pensive d'une lyre
Victor Hugo
(*) Je l'ai dit plusieurs fois ici notre enseignement secondaire est obsolète et la nuisance d'inspecteurs généraux attachés à leurs sacro-saints programmes, au quantitatif plus qu'au qualitatif, au disciplinaire quand l’essentiel est aux interfaces, toujours intacte. L'unique finalité du lycée est la réussite à un examen qui ne signifie plus rien. Ubu règne en maître !
Certains anciens IG sont cependant lucides. Ainsi Bernard Toulemonde, qui fut recteur de l'académie de Montpellier puis de Toulouse, écrit dans la Revue de l'Inspection Générale n° 5 :
" L’organisation actuelle [de l'IGEN], par discipline ou par spécialité, n’est pas adaptée au fonctionnement de l’Éducation nationale. Elle présente de trop nombreux effets pervers: cloisonnement et fonctionnement en «tuyaux d’orgue» avec chacun ses rites, sa culture, ses méthodes, sa tendance inévitable à la «défense de la discipline» («combien de divisions»?) et à la constitution de hiérarchies parallèles. …Cette organisation conduit à une grande pauvreté du travail collectif et interdisciplinaire; elle pèse sur l’ensemble du système et va totalement à l’encontre de la transversalité que connaissent désormais le niveau académique et le niveau des établissements scolaires. "
mer
23
fév
2011
Un baril de pétrole autorise combien d'assassinats ?
Une chaine de télévision, plus un club de foot, donne droit à combien d'orgies impunies avec de jeunes mineures ?
Le m3 de gaz assure combien d'années de dictature ?
Un taux de croissance à deux chiffres permet d'exploiter combien (en millions) d'esclaves ?
...
Un ami milliardaire c'est combien d'années de pouvoir absolu garanti pour un nul ?
...
Dans combien de temps n'y aura-t-il plus de Khadafi, de Berlusconi, de Poutine, de Hu Jintao... de Sarkozy ?
...
Faudra-t-il attendre la disparition du pétrole, du gaz, de la télé, du foot, de la croissance... des milliardaires, pour que notre planéte se dote de dirigeants intègres, compétents et respectueux des citoyens ?
mar
15
fév
2011
Hier...
Relu cette semaine les "Ecrits Intimes" de Roger Vailland". Qui se souvient de ce libertin, surréaliste -exclu du groupe pour avoir dans un journal qualifié l'immonde préfet Chiappe d"épurateur de notre capitale"-, résistant puis communiste orthodoxe (1), qui découvre avec effroi en 1956 les crimes de Staline dans le fameux rapport Khrouchtchev ?
C'est pour Vailland un monde qui s'écroule. Dans La Fête il écrit :
"Duc s'était retrouvé comme mort. L'histoire de son temps et sa propre histoire qu'il croyait aller de concert... lui avait soudain paru aller à contretemps. Tout avait été remis en question de ce qu'il avait estimé le plus assuré"
Il quittera le parti sur la pointe des pieds, écrira "La Loi" (prix Goncourt 1957, face à Michel Butor pour "La modification" ) puis "La Fête". Il voyagera et s'étourdira dans les plaisirs de la chair.
"Depuis le début de ce siècle nous n'avons pensé qu'à nous dénuder, et aussi sur les plages. Du "forçat intraitable" de Rimbaud, aussi à Genet. Empruntés, malheureux dans nos habits d'emprunts." Ecrits Intimes, Porquerolles, 1962.
Il en avait fini avec le temps de la fraternité. Combien de militants comme lui, intellectuels, combattants des guerres d'Espagne et des maquis, furent broyés, saccagés par le bolchévisme ? Aux millions de morts des camps, il faut ajouter au passif des soviets les millions de militants perdus pour la cause du progrès et de la justice.
Le parcours et les livres de Vailland témoignent d'une époque révolue. Mais on peut lire (relire) sans déplaisir (bien au contraire en ce qui me concerne) : 325 000 francs et Beau Masque (de vrais romans ouvriers !), La Truite et bien sûr La Loi et La Fête.
"La vie c’est saloperie
J’ai retravaillé
Et puis j’attends avec calme
LA FIN DU MONDE ou son commencement"
(1) - Samedi soir, lecture de ma pièce chez L, devant la "section idéologique" du Parti... accueil chaleureux, et après l'accord de Duclos, qui semble sûr, j'aurai l'accord matériel et moral total du Parti..."
Aujourd'hui...
Après Ben Ali : Moubarak ! Je crains fort que la suite en Egypte ne soit moins réjouissante. D'un côté, l'armée soutenue par les américains (et les israéliens !), de l'autre, les pires des barbus sunnites : les Frères musulmans qui quadrillent les quartiers populaires depuis des lustres. Au milieu, les jeunes qui ont chassé le raïs ne pèseront pas lourd. J'en ai bien peur.
Ca bouge aussi en Iran, mais les milices (les fameux Gardiens de la "Révolution") du régime théocratique chiite, pendent, liquident et torturent avec moins de complexes que les policiers et soldats égyptiens. Il va falloir attendre... j'en ai bien peur.
Demain...
La présidentielle c'est demain... d'ailleurs c'est demain depuis avant-hier... je veux dire depuis l'élection précédente. Tous ne pensent qu'à ça : les candidats, les journaux (ça fait vendre autant qu'une Coupe du Monde ou la photo de Carla Bruni nue à la une de Gala !), les télés...
Depuis que la candidature de DSK prend un soupçon de consistance, les hyènes de l'UMP sont lâchées : ce n’est pas un candidat de terroir ça, un Strauss avec un Kahn accolé, marié à une Sinclair et élu de Sarcelles !
Ce terroir là on le connait bien : c'est celui de Maurras et de Pétain, il sent le fumier à plein nez !
Je crois qu'ils ont raison d'avoir peur pour leur Napoléon au petit pied ; il y a deux ou trois ans je n'aurais jamais imaginé voter DSK... maintenant ma Sarkozyte aigüe va même me pousser à faire du prosélytisme pour le patron du FMI ! C'est pour cela aussi que je déteste notre président !
sam
12
fév
2011
Dans les années 60, à un ministre qui lui faisait remarquer que le budget de l'éducation était beaucoup trop élevé, Bourguiba répondit : "Vous voulez essayer l'ignorance ?"
Si aujourd'hui le peuple tunisien et sa jeunesse ont mis fin à mains nues à l'un des pires régimes totalitaires, c'est bien grâce à ce pari de Bourguiba.
Si aujourd'hui c'est la démocratie que l'on réclame de Tunis à Tozeur et non l'avènement du pouvoir des barbus obscurantistes que l'on voulait bien nous annoncer, c'est aussi grâce à ce choix.
La liberté commence où l'ignorance finit, magnifique phrase de Victor Hugo, devise de ce site, est plus que jamais d'actualité.
J'ai rapporté aussi quelque part ces mots de Frantz Fanon :
" Culture et savoir diminuent en tout homme qui les possède la possibilité d’être dupe des mots, d’être crédule aux mensonges. Culture et savoir augmentent en tout homme le pouvoir de comprendre la réalité où il vit..."
En France, ceux qui nous abrutissent de télé réalité, d'informations people, de bling-bling, de carlamania... qui nous vendent la culture téetfunisée, l'information pernautisée... tous ceux qui n'ont que le mot France à la bouche, mais qui s'assoient sur ce que ce pays a produit de plus beau, de plus riche, de plus original... oui tous ceux là n'ont pas l'âme innocente : ils se font des c... en or en nous lavant le cerveau.
dim
23
jan
2011
Les gaz de schiste (shale gas) ont connu un essor extraordinaire ces dernières années aux Etats-Unis où ils représentent 12 % de la production de gaz contre seulement 1 % en 2000. A part quelques pays qui n'ont pas de bassins sédimentaires, on peut trouver ces gaz à peu près partout.
En Europe, le consortium Gash, (Statoil, Exxon Mobil, Gaz de France SUEZ, Wintershall, Vermillion, Marathon Oil, Total, Repsol, Schlumberger et Bayerngas) vise à établir d'ici 3 ans une cartographie des ressources européennes.
Les bassins les plus intéressants sont situés en Europe du Nord et de l'Est et plus au sud, notamment en France. Des permis de recherche ont été accordés pour un total de 9700 kilomètres carrés dans une zone qui va du Larzac à la Drôme (Total vient d'obtenir un permis d'exploration dans la région de Montélimar) en passant par les Cévennes et l'Ardèche…
Voila pourquoi les moustaches de José Bové se sont hérissées ces jours-ci !
Les Causses lozériens semblent aussi dans le collimateur, voila qui me fait dresser l'oreille !
Le gaz naturel
La formation du gaz naturel a pour origine la photosynthèse, qui permet aux végétaux de transformer le dioxyde de carbone et l’eau en oxygène et en hydrates de carbone, grâce à l’énergie solaire. Les végétaux sont enfouis par des sédiments et à mesure que s’accroît la charge sédimentaire, ces hydrates de carbone, sous l’effet de la chaleur et de la pression, conduisent aux hydrocarbures. Le gaz naturel est ainsi formé dans des roches mères organiques, des schistes noirs de fine granulométrie. Sous l'effet de la pression, la majeure partie du gaz naturel migre vers des roches plus poreuses tels le grès et le calcaire.
On appelle « gaz de schiste » le gaz naturel demeurant dans les schistes.
La technique de forage
Le gaz de schiste étant dispersé dans une roche imperméable, il faut forer de très nombreux puits et fracturer la roche. On utilise donc un forage horizontal (voir figure).
Généralement la profondeur d'exploitation est de l'ordre de 1500 à 3000 mètres de profondeur, très en dessous des aquifères d'eau potable.
La fracturation de la roche implique, à chaque opération, l'injection de milliers de m3 d'eau à haute pression et de sable (pour maintenir la fracture ouverte).
Les problèmes environnementaux
Ils sont multiples :
- la disponibilité et le traitement de l’eau
Notons tout d’abord que l’extraction du gaz de schiste va nécessiter de grandes quantités d’eau qu’il faudra retraiter.
Une partie de l'eau qui a été injectée pour réaliser la fracturation hydraulique est récupérée (de 20 à 70 %) lors de la mise en production du puits. Elle doit être retraitée (par décantation, floculation, électrocoagulation)… afin d’éliminer les chlorures, les éléments en suspension, les sulfates et les carbonates… ainsi que les métaux.
Il faut aussi se débarrasser des additifs chimiques qui peuvent être classés en 3 grandes catégories : les biocides qui réduisent la prolifération bactérienne dans le fluide ; les produits qui favorisent la pénétration du sable dans les fractures ; les produits qui augmentent lerendement des puits.
- l’emprise au sol
Il y a deux phases dans l'exploitation des gaz de schistes :
* le forage
Les couches géologiques concernées étant très peu poreuses et imperméables, il faut forer un grand nombre de puits (plusieurs puits par km2).
Lors du forage et de la mise en production du puits (quelques semaines), l'activité autour du forage est donc très intense et implique une logistique lourde.
Pour minimiser l'empreinte au sol, mais surtout pour optimiser l'architecture et la productivité des puits horizontaux et diminuer leur coût, on regroupe les plateformes de forage sous forme de "clusters"
* l’exploitation
L'émergence du gaz se fait naturellement par différence de pression, sans nécessiter de pompage. En surface, il ne reste que la tête de puits et le gazoduc permettant d'évacuer le gaz.
Conclusion
L’homme est ainsi fait que dans sa quête de richesses (pour qui ?), de progrès (?)... il ira toujours plus loin dans l’exploitation des ressources naturelles.
On sait depuis fort longtemps que des quantités énormes d’hydrocarbures lourds et légers sont détenues dans les schistes ; d’innombrables études ont été notamment réalisées sur les schistes bitumineux, dès le premier choc pétrolier. Le renchérissement du pétrole brut et les progrès spectaculaires des technologies vont assurer, dans les années qui viennent, la rentabilité de leur exploitation.
On sait aussi que le prix écologique à payer va être lourd, très lourd.
Aux citoyens de juger si le jeu en vaut la chandelle. Les responsables politiques actuels semblent avoir fait leur choix : l’ancien ministre de l’écologie avait donné son feu vert pour la localisation des gaz de schistes. Cependant devant la montée des contestations, le président socialiste de la région Rhône-Alpes vient de demander l'annulation des permis de recherche accordés dans la région de Montélimar.
Personnellement, si on touche aux Causses, je prends le maquis !
A lire : Extraction du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent (Québec)
NB : Le Conseil Général de l'Hérault (le nord du département est menacé) a voté à l'unanimité le 24 janvier une motion qui décline une série de griefs contre cette entreprise, qu’il s’agisse de « dispositifs du Grenelle que l’on foule du pied » ou des « quantités d’eau à mobiliser dans une région frappée d’une sécheresse endémique depuis des années », voire de « permis totalement incompatibles avec, par exemple, un classement de grand site au patrimoine mondial (pour Causses et Cévennes), les schémas de développement du tourisme, Natura 2000, etc. ».
ven
21
jan
2011
Le premier juillet prochain, certains veulent célébrer le cinquantenaire de la mort de Louis-Ferdinand Céline.
Ainsi, parmi les Célébrations nationales 2011 du ministère de la Culture, on retrouve son nom, au côtés de celui de Blaise Cendrars, entre autres.
Serge Klarsfeld, qui préside depuis de longues années l' Association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF), s'en indigne violemment :
«Céline, dont les immondes écrits antisémites ont contribué à l’assassinat massif des Juifs, vient d’être proposé par le ministère de la culture comme ‘‘digne d’être célébré’’ à l’occasion du cinquantenaire de sa mort.
L’officiel ‘‘Recueil des célébrations nationales’’ a inclus l’infâme Céline comme un de ‘‘ceux dont la vie, l’œuvre, la conduite morale, les valeurs qu’ils symbolisent sont, aujourd’hui, reconnues comme remarquables’’ (préface de Alain Corbin).
Dans son avant-propos Frédéric Mitterrand exprime son admiration pour cette brochure grâce à laquelle ‘‘se réécrit au fil de ces 300 pages une histoire de France propre à charmer nos imaginations et nos esprits contemporains’’.»
Dernière minute : F. Mitterrand (qui n'est pas à une volte-face près !) retire Céline des célébrations
J'ai très peu d'affinités avec la famille Klarsfeld (le fils Arno est très proche de Nicolas Sarkozy) qui a souvent l'indignation sélective, néanmoins j'approuve complètement ce texte.
Comme beaucoup de jeunes de mon époque, j'ai lu à 20 ans (en une nuit) le prodigieux "Voyage au bout de la nuit". Mais j'ai presqu'aussitôt après découvert les infamies contenues dans les «Beaux draps », «Bagatelles pour un massacre» et «L’Ecole des cadavres». Je n'ai plus ouvert un livre du Dr Destouches !
Je connais les arguments des admirateurs de Céline :
-Céline est le plus grand prosateur de l'absurde, il faut lire ces textes antisémites au second ou troisième degré, on pourrait remplacer le terme juif par ceux de moldave, bougnoul, ... seule la beauté de la langue est à considérer,
- son antisémitisme hystérique fait partie d'un délire, de l'expression d'un mal-être...
Henry Miller a utilisé le sexe flamboyant et la pornographie pour écrire ses plus beaux textes, Céline a utilisé le racisme et l'antisémitisme en contre-point de son œuvre... c'est du même ordre !
J'ai écrit quelque part sur ce site à propos de Céline :
" Le texte ci-dessous, qui dégouline de haine et de racisme, est dédié aux admirateurs de LF Céline. Pour eux le génie littéraire excuse tout, prime sur tout, sublime tout, aucune éthique ne saurait lui être opposé..."
"Les juifs, racialement, sont des monstres, des hybrides, des loupés tiraillés qui doivent disparaître. [...] Dans l’élevage humain, ce ne sont, tout bluff à part, que bâtards gangreneux, ravageurs, pourrisseurs. Le juif n’a jamais été persécuté par les aryens. Il s’est persécuté lui-même. Il est le damné des tiraillements de sa viande d’hybride."
CELINE, L'école des Cadavres
Plus que jamais je persiste et signe !
sam
08
jan
2011
Ce samedi 08 janvier 2011 on célébre, à Jarnac, le 15ème anniversaire de la mort de François Mitterrand.
Cet homme est un problème pour moi : si j'analyse lucidement son parcours, je dois convenir que nombre d'épisodes de cette vie fort tortueuse, heurtent mes convictions et parfois me choquent profondément. En particulier cette amitié jamais démentie avec l'ignoble Bousquet.
Et pourtant j'ai pour lui une sorte d'admiration, que même le dernier ouvrage de Benjamin Stora n'arrive pas à réduire (pour être convaincant Stora aurait dû citer les autres dirigeants politiques de l'époque ; à part Mendès, aucun n'est exempt de gros reproches).
Pourquoi ?
Sans doute -et peut-être avant tout- parce que pour les hommes de ma génération, il a représenté le dernier espoir d'avènement d'une nouvelle société, plus libre, plus fraternelle, plus solidaire. Espoir qui n'existe plus aujourd'hui.
Si l'on se replace dans le contexte de l'époque :
- des media contrôlés directement par l'Elysée (les Duhamel frères, Elkabbach, Poivre d'Arvor... sévissaient depuis une dizaine d'années en temps que cireurs de pompes officiels),
- un affairisme sans précédent dans l'entourage immédiat du pouvoir (assassinats de Boulin, Fontanet, De Broglie...jamais élucidés),
- la confiscation du pouvoir (et des avantages qui vont avec) par une petite caste d'héritiers (félons) du gaullisme (Chirac en tête),
- la médiocrité du personnel politique (déjà),
- le début du chômage de masse pour les jeunes après le premier choc pétrolier,
- la ghettoisation du sous-prolétariat immigré au moment où le président (Giscard d'Estaing) fricotait avec les tyrannaux africains...,
... on peut comprendre que pour la gauche, mais aussi pour toute une jeunesse,exaspérée par le retour de bâton qui avait suivi mai 68, les 110 propositions de Mitterrand (dont une centaine fut appliquée ; on n'a pas revu cela depuis !) incarnaient l'espoir de jours meilleurs.
On connait la suite : les débuts exaltants (abolition de la peine de mort, libéralisation des ondes, SMIC relevé, congés payés augmentés, régularisation massive des travailleurs sans-papiers...), le réalisme économique qui revient en boomerang (quelle énorme contradiction entre la volonté d'aller vers plus d'Europe et la nationalisation du système bancaire !). Le deuxième mandat, avec Rocard qu'il détestait, vit le retour des combines politiciennes (débauchage de centristes douteux, comme Jean-Pierre Soisson, allié ensuite du FN dans sa région !). L’affaiblissement lié à la maladie mit en lumière les comportements douteux de l'entourage immédiat (dont celui du très proche Roland Dumas). Les écoutes téléphoniques furent révélés... etc.
15 ans après, que reste-t-il donc à admirer ?
Le courage d'abord. Nul besoin, comme l'histrion qui nous gouverne aujourd'hui, d'insulter le pauvre peuple (sous la protection de ses gorilles) pour en faire la démonstration ! Mitterrand n'a jamais tremblé intellectuellement (face à l'acharnement de ses adversaires politiques), ni physiquement (dans la résistance, face à la maladie, devant l'adversité...).
L'immense culture de cet homme ensuite, à qui nous devons de belles réalisations (réhabilitation du Louvre, Opéra Bastille, grande bibliothèque) et qui, sur ce plan, a fait honneur à sa fonction.
Le respect qu'il sut inspirer à l'étranger, sa résistance face aux pressions de l'URSS et des USA, l'achèvement de la réconciliation franco-allemande. Entaché hélas par une politique africaine mené un temps par un homme courageux (Jean-Pierre Cot) mais confiée très vite aux mains d'un fils minable et cupide.
Le temps qui passe tend à embellir les belles actions et à estomper les ombres et les turpitudes. Nous avons l'oubli sélectif ! D'autant que la succession fut calamiteuse avec un Chirac insipide, sachant se servir avant de servir, et un(e) espèce de ludion inculte, à l'ego gonflé mais à la tête vide, camelot de la politique vendant de la pacotille et de la poudre aux yeux, dont le verbe est pieusement recueilli par des media aux ordres et des journalistes serviles. Un homme qui met à mal notre démocratie et nous prépare des lendemains très incertains.
Pour moi, un dernier aspect positif paradoxal : la trajectoire de Mitterrand me conforta dans la volonté, qui s’était intuitivement imposée, de ne jamais idolâtrer quiconque, de ne jamais aliéner ma liberté de pensée, de toujours donner la préférence aux idéaux, aux convictions, face aux hommes et aux organisations. J’ai haï toute forme d’embrigadement, toute camisole idéologique, tous ces ouvrages du prêt-à-penser que les philosophes et les élites offrent aux peuples du haut de certitudes… dont ils changent avec d’autant plus de facilité que leur position dans la cité se renforce.
PS : le journal Midi-Libre de ce jour rapporte ces propos de Gérard Saumade ancien député et président du Conseil Général de l'Hérault :
« Un jour, raconte Gérard Saumade, Mitterrand et Pierre Joxe viennent manger à Gignac avec le député PS Gilbert Senes. Au moment de repartir, Mitterrand exige du pilote de survoler le cimetière de Sète, où est enterré Paul Valéry. Ensemble, nous réciterons quelques strophes du fameux poème le Cimetière marin... »
mer
15
déc
2010
On lira ICI une critique
pertinente du film de Yves Jeuland, tourné pendant la dernière campagne électorale de Georges Frêche.
Ce film a été présenté en avant- première à Montpellier aux proches et aux admirateurs de l'ancien président de Région, il y a une dizaine de jours. Les louanges, les larmes, les applaudissements, l'enthousiasme des groupies devant une œuvre qui met sobrement en pièce leur héros, montre jusqu'où peut conduire le moutonnisme et le culte du chef.
Georges Frêche a fait de Montpellier une grande cité moderne et dans le même temps il a corrompu jusqu'à l'os la gauche locale, prête à tout accepter, à tout entendre, à tout faire pour complaire au seigneur local, grand dispensateur de fonctions et de deniers.
La fédération du PS entièrement noyautée par le besogneux Robert Navarro (aujourd'hui premier vice-président de la Région LR), homme à tout faire du président, vient d'être épinglée par la direction nationale du PS pour un trucage massif des scrutins internes. Seuls les sourds et les aveugles en ont été surpris, les autres étant bien sûr... muets.
Je me souviens d'avoir suivi, en 1977, au sein du comité du quartier populaire Celleneuve/ Petit Bard dirigé par Jean Lévy - figure admirable de la gauche locale-, la première campagne municipale victorieuse de Georges F. Heureusement Jean Lévy n'est plus ; il n'aura pas vu se dessiner la caricature que devint le leader de la gauche locale.
En politique, aujourd'hui, le constat est amer : pour "gagner" tout les moyens sont bons, que l'on soit de droite, de gauche ou même écolo. Les idéaux pèsent bien peu quand il s'agit d'occuper un quelconque fauteuil.
Nous voici à l'extrême limite de l'exercice de la démocratie (voir BLOG ICI). Ceux qui propulsent vers le pouvoir des Frêche, des Sarkozy (ou des Berlusconi en Italie), tendent dangeureusement le fil ténu qui nous sépare de la dictature.
En ces temps difficiles où l'insécurité est partout - dans les quartiers certes- mais aussi et surtout au sein du foyer, au travail... beaucoup d'hommes et de femmes ont besoin du réconfort illusoire d'aboyeurs, de protecteurs, de grands timoniers, de petits pères des peuples, de duce, de guides, de führers... l'histoire est là pour nous le confirmer.
Et la fin de cette histoire là est toujours tragique.
mar
07
déc
2010
lun
29
nov
2010
« L’essence de l’homme repose dans son existence » M. Heidegger
Mon intérêt pour les animaux va donc bien au delà de la compassion... (mais, bien que non végétarien, chaque fois que mon regard croise les beaux yeux maquillés d'une génisse de l'Aubrac, je ne suis pas très fier de moi !).
Comme Derrida je pense qu'il n'y a pas d'un côté l'homme et de l'autre l'animal. Il y a des animaux.
Au fond, si je devais me situer par rapport aux animaux qui me sont le plus proches (les chiens que je côtoie depuis toujours), je parlerais de l’angoisse.
On retrouve chez beaucoup d'auteurs, exégètes des existentialistes ou de Freud, la mise en avant de cet autre et irréfutable propre de l'homme qui est l'angoisse.
(Voir une ébauche sur le site ICI).
Chez les existentialistes, l'angoisse ne désigne pas un simple sentiment subjectif et ne se confond pas non plus avec l'anxiété ou la peur. L'angoisse est toujours angoisse du néant et aussi angoisse devant sa propre liberté. Elle désigne l'expérience radicale de l'existence humaine. Pour Heidegger, l'angoisse est l'essence même de l'homme car elle est la disposition fondamentale de l'existence et elle en révèle le fond. L'angoisse n'est pas la peur. On a peur que de ce qui nous est extérieur : le monde et les autres. Mais, on s'angoisse devant soi-même.
Que la physiologie et la chimie organique puissent étudier l’homme comme organisme, du point de vue des sciences naturelles, ne prouve aucunement que dans « ce caractère organique », c’est-à-dire dans le corps expliqué scientifiquement, repose l’essence de l’homme. (.. ) M. Heidegger
L'angoisse n'existerait donc pas chez l'animal. On trouve à ce propos des affirmations catégoriques:
" Il n'est pas possible d'attribuer de l'angoisse aux animaux...Il y a toujours un motif objectif et actuel ... Il peut éventuellement avoir peur sans raison objective suite à un conditionnement de type aversif...lorsqu'il associe un stimulus à une potentielle sensation désagréable qu'il a subie réellement...
Freud et la question de l'angoisse : L'angoisse comme affect fondamental, Christian Jean-Claude (psychanalyste freudien), 2008. Voir aussi ICI.
Cette pseudo angoisse relèverait donc du reflexe conditionné de Pavlov.
Pourtant des expériences de laboratoire montrent bien que l'animal peut souffrir d'angoisse et dépérir jusqu'à en mourir. Il suffit de confronter un chien de façon répétitive à un stimulus désagréable contre lequel il ne perçoit aucune solution, aucune échappatoire.
La différence se jouerait alors au niveau de la mémoire : chez l'animal l'arrêt de l'expérience conduit à l'oubli et n'a pas de séquelles durables. L'homme lui n'oublie pas !
Freud, qui a bien évolué sur ce concept, a distingué deux sortes d'angoisse : l'angoisse automatique qui est une angoisse signal face à un danger réel de l'environnement et l'angoisse névrotique face à un danger inconnu, un danger pulsionnel lié à une perte ou à une séparation.
Dans un article intitulé : Le surmoi corporel : figures de l'animalité chez Freud, P.L. Assoun (Université Paris 7), Champ psychosomatique (1995, 4, 35-51), écrit à propos de la position freudienne :
Au-delà du contexte néo-darwinien du discours freudien, d'étonnantes perspectives se révèlent, qui ont été méconnues dans la position freudienne : en soulignant le caractère générique de l'angoisse dans le règne animal, Freud en arrive à postuler l'existence d'un « surmoi » chez tous les « animaux supérieurs »
L'anxiété (angoisse ?) de séparation existe bel et bien chez le chien, quel que soit le substitut et le confort que le maître peut imaginer pour l'éviter. J'en ai fait, à de multiples reprises, l'expérience. Pourquoi cette séparation est-elle toujours perçue comme dangereuse ou douloureuse alors que le chien qui y est maintes fois confronté, a bien compris qu'aucune souffrance physique n'y est associée ?
Les comportementalistes "animaux" expliquent que chaque individu naîtrait avec un capital d’adaptation qui serait ensuite modulé par divers facteurs : les apprentissages au cours du développement, les déficits éventuels des processus biologiques de l’adaptation, les interactions avec le milieu naturel, la confrontation à des situations stressantes...
Le système neuroendocrinien participe grandement à la naissance et l’entretien de l’anxiété : plusieurs structures nerveuses, neurotransmetteurs et hormones sont impliqués.
Marie Fairon, Thèse de Doctorat, L'anxiété chez les animaux de compagnie, ENV d'Alfort (2006)
Cette description de l'individu ne peut-elle pas s'appliquer à l'homme ?
L'animal que je ne suis pas sait donc qu'il va mourir et l'absurdité de sa condition est une source continue d'angoisse et de souffrance.
Cette angoisse est si forte que l'homme a inventé les religions, la cruauté, les génocides, l'accumulation inutile de richesses... au même titre que la médecine, l'art pariétal, la peinture abstraite ou la musique concrète...
Mais l'anxiété/angoisse de certains animaux -qui ne connaissent ni leur passé, ni leur devenir- est aussi réelle. C'est celle de l'enfant devant la souffrance physique, l'absence des parents, ou face à l'inconnu. Elle est tout aussi porteuse d'un stress, qui peut conduire à l'agressivité, à l'auto mutilation, à l'anorexie ou à la boulimie.
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La notion d'animalité, longtemps définie en creux, par un ensemble de manques : manque de raison (Descartes), manque de liberté (Kant)... est donc beaucoup plus complexe qu'il n'y parait. C'est pourquoi philosophes, psychanalystes, ethologues se sont remis au travail avec ardeur depuis une vingtaine d'années.
En cette année de la biodiversité, où l'on met au clair le désastre provoqué par les activités humaines sur la faune et la flore, il n'était pas inutile de dire que le propre de l'homme c'est aussi de justifier toutes les exactions contre les animaux.
Entre l'homme et l'animal, il y donc à la fois une forte continuité et une certaine spécificité culturelle, si l'on prend bien soin d'affirmer ici le primat de la continuité. Nous sommes à la fois des singes et des philosophes. Et ce dernier statut devrait nous amener à davantage de responsabilité morale dans la manière de traiter les (autres) animaux.
Georges Chapouthier Auteur de Kant et le chimpanzé - Essai sur l'être humain, la morale et l'art, 2009
Ce que dit autrement Dominique Lestel :
"Dans nos contrées, le propre de l'homme est fondamentalement conçu comme un privilège que l'homme a reçu de droit divin : conçu à l'image de Dieu, l'homme peut instrumentaliser l'animal à sa convenance. En ce sens, le propre de l'homme n'est pas tant ce qui différencie l'homme de l'animal, que ce qui place le premier au-dessus du second. Cette conception du propre de l'homme justifie toutes les exactions contre l'animal. Une autre conception s'en écarte considérablement. Elle conçoit le propre de l'homme non comme un privilège, mais comme une responsabilité. Dans cette perspective, l'homme n'est plus celui qui est au-dessus de toute autre créature vivante, mais celui qui a le souci de toutes les autres créatures vivantes, celui qui est le vivant responsable de l'ensemble du vivant."
Quand Lacan dit que l'animal sait feindre et que l'homme est capable de feindre de feindre, je ne peux m'empêcher de noter que dans le premier cas la malice assure la survie, dans le second elle a aussi pour objet la domination, l'accaparation, l'exploitation du plus faible... voire son extermination.
sam
27
nov
2010
Il y a trois grandes manières de concevoir les places respectives de l'être humain et de l'animal : l'animal humanisé, l'animal-objet et l'animal-être sensible. C'est cette dernière conception qui est la plus en accord avec la biologie d'aujourd'hui.
L'animal que donc je suis -qui donne le titre à ce billet- est le dernier ouvrage (posthume) de Jacques Derrida.
Les thèmes chers à Derrida sont la déconstruction (« La déconstruction désigne l'ensemble des techniques et stratégies utilisées par Derrida pour déstabiliser, fissurer, déplacer les textes explicitement ou invisiblement idéalistes ») et la différAnce ("la différance est la différence qui ruine le culte de l'identité et la dominance du Même sur l'Autre ; elle signifie qu'il n'y a pas d'origine (unité originaire). Différer, c'est ne pas être identique".)
VOIR ce petit résumé très clair :
Par Lucie Guillemette et Josiane Cossette, Université du Québec
Dans l'animal que donc je suis, le philosophe raconte une expérience personnelle. Nu, il remarque soudain que son chat le regarde, et il s'en sent très mal à l'aise, sentant à la fois la honte de sa nudité et la honte de ce sentiment de honte. «Honte de quoi et nu devant qui? Pourquoi se laisser envahir de honte? Et pourquoi cette honte qui rougit d'avoir honte? Devant le chat qui me regarde nu, aurais-je honte comme une bête qui n'a plus le sens de sa nudité? Ou au contraire honte comme un homme qui garde le sens de la nudité? Qui suis-je alors? Qui est-ce que je suis? À qui le demander sinon à l'autre? Et peut-être au chat lui-même?»
Déconstruire la tradition théologique et métaphysique du « propre de l’homme », c’est concevoir le passage de l’animalité à l’humanité comme un continuum, et rejeter ainsi cet anthropocentrisme radical, propre à la modernité occidentale, qui nie aux animaux la possession d’une âme et les ravale ainsi au rang de choses. Avec les conséquences que l’on sait. Une réflexion qui s’inspire notamment de l’École de Francfort et de la philosophie française contemporaine (Deleuze, Lyotard, Derrida, Foucault).
Derrida ne cherche pas l'animalité dans l'homme, et d'ailleurs il n'existe pas un Animal :
« Chaque fois que « on » dit « L'Animal », chaque fois que le philosophe, ou n'importe qui, dit au singulier et sans plus « L'Animal », en prétendant désigner ainsi tout vivant qui ne serait pas l'homme (...), eh bien, chaque fois, le sujet de cette phrase, ce « on », ce « je » dit une bêtise. Il avoue sans avouer, il déclare, comme un mal se déclare à travers un symptôme, il donne à diagnostiquer un « je dis une bêtise ». Et ce « je dis une bêtise » devrait confirmer non seulement l'animalité qu'il dénie mais sa participation engagée, continuée, organisée à une véritable guerre des espèces. »
Il n'hésite pas à évoquer la figure du génocide :
« De la figure du génocide il ne faudrait ni abuser ni s'acquitter trop vite. Car elle se complique ici : l'anéantissement des espèces, certes, serait à l'œuvre, mais il passerait par l'organisation et l'exploitation d'une survie artificielle, infernale, virtuellement interminable, dans des conditions que des hommes du passé auraient jugées monstrueuses, hors de toutes les normes supposées de la vie propre aux animaux ainsi exterminés dans leur survivance ou dans leur surpeuplement même..."
Il cite T.W. Adorno /C. Patterson :
« Auschwitz commence partout où quelqu’un regarde un abattoir et pense : ce sont seulement des animaux. »
Observons à ce propos que la seule espèce animale qui aujourd'hui n'est pas en décroissance, est l'espèce humaine.
Pour Derrida la haine de l'animal et la haine du juif ou du métèque sont du même ordre.
Derrida est en opposition avec Lacan.
Ce qui caractériserait la vie animale ce serait d’après Lacan sa vacuité symbolique. On voit pourquoi cette figure de l’animalité ne pouvait qu’intéresser Derrida, comme la trace écrite, l’animal serait lui-même incapable de trouver sa place dans l’univers du sens symbolique. Lacan établit la rupture entre l’animal et l’homme à partir de ce critère. L’animal dépourvu du langage serait incapable de dépasser le stade de la feinte nous dit Lacan, au contraire de l’homme qui, poursuit Lacan, serait capable de « feindre le feindre ». La feinte animale procède d’une aptitude émanant d’une disposition exclusivement imaginaire au réel, c’est-à-dire pour Lacan une disposition permettant l’unification cognitive du champ de la perception, en une organisation globale faite d’objets identifiables et distincts les uns des autres. Le propre de l’image pour Lacan c’est de proposer une unité dans le réel. Par opposition à l’animal, l’imaginaire humain quant à lui est l’effet d’une inscription fondamentale dans le système des relations symboliques qui précèdent, régulent et font le propre de l’ex-sistence humaine, en tant que l’existence humaine se définit par le fait d’être selon la formule de Hegel puis de Kojève « le désir du désir de l’autre ». Lacan affirme que l’animal en vertu de ses dispositions imaginaires parvient à reconnaître ses congénères et ainsi à passer d’une forme de vie solitaire à une forme grégaire. Pour autant précise Lacan, ce grégarisme propre à l’animal reste inassimilable à la forme sociale que seule l’existence symbolique de l’homme, révélée par Lévi-Strauss, rend possible.
Raoul Moati, Professeur, Université Panthéon-Sorbonne
Nous voila loin de Descartes et de son discours sur l'animal-machine. Pour Descartes, l'étude du vivant ne nécessite pas une science particulière, elle appartient à la physique mécanique, qui repose elle-même sur la géométrie: tout problème biologique se résout ainsi par des équations. Les veines, artères, muscles, reins, poumons ou cœur sont autant de tuyaux, de rouages, de filtres ou de pompes (Traité de l'homme de Descartes).
Mais alors qu'est-ce qui s'oppose à ce que l'homme soit lui aussi une telle machine? C'est quoi le propre de l'homme ?
Pour Descartes, l'âme n'a pas de fonction vitale: son seul «attribut» est la pensée: ce qui semble mettre l'homme à l'abri d'une totale réduction mécaniste, car lui seul a une expérience intérieure immédiate de sa pensée (le fameux «Je pense, donc je suis» d'où Descartes conclut «je suis une chose qui pense»). L'être premier de l'homme, c'est la pensée et non la vie.
La théorie mécaniste de Descartes sera détournée au siècle suivant par La Mettrie, qui écrit en 1747 un traité qui a pour titre L'Homme machine. Il affirme à la fois la thèse de l'animal-machine et la communauté de nature entre l'homme et l'animal; les animaux ont comme l'homme quelque chose que nous pouvons appeler «âme», mais qui n'est qu'un effet de l'agencement de leur corps.
Les théories transformistes de Lamarck et Darwin conduisent à penser l'homme comme un animal évolué: si l'animal est une simple machine, si l'évolution elle-même est une simple interaction mécanique entre la machine et le milieu naturel, sur quel plan penser finalement la «différence» humaine?
J'en viens à Freud. Dans Une difficulté de la psychanalyse (1917) le Viennois voit trois vexations majeures subies par l'homme après l'âge d'or :
- la vexation cosmologique avec les découvertes de Copernic (voir sur le site Le désenchantement du Monde),
- la vexation psychologique, le refoulement (l'atteinte la plus douloureuse),
- la vexation biologique. Il écrit à ce propos :
Au cours de son évolution culturelle, l'homme s'érigea en maître de ses co-créatures animales. Mais non content de cette hégémonie, il se mit à creuser un fossé entre leur essence et la sienne. Il leur dénia la raison et s'attribua une âme immortelle, allégua une origine divine élevée, qui permit de rompre le lien de communauté avec le monde animal. Il est remarquable que cette outrecuidance soit encore étrangère au petit enfant de même qu'à l'homme primitif et préhistorique. Elle est le résultat d'une évolution ultérieure prétentieuse. Au stade du totémisme, le primitif ne trouvait pas choquant de faire descendre sa lignée d'un ancêtre animal. Le mythe, qui renferme la cristallisation de cet antique mode de pensée, fait endosser aux dieux la forme d'animaux, et l'art des premiers temps façonne les dieux avec des têtes d'animaux. L'enfant ne ressent pas de différence entre sa propre essence et celle de l'animal ; dans le conte, il fait penser et parler les animaux sans s'étonner ; il déplace un affect d'angoisse qui vise le père humain sur un chien ou sur un cheval, sans intention de rabaisser par là son père. C'est seulement lorsqu'il sera devenu adulte qu'il se sentira si étranger à l'animal qu'il pourra injurier l'homme en invoquant le nom de l'animal.
Nous savons tous que les recherches de Charles Darwin, de ses collaborateurs et de ses précurseurs, ont mis fin il y a un peu plus d'un demi-siècle à cette présomption de l'homme. L'homme n'est rien d'autre ni rien de mieux que les animaux, il est lui-même issu de la série animale, apparenté de près à certaines espèces, de plus loin à d'autres. Ses acquisitions ultérieures ne sont pas parvenues à effacer les témoignages de cette équivalence, présents tant dans son anatomie que dans ses dispositions psychiques. Or c'est là la deuxième vexation pour le narcissisme humain, la vexation biologique.
Derrida a fait école et depuis une quinzaine d'années de nombreux philosophes ont reéxaminé ce thème de l'animalité et du "propre de l'homme"
Élisabeth de Fontenay dans Le Silence des bêtes médite sur la manière dont les animaux ont été traités par notre tradition philosophique et religieuse.
Faire parler le silence de l’animal a été nécessaire à l’homme depuis qu’il s’est mis en tête de définir son humanité, non tant par souci de connaissance que par volonté de promouvoir sa dignité. Les adversaires de l’homme triomphant et de son incorrigible vanité – et il y en a toujours eu, heureusement, quoique plus rares, bien entendu, que les « anthropomanes » (les fous du « propre de l’homme ») – n’ont pas manqué de donner aussi la parole aux silences des bêtes.
Quand le discours philosophique est revisité du point de vue de celui qui ne parle pas mais qui est pourtant bien vivant et criaillant, il donne à entendre ce que son logos a tant de mal à comprendre : un être-là tout bête mais prodigieusement présent – un être-bête qu’on concevra difficilement comme radicalement étranger à l’homme, à moins d’exclure de l’humanité des vrais hommes ceux qui parlent bêtement, qui parlent autrement ou qui même ne parlent pas du tout.
L’humanisme du « propre de l’homme » n’a guère su montrer ses capacités de résistance à l’horreur. Ce n’est pas en tentant vainement de le rétablir – après les terribles secousses qui l’ont ébranlé durant ce siècle – que le salut viendra.
Thierry Gontier propose une autre approche :
Une figure qui a été trop oubliée par la post-modernité est celle de l'oikéiôsis en son sens stoïcien : l'animal est ainsi saisi chez les stoïciens comme un être qui possède une forme d'intériorité, étant mû par une représentation de la normalité de sa constitution. Cette figure de l'animal offre une perspective pour l'homme bien différente de celle d'un Jakob Von, pour qui ce qui caractérise l'animal est son hébétude et sa captation par le milieu ambiant - éthologie développée sur le plan philosophique et anthropologique par Heidegger puis par Derrida, Sloterdijk ou Agamben, pour aboutir à une "éthique" suspecte de la déprise de soi. L'oikéiôsis stoïcienne trace un modèle d'animalité pour l'homme plus riche, complexe et fécond du point de vue éthique que celui de la Gennomenheit sous ses différentes figures post-modernes.
Il faudrait aussi parler de Peter Singer (chaire d'éthique à Princeton) et du débat sur l’éthique qu'il suscite.
Il est possible, au moins de façon schématique, d'opposer deux façons d'aborder la question de l'animal en philosophie. La philosophie de l'animalité tente de dégager des traits communs qui s'appliqueraient à tous les animaux et qui seraient l'indice d'une essence propre ; l'éthique des rapports avec l'animal cherche à préciser les règles de juste conduite qui gouverneraient les relations entre l'être humain et les animaux.
Dans les textes cité, les liens sont personnels.
Quelques références en ligne :
VOIR LE COLLOQUE L'HOMME ET L'ANIMAL organisé par LA SOCIETE FRANCAISE DE PHILOSOPHIE
VOIR CANAL U : "Y-a-t-il une barrière entre l'homme et l'animal ?
Cassin, l’animal dans l’antiquité
La condition animale : Aristote et les stoïciens
L’animal au croisement de la philosophie, de la littérature, des arts et des sciences à l’âge classique (XVIe-XVIIIe siècles) (Actes en cours de mise en ligne)
Georges Chapouthier, Ecole Doctorale de Philosophie, Université PANTHEON-SORBONNE
Elisabeth de Fontenay (interview)
VOIR Portrait de l'humain comme animal particulier qui se pense comme animal spécial par Dominique Lestel
VOIR CHEZ SAURAMPS quelques ouvrages autour de la "philosophie animale"
VOIR ICI QUELQUES OBSERVATIONS D'ETHOLOGUES CONTEMPORAINS
ELEMENTS BIBLIOGRAPHIQUES ACCOMPAGNANT UN COURS DE L3 à L'UNIVERSITE PAUL VALERY, MONTPELLIER
VOIR ce blog à l'occasion de l'année de la biodiversité
SUITE ET FIN : Le propre de l'homme
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sam
13
nov
2010
La fête de la Gentillesse -que l'on nous incite à célébrer ce samedi 13 novembre- est une invention de nos amis anglo-saxons ("World Kindness Day"), qui en connaissent un rayon pour faire marcher le commerce ! Après les mères, les pères, les grands-mères, les femmes... voici les gentils.
Mais savons-nous discerner aujourd'hui les gentils des méchants ?
Dans la bible les Gentils étaient les non-Juifs ; au Moyen-âge les chrétiens désignaient tous les paiens sous ce vocable (voir Somme contre les gentils de Thomas d'Aquin), classifications simples et radicales, tout à fait manichéennes.
Tout petit, je voyais des gentils partout ! Au point que ma grand-mère paternelle, qui ne manquait pourtant jamais les Vêpres, en était agacée. J'étais un enfant naïf, je fus un adolescent naïf et j'ai désespérément essayé de rester un homme naïf : c'est tellement rassurant de vivre dans un monde de gentils.
Pourtant la vie nous apprend très vite que dans bien des gentils il y a un salaud qui sommeille et que le méchant n'est plus toujours celui que l'on vous a désigné. C'est une période douloureuse de notre vie ou les pistes sont brouillées : le Mal, le Bien, le Bon, le Méchant… qui est quoi, qui est qui ? Selon votre degré de naïveté ce temps vient plus ou moins vite, dure plus ou moins longtemps.
C'est d'autant plus difficile de discerner les gentils des méchants que souvent l'homme varie : tel gentil patenté, dûment estampillé, devient subitement douteux ; de la méchanceté remonte à la surface ! En vieillissant beaucoup de gentils deviennent méchants, l'inverse est rarement vrai.
Gentil est un mot bien galvaudé : on trouve même un club des gentils boursiers !
Alors, gentil est un mot que j'ai désormais réservé à mes compagnons à 4 pattes. Un gentil chien ne vous mordra pas les mollets alors que j'ai vu de "gentils" camarades ou collègues enfoncer sans vergogne le poignard dans le dos.
Fêtons, si nécessaire, les gens serviables, généreux ou solidaires -il en reste encore- ou la fraternité comme devrait nous y inciter la devise de notre république.
Personnellement, je préfére jauger et apprécier les hommes à partir de leur honnêteté, de leur fidélité à des principes et à une éthique. J'ai malheureusement constaté que les candidats à ce label étaient nettement plus rares. Il est sans aucun doute plus facile d'être gentil qu'honnête.
Je vais plus loin : pour progresser dans notre société, l'honnêteté est parfois devenue une vertu handicapante !
Naïf comme je voulais le rester, j'ai été malhonnête avec moi-même : j'ai trop longtemps rejeté ce constat affligeant. Un homme de gauche doit coûte que coûte croire en l’homme. Croyez- moi cela me coûte beaucoup !
jeu
11
nov
2010
Bien chers Parents,
...
Vous me demandez comment cela s'est passé ; je ne puis vous l'expliquer car il faudrait que j'emploie des noms et je n'ai pas le droit...
Tout ce que je puis vous dire, c'est que j'étais agent de liaison, à pied, aux carrières Saint-Claude où cela bardait. Nous avons été cernés à 2h de l'après-midi. Les copains se sont foutus le camp et moi je suis resté avec 4 des miens à me battre avec les Cuirs à pieds. Plus tard, à 7h, j'ai réussi à me faufiler entre les boches emmenant avec moi les 4 types qui ont été aussi sains et saufs. J'aurai une bonne nouvelle à vous apprendre sous peu ; conséquence de ce qui précède...
Sylvain CASSE
Sylvain CASSE est mon grand-père. Grièvement blessé, il survécut quelques années ; le temps de se marier et d'être le père de 4 ravissantes fillettes... dont l'une est ma mère.
Bien que j'ai en horreur la boucherie de cette guerre stupide, qui fit le lit d'Hitler, de Pétain et prépara la guerre suivante, je garde dans ma bibliothèque la Croix de Guerre de ce grand-père en souvenir de tous ces malheureux dont les noms ornent les monuments aux morts de nos grandes villes comme de nos plus petits villages.
mar
02
nov
2010
" L'homme est-il simplement une erreur de Dieu ? Où Dieu simplement une erreur de l'homme ?" Friederich Nietzsche
L'assassinat sauvage de chrétiens dans une église de Bagdad par de sinistres barbus illuminés -se réclamant du même Dieu unique que leurs victimes-, est à ajouter au palmarès sanglant des religions monothéistes.(*)
Depuis les croisades on massacre avec allégresse au nom de ce Dieu "miséricordieux". Les turpitudes d'Hitler, de Staline, de Pol Pot... sont une peccadille à côté des génocides et autres atrocités perpétrés au nom de la croix ou du croissant !
Le dernier refuge de la barbarie ne se trouve plus derrière les barreaux de quelques dictatures mais dans le prêche d'un pape moyenâgeux, d'un clergé déviant, d'imans incultes, de rabbins fanatiques.
Certes la mitre et la crosse, les hommes de la kippa et des bouclettes, agissent aujourd'hui avec plus de discrétion que les adeptes de Ben Laden. Mais JP 2 et Benoit 16, en interdisant le préservatif, sont en partie responsables des millions de morts en Afrique (dans le même temps, ils couvraient les abus sexuels de prêtres en manque de chair fraiche), mais les juifs orthodoxes sont à l'origine de la création d'immenses camps de concentration et de l'asphyxie de tout un peuple en Palestine. Accessoirement, les puritains américains, autour d'une tasse de thé, continuent de distiller une haine viscérale de l'Autre et le racisme primaire du KKK, tout en invoquant les noms d'Hitler et de Staline réunis dès qu'il s'agit d'organiser la plus minime solidarité avec les plus démunis... Bien entendu au nom d'un Dieu bien blanc, bien américain !
En invoquant leur Dieu, ces hommes de religion font bien peu de cas des hommes. A la Déclaration Universelle des Droits, ils opposent de "saintes écritures" maintes fois manipulées, trafiquées, interprétées, pour servir leurs dessins : décerveler, asservir, dominer.
Aujourd'hui à l'entrée des temples, des mosquées, des églises, des synagogues... on devrait imposer des pancartes portant un avertissement solennel : L'abus de religion nuit gravement à la société.
Le XXIème siècle sera sinon celui du retour à l'obscurantisme.
Préservons jalousement notre état laïc. Nous avons fait trop de concessions aux curés, rabbins et imans qui veulent rogner nos libertés, pervertir notre démocratie, affaiblir notre république. Quand on veut manger avec le diable il faut se munir d'une longue cuillère !
(*) : On annonce pour bientôt la lapidation de Sakineh Mohammadi-Ashtiani, Iranienne condamnée à mort pour adultère. Au hit parade des barbares, les ayatollahs et mollahs ne sont pas mal non plus !
lun
01
nov
2010
..
Temps passés Trépassés Les dieux qui me formâtes
Je ne vis que passant ainsi que vous passâtes
Et détournant mes yeux de ce vide avenir
En moi-même je vois tout le passé grandir
Guillaume APPOLINAIRE, Alcools,
Ne chantez pas la Mort, c'est un sujet morbide
Le mot seul jette un froid, aussitôt qu'il est dit
...
Il semble que la Mort est la soeur de l'amour
La Mort qui nous attend, l'amour que l'on appelle
Et si lui ne vient pas, elle viendra toujours
...
La mienne n'aura pas, comme dans le Larousse
Un squelette, un linceul, dans la main une faux
Mais, fille de vingt ans à chevelure rousse
En voile de mariée, elle aura ce qu'il faut
...
De grands yeux d'océan, une voix d'ingénue
Un sourire d'enfant sur des lèvres carmin
Douce, elle apaisera sur sa poitrine nue
Mes paupières brûlées, ma gueule en parchemin
...
La Mort est délivrance, elle sait que le Temps
Quotidiennement nous vole quelque chose
La poignée de cheveux et l'ivoire des dents
...
Paroles de Jean Roger CAUSSIMON pour Léo FERRE
Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse,
Au fond d’un monument construit en marbre noir,
Et lorsque tu n’auras pour alcôve et manoir
Qu’un caveau pluvieux et qu’une fosse creuse ;
Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse
Et tes flancs qu’assouplit un charmant nonchaloir,
Empêchera ton cœur de battre et de vouloir,
Et tes pieds de courir leur course aventureuse,
Le tombeau, confident de mon rêve infini
(Car le tombeau toujours comprendra le poète),
Durant ces grandes nuits d’où le somme est banni,
Te dira : « Que vous sert, courtisane imparfaite,
De n’avoir pas connu ce que pleurent les morts ? »
- Et le ver rongera ta peau comme un remords.
Charles BAUDELAIRE, Les Fleurs du mal,
jeu
28
oct
2010
Voici les conclusions de la commission crée par l'Académie des Sciences propos de l'évolution climatique. Ce rapport avait été demandé à la demande de Mme Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, suite aux diverses publications des trois "climato-sceptiques" français : Vincent Courtillot, Yves le Mouël et Claude Allègre.
CONCLUSIONS
•
Plusieurs indicateurs indépendants montrent une augmentation du réchauffement climatique de 1975 à 2003.
•
Cette augmentation est principalement due à l’augmentation de la concentration du CO2 dans l’atmosphère.
•
L’augmentation de CO2 et, à un moindre degré, des autres gaz à effet de serre, est incontestablement due à l’activité humaine.
•
Elle constitue une menace pour le climat et, de surcroît, pour les océans en raison du processus d’acidification qu’elle
provoque.
•
Cette augmentation entraîne des rétroactions du système climatique global, dont la complexité implique le recours aux modèles et aux tests permettant de
les valider.
•
Les mécanismes pouvant jouer un rôle dans la transmission et l’amplification du forçage solaire et, en particulier, de l’activité solaire ne sont pas
encore bien compris. L’activité solaire, qui a légèrement décru en moyenne depuis 1975, ne peut être dominante dans le réchauffement observé sur cette période.
•
Des incertitudes importantes demeurent sur la modélisation des nuages, l’évolution des glaces marines et des calottes polaires, le couplage
océan‐atmosphère, l’évolution de la biosphère et la dynamique du cycle du carbone.
•
Les projections de l’évolution climatique sur 30 à 50 ans sont peu affectées par les incertitudes sur la modélisation des processus à évolution lente.
Ces projections sont particulièrement utiles pour répondre aux préoccupations sociétales actuelles, aggravées par l’accroissement prévisible des populations.
•
L’évolution du climat ne peut être analysée que par de longues séries de données, à grande échelle, homogènes et continues. Les grands programmes
d’observations internationaux, terrestres et spatiaux, doivent être maintenus et développés, et leurs résultats mis à la libre disposition de la communauté scientifique
internationale.
•
Le caractère interdisciplinaire des problèmes rencontrés impose d’impliquer davantage encore les diverses communautés scientifiques pour poursuivre les
avancées déjà réalisées dans le domaine de la climatologie et pour ouvrir de nouvelles pistes aux recherches futures.
Le 26 octobre 2010
jeu
21
oct
2010
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une Révolution ! Réponse à Louis XVI, le 14 juillet 1789
Ceux qui croient que la jeunesse manifeste pour sa retraite (des petits vieux avant l'âge dixit l'UMP) montrent à quel point ils sont déconnectés des réalités de ce pays !
Beaucoup de jeunes pensent - et c'est beaucoup plus grave pour ce régime- que leur avenir dans la France d'aujourd'hui... c'est "No future".
L'histoire ne repasse pas les plats, mais elle est riche de leçons que nos gouvernants devraient méditer.
Notre jeunesse est turbulente, insolente, parfois violente... mais généreuse. L'image que la société lui renvoie aujourd'hui, est celle du fric, de l'égoïsme, d'un modèle de réussite qui passe par l'épaisseur d'un compte en banques.
Mais nous ne sommes pas des anglo-saxons et comme à la fin des années 60, les pré-adultes le disent de façon virulente à celui qui nous gouverne et vénère tant tout ce qui vient d'outre-atlantique.
La dernière mode, initiée par le philosophe mondain Luc Ferry, est de réduire mai 68 à une révolte de petit-bourgeois dont le seul but était d'accéder... au dortoir des filles dans les cités.
Les lycéens, les étudiants d'alors avaient en fait la même aspiration qu'aujourd'hui : être libre de vivre et de s'épanouir dans une société qui leur ferait une petite place et leur proposerait un avenir plus exaltant.
Certes nous étions dans une société de quasi plein emploi, mais l'on oublie que dans les dernières années du gaullisme -toute la partie pompidolienne en fait- le seul slogan était: enrichissez-vous ! Et que ceux qui s'enrichissaient étaient, comme aujourd'hui, une petite caste d'entrepreneurs-trafiqueurs-financiers, très proches du pouvoir. Les morts non élucidées de trois ministres giscardo-pompidoliens (De Bröglie, Fontanet et Boulin) témoignent des rapports douteux qui déjà à l'époque liaient pouvoir et puissance d'argent.
Le dernier des gaullistes historiques, Jacques Chaban-Delmas, un temps premier ministre, conseillé par Jacques Delors, avait bien vu le danger et proposé une "Nouvelle société". Il fût promptement mis à la porte par Pompidou, adepte de Guizot !
Ce que nous ne cessons de payer depuis le premier choc pétrolier, ce n'est pas mai 68, mais la mise sous le boisseau d'un projet réformiste en 1972-73.
Le combat de tous ceux qui se mobilisent aujourd'hui rassemblent les réfractaires au modèle de société de Nicolas Sarkozy et de ses amis du CAC 40 : les Bouygues, Bolloré, Lagardère, Pinault, Arnault et consorts. Il est normal et légitime que les jeunes y aient toute leur place.
Finalement grâce à Sarkozy, la retraite à 60 ans est devenue le dernier symbole des luttes du monde du travail.
mar
19
oct
2010
Comme il s'était rendu au Fouquets après son élection, se faire applaudir par le gratin de la finance, des media et du show-biz , N. Sarkozy est allé hier faire acclamer sa fermeté réformatrice ... à Deauville !
Le président, s'il n'en mesure pas toujours toutes les conséquences, aime bien les symboles. Ficher et expulser les Roms, puis tout de suite après aller se confesser chez le Pape, c'est très fort. Personne n'avait osé avant lui aller aussi loin... dans le cynisme et la caricature !
On discerne à peu près maintenant les tenants et les aboutissants de la politique sarkozienne. Un seul objectif : se faire réélire, des moyens : toutes les ficelles de la politique politicienne, une force : la servilité de certains hommes.
Après avoir utilisé la méthode éculée du débauchage de ce qu'il y a de moins regardant sur l'éthique dans le camp d'en face (Kouchner, Besson, Amara) - tout en rassurant ses parrains avec le bouclier fiscal- le président se replie en bon ordre vers l'extrême droite. Comme le disait Mitterrand, il faut en priorité rassembler ses propres forces avant la bataille.
L'affaire des retraites apparait donc maintenant pour ce qu'elle est : un début de démantèlement du système par répartition ouvrant la voie aux juteux fonds de pension réclamé par le patronat. La presse a relaté ces jours-ci que le propre frère du président, Guillaume Sarkozy, membre influent du MEDEF, était à la manœuvre :
Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l'éclosion de ces grands fonds de pensionqui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d'ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric... dont le délégué général est le frère du président !
Si les syndicats, qui ont bien compris l'enjeu de cette réforme, se battent unitairement avec l'énergie du désespoir (sans doute poussé par une base extrêmement offensive), le PS, une nouvelle fois, navre par sa faiblesse. Le retour annoncé, à longueur de communiqué, à la situation antérieure n'est qu’un aveu d'impuissance.
Ce n'est pas en se référant constamment au passé, que la gauche va convaincre les français, écœurés par les jeux politiciens. La vieille soupe démagogue, les slogans usés, ont fait, depuis longtemps, leur temps. Sarkozy va sans doute l'apprendre à ses dépends en 2012.
C'est une nouvelle société que la gauche devrait proposer aux français, qui s'appuie sur tous les fondamentaux de la République : justice, égalité, liberté, solidarité, laïcité, tous mis à mal par le sarkozysme.
Mais les moyens pour y parvenir ne sont pas ceux d'hier. La réflexion sur la méthode, sur un véritable projet de gauche, n'a pas vraiment commencée, ou alors cela m'a échappé. Ce n'est pas en comparant les tares et les vertus supposées de DSK, Aubry, Royal et consorts et en bricolant un ersatz de programme sur un coin de table, que l'on va redonner aux français l'espoir en des jours meilleurs !
La France de Sarkozy n'est donc pas celle de ceux qui travaillent : salariés, professions libérales, artisans... mais le pays de ceux qui encaissent, de ceux qui se couchent et se lèvent tard et dont l'occupation principale est de consulter les cours de la bourse et de soustraire leur magot au fisc.
Sarkozy met notre pays au pas de la mondialisation selon les canons du modèle anglo-saxon. Voila sa grande réforme. Nous étions au bord du gouffre... avec lui nous avons fait un grand pas en avant !
Dans les ascenseurs des tours de New-York, de Shanghai, de Taiwan et d'ailleurs, des multitudes d'écran crachent à longueur d'étages les cours du Down, du CAC, du Dax, du Nikkei, du Footsie ... pour que les hommes de main des grands financiers puissent à coup de sms jongler à tout moment avec les milliards. Dans le même temps en France, en Europe, en Amérique... la fin du mois commence pour beaucoup le 15 ; dans le monde des milliards d'individus sont malnutris.
lun
11
oct
2010
« Ce qui nous attire, nous frêles humains, vers les mathématiques, c’est qu’elles confrontent l’incertitude et le caractère relatif de la pensée humaine à l’absolue certitude de la vérité mathématique. » David Ruelle
Les mathématiques m'ont toujours fasciné. Un parcours scolaire erratique, mais sans doute aussi des capacités d'abstraction insuffisantes, m'ont conduit vers d'autres rivages.
Parmi les sciences, je mets bien sûr les mathématiques au-dessus de tout. D'ailleurs aujourd'hui quel scientifique peut se passer des mathématiques ?
Malheureusement nos pédagogues n'ont toujours pas intégré cette donnée. A l'université la majorité des collègues de chimie, de biologie, des sciences de la terre... n'ont qu'un but éliminer au plus tôt les mathématiques de leurs cursus. Pour ne pas effrayer les étudiants, il est vrai fort peu armés par le lycée pour affronter l'algèbre linéaire !
Ce qui m'attire dans les mathématiques, au-dela de la rigueur d'une démonstration, c'est l'esthétique de la forme. Beauté des nombres, des équations, des courbes, des symétries. Elégance du geste du chercheur qui s'affirme parfois dans la gratuité de la démonstration d'un théorème, comme celui de Fermat.
Pour moi, ce qui est beau est simple, limpide. Quoi de plus limpide que la machinerie mathématique : à partir d'un énoncé supposé vrai (les axiomes), avec des règles de déduction, le mathématicien énonce de nouveaux théorèmes. Simplement muni d'un langage formel, de lois strictes de déduction et d'un ensemble d'axiomes, le mathématicien peut partir à la conquête de l'univers.
Je retrouve dans le livre de David Ruelle (1), que je viens seulement de découvrir, un écho à ces propos. David Ruelle est un physicien théoricien -presque un mathématicien donc !- Sa passion pour les mathématiques ne l'aveugle pas : à propos d'Alexandre Grothendieck, dont j'ai longuement parlé sur ce site il écrit par exemple, : "Il s’est passé quelque chose de peu honorable. Et l’élimination de Grothendieck restera une tache dans l’histoire des mathématiques du XXème siècle ".
Il ne cache pas non plus que les mathématiques restent souvent un outil de sélection, y compris au sein de sa communauté. Il rappelle comment à l'université de Moscou, sous le régime soviétique, on instaurait des quotas d'enseignants juifs en leur proposant au concours des démonstrations quasiment infaisables dans le temps imparti.
S'il parle du formidable apport du groupe Bourbaki, de la grande qualité des mathématiciens français du XXème siècle, il n'omet pas de dire qu'il y a des salauds partout y compris chez les mathématiciens et à propos de la communauté scientifique il écrit :
"Il ne fait aucun doute que certains d'entre eux sont des salauds et d'autres des tricheurs. Il m'arrive d'être impressionné par la force morale d'un collègue, mais également par la faiblesse d'un autre."
Ce que j'ai pu noter assez souvent dans mon métier d'enseignant-chercheur ! Les pires étant les salauds gentils, ceux qui vous tirent dans le dos !
Je pense en effet comme lui que même si les aspects moraux et politiques de la science ne constituent pas notre objectif principal, nous ne pouvons uniquement nous consacrer à la beauté platonicienne des formes.
Mais il sait surtout choisir des exemples frappants pour nous dévoiler la diversité des approches mathématiques. A propos du théorème du papillon dont la démonstration qui parait aisée s'avère difficile en géométrie euclidienne, il montre qu'une autre approche (en géométrie projective) le rend presque évident... c'est la beauté cachée des mathématiques !
Les mathématiques se sont encore épurées avec l'introduction explicite des structures (comme la structure des groupes). David Ruelle revient à ce propos sur l'apport d'A.Grothendieck qui a proposé une vue dynamique des structures :
"On n'attaque pas un problème de front, mais on l'enveloppe et le dissout dans une marée montante de théories générales."
Tout cela sans perdre de vue les problèmes à résoudre... ou à dissoudre !
Le mathématicien a donc accès au monde élégant des structures naturelles tout comme, selon Platon, le philosophe peut atteindre au monde lumineux des idées pures.
... nous savons qu'il y a une différence du tout au tout entre celui qui est versé dans la géométrie et celui qui ne l'est pas.
Platon, La République, Livre VII
Les grands mathématiciens sont-ils donc des surhommes ? En tout cas souvent des hommes à part semble penser David Ruelle qui remarque "que beaucoup ne sont pas bien adaptés socialement." Il rappelle le lien fait avec l'autisme par Ioan James : " Il a été avancé que des caractéristiques autistiques modérés peuvent être à l'origine de l'obstination et de la détermination qui permettent d'exceller, spécialement lorsqu'elles sont combinées à un haut niveau d'intelligence."
David Ruelle, qui évoque dans ce livre les apports de nombreux grands mathématiciens, indique que nombre d'entre-eux ont été victimes de graves dépressions : Kurt Gödel, qui est mort d'inanition de peur d'être empoisonné, David Hilbert (dont la distraction était légendaire), Felix Klein et Alan Turing, mathématicien homosexuel anglais condamné en 1952 à subir pendant un an des injections d'hormones féminines. Il se suicidait deux ans plus tard.
Vous trouverez sur ce site une ébauche de sujet autour des mathématiques (art, poésie, sciences...), que j'espère pouvoir nourrir au fil du temps. Nul besoin d'aimer les mathématiques pour découvrir dans ces pages leur beauté et l'admiration qu'elles suscitent.
"Nous devons être prêts à admettre que la perfection, la pureté, la simplicité que nous aimons en mathématiques sont liées métaphoriquement à notre quête de perfection, de pureté et de simplicité humaines."
(1) David RUELLE, L'étrange beauté des mathématiques, Odile Jacob (2008)
jeu
07
oct
2010
On vient d'apprendre que les boues rouges déversées à la suite de l'accident industriel hongois ont atteint le Danube.
Il faut savoir que la production d'aluminium est, à divers titre, extrêmement polluante.
Le minerai utilisé est la bauxite (le nom vient du village des Baux-de-Provence). La première partie du process consiste à transformer la bauxite en alumine. Elle conduit à la formation de résidus solides : les boues rouges caustiques.
Pour une tonne d'aluminium on obtient près de trois tonnes de boues rouges. Ces résidus contiennent notamment des métaux lourds (la coloration est liée à la présence d'oxyde de fer).
L’aluminium est ensuite obtenue par électrolyse de l’alumine, selon le procédé Hall-Héroult. Pour cela, l’alumine est dissoute dans un bain électrolytique de cryolithe fondue (fluorure de sodium/aluminium).
Le fluor est donc nécessaire à la production d'aluminium et le process libère de grandes quantités de résidus toxiques fluorés. VOIR ICI la campagne organisée aux USA par ALCOA dans les années 30 pour valoriser le fluor, sous produit de la préparation de l'aluminium.
Enfin les gaz à effet de serre (CO2, PFC) en provenance de la production d’aluminium représentent un polluant majeur.
En France, l’aluminium est produit par l’usine ALCAN de Gardanne. Les effluents sont rejetés en mer au large de Cassis. Depuis 1995, la Convention de Barcelone, qui vise à réduire la pollution en Mer Méditerranée, a contraint ALCAN, a installer (en 2007) un système de filtre-presse qui permet de conditionner une partie des résidus sous forme de galettes solides, dénommées « Bauxalite », qui sont désormais stockées sur le site de Mangegarri, une ancienne carrière de Bouc-Bel-Air.
Bien sûr on ne peut se passer d'aluminium, mais on constate une nouvelle fois que par soucis de rentabilité des populations et des écosystèmes sont mis en péril. On sait
en effet qu'il existe aujourd'hui des solutions pour réduire considérablement les nuisances induites par la production d'aluminium.
Actuellement les textes européens restent très prudents quant à la sécurité industrielle. La fameuse Directive Seveso impose seulement aux États membres de l'Union européenne d'identifier les sites industriels présentant des risques d'accidents majeurs. Elle a été complétée par la Directive 2003/105/CE du parlement et du Conseil européen.
Enfin la Directive 2006/21/CE, des mêmes institutions, donne des préconisations concernant la gestion des déchets de l'industrie extractive. Elle n'a été validée en France que tout récemment, par un arrêté du 5 mai 2010 publié au JORF le 27 août dernier.
Dans l'avis qu'a donné le Sénat à propos de cette directive il est écrit :" qu'il [ce texte] ne doit pas faire peser de charges trop lourdes sur les exploitants afin de sauvegarder la compétitivité de l'industrie européenne."
Pour l'ensemble de l'industrie chimique et pétrochimique, des normes draconiennes devraient être au contraire imposées au niveau européen, même si elles sont onéreuses.
jeu
30
sep
2010
Georges Charpak est mort.
Clos à jamais le regard bleu intense, pétillant de malice, de ce juif polonais fou de science et d'humanisme. Voila un "bon français" qui aurait volontiers botté le cul des Sarkozy, Besson et autre Hortefeux, qui exhalent les remugles du pétainisme. Lui qui fut résistant et passa par Dachau, savait à quoi conduit la désignation de boucs émissaires.
Fou de science, Charpak le fut jusqu'à la fin. Bricoleur de génie il travaillait encore sur de nouveaux générateurs de rayons X. Car Charpak n'était pas seulement un brillant théoricien, c'était aussi un expérimentateur hors pair.
Après son prix Nobel de Physique, il entreprit de faire partager sa passion aux plus jeunes et s'investit dans le projet La main à la pâte destiné à éveiller la curiosité scientifique des tout-petits. On ne peut pas dire qu'il fut particulièrement aidé par les autorités et il pestait
contre "les cons des ministères".
Pourtant cette expérience était très importante au moment où se dessinait presque partout dans le monde, mais surtout en Europe, une désaffection préoccupante pour les études scientifiques en général et pour la physique en particulier.
J'ai eu le privilège d'assister à une conférence de Charpak à Montpellier (il fut élève du Lycée Joffre), juste après son Prix Nobel. J'ai toujours devant moi le regard turquoise pétillant de malice de ce passionné !
A lire Mémoires d'un déraciné, physicien et citoyen du monde, Éditions Odile Jacob, 2008
lun
13
sep
2010
"Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d'hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d'eux, retiré à l'écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l'espèce humaine; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d'eux, mais il ne les voit pas; il les touche et ne les sent point; il n'existe qu'en lui-même et pour lui seul, et, s'il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu'il n'a plus de patrie.
Au-dessus de ceux-là s'élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d'assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé, régulier, prévoyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l'âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu'à les fixer irrévocablement dans l'enfance; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu'ils ne songent qu'à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur; mais il veut en être l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages; que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre?"
Alexis de Tocqueville, De la démocratie en Amérique (1840)
A lire : Raffaele Simone, Le Monstre doux. L'Occident vire-t-il à droite ?
lun
06
sep
2010
Jean Daniel, que j'ai beaucoup admiré, écrivait à propos d'Eric WOERTH dans son blog de juillet dernier : " un visage digne et ténébreux [qui] évoque une immarcescible candeur".
Le Littré traduit pour immarcescible : qui ne peut se flétrir.
Pauvre J. Daniel, la candeur, non plus, n'est plus ce qu'elle était et l'image immaculée du ministre laisse place à un profil de coquin qui s'est servi de sa position au gouvernement pour renflouer les caisses de son parti et accessoirement imposer sa femme auprès de la plus grosse fortune de France. Bon appétit messieurs !
"L'état s'est ruiné dans ce siècle funeste,
Et vous vous disputez à qui prendra le reste !"
Victor Hugo, Ruy Blas
Je l'ai écrit ici, pratiquement tous les éditorialistes le soulignent (sauf évidemment celui du Figaro qui est devenu l'organe de propagande de
l'UMP sous la férule du sémillant E. Mougeotte), la France est aujourd'hui le seul pays démocratique où un homme, avec une telle carte de visite, peut rester ministre.
..........................
Pauvre éducation nationale ! Elle part à vau-l'eau. Tous les Diafoirus sont à son chevet ; ils viennent dans les media vendre leur bouquin de rentrée. Quant au gouvernement il administre les traitements de nos ancêtres : la saignée annuelle censée redonner des couleurs au malade !
On taille, on charcute, on improvise d'un côté ; on s'arc-boute sur des concepts, des slogans antédiluviens de l'autre. Entre les deux, les jeunes, qui se sms-isent, ont le même respect pour la culture que notre président et comme lui ne rêvent souvent que d'une chose "gagner un max de thunes " !
Nous savons pourtant que le principal vecteur d'intégration est l'école. Certes pas l'école de Jules Ferry, mais l'école du vivre ensemble, du civisme, de la tolérance, de l'apprentissage des fondamentaux, sans oukases, avec pragmatisme... mais rigueur et exigence.
Au bout du système éducatif, l'université est aujourd'hui incapable de traiter correctement la population qu'elle reçoit. On lui reproche d'éliminer près de la moitié de ses effectifs en quelques semestres et de ne recevoir en master qu'une petite "élite". Comment pourrait-elle faire autrement quand chaque cours de licence ou même de M1 consiste à tenter de colmater des brèches béantes. Quand les tentatives de dialogue à propos d'un cours échouent lamentablement faute d'interlocuteurs, quand chaque session d'examen est une épreuve pour le correcteur qui se voit indirectement sanctionné par le néant de dizaines ou de centaines de copies.
Certes nous avons toujours quelques brillants éléments que nous pouvons sans rougir présenter au monde entier et que parfois on nous envie... mais sans nous auraient-ils fait moins bien ?
C'est bien en amont qu'il faut agir ; de la maternelle au collège de multiples chantiers sont à ouvrir, à commencer par celui des rythmes scolaires -une curiosité dans le monde-.
La formation (initiale et continue) des enseignants doit aussi être complètement revue, le lien -inexistant- entre secondaire et supérieur établi...
Je rabâche cela depuis plus de 20 ans devant des auditoires (commissions d'évaluation, profs, parents d'élèves, directeurs d'établissements, universitaires...) qui écoutent poliment avant de mettre en avant tout ce qu'ils auraient à perdre dans le changement : les ministères leurs deniers, les profs leurs vacances, les parents leurs week-ends, les chefs d'établissement leurs prérogatives, les universitaires leurs heures de labo... Bref trop d'acteurs du système éducatif sont foncièrement conservateurs (y compris les syndicats majoritaires) pour que cela bouge.
D'ailleurs certains ont pris définitivement leur parti de l'effacement de la culture, de la perte des savoirs. Ils traitent de passéistes, de ringards, d'élitistes... ceux qui défendent encore, comme je le fais sur ce site, la culture comme creuset de la citoyenneté. Pour eux, qu'ils le déplorent ou pas, ce temps s'est arrêté au début des années 70. A quoi servent les cours d'histoire ; pour faire un bon français il suffit d’apprendre "La Marseillaise" , à quoi bon étudier la Révolution française...
...........................
Il faut aller vite, toujours plus vite, à la vitesse des smartphones. Jouir d'abord, penser (éventuellement) ensuite. Nous revoici au coeur de ce fameux concept de post modernité que j'évoquais dans un précédent billet.
WIKI cite Peter Sloterdijk (un post humaniste !) à propos du post modernisme : "culte du présent, bonne gestion et recherche du bien-être remplacent la volonté de transmission, propre aux prémodernes, comme celle de transformation de la société, caractéristique des modernes".
Le tryptique, Apprendre, Comprendre, Transmettre, qui sert de bannière à ce site, est pour moi l'incontournable façon de préparer la Transformation de nos modèles sociaux et économiques. C'est peu dire que je redoute l'avènement d'une société post moderne !
Un des papes du post modernisme est Michel Maffesoli, que j'ai évoqué également ici. Le prochain opus de Maffesoli traitera de la Sarkologie. Pour Maffesoli, Sarko est en effet l'archétype du post moderne et -au-delà de sondages ponctuels- il se trouve donc parfaitement en phase avec notre société. Le sociologue dit se garder de porter un jugement de valeur, mais -de fait- il devient la nouvelle idole des intellectuels de droite (la droite "moderne" qui serait donc en fait post moderne).
Il ne s'agit pas que d'une question de sémantique, mais bien d'un problème de fond : faut-il accompagner cette évolution de la société (éducation nationale, media...) qui serait irréversible, ou faut-il, contre vents et marées, maintenir cette fameuse exception culturelle française ? Montesquieu ou BHL, Copernic ou Elisabeth Teissier, Souchon ou NTM... Platini ou Anelka...
Certains diront : "encore un vieux réac qui reprend l'antienne du "c'était mieux avant...". Je ne le pense pas. Au contraire, je m'entoure de tous les moyens technologiques que fournit notre société "moderne" (y compris le dernier smartphone !), j'utilise les plus récentes bases de données, je pratique à haute dose la lecture sur internet, je scrabble en ligne... J'essaie de suivre les dernières progrès scientifiques, l'évolution des grands courants de pensée... et j'y trouve des avancées extraordinaires. Dans les musées je n'ai jamais vu autant de monde ; à Montpellier tous les festivals affichent complet et les jeunes sont présents... La préservation de la Nature et du Patrimoine est un impératif qui fait son chemin et des merveilles sont offertes à nos yeux... Les privilégiés -dont je suis- vivent donc une époque formidable...
Mais tous les autres ? Faut-ils qu'ils ignorent la phrase de Newton : "J'ai vu plus loin que les autres parce que j'étais juché sur les épaules de Géants" ?
Je ne le pense pas non plus. Révolutionnons donc l'école, utilisons tous les moyens modernes de communications que manipulent si bien les ados, au lieu de dicter des résumés barbants et répétitifs qui sont recrachés année après année, supprimons cet énorme hiatus de l'été en diminuant les heures de cours hebdomadaires, généralisons dans les universités les Ecoles d'été, multiplions les passerelles entre les disciplines... il n'y a probablement que les inspecteurs généraux qui ne savent pas qu'aujourd'hui l'essentiel est aux interfaces !
Sur l'organisation, sur les méthodes, sur la forme... tout est à revoir. C'est le prix à payer si l'on veut sauver l'Education NATIONALE, préserver notre patrimoine et faire en sorte que tous les petits français, blancs, jaunes, noirs... aient la tête bien faite et le coeur plus léger.
Je suis ce soir d'une immarcescible candeur !
jeu
19
aoû
2010
La dernière foucade de l'ogre de Montpellier, qui installe sur la place centrale du nouveau quartier Odysseum de la capitale du Languedoc des statues monumentales de quelques "grands hommes du XXème siècle", dont Mao et Lénine, me donne du grain à moudre quant à l'état déliquescent de notre démocratie.
La façon dont G. Frêche, qui fait son dernier tour de piste, peut se moquer impunément de ses concitoyens, de ses électeurs, des courtisans qui guettent ses aumônes et lorgnent sur la succession, en imposant un Panthéon de bronze plus que contestable, est révélatrice du pouvoir absolu que confère notre pseudo démocratie aux dirigeants de nos collectivités, municipales, territoriales ou nationales.
Le moins que l'on puisse dire est que le président de la Région Languedoc-Roussillon honnit la démocratie, ne dissimule pas le plus profond mépris pour ses concitoyens et les hommes qui l'entourent... mais a pour lui-même une grande admiration. Nul besoin d’être psy pour remarquer qu’il présente tous les aspects d'une personnalité paranoïaque et mégalomaniaque.
On sait hélas depuis ce sinistre 20ème siècle qu’il veut honorer, que paranoïa et mégalomanie peuvent conduire à l'extermination de millions de personnes pour peu que des mégalos/paranos trouvent le soutien de quelques cerveaux égarés, l'appui d'hommes de main ambitieux et une conjoncture favorable.
Quelques personnalités à l’ego démesuré et aux scrupules légers, président ainsi aux destinées de nos communes, de nos Régions, de notre Etat. Certains feraient peut-être de bons fachos si l'occasion se présentait. Des chefs dont l'autorité ne saurait être remise en question et qui ne tolèrent aucun contre-pouvoir.
Ces contre-pouvoirs, pourtant, existent en théorie dans notre démocratie : à tous les échelons nous avons des assemblées censées contrôler l'exécutif, ainsi que des juges et des tribunaux.
En théorie seulement car il s'avère que ces assemblées sont d'une docilité remarquable,
que juges et tribunaux ne s'opposent que rarement au Prince ou -comme l'affaire Bettencourt
le démontre éloquemment-sont mis hors d'état d'exercer leurs investigations.
La séparation des pouvoirs en France n'est plus qu'une illusion et le Président de la République, qui décide de tout à tout propos et se moque de notre Constitution, a donné le signal à tous les roitelets de France et de Navarre : faites donc selon votre bon plaisir.
Il ne reste aujourd'hui que quelques organes de presse pour dénoncer les turpitudes et les extravagances de ces Napoléon au petit pied dont le Waterloo tarde à venir.
Pour moi l'urgence des urgences est donc de revoir de fond en comble notre Constitution, voire d'en réécrire une autre. Le fantôme d'une VIème République revient dans l'actualité ces jours-ci, cette fois agité par Europe-Ecologie qui s'apprête à investir la juge Eva JOLY pour la présidentielle 2012. Le PC et certains au PS et au centre l'appellent aussi de leurs vœux.
J'espère qu'un projet qui proposerait de restaurer la prééminence du pouvoir législatif, qui interdirait tout cumul des mandats et les limiterait dans le temps, viendra devant les électeurs. Dans ce cas il aura mes suffrages.
dim
15
aoû
2010
JF Kahn dans Marianne qualifie notre président de voyou… Je dirai comme Cyrano de Bergerac :
"Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme."
Dans le Journal du Voleur, Jean Genet écrivait par exemple :
"Ma joie serait grande de le pouvoir nommer fripon, fripouille, canaille, crapule, voyou, filou, jolis noms chargés d'évoquer ce que par dérision vous appelez …"
Bien sûr il ne parlait pas de Sarko lui, mais de ce qu'il appelait le joli monde...
Quant au Littré il propose : affranchi, aigrefin, arsouille, bandit, canaille, chenapan, crapule, fourbe, fripouille, galapiat, galopin, garnement, gouape, gredin, sacripant, truand, vaurien, vulgaire, … parmi un bel assortiment de qualificatifs qui peuvent agrémenter le terme imprécis de voyou.
Le filou de Genet peut -encore selon Littré- renvoyer aussi à :
aigrefin, arnaqueur, bandit, coquin, crapule, escroc, estampeur, faisan, flibustier, fripon, fripouille, malfaiteur, maraudeur...
Je pensais aussi à malotru qui, toujours selon le Littré, a des synonymes sympathiques : butor, goujat, grossier, impoli, malappris, mal élevé, mufle, ostrogoth, pignouf, rustre, ...
Selon ses convictions chacun fera son marché !
lun
09
aoû
2010
La ville d'Albi est chère au cœur des hommes du sud-ouest. Sa cathédrale Sainte-Cécile, forteresse de briques dont le chœur et le jubé, ornés de dentelle de pierres, sont exceptionnels, abrite aussi de multiples trésors picturaux de l'école italienne. Elle porte l'histoire de la croisade des albigeois et de la liquidation de l'hérétisme cathare.
Raimond-Roger Trencavel, vicomte d'Albi, et son oncle Raymond VI, comte de Toulouse, jugés trop tolérants avec les hérétiques, furent excommuniés et les évêques d'Albi, seigneurs du Palais de la Berbie, étalaient dès le XIIIème siècle la toute puissance de Rome face aux manants et aux bourgeois tentés par la réforme.
Alors que Castres au sud bascula plus tard dans le camp des protestants, Albi fut toujours fidèle au Vatican, son évêque d'alors, Laurent Strozzi, était un cousin de Catherine de Médicis.
La collégiale Saint-Salvi dotée d'un remarquable cloître du XIIème siècle, est un autre joyau de la ville rouge dont le vieux centre et ses magnifiques maisons à encorbellement et colombages témoignent de la prospérité passée.
Car Albi et sa région furent un pays de cocagne. Cette prospérité qui marqua la renaissance est liée à la culture du pastel. L'expression célèbre de "Pays de Cocagne" est liée aux "coques", étape ultime de traitement de la plante, le pastel Isatis tinctoria.
Le rouge de la brique, le bleu pastel, l'infini diversité des couleurs champêtres de l'albigeois, le ciel changeant sous les rafales du vent d'autan, ont sans doute joué un rôle dans la vocation de Toulouse-Lautrec. Le musée d'Albi, installé au cœur du Palais de la Berbie, présente un vaste échantillonnage de la production du peintre. A ne manquer sous aucun prétexte !
Au pied des remparts une promenade au bord du Tarn, de Pont-Vieux en Pont-Neuf, finiront par vous convaincre qu'ALBI n'a pas usurpé son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO.
sam
31
jui
2010
N. SARKOZY, son gouvernement, l'UMP, tentent par tous les moyens de sauver Eric WOERTH en empêchant la désignation d'un juge d'instruction qui ne manquerait pas de demander la mise en examen de l'ancien ministre du budget, mouillé jusqu'aux oreilles dans l'affaire BETTENCOURT.
Il apparaît à l'évidence à tous les observateurs français et étrangers un tant soit peu objectifs (il faut être le directeur du Figaro pour oser -contre l'avis de sa rédaction- écrire le contraire !) que ce ministre a profité de ses fonctions pour pomper un maximum de fric à la veuve BETTENCOURT, acceptant en contrepartie de fermer les yeux sur une fraude fiscale gigantesque et de décorer, au nom de la République, le gestionnaire de fortune de la patronne de L'Oréal... auprès duquel il avait casé sa femme.
Pourquoi tant d'acharnement et tant de risques pour préserver un ministre ? Tout simplement parceque si ce fusible saute, c'est le président de la République qui vient en première ligne dans une affaire de financement occulte de sa campagne présidentielle... dont E. WOERTH était le trésorier ! Watergate est à côté une plaisanterie. Dans un état démocratique, le chef de l'état aurait depuis longtemps rejoint la Roche Tarpéienne !
Pour faire diversion, N. SARKOZY réenfourche avec précipitation son dada sécuritaire. Délaissant le karcher il s'essaie au bazooka pour menacer étrangers, nationaux basanés et Roms...(*), espérant que les braves Français de souche, quittant bérets, posant baguettes, oubliant la famille Le Pen, se précipiteront en chantant : Sarkozy nous voila !
En brandissant des armes lourdes virtuelles, notre roi de la gesticulation est-il crédible ?
Depuis les menaces viriles de 2002, les malfrats -de banlieue ou d'ailleurs- loin de se terrer, affichent au contraire une santé insolente. Ils attaquent des fourgons blindés au lance-roquettes, ils transforment les arrière-salles de café en arsenaux. Bien pire, ils effraient les brigades de police les plus entrainées qui se reconvertissent dans la police de la route ! La peur a bien changé de camp : elle est du côté des forces de l’ordre !
Dans les quartiers sensibles, ces caïds sont adulés par les gamins et la police se garde bien d'y intervenir de peur de provoquer des émeutes. Pendant que les ados organisent des concours de pyrolyse de véhicules divers ou arrachent le sac et le portable de braves mères de famille, les cadors rackettent impunément les petits commerçants berbères ou stockent par centaine de kilos, cocaïne et herbes aromatiques.
Gageons que le bazooka version SARKOZY ne suffira pas... Rassurons-nous, pour sa future campagne présidentielle, les chars d'assaut sont déjà prêts !
Triste bilan pour un triste sire qui va laisser notre République dans un triste état !
(*) ... Les Roms... mais c'est bien sûr ! Quand j'avais cinq ou six ans, il me souvient que ma mère était terrorisée par les romanichels qui campaient à deux pas de chez nous. C'était déjà un épouvantail bien utile !
mar
20
jui
2010
Voici la conclusion d'une remarquable analyse de l'ancien journaliste du Monde, parue aujourd'hui sur le site de Mediapart :
"Mandataire des plus grandes fortunes françaises, Nicolas Sarkozy installe au sein du capitalisme français quelques grands oligarques dévoués à sa cause, alors même que les règles de l'Etat de droit ne le permettent pas. L'affaire Pérol en est l'illustration la plus connue. Au mépris des règles encadrant le pantouflage, le chef de l'Etat a installé en 2008 à la tête des Caisses d'épargne et des Banques populaires son plus proche collaborateur pour les questions économiques, François Pérol, désormais visé par une cascade de plaintes pour prise illégale d'intérêt, qui ont débouché sur l'ouverture d'une information judiciaire.
Le 1er septembre, François Pérol prendra donc le plus naturellement du monde la présidence de la Fédération bancaire française (FBF), la fédération qui regroupe la profession. Quand il était secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol avait veillé, au plus fort de la crise financière, à ce que les banques ne soient pas sanctionnées pour leurs dérives; aujourd'hui, ces mêmes banques font le carré autour de lui.
Jusqu'à ces dernières semaines, une thèse avait les faveurs de la plupart des observateurs: la photo de famille, celle du Fouquet's, dit bien ce qu'il faut penser du système. Il n'englobe que certains grands groupes, ceux des PDG-propriétaires. Ce capitalisme-là, c'est donc un capitalisme familial, celui de Martin Bouygues ou de son meilleur ennemi Vincent Bolloré, celui d'Albert Frère ou d'Alain Minc.
On a ainsi pu penser que le capitalisme français était en fait une sorte de mille-feuilles, avec une première couche composée par des PME, très éloignées des réseaux parisiens; puis une deuxième couche, celle du capitalisme du Fouquet's; et puis une troisième couche, celle des mastodontes tournés vers l'étranger, indifférents aux petites affaires intérieures. Et évidemment, il était tentant de classer L'Oréal dans cette catégorie. Une firme tellement internationalisée qu'elle ne prête pas la moindre attention à ce qui se passe à l'Elysée, n'est-ce pas?
Et pourtant, non ! Le système économique français a fait la démonstration qu'il constituait une variété résistante de capitalisme, une variété qui ne s'est pas dissoute dans la mondialisation. C'est même encore plus inquiétant que cela: l'affaire Bettencourt-Woerth force à revoir la classification du capitalisme français en strates distinctes.
Somme toute, pour des raisons qui tiennent à son histoire et notamment à la persistance de la tradition bonapartiste ou néo-bonapartiste, la France a souvent disposé d'une démocratie à part dans le concert des grandes nations, une démocratie anémiée, méprisant tous les systèmes de contre-pouvoirs. Et du même coup, le capitalisme français a lui aussi été modelé par cette culture et ce legs.
A une démocratie malade correspond donc un capitalisme nécrosé. L'affaire Bettencourt-Woerth en est l'illustration la plus récente et la plus criante. Ce n'est que le dernier remugle d'une ancienne tradition très française, celle qu'illustrait la célèbre boutade proférée par Benjamin Constant, pour justifier son ralliement à l'Empire: «Servons la cause! Et servons-nous...»
Laurent MAUDUIT, La nécrose avancée du capitalisme français
lun
12
jui
2010
Le président va s'expliquer, sur une chaîne de télévision dont il nomme les dirigeants, à propos d'une affaire dont le magistrat enquêteur (un procureur proche), dépend
de son ministre de la justice. Il évoquera la déclaration de l'Inspection des Finances (*)-rattachée à Bercy(ministère des finances)- qui blanchit sur un point l'ancien
ministre du budget.
Les journaux et hebdos nationaux, presque tous sous le contrôle de ses amis, applaudiront à tout rompre la prestation du chef de l'état.
Monarque, pouvoir absolu, courtisans... rédigeons vite les cahiers de doléances !
( L'association Transparence Internationale a mis en doute l'objectivité de ce rapport. "L'IGF opère sous l'autorité directe de Bercy, elle ne dispose d'aucun des attributs d'une autorité d'enquête indépendante", a estimé son président Daniel.)
ven
02
jui
2010
PIERRE "MATHIAS" JAQUIER NOUS A QUITTE LE 31 AOUT 2010 (*)
Pierre Jaquier est un luthier d'exception. Facteur de violes de gambe, il a réalisé les magnifiques instruments du film d'Alain Corneau, Tous les matins du monde. Chacun de ses instruments est unique, et les têtes sculptées de ses violes sont de véritables œuvres d'art.
A l'instar de grands interprètes du monde entier, j'ai eu le privilège de visiter l'atelier de Mathias (son prénom d'artiste) -ami de ma belle-famille- dans un petit village du Luberon et de m'émerveiller devant le minutieux travail du maitre.
Atteint d'une Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA, maladie de Charcot) foudroyante, Mathias est aujourd'hui dans un fauteuil roulant, il a perdu l'usage de ses mains.
Ses facultés intellectuelles restent intactes. Vous pourrez lire ICI son bouleversant témoignage.
Le SLA est une maladie neurodégénérative peu courante, contrairement à la maladie d'Alzheimer par exemple. C'est une maladie du motoneurone : maladies liées notamment à une anomalie de la jonction de la fibre musculaire avec son nerf moteur.
L’atteinte des neurones moteurs de la moelle épinière provoque une diminution de la force musculaire dans un premier temps, puis une paralysie. Les membres supérieurs sont touchés en premier puis les muscles du tronc (respiratoires) enfin les membres inférieurs.
Il n’existe pas de déficit sensitif.
La cause des lésions est inconnue. On sait qu’il existe une notion d’hérédité (5 à 8% des cas) et une prédominance chez l’homme.
Les élément- traces métalliques -ETM- (terminologie plus adaptée que métaux lourds) sont mis en cause par plusieurs chercheurs comme un des facteurs environnementaux suspectés d'accélérer le déclenchement de la maladie. Cependant aucune étude sérieuse ne le démontre.
Le pronostic est sombre : on peut seulement ralentir l'évolution du processus par l'utilisation conjointe du Riluzole(Sanofi-Aventis) et de la Vitamine E.
POUR EN SAVOIR PLUS : VISITEZ LE SITE DE L'ASSOCIATION ARSLA QUI A PUBLIE LE TEMOIGNAGE DE MATHIAS
Cependant les chercheurs n'ont pas baissé les bras et comme pour toutes les maladies neurodégénératives, les travaux se multiplient selon plusieurs axes.
Ainsi dans la littérature j'ai relevé plusieurs pistes intéressantes :
- pour la détection précoce : découverte d'un gène lié à la SLA (Université de Laval, Québec)
- pour les essais thérapeutiques : étude prochaine en phase 3 d'un benzothiazole (hétérocycle aromatique présent dans le riluzole), le dexpramipexole, par KNOPP Neurosciences. Il est validé comme médicament orphelin.
Pour plus d'infos sur les travaux en cours voir ICI.
Actuellement la recherche concernant les maladies neurodégénératives connait un développement sans précédent.
En France, l'Institut Pasteur, dans le cadre de son programme Neurosciences, explore plusieurs pistes. J'avais signalé ici que des équipes de l'Institut Pasteur et du CNRS avaient montré les capacités intrinsèques du cerveau à s'auto-réparer. En détournant des neurones nouvellement formés depuis leur zone germinative vers les régions lésées, on pourrait ainsi espérer contribuer à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou la Chorée de Huntington.
J'avais évoqué dans un précédent billet, l'installation de l'ICM (Institut du Cerveau et de la moelle épinière) au sein de l'hôpital Pitié-Salpétrière.
On peut aussi citer l’IFR37 des Neurosciences de Strasbourg qui regroupe 32 équipes de différentes unités du CNRS de l’INSERM et de l’Université de Strasbourg. L’ensemble de ces équipes développe des thématiques liées au fonctionnement des systèmes nerveux et neuroendocrine, depuis le niveau moléculaire jusqu'aux comportements et aux fonctions cognitives, tant chez l'animal que chez l'Homme. L’activité de ce futur Neuropôle se caractérise par l’existence d’un continuum de recherches fondamentales, appliquées et cliniques.
En Europe, certains des meilleurs chercheurs du monde et de l’Europe se sont réunis le 15 avril 2010 à Stockhlom pour définir une stratégie de recherche paneuropéenne dans la lutte contre les maladies neurodégénératives dans le cadre de l’initiative de programmation conjointe contre les maladies neurodégénératives (JPND). La JPND est considérée comme un projet pilote pour la programmation conjointe au sein du 7ème PRCD.
(*) : Mathias était profondément croyant. Il avait, dans les moindres détails, organisé la messe de funérailles qui a été concélébrée le 3 septembre en l'église de Cucuron, en présence de ses amis musiciens qui avaient déposé devant le cercueil les instruments -tous différents- qu'il avait réalisé pour eux.
A la fin de la cérémonie un texte, qu'il avait préparé, a été distribué :
"Une si petite séparation...
A ceux qui m'entourent j'ai envie de dire : ne soyez pas tristes. Non pas qu'on ne puisse être très affligé quand on perd quelqu'un de cher. Mais simplement pour moi, la mort n'est qu'une toute petite séparation... En ce qui concerne cette séparation, indépendamment de la conviction qu'on peut avoir, il me semble qu'il se garde de toute existence quelque chose qui passe, qui se transmet. Les gens disparus sont encore en nous, leur apport se transmet très longtemps, de diverse façon, même si nous n'évoquons pas explicitement leur souvenir. C'est la transmission de ce que l'on est qui vous permet d'être vivant par dela la mort."
ven
25
jun
2010
Mon billet du 7 avril, à propos de la vulgarité du chef de l'état, m'a valu quelques courriels de lecteurs de droite et de gauche qui disaient en gros la même chose : vous attachez beaucoup trop d'importance à la forme. Ceux de droite soulignaient que si les attaques se concentraient sur les comportements du président, c'était évidemment que sa politique ne devait pas être si mauvaise. Ceux de gauche pensaient qu'il était beaucoup plus important de parler économie, retraite, chômage (ce que je fais d'ailleurs régulièrement ici et ailleurs)...
Loin d'être convaincu, je remets le couvert. Ce qui m'y incite est la mascarade qui a entouré la prestation des bleus en AfSud. Le côté sportif est secondaire dans cette affaire : nous avons une équipe de petit niveau, avec un entraineur incohérent et une fédération dirigé par de joyeux retraités peu compétents.
La question essentielle est celle du comportement de ces joueurs sur le terrain, dans les vestiaires et devant les media.
Si l'on en croit le philosophe raciste Alain Finkielkraut (qui ridiculisait déjà il y a 4 ans notre équipe blacks-blacks-blacks) : l'équipe de France est une bande de voyous qui ne connaît qu'une seule morale, celle de la mafia (...). Aujourd'hui on a envie de vomir avec la génération caillera.
«L’esprit des cités contre l’esprit de la Cité», dit aussi Finkielkraut, plus enclin à absoudre le «casse-toi, pôv’ con !» du Président que le «Va te faire enculer !» du footballeur, remarque Pierre Marcelle dans Libé.
Finkie, qui a une peur bleue de tout ce qui n'est pas blanc, n'est que le porte-parole de responsables politiques en faillite, de Français en souffrance -chômeurs, travailleurs pauvres, classes moyennes en débandades-... tous en manque de boucs-émissaires.
Anelka, Evra, Abidal et consorts ont certes été de pitoyables représentants du sport français (mais la main de Thierry Henry qui nous qualifie, n'était-elle pas encore plus indécente ?) et le journal L'Equipe a eu raison de provoquer la crise en citant les propos de vestiaires.
Mais qui les a préparé à ce rôle ? Quand on passe, à 16 ou 17 ans, d'une cité de banlieue à un confortable cottage près de Londres, Madrid ou Milan, avec 100 000 ou 500 000 euros par mois, que très rapidement on monte dans sa Porsche pour aller à l'entraînement, on a évidemment manqué quelques étapes dans sa formation d' adulte. Cette remarque élémentaire aurait dû conduire la fédération et le staff technique à considérer l'aspect éducatif, psychologique et même civique comme le demande Rama Yade, pour la préparation de ces joueurs.
Ces cadors aux pieds d'argent et à la cervelle de moineaux, leur prétention, leur vulgarité, me choquent donc, mais il ne s'agit que de footballeurs d'une petite trentaine d'années à qui l'on donne une place très exagérée.
Le président de la République, en recevant Thierry Henry dès sa descente d'avion (alors que des millions de français contestaient dans la rue sa réforme des retraites) -pour une opération de communication qui risque fort de faire flop- a révélé une nouvelle fois de surprenantes priorités. En tout cas pas celles que l'on attend d'un chef d'Etat en période de crise... Au sens étymologique il a été très vulgaire !
lun
21
jun
2010
La farce qui se joue avec l'équipe de France de football en Afrique du Sud aura je l'espère remis les pieds sur terre à tous ces braves Français pour qui l'honneur d'un pays se défend sur une pelouse avec 11 imbéciles gavés de dollars, jouant les starlettes à la recherche de l'impresario prêt à leur signer un chèque encore plus gros. L'équipe de France ils s'en moquent comme de leur premier carton jaune !
J'ai regardé de bout en bout le match contre le Mexique tant j'avais plaisir à voir qu'il pouvait exister encore des footeux généreux, imaginatif, mordant dans le ballon, ne se roulant pas par terre au moindre contact. Les nôtres trottinaient gentiment, habitués à se rendre à l'entraînement en Porsche ou Ferrari, le voyage en bus avaient certainement dû les fatiguer !
Les insultes d'Anelka, la bêtise d'un Ribéry, l'arrogance d'un Gallas, l'incompétence du président de la Fédération et de son entraineur auront je l'espère aussi remis le foot à sa vraie place actuelle : un sport bling-bling pratiqués majoritairement par des crétins qui ont un chéquier à la place du cerveau, regardés par des supporters souvent racistes et avinés et dirigés parfois par des machos homophobes comme la famille Nicollin à Montpellier.
Dans le foot pour un Zidane ou un Laurent Blanc, il y a bien une centaine d'Anelka ou de Ribéry !
Il paraît que les résultats de l'équipe de "France" ont fait plonger l'action de TF1 ; pourtant la chaine Bouygues tenait là sa meilleure téléréalité ! Des prostituées mineures, un hôtel de grand luxe où sont enfermés 23 jeunes hommes, des clans, des insultes dans les vestiaires, un animateur débile...
ven
18
jun
2010
Tout juste en face de mon boulanger, une plaque (voir la photo) rappelle qu'en ce lieu six résistants furent exécutés. Six hommes dans la fleur de l'âge.
Il y a 20 ans, des bouquets champêtres ornaient le plus souvent l'endroit, aujourd'hui la modeste pierre disparait parfois sous les herbes folles.
Qui la regarde encore ?
Le 18 juin, la France commémore l’appel du général De Gaulle. De Gaulle était un militaire courageux qui refusait la capitulation, un nationaliste ombrageux et surtout un homme politique hors pair qui savait que continuer à se battre aux côtés des alliés permettrait d'appartenir au camp des vainqueurs à la fin des hostilités dont l'issue, pour lui, ne faisait aucun doute.
Sans être un antimilitariste forcené, j'ai fort peu de goût pour la chose militaire et il m'est arrivé de ferrailler avec l'association locale d'anciens combattants, toujours prête à exalter nos "faits d'armes" en Indochine et en AFN. Cela ne m'empêche pas de décliner la litanie des noms gravés dans le marbre des monuments aux morts des petits villages à chacune de mes escapades dans la France profonde et d'avoir une pensée pour tous ces soldats victimes des Pétain et autres hauts gradés, bouchers de 14-18.
Le 18 juin ce n'est donc pas à De Gaulle que je pense, mais à tous les résistants, déportés... à tous ceux qui se sont levés face à l'idéologie nazi, à une barbarie sans nom. Souvent ces hommes et ces femmes sont morts dans l'anonymat, au coin d'une rue, au fond d'un bois, dans une cave... Ils n'ont pas eu droit au champ d'honneur, mais ils n’ont pas sacrifié leur vie pour rien, même si trop d'entre nous l'ignorent ou l'ont oublié.
J’ai pour eux une infinie reconnaissance.
lun
14
jun
2010
La victoire écrasante des indépendantistes flamands en Belgique confirme une tendance lourde, observée depuis l'éclatement de l'URSS : le goût des population pour les états confettis.
L'Europe, qui comptait 25 États indépendants en 1914, puis 31 en 1945, était constituée de 44 nations en 2006. L'effondrement du bloc soviétique a conduit à la création de 20 nouveaux États en cinq ans (de 1991 à 1995).
Au niveau mondial on en dénombrait (source Wiki) :
Bien sûr la décolonisation est passée par là.
Au sein de ces états, dont nombre ne sont pas viables, les séparatismes sont toujours à l'œuvre : la Russie, le Kirghizistan, l'Espagne, la Suisse, l'Italie, le Royaume-Uni (avec l'Ecosse), la Belgique, parmi bien d'autres, sont secoués par des fièvres indépendantistes, ethniques ou plus simplement tribales !
On peut se demander à quel niveau de scissiparité le processus s'arrêtera ! Assisterons-nous à un véritable retour de la tribu ?
On connait le proverbe : chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. Peut-on imaginer sur cette terre une myriade d'ilots, entourés de hauts murs, où chacun, le doigt sur la gâchette, voudra à tout prix préserver son pré carré ? Est-ce vraiment de la sociologie-fiction ?
L'avenir est-il aux murs, aux barbelés et aux miradors, qui fleurissent déjà aux USA, en Israël et ailleurs, à un univers concentrationnaire ?
Les crétins fervents qui nous gouvernent, incapables de tracer une route un tant soit peu raisonnable, suivent ou manipulent des aboyeurs stupides qui se pâment devant le drapeau de leur microscopique refuge. Ces séparatismes sont l'aubaine de roitelets ridicules dont les cocoricos masquent la future impuissance.
La mondialisation économique a donc paradoxalement contribué à faire exploser des états : il fallait bien diviser pour mieux régner sur la planète ! En Europe, les gouvernants, craignant de ne pas avoir leur part du gâteau, sont allés à marche forcée vers une UNION des marchands, sans se soucier des peuples qui pourtant renâclaient. Ils ont ruiné l’espérance d'une Europe politique forte et solidaire.
L'époque n'est pas à la solidarité, à la mixité, à l'universalité. Frileusement nous nous replions sur nous mêmes, convaincus que le salut est individuel.
Nous verrons donc bientôt des travailleurs immigrés wallons en Flandre, des napolitains clandestins en Lombardie... car les lois économiques sont implacables : les populations misérables ne reconnaissent plus les frontières et se déplacent au gré du marché du travail.
Les émules des Besson, Hortefeux et consorts vont avoir du pain sur la planche !
mar
08
jun
2010
Nous vivons une époque épique (et nous n'avons rien d'épique) chantait Léo Ferré. Pour certains philosophes, artistes, scientifiques... nous étions déjà dans la postmodernité.
La pensée postmoderne se situe dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux résultant de la modernité, et l'échec des utopies révolutionnaires...
Les prémodernes se reposaient sur la tradition et les modernes sur l'avenir, les postmodernes auraient les pieds dans le vide. WIKI
No future ?
Pour le sociologue et philosophe Michel Freitag la postmodernité est la dissolution de la référence à la raison : les actions humaines tendent à se réduire progressivement à un comportement adaptatif, que la pensée s’identifie à un calcul marginal de gain ou de perte, que les rapports humains se réduisent à la compétition ou à la concurrence et les identités ou statuts à ceux de gagnant et de perdant.
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Au récent Congrès de la Société Française de Microbiologie, un éminent virologue (Didier Raoult) dont j'ai déjà parlé ici, a un peu pompeusement intitulé sa conférence : La microbiologie postmoderne. Avec d'autres, il remet en effet en cause quelques dogmes au niveau de la classification du monde animal et végétal et de l'Arbre du Vivant :
«L'idée de l'ancêtre unique est un contre-sens. C'est une idée darwinienne, mais Darwin avait tort : il y a autant d'arbres que de gènes».
Reprenant l'idée de rhizome qui, contrairement à l'arborescence, est un modèle d'organisation sans subordination hiérarchique développé dans les années 1970 par les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari, Didier Raoult propose de «changer l'arbre de la vie par le rhizome de la vie». Déclaration à l'AFP, décembre 2009
L'hypothèse du rhizome de Raoult est satisfaisante pour les virus, moins pour les bactéries ou les Archées, et certainement pas pour les Eucaryotes.
Beaucoup pensent donc que ce qui est remis en cause, c'est l'application aux virus des principes de l'évolution de type darwinienne.
Pour eux les virus ne sont pas vivants et il suffit d'exclure les virus pour retrouver un ancêtre commun et retrouver un arbre du vivant
En chimie, que je connais mieux, nous voici aux portes de la reconstruction du vivant et à la manipulation d'objets nanométriques. En physique et microélectronique, on se tourne aussi vers les nanosciences et les nanotechnologies qui repoussent les domaines de la science-fiction. La mécanique quantique va trouver ses plus remarquables applications...
La science est-elle pour autant entrée dans la postmodernité ? Comme en relativité tout dépend de la position de l'observateur. Dans 1000 ans nous serons archaïques...
La science dans une société postmoderne renonce à son idéal normatif de réalité et de vérité, au profit de la prévisibilité des résultats de l’action instrumentale. Susann Heenen-Wolff
Il y longtemps qu'Einstein (un intemporel !) nous avait dit ça... beaucoup mieux.
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Un bref séjour à Paris m'a donné l'occasion de découvrir deux belles et importantes expositions : Edvard Munch à la Pinacothèque et Lucian Freud à Beaubourg.
Dans le monde de la peinture, la postmodernité s'appelle néo-expressionisme (voir Esthétiques de la postmodernité de Caroline GUIBET LAFAYE). L. Freud a été rattaché par certains à ce courant.
Avec Lucian Freud, la chair crue dégouline et notre triste condition nous est, à chaque toile, envoyée à la figure. Le huis-clos entre le peintre et le (les) modèles est parfois étouffant mais débouche sur quelques œuvres magistrales, bien résumées par la photo de cette jeune fille contemplant une toile où le peintre est représenté en train de la peindre.
De Munch je ne connaissais que Le Cri, et l'exposition s'intitule... L'anti-cri !
Munch est un rebelle en constante opposition avec les écoles de son temps (impressionnisme, fauvisme, symbolisme, abstraction). Son œuvre est imprégnée d'un désespoir évident, elle révèle une grande lucidité et un doute permanent (d'où une multitude d'esquisses).
Incompétent sur les techniques, je dirais simplement que j'ai ressenti beaucoup d'émotion et de plaisir en découvrant ces toiles. Modernité, postmodernité, archaïsme... peu m'en chaut (ça c'est de l'archaïsme) puisque c'est beau...
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Michel Maffesoli, donne de la post modernité la définition suivante :
"ce pourrait être : « la synergie de phénomènes archaïques et du développement technologique ». C’est ainsi que, pour reprendre les grands thèmes explicatifs de la modernité : État - nation, institution, système idéologique, on peut constater, pour ce qui concerne la postmodernité, le retour au local, l’importance de la tribu et le bricolage mythologique."
Archaïques, les dirigeants de ce monde le sont sans aucun doute, toujours dominés par des instincts primaires et barbares.
L'attitude d'Israël est la caricature de ces comportements primitifs, irrationnels, des nations d'aujourd'hui.
Même le sioniste le plus exalté sait qu'il n'y aura pas d'issue au conflit en Palestine sans la création d'un état palestinien viable, que chaque violation grossière des lois internationales renforce la détermination des militants palestiniens, multiplie les vocations de terroristes et rend sympathiques leurs plus farouches ennemis.
Les Etats-Unis tiennent à bout de bras un état devenu un monstre hydrocéphale dont la tête n'est plus que guerrière. Mais le sioniste le plus convaincu devine aussi que le lobby juif aux USA finira par céder devant la montée des diversités américaines, que l'intelligentsia juive va se lasser de porter un fardeau aussi lourd.
Alors il faudra concéder la paix et des territoires. Des dizaines d'années auront été perdues, des milliers de vies aussi et beaucoup d'énergie... pour le seul profit de complexes militaro-industriels.
Voici venu -nous dit-on- le temps de l'hypermodernité (qui ne serait qu'une nouvelle version de la modernité !)... Que les sociologues se penchent plutôt sur l'archaïsme... moderne !
lun
31
mai
2010
Parlez-vous franglais ?, Etiemble, (1964)
Un ami cheminot, amoureux de la langue française, poète à ses heures, avait le reflexe québécois : pas moyen de placer un week-end, un corner, un happy end... sans se faire sérieusement réprimander (même un vulgaire sandwich ne trouvait pas grâce à ses yeux!). J'en souriais, moi qui parfois dans mes cours étais contraint d'utiliser des expressions anglo-saxonnes, sans équivalents dans la langue de Molière.
J'avais bien tort !
Non seulement l'anglais scientifique est devenu la langue universelle des chercheurs (plus aucune publication scientifique digne de ce nom en langue française dans les revues françaises ou internationales), mais une espèce de bouillie à la mode anglo-saxonne vient dans tous les domaines de la vie courante corrompre notre langue et parfois s'y substituer.
Ce charabia, c'est le franglais, utilisé à tort et à travers dans nos media, dans tous ces talk, chat, et autre meeting. La télévision comme toujours a donné le la : de prime (un vocable que je ne supporte plus), en best of, guest star, trash tv, serial killer, loser, addict... les Morandini et consorts, mais aussi des critiques plus sérieux, s'en donnent à cœur joie. Les journalistes ne sont pas en reste qui nous bassinent avec des car-jacking,home-jacking, speed dating...
La dernière trouvaille de chroniqueurs ayant pignon sur lucarne est le home staging qui permet de relooker son appartement !
C'est d'autant plus inadmissible que les équivalents français existent : un architecte d'intérieur (ou simplement un décorateur) a toujours su rénover ou embellir un bien immobilier. Le cambriolage et le vol avec effraction ne sont pas non plus l'apanage du monde contemporain.
Même en informatique c'est par laxisme, suivisme, voire snobisme, que l'on consomme à longueur de colonnes du bug, chip, driver, hot line, on-line, package, mail, spam... alors que nous avons des défaut, puce, pilote, assistance, en ligne, progiciel, courriel, pourriel... bien de chez nous.. !
Certes parfois l'anglais (le vrai) décrit plus simplement et plus précisément des méthodes, des objets, des recherches... scientifiques, mais pas toujours. Faisons au moins l'effort, chaque fois que cela est encore possible, de préférer le français qui est une belle langue qui s'appauvrit.
Le franglais est le symptôme d'une double ignorance chez ses adeptes : ignorance du français certes, mais aussi méconnaissance de l'anglais.
Nos vénérables académiciens, souvent politiciens décatis, écrivaillons à la chaîne ou pisse-copies, feraient mieux de se pencher sur ce mal -plus du tout sournois- au lieu de reluquer le sexe des mots et de valider des auteures, professeures, et autre maîtresse de conférences...... sous la pression de quelques féministes qui se trompent une nouvelle fois de combat (je préfère une femme ingénieur payée comme un homme à une ingénieure payée 15% en moins !).
Plutôt que la nation - facteur de division-, défendons la langue, vecteur de culture, d'échange, de savoir. Si mon identité de
français me laisse froid (disons tiède), mon appartenance à la francophonie me rend fier.
Le snobisme a précédé la fuite, l'inculture a suivi, la faillite pointe à l'horizon de désespérance de notre vieille nation. Le français est hors circuit, il demande trop d'efforts, trop de vigilance pour ces rois du raccourci, de la facilité et du concis. Nabum, Le Post
jeu
27
mai
2010
Le pouvoir actuel en France a la main directement ou indirectement sur la plupart des media :
- directement sur l'ensemble de l'audiovisuel public : la France est le seul pays démocratique où le chef de l'Etat nomme les présidents des groupes publics,
- indirectement par sa proximité avec les oligarques : Bouygues, Dassault, Lagardère, Arnault, Bolloré… qui détiennent l'essentiel des media privés (presse, radio, télévision) :
- Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...) est le parrain du fils de Nicolas Sarkozy et était témoin à son mariage.
- Bernard Arnault qui possède les journaux La Tribune, Investir ou Radio Classique était témoin du mariage de Nicolas Sarkozy… qui était présent au mariage de sa fille
- Serge Dassault, héritier du groupe Dassault patron de la Socpresse, 1er groupe de presse français (Le Figaro…) a eu pour avocat Nicolas Sarkozy. Il expliquait il y a quelques années dans le Monde que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ».
- Arnaud Lagardère patron du premier groupe de media français qui contrôle notamment de grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match, JDD, La Provence, Nice Matin...) est un très proche de Nicolas Sarkozy qui le présente non pas comme un ami mais comme un frère !
-Vincent Bolloré, PDG du groupe Havas, de Direct 8, Direct Soir, de la SFP de l'Institut CSA, a eu l'honneur d'accueillir sur son yacht le président de la République après son élection et de mettre à sa disposition son jet privé qui en décembre 2007, le conduisit en Egypte avec Carla Bruni.
Ces cinq milliardaires figurent au classement des plus grandes fortunes du magazine Forbes.
Pour faire bon poids rajoutons que Denis Olivennes, directeur du Nouvel Obs, est l’auteur du projet Hadopi et a ses entrées à l’Elysée, que le groupe Le Monde, en grande difficulté, suscite la convoitise de Denis Olivennes et d'Arnaud Lagardère, que Le Parisien a été prié de se débarrasser de son directeur jugé trop indépendant... que le patron de Charlie Hebdo a été nommé directeur de France Inter, que les plaintes répétées et les menaces directes contre Canal Plus, jugé trop impertinent, annoncent une future mise au pas. J'en oublie certainement…
La presse étrangère en général, anglo-saxonne en particulier, ne cesse de s'étonner de cette forme de totalitarisme.
Mais nous sommes au 21ème siècle et le Français est toujours aussi frondeur. Les libelles aujourd'hui fleurissent sur le Net qui devient un refuge pour les contestataires. D'où les projets multiples en préparation.
Le dernier en date consiste à fliquer tous les blogueurs et sans doute bientôt, sous prétexte de lutter contre la pédophilie, à filtrer la toile comme en Chine ou en Iran (voir notamment Loopsi 2)...
Vous qui êtes allés au bout de ce billet, signez donc la pétition ci-dessous… vous œuvrerez pour une juste cause !
APPEL POUR LA DEFENSE DE L'ANONYMAT SUR INTERNET
jeu
20
mai
2010
SIGNEZ LA PETITION DE SOUTIEN AU JOURNAL POLITIS ATTAQUé EN DIFFAMATION PAR CLAUDE ALLEGRE
Pendant que Claude Allègre fait fortune en vendant des ouvrages de charlatans (1), les chercheurs travaillent d'arrache-pied pour évaluer l'impact sur l'environnement de l'élévation globale des températures, associée à une raréfaction des précipitations et à une augmentation du pourcentage de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
L'écotron européen, sis à Montferrier sur Lez, au sein du Pôle Agropolis de Montpellier, est la première très grande infrastructure de recherche en écologie. Son pilotage est assuré par le CEFE (université Montpellier II/CNRS).
L'écotron devrait permettre de répondre aux questions suivantes :
- Comment l'augmentation de température et de CO2 atmosphérique affectent-ils la diversité et l'activité des communautés végétales et d'organismes du sol ? Quelles en sont les conséquences sur le stockage du carbone et la disponibilité en eau ?
- Quelles sont les différences de réponses entre individus d'une même espèce? Comment les interactions entre espèces vont-elles être modifiées ?
- Dans quelle mesure le fonctionnement des écosystèmes est-il menacé par l’érosion de la biodiversité ?
A partir des prédictions des climatologues, une expérience grandeur nature est ainsi réalisée sur une prairie... auvergnate. Dans des enceintes de 35 m3, douze prélèvements de cet écosystème (végétaux et insectes) vont être soumis à des atmosphères confinées plus chaude, plus sèches et plus riches en CO2, pendant plusieurs années. Des relevés quotidiens permettront de suivre au plus près l'évolution des échantillons.
D’après le CNRS, jamais le confinement d'écosystème n'aura été réalisé avec une telle précision.
Il faut noter qu'en parallèle, à Sète, la plate-forme Medimeer (université Montpellier II/CNRS/IFREMER), permet d'étudier les effets des changements locaux et globaux liés à l'anthropisation sur les écosystèmes lagunaires et marins côtier.
Montpellier, qui vient d’être retenu pour piloter un pôle de compétitivité EAU (2), est une plaque tournante de l'écologie scientifique. C'est donc tout naturellement que se tiendra dans cette ville, du 2 au 4 septembre, un grand colloque national : Ecologie 2010.
(1) : les lecteurs assidus de ce blog (il y en a !) vont dire que je fais une fixation sur l'ancien ministre ! Ils n'ont pas tout à fait tort. Pourquoi ?
Parce que le comportement de Claude Allègre et son impact sur la communauté scientifique est pratiquement sans précédent dans l'histoire des sciences. Certes les charlatans et les scientifiques dévoyés, jalonnent cette histoire, mais jamais un chercheur de ce niveau n'avait réussi à déstabiliser à ce point une partie de sa communauté, en s'appuyant sur les media par l'intermédiaire de livres de vulgarisation présentant des résultats tronqués, truqués, détournés (j'exclus bien sûr la période stalinienne).
Maladroitement cette communauté a crû bon de faire appel aux politiques pour trancher ce débat. Evidemment les gouvernants ont joué les Ponce Pilate.
Les chercheurs sont généralement de piètres communicants ; l'affaire Allègre vient de prouver que de bons articles dans des revues prestigieuses, sont de peu de poids face à un reportage dans Match ou à un passage chez Ardisson ou Denisot. Le CNRS et les universités vont devoir recruter des bimbos comme attaché de presse !
A lire l'ouvrage L'IMPOSTEUR C'EST LUI, de Sylvestre HUET chez Stock
(2) : le pôle "Eau" associe les laboratoires spécialisés de l’université Montpellier 2 et un réseau de 72 entreprises régionales travaillant sur le cycle de l’eau (production, irrigation, épuration…). Chercheurs et entrepreneurs sont réunis au sein de VERSeau développement, un cluster qui associe également les collectivités territoriales.
lun
17
mai
2010
Il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain.
Parlez-moi d'humour !
Redite moi des choses drôles ! Je ne suis pas las de les entendre...
On peut tout dire avec humour, aborder tous les sujets : la mort, l'amour... et même le nazisme (Chaplin, Le Dictateur) ou les camps de concentration (Benigni, La vie est belle).
« Le rire est la politesse du désespoir. Si le rire sacrilège et blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, si ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui on peut rire de tout, on doit rire de tout : de la guerre, de la misère et de la mort ! D’ailleurs est ce qu’elle se gêne la mort, elle, pour se rire de nous ? »
Je me méfie des hommes sans humour.
Les dictateurs sont sinistres (ou alors involontairement comiques). Les comiques sont bannis des régimes totalitaires.
Car le Rire est subversif, parfois révolutionnaire. L'anthologie de l'humour noir d'André Breton a été censurée par le régime de Vichy.
Vivre en se prenant au sérieux, c'est un signe de bêtise.
Pourquoi, en vieillissant, certains hommes perdent-ils le sens de l'humour ? Parce que la mort... ce n’est pas de la rigolade ? Pourtant fin de vie... rime avec
trêve de plaisanterie ou fin de partie ?
Pourquoi dit-on que les femmes ont moins d'humour que les hommes alors que tant de femmes sont séduites par des hommes plein d'humour ?
La vie est absurde, cocasse, tragique... les meilleurs humoristes sont ceux qui se gaussent de cette absurdité.
Sans doute pour ça que je suis si fan de Woody Allen...
Le décalage entre le sérieux du quotidien et l'absurdité de l'existence a une force comique incomparable, qui aussi nous apaise, nous rassure...
L'homme souffre si profondément qu'il a dû inventer le rire.
Friedrich Nietzsche
Le rire n'est jamais gratuit : l'homme donne à pleurer mais prête à rire
Pierre Desproges
Savoir illustrer ce décalage, par le détournement des mots, des gestes, des situations.. c'est la principale clé du ressort comique.
On dit toujours : lent comme un escargot ! C'est bête! L'escargot ne marche-t-il pas ventre à terre?
Alphonse Allais
J'admire les funambules des mots, ceux qui jonglent avec la syntaxe et illuminent les verbes...
Parmi eux, Raymond Devos est immense.
Il nous parle de tout, de rien, à tout propos, et hors de propos, comme certains politiciens... mais lui joue carte sur table...
Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n´ont rien à dire et qui le garde pour eux ? Eh bien non ! Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache !
… contrairement à ce qu'il dit :
Quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ?
Mais Devos sait que quand on parle à tort et à travers, il faut faire court. Il invente la chanson la plus courte de l'histoire :
Se coucher tard... Nuit !
En deux phrases et peu de mots, Devos sait aussi résumer toute une vie :
Ma femme et moi, quand on s'est connu, on était tellement timides tous les deux, qu'on n'osait pas se regarder ! Maintenant, on ne peut plus se voir !
Alors on va voir ailleurs et ça nous met sans dessus dessous :
La femme du dessous est tombée
amoureuse de celui du dessus...
Alors là dessus...quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous qu'il avait vu sa femme bras dessus, bras
dessous avec celui du dessus ?
Toujours est-il que celui du dessous l'a su !
Et un jour que la femme du dessous était allée rejoindre celui du dessus, comme elle retirait ses dessous, et lui ses dessus...
Je l'ai su parce que d'en dessous, on entend tout ce qui se passe au dessus...
Bref ! Celui du dessous leur est tombé dessus !
Comme ils étaient tous les deux saouls, ils se sont tapés dessus ! Finalement, c'est celui du dessous qui a eu le dessus !
Dans cette vie, tout le monde court... Mais après qui, après quoi ?
"Dites-moi... pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?",
Il me dit : "Parce qu'ils le sont !"
Il me dit : "Vous êtes dans une ville de fous ici...vous n'êtes pas au courant.",
Je lui dis :"Si, Si, des bruits ont couru !",
Il me dit : "Ils courent toujours !",
Je lui dis :"Qu'est-ce qui fait courir tous ces fous ?",
Il me dit : "Tout ! tout !
Il y en a qui courent au plus pressé. D'autres qui courent après les honneurs... Celui-ci court pour la gloire... Celui-là court à sa perte !"
Devos dit, comme le Christ : heureux les simples d'esprit. Il y a des imbéciles heureux, eux seuls sont lucides :
Dernièrement,
j'ai rencontré un monsieur
qui se vantait d'être un imbécile.
Il disait :
"Je suis un imbécile ! "
Je lui ai dit :
"Monsieur ... c'est vite dit ! "
Tout le monde peut dire :
"Je suis un imbécile !"
Il faut le prouver !
Il m'a dit :
"Je peux ! "
Il m'a apporté les preuves de son imbécillité avec tellement d'intelligence et de
subtilité
que je me demande s'il ne m'a pas pris
pour un imbécile !
On sait bien qu'entre le fou (loufoque) et le génie il y a peu de différence :
Mon médecin : "Vous avez un chromosome en plus...",
Je lui dis : "C'est à dire ?"
Il me dit : "Que vous avez une case en moins !"
Qui suis-je en effet ?
Qui est l'homme, qui est le chien ?
Moi, la première fois que j'ai entendu mon chien parler,
j'aime mieux vous dire que j'ai été surpris ! C'était un soir, après dîner.
J'étais allongé sur le tapis, je somnolais... Je n'étais pas de très bon poil !
Mon chien était dans mon fauteuil, il regardait la télévision...
Il n'était pas dans son assiette non plus !
Je le sentais ! J'ai un flair terrible...
C'est souvent la bêtise des hommes qui crée le doute sur
l'identité :
« Pour
l’instant, je suis un savant allemand, mais si je viens à devenir une bête noire, je serai un juif suisse »
disait Einstein... un génie qui n'était pas fou…
Il présentait parfois sa théorie de la relativité ainsi :
« Si la relativité se révèle juste, les Allemands diront que je suis Allemand, les Suisses que je suis citoyen Suisse, et les Français que je suis un grand homme de science.
Si la relativité se révèle fausse les Français diront que je suis Suisse, les Suisses que je suis Allemand et les Allemands que je suis juif. »
Comment je vois le monde
Mais non Albert, depuis 1968, “nous sommes tous des juifs allemands”... (ou bien des musulmans français) ! Il n'y a que les Besson, Sarko et autres Le Pen pour ne pas s'en souvenir !
Albert, encore un sacré comique (sauf quand il écrit à Roosevelt) et pas seulement quand il tire la langue !
Ne disait-il pas :
« Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang aux sons d’une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu’une moelle épinière le satisfait. »
Mieux vaut en rire en effet !
« L’ironiste humorisant [...] fait semblant de nous mystifier, car il simule la simulation »
Vladimir Jankélévitch, L'ironie
« J'ai le pied gauche qui est jaloux du pied droit. Quand j'avance le pied droit, le pied gauche, qui ne veut pas rester en arrière… passe devant… le pied droit en fait autant… et moi… comme un imbécile… je marche. »
lun
03
mai
2010
Je me souviens des débats très vifs qui m'opposaient -au sein de l'association municipale que j'animais- aux responsables locaux du PS à propos du Traité Constitutionnel Européen.
"L'Europe a apporté paix et prospérité, il faut donc encore et toujours plus d'Europe, plus d'intégration, plus de pays dans l'Europe..." disaient-ils...
Tout juste si certains n'assimilaient pas les tenants du NON à ce Traité, aux Pasqua, De Villiers... et autres nationalistes bornés !
Aujourd'hui réalisent-ils l'étendue de leur aveuglement ? Peut-être, puisque même Jacques Delors esquisse un timide mea culpa !
Comment des hommes de gauche ont-ils pu soutenir un projet aussi fou, aussi peu progressiste, qu'une constitution qui instaurait cette Europe des marchands, strictement calquée sur le modèle économique américain avec, par exemple, la fin programmée des services publics et la marchandisation annoncée de l'espace éducatif et culturel.
Si du moins cette Europe du fric avait pu adoucir la brutalité de la crise financière. Las, ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne... montre que c'est l'inverse qui se produit.
Dans la logique du libéralisme, la potion qui est administrée à la Grèce touche de plein fouet les plus vulnérables : les 110 milliards d'euros d'aide prévues vont sauver les banques et restaurer les capacités d'emprunt de l'Etat grec ; ils seront payés par tous les actifs et les retraités.
Au passage, il est intéressant de noter que parmi les conditions imposées par la commission, figure la privatisation des transports et de l'énergie... Nul doute que les banques européennes et américaines vont fondre sur une proie aussi vulnérable... pour le plus grand bien des Grecs bien entendu !
Où est la différence avec les méthodes employées par le FMI en Amérique du sud et en Afrique, qui n'ont fait qu'accentuer le fossé entre riches et miséreux et engraisser les rentiers aux dépends des plus pauvres ?
L'argent n'a pas d'odeur, il a la saveur amère de la sueur de la plèbe et le charme discret des palaces de Davos. Il n'a pas de patrie, pas de frontières... les murs, les barrières, les barbelés... c'est pour les pauvres !
ven
30
avr
2010
« Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre? L'idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment pouvez-vous les acheter ?
… Chaque partie de la terre est sacrée pour mon peuple, chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque insecte bourdonnant est clair et sacré dans la mémoire et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte la mémoire et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge…
Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement l'eau mais le sang de nos ancêtres. Le murmure des eaux est la voix du père de mon père…
Il n'y a pas lieu calme dans les villes de l'homme blanc. Pas de place pour entendre le déferlement des feuilles au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte. Et qu'y a-t-il à la vie, si un homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit…
L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle - la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle…
Quel est l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Pour tout ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent… »
Chef Seattle
1854
lun
26
avr
2010
Après une semaine de détente à la pointe du bassin d'Arcachon et dans le bordelais (que ma région natale est belle !) retour brutal sur l'actualité et ces polémiques sur le fameux voile intégral (niqab) qui m'irritent au plus haut point.
Tout d'abord qu'un esclavagiste barbu et une fantômette sinistre (un corbeau disent certains) fassent la une de tous les media est très suspect... où plutôt révélateur de la complicité de fait entre les extrémistes "musulmans" et le pouvoir actuel. Regardons de plus près ce pas de deux, gagnant-gagnant :
- acte 1, la provocation : un fait divers permet à ces illuminés de se pavaner dans les media (très complaisants),
- acte 2, la réaction du pouvoir : les ministres Hortefeux, Besson, Estrosi (les durs)... montent au créneau pour faire réagir les masses (nous, les excellents français),
- acte 3, la surenchère des fondamentalistes, dont le but est exactement le même,
- acte 4, la stigmatisation : tous les musulmans sont des extrémistes, des étrangers qui viennent manger le pain des français...
Au baisser de rideau de cette tragi-comédie, qui est gagnant ?
- les fondamentalistes qui se posent en victimes vis à vis de leurs coreligionnaires, renforçant ainsi leur popularité vis à vis des jeunes et encourageant les vocations de futurs martyrs,
- l'extrême-droite dont les thèses se trouvent confortées auprès des français en difficulté (le déficit de la sécu, le chômage, l'insécurité… c'est l'arabe),
- le pouvoir (du moins dans un premier temps), c'est la technique du bouc-émissaire (accessoirement on espère chez Sarko piquer des voix aux Le Pen, le résultat des régionales montre pourtant le contraire).
Qui est perdant ?
- l'immense majorité des musulmans de France dont la voix devient inaudible,
- notre pays qui se divise et perd son énergie dans de vaines querelles, puisque tout le monde sait que tous les Sarkozy de France et de Navarre ne pourront chasser de France les millions de musulmans qui y vivent.
La solution est bien entendu au contraire dans l'intégration, ce qui n’est pas simple et demandera beaucoup de temps.
Pour cela il faut encourager par tous les moyens l'émergence d'un islam européen qui intègre la notion de laïcité et renonce explicitement à la charia (la loi islamique). C'est une révolution pour l'islam puisque le Coran et la tradition ne séparent pas le temporel du spirituel.
En Europe, certains imans se sont exprimés dans ce sens au cours des années 90. On ne les entend plus car, justement, tout l'espace médiatique est monopolisé par les radicaux avec qui le pouvoir est si complaisant. Les plus courageux d’entre-eux font même état de menaces, de violences... qui apparemment laissent la police de marbre.
Le voile intégral, la polygamie (combien de polygames en France… même en Afrique du Nord la polygamie disparait !) ne sont que des épiphénomènes que nos lois actuelles permettent de régler. Interdire l'accès de tous les services publics (écoles, hôpitaux compris) à des personnes non identifiables, peut être décrété en invoquant la sécurité ; le cumul indu de prestations sociales et la fraude fiscale sont des délits punis par la loi (mais combien représentent ces détournements d'argent public par rapport aux milliards des "exilés" fiscaux... chanteurs, entrepreneurs, sportifs ?).
Nous sommes plus que jamais dans le gouvernement -souvent irresponsable- de la parole quand l’action est urgente.
Croassez, croassez, il en restera toujours quelque chose !
jeu
15
avr
2010
Une dépêche de l'AFP, datée du 15 avril indique notamment :
L'Afrique subsaharienne est une des parties du monde les "plus religieuses", où le nombre de musulmans comme de chrétiens, s'est multiplié par plus de 20 au cours du siècle dernier, selon une étude du centre d'études américain Pew Research Center publiée jeudi.
Selon cette vaste enquête qui a interrogé 25.000 Africains dans 60 langues et 19 pays entre décembre 2008 et avril 2009, le nombre de musulmans en Afrique subsaharienne est passé de 11 millions en 1900 à 234 millions en 2010. Les chrétiens ont progressé encore plus rapidement passant de 7 millions à 470 millions.
Désormais, un chrétien sur cinq dans le monde et un musulman sur sept vivent en Afrique subsaharienne. Sur le continent africain tout entier "les deux religions s'équilibrent", note le rapport alors qu'on compte de 400 à 500 millions de chrétiens comme de musulmans. AFP
J'en conclus que missionnaires et imans ont bien fait leur boulot et que l'archaïque animisme des populations locales a fait place à des croyances plus modernes et plus respectables... du moins pour nous occidentaux.
Civilisation et progression des religions révélées allant de pair, il va de soi que le sort des populations en question aurait dû s'améliorer en conséquence.
Que nenni ! Alors que les bilans sanitaire, alimentaire, sécuritaire... de continents où les mécréants prospèrent s'améliorent, l'Afrique régresse ou, au mieux, stagne !
Quelques chiffres:
- SANTE
Selon les données globalement concordantes de l’ONU, de l’OMS et de l’Unicef, l’Afrique sub-saharienne comparée à toutes les autres régions du monde occupe le bas du classement dans le domaine de la santé. Détentrice du record de mortalité infantile et infanto-juvénile, l’espérance de vie n’y atteint pas 50 ans contre près de 78 ans pour les pays industrialisés.
L’Afrique supporte à elle seule plus de la moitié de la morbidité infectieuse et parasitaire des territoires tropicaux. Moins de 20 ans après son apparition, l’infection à VIH/sida est devenue la première cause de mortalité en Afrique subsaharienne (2 millions de morts par an en Afrique). Les traitements disponibles sont encore trop chers et la plupart du temps, cantonnés dans les capitales ou les très grandes villes...
- ALIMENTATION
Formée de 49 pays et peuplée d'environ 718 millions d'habitants (début XXIe siècle), l'Afrique subsaharienne est l’une des régions les plus pauvres au monde, et les plus sous alimentée...
L’analyse de la situation alimentaire en Afrique sub-saharienne montre un écart croissant entre les besoins de consommation et de nutrition et les disponibilités alimentaires au niveau global des pays. La faiblesse des gains de productivité dans la production alimentaire et des capacités réduite d’importation, constituent les contraintes majeures à la réalisation de la sécurité alimentaire dans la région. Wikipedia
L'actualité : une dépêche du 18 mars 2010 indique que "Plus de 10 millions de personnes sont menacées par une crise alimentaire en Afrique", selon l’ONG Oxfam International.
Cerise sur le gâteau : le développement des biocarburants (voir le blog). Un rapport récent de la FAO dit ceci :
« Jusqu'à 100 millions de personnes supplémentaires pourraient être victimes de la faim si l'Europe s'engage à augmenter fortement sa consommation de biocarburants afin de répondre à la nouvelle législation de l'Union européenne »
La législation en question date d'un accord passé en 2008 entre les États de l'UE et dont l'objectif est de combler 10 pour cent de leurs besoins en carburants pour les transports en ayant recours à des sources renouvelables, dont les biocarburants, l'hydrogène et l'électricité verte, d'ici à 2020.
Selon un scénario prenant en compte un développement planifié et prévisible des biocarburants dans certains pays, l'International Food Policy Research Institute (IFPRI), dont le siège se trouve aux États-Unis, a prévu que les prix du maïs augmentent de plus de 20 pour cent d'ici à 2020 et de plus de 71 pour cent dans une hypothèse de développement draconien.
ActionAid a remarqué que « si tout les objectifs en matière de biocarburants sont atteints, il est estimé que les prix des aliments pourraient augmenter de jusqu'à 76 pour cent d'ici à 2020 ». L'ONG indique qu'elle avait découvert que les entreprises de l'UE avaient déjà acheté, ou étaient en négociations pour acheter au moins cinq millions d'hectares dans des pays en développement, ce qui pourrait menacer l'approvisionnement en nourriture de populations parmi les plus vulnérables.
Selon la FAO, une personne sur six dans le monde a faim, la crise de 2008 ayant fait glisser 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et l'insécurité alimentaire.
- SECURITE
L'Afrique détient tous les records d'insécurité:
Le continent africain est déchiré depuis 40 ans par des conflits inter-étatiques, intra-étatiques, ethniques, religieux, économiques. Sur les 75 à 80 conflits recensés depuis 1945, on dénombre une quarantaine de guerres civiles, dont certaines très longues. Pas moins de 26 conflits armés ont éclaté en Afrique entre 1963 et 1998, affectant 474 millions de personnes, soit 61 pour cent de la population du continent. Au niveau sous-régional, 79 pour cent de la population ont été touchés en Afrique orientale, 73 pour cent en Afrique centrale, 64 pour cent en Afrique occidentale, 51 pour cent en Afrique du Nord et 29 pour cent en Afrique australe. La Documentation française
Actuellement, parmi une kyrielle de conflits, on peut citer la guerre au Darfour, les affrontements en Cote d'Ivoire, au Sénégal, le terrorisme au Mali, au Niger...
Et pourtant de multiples ONG, dont un groupe Interreligieux, œuvrent pour la paix en Afrique !
Dans une mise au point Eric G. BERMAN et Katie E. SAMS (Forum du désarmement) écrivaient en 2000 :
La « renaissance africaine », largement saluée quand a pris fin l'apartheid et que, vers le milieu des années 90, se sont produits sur tout le continent des changements prometteurs, est de plus en plus remise en question. Face aux problèmes socio-économiques qui se posent un peu partout en Afrique, beaucoup se demandent aujourd’hui si cet optimisme était bien de mise. L’évolution récente donne plutôt à penser qu'il y a lieu de faire preuve d'un certain pessimisme. A