Translation

Free Translation

Le BLOG

jeu

19

aoû

2010

Car tel est notre bon plaisir…

 

La dernière foucade de l'ogre de Montpellier, qui installe sur la place centrale du nouveau quartier Odysseum de la capitale du Languedoc des statues monumentales de quelques "grands hommes du XXème siècle", dont Mao et Lénine, me donne du grain à moudre quant à l'état déliquescent de notre démocratie. 

 

La façon dont G. Frêche, qui fait son dernier tour de piste, peut se moquer impunément de ses concitoyens, de ses électeurs, des courtisans qui guettent ses aumônes et lorgnent sur la succession, en imposant un Panthéon de bronze  plus que contestable, est révélatrice du pouvoir absolu que confère notre pseudo démocratie aux dirigeants de nos collectivités, municipales, territoriales ou nationales.

 

Le moins que l'on puisse dire est que le président de la Région Languedoc-Roussillon honnit la démocratie, ne dissimule pas le plus profond mépris pour ses concitoyens et les hommes qui l'entourent... mais a pour lui-même une grande admiration. Nul besoin d’être psy pour remarquer qu’il présente tous les aspects d'une personnalité paranoïaque et mégalomaniaque.

 

On sait hélas depuis ce sinistre 20ème siècle qu’il veut honorer, que paranoïa et mégalomanie peuvent conduire à l'extermination de millions de personnes pour peu que des mégalos/paranos trouvent le soutien de quelques cerveaux égarés, l'appui d'hommes de main ambitieux et une conjoncture favorable.

 

Quelques personnalités à l’ego démesuré et aux scrupules légers, président ainsi aux destinées de nos communes, de nos Régions, de notre Etat. Certains feraient peut-être de bons fachos si l'occasion se présentait.  Des chefs dont l'autorité ne saurait être remise en question et qui ne tolèrent aucun contre-pouvoir.

 

Ces contre-pouvoirs, pourtant, existent en théorie dans notre démocratie : à tous les échelons nous avons des assemblées censées contrôler l'exécutif, ainsi que des juges et des tribunaux.

 

En théorie seulement car il s'avère que ces assemblées sont d'une docilité remarquable,
que juges et tribunaux ne s'opposent que rarement au Prince ou -comme l'affaire Bettencourt le démontre éloquemment-sont  mis hors d'état d'exercer leurs investigations.

 

La séparation des pouvoirs en France n'est plus qu'une illusion et le Président de la République, qui décide de tout à tout propos et se moque de notre Constitution, a donné le signal à tous les roitelets de France et de Navarre : faites donc selon votre bon plaisir.

 

Il ne reste aujourd'hui que quelques organes de presse pour dénoncer les turpitudes et les extravagances de ces Napoléon au petit pied dont le Waterloo tarde à venir.

 

Pour moi l'urgence des urgences est donc de revoir de fond en comble notre Constitution, voire d'en réécrire une autre. Le fantôme d'une VIème République revient dans l'actualité ces jours-ci, cette fois agité par Europe-Ecologie qui s'apprête à investir la juge Eva JOLY pour la présidentielle 2012. Le PC et certains au PS et au centre l'appellent aussi de leurs vœux.

 

J'espère qu'un projet qui proposerait de  restaurer la prééminence du pouvoir législatif, qui interdirait tout cumul des mandats et les limiterait dans le temps, viendra devant les électeurs. Dans ce cas il aura mes suffrages.

 

Surestimation délirante de ses capacités personnelles. La mégalomanie peut s'exprimer sur les plans physiques, sociaux, intellectuels, etc... Le sujet mégalomane peut se croire investi d'une mission divine, vouloir devenir roi...
Symptôme d'une hypertrophie du Moi selon les psychanalystes, la mégalomanie peut conduire le sujet au délire si elle ne se traduit pas par des ambitions vouées d'office à l'échec en raison de capacités réelles insuffisantes.
plus d'infos

dim

15

aoû

2010

VOYOU ? C'est un peu court jeune homme !

 

JF Kahn dans Marianne qualifie notre président de voyou… Je dirai comme Cyrano de Bergerac :


"Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire... Oh! Dieu!... bien des choses en somme."

 

Dans le Journal du Voleur, Jean Genet écrivait par exemple :

 

"Ma joie serait grande de le pouvoir nommer fripon, fripouille, canaille, crapule, voyou, filou, jolis noms chargés d'évoquer ce que par dérision vous appelez …"

 

Bien sûr il ne parlait pas de Sarko lui, mais de ce qu'il appelait le joli monde...


Quant  au Littré il propose : affranchi, aigrefin, arsouille, bandit, canaille, chenapan, crapule, fourbe, fripouille, galapiat, galopin, garnement, gouape, gredin,  sacripant, truand, vaurien, vulgaire, … parmi un bel assortiment de qualificatifs qui peuvent agrémenter le terme imprécis de voyou.

 

Le filou de Genet peut -encore selon Littré- renvoyer aussi à : 

  aigrefin, arnaqueur, bandit,     coquin, crapule, escroc, estampeur, faisan,  flibustier, fripon, fripouille, malfaiteur, maraudeur...

 

Je pensais aussi à malotru qui, toujours selon le Littré, a des synonymes sympathiques : butor, goujat, grossier, impoli, malappris, mal élevé, mufle, ostrogoth, pignouf, rustre, ...

 

Selon ses convictions chacun fera son marché ! 

 

 

 

 

plus d'infos

lun

09

aoû

2010

ALBI AU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO

 

La ville d'Albi est chère au cœur des hommes du sud-ouest. Sa cathédrale Sainte-Cécile, forteresse de briques dont le chœur et le jubé, ornés de dentelle de pierres, sont exceptionnels, abrite aussi de multiples trésors picturaux de l'école italienne. Elle porte l'histoire de la croisade des albigeois et de la liquidation de l'hérétisme cathare.

Raimond-Roger Trencavel, vicomte d'Albi, et son oncle Raymond VI, comte de Toulouse, jugés trop tolérants avec les hérétiques, furent excommuniés et les évêques d'Albi, seigneurs du Palais de la Berbie, étalaient dès le XIIIème siècle la toute puissance de Rome face aux manants et aux bourgeois tentés par la réforme.

 

Alors que Castres au sud bascula plus tard dans le camp des protestants, Albi fut toujours fidèle au Vatican, son évêque d'alors, Laurent Strozzi, était un cousin de Catherine de Médicis.

 

La collégiale Saint-Salvi dotée d'un remarquable cloître du XIIème siècle, est un autre joyau de la ville rouge dont le vieux centre  et ses magnifiques maisons à encorbellement et colombages témoignent de la prospérité passée.

 

Car Albi et sa région furent un pays de cocagne. Cette prospérité qui marqua la renaissance est liée à la culture du pastel. L'expression célèbre de "Pays de Cocagne" est liée aux "coques", étape ultime de traitement de la plante, le pastel Isatis tinctoria.

 

Le rouge de la brique, le bleu pastel, l'infini diversité des couleurs champêtres de l'albigeois, le ciel changeant sous les rafales du vent d'autan ont sans doute joué un rôle dans la vocation de Toulouse-Lautrec. Le musée d'Albi,  installé au cœur du Palais de la Berbie,  présente un vaste échantillonnage de la production du peintre. A ne manquer sous aucun prétexte !

 

Au pied des remparts une promenade au bord du Tarn, de Pont-Vieux en Pont-Neuf, finiront par vous convaincre qu'ALBI n'a pas usurpé son inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO. 

 

La vidéo ci-dessous a été enregistrée les 3 et 4 août 2010 à Albi

plus d'infos

sam

31

jui

2010

TRISTE BILAN POUR UN TRISTE SIRE

 

N. SARKOZY, son gouvernement, l'UMP, tentent par tous les moyens de sauver Eric WOERTH  en empêchant la désignation d'un juge d'instruction qui ne manquerait pas de demander la mise en examen de l'ancien ministre du budget, mouillé jusqu'aux oreilles dans l'affaire BETTENCOURT.

  Il apparaît à l'évidence à tous les observateurs français et étrangers un tant soit peu objectifs (il faut être le directeur du Figaro pour oser -contre l'avis de sa rédaction- écrire le contraire !) que ce ministre a profité de ses fonctions pour pomper un maximum de fric à la veuve BETTENCOURT, acceptant en contrepartie de fermer les yeux sur une fraude fiscale gigantesque et de décorer, au nom de la République, le gestionnaire de fortune de la patronne de L'Oréal... auprès duquel il avait casé sa femme.

 

Pourquoi tant d'acharnement et tant de risques pour préserver un ministre ? Tout simplement parceque si ce fusible saute, c'est le président de la République qui vient en première ligne dans une affaire de financement occulte de sa campagne présidentielle... dont E. WOERTH était le trésorier ! Watergate est à côté une plaisanterie. Dans un état démocratique, le chef de l'état aurait depuis longtemps rejoint la Roche Tarpéienne !

 

Pour faire diversion, N. SARKOZY réenfourche avec précipitation son dada sécuritaire. Délaissant le karcher il s'essaie au bazooka pour menacer étrangers, nationaux basanés et Roms...(*), espérant que les braves Français de souche, quittant bérets, posant baguettes, oubliant la famille Le Pen, se précipiteront en chantant : Sarkozy nous voila !

 

 En brandissant des armes lourdes virtuelles, notre roi de la gesticulation est-il crédible ? 

 

Depuis les menaces viriles de 2002, les malfrats -de banlieue ou d'ailleurs- loin de se terrer, affichent au contraire une santé insolente. Ils attaquent des fourgons blindés au lance-roquettes, ils transforment les arrière-salles de café en arsenaux. Bien pire, ils effraient les brigades de police les plus entrainées qui se reconvertissent dans la police de la route !  La peur a bien changé de camp : elle est du côté des forces de l’ordre !

 

Dans les quartiers sensibles, ces caïds sont adulés par les gamins et la police se garde bien d'y intervenir de peur de provoquer des émeutes. Pendant que les ados organisent des concours de pyrolyse de véhicules divers ou arrachent le sac et le portable de braves mères de famille, les cadors rackettent impunément les petits commerçants berbères  ou stockent par centaine de kilos, cocaïne et herbes aromatiques.

 

Gageons que le bazooka version SARKOZY ne suffira pas... Rassurons-nous, pour sa future campagne présidentielle, les chars d'assaut sont déjà prêts !

 

Triste bilan pour un triste sire qui va laisser notre République dans un triste état !

 

(*) ... Les Roms... mais c'est bien sûr ! Quand j'avais cinq ou six ans, il me souvient que ma mère était terrorisée par les romanichels qui campaient à deux pas de chez nous. C'était déjà un épouvantail bien utile !

plus d'infos

mar

20

jui

2010

Nécrose du capitalisme français : une analyse de Laurent Mauduit

 

Voici la conclusion d'une remarquable analyse de l'ancien journaliste du Monde, parue aujourd'hui sur le site de Mediapart :

 

"Mandataire des plus grandes fortunes françaises, Nicolas Sarkozy installe au sein du capitalisme français quelques grands oligarques dévoués à sa cause, alors même que les règles de l'Etat de droit ne le permettent pas. L'affaire Pérol en est l'illustration la plus connue. Au mépris des règles encadrant le pantouflage, le chef de l'Etat a installé en 2008 à la tête des Caisses d'épargne et des Banques populaires son plus proche collaborateur pour les questions économiques, François Pérol, désormais visé par une cascade de plaintes pour prise illégale d'intérêt, qui ont débouché sur l'ouverture d'une information judiciaire.

Le 1er septembre, François Pérol prendra donc le plus naturellement du monde la présidence de la Fédération bancaire française (FBF), la fédération qui regroupe la profession. Quand il était secrétaire général adjoint de l'Elysée, François Pérol avait veillé, au plus fort de la crise financière, à ce que les banques ne soient pas sanctionnées pour leurs dérives; aujourd'hui, ces mêmes banques font le carré autour de lui.

Jusqu'à ces dernières semaines, une thèse avait les faveurs de la plupart des observateurs: la photo de famille, celle du Fouquet's, dit bien ce qu'il faut penser du système. Il n'englobe que certains grands groupes, ceux des PDG-propriétaires. Ce capitalisme-là, c'est donc un capitalisme familial, celui de Martin Bouygues ou de son meilleur ennemi Vincent Bolloré, celui d'Albert Frère ou d'Alain Minc.

On a ainsi pu penser que le capitalisme français était en fait une sorte de mille-feuilles, avec une première couche composée par des PME, très éloignées des réseaux parisiens; puis une deuxième couche, celle du capitalisme du Fouquet's; et puis une troisième couche, celle des mastodontes tournés vers l'étranger, indifférents aux petites affaires intérieures. Et évidemment, il était tentant de classer L'Oréal dans cette catégorie. Une firme tellement internationalisée qu'elle ne prête pas la moindre attention à ce qui se passe à l'Elysée, n'est-ce pas?

Et pourtant, non ! Le système économique français a fait la démonstration qu'il constituait une variété résistante de capitalisme, une variété qui ne s'est pas dissoute dans la mondialisation. C'est même encore plus inquiétant que cela: l'affaire Bettencourt-Woerth force à revoir la classification du capitalisme français en strates distinctes.

Somme toute, pour des raisons qui tiennent à son histoire et notamment à la persistance de la tradition bonapartiste ou néo-bonapartiste, la France a souvent disposé d'une démocratie à part dans le concert des grandes nations, une démocratie anémiée, méprisant tous les systèmes de contre-pouvoirs. Et du même coup, le capitalisme français a lui aussi été modelé par cette culture et ce legs.

A une démocratie malade correspond donc un capitalisme nécrosé. L'affaire Bettencourt-Woerth en est l'illustration la plus récente et la plus criante. Ce n'est que le dernier remugle d'une ancienne tradition très française, celle qu'illustrait la célèbre boutade proférée par Benjamin Constant, pour justifier son ralliement à l'Empire: «Servons la cause! Et servons-nous...»

Laurent MAUDUIT, La nécrose avancée du capitalisme français

plus d'infos

sam

17

jui

2010

Mende, Tour de France 2010

YouTube-Video
plus d'infos

lun

12

jui

2010

Le monarque va s'adresser au bon peuple dans son étrange lucarne !

 

Le président va s'expliquer, sur une chaîne de télévision dont il nomme les dirigeants, à propos d'une affaire dont le magistrat enquêteur (un procureur proche), dépend de son ministre de la justice. Il évoquera la déclaration de l'Inspection des Finances (*)-rattachée à Bercy(ministère des finances)- qui blanchit sur un point l'ancien ministre du budget.
Les journaux et hebdos nationaux, presque tous sous le contrôle de ses amis, applaudiront à tout rompre la prestation du chef de l'état.


Monarque, pouvoir absolu, courtisans... rédigeons vite les cahiers de doléances !

 

( L'association Transparence Internationale a mis en doute l'objectivité de ce rapport. "L'IGF opère sous l'autorité directe de Bercy, elle ne dispose d'aucun des attributs d'une autorité d'enquête indépendante", a estimé son président Daniel.)

plus d'infos

ven

02

jui

2010

Maladies neurodégénératives : témoignage d'un proche et avancées thérapeutiques

 

PIERRE "MATHIAS" JAQUIER NOUS A QUITTE LE 31 AOUT 2010 (*)

 

Pierre Jaquier est un luthier d'exception. Facteur de violes de gambe, il a réalisé les magnifiques instruments du film d'Alain Corneau, Tous les matins du monde. Chacun de ses instruments est unique, et les têtes sculptées de ses violes sont de véritables œuvres d'art. 

A l'instar de grands interprètes du monde entier, j'ai eu le privilège de visiter l'atelier de Mathias (son prénom d'artiste) -ami de ma belle-famille- dans un petit village du Luberon et de m'émerveiller devant le minutieux travail du maitre.

 

Atteint d'une Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA, maladie de Charcot) foudroyante, Mathias est aujourd'hui dans un fauteuil roulant, il a perdu l'usage de ses mains.

Ses facultés intellectuelles restent intactes. Vous pourrez lire ICI son bouleversant témoignage.

 

Le SLA est une maladie neurodégénérative peu courante, contrairement à la maladie d'Alzheimer par exemple. C'est une maladie du motoneurone : maladies liées notamment  à une anomalie de la jonction de la fibre musculaire avec son nerf moteur.

L’atteinte des neurones moteurs de la moelle épinière provoque une diminution de la force musculaire dans un premier temps, puis une paralysie. Les membres supérieurs sont touchés en premier puis les muscles du tronc (respiratoires) enfin les membres inférieurs.

Il n’existe pas de déficit sensitif.

 

La cause des lésions est inconnue. On sait qu’il existe une notion d’hérédité (5 à 8% des cas) et une prédominance chez l’homme.  

 

Les élément- traces métalliques -ETM- (terminologie plus adaptée que métaux lourds) sont mis en cause par plusieurs chercheurs comme un des facteurs environnementaux suspectés d'accélérer le déclenchement de la maladie. Cependant aucune étude sérieuse ne le démontre.

Le pronostic est sombre : on peut seulement ralentir l'évolution du processus par l'utilisation conjointe du Riluzole(Sanofi-Aventis) et de la Vitamine E.

 

POUR EN SAVOIR PLUS : VISITEZ LE SITE DE L'ASSOCIATION ARSLA QUI A PUBLIE LE TEMOIGNAGE DE MATHIAS

 

Cependant les chercheurs n'ont pas baissé les bras et comme pour toutes les maladies neurodégénératives, les travaux  se multiplient selon plusieurs axes.

 

Ainsi dans la littérature j'ai relevé plusieurs pistes intéressantes :

 

- pour la détection précoce : découverte d'un gène lié à la SLA (Université de Laval, Québec)

 

- pour les essais thérapeutiques : étude prochaine en phase 3 d'un benzothiazole (hétérocycle aromatique présent dans le riluzole), le dexpramipexolepar KNOPP Neurosciences. Il est validé comme médicament orphelin.

 

Pour plus d'infos sur les travaux en cours voir ICI.

 

Actuellement la recherche concernant les maladies neurodégénératives connait un développement sans précédent.

 

En France, l'Institut Pasteur, dans le cadre de son programme Neurosciences, explore plusieurs pistes. J'avais signalé ici que des équipes de l'Institut Pasteur et du CNRS avaient montré les capacités intrinsèques du cerveau à s'auto-réparer. En détournant des neurones nouvellement formés depuis leur zone germinative vers les régions lésées, on pourrait ainsi espérer contribuer à élaborer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement des maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ou la Chorée de Huntington.

 

J'avais évoqué dans un précédent billet, l'installation de l'ICM (Institut du Cerveau et de la moelle épinière) au sein de l'hôpital Pitié-Salpétrière.

 

On peut aussi citer lIFR37 des Neurosciences de Strasbourg qui regroupe 32 équipes de différentes unités du CNRS de l’INSERM et de l’Université de Strasbourg. L’ensemble de ces équipes développe des thématiques liées au fonctionnement des systèmes nerveux et neuroendocrine, depuis le niveau moléculaire jusqu'aux comportements et aux fonctions cognitives, tant chez l'animal que chez l'Homme. L’activité de ce futur Neuropôle se caractérise par l’existence d’un continuum de recherches fondamentales, appliquées et cliniques.

 

En Europe, certains des meilleurs chercheurs du monde et de l’Europe se sont réunis le 15 avril 2010 à Stockhlom pour définir une stratégie de recherche paneuropéenne dans la lutte contre les maladies neurodégénératives  dans le cadre de l’initiative de programmation conjointe contre les maladies neurodégénératives (JPND). La JPND est considérée comme un projet pilote pour la programmation conjointe au sein du 7ème PRCD.

 

(*) : Mathias était profondément croyant. Il avait, dans les moindres détails, organisé la messe de funérailles qui a été concélébrée le 3 septembre en l'église de Cucuron, en présence de ses amis musiciens qui avaient déposé devant le cercueil les instruments -tous différents- qu'il avait réalisé pour eux.

 

A la fin de la cérémonie un texte, qu'il avait préparé, a été distribué :

 

"Une si petite séparation...

A ceux qui m'entourent j'ai envie de dire : ne soyez pas tristes. Non pas qu'on ne puisse être très affligé quand on perd quelqu'un de cher. Mais simplement pour moi, la mort n'est qu'une toute petite séparation... En ce qui concerne cette séparation, indépendamment de la conviction qu'on peut avoir, il me semble qu'il se garde de toute existence quelque chose qui passe, qui se transmet. Les gens disparus sont encore en nous, leur apport se transmet très longtemps, de diverse façon, même si nous n'évoquons pas explicitement leur souvenir. C'est la transmission de ce que l'on est qui vous permet d'être vivant par dela la mort."

 

http://www.em-consulte.com/article/253981
plus d'infos

lun

28

jun

2010

MARSEILLE, SOIR, MATIN et MIDI

YouTube-Video
plus d'infos

ven

25

jun

2010

Vulgarité (suite)

 

 

Mon billet du 7 avril, à propos de la vulgarité du chef de l'état, m'a valu quelques courriels de lecteurs de droite et de gauche qui disaient en gros la même chose : vous attachez beaucoup trop d'importance à la forme. Ceux de droite soulignaient que si les attaques se concentraient sur les comportements du président, c'était évidemment que sa politique ne devait pas être si mauvaise. Ceux de gauche pensaient qu'il était beaucoup plus important de parler économie, retraite, chômage (ce que je fais d'ailleurs régulièrement ici et ailleurs)...

 

Loin d'être convaincu, je remets le couvert. Ce qui m'y incite est la mascarade qui a entouré la prestation des bleus en AfSud. Le côté sportif est secondaire dans cette affaire : nous avons une équipe de petit niveau, avec un entraineur incohérent et une fédération dirigé par de joyeux retraités peu compétents.

 

La question essentielle est celle du comportement de ces joueurs sur le terrain, dans les vestiaires et devant les media.

 

Si l'on en croit le philosophe raciste Alain Finkielkraut (qui ridiculisait déjà il y a 4 ans notre équipe blacks-blacks-blacks) : l'équipe de France est une bande de voyous qui ne connaît qu'une seule morale, celle de la mafia (...). Aujourd'hui on a envie de vomir avec la génération caillera.

 «L’esprit des cités contre l’esprit de la Cité», dit aussi Finkielkraut, plus enclin à absoudre le «casse-toi, pôv’ con !» du Président que le «Va te faire enculer !» du footballeur, remarque Pierre Marcelle dans Libé.

 

Finkie, qui a une peur bleue de tout ce qui n'est pas blanc, n'est que le porte-parole de responsables politiques en faillite, de Français en souffrance -chômeurs, travailleurs pauvres, classes moyennes en débandades-... tous en manque de boucs-émissaires.

 

Anelka, Evra, Abidal et consorts ont certes été de pitoyables représentants du sport français (mais la main de Thierry Henry qui nous qualifie, n'était-elle pas encore plus indécente ?) et le journal L'Equipe a eu raison de provoquer la crise en citant les propos de vestiaires.

Mais qui les a préparé à ce rôle ? Quand on passe, à 16 ou 17 ans, d'une cité de banlieue à un confortable cottage près de Londres, Madrid ou Milan, avec 100 000 ou 500 000 euros par mois, que très rapidement on monte dans sa Porsche pour aller à l'entraînement, on a évidemment manqué quelques étapes dans sa formation d' adulte. Cette remarque élémentaire aurait dû conduire la fédération et le staff technique à considérer l'aspect éducatif, psychologique et même civique comme le demande Rama Yade, pour la préparation de ces joueurs.

 

Ces cadors aux pieds d'argent et à la cervelle de moineaux, leur prétention, leur vulgarité, me choquent donc, mais il ne s'agit que de footballeurs d'une petite trentaine d'années à qui l'on donne une place très exagérée.

Le président de la République, en recevant Thierry Henry dès sa descente d'avion (alors que des millions de français contestaient dans la rue sa réforme des retraites) -pour une opération de communication qui risque fort de faire flop- a révélé une nouvelle fois de surprenantes priorités. En tout cas pas celles que l'on attend d'un chef d'Etat en période de crise... Au sens étymologique  il a été très vulgaire !

 

 

 

 

 

 

 

plus d'infos

lun

21

jun

2010

L'honneur de la France ?

 

La farce qui se joue avec l'équipe de France de football en Afrique du Sud aura je l'espère remis les pieds sur terre à tous ces braves Français pour qui l'honneur d'un pays se défend sur une pelouse avec 11 imbéciles gavés de dollars, jouant les starlettes à la recherche de l'impresario prêt à leur signer un chèque encore plus gros. L'équipe de France ils s'en moquent comme de leur premier carton jaune !

 

J'ai regardé de bout en bout le match contre le Mexique tant j'avais plaisir à voir qu'il pouvait exister encore des footeux généreux, imaginatif, mordant dans le ballon, ne se roulant pas par terre au moindre contact. Les nôtres trottinaient gentiment, habitués à se rendre à l'entraînement en Porsche ou Ferrari, le voyage en bus avaient certainement dû les fatiguer !

 

Les insultes d'Anelka, la bêtise d'un Ribéry, l'arrogance d'un Gallas, l'incompétence du président de la Fédération et de son entraineur auront je l'espère aussi remis le foot à sa vraie place actuelle : un sport bling-bling pratiqués majoritairement par des crétins qui ont un chéquier à la place du cerveau, regardés par des supporters souvent racistes et avinés et dirigés parfois par des machos homophobes comme la famille Nicollin à Montpellier.

 

Dans le foot pour un Zidane ou un Laurent Blanc, il y a bien une centaine d'Anelka ou de Ribéry !

 

Il paraît que les résultats de l'équipe de "France" ont fait plonger l'action de TF1 ; pourtant la chaine Bouygues tenait là sa meilleure téléréalité ! Des prostituées mineures, un hôtel de grand luxe où sont enfermés 23 jeunes hommes, des clans, des insultes dans les vestiaires, un animateur débile...

 

plus d'infos

ven

18

jun

2010

18 juin

 

Tout juste en face de mon boulanger, une plaque (voir la photo) rappelle qu'en ce lieu six  résistants furent exécutés. Six hommes dans la fleur de l'âge.

 Il y a 20 ans, des bouquets champêtres ornaient le plus souvent l'endroit, aujourd'hui la modeste pierre disparait parfois sous les herbes folles.

Qui la regarde encore ?

 

Le 18 juin, la France commémore l’appel du général De Gaulle. De Gaulle était un militaire courageux qui refusait la capitulation, un nationaliste ombrageux et surtout un homme politique hors pair qui savait que continuer à se battre aux côtés des alliés permettrait d'appartenir au camp des vainqueurs à la fin des hostilités dont l'issue, pour lui, ne faisait aucun doute.

 

Sans être un antimilitariste forcené, j'ai fort peu de goût pour la chose militaire et il m'est arrivé de ferrailler avec l'association locale d'anciens combattants, toujours prête à exalter nos "faits d'armes" en Indochine et en AFN. Cela ne m'empêche pas de décliner la litanie des noms gravés dans le marbre des monuments aux morts des petits villages à chacune de mes escapades dans la France profonde et d'avoir une pensée pour tous ces soldats victimes des Pétain et autres hauts gradés, bouchers de 14-18.

 

Le 18 juin ce n'est donc pas à De Gaulle que je pense, mais à tous les résistants, déportés... à  tous ceux qui se sont levés face à l'idéologie nazi, à une barbarie sans nom. Souvent ces hommes et ces femmes sont morts dans l'anonymat, au coin d'une rue, au fond d'un bois, dans une cave... Ils n'ont pas eu droit au champ d'honneur, mais ils n’ont pas sacrifié leur vie pour rien, même si trop d'entre nous l'ignorent ou l'ont oublié.

J’ai pour eux une infinie reconnaissance.

plus d'infos

lun

14

jun

2010

Les confettis : aubaine de roitelets ridicules

 

La victoire écrasante des indépendantistes flamands en Belgique confirme une tendance lourde, observée depuis l'éclatement de l'URSS : le goût des population pour les états confettis.

L'Europe, qui comptait 25 États indépendants en 1914, puis 31 en 1945, était constituée de 44 nations en 2006. L'effondrement du bloc soviétique a conduit  à la création de 20 nouveaux États en cinq ans (de 1991 à 1995).

 

Au niveau mondial on en dénombrait (source Wiki) :

  • 88 en 1955 (5 en Afrique, 22 en Amérique, 27 en Asie, 32 en Europe et 2 en Océanie), dont 76 membres de l'ONU ;
  • 156 en 1975 (48 en Afrique, 29 en Amérique, 39 en Asie, 33 en Europe et 7 en Océanie), dont 144 membres de l'ONU ;
  • 193 en 2006 (53 en Afrique, 35 en Amérique, 47 en Asie, 44 en Europe et 14 en Océanie), dont 192 membres de l'ONU.

Bien sûr la décolonisation est passée par là.

 

Au sein de ces états, dont nombre ne sont pas viables, les séparatismes sont toujours à l'œuvre : la Russie, le Kirghizistan, l'Espagne, la Suisse, l'Italie, le Royaume-Uni (avec l'Ecosse), la Belgique, parmi bien d'autres, sont secoués par des fièvres indépendantistes, ethniques ou plus simplement tribales !

On peut se demander à quel niveau de scissiparité le processus s'arrêtera ! Assisterons-nous à un véritable retour de la tribu ?

 

On connait le proverbe : chacun chez soi et les vaches seront bien gardées. Peut-on imaginer sur cette terre une myriade d'ilots, entourés de hauts murs, où chacun, le doigt sur la gâchette, voudra à tout prix préserver son pré carré ? Est-ce vraiment de la sociologie-fiction ?

L'avenir est-il aux murs, aux barbelés et aux miradors, qui fleurissent déjà aux USA, en Israël et ailleurs, à un univers concentrationnaire ?

 

Les crétins fervents qui nous gouvernent, incapables de tracer une route un tant soit peu raisonnable, suivent ou manipulent des aboyeurs stupides qui se pâment devant le drapeau de leur microscopique refuge. Ces séparatismes sont l'aubaine de roitelets ridicules dont les cocoricos masquent la future impuissance.

 

La mondialisation économique a donc paradoxalement contribué à faire exploser des états : il fallait bien diviser pour mieux régner sur la planète ! En Europe, les gouvernants, craignant  de ne pas avoir leur part du gâteau, sont allés à marche forcée vers une UNION des marchands, sans se soucier des peuples qui pourtant renâclaient. Ils ont ruiné l’espérance  d'une Europe politique forte et solidaire. 

 

L'époque n'est pas à la solidarité, à la mixité, à l'universalité. Frileusement nous nous replions sur nous mêmes, convaincus que le salut est individuel.

Nous verrons donc bientôt des travailleurs immigrés wallons en Flandre, des napolitains clandestins en Lombardie... car les lois économiques sont implacables : les populations misérables  ne reconnaissent plus les frontières et se déplacent au gré du marché du travail.

Les émules des Besson, Hortefeux et consorts vont avoir du pain sur la planche !

plus d'infos

mar

08

jun

2010

Au fil des jours : postmodernité, hypermodernité... archaïsme !

 

Nous vivons une époque épique (et nous n'avons rien d'épique) chantait Léo Ferré. Pour certains philosophes, artistes, scientifiques... nous étions déjà dans la postmodernité.

 

La pensée postmoderne se situe dans la perspective de surmonter le désenchantement du monde, après la désagrégation des repères culturels ou religieux résultant de la modernité, et l'échec des utopies révolutionnaires...

 

Les prémodernes se reposaient sur la tradition et les modernes sur l'avenir, les postmodernes auraient les pieds dans le vide. WIKI

 

No future ?

 

Pour le sociologue et philosophe Michel Freitag la postmodernité est la dissolution de la référence à la raison : les actions humaines tendent à se réduire progressivement à un comportement adaptatif, que la pensée s’identifie à un calcul marginal de gain ou de perte, que les rapports humains se réduisent à la compétition ou à la concurrence et les identités ou statuts à ceux de gagnant et de perdant.

 

______________________

 

Au récent Congrès de la Société Française de Microbiologie, un éminent virologue (Didier Raoult) dont j'ai déjà parlé ici,  a un peu pompeusement intitulé sa conférence : La microbiologie postmoderne. Avec d'autres, il remet en effet en cause quelques dogmes au niveau de la classification du monde animal et végétal et de l'Arbre du Vivant :

 

«L'idée de l'ancêtre unique est un contre-sens. C'est une idée darwinienne, mais Darwin avait tort : il y a autant d'arbres que de gènes».

 

Reprenant l'idée de rhizome qui, contrairement à l'arborescence, est un modèle d'organisation sans subordination hiérarchique développé dans les années 1970 par les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari, Didier Raoult propose de «changer l'arbre de la vie par le rhizome de la vie». Déclaration à l'AFP, décembre 2009

 

L'hypothèse du rhizome de Raoult est satisfaisante pour les virus, moins pour les bactéries ou les Archées, et certainement pas pour les Eucaryotes.
Beaucoup pensent donc que ce qui est remis en cause, c'est l'application aux virus des principes de l'évolution de type darwinienne.

Pour eux les virus ne sont pas vivants et il suffit d'exclure les virus pour retrouver un ancêtre commun et retrouver un arbre du vivant



En chimie, que je connais mieux, nous voici aux portes de la reconstruction du vivant et à la manipulation d'objets nanométriques. En physique et microélectronique, on se tourne aussi vers les nanosciences et les nanotechnologies qui repoussent les domaines de la science-fiction. La mécanique quantique va trouver ses plus remarquables applications...

La science est-elle pour autant  entrée dans la postmodernité ? Comme en relativité tout dépend de la position de l'observateur. Dans 1000 ans nous serons archaïques...

 

La science dans une société postmoderne renonce à son idéal normatif de réalité et de vérité, au profit de la prévisibilité des résultats de l’action instrumentale. Susann Heenen-Wolff

 

Il y longtemps qu'Einstein (un intemporel !) nous avait dit ça... beaucoup mieux.

 

_______________________

 

Un bref séjour à Paris m'a donné l'occasion de découvrir deux belles et importantes  expositions : Edvard Munch à la Pinacothèque et Lucian Freud à Beaubourg.

 

Dans le monde de la peinture, la postmodernité s'appelle néo-expressionisme (voir Esthétiques de la postmodernité de Caroline GUIBET LAFAYE). L. Freud a été rattaché par certains à ce courant.

 

Avec Lucian Freud, la chair crue  dégouline et notre triste condition nous est, à chaque toile, envoyée à la figure. Le huis-clos entre le peintre et le (les) modèles est parfois étouffant mais débouche sur quelques œuvres magistrales, bien résumées par la photo de cette jeune fille contemplant une toile où le peintre est représenté en train de la peindre.

 

De Munch je ne connaissais que Le Cri, et l'exposition s'intitule... L'anti-cri !

Munch est un rebelle en constante  opposition avec les écoles de son temps (impressionnisme, fauvisme, symbolisme, abstraction). Son œuvre est imprégnée d'un désespoir évident, elle révèle une grande lucidité et un doute permanent (d'où une multitude d'esquisses).

 

Incompétent sur les techniques, je dirais simplement que j'ai ressenti beaucoup d'émotion et de plaisir en découvrant ces toiles. Modernité, postmodernité, archaïsme... peu m'en chaut (ça c'est de l'archaïsme) puisque c'est beau...

 

__________________________

 

Michel Maffesoli, donne de la post modernité la définition suivante :

"ce pourrait être : « la synergie de phénomènes archaïques et du développement technologique ». C’est ainsi que, pour reprendre les grands thèmes explicatifs de la modernité : État - nation, institution, système idéologique, on peut constater, pour ce qui concerne la postmodernité, le retour au local, l’importance de la tribu et le bricolage mythologique."

 

 

Archaïques, les dirigeants de ce monde le sont sans aucun doute, toujours dominés par des instincts primaires et barbares.

L'attitude d'Israël est la caricature de ces comportements primitifs, irrationnels, des nations d'aujourd'hui.

Même le sioniste le plus exalté sait qu'il n'y aura pas d'issue au conflit en Palestine sans la création d'un état palestinien viable, que chaque violation grossière des lois internationales renforce la détermination des militants palestiniens, multiplie les vocations de terroristes et rend sympathiques leurs plus farouches ennemis.

Les Etats-Unis tiennent à bout de bras un état devenu un monstre hydrocéphale dont la tête n'est plus que guerrière. Mais le sioniste le plus convaincu devine aussi que le lobby juif aux USA finira par céder devant la montée des diversités américaines, que l'intelligentsia juive va se lasser de porter un fardeau aussi lourd.

Alors il faudra concéder la paix et des territoires. Des dizaines d'années auront été perdues, des milliers de vies aussi et beaucoup d'énergie... pour le seul profit de complexes militaro-industriels.

 

Voici venu -nous dit-on-  le temps de l'hypermodernité   (qui ne serait qu'une nouvelle version de la modernité !)...  Que les sociologues se penchent plutôt sur l'archaïsme... moderne !

 


 

plus d'infos

lun

31

mai

2010

Parlez-vous franglais ?

 

Parlez-vous franglais ?, Etiemble, (1964)

 

 

 

Un ami cheminot, amoureux de la langue française, poète à ses heures, avait le reflexe québécois : pas moyen de placer un week-end, un corner, un happy end... sans se faire sérieusement réprimander (même un vulgaire sandwich ne trouvait pas grâce à ses yeux!). J'en souriais, moi qui parfois dans mes cours étais contraint d'utiliser des expressions anglo-saxonnes, sans équivalents dans la langue de Molière.

J'avais bien tort !

 

Non seulement l'anglais scientifique est devenu la langue universelle des chercheurs (plus aucune publication scientifique digne de ce nom en langue française dans les revues françaises ou internationales), mais une espèce de bouillie à la mode anglo-saxonne vient dans tous les domaines de la vie courante corrompre notre langue et parfois s'y substituer.

 

Ce charabia, c'est le franglais, utilisé à tort et à travers dans nos media, dans tous ces talk, chat, et autre meeting. La télévision comme toujours a donné le la : de prime (un vocable que je ne supporte plus), en best of, guest star, trash tv, serial killer, loser, addict... les Morandini et consorts, mais aussi des critiques plus sérieux, s'en donnent à cœur joie. Les journalistes ne sont pas en reste qui nous bassinent avec des car-jacking,home-jacking, speed dating...

 

La dernière trouvaille de chroniqueurs ayant pignon sur lucarne est le home staging qui permet de relooker son appartement !

 

C'est d'autant plus inadmissible que les équivalents français existent : un architecte d'intérieur (ou simplement un décorateur) a toujours su rénover ou embellir un bien immobilier. Le cambriolage et le vol avec effraction ne sont pas non plus l'apanage du monde contemporain.

Même en informatique c'est par laxisme, suivisme, voire snobisme, que l'on consomme à longueur de colonnes du bug, chip, driver, hot line, on-line, package, mail, spam... alors que nous avons des défaut, puce, pilote, assistance, en ligne, progiciel, courriel, pourriel... bien de chez nous.. !

 

Certes parfois l'anglais (le vrai) décrit plus simplement et plus précisément des méthodes, des objets, des recherches... scientifiques, mais pas toujours. Faisons au moins l'effort, chaque fois que cela est encore possible, de préférer le français qui est une belle langue qui s'appauvrit.

 

Le franglais est le symptôme d'une double ignorance chez ses adeptes : ignorance du français certes, mais aussi méconnaissance de l'anglais.

 

Nos vénérables académiciens, souvent politiciens décatis, écrivaillons à la chaîne ou pisse-copies, feraient mieux de se pencher sur ce mal -plus du tout sournois- au lieu de reluquer le sexe des mots et de valider des auteures, professeures, et autre maîtresse de conférences...... sous la pression de quelques féministes qui se trompent une nouvelle fois de combat (je préfère une femme ingénieur payée comme un homme à une ingénieure payée 15% en moins !).

 

Plutôt que la nation - facteur de division-, défendons la langue, vecteur de culture, d'échange, de savoir. Si mon identité de français me laisse froid (disons tiède), mon appartenance à la francophonie me rend fier.

 

Le snobisme a précédé la fuite, l'inculture a suivi, la faillite pointe à l'horizon de désespérance de notre vieille nation. Le français est hors circuit, il demande trop d'efforts, trop de vigilance pour ces rois du raccourci, de la facilité et du concis.  Nabum, Le Post

plus d'infos

jeu

27

mai

2010

Censure sur Internet

Le pouvoir actuel en France a la main directement ou indirectement sur la plupart des media :


- directement sur l'ensemble de l'audiovisuel public : la France est le seul pays démocratique où le chef de l'Etat nomme les présidents des groupes publics,

 

- indirectement par sa proximité avec les oligarques : Bouygues, Dassault, Lagardère, Arnault, Bolloré… qui détiennent l'essentiel des media privés (presse, radio, télévision) :

 

 - Martin Bouygues, patron du groupe TF1 (TF1, LCI, TPS...) est le parrain du fils de Nicolas Sarkozy et était témoin à son mariage.

 

Bernard Arnault qui possède les journaux La Tribune, Investir ou Radio Classique était témoin du mariage de Nicolas Sarkozy… qui était présent au mariage de sa fille

 

- Serge Dassault, héritier du groupe Dassault patron de la Socpresse, 1er groupe de presse français (Le Figaro…) a eu pour avocat Nicolas Sarkozy. Il expliquait il y a quelques années dans le Monde que les journaux doivent diffuser des « idées saines », car « nous sommes en train de crever à cause des idées de gauche ».

 

- Arnaud Lagardère patron du premier groupe de media français qui contrôle notamment de grandes radios (Europe 1, Europe 2, RFM...) et des magazines d’actualités (Paris Match, JDD, La Provence, Nice Matin...) est un très proche de Nicolas Sarkozy qui le présente non pas comme un ami mais comme un frère !

 

-Vincent Bolloré, PDG du groupe Havas, de Direct 8, Direct Soir, de la SFP de l'Institut CSA, a eu l'honneur d'accueillir sur son  yacht le président de la République après son élection et de mettre à sa disposition son jet privé qui en décembre 2007, le conduisit en Egypte avec Carla Bruni.

 

Ces cinq milliardaires figurent au classement des plus grandes fortunes du magazine Forbes.

 

Pour faire bon poids rajoutons que Denis Olivennes, directeur du Nouvel Obs, est l’auteur du projet Hadopi et a ses entrées à l’Elysée, que le groupe Le Monde, en grande difficulté, suscite la convoitise de Denis Olivennes et d'Arnaud Lagardère, que Le Parisien a été prié de se débarrasser de son directeur jugé trop indépendant... que le patron de Charlie Hebdo a été nommé directeur de France Inter, que les plaintes répétées et les menaces directes contre Canal Plus, jugé trop impertinent, annoncent une future mise au pas. J'en oublie certainement…

 

La presse étrangère en général, anglo-saxonne en particulier, ne cesse de s'étonner de cette forme de totalitarisme.

 

Mais nous sommes au 21ème siècle et le Français est toujours aussi frondeur. Les libelles aujourd'hui fleurissent sur le Net qui devient un refuge pour les contestataires. D'où les projets multiples en préparation.

 

Le dernier en date consiste à fliquer tous les blogueurs et sans doute bientôt, sous prétexte de lutter contre la pédophilie, à filtrer la toile comme en Chine ou en Iran (voir notamment Loopsi 2)...  

 

Vous qui êtes allés au bout de ce billet, signez donc la pétition ci-dessous… vous œuvrerez pour une juste cause !

 

APPEL POUR LA DEFENSE DE L'ANONYMAT SUR INTERNET

 

 

plus d'infos

jeu

20

mai

2010

CLIMAT : L'ECOTRON de Montpellier

  SIGNEZ LA PETITION DE SOUTIEN AU JOURNAL POLITIS ATTAQUé EN DIFFAMATION PAR CLAUDE ALLEGRE

 

 

Pendant que Claude Allègre fait fortune en vendant des ouvrages de charlatans (1), les chercheurs travaillent d'arrache-pied pour évaluer l'impact sur l'environnement de l'élévation globale des températures, associée à une raréfaction des précipitations et à une augmentation du pourcentage de dioxyde de carbone dans l'atmosphère.

 

L'écotron européen, sis à Montferrier sur Lez, au sein du Pôle Agropolis de Montpellier, est la première très grande infrastructure de recherche en écologie. Son pilotage est assuré par le CEFE (université Montpellier II/CNRS).

L'écotron devrait permettre de répondre aux questions suivantes :

 

- Comment l'augmentation de température et de CO2 atmosphérique affectent-ils la diversité et l'activité des communautés végétales et d'organismes du sol ? Quelles en sont les conséquences sur le stockage du carbone et la disponibilité en eau ?

- Quelles sont les différences de réponses entre individus d'une même espèce? Comment les interactions entre espèces vont-elles être modifiées ?

-  Dans quelle mesure le fonctionnement des écosystèmes est-il menacé par l’érosion de la biodiversité ?

 

A partir des prédictions des climatologues, une expérience grandeur nature est ainsi réalisée sur une prairie... auvergnate. Dans des enceintes de 35 m3, douze prélèvements de cet écosystème (végétaux et insectes) vont être  soumis à des atmosphères confinées plus chaude, plus sèches et plus riches en CO2, pendant plusieurs années. Des relevés quotidiens permettront de suivre au plus près l'évolution des échantillons.

D’après le CNRS, jamais le confinement d'écosystème n'aura été réalisé avec une telle précision.

 

Il faut noter qu'en parallèle, à Sète, la plate-forme Medimeer (université Montpellier II/CNRS/IFREMER), permet d'étudier les effets des changements locaux et globaux liés à l'anthropisation sur les écosystèmes lagunaires et marins côtier.

 

Montpellier, qui vient d’être retenu pour piloter un pôle de compétitivité EAU (2), est une plaque tournante de l'écologie scientifique. C'est donc tout naturellement que se tiendra dans cette ville, du 2 au 4 septembre, un grand colloque national : Ecologie 2010.

 

(1) : les lecteurs assidus de ce blog (il y en a !) vont dire que je fais une fixation sur l'ancien ministre ! Ils n'ont pas tout à fait tort. Pourquoi ?

Parce que le comportement de Claude Allègre et son impact sur la communauté scientifique est pratiquement sans précédent dans l'histoire des sciences. Certes les charlatans et  les scientifiques dévoyés, jalonnent cette histoire, mais jamais un chercheur de ce niveau n'avait réussi à déstabiliser à ce point une partie de sa communauté, en s'appuyant sur les media par l'intermédiaire de livres de vulgarisation présentant des résultats tronqués, truqués, détournés (j'exclus bien sûr la période stalinienne).

Maladroitement cette communauté a crû bon de faire appel aux politiques pour trancher ce débat. Evidemment les gouvernants ont joué les Ponce Pilate.

Les chercheurs sont généralement de piètres communicants ; l'affaire Allègre vient de prouver que de bons articles dans des revues prestigieuses, sont de peu de poids face à un reportage dans Match ou à un passage chez Ardisson ou Denisot. Le CNRS et les universités vont devoir recruter des bimbos comme attaché de presse !

 

  A lire l'ouvrage L'IMPOSTEUR C'EST LUI, de Sylvestre HUET chez Stock

 

(2) : le pôle "Eau" associe les laboratoires spécialisés de l’université Montpellier 2 et un réseau de 72 entreprises régionales travaillant sur le cycle de l’eau (production, irrigation, épuration…). Chercheurs et entrepreneurs sont réunis au sein de VERSeau développement, un cluster qui associe également les collectivités territoriales.

plus d'infos

lun

17

mai

2010

Parlez-moi d'humour...

     Il n’y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain.

     Henri Bergson

 

Parlez-moi d'humour !

Redite moi des choses drôles ! Je ne suis pas las de les entendre...

On peut tout dire avec humour, aborder tous les sujets : la mort,  l'amour... et même le nazisme (Chaplin, Le Dictateur) ou les camps de concentration (Benigni,  La vie est belle).

« Le rire est la politesse du désespoir. Si le rire sacrilège et blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, si ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors oui on peut rire de tout, on doit rire de tout : de la guerre, de la misère et de la mort ! D’ailleurs est ce qu’elle se gêne la mort, elle, pour se rire de nous ?  »


 Pierre Desproges

Je me méfie des hommes sans humour.

Les dictateurs sont sinistres (ou alors involontairement comiques). Les comiques sont bannis des régimes totalitaires.

Car le Rire est subversif, parfois révolutionnaire. L'anthologie de l'humour noir d'André Breton a été censurée par le régime de Vichy.

Vivre en se prenant au sérieux, c'est un signe de bêtise.

Pourquoi, en vieillissant, certains hommes perdent-ils le sens de l'humour ? Parce que la mort... ce n’est pas de la rigolade ? Pourtant  fin de vie... rime avec trêve de plaisanterie ou fin de partie ?

Pourquoi dit-on que les femmes ont moins d'humour que les hommes alors que tant de femmes sont séduites par des hommes plein d'humour ?

La vie est absurde, cocasse, tragique... les meilleurs humoristes sont ceux qui se gaussent de cette absurdité.

Sans doute pour ça que je suis si fan de Woody Allen...

Le décalage entre le sérieux du quotidien et l'absurdité de l'existence a une force comique incomparable, qui aussi nous apaise, nous rassure...

L'homme souffre si profondément qu'il a dû inventer le rire. 

 Friedrich Nietzsche

 

Le rire n'est jamais gratuit : l'homme donne à pleurer mais prête à rire

Pierre Desproges 


 Savoir illustrer ce décalage, par le détournement des mots, des gestes, des situations.. c'est la principale clé du ressort comique.

On dit toujours : lent comme un escargot ! C'est bête! L'escargot ne marche-t-il pas ventre à terre? 

Alphonse Allais

 

J'admire les funambules des mots, ceux qui jonglent avec la syntaxe et illuminent les verbes...

Parmi eux,  Raymond Devos est immense.

Il nous parle de tout, de rien, à tout propos, et hors de propos, comme certains politiciens... mais lui joue carte sur table...

Vous voudriez que je fasse comme tout ceux qui n´ont rien à dire et qui le garde pour eux ? Eh bien non !  Mesdames et messieurs, moi, lorsque je n'ai rien à dire, je veux qu'on le sache !

… contrairement à ce qu'il dit :

Quand j'ai tort, j'ai mes raisons, que je ne donne pas. Ce serait reconnaître mes torts !!! J'ai raison, non ?

 

Mais Devos sait que quand on parle à tort et à travers, il faut faire court. Il invente la chanson la plus courte de l'histoire :

Se coucher tard... Nuit !

 

En deux phrases et peu de mots, Devos sait aussi résumer toute une vie :

Ma femme et moi, quand on s'est connu, on était tellement timides tous les deux, qu'on n'osait pas se regarder ! Maintenant, on ne peut plus se voir !

 

Alors on va voir ailleurs et ça nous met sans dessus dessous :

La femme du dessous est tombée amoureuse de celui du dessus...
Alors là dessus...quelqu'un est-il allé raconter à celui du dessous qu'il avait vu sa femme bras dessus, bras dessous avec celui du dessus ?
 

Toujours est-il que celui du dessous l'a su !

Et un jour que la femme du dessous était allée rejoindre celui du dessus, comme elle retirait ses dessous, et lui ses dessus...

Je l'ai su parce que d'en dessous, on entend tout ce qui se passe au dessus...

Bref ! Celui du dessous leur est tombé dessus !

Comme ils étaient tous les deux saouls, ils se sont tapés dessus ! Finalement, c'est celui du dessous qui a eu le dessus !

 

Dans cette vie, tout le monde court... Mais après qui, après quoi ?

"Dites-moi...  pourquoi tous ces gens-là courent-ils comme des fous ?",

Il me dit : "Parce qu'ils le sont !"

Il me dit : "Vous êtes dans une ville de fous ici...vous n'êtes pas au courant.",

Je lui dis :"Si, Si, des bruits ont couru !",

Il me dit : "Ils courent toujours !",

Je lui dis :"Qu'est-ce qui fait courir tous ces fous ?",

Il me dit : "Tout ! tout !

Il y en a qui courent au plus pressé. D'autres qui courent après les honneurs... Celui-ci court pour la gloire... Celui-là court à sa perte !"

 

Devos dit, comme le Christ : heureux les simples d'esprit. Il y a des imbéciles heureux, eux seuls sont lucides :

Dernièrement,
j'ai rencontré un monsieur
qui se vantait d'être un imbécile.
Il disait :
"Je suis un imbécile ! "
Je lui ai dit :
"Monsieur ... c'est vite dit ! "
Tout le monde peut dire :
"Je suis un imbécile !"
Il faut le prouver !
Il m'a dit :
"Je peux ! "
Il m'a apporté les preuves de son imbécillité avec tellement d'intelligence et de
subtilité
que je me demande s'il ne m'a pas pris
pour un imbécile !

 

On sait bien qu'entre le fou (loufoque) et le génie il y a peu de différence :

Mon médecin : "Vous avez un chromosome en plus...",

Je lui dis : "C'est à dire ?"

Il me dit : "Que vous avez une case en moins !"

 

Qui suis-je en effet ?

Qui est l'homme, qui est le chien ?

Moi, la première fois que j'ai entendu mon chien parler, j'aime mieux vous dire que j'ai été surpris ! C'était un soir, après dîner.
J'étais allongé sur le tapis, je somnolais... Je n'étais pas de très bon poil !
Mon chien était dans mon fauteuil, il regardait la télévision...
Il n'était pas dans son assiette non plus ! Je le sentais ! J'ai un flair terrible...


C'est souvent la bêtise des hommes qui crée le doute sur l'identité :

« Pour l’instant, je suis un savant allemand, mais si je viens à devenir une bête noire, je serai un juif suisse »

disait Einstein...  un génie qui n'était pas fou…


Il présentait parfois sa théorie de la relativité ainsi :


« Si la relativité se révèle juste, les Allemands diront que je suis Allemand, les Suisses que je suis citoyen Suisse, et les Français que je suis un grand homme de science.

Si la relativité se révèle fausse les Français diront que je suis Suisse, les Suisses que je suis Allemand et les Allemands que je suis juif. »

Comment je vois le monde  

 Mais non Albert, depuis 1968, “nous sommes tous des juifs allemands”... (ou bien des musulmans français) ! Il n'y a que les Besson, Sarko et autres Le Pen pour ne pas s'en souvenir !

Albert, encore un sacré comique (sauf quand il écrit à Roosevelt) et pas seulement quand il tire la langue !

Ne disait-il pas :

« Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang aux sons d’une musique, je méprise cet homme… Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu’une moelle épinière le satisfait. »

Mieux vaut en rire en effet !


« L’ironiste humorisant [...] fait semblant de nous mystifier, car il simule la simulation »

Vladimir Jankélévitch, L'ironie

-->

« J'ai le pied gauche qui est jaloux du pied droit. Quand j'avance le pied droit, le pied gauche, qui ne veut pas rester en arrière… passe devant… le pied droit en fait autant… et moi… comme un imbécile… je marche. »

plus d'infos

lun

03

mai

2010

L'Europe des banques

 

Je me souviens des débats très vifs qui m'opposaient -au sein de l'association municipale que j'animais- aux responsables locaux du PS à propos du Traité Constitutionnel Européen.

 

"L'Europe a apporté paix et prospérité, il faut donc encore et toujours plus d'Europe, plus d'intégration, plus de pays dans l'Europe..." disaient-ils...

Tout juste si certains n'assimilaient pas les tenants du NON à ce Traité, aux Pasqua, De Villiers... et autres nationalistes bornés !

 

Aujourd'hui réalisent-ils l'étendue de leur aveuglement ? Peut-être, puisque même Jacques Delors esquisse un timide mea culpa !

 

Comment des hommes de gauche ont-ils pu soutenir un projet aussi fou, aussi peu progressiste, qu'une constitution qui instaurait cette Europe des marchands, strictement calquée sur le modèle économique américain avec, par exemple, la fin programmée des services publics et la marchandisation annoncée de l'espace éducatif et culturel.

 

Si du moins cette Europe du fric avait pu adoucir la brutalité de la crise financière. Las, ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne... montre que c'est l'inverse qui se produit.

 

Dans la logique du libéralisme, la potion qui est administrée à la Grèce touche de plein fouet les plus vulnérables : les 110 milliards d'euros d'aide prévues vont sauver les banques et restaurer les capacités d'emprunt de l'Etat grec ; ils seront payés par tous les actifs et les retraités.

Au passage, il est intéressant de noter que parmi les conditions imposées par la commission, figure la privatisation des transports et de l'énergie... Nul doute que les banques européennes et américaines vont fondre sur une proie aussi vulnérable... pour le plus grand bien des Grecs bien entendu !

 

Où est la différence avec les méthodes employées par le FMI en Amérique du sud et en Afrique, qui n'ont fait qu'accentuer le fossé entre riches et miséreux et engraisser les rentiers aux dépends des plus pauvres ?

 

L'argent n'a pas d'odeur, il a la saveur amère de la sueur de la plèbe et le charme discret des palaces de Davos. Il n'a pas de patrie, pas de frontières... les murs, les barrières, les barbelés... c'est pour les pauvres !

 

plus d'infos 0 commentaires

ven

30

avr

2010

L'homme rouge et la planète

 

 « Comment pouvez-vous acheter ou vendre le ciel, la chaleur de la terre? L'idée nous paraît étrange. Si nous ne possédons pas la fraîcheur de l'air et le miroitement de l'eau, comment pouvez-vous les acheter ?

… Chaque partie de la terre est sacrée pour mon peuple, chaque aiguille de pin luisante, chaque rive sableuse, chaque lambeau de brume dans les bois sombres, chaque insecte bourdonnant est clair et sacré dans la mémoire et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres porte la mémoire et l'expérience de mon peuple. La sève qui coule dans les arbres transporte les souvenirs de l'homme rouge…

Cette eau scintillante qui coule dans les ruisseaux et les rivières n'est pas seulement l'eau mais le sang de nos ancêtres. Le murmure des eaux est la voix du père de mon père…

Il n'y a pas lieu calme dans les villes de l'homme blanc. Pas de place pour entendre le déferlement des feuilles au printemps, ou le froissement des ailes d'un insecte. Et qu'y a-t-il à la vie, si un homme ne peut entendre le cri solitaire de l'engoulevent ou les palabres des grenouilles autour d'un étang la nuit…

L'air est précieux à l'homme rouge, car toutes choses partagent le même souffle - la bête, l'arbre, l'homme, ils partagent tous le même souffle…

Quel est l'homme sans les bêtes? Si toutes les bêtes disparaissaient, l'homme mourrait d'une grande solitude de l'esprit. Pour tout ce qui arrive aux bêtes, arrive bientôt à l'homme. Toutes choses se tiennent… »

 

Chef Seattle
1854

plus d'infos

lun

26

avr

2010

Provocation, stigmatisation : paroles, paroles, paroles !

 

 

Après une semaine de détente à la pointe du bassin d'Arcachon et dans le bordelais (que ma région natale est belle !) retour brutal sur l'actualité et ces polémiques sur le fameux voile intégral (niqab) qui m'irritent au plus haut point.

 

Tout d'abord qu'un esclavagiste barbu et une fantômette sinistre (un corbeau disent certains) fassent la une de tous les media est très suspect... où plutôt révélateur de la complicité de fait entre les extrémistes "musulmans" et le pouvoir actuel. Regardons de plus près ce pas de deux, gagnant-gagnant :

 

- acte 1, la provocation : un fait divers permet à ces illuminés de se pavaner dans les media (très complaisants),

- acte 2, la réaction du pouvoir : les ministres Hortefeux, Besson, Estrosi (les durs)... montent au créneau pour faire réagir les masses (nous, les excellents français),

- acte 3, la surenchère des fondamentalistes, dont le but est exactement le même,

- acte 4, la stigmatisation : tous les musulmans sont des extrémistes, des étrangers qui viennent manger le pain des français...

 

Au baisser de rideau de cette tragi-comédie, qui est gagnant ?

 

- les fondamentalistes qui se posent en victimes vis à vis de leurs coreligionnaires, renforçant ainsi leur popularité vis à vis des jeunes et encourageant les vocations de futurs martyrs,

- l'extrême-droite dont les thèses se trouvent confortées auprès des français en difficulté (le déficit de la sécu, le chômage, l'insécurité… c'est l'arabe),

- le pouvoir (du moins dans un premier temps), c'est la technique du bouc-émissaire (accessoirement on espère chez Sarko piquer des voix aux Le Pen, le résultat des régionales montre pourtant le contraire).

 

Qui est perdant ?

 

- l'immense majorité des musulmans de France dont la voix devient inaudible,

- notre pays qui se divise et perd son énergie dans de vaines querelles, puisque tout le monde sait que tous les Sarkozy de France et de Navarre ne pourront chasser de France les millions de musulmans qui y vivent.

 

La solution est bien entendu au contraire dans l'intégration, ce qui n’est pas simple et demandera beaucoup de temps.

 

Pour cela il faut encourager par tous les moyens l'émergence d'un islam européen qui intègre la notion de laïcité et renonce explicitement à la charia (la loi islamique). C'est une révolution pour l'islam puisque le Coran et la tradition ne séparent pas le temporel du spirituel.

En Europe, certains imans se sont exprimés dans ce sens au cours des années 90. On ne les entend plus car, justement, tout l'espace médiatique est monopolisé par les radicaux avec qui le pouvoir est si complaisant. Les plus courageux d’entre-eux font même état de menaces, de violences... qui apparemment laissent la police de marbre.

 

Le voile intégral, la polygamie (combien de polygames en France…  même en Afrique du Nord la polygamie disparait !) ne sont que des épiphénomènes que nos lois actuelles permettent de régler. Interdire l'accès de tous les services publics (écoles, hôpitaux compris) à des personnes non identifiables, peut être décrété en invoquant la sécurité ;  le cumul indu de prestations sociales et la fraude fiscale sont des délits punis par la loi (mais combien représentent ces détournements d'argent public par rapport aux milliards des "exilés" fiscaux... chanteurs, entrepreneurs, sportifs ?).

 

Nous sommes plus que jamais dans le gouvernement -souvent irresponsable- de la parole quand l’action est urgente.

 

Croassez, croassez, il en restera toujours quelque chose !

 

 

plus d'infos

jeu

15

avr

2010

Explosion du nombre de chrétiens et de musulmans en Afrique

 

Une dépêche de l'AFP, datée du 15 avril indique notamment :

 

L'Afrique subsaharienne est une des parties du monde les "plus religieuses", où le nombre de musulmans comme de chrétiens, s'est multiplié par plus de 20 au cours du siècle dernier, selon une étude du centre d'études américain Pew Research Center publiée jeudi.

Selon cette vaste enquête qui a interrogé 25.000 Africains dans 60 langues et 19 pays entre décembre 2008 et avril 2009, le nombre de musulmans en Afrique subsaharienne est passé de 11 millions en 1900 à 234 millions en 2010. Les chrétiens ont progressé encore plus rapidement passant de 7 millions à 470 millions.

Désormais, un chrétien sur cinq dans le monde et un musulman sur sept vivent en Afrique subsaharienne. Sur le continent africain tout entier "les deux religions s'équilibrent", note le rapport alors qu'on compte de 400 à 500 millions de chrétiens comme de musulmans. AFP

 

J'en conclus que missionnaires et imans ont bien fait leur boulot et que l'archaïque animisme des populations locales a fait place à des croyances plus modernes et plus respectables... du moins pour nous occidentaux.

 

Civilisation et progression des religions révélées allant de pair, il va de soi que le sort des populations en question aurait dû s'améliorer en conséquence.

 

Que nenni ! Alors que les bilans sanitaire, alimentaire, sécuritaire... de continents où les mécréants prospèrent s'améliorent, l'Afrique régresse ou, au mieux, stagne !

 

Quelques chiffres:

 

- SANTE

Selon les données globalement concordantes de l’ONU, de l’OMS et de l’Unicef, l’Afrique sub-saharienne comparée à toutes les autres régions du monde occupe le bas du classement dans le domaine de la santé. Détentrice du record de mortalité infantile et infanto-juvénile, l’espérance de vie n’y atteint pas 50 ans contre près de 78 ans pour les pays industrialisés.

L’Afrique supporte à elle seule plus de la moitié de la morbidité infectieuse et parasitaire des territoires tropicaux. Moins de 20 ans après son apparition, l’infection à VIH/sida est devenue la première cause de mortalité en Afrique subsaharienne (2 millions de morts par an en Afrique). Les traitements disponibles sont encore trop chers et la plupart du temps, cantonnés dans les capitales ou les très grandes villes...

 

- ALIMENTATION

Formée de 49 pays et peuplée d'environ 718 millions d'habitants (début XXIe siècle), l'Afrique subsaharienne est l’une des régions les plus pauvres au monde, et les plus sous alimentée...

L’analyse de la situation alimentaire en Afrique sub-saharienne montre un écart croissant entre les besoins de consommation et de nutrition et les disponibilités alimentaires au niveau global des pays. La faiblesse des gains de productivité dans la production alimentaire et des capacités réduite d’importation,  constituent les contraintes majeures à la réalisation de la sécurité alimentaire dans la région. Wikipedia

 

L'actualité : une dépêche du 18 mars 2010 indique que "Plus de 10 mil­lions de per­sonnes sont me­na­cées par une crise ali­men­taire en Afrique", selon l’ONG Oxfam In­ter­na­tio­nal.

 

Cerise sur le gâteau : le développement des biocarburants (voir le blog). Un rapport récent de la FAO dit ceci :

 

« Jusqu'à 100 millions de personnes supplémentaires pourraient être victimes de la faim si l'Europe s'engage à augmenter fortement sa consommation de biocarburants afin de répondre à la nouvelle législation de l'Union européenne »

 

La législation en question date d'un accord passé en 2008 entre les États de l'UE et dont l'objectif est de combler 10 pour cent de leurs besoins en carburants pour les transports en ayant recours à des sources renouvelables, dont les biocarburants, l'hydrogène et l'électricité verte, d'ici à 2020.

Selon un scénario prenant en compte un développement planifié et prévisible des biocarburants dans certains pays, l'International Food Policy Research Institute (IFPRI), dont le siège se trouve aux États-Unis, a prévu que les prix du maïs augmentent de plus de 20 pour cent d'ici à 2020 et de plus de 71 pour cent dans une hypothèse de développement draconien.

 

ActionAid a remarqué que « si tout les objectifs en matière de biocarburants sont atteints, il est estimé que les prix des aliments pourraient augmenter de jusqu'à 76 pour cent d'ici à 2020 ». L'ONG indique qu'elle avait découvert que les entreprises de l'UE avaient déjà acheté, ou étaient en négociations pour acheter au moins cinq millions d'hectares dans des pays en développement, ce qui pourrait menacer l'approvisionnement en nourriture de populations parmi les plus vulnérables.

 

Selon la FAO, une personne sur six dans le monde a faim, la crise de 2008 ayant fait glisser 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et l'insécurité alimentaire.

 

- SECURITE

 

L'Afrique détient tous les records d'insécurité:

 

Le continent africain est déchiré depuis 40 ans par des conflits inter-étatiques, intra-étatiques, ethniques, religieux, économiques. Sur les 75 à 80 conflits recensés depuis 1945, on dénombre une quarantaine de guerres civiles, dont certaines très longues. Pas moins de 26 conflits armés ont éclaté en Afrique entre 1963 et 1998, affectant 474 millions de personnes, soit 61 pour cent de la population du continent. Au niveau sous-régional, 79 pour cent de la population ont été touchés en Afrique orientale, 73 pour cent en Afrique centrale, 64 pour cent en Afrique occidentale, 51 pour cent en Afrique du Nord et 29 pour cent en Afrique australe. La Documentation française

 

Actuellement, parmi une kyrielle de conflits, on peut citer la guerre au Darfour, les affrontements en Cote d'Ivoire, au Sénégal, le terrorisme au Mali, au Niger...

Et pourtant de multiples ONG, dont un groupe Interreligieux, œuvrent pour la paix en Afrique !

 

Dans une mise au point Eric G. BERMAN et Katie E. SAMS (Forum du désarmement) écrivaient en 2000 :

La « renaissance africaine », largement saluée quand a pris fin l’'apartheid et que, vers le milieu des années 90, se sont produits sur tout le continent des changements prometteurs, est de plus en plus remise en question. Face aux problèmes socio-économiques qui se posent un peu partout en Afrique, beaucoup se demandent aujourd’hui si cet optimisme était bien de mise. L’évolution récente donne plutôt à penser qu'il y a lieu de faire preuve d'un certain pessimisme. Ainsi, l'éclatement de conflits armés dans toute l'Afrique a amené Africa Confidential à qualifier 1998 d'annus horribilis ». Horrible, cette année l'a certes été, mais la situation allait encore empirer. La barbarie des guerres et la fréquence des coups d’État ont été telles durant les six premiers mois de 1999 que rétrospectivement on peut considérer 1998 comme une année relativement calme !

 

Depuis la poudrière africaine n'en finit pas d'exploser, au point que l'ONU se lasse et souhaite baisser son niveau d'intervention.

 

Que conclure de cette progression parallèle des religions et de toutes les misères du monde sur ce continent maudit ?  J'ai ma petite idée !

 

 Si pour le marxisme j'ai des sentiments mitigés, il y a une phrase de Marx que j'ai faite mienne depuis longtemps : la religion est l'opium du peuple... et les puissants de ce monde, en Afrique et ailleurs, ont toujours su organiser une large consommation de cette drogue licite.

 

La résignation (islam veut dire soumission à Dieu mais peut se traduire par résignation en arabe) des miséreux, à qui l'on indique que la félicité est dans l'au-delà, est évidemment une aubaine pour les dirigeants africains corrompus et leurs complices occidentaux qui, croyant ou pas, en Jéhovah, Jésus ou Mohamed, n'omettent pas, eux, de profiter des richesses et des biens matériels de ce bas monde !

 

Bien sûr je respecte la foi des fidèles (comme celle des militants politiques) et même certains de leurs pasteurs ou de leurs imans. Je n'oublie pas qu'un abbé en soutane avait fait de moi un enfant de chœur le temps d'une colo. Il s'appelait Pierre !

 

Hélas, il n'y a pas assez de Pierre et trop de Benoit (qui sont loin d'être des benêts !) dans ce triste monde...

 

 

 

 

plus d'infos

mer

14

avr

2010

Le cerveau dans tous ses états

 

Le journal Le Monde, dans un bref entretien avec le Pr Gérard Saillant, rappelle qu'en octobre prochain s'ouvrira l'Institut du Cerveau et de la Moelle épinière (ICM) au sein de l'hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris.

 

L’ICM est un centre unique au monde qui regroupera en un même lieu les malades, les chercheurs et les médecins. C’est 800 chercheurs en permanence, 25 000 m2 de laboratoire où viendront travailler les meilleurs chercheurs du monde entier.”

 

Maladie d’Alzheimer, de Parkinson, paraplégie, tétraplégie, accidents vasculaires cérébraux, sclérose en plaques, dépression, psychoses... Aujourd’hui, les maladies neurologiques et psychiatriques affectent 10 millions de malades en Europe ; 4 à 5 millions de personnes sont touchées par la maladie d’Alzheimer. On recense 3 millions d’accidents vasculaires cérébraux, 2,5 millions d’épileptiques...
Le vieillissement de la population laisse présager une forte augmentation de ces chiffres.

 

Les travaux de l'ICM ciblent donc notamment :

 

- les maladies neurodégénératives

La dégénérescence nerveuse peut toucher le cortex cérébral (maladie d'Alzheimer), les structures profondes du cerveau (maladie de Parkinson), la moelle épinière (sclérose latérale amyotrophique).

- La sclérose en plaques et les maladies inflammatoires du système nerveux qui  généralement débutent chez le jeune adulte.

 

- Les séquelles d'accidents vasculaires cérébraux

 

- Les tumeurs, souvent malignes, qui sont généralement au-dessus de toute ressource thérapeutique.

 

- L'épilepsie, touchant les jeunes, qui est traitée par les médicaments, mais pas dans tous les cas.

 

- Les maladies psychiatriques : anxiété et la dépression réactionnelle jusqu'aux psychoses les plus graves, dont la schizophrénie, la dépression bipolaire, l'autisme...

 

- Les traumatismes du cerveau et de la moelle épinière : hémiplégie, paraplégie, tétraplégie.

 

Constitué d'environ 100 milliards de cellules nerveuses, qui communiquent entre elles par des contacts (synapses), le cerveau reste un vaste champ d'étude.

 

VOIR SUR LE SITE ICI

 

Grâce aux progrès de la neurologie et des sciences de la cognition, il devient  possible de comprendre le fonctionnement normal du cerveau. Le projet du Pr Saillant doit d'abord permettre une meilleure connaissance des mécanismes moléculaires de la mort cellulaire et des diverses formes de réparation des cellules nerveuses.

 

Les approches dans le domaine de la neurobiologie moléculaire et cellulaire, de la neurophysiologie, des sciences de la cognition et de la thérapeutique ont été menées jusqu'à présent de façon dispersée au niveau planétaire.

 

Dans tous les cas l'amélioration de la qualité des soins exige la multidisciplinarité dans la pratique médicale et le développement continu des moyens diagnostiques et thérapeutiques. C'est un des constats qui justifie le projet ICM.

 

Le terme réparation apparait souvent dans la présentation de l'Institut qui vise donc, au delà de l'amélioration des soins palliatifs, une reconstruction de circuits (connexions synaptiques) endommagés. L'utilisation de cellules souches neuronales pour la réparation du cerveau a déjà fait l'objet de plusieurs publications.

 

On sait que, contrairement au dogme de la fixité neuronale, de nouvelles cellules neuronales sont générées dans le cerveau adulte chez la plupart des espèces.

 

LIRE ICI à propos de la plasticité cérébrale

 

La neurogenèse chez l’homme se déroule principalement dans deux régions du cerveau adulte : le gyrus dentelé de l’hippocampe et la région sous-ventriculaire.

 

Une équipe de chercheurs de l’Ecole polytechnique de Lausanne, dirigée par Carmen Sandi, s’est intéressée à une protéine présente dans l’hippocampe, la MIF (macrophage migration inhibitory factor). Selon leurs recherches publiées dans la revue Molecular psychiatry, l’inhibition de cette protéine provoque “une augmentation des états anxieux et dépressifs”.

 

Carmen Sandi montre qu’il existe un lien entre cette protéine et la neurogénèse. Ainsi chez des rats génétiquement modifiés pour ne pas produire la protéine MIF, un ralentissement de la production de nouveaux neurones est observé. Elle s’accompagne d’une augmentation de l’anxiété et des comportements dépressifs (les rongeurs réagissent différemment aux situations de stress).

 

De plus ces recherches ont montré que ces rats mutants réagissaient moins bien aux antidépresseurs, comme les ISRS (fluoxétine/Prozac).

 

VOIR SUR LE SITE :

 

-Angoisse, chimie, conscience,

- Angoisse et dépression

 

plus d'infos

sam

10

avr

2010

Biocarburants

 

 Le dernier rapport de l'ADEME sur les biocarburants donne des indications sérieuses (à partir d'une avalanche de données !) à propos de l'intérêt de ce type d'énergie renouvelable. Cependant l'impact du changement d'affectation des sols est très difficile à mesurer et plusieurs simulations sont proposées. Enfin le risque de voir diminuer les surfaces consacrées aux cultures vivrières (compensé par l'utilisation d'OGM ?) n'est pas évoqué.

 

RESUME :

 

Les résultats montrent que les bioéthanols permettent des réductions substantielles de la consommation d’énergie non renouvelable par rapport aux carburants fossiles, en tenant compte du cycle de vie : au mieux, 85% pour l’éthanol de canne à sucre et 54% pour l’ETBE de canne à sucre.

 

S’agissant des émissions de gaz à effet de serre, là encore, l’utilisation des bioéthanols permet de les réduire par rapport à la référence fossile : au mieux, 72% pour l’éthanol de canne à sucre et 47% pour l’ETBE de canne à sucre.

 

Cependant le changement d'affectation des sols inverse ces effets bénéfiques selon plusieurs simulations :

 

- les filières issues de cultures hors hexagone présentent en général des réductions des émissions de GES (gaz à effet de serre) supérieures à celles des filières issues de cultures faites en France. Toutefois la prise en compte
des hypothèses, moyenne à forte, de changements d’affectation directs des sols (CAS) pour ces filières inverserait ces bilans par rapport aux carburants fossiles.

 

- Le même constat peut être dressé lorsque l’on s’intéresse à l’impact potentiel du changement indirect d’affectation des sols sur le bilan des filières hexagonales. Les scénarii les plus pessimistes envisagés pour le changement indirect (remplacement d’1 kg d’huile de colza par 1 kg d’huile de palme produit entièrement à partir de cultures ayant remplacé une forêt tropicale humide) conduiraient à un bilan d’émissions de gaz à effet de serre plus négatif que celui des carburants fossiles.

 

Enfin, avec des niveaux 10 fois plus élevés que les carburants fossiles, aussi bien pour les éthanols que pour les esters, les biocarburants présentent des bilans défavorables pour le potentiel d'eutrophisation.

 

En résumé un bilan plus que contrasté qui de plus ne prend pas en compte l'impact sur la production de cultures vivrières (négligeable en France) alors que selon la FAO, plus d'un milliard de personnes souffrent de la faim.

 

Certaines espèces végétales (biocarburants de deuxième génération) qui pourraient valoriser des terres arides, comme Jatropha curcas (euphorbiacée aux propriétés médicinales originaire d’Amérique centrale) en Afrique, ont malheureusement également tendance à concurrencer les cultures vivrières.

 

plus d'infos 0 commentaires

mer

07

avr

2010

Vulgarité

 

La théorie du complot, proposée par l’Elysée pour expliquer les rumeurs circulant dans la blogosphère à propos de supposés déboires conjugaux du président, est délirante. On dit en haut lieu qu’il faut maintenant que « la peur change de camp » et que l’on va terroriser, non pas les terroristes… mais les blogueurs.

Je n’ai même pas peur !

 

Et si notre président n'était pas "fou", comme voulait le démontrer le journal Marianne sur 4 pages avant l'élection présidentielle, mais tout simplement homme vulgaire se complaisant dans la vulgarité.

 Se comporter comme une quelconque Stéphanie de Monaco c’est bien en effet le comble de la vulgarité.

 

Vulgarité certes du langage, comme en témoigne le célèbre "Casse-toi pauvre con" adressé à un contestataire (à part Berlusconi, quel chef d'état au monde pourrait insulter ainsi un de ses concitoyens !), mais pas seulement. Pour moi tout dans le comportement de Sarkozy est vulgaire.

 

Sur Wikipedia on peut lire ceci :

 

La vulgarité n'appartient pas seulement au domaine du langage : elle peut être aussi dans la gestuelle ou le comportement général, comme dans les pratiques sociales et les modes de pensée. Elle n'implique plus alors la grossièreté et peut caractériser des milieux non plébéiens tels que les nouveaux riches et les adeptes du bling-bling.

 

A peine élu, réunir les plus grosses fortunes de France et quelques peoples en mal de publicité au Fouquets, c'est vulgaire.

Se prélasser quelques jours après sur le yacht d'un magna de la presse, c'est vulgaire.

Prendre Rachida Dati comme ministre de la justice, c'est très vulgaire.

Traiter ministres (le premier en tête) et conseillers comme de la merde, c'est vulgaire.

Porter plainte à tout bout de champ et trainer les porteurs de pancartes devant les tribunaux, c'est vulgaire.

Faire virer un journaliste qui publie une photo de sa femme avec son amant, c'est vulgaire.

Prendre femme après l'avoir vu nue sur internet, c'est très très vulgaire.

Mettre à l'abri de l'impôt les plus grosses fortunes de France, c'est vulgaire.

Avoir un fils qui épouse l’héritière Darty, c’est d’un commun !

...

On pourrait multiplier les signes de vulgarité dans la vulgate sarkozienne !

 

Marianne cependant n'avait peut-être pas tout à fait tort. Toujours sur Wikipedia, à propos de la vulgarité, au paragraphe "Pathologie", on peut lire :

 

Certaines affections mentales, syndrome de Gilles de La Tourette par exemple, ou certaines formes de la dépression, sont souvent la cause de débordements d'injures et d'expressions vulgaires (coprolalie), involontairement proférées.

 

Il y a parfois de l'élégance dans le verlan du 93, il y a souvent de l'indécence dans le discours et le comportement sarkozien. Je dis bien indécence, c'est à dire impudeur, inconvenance, incorrection...

 

Je déteste la vulgarité des puissants, c’est une forme de mépris envers le vulgum pecus (vulgare pecus préfèrent les latinistes).

 

 

plus d'infos 0 commentaires

lun

29

mar

2010

Recherche agronomique et lutte contre la faim dans le monde

 

Le 1er rendez-vous mondial de la recherche agronomique pour le développement
se déroule actuellement à Montpellier
(du 28 au 31 mars 2010).

 

Plus de 600 participants sont présents. Ils viennent d’une centaine de pays du Nord et
du Sud : représentants des organisations et coopératives paysannes, décideurs politiques nationaux et internationaux, dirigeants d’organisations internationales (notamment des agences des Nations-Unies), représentants des 15 centres internationaux de recherche agricole du GCRAI (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale), organismes de recherche et universités du Nord et du Sud, organisations de la société civile, représentants du secteur public, organisations non gouvernementales, entreprises du secteur privé, investisseurs et donateurs, fondations  (Bill & Melinda Gates, Rockefeller), etc.


L’objectif de la GCARD est de construire un nouveau système mondial de recherche
agricole pour le développement  des populations les plus pauvres, en particulier les agriculteurs du Sud, en mobilisant l’ensemble des acteurs impliqués dans la recherche agricole internationale.

 

Les thèmes suivants seront abordés :


· Que faut-il faire pour augmenter la production alimentaire tout en réduisant l’impact
environnemental de l’agriculture ?
· Comment les investissements en agriculture peuvent-ils mieux profiter aux agriculteurs pauvres?
· Quel va être le rôle de la Chine, du Brésil, de l’Inde et de la Russie dans le « nouvel ordre agricole » ?
· Comment un monde confronté à de sévères contraintes de ressources naturelles pourra-t-il nourrir plus de gens ?
· Le changement climatique, les biocarburants et la crise énergétique sont autant de nouveaux défis pour l’agriculture. En même temps, jusqu’à il y a peu, les investissements mondiaux en agriculture étaient en chute libre depuis 20 ans. Comment l’agriculture doit-elle s’adapter dans les différentes régions du monde ?
· Comment la science et l’innovation peuvent-elles multiplier nos chances de relever ces défis ?

 

On compte, dans la capitale régionale du Languedoc Roussillon la plus grande communauté scientifique mondiale dans les domaines de l'agriculture, de l'alimentation, de  la biodiversité,  regoupés autour du pôle scientifique Agropolis qui présente une offre de formation sans équivalent en Europe.

 

Agropolis pilote le projet Pl@ntNet qui a pour objectif principal la création d'une plateforme informatique destinée à faciliter l'acquisition et l'exploitation collaborative de données sur le monde végétal par trois grandes catégories d'acteurs : scientifiques, gestionnaires et citoyens.

 

Les besoins croissants de synthèses pour répondre aux principaux défis mondiaux qui impliquent le règne végétal nécessitent la collecte de masses importantes de données, et une meilleure utilisation des données existantes. Les outils informatiques de gestion et d'exploitation que Pl@ntNet va mettre au point et diffuser concerneront des données de toute nature (herbiers, photos, distribution géographique, identifications, génétique, phénologie, écologie, usages et productions, etc.).

 

Ces outils seront en libre accès, utilisables directement sur la plate-forme ou hors-ligne, et permettront aux utilisateurs de gérer individuellement leurs propres données botaniques, puis, s'ils le souhaitent de les échanger avec d'autres utilisateurs, qu'ils soient scientifiques, professionnels de l'environnement ou amateurs. Les données accumulées seront ainsi mobilisables pour des projets de science citoyenne, par exemple pour la réalisation de flores, d'index taxinomiques ou de supports de formation interactifs.

 

Il s'agit donc d'un outil puissant au service du développement des pays émergent.

 

 

Site officiel : www.gcard2010.net

plus d'infos 0 commentaires

mer

24

mar

2010

Au fil des jours : charité vs solidarité

 

Je ne me suis guère passionné pour les élections régionales (d'ailleurs, les écolos et la gauche ayant été éliminés, je n'ai pas voté au second tour). Dimanche dernier, face aux candidats sarkozystes, même un bourricot aurait gagné ! Mais cela n'annonce en rien la défaite de Sarko en 2012. Il faudra attendre et voir si gauches et écologistes sont capables de présenter une alternative crédible et un candidat présentable…

 

Le score élevé du FN n'est pas vraiment surprenant. Les campagnes sur l'insécurité et le pitoyable débat sur l'identité nationale ont ramené au bercail ceux qui souffrent le plus de la crise. Il est peu probable que le verbe sarkozien puisse les mystifier une deuxième fois.

 

La vraie victime de la débâcle électorale de la droite est la taxe carbone, dont la fin était d'ailleurs inscrite dans les attendus de la décision du Conseil constitutionnel qui soulignait les multiples exemptions dont bénéficiaient les plus gros pollueurs, ce que j'avais dénoncé ICI. Il est vrai que l'échec du sommet de Copenhague donne des arguments aux productivistes à tout prix et encourage les négationnistes du réchauffement climatique. Les multiples contre-vérités, détournements de résultats, trucages... utilisés par Claude Allègre dans son dernier bouquin (L'imposture climatique) sont dénoncés un peu partout dans le monde (y compris par ceux qu'il enrôle dans son camp). Hélas, quel lecteur non averti peut se pencher sur des extrapolations fantaisistes de courbes et de graphes (voir encore ICI) !

 

J'ai suivi de beaucoup plus près l'impitoyable bataille livrée aux USA par Obama pour  faire passer sa réforme du système de santé.

Qualifié (évidemment) de sale nègre, de marxiste, de fasciste et pire d'européen (!), Obama a dû engager le fer avec les conservateurs et tous ceux pour qui l'Etat américain doit se résumer au Pentagone.

Pour ces enragés, tous les moyens sont bons : les mensonges les plus invraisemblables, véhiculés notamment par la chaîne de télévision Fox (son éditorialiste commence par donner son point de vue puis choisit dans l'actualité uniquement ce qui le conforte… notre JPP de TF1 puissance 10 !), l'appel à la haine raciale et pratiquement au meurtre.

 

C'est une véritable fatwa que les ultras ont lancé sur internet contre Obama... que l'on espère mieux protégé que les Kennedy. Ces américains sont souvent des chrétiens fondamentalistes, héritiers des premiers puritains, qui considèrent que la pauvreté est un pêché, une malédiction divine auquel l'Etat n'a pas à remédier. La charité chrétienne s'exerce par des actions individuelles déclaraient les manifestants devant la Maison Blanche.

 

Partout dans le monde l’heure est au repli sur soi, à la défense de SES valeurs qui seraient menacés par l'Autre, par le métèque. A la solidarité on préfère la charité (chrétienne ou… islamique) : on donne pour Haïti, pour le téléthon, pour les chiens d'aveugles (comme moi !)... pas trop pour la lutte contre le SIDA (faut pas exagérer non plus !). On préfère des dons déductibles des impôts à une plus grande justice fiscale et à une aide au développement des pays pauvres !

 

Heureusement pour nous consoler en ces temps difficiles il nous reste les poètes. La mort de Jean Ferrat m’a incité à relire quelques belles pages (et à l’écouter !). En voici une :

 

J’aimais grandir en même temps que le matin,
Me gorger au soleil, en plein bonheur de sel
Et de soleil, de vague et de clarté marine.
C’est dans ce long déploiement de l’écume
Que mon cœur a fondé son mouvement :
Suivre pour grandir le profond paroxysme
Et puis mourir en se répandant sur le sable.

 

Pablo NERUDA, Mémorial de l'Île Noire

plus d'infos 0 commentaires

mar

23

mar

2010

L'âne vétu de la peau du lion

 

  L'ANE VETU DE LA PEAU DU LION



        De la peau du Lion l’Âne s’étant vêtu
                 Etait craint partout à la ronde,
                 Et bien qu’Animal sans vertu,
                 Il faisait trembler tout le monde.
        Un petit bout d’oreille échappé par malheur
                Découvrit la fourbe et l’erreur.
                Martin fit alors son office.
        Ceux qui ne savaient pas la ruse et la malice
                S’étonnaient de voir que Martin
                Chassât les Lions au moulin.

               Force gens font du bruit en France
        Par qui cet apologue est rendu familier.
               Un équipage  cavalier
               Fait les trois quarts de leur vaillance.

 

Jean de La Fontaine

plus d'infos 0 commentaires

mar

16

mar

2010

Ferrat le Juste

 

Ferrat faisait partie de ces interprètes que je n'ai jamais cessé d'écouter.

Ferrat faisait partie du cercle très restreint des hommes publics que je n'ai jamais cessé de respecter (peut-être justement parce qu'il était fort peu "public" !).

 

Ses chansons ne portaient pas un message mais le témoignage de la dureté des temps, de la folie des hommes, de la beauté et de la grandeur de la nature, de la puissance de l'amour ; il perpétuait  ainsi cette tradition de la chanson française incarnée au Moyen-âge par les troubadours.

 

J'entendais lors d'un hommage à la télé une anonyme déclarer "il n'y a rien à jeter chez Ferrat...". Je suis comme elle, je prends tout : l'homme sincère et honnête, le chanteur engagé, la poésie, la voix, les mélodies.

 

L'émotion suscitée par sa disparition montre qu'il y a encore la place pour l'authenticité dans ce pays, pour la poésie... que les forces de l'esprit et du cœur résistent face aux forces de l'argent.

 

 

plus d'infos 0 commentaires

jeu

11

mar

2010

Soumission

 

Quand j'ai décidé de créer ce site, il y a presque deux ans, le premier thème que j'ai souhaité aborder concernait la soumission. On trouvera notamment quelques réflexions sur ce vaste sujet dans  Les moutons de Panurge et les Rebelles.

 

Ma première véritable dissertation au lycée concernait un passage de Gargantua à propos de l'abbaye de Thélème (fais ce que tu voudras). François Rabelais (Alcofribas Nasier) devint -pour quelque temps- un de mes auteurs classiques préférés, c'est à lui que j'ai fait référence en inaugurant ces pages.

 

  La soumission à l'autorité, à l'ordre, aux dogmes, au chef… est un comportement qui m'a toujours fasciné, pour de multiples raisons.

 

L'exercice de ma profession tout d'abord qui, à travers ses divers aspects, m'a donné un excellent aperçu de ce que peuvent être les relations humaines au sein d’une communauté hétéroclite (de près de 1500 personnes, de la femme de ménage au président d'université), où la gestion des carrières est régulée par le mécanisme de la cooptation (recruté et promu par ses pairs).

Je dois dire que ce que j'ai pu observer dans ce microcosme n'a cessé de m'étonner - souvent de me consterner- et en tout cas permis de vivre, presque au quotidien, la mise en œuvre des mécanismes de soumission et de domination...  pas toujours corrélés (loin s'en faut !) à la compétence ou au mérite des uns et des autres.

Voir de grands professeurs pérorant dans les amphis et les laboratoires, se transformer en carpette face au mandarin dominant dans des aréopages plus huppés, est un spectacle qui en dit long sur nos comportements !

 

L'intérêt que j'ai pu porter à la chose publique, ensuite. Naïf que j'étais, j'ai longtemps crû à la sincérité de tous les hommes qui portaient mes couleurs. Mais le même comportement moutonnier des adeptes devant les chefs et les dogmes, m'ont toutefois évité l'adhésion à un quelconque parti politique et fait claquer la porte du principal syndicat de l'enseignement supérieur.

 

Enfin, quand on a une passion pour l'histoire, il est évident que le thème de la soumission à l'ordre et à l'autorité ne cesse de vous interpeler. Bien sûr on peut citer l'ignominie du nazisme (combien de français, combien de nos parents, de nos grands-parents se sont révoltés en voyant leurs amis de la veille, leurs voisins, leur médecin... porter l'étoile jaune... mais MOI qu'aurais-je fait ?), des fascismes, des colonialismes… mais de l'autre côté l'histoire témoigne aussi que de grands idéaux, de justes révoltes, des révolutions... ont accouché trop souvent de tyrans : 1789 conduit à Robespierre puis à Bonaparte, 1848 à Napoléon III, 1905 et 1917 à Staline, la défaite de l’impérialisme américain à Pol Pot.

 

L'homme a toujours eu besoin de figures tutélaires : les dieux, un Dieu, le chef, le führer, le maréchal, le père des peuples, le Duce, le guide suprême... et beaucoup sont prêts pour cela, quand l'occasion se présente, à gravir les pires degrés de l'abjection.  

 

C'est un fait, l'homme a besoin de dominer et d'être dominé. S'agit-il d’un comportement inné ?

Certains interprètes mal intentionnés de Darwin ont développé plusieurs concepts pour justifier scientifiquement la domination par une élite d'une masse jugée moins capable. Ce darwinisme social considère légitime que les ethnies et les individus les plus faibles disparaissent et laissent la place aux hommes les mieux armés pour survivre. Il justifie ainsi le colonialisme, l'eugénisme, le fascisme et bien sûr le nazisme.

 

 S’agit-il au contraire d'un conditionnement, comme La Boétie  le disait si bien il y a plus de quatre siècles :

 

Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent avoir d'autres biens ni d'autres droits que ceux qu'ils ont trouvés ; ils prennent pour leur état de nature l'état de leur naissance. Discours de la servitude volontaire.

 

La Boétie avait déjà éventé le secret de toute domination : faire participer les dominés à leur domination

 

C’est ce thème de la soumission que France 2 explore, ce mercredi 17 mars, sous forme d’un « jeu » assez terrifiant (jusqu'où va la télé?) qui reprend  l'expérience de Milgram que j’ai décrite ICI. Dans cette expérience l'autorité était représentée par l'université (le Savoir), dans le jeu c’est la caméra et le présentateur qui jouent ce rôle. Le résultat est à peu près le même... en pire

 

 

 

plus d'infos 0 commentaires

lun

01

mar

2010

Intégrisme : après les OGM, la vaccination... les nanotechnologies !

 

J'ai assez longuement parlé sur ce site des nanosciences qui couvrent aujourd'hui un large spectre du domaine scientifique et débouchent sur des applications multiples (les nanotechnologies) : médicales, micro (nano) électroniques, informatiques, matériaux, produits de la vie courante...

J'ai rappelé également que l'utilisation banalisée de particules nanométriques -c'est à dire de la dimension de l'atome- posait évidemment des problèmes de sécurité sanitaire et environnementale.

Or les études sur la toxicologie et l'éco toxicologie des nanoparticules relatives à l'usage dans la vie quotidienne sont très insuffisantes : 3% seulement des budgets publics de recherche sur les nanotechnologies leur sont aujourd'hui consacrés. 

Les applications informatiques, peuvent impliquer  de possibles atteintes aux  libertés individuelles, liées à la mise au point de dispositifs de surveillance indétectables.

Enfin si le  domaine médical, fait naître l'espoir de nouvelles approches thérapeutiques (imagerie plus précise, médicaments plus sélectifs, traitement possible de troubles neurodégénératifs…), il fait craindre à certains l'émergence de nouveaux  Dr Frankenstein  intervenant sur le cerveau pour créer des "hommes augmentés »,  des cyborgs !

Il était donc urgent  de confronter les points de vue des scientifiques, des médecins, des associations concernées par les problèmes environnementaux, des politiques...

 

C'est ce qu'a tenté de faire le CNDP, (Commission Nationale du Débat Public) a travers une campagne d'information et des débats décentralisés.

Le champ du débat était bien sûr très large puisqu'il concernait les nanosciences, les nanotechnologies et  toutes leurs applications dans les domaines scientifiques, techniques, industriels et économiques.

Le site du CNDP "Nanotechnologies présente les informations, les éléments concernant ce débat qui vient de s'achever (provisoirement), les interventions de scientifiques de haut niveau dans différents domaines, d'écologistes...


On y trouvera des contributions à propos :

- des risques sanitaires qui peuvent en résulter pour les travailleurs, les consommateurs, le public en général ;
- des risques pour l’environnement que peuvent générer les produits des nanotechnologies tout au long de leur cycle de vie ;
- de l’impact que peuvent avoir les nanotechnologies sur notre vie quotidienne, sur notre santé et  en termes de développement durable ;
- des questions éthiques qu’elles soulèvent : protection des libertés individuelles,  limites de l’intervention sur le vivant…


  Le but de ces échanges était de proposer des mécanismes de contrôle, de régulation et de gouvernance  pour maîtriser le développement des nanotechnologies.

 

Malheureusement cette session "nano", a été tronquée par le boycott de nombre d'associations, par les violences physiques et verbales qui ont perturbé (voire empêché des réunions) et s’est terminée dans la confusion.

Peu importe les responsabilités des uns et des autres et du gouvernement qui n’a pas su garantir l’objectivité et l’intérêt de ces travaux (certains étant persuadés que les décisions étaient déjà prises), on ne peut qu’être consterné par l’intégrisme de certains pseudo écologistes, totalement incultes scientifiquement, qui, a priori, refusent tout débat et dont le leiv motiv est systématiquement : moratoire, moratoire, moratoire !

Devrait-on pour leur complaire organiser un moratoire sur le traitement du cancer ! Tous les malades qui souffrent, qui sont mutilés, les familles de ceux qui nous quittent, tous ces enfants meurtris apprécieraient !

 

D’un autre côté, trop de savants s’assoient systématiquement sur le principe de précaution, dont j’ai beaucoup parlé sur mon blog, et provoquent en retour des réactions hystériques.

Micro-ondes pulsées (ICRW) ou pollution électromagnétique en général, vaccins, OGM, nanotechnologies… suscitent des peurs parfois légitimes, mais surtout alimentent les fantasmes et ressuscitent des mythes. Difficile dans ces conditions de se tenir dans le champ du rationnel !

Sur tous ces sujets il suffit de consulter les forums sur Internet pour mesurer le chemin à parcourir et le travail à accomplir dans le domaine de l’éducation de nos concitoyens. J’ai ainsi pu lire à de multiples reprises que la vaccination avait tué beaucoup plus qu’elle n’avait sauvé de vies (les millions de victimes de la polio, de la rougeole, du tétanos, de la rage, du choléra, de la variole, de la typhoïde… avant la découverte de Pasteur, témoignent en effet de l’inutilité des vaccins !).

 

Je pense qu’il serait très utile que dans le cadre scolaire (au collège par exemple) soient organisés des débats avec les élèves sur tous ces sujets scientifiques, après une information la plus objective possible par des experts reconnus, des médecins, des associations… Cela se fait pour la drogue, la sexualité…pourquoi pas sur le thème « progrès scientifique, santé et environnement » ?

 

Revue bibliographique du CNRS à propos des nanos (uniquement en français)

 

Position de partis, associations… écologistes : Ecologie sans frontière ,  Les Amis de la Terre, Les Verts.

plus d'infos

ven

26

fév

2010

L'honneur perdu des Français

 

« J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère ! La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave, un sergent de ville cru sur serment, un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible ; tant qu'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable ! »

Jules Vallès

 

Je suis de gauche, tous ceux qui ont parcouru ce site en sont je suppose convaincus !

 

Pas de cette gauche d'appareil qui se pâme à chaque victoire électorale en beuglant "On a gagné !", mais d'un peuple de gauche qui se réfère à des valeurs simples, toutes inscrites dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et que résume parfaitement notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité", triptyque qui évidemment ne peut se concevoir sans le quatrième mousquetaire qui s'appelle "JUSTICE".

 

Si l'on veut absolument que j'évoque des hommes qui, dans l'histoire récente, ont incarné en France, au moins en partie ces idéaux, je citerai Montesquieu, Diderot, Condorcet, Blanqui, Hugo, Jules Vallès, Jaurès. Je rajouterai Blum pour les congés payés, Jean Moulin et la Résistance, Mendès-France pour son anticolonialisme, Mitterrand pour l'abolition de la peine de mort et le RMI, Jospin pour la CMU.

 

Autant dire que je me sens fort éloigné d'un parti de gauche truffé de coquins et de faquins, de grands féodaux populistes, qui dans leur gestion et leur comportement foulent au pied les principes dont ils se réclament... pour être élus. Frêche et ses vassaux sont l'archétype de la déliquescence de la gauche aujourd'hui.

 

Hélas je ne crois plus depuis longtemps au miracle d'un pouvoir de gauche renversant les priorités de la société actuelle, toute entière tendue vers le profit à tout prix. Il y a trop longtemps que la réussite sociale est déconnectée des valeurs morales et humanistes (le mérite, l'esprit civique, le respect d'autrui, la solidarité, l'honnêteté ...).

Le carcan de l'Europe verrouille de toute façon toute velléité d'amender le système ultra libéral qui fait de notre continent une sous-Amérique.

 

Que nous reste-t-il donc à défendre ?

 Si nous pouvons malheureusement peu pour l'égalité,  agissons au moins pour plus de justice, pour plus de liberté, pour plus de fraternité.

 

Avec le gouvernement Sarkozy il y a beaucoup à faire sur tous ces plans !

- pour la justice, avec la suppression du juge d'instruction,

- pour la liberté, avec le contrôle de tous les media, de l'ensemble de l'appareil exécutif, législatif et judiciaire, c'est à dire de facto avec la disparition du principe fondamental de la République : la séparation des pouvoirs,

- pour la fraternité, car Nicolas Sarkozy déshonore la France et les Français en bafouant ouvertement les droits élémentaires de l'Homme et du Citoyen. Le mouvement de révolte d'associations de toutes tendances comme la Cimade, RESF (Réseau Education Sans Frontières), le Secours Populaire, le Secours catholique... et de simples citoyens (qui cachent des malheureux pourchassés par la police), devant le traitement ignoble infligé à des réfugiés ou des sans-papiers, témoigne de ce scandale.

 

Aujourd'hui c'est toute une Université (Pau et les Pays de l'Adour) qui proclame sa volonté de protéger deux jeunes comoriennes en violant les lois de Sarkozy. Plus de la moitié du personnel a signé une pétition dans ce sens et les soutiens affluent de la France entière.

 

J'espère que cet appel à la désobéissance civile sera massivement suivi. D'ailleurs dès l'arrivée de N. Sarkozy au ministère de l'Intérieur, nous avons été un certain nombre de responsables d'Université à refuser l'injonction des préfets concernant la mise à disposition des notes d'étudiants étrangers. Il faut que cela s'amplifie.

 

La gauche, la vraie, a donc du pain sur la planche... ce que veulent nous faire oublier les media avec la pantalonnade autour de G.Frêche, le parrain du Languedoc... qui du coup se découvre des ambitions nationales ! Avec la beaufitude actuelle il peut nourrir quelques espoirs et aider Sarkozy à éliminer le candidat PS dès le premier tour.

plus d'infos

ven

19

fév

2010

Au fil des jours : science, conscience

 

J'ai mis beaucoup de temps à lire les chroniques de MDA sur Libé : "K, histoires de crabe". Trop dur, trop cru, trop évocateur de souffrances de proches. Trop impudique ?

Et j'ai donc commencé par regarder les commentaires - presque toujours de femmes- qui m'ont bouleversé. Toutes ces femmes, souvent blessées, mutilées, désespérées, au bout du rouleau, trouvaient, paradoxalement, dans ces quelques lignes des raisons de lutter, de croire que le combat n'est jamais vain.

Parfois, un silence de quelques jours de la blogueuse, puis les retrouvailles et la joie des lectrices devant un signe de vie qui peu à peu ne devient qu'un souffle...

 

Le dernier post (18 février), dans lequel MDA annonce son admission en soin palliatif, dit ceci :

 

... «Et je t'écoute», dit le sténographe.
«Et nous voilà bien», lui répondis-je.

«Nous» étant respectivement Pierre Marcelle et moi-même, MDA, en direct de l'hôpital des Diaconesses, dans le 12e arrondissement de Paris. J'y étais transférée hier, de Saint-Louis, pour améliorer la prise en charge et la mise en place du traitement antidouleur. C'est au premier étage d'une unité de soins palliatifs, mais je ne suis pas encore morte.

Et tenais à vous le dire, haut et fort."

 

Voici un des 217 commentaires :

 

"Appel aux médecins qui soignent Marie-Dominique aux Diaconesses,

Faites tout ce qu'il faut pour que notre diamantaire puisse donner de ses nouvelles de temps en temps, qu'elle puisse lire les messages que nous lui adressons, et surtout qu'elle puise dans l'espace entre nos mots tout ce qui n'a pas de nom mais une profonde force d'existence.

S'il vous plaît, merci."

 

La recherche progresse, certes trop lentement, mais chaque jour de nouvelles molécules entrent dans la danse -hélas trop souvent encore macabre- Les mécanismes des processus de cancérisation sont de mieux en mieux connus, mais leur complexité, leur diversité, indiquent que le chemin est abrupt, semé d'embûches et que la fin de la course n'est pas encore en vue.

 

Un chercheur, que j'ai croisé quelques fois dans mon université (c'était aussi notre hôte lors des soirées du président, fin juillet, à la station marine de Sète qu'il dirige), vient de faire parler de lui. Refuser une prime de 15 000 euros pour un fonctionnaire du CNRS (cela représente à peu près 3 mois de salaire pour un chercheur émérite en fin de carrière), cela semble incongru dans un monde où un trader peut encaisser un demi million d'euros pour avoir boursicoté avec l’argent des autres !

 

Sa motivation, et celle de quelques autres, n'est certes pas de faire la une des media, mais de souligner que la distribution de prix et de primes pour certains (pour acheter leur silence ?) ne saurait faire oublier la précarisation qui s'amplifie pour les jeunes chercheurs brillants, qui commencent à s'exiler en masse... et désertent leur labos !

 Pourquoi rester en France sur un emploi précaire quand, dans les mêmes conditions, on vous offre un salaire trois fois plus élevé aux USA, en Suisse, au Japon et ailleurs ! Evidemment c'est tout bénéfice pour ces pays là qui n'ont pas eu à former une main d'œuvre de haut niveau prête à l'emploi mais un appauvrissement pour la science et la culture de notre pays.

 

Dans le privé, c'est pire ! Total et Sanofi-Aventis, qui viennent d'annoncer des bénéfices record, licencient à tour de bras et suppriment des postes de chercheurs. Ces grosses boites préfèrent sous-traiter avec des labos publics ; ils profitent ainsi d'infrastructures lourdes à des prix défiants toute concurrence. Les labos universitaires dont les crédits récurrents (ministère plus INSERM, CNRS ou INRA...) sont dérisoires, sont trop heureux d'accepter des financements qui représentent pour les grosses unités plus des 2/3 de leur budget. La contrepartie implicite fut pendant quelque temps l'embauche des meilleurs éléments après la thèse, période révolue.

 

La bouffonnerie qui affecte ma Région autour de Georges Frêche et des élections régionales, me conforte dans mes sentiments de rejet vis à vis du personnel politique actuel et de la façon dont fonctionne notre démocratie. Mais s'agit-il encore d'une démocratie ?

Un équilibre délétère semble s'installer entre un pouvoir central de droite entièrement contrôlé par un autocrate mégalomane et quelques grands féodaux "de gauche" avant tout soucieux de leur baronnies.

Cela ressemble terriblement à l'époque prérévolutionnaire. La seule différence est que le pouvoir de l'un et des autres est légitimé par un vote.

 

Les Français sont-ils donc des cons à 90% comme l'affirme Georges Frêche ou tout au plus des veaux comme le disait le général De Gaulle, pour reconduire ces gens là, pour accepter passivement ce système là ? Ou alors résignés, désabusés, dégoûtés, désespérés, absorbés par leur quotidien, convaincus que le politique ne peut plus rien pour eux ?

 

Mais pour moi, à la Une du 19 février 2010, il y a les 50 ans de Marie ! Hier, à 50 ans, une femme était surtout une grand-mère ; aujourd’hui c’est une pin-up hyperactive qui est souvent en plus... grand-mère !

La science y est pour quelque chose. Bien entendu je ne parle pas de la chirurgie (in)esthétique !

 

plus d'infos 0 commentaires

mar

09

fév

2010

Année du Tigre et biodiversité

 

Zodiaque chinois (VIème siècle), la légende :

 


Une nuit de Nouvel An, l'Empereur de Jade invita tous les animaux de la terre à lui rendre visite. Seuls, douze d'entre eux obéirent.
L'énergique buffle ouvrit la marche tout le long du chemin, mais il ne s'était pas aperçu que le rat, rusé, s'était perché sur lui. Au moment d'arriver devant l'empereur, le rat sauta devant le buffle et l'empereur le vit en premier.

Arrivèrent ensuite le Tigre souriant, le Chat (ou lapin) prudent, l'étincelant Dragon, le sage Serpent, le Cheval talentueux, la Chèvre sensible, le malin Singe, le Coq fier, le Chien fidèle et pour finir le Cochon scrupuleux. En guise de remerciement, Bouddha instaura une année « symbolique » en l'honneur de chacun de ses visiteurs Et il décréta que chaque nouveau-né hériterait désormais des caractéristiques de l'animal de son année de naissance.

 

2010 est l'année du Tigre. Que disent les spécialistes ?

 

L'année du Tigre sera généralement marquée par une fébrilité inhabituelle dans tous les domaines. Tout sera remis en question ; ce sera le règne du progressisme.

 

Voila qui me met l'eau à la bouche ! Poursuivons :

 

Si votre bébé vient au monde cette année pendant le jour, c'est-à-dire entre le lever et le coucher du soleil, il sera mieux armé pour la vie que s'il naît pendant la nuit.

Le tigre s'accommode mal de la nuit ; l'obscurité le gêne et la lune le paralyse. C'est pourquoi, en Extrême-Orient, on ne fait la chasse au tigre qu'après le coucher du soleil ; si vous braquez votre torche électrique sur un tigre, il en sera hypnotisé et vous pourrez l'abattre ou le prendre au filet sans trop de peine.

 

C’est là que le bât blesse, car si L'Empereur de Jade pouvait aujourd'hui encore convoquer les animaux de la terre, il aurait peu de chance de voir accourir le "Tigre souriant" !

En cette année de la biodiversité, les études les plus sérieuses évaluent en effet à 2000 le cheptel de tigres sauvages sur l'ensemble de la planète.

 

On peut lire ceci dans le journal Le Monde de ce jour :

 

Mais selon des statistiques de l'an 2000, il resterait seulement une quinzaine de tigres du Bengale au Tibet, dix tigres d'Indochine dans le sud-ouest du pays et une vingtaine de tigres de Sibérie dans le Nord-Est. Le tigre du sud de la Chine pourrait déjà avoir disparu. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), aucun n'a été aperçu depuis la fin des années 1970, alors qu'ils étaient encore quelque quatre mille dans les années 1950. Leur rapide disparition est à attribuer à la chasse, mais aussi à la dégradation de leur environnement naturel.

 

Voila à quoi conduit l'utilisation intensive de la torche électrique !

 

Du côté de Sumatra on craint que l'année du Tigre ne soit fatale pour les survivants du génocide. Aussi les autorités proposent aux particuliers l'adoption des bébés tigres nés en captivité.

J’espère que notre BB nationale se portera candidate pour accueillir dans son Arche de Noé cette espèce menacée... beaucoup plus menacée en tout cas que les ovins qui lui permettent à chaque fête de l'Aïd, d'entonner son petit couplet raciste anti-arabe !

 

Il faut bien se faire une raison : notre époque n'est plus celle des tigres (et des dragons) et le cochon n'est plus scrupuleux mais bourré d'hormones et d'antibiotiques !

 

J'allais écrire : nous voici plutôt à l’époque des requins... sauf que pour les requins aussi les pronostics sont sombres :

 

Certains pays s'obstinent encore à pêcher les requins en masse et mettent en danger non seulement le Grand Blanc, mais plus de 40 autres espèces. Quel est le prédateur le plus à craindre ici? Une cinquantaine d'attaques de requins sur les humains sont recensées en moyenne chaque année dans le monde et font en moyenne 6 victimes. En comparaison, il a été estimé que 100 millions de requins sont tués par les humains tous les ans aux quatre coins du globe! A ce rythme là, nous mettons en danger l'équilibre de l'écosystème marin.

 

Voici ce que l'on peut tirer d'un requin :

 

    -  les yeux : fabrication de cornée pour transplantations,
    -  le cartilage : traitements pharmaceutiques (brûlures) et dérivés biochimiques,
    -  les nageoires : utilisation culinaire,
    -  la peau : cuir, abrasifs, chagrin,
    -  la chair : viande consommable, nourriture pour les animaux, engrais et fertilisants,
    -  le foie : vitamines A et D, scalène, huile utilisée pour la création de lubrifiants, de peintures, de cosmétiques...    
    -  l'estomac : création de plastomères, nourriture,
    -   le sang : anticoagulants,
    -   la mâchoire et les dents: bijoux, bibelots et armes.

 

Aujourd'hui, il est très possible de créer des produits de synthèse (huiles, tissus, vitamines...) sans avoir à puiser dans les produits animaliers.

 

Il est important de souligner que le requin est au sommet de la chaîne alimentaire dans l'océan et sa quasi-disparition, avec des millions de bêtes tuées chaque année, entraînera nécessairement des pertubations sans doute irréversibles dans l'écosystème des océans.

 

Comme la mode est au "bio" (ce qui conduit parfois, comme ici, à des monstruosités) on peut en effet craindre pour le requin et pour beaucoup d'autres espèces animales ou végétales et donc pour la biodiversité. Voila un paradoxe lié à un effet d'aubaine et à un charlatanisme amplifié par Internet. Méfiez vous du bio : les nouveaux marchands du Temple sont aux manettes !

plus d'infos 0 commentaires

lun

08

fév

2010

Syndrome de Stendhal : Venise ou Florence?

plus d'infos 0 commentaires

lun

01

fév

2010

L'ogre de Montpellier

 

L'affaire Frêche illustre de façon caricaturale ce qu'est aujourd'hui un grand parti politique « de gouvernement » en France : un conglomérat de féodalités, un ensemble de fiefs de plus ou moins grande importances, tenus par quelques seigneurs et leurs vassaux.

 

Plus le seigneur est puissant en terme de postes à pourvoir au sein de collectivités, de services publics, d'associations diverses... plus les affidés sont nombreux, plus les « militants » à l'affut de quelques prébendes, se bousculent.

 

Frêche est un Defferre à la puissance 10 qui n'a pas tiré sa légitimité de la Résistance mais d'une réussite exceptionnelle dans la construction d'une métropole régionale, Montpellier, qui n'était qu'une petite ville de province endormie quand il mit fin au règne de la droite locale, fortement marquée par les séquelles de la guerre d'Algérie.

 

L'habileté de Frêche fut de prendre la ville avec l'appui de la gauche la plus radicale, parfois engagée dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie... tout en cherchant l'appui des pieds-noirs et des harkis fort nombreux à Montpellier. Un ancien membre de l'OAS figurait d'ailleurs sur sa liste lors de la première campagne, en 1977.

 

Sur le plan politique la méthode Frêche était exposée dès l'entrée en matière : le PS comme bras armé, des réseaux souterrains constitués sans état d'âme de l'ensemble du spectre des notables locaux : gaullistes de gauche, francs-maçons, communauté juive, pieds-noirs, harkis, universitaires, grands commerçants... utilisés comme forces d'appoints lors d'élections jamais gagnées d'avance.

 

Car si la brillante réussite de Georges à Montpellier lui permit de faciles réélections à la mairie, il perdit plusieurs batailles législatives et régionales face à deux adversaires pugnaces : un socialiste rural à l'ancienne, Gilbert Saumade, et un filou de la droite populiste allié au FN, Jacques Blanc, le Napoléon de La Canourgue.

 

Gilbert Saumade, président du conseil général, avait l'appui de François Mitterrand qu'il recevait à chacune de ses escales à Montpellier. Le président se méfiait comme de la peste de G. Frêche, qui n'eut jamais le maroquin qu'il escomptait. Le maire de Montpellier a la rancune tenace : aujourd'hui à l'hôtel de Région, une sorte de placard porte le nom de l'ancien président !

 

Mitterand disparu, Frêche finit par se débarrasser de Saumade, sans aucun doute plus populaire et plus avenant, mais plus âgé et moins combatif. On vit alors les troupes du perdant, qui la veille encore abreuvaient d'injures le seigneur de Montpellier, rallier le vainqueur avec armes et bagages. Non par fidélité à un drapeau comme le confiaient certains, mais souvent pour conserver un poste, continuer à placer un fils, un cousin, une maitresse, un ami, un ami d'ami....

 

Les soi-disant militants PS de l'Hérault sont en grande partie des obligés de Georges et de ses amis. Certes il existe des purs qui au soir de chaque scrutin interne ne peuvent que constater les multiples tripatouillages, validés par un premier secrétaire homme de main de l'ogre de Montpellier. Quand la fédération de l'Hérault parle d'un plébiscite en faveur de Frêche pour la candidature aux élections régionales (avec 50% de votants avoués, combien en réalité ??) cela ne fait plus sourire personne.

 

Le cercle de ceux qui doivent tout à Georges Frêche s'est donc singulièrement étendu depuis son élection à la Région. Aujourd'hui des anciens Verts et des communistes sont sur sa liste (dont l'ancien ministre Gayssot)... Certains diront que la soupe est bonne !

 

Georges Frêche est un homme à la culture encyclopédique, extrêmement intelligent, d'une vivacité d'esprit étonnante, qui méprise la plus part de ses serviteurs et estime que les français sont non seulement des veaux mais « à 90%, des cons ».

De fait, il a éliminé tous ceux ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre, à commencer par son premier premier adjoint, le gendre de Gilbert Sénès, homme de gauche authentique et courageux (il fût plastiqué par l'OAS). Christine Lazerges, Professeur de Droit à Montpellier puis à la Sorbonne, représentante typique de la bourgeoisie protestante locale, aux antipodes du seigneur local, qui fit un séjour remarqué, mais bref, à l'assemblée nationale, fut rapidement liquidée.

 

André Vezinhet et Hélène Mandroux, militants irréprochables du PS, respectivement, président du conseil général et maire de Montpellier par le bon vouloir du prince, lassés des sarcasmes et foucades de leur mentor, sont entrés en dissidence. Leurs fauteuils respectifs sont maintenant menacés.

 

Hélène Mandroux, qui n'a certes pas l'envergure d'un Frêche, a néanmoins surpris en étant brillamment élue à la mairie de Montpellier où elle est devenue très populaire. Son parcours militant et professionnel au sein de la cité de la Paillade lui vaut le respect de beaucoup de montpelliérains. Cette popularité ne pèse pas lourd pour l'instant face au rouleau compresseur frêchiste et son engagement au nom du parti dans les élections régionales contre le sortant, lui a valu aussitôt une mise en minorité à la mairie. Cependant cette femme est têtue et courageuse, les humiliations subies l'ont confortée dans sa volonté d'en découdre. Elle a peu de chances de détrôner l'ogre, mais elle peut le faire perdre avec l'aide des écologistes et du Front de Gauche de Mélenchon et Buffet.

 

Ainsi, hélas, va la politique. Si le cas Frêche peut sembler caricatural il n'est en fait que l'image, à peine déformée, de ce qu'est devenu le PS : un parti sans doctrine, sans autorité, sans patron, incapable de mettre un terme à des pratiques digne de la IIIème république, qui nuisent non seulement à la crédibilité de ce parti, mais aussi à toute la gauche et à l'action politique en général.

Il est très facile de traiter de populistes ceux qui dénoncent les comportements des hommes politiques, il est apparemment plus délicat de se débarrasser des potentats locaux qui bafouent les principes qui sont censés fonder leur engagement.

 

 

plus d'infos

mer

27

jan

2010

Au fil des jours : le meilleur et le pire

 

 

Le meilleur : enfin une piste sérieuse dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.

Je cite Le Monde.fr :

Le professeur Etienne-Emile Baulieu a annoncé, mardi 26 janvier, que ses équipes avaient fait une "découverte majeure" dans la recherche d'un traitement et de la prévention de la maladie d'Alzheimer et de plusieurs maladies neurodégénératives du même type. Les travaux du professeur Baulieu et de ses collègues de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont été publiés dans la revue américaine Proceedings of the national academy of sciences (PNAS).

 

Pourquoi sérieuse ?

- parce que le Pr Baulieu, membre de l'Académie des Sciences, connu pour la mise au point de la "pilule du lendemain", travaille à l'INSERM avec une équipe de haut niveau,

- parce que la revue PNAS n'a  pas pour habitude de céder au sensationnalisme,

- parce que les résultats annoncés concernent l’hypothèse la plus sérieuse à propos de l’origine de la maladie : la prolifération des protéines tau qui provoquerait un dysfonctionnement des synapses.

 

L'équipe du Pr Baulieu a identifié dans l'organisme une autre protéine qui peut interagir avec la protéine tau et diminuer ainsi sa concentration.

Il s'agit pour l'instant de test in vitro et il faut attendre maintenant les premiers essais sur des êtres vivants.

 

Le pire : les menaces d'un groupe d'islamistes envers l'iman de Drancy « coupable » d'avoir de bonnes relations avec les autorités religieuses juives et catholiques et d'être favorable à l'interdiction du port du voile intégral. Les extrémistes, frères musulmans, salafistes et autres, sont peu nombreux en France mais déterminés à faire taire ceux qui veulent faire émerger dans ce pays( mais aussi au Maghreb) un islam débarrassé des scories moyenâgeuses qui pourrissent la vie de beaucoup de musulman(e)s.

Au lieu de faire des moulinets devant les caméras, le président et ses affidés devraient rapidement mettre hors d'état de nuire ces excités, souvent manipulés.

 

Le meilleur : l'armée américaine a mis "le paquet" à Haïti en envoyant de gros moyens, y compris ses meilleurs hôpitaux militaires mobiles. Les humanitaires à la Kouchner -porteur de riz devant les caméras - ont été vexés et ont le culot de parler d'impérialisme !

 

Le pire : le ministre Besson en envoyant dans des camps de rétention les malheureux réfugiés kurdes échoués sur le rivage corse, a augmenté sa popularité chez les électeurs de l'extrême-droite... et la répugnance qu'il m'inspire. Le HCR a dû rappeler qu'il s'agissait là d'une violation des Droits de l'Homme. Fort heureusement tous les juges saisis ont ordonné la libération de ces otages du sarkozysme électoraliste primaire.

 

Le meilleur : trois très beaux films à l'affiche cette semaine : In the air, Océans et Le Refuge. Voila trois semaines que je n'avais rien eu à me mettre sous la dent !

 Je commencerai par In the air pour Georges Clooney, qui est pour moi le meilleur acteur américain, pour l'histoire qui témoigne de la dureté des temps et du cynisme du système libéral. Voici l'argument du film :

"Ryan Bingham sillonne les cieux américains et ne touche terre que dans des villes frappées par la crise. Là, pour le compte de directeurs des ressources humaines trop lâches pour affronter les salariés, il procède à des entretiens de licenciements."

Je verrai aussi Océans... pour l'océan, pour la beauté de la planète, pour Jacques Perrin et ses projets courageux.

Enfin je ne manquerai pas Le refuge pour Ozon (8 femmes) et surtout pour Isabelle Carré dont chaque apparition m'émeut.

 

Le pire : la presse américaine annonce que le célèbre golfeur Tiger Woods, admis en soins intensifs pour traiter son addiction au sexe, a reçu la visite de sa femme. L'hypocrisie de la "bonne" société américaine me sidère ! On bénit son armée qui viole et torture à tout va en Irak, massacre des populations en Afghanistan... on s'acharne sur un Polanski quarante ans après une partie de jambes en l'air avec une mineure qui n'avait rien d'une blanche colombe, on envoie un sportif aux urgences parce qu’il avoue quelques maitresses !

C'est aussi pour ça que j'aime Clooney : il revendique la même addiction... et sa volonté de ne pas se soigner !

Mais dans le même temps il réunit des millions de dollars pour Haïti et tape dans sa cassette personnelle...

 

Tartuffe, acte 3, scène 2  :

 

"Couvrez ce sein que je ne saurois voir:

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées"

 

Ah les faux-culs...

 

 

 

plus d'infos

dim

24

jan

2010

Cryptage et sécurité informatique

 

A l'issu d’un travail de recherche de plusieurs années, l’équipe du Dr Ross Anderson, de l’Université de Cambridge vient de mettre au point un dispositif trompant les terminaux de paiement en leur faisant croire que le code d’identifiant personnel du porteur de la carte a bien été validé.

Ce résultat est une illustration des problèmes que pose la sécurité informatique et le combat incessant entre les spécialistes du cryptage et les hackers, informaticiens de très haut niveau toujours plus performants. On connaissait déjà les "yescard" qui valident une transaction quel que soit le code secret utilisé.

Evidemment ces progrès du piratage inquiètent -quoi qu'elles en disent- au plus haut point les banques.

 

Mais ce ne sont pas que les banques qui sont en ligne de mire, tous les systèmes de protection concernant des données sensibles deviennent vulnérables (par exemple l'accès aux documents officiels, aux courriers électroniques sensibles... aux banques de notes dans les universités, etc....).

 

On connait cependant un codage indécryptable, appelé masque jetable, inventé par Gilbert Vernam en 1917. Il s'agit d'un système complexe avec une clef  dont les caractéristiques sont les suivantes :

  • La clé doit être une suite de caractères au moins aussi longue que le message à chiffrer.
  • Les caractères composant la clé doivent être choisis de façon totalement aléatoire.
  • Chaque clé, ou « masque », ne doit être utilisée qu'une seule fois (d'où le nom de masque jetable).

On cite souvent l'utilisation du masque jetable pour les communications entre Che Guevara, alors en Bolivie, et Fidel Castro.

 

Pour utiliser cette méthode sans risque, il faut faire parvenir la clef de chiffrement à son partenaire de manière absolument sûre; c'est le problème de la distribution des clefs, problème que la cryptographie quantique permet de traiter. Sur ce site j'ai notamment évoqué les travaux d'Alain Aspect et Philippe Grangier qui ont développé la première « source de photons uniques », émettant à des instants identifiés des photons séparés et ceux de Serge Haroche à propos des bits quantiques (qubits).

 

Le principe du cryptage quantique est fort complexe ; il exploite un principe fondamental de la physique quantique, le principe d'incertitude d'Heisenberg, qui indique qu'il est impossible connaître à la fois avec certitude la position et la vitesse d'une particule. Ainsi la transmission de la clef se fait par envoi de photons dont il est impossible de connaître à chaque instant l'état quantique.

 

De nombreux problèmes restent cependant à régler. Il faut toutefois noter qu'en 2008 une équipe britanique a démontré que des clefs quantiques pouvaient être envoyées le long d'une fibre optique (Une fibre (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous...) optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière et de ses relations avec la vision.) est un fil en verre ou en plastique très fin qui a la propriété de conduire la lumière et sert dans...) de 20 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini...) avec un débit (Un débit permet de mesurer le flux d'une quantité relative à une unité de temps au travers d'une surface quelconque.) supérieur à 1 Mbit/s - une performance qui pourrait permettre à des utilisateurs de communiquer avec une sécurité totale à travers les réseaux informatiques.

 

 

plus d'infos 0 commentaires

jeu

21

jan

2010

Les retraites : vu de gauche

 

Des faits(sources INSEE, CNAV, CFDT retraités) :

 

- l'espérance de vie moyenne des français est d'environ 80 ans pour une femme et de 78 ans pour un homme,

 

- actuellement l'âge moyen de départ à la retraite est de 61,3 ans pour un homme et 60,7 ans pour une femme (pratiquement 60 ans pour les deux sexes dans la fonction publique),

 

- la durée de vie active a baissé de sept ans depuis 1970…  l’espérance de vie a augmenté de sept ans. Nous entrons quatre ans plus tard sur le marché du travail et nous partons trois ans plus tôt,

 

- la durée moyenne des pensions était de 18,15 ans en 2008, avec un avantage de 3,23 ans pour les femmes,

 

- À 35 ans, un ouvrier a neuf ans d’espérance de vie de moins qu’un cadre,

 

- 20 % de jeunes de 16 à 25 ans sont au chômage. Ce sont essentiellement les moins qualifiés sans maîtrise des savoirs de base et des codes sociaux indispensables,

 

- les jeunes commencent tardivement leur vie professionnelle. Dans les années soixante-dix  ils s’intégraient quatre ans plus tôt,

 

- le montant  moyen des pensions (tout compris) était de 585,03 euros en 2008 (le niveau de vie médian se situe aujourd'hui à 1470 euros -*- . (Source : Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006, Insee.)

 

Les retraites du privé se paupérisent, elles perdent un demi-point par an. Un cadre perçoit aujourd’hui en moyenne 65 % de son dernier salaire brut ; d’après les projections, ce serait plutôt 40 % en 2040.

 

Des observations :

 

- les entreprises régulent leurs effectifs par les préretraites... en reportant les coûts sur la collectivité ,

- elles marginalisent leurs "seniors", ne les envoyant plus en formation après 45 ans, jugeant  l’investissement non rentable,

 - nous sommes le pays d’Europe où l’activité cesse le plus tôt,

 

 

Le fait de vouloir à tout prix maintenir l'âge de la retraite à 60 ans pour tous comme de vouloir systématiquement l'augmenter, sont deux postures également hypocrites qui ne tiennent pas compte des faits et des observations rapportées ci-dessus, qui sont connues de tous les experts.

 

Je ne pense donc pas qu'un point de vue de gauche à propos des retraites, consiste simplement à s'arc-bouter sur un chiffre qui ne veut plus rien dire et qui est au contraire porteur de beaucoup d'inégalités.

 

Ce que devrait obtenir en priorité l'opposition de gauche dans les négociations qui vont suivre ce sont deux garanties :

 

- que chaque retraité du public comme du privé puisse obtenir une retraite décente c'est à dire au moins égale au SMIC,

 

- que la durée des cotisations soit fonction de la pénibilité du travail accompli. Il existe des bonifications pour les années passées à l'étranger (j'en ai bénéficié), il devrait y avoir des bonifications pour les années travaillées dans des conditions difficiles (le critère pourrait être l'espérance de vie dans les différentes catégories ou branches de salariés).

 

Comment atteindre ces deux objectifs ? Je pose des questions naïves :

 

- serait-il scandaleux de faire cotiser, au prorata des plus values engrangées, les financier, rentiers, banquiers... dont le seul travail consiste à faire prospérer une fortune ?

 

- les grandes entreprises qui peuvent offrir des salaires faramineux à leurs dirigeants (voir EDF/Veolia, Danone, L'Oréal, Total, Renault, Michelin... où les salaires sont supérieurs à 2 millions d'euros) ne pourraient elles pas prendre en charge les retraites de leurs salariés (aux conditions énoncées ci-dessus) ?

 

- Ne pourrait-on interdire le licenciement des cadres de plus de 55 ans (sauf bien sûr pour faute professionnelle), au seul motif de l'âge (ne s'agit-il pas d'ailleurs d'une discrimination punie par la loi) ?

 

- Ne pourrait-on pas imposer un taux minimum de salariés de plus de 50 ans dans toute entreprise de plus de 100 salariés ?

 

- Pour les jeunes, toutes les années de stage et de formation, à partir de 16 ans, dans le secteur public et le secteur privé, ne pourraient elles pas être incluses à taux plein comme années travaillées et les cotisations correspondantes prises en charge par les formateurs ?

 

Enfin une remarque fondamentale : dans le domaine de la formation tout au long de la vie, de la reconnaissance et de la validation des acquis de l'expérience nous sommes mauvais, voire très mauvais. Par exemple combien de formations bidons payées à prix d'or à des entreprises qui se contentent de mettre leurs stagiaires à la photocopieuse. J'ai des exemples.

 

Les entreprises et l'Etat patron doivent être bien davantage mis à contribution pour assurer des formations tout au long des carrières permettant à la fois au salarié de progresser au niveau de la  rémunération, de se réorienter - donc de rester plus longtemps en activité- et finalement de bénéficier de meilleures retraites.

 

Certes il doit exister un âge limite, variable en fonction des branches (pourquoi pas 55 ans pour un maçon, 60 ans pour un professeur du secondaire et 68 ans... pour un employé des eaux et forêts !) au delà duquel l'arrêt de l'activité doit être possible avec une retraite à taux plein. Mais quoi sert d'exiger le maintien "des 60 ans" pour tous si cela conduit à une paupérisation généralisée des retraités !

 

Etre de gauche ce n'est pas se gargariser de slogans et bercer d'illusion ses concitoyens, c'est avant tout défendre un principe d'égalité -donc d'équité -en faisant en sorte que la collectivité assure à tous -séniors compris- des ressources décentes.

 

-*- : niveau de vie = revenu global de la famille/nombre d'UC (unité de consommation). Décompte des UC : premier adulte = 1 ; 0,5 pour les membres de la famille de 14 ans et plus, 0,3 pour tous les autres. Ainsi un couple qui gagne 3000 euros par mois avec un enfant de plus de 14 ans et un enfant de moins de 14 ans à un niveau de vie de 3000/2,3 = 1304 euros. Il se situe en dessous du niveau de vie médian.

 

 

 

plus d'infos

sam

16

jan

2010

La politique des postures et les imposteurs

 

Il y a bien longtemps que je ne regarde plus les émissions politiques à la télévision, ni les journaux télévisés. Tous les matins, à l'heure du laitier, je fais ma revue de presse : régionale, nationale et parfois internationale. Croiser les points de vue et la relation des faits, est devenu indispensable au moment où les radios, télévisions (avec peut-être un bémol pour canal plus) et une large partie de la presse française sont devenus les organes officiels de la présidence de la République.

 

Ce qui m'a beaucoup plu ces derniers jours c'est la bouffonnerie (dont j'ai eu connaissance par la presse) mise en scène sur France 2 par la rédactrice en chef de l'information, Arlette Chabot, le ministre de l'immigration, Eric Besson et le socialiste caméléon Vincent Peillon, car voila une magistrale illustration de ce qu'est devenu la politique en France : une politique des postures, mise en scène par des imposteurs !

 

Politique des postures : ce débat sur "l'identité nationale" dont le seul but est de rapatrier dans le giron sarkozyste les électeurs de l'extrême droite à l'approche des élections régionales.

 

Politique des postures : ce débat sur le port du voile intégral  (*)-dont se moque sans aucun doute 90% des français (de souche ou d'ailleurs)- qui agite le microcosme politicien de droite et de gauche et dont l'objectif est le même.

 

Politique des postures : les prises de position de certains caciques du PS, je pense bien entendu à cette pantalonnade de Peillon, mais aussi aux prises de position de Manuel Valls, de Ségolène et de quelques autres, dont le dessein n'est que de se placer au mieux pour la prochaine présidentielle.

 

Les imposteurs ont bien sûr pour leader le président lui-même, qui passe son temps à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et dont l'agitation frénétique à tout propos (et souvent hors de propos), tente de masquer la répétition des échecs dans tous les domaines, y compris sécuritaire.

Derrière lui on se bouscule ; au PS comme chez Bayrou on veut nous faire croire que l'on est au chevet de cette France mal en point, quand crinière au vent on piaffe en attendant le départ de la course au titre suprême.

 

Quant à ces pseudo journalistes faux-culs de France Télévision et d'ailleurs, qui se disent scandalisés par le coup d'éclat de Vincent Peillon, on aimerait qu'ils aient le même courage face à la main mise du pouvoir sur leurs rédactions et les multiples rappels à l'ordre ou humiliations que Nicolas Sarkozy et ses séides leur infligent.

 

 Imposture, imposture, imposture...

 

Pendant ce temps la dette de la France se creuse et devient vertigineuse . Nous léguons à nos enfants un fardeau écrasant.

 

Pendant ce temps le gouvernement est en train de mettre fin au principe de la séparation des pouvoirs avec la suppression des juges d'instruction qui livre les clés de la justice au pouvoir exécutif.

 

Pendant ce temps les banques se refont une santé éclatante tandis que le chômage prospère et que la sécurité sociale part en lambeaux. La santé à deux vitesses ce n'est pas pour demain, c'est pour tout de suite (forfaits hospitaliers, déremboursements, dépassements d'honoraires systématiques par les spécialistes...).

 

Mme Chabot,  organisez un débat sur la dette de la France, un débat sur la séparation des pouvoirs, un débat sur la médecine à deux vitesses, un débat sur les banquiers qui jubilent et les français qui chôment, en y invitant, non des imposteurs, mais des experts compétents et honnêtes... alors peut-être -comme beaucoup de français- je regarderais vos émissions.

 

(*) : il me semble qu'il suffirait de rappeler que dans l'espace public tout citoyen doit pouvoir être identifiable et donc se présenter à visage découvert.

 

plus d'infos 0 commentaires

jeu

14

jan

2010

Virus H1N1 : premières leçons à propos de la pandémie

 

Selon le Dr Thierry Blanchon du réseau Sentinelles Inserm, le nombre de cas de grippe A  est «passé sous le seuil épidémique depuis deux semaines». La semaine dernière, l’incidence des syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimée à 130 cas pour 100 000 habitants, en dessous du seuil épidémique (182 cas pour 100 000). Le nombre de cas de grippe A était d'environ 144 000 la semaine passée.

 

Il est donc temps de tirer les premières leçons scientifiques (et non uniquement politiques comme on le fait en France) de cette pandémie. C'est ce que fait fort bien la plus sérieuse et la plus prestigieuse revue scientifique -Nature- dans l'éditorial de sa dernière livraison (Lessons from a pandemic : Vol 463 | Issue no. 7278 | 14 January 2010). J'en extrais les principaux points :

 

1 - Ce qui est positif

 

- l'administration de la santé publique au Mexique a le mérite d'avoir promptement alerté le monde, dès l'apparition des premiers foyers, et d'avoir agit pour ralentir la propagation de la maladie en dépit des effets économiques catastrophiques pour le tourisme,

 

- les chercheurs du monde entier ont librement partagé et ont publié des données dans les domaines de la génétique, de la virologie et de l'épidémiologie du virus H1N1. La plupart des agences de santé nationales et internationales ont réagi vite et communiquaient en direct avec les médias et le public, presque en temps réel. La transparence de l'US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta, en Géorgie mérite aussi d'être soulignée.

 

- Informer le public sur la nature et la gravité de la maladie
a été un énorme défi à relever
, en particulier lorsqu'il s'agissait d'expliquer
les incertitudes entourant la gravité de l'épidémie et la pathologie
du virus,  dans l'ensemble cela a été correctement réalisé,

- dans ce contexte pandémique il était difficile de ne pas dramatiser la menace et de démystifier les individus et organisations qui cherchaient à semer le doute (sans fondement) à propos du vaccin. Dans l'ensemble le grand public a bien réagi.

 

NDLR : la nécessité d'une éducation de masse à propos de la santé et des pandémies est une évidence.

 

2 - Les points inquiétants

 

- les prévisions concernant la disponibilité des vaccins étaient beaucoup trop optimistes. Cela met en évidence une carence technologique importante : le recours à un petit nombre des fournisseurs, utilisant la même méthode de culture du virus dans des œufs ; un processus qui prend environ six mois pour arriver à une production de masse.
La propagation de la grippe H1N1 à l'échelle mondiale était une affaire de semaines. Ceci souligne la nécessité de développer des vaccins innovants, permettant des délais d'exécution plus brefs.
Des mesures gouvernementales incitant les laboratoires à mettre au point une alternative à la production à base d'œuf, sont nécessaires (*).

 

- plus inquiétant : l'analyse du virus H1N1 suggère que cette nouvelle souche circulait chez les porcs depuis près d'une décennie, et avait sans doute affecté l'homme bien des mois avant qu'elle ne soit virulente au Mexique. Que le repérage n'est pas été fait plus tôt est inacceptable. Les autorités sanitaires doivent accroître la surveillance pour les nouvelles maladies à potentiel pandémique.


- le danger est maintenant que cette pandémie, relativement modérée, crée
un faux sentiment de sécurité.
La réalité est que la prochaine
fois nous pourrions ne pas être aussi chanceux - d'autant qu'une fois de plus
la population des pays en développement,  n'avait accès ni aux vaccins ni aux médicaments antiviraux
.

 

En conclusion les gouvernements et les scientifiques feraient bien de redoubler d'efforts pour renforcer nos dispositifs de défense et se préparer à une pandémie plus grave.

 

Si l'on devait résumer l'article de Nature on pourrait donc dire que dans l'ensemble la communauté scientifique, les politiques et le grand public ont bien réagi dans le cadre d'une pandémie modérée -pour l'instant- mais qu'il est impératif de se préparer à une pandémie beaucoup plus grave (sans doute inéluctable) car dans ce domaine de la santé l'anticipation est fondamentale.

 

Sur le plan politicien franco-français, je pense que le gouvernement Sarkozy, qui peut être accablé sur bien des sujets, n'a pas fait pire que beaucoup d'autres (à l'exception peut-être de la mise à l'écart des médecins généralistes). En matière de santé, d'environnement... le principe de précaution est fondamental.

 

Quant à l'aspect financier sous-jacent, il est surtout lié au modèle économique dans lequel nous vivons, qui laisse les Etats à la merci de grands groupes industriels... y compris en matière de santé publique.

 

(*) Le laboratoire Baxter est le seul à avoir utilisé une technologie de culture sur cellules Vero (Celvapan® : vaccin inactivé, virion entier, cultivé sur cellule Vero, sans adjuvant), alors que les autres laboratoires utilisaient les œufs embryonnés pour cultiver le virus.


« Cette technique de culture sur cellule Vero – il s’agit d’un procédé breveté qui utilise des cellules de rein de singe vert africain – permet de travailler sur des souches virales entières. Aucun besoin de les transformer. Cette technologie permet de multiplier en laboratoire la souche virale A(H1N1), sans ajout de sérum animal. Le rendement de production est ainsi plus élevé. »

 

 

 

plus d'infos 0 commentaires

dim

10

jan

2010

Camus

J'ai regardé avec beaucoup d'intérêt les trois émissions à propos de Camus que je signalais sur la page d'accueil de ce site. Elles se complétaient et donnaient je crois une image assez fidèle de l'homme et de l'œuvre. 

 

Combien de nos concitoyens de moins de trente ans lisent aujourd'hui Camus ? On dit pourtant que l'auteur de L'Etranger est l'écrivain français contemporain le plus lu dans le monde.

Ce que j’ai apprécié le plus chez Camus c'est naturellement le volet sur l'absurde, les considérations sur le bonheur et aussi  une qualité d'écriture exceptionnelle.

Aux plus jeunes, je conseillerais de lire, après (ou avant) L'étranger, Noces (suivi de l'Eté), petit recueil écrit en 1936 (il a 23 ans) d'où j’extrais ceci :

 

"Je me souviens du moins d’une grande fille magnifique qui avait dansé tout l’après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu’aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait près d’elle une odeur mêlée de fleurs et de chair. Le soir venu, je ne voyais plus son corps collé contre son danseur, mais sur le ciel tournaient les taches alternées du jasmin blanc et des cheveux noirs, et quand elle rejetait en arrière sa gorge gonflée, j’entendais son rire et voyais le profil de son danseur se pencher soudain. L’idée que je me fais de l’innocence, c’est à des soirs semblables que je la dois. Et ces êtres chargés de violence, j’apprends à ne plus les séparer du ciel où leurs désirs tournoient."

 

Albert Camus, Noces, (L’Eté à Alger)

 

"Tous ceux qui aujourd'hui luttent pour la liberté combattent en dernier lieu pour la beauté. Bien entendu, il ne s'agit pas de défendre la beauté pour elle-même. La beauté ne peut se passer de l'homme et nous ne donnerons à notre temps sa grandeur et sa sérénité qu'en le suivant  dans son malheur. Plus jamais nous ne serons des solitaires. Mais il est non moins vrai que l'homme ne peut se passer de la beauté et c'est ce que notre époque fait mine de vouloir ignorer. Elle se raidit pour atteindre l'absolu et l'empire, elle veut transfigurer le monde avant de l'avoir épuisé, l'ordonner avant de l'avoir compris. Qui qu'elle en dise , elle déserte ce monde. Ulysse peut choisir chez Calypso entre l'immortalité et la terre de la patrie. Il choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd'hui étrangère."

 

Albert Camus, L'Eté (1948)

 

Camus : un ami qui me voulait du bien

 

Il y a 50 ans aujourd'hui -4 janvier 2010- mourait Albert Camus, victime d'un banal accident de la route à bord de la voiture de sport de son éditeur. Il revenait d'un petit village du Lubéron que je connais bien, Lourmarin. Il y repose aujourd'hui au sein d'une modeste tombe où, selon les saisons, fleurissent verveines, lavandes ou romarins.
Cette semaine la télévision parlera beaucoup de Camus : ce soir sur Arte à 23h05, mercredi 6 janvier sur France 2 à 20 h 35, avec un téléfilm de Laurent Jaoui, sobrement intitulé " Camus" puis jeudi 7 sur France 5 à 20 h 35, avec une édition spéciale de La Grande Librairie de François Busnel.

 

Les hommes de ma génération étaient sommés de choisir entre Sartre et Camus. Je n'ai jamais choisi ou plutôt je fus camusien après avoir lu ses édito du journal Combat (et notamment celui où, seul, il dénonçait l'utilisation de la bombe atomique au Japon), ses premiers romans ou essais (L'étranger, Noces, Le Mythe de Sisyphe, La Peste, l'Eté) puis sartrien, sans doute philosophe plus solide et surtout militant plus engagé contre les guerres coloniales. J'ai fini par trouver l'opposition ridicule et j'ai choisi dans chacun ce qui me convenait.

 

Mais surtout j'ai aimé l'homme Camus, son parcours, sa droiture, ses faiblesses, son intelligence, ses souffrances... Camus c'était un ami qui me voulait du bien !

 

Je reproduis ici le début d'un magnifique article de Libé qui correspond exactement à mes sentiments envers Camus :

 

Camus, mort à 46 ans, c’est un ami. Ou plus exactement : un homme qui fait prendre l’intelligence en amitié. Ce n’est pas simple : l’ami a des défauts, des raideurs, un orgueil facilement blessé que son intelligence met à nu. Il arrive que sa rigueur épuise notre bêtise, notre insouciance, notre paresse morale : il a toujours raison, il est toujours sincère et, comme si ça ne suffisait pas, sur la photo, c’est toujours le plus beau. Sans doute faut-il être très jeune pour le suivre, ou déjà vieux pour l’accompagner. Il y a une époque de la vie, entre 20 et 50 ans, où l’on se croit trop malin, trop subtil pour Camus...

 

La suite ICI.

 

 

plus d'infos 0 commentaires

dim

03

jan

2009

2010

Je n'ai jamais vraiment apprécié l'époque des vœux. C'est toute l'année que je souhaite à ma famille, à mes proches, à mes amis, une vie meilleure. C'est toute l'année que je voue aux gémonies les malotrus cyniques et incompétents qui nous gouvernent aujourd'hui...

La solennité sied mal à la sincérité...

 

Pour moi chaque fin d'année m'incite au contraire à regarder en arrière.

 

Sur le plan politique 2009 a tenu toutes ses promesses !

En France avec ce pitoyable débat sur l'identité nationale, avec le vote d'une loi sur l'audiovisuel qui permet au chef de l'état de nommer directement les patrons des chaînes de radio et de télévision du service public -comme chez Poutine ou dans les républiques bananières-, avec le dispositif Hadopi visant à contrôler la Toile -heureusement sérieusement amendé par le Conseil constitutionnel-, avec une taxe carbone qui exonérait les plus gros pollueurs... cette fois complètement rejetée par le même Conseil qui décidemment est la seule instance en mesure de brider le pouvoir absolu du monarque agité et parano qui dirige ce pays.

 

Nous n'avons en effet plus de parti d'opposition, le PS n'est qu'un ectoplasme avec une multitude de condottieri aux petits pieds qui se pressent aux portes du pouvoir. Le conglomérat écologiste profite de l'air du temps pour faire illusion aux élections ; il n'a ni doctrine, ni programme de gouvernement, ni leader crédible. Le NPA de Besancenot  joue perso et se déchire, les amis d'Arlette sont rentrés dans la clandestinité. Aux régionales je voterai pour le Front de Gauche, j'y connais des gens honnêtes et sincères... c'est toujours ça !

 

A l'étranger l'état de grâce d'Obama n'aura duré que 6 mois. Soumis aux pressions internes et externes il est en recul sur tous les fronts : renoncement face à Israël  et à sa politique de colonisation qui conforte les extrémistes du Hamas, enlisement en Afghanistan alors que tous les observateurs, y compris militaires, jugent la guerre (contre qui ?) perdue, renoncement dans la lutte contre l'effet de serre face aux lobbies industriels qui a conduit à l'échec à Copenhague... Un succès cependant sur le plan intérieur avec l'adoption de son projet (sérieusement amendé) de réforme du système de santé.

 

L'échec de la conférence sur le climat est sans doute l'évènement le plus important pour notre planète. Malgré l'agitation de quelques scientifiques, en mal de publicité, il est avéré que l'essentiel du réchauffement climatique observé aujourd'hui est d'origine anthropique (disons que 95% des publications de rang A et la quasi totalité des académies des grands pays scientifiques ont un consensus sur ce point). Le vœu des conférenciers de limiter à deux degrés ce réchauffement (ce qui ne permettrait que de limiter les dégâts) n'est accompagné d'aucune mesure concrète. Les moulinets dans le vide d'un Sarkozy, plus ridicule que jamais, n'auront abouti qu'à exaspérer les autres européens qui savent que sans l'aval de la Chine et des USA rien n'est possible. Les pays pauvres sont repartis dépités vers leur misère ; on leur a fait l'aumône de quelques dollars. Cela suffira-t-il à apaiser les pêcheurs dont les lacs sont asséchés, les paysans qui ne peuvent plus labourer leurs terres et qui vont rejoindre les bidonvilles à la périphérie des mégapoles gigantesques  qui se constituent en Afrique et en Amérique du sud ?

 

Sur le plan économique une année noire... sauf pour les banques remises en selle par les contribuables et qui ont repris sans tarder  leurs activités délétères.

Mais demain tout ira mieux nous dit notre président, nous sommes les meilleurs... les chômeurs et les travailleurs pauvres apprécieront. Remarquons que chez nos voisins allemands, la chancelière, décidemment bien courageuse, promet au contraire à ses concitoyens, de la sueur et des larmes !

 

Sur le plan sportif on retiendra que désormais la fin justifie les moyens, que le pas vu pas pris est érigé en dogme, que notre équipe de foot a eu la main heureuse faute de savoir se servir de ses pieds. L'essentiel c'est de participer !

 

Heureusement la France est un pays de culture (c'est tout ce qui reste quand...). Grâce à Patrick de Carolis  j'ai découvert à la télé, sur les chaînes publiques, des choses étonnantes : de grands classiques, quelques opéras et ballets somptueux, des téléfilms et des documentaires de grande qualité.

Le cinéma aussi se porte bien ; j'ai bien vu une dizaine de films qui m'ont comblé. Mais si je devais n'en retenir qu'un, ce serait le dernier Woody Allen (le plus français des réalisateurs américains !), sans doute pas le meilleur, mais un de ceux qui m'a le plus touché, qui m'a en tout cas confirmé que ce Woody qui nous accompagne depuis 40 ans est un sacré bonhomme. Curieusement sa vie (l'amour des très jeunes et très jolies femmes, l'angoisse, l'engagement) et son œuvre (le burlesque, la dérision, le désespoir même...) me renvoient à Chaplin.

 

Je cherche le bouquin récent que j'ai eu du mal à lâcher ; je n'en vois qu'un : le "Mazarin" de Simone Bertière (paru en 2007),  une biographie irréprochable et honnête d'un mal aimé, étranger d'extraction fort modeste, haï de la noblesse et du peuple. Dévoué au service du trône et du futur Louis XIV, aimant (et aimé par) une reine de France -Anne d'Autriche- qu'il sauva lors de la Fronde...tout en accumulant en un temps record une fortune inégalée.

J'ai préféré lire ou relire quelques classiques, dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire :

 

"Je suis comme certains hérétiques : ils commencent à proposer modestement quelques difficultés, ils finissent par nier hardiment de grands dogmes (rubrique "Air", section II).

 

Une seule (bonne ?) résolution pour 2010 : je continuerai ce blog et développerai ce site.

Pourquoi, pour qui ? Pour tous les jeunes à qui l’ont veut faire croire que le temps n'est que de l'argent, que l’accomplissement d’un homme (d’une femme) ne se juge qu’à l’aune de sa réussite matérielle,  que la culture est l'apanage d'une élite, que le passé n'est que la construction d'une nation, que l'Autre n'est qu'un intrus, qu'il est inutile de penser puisque d'autres le font si bien pour eux...

Pour convaincre, avec mes très modestes moyens, ces jeunes, que je côtoie depuis tant d'années, que " La liberté commence où l'ignorance finit". Ce n'est pas moi qui parle c'est Victor Hugo.

 

 

plus d'infos

lun

21

déc

2009

Après nous le déluge !

 

      Le fiasco de Copenhague c'est la victoire des lobbies industriels, des pays riches, des politiciens à courte vue, ... une variation sur le thème "Après nous le déluge" !

 

A Copenhague,  les climato-sceptiques ont fait le sale boulot en donnant un alibi aux gouvernants des pays riches et des munitions à ceux pour qui la préservation de notre environnement pèse peu face à la logique implacable du profit.

 

 

Côté français, Claude Allègre étant définitivement grillé, les climato-sceptiques s'appuient maintenant sur son ami Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris. Vincent Courtillot, que j'ai connu comme directeur des enseignements supérieurs, est en effet un scientifique respectable dans son domaine (la géophysique), numéro 2 de la triplette de géologues de l'Académie des Sciences qui comprend son mentor, Claude Allègre, et Jean-Louis Le Mouël .

 

De façon moins abrupte, plus argumentée, plus habile que l'ancien ministre, Vincent Courtillot défend en fait la même thèse : les émissions de gaz à effet de serre peuvent être tenues pour secondaires dans le réchauffement climatique actuel. En conséquence il serait ridicule d'entraver le développement industriel nécessaire pour le bien être de nos concitoyens...

Il est évident que ce discours enchante les lobbies industriels (en particulier américains), qui citent abondamment cette fameuse triplette ! Il faut noter que les recherches de V.Courtillot sont en parties financées par Total et Schlumberger, ce qui, sans mettre en cause l'intégrité du chercheur, ne peut être occulté.

 

Sans être véritablement compétent dans ce domaine, j'ai néanmoins lu les principaux arguments publiés par les tenants des deux thèses.

 

Il faut d'abord souligner qu'il y a une énorme disproportion -quantitative et qualitative- entre les partisans du tandem Allègre-Courtillot – extrêmement minoritaires- et ceux qui soutiennent les résultats et simulations du GIEC.

Il faut noter, par exemple, que la très vénérable et très réputée Royal Society britannique présente l'attribution des bouleversements actuels "aux rayons cosmiques ou au Soleil "comme des "arguments trompeurs mis en avant par ceux qui cherchent à distordre et décrédibiliser les sciences du climat".

 

L'américain, Fred Singer, qui a participé aux travaux du GIEC, fait partie de ceux là. Il est aux USA l'égérie des climato-sceptiques ; à ce titre il est régulièrement cité par Vincent Courtillot.

 

Malheureusement, Fred Singer apparaît aussi comme l’une des figures centrales des réseaux lobbyistes au service des industries polluantes. Il a été consultant pour de multiples grands groupes industriels dont  GE, Ford, GM, Exxon, Shell, Sun Oil, Lockheed Martin et IBM. Il a également joué un rôle important dans les campagnes de désinformations financées par les cigaretiers américains (Philip Morris ) pour retarder l’adoption de lois anti-tabac, en remettant en causes les résultats des études médicales établissant un lien entre tabagisme passif et cancer.

Le « Science and Environnement Policy Project » (SEPP), qu’il dirige, s’est également mobilisé dans les années 1990 pour nier la dangerosité de l’amiante, des pesticides, ou la réalité du trou de la couche d’ozone, et le SEPP a été partie prenante de l’élaboration d’un plan d’action contre le Protocole de Kyoto organisé et financé par l’industrie pétrolière.

 

Singer et Allègre ont donc à peu près le même profil : ce sont tous les deux des adversaires résolus de tout ce qui s'apparente au principe de précaution ; rien ne doit entraver le développement industriel, les découvertes scientifiques ne peuvent que contribuer au bonheur de l'humanité dans ses prolongements technologiques.

 

Vincent Courtillot mène donc, avec quelques autres, un combat douteux contre l'écrasante majorité des scientifiques (qui ne sont pas tous des écologistes hystériques !) qui sont convaincus que les émissions actuelles de gaz à effet de serre (méthane, dioxyde de carbone...) font courir à la planète, à court terme, un danger mortel.

 

 

PS :  le 19 Mars

 

CLIMAT : ALLEGRE, COURTILLOT et al. PRIS EN FLAGRANT DELIT DE DETOURNEMENTS DE RESULTATS

 

  Voir aussi les articles du journal Le Monde : Les Cent-fautes d'Allegre ICI et    Les cautions scientifiques imaginaires de Claude Allègre ICI

 

 VOIR ENCORE SUR LES MENSONGES DELIBERES DE CLAUDE ALLEGRE : ICI

 

 

plus d'infos 0 commentaires

lun

07

déc

2009

Copenhague : dernière chance ?

 

 

Pour de nombreux scientifiques la messe est quasiment dite : notre planète subira dans le siècle à venir des dommages irréparables du fait des activités anthropiques. Pour d'autres, il est encore possible de limiter le désastre en prenant immédiatement des mesures drastiques visant à limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

Les résultats du sommet de Copenhague seront donc décisifs pour les générations futures et l'avenir de la planète (de moins en moins) bleue.

 

Les optimistes voient des signes très positifs dans le fait que la Chine, le Brésil, l'Inde... aient très récemment pris conscience du danger et fait part de leur volonté d'agir, que l'Indonésie, un des plus gros émetteurs de CO2, ait décidé de limiter sa déforestation… et surtout que le président des Etats-Unis (qui n'a pas ratifié le protocole de Kyoto) soit présent lors de la clôture des travaux, signe d’un engagement fort.

 

Les pessimistes font valoir que ce sont les pays pauvres qui seront les premiers affectés par le dérèglement climatique, que les lobbies productivistes des grands pays n'ont en rien désarmé, que la crise économique et le chômage qu'elle induit ne sont  pas propices à un redéploiement de l'industrie lourde  et de la production d'énergie...

 

  Je crois qu'il y a plus grave : écologie et capitalisme sont forcément antinomiques et je dirai la même chose du marxisme : pour Marx, l'étape ultime du communisme et la fin de la lutte des classes passent par une société d'abondance qui ne peut résulter que d'un productivisme renforcé.

 

Je ne crois ni à un éco-libéralisme, ni à un éco-marxisme. C'est donc une révolution qu'il faut préparer en imaginant un mode de production et de développement radicalement différent qui assurerait une redistribution des richesses et permettrait aux pays émergents d'accéder à un niveau de vie décent. Autant dire une gageure !

plus d'infos 0 commentaires

lun

30

nov

2009

En Suisse il y a quelque chose qui cloche !

 

L'Helvète n'aime pas que l'on touche à ses coffre-forts. Les récentes exigences américaines qui ont contraint les plus grosses banques suisses à montrer  leurs fesses rebondies, a été ressentie comme une intolérable atteinte à "l'identité nationale". Sus aux métèques ! L'"UMP suisse" a donc provoqué ce réferendum destiné à éradiquer un des symboles de sa perte d'identité : les minarets.

En même temps qu'ils proscrivaient le minaret-et sans doute avec le même but identitaire- les Suisses décidaient à une écrasante majorité de continuer à vendre leurs armes (en toute neutralité bien sûr)... histoire de reconstituer leur stock d'argent sale.

 

La Suisse est un géant financier, mais aussi le siège de quelques grandes compagnies. Nestlé par exemple qui finance le fameux forum de Davos. Nestlé qui a été maintes fois condamné par le passé pour son comportement en Afrique avec la vente de lait maternisé et qui depuis quelques années a jeté son dévolu sur l'immense marché brésilien avec les mêmes methodes :

Au Brésil, Nestlé se lance à la conquête des consommateurs à revenus modestes, majoritaire dans le pays. Avec des initiatives parfois surprenantes. Près de 150 vendeurs, recrutés dans un bidonville de São Paulo, ont réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,3 millions de dollars. Quand Nestlé se penche sur le sort des pauvres, ce n'est pas pour s'apitoyer mais pour mieux les inciter à consommer... (Nourri-Source).

 

La morale suisse n'est pas non plus atteinte quand quelques milliardaires - entrepreneurs, banquiers, chanteurs, acteurs, sportifs- européens viennent s'installer dans leurs plus beaux chalets pour préserver leur magot de l'impôt. Cela fait partie de l'identité suisse.

 

Comme le titre aujourd'hui le journal suisse "Le Courrier", la Suisse est devenue un laboratoire de l'islamophobie. Une activité malsaine pour le business, certains responsables suisses s'en inquiètent déjà.

Difficile d'avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière !

 

Oublions l'argent, soyons poète...

 

Je me souviens de belles volées de cloches à l'angélus du soir, dans un petit village pyrénéen, de l'appel du muezzin entendu sur la terrasse d'une épicerie en torchis, au coucher du soleil, face au sommet du Toubkal enneigé... Des moments de paix, de sérénité... pour faire oublier les oraisons de Papes ou d'ayatollahs moyenâgeux.

 

Au fur et à mesure que l'homme s'élève vers les cieux, il prend conscience de sa petitesse. Les Suisses ont eu peur de leur petitesse !

 

 

 

plus d'infos

ven

27

nov

2009

Internet et la langue d'Esope

Le NouvelObs.com organise un débat sur son site : faut-il avoir peur d'Internet ?

La Toile n'a pas bonne presse actuellement !

 

 Esope, le génial fabuliste grec, fut acheté sur un marché d’esclave, à Samos, par le philosophe Xantu(o)s. Jean de la Fontaine raconte :

 

Un certain jour de marché, Xantus, qui avait dessein de régaler quelques-uns de ses amis, lui commanda d'acheter ce qu'il y aurait de meilleur, et rien autre chose. "Je t'apprendrai, dit en soi-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans t'en remettre à la discrétion d'un esclave." Il n'acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces, l'entrée, le second, l'entremets, tout ne fut que langues. Les conviés louèrent d'abord le choix de ces mets; à la fin ils s'en dégoûtèrent. "Ne t'ai-je pas commandé, dit Xantus, d'acheter ce qu'il y aurait de meilleur? - Et qu'y a-t-il de meilleur que la langue? reprit Ésope. C'est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l'organe de la vérité et de la raison. Par elle on bâtit les villes et on les police; on instruit; on persuade; on règne dans les assemblées; on s'acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les Dieux. - Eh bien (dit Xantus, qui prétendait l'attraper), achète-moi demain ce qui est de pire: ces mêmes personnes viendront chez moi, et je veux diversifier." Le lendemain, Ésope ne fit servir que le même mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde: "C'est la mère de tous débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres. Si l'on dit qu'elle est l'organe de la vérité, c'est aussi celui de l'erreur et, qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d'un côté elle loue les Dieux, de l'autre, elle profère des blasphèmes contre leur puissance."

 

Envoi de Jean de la Fontaine à Monseigneur le Dauphin

 

Il en est ainsi de la Toile, où le pire (actuellement par exemple  une image de Michelle Obama à face simiesque, une multitude de forums pseudo scientifiques, modérés par des charlatans, à propos des vaccins…) côtoie le meilleur (les bilans climatiques convergents à l’approche du sommet de Copenhague, le débat sur la liberté de la presse ici et ailleurs)…

 

Les adeptes du ciseau voudraient couper le fil ou à tout le moins le contrôler. Aucune censure n’a empêché hier les libelles, les rumeurs, les calomnies. Aux éducateurs aujourd’hui à prendre en compte l’outil formidable qu’est Internet et à apprendre à nos jeunes à démêler le vrai du faux, le meilleur du pire.

plus d'infos 0 commentaires

mer

11

nov

2009

Français : vos papiers ! (suite et fin)

 

  " Il se trouve autant de différence de nous à nous-mêmes que de nous à autrui." Michel de Montaigne

 

 

Le précédent article de ce blog : « Français, vos papiers ! » a fait exploser les compteurs du site. Son contenu provocateur pour cette catégorie de français dont l’identité se décline effectivement autour de quatre vocables : Dieu, la patrie, le drapeau le chef, m’a valu les honneurs de sites où figurent les postures avantageuses de dignitaires nazis en grande tenue, toutes breloques au vent, et où le président des Etats-Unis est représenté dans des attitudes peu compatibles avec la dignité d’un chef d’Etat.

Ce qui me terrifie le plus dans l’extrême-droite, ce n’est pas l’extrême bêtise de concepts éculés, mais le manque absolu d’humour. Un homme insensible à l’humour est forcement dangereux.

Ayant reçu par le passé quelques missives explicites de certaines de ces officines, où l’on me promettait un sort peu enviable (à l’occasion de l’organisation d’une cérémonie à la mémoire des résistants, déportés, disparus de la dernière guerre… au moment ou la droite locale prenait le contrôle de notre Région avec le Front National), je n’ai pas été surpris par cet accueil.

Comme acte de contrition, je pourrais néanmoins concéder qu’effectivement Louis XIV délaissait parfois ses maitresses pour s’occuper de sa postérité en édifiant Versailles…(et en saignant à blanc les contribuables), que Louis XIII, tout à ses favoris, nomma le plus grand premier ministre de France, Mazarin (malheureusement romano-génois et affublé d’un accent étranger épouvantable), que Napoléon, quand il ne ravageait pas l’Europe, permettait à Cambacérès de finaliser son projet de Code Civil que l’Europe entière nous envia (pour ma part, en ce qui concerne le droit des personnes, j’admire au moins autant La Grande Charte anglaise ou Magna Carta Libertatum -1215 !- et l’Habeas corpus)… etc.

Il faut prendre les caricatures pour ce qu’elles sont…et en sourire.

 

Plus intéressantes sont les critiques qui soulignent de multiples contradictions dans ce texte. Beaucoup confondent en fait identité et identité nationale (puisque vous reconnaissez l’autre dans son identité et son altérité, c’est bien que vous avez votre propre identité !) et  réfutent en fait  tout aspect dynamique au phénomène d’identité (la France éternelle...).

 

Le fait que je cite Mishima parmi mes auteurs préférés est également relevé par beaucoup. Voila un écrivain japonais ultranationaliste, habité toute sa vie par les traditions de ses ancêtres, hanté par la mort et qui achève son existence par un suicide rituel, que j'ose évoquer en parlant de valeurs universelles.

Je conseille à ceux- là de lire par exemple « Les confessions d’un masque », « Le tumulte des flots » et « Le pavillon d’or » pour prendre conscience du ridicule qui consiste à assimiler Mishima (qui rata le prix Nobel parceque qu’il s’effaça devant son ami et ainé Kawabata) à un écrivain nationaliste japonais. C’est aussi stupide que d’assimiler Tolstoï à un auteur régionaliste russe !

 

Pour en finir je livre à la méditation de ces contradicteurs cette réflexion de Philippe Descola, professeur au Collège de France, qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire d'anthropologie sociale, à propos de l’œuvre de son prédécesseur (grand pourfendeur de la notion d’identité nationale) qui vient de nous quitter :

 

Les sociétés se construisent une identité, non pas en puisant dans un fonds comme si on ouvrait des boîtes, des malles et des vieux trésors accumulés et vénérés, mais à travers un rapport constant d'interlocution et de différenciation avec ses voisins. Et c'est cette double expérience, personnelle et politique d'un côté et d'ethnologue de l'autre, qui l'a conduit [Lévi-Strauss] à récuser et vivement critiquer l'accaparement, par des Etats, de l'identité nationale.

 

 

plus d'infos

mar

03

nov

2009

Français : vos papiers !

 

« La France se nomme diversité » Fernand Braudel

« Je ne veux pas que l'autre soit le même, je veux que l'autre soit autre » Charles Péguy

« Car je est un Autre » Arthur Rimbaud

 

Quand j’entends l’expression « identité nationale » je sors ... ma carte d’identité nationale… et c’est à peu près tout !

 

Le plus important aujourd’hui ce n’est pas la cristallisation des identités nationales, mais au contraire la reconnaissance de l'autre, à la fois dans son identité et dans son altérité.

 

Mon identité je la retrouve dans la quête du parcours de mon père, du père de mon père, des ancêtres de ma mère qui pendant des siècles sont restés dans un tout petit périmètre d’un canton du sud-ouest. Français de souche donc descendant de Charlemagne (par un escalier de service ), cela me fait une belle jambe !

 

Ma nation : façonnée par des guerriers sanguinaires (Clovis, les croisés, Napoléon…), des rois fous ou érotomanes (Charles VI, Louis XIV, Louis XV), des illuminées (Jeanne d’Arc, Bernadette…), des minables (Dagobert, Louis XIII, Louis XVIII, Doumergue, Chirac), des séniles (Pétain)… Je n’ai que faire d’une nation qui s’est forgée au fil de l’épée.

 

La France, je l’ai aimée avec Ronsard, Da Vinci, les cathédrales, Montaigne, Pascal, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Hugo, l’abbé Grégoire, Condorcet, Lavoisier, Le Serment du jeu de paume, Pasteur, Zola, Delacroix,  Courbet, Manet, Cézanne, Picasso, Louis de Broglie, le musée du Louvre, le Front populaire, Prévert, Sartre, Camus, Jacques Monod,  la Résistance, le Vercors…

 

 Je l’admire quand je découvre l’Affiche Rouge, que je lis la Déclaration  des Droits de l’Homme et du citoyen… Mes héros sont ceux qui en France ont porté haut les valeurs universelles… Des valeurs que j’ai retrouvé chez les savants et philosophes anglais, les humanistes (Erasme ou Thomas More),  les musiciens allemands et autrichiens, dans la voix déchirante d’Oum Kalthoum, dans la peinture de Goya, Velasquez, Giotto, Botticelli, Rembrandt, Vermeer, Van Gogh, dans la flamboyance des palais vénitiens ou florentins, dans les vestiges grecs, romains, byzantins, les palais orientaux, le musée du Caire, les grottes de Lascaux , les peintures rupestres du Sahara, en lisant Faulkner, Tennessee Williams, Tolstoï, Albert Cohen, Garcia Marquez, Beckett, Mishima, Darwich, Averroès, Laâbi, Primo Levi…Avant d’être français je fais partie de l’humanité.

 

Je la déteste quand elle affiche un chauvinisme étroit, prend le visage de politiciens médiocres qui caressent toujours la bête immonde dans le sens du poil pour asseoir leur pouvoir en exaltant un nationalisme imbécile qui a dévasté l’Europe pendant des siècles.

 

Je l’exècre quand je lis Barrés, Maurras ou Céline.

 

Quand j’ai posé ma main sur le sein d’un amour de jeunesse au nom fort compliqué, j’ai senti battre le cœur d’une femme qui ressemblait beaucoup à celui de Marie Dupont que j’étreignais des lustres plus tard.

plus d'infos 0 commentaires

jeu

29

oct

2009

Ombres et lumières

 

Lumières d'automne...

 

«Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la Nature

Convient à la douleur et plait à mes regards ! »

 

 

J'ai rabâché comme beaucoup de lycéens de ma génération ces vers de Lamartine.

 

En admirant ces jours derniers, en Lozère, les jeux de lumière et de couleurs d'un coucher de soleil sur les collines entourant notre vallon, je me demandais s'il ne fallait pas trouver dans ce deuil ancien une preuve de l'évolution du climat !

Le deuil ne sied pas à l’automne.

 

En moyenne montagne, aujourd'hui, l'automne est à son apogée fin octobre. La nature décline alors une symphonie de couleurs, sans équivalent dans l'année, au sein de laquelle chaque essence joue sa partition. Palette de verts dans les pineraies et chênaies : chênes, pins maritimes et à crochets, sapins pectinés et autres résineux ;  déclinaison d'une infinité de jaunes, d'ocres et de pourpres au cœur des hêtraies, châtaigneraies et chênaies caducifoliées : chênes pubescents, aulnes glutineux, bouleaux verruqueux, châtaigniers, érables à feuilles d’obier, cytises, hêtres, peupliers....

A chaque heure du jour, l'inclinaison du soleil, souligne de nouvelles nuances. Son parcours entre les vallons, éclaire et fait disparaitre successivement une infinité de tableaux colorés.

 

Salut derniers beaux jours, l'éclat de la Nature...

 

Sombres perspectives économiques...

 

Comblé par la beauté d'un lever de soleil j'écoutais hier, d'une oreille distraite, un nième débat sur France Culture, à propos des perspectives économiques. Le rappel freudien appliqué à une société «qui régresse vers les mauvais endroits», me fit dresser l'oreille et le sombre pronostic de l'un des intervenants qui annonçait la fin de l'espèce avant cent ans, me détourna des premiers coups de cymbale de la symphonie que j'évoque plus haut.

Les responsables de cette future apocalypse : des acteurs économiques qui n'ont rien compris à la crise et qui repartent comme avant droit dans leurs bottes !

 

Comme éviter ce sort funeste ? Stupeur, j'ai entendu un libéral prôner... des nationalisations bancaires pour moraliser le système financier! Serions-nous revenus au programme commun de 1981?

Un de ses contradicteurs fit remarquer que dans le prix de n'importe quel bien ou denrée, au moins 30% de la somme était aujourd'hui consacrée aux intérêts d'un prêt.

 

Tonalité générale de la conclusion du débat : donner aujourd'hui plus d'argent aux plus fortunés (le bouclier fiscal par exemple) c'est permettre des investissements qui n'ont pour but que le rendement maximal, donc des taux d'intérêts les plus élevés possibles. C'est presser le citron encore plus fort, avec par exemple les épidémies de suicides qui affectent aujourd'hui nombre de grandes entreprises. C'est non seulement une horreur mais aussi une erreur économique.

 

Croire qu'une société se développe uniquement grâce aux riches est donc un principe dépassé.

Pour sortir de la crise il faut au contraire augmenter les salaires, tous les salaires, pour donner du pouvoir d'achat aux véritables consommateurs.

Nous étions là en plein socialisme ! Pas celui des PS français ou européens qui ont bêtement suivi les sirènes libérales derrière Tony Blair, quand tout annonçait le début de la fin, non celui de Jaurès, de Blum... de Bernard Thibaut.

J'ai ensuite regardé le casting de l'émission : il n'y avait pourtant pas un seul marxiste !

 

Sombres perspectives politiques

 

Il fallait s'y attendre : à l'approche de nouvelles échéances électorales, la droite, président en tête, brandit notre identité nationale. Je me suis déjà exprimé sur ce blog et sur le site à propos de  la notion d'identité.

 

Une grande partie de la droite française est toujours Barrès, Maurras, Pétain compatible ; c'est le triste constat que je fais chaque fois que se rouvre ce débat.

Bien entendu le signal a été donné par l'ancien «socialiste » Eric Besson, qui va lancer « un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale ».

L'homme de la chasse aux miséreux dans les bois de Calais, des charters qui expédient des réfugiés politiques dans ce havre de paix qu'est Kaboul, est en effet bien placé pour nous faire la leçon sur les valeurs de notre Nation.

 

Je conseillerais à Monsieur Besson de relire quelques manuels d'histoire qui relatent le triste destin de politiciens ayant suivi son parcours.

 

plus d'infos 1 commentaires

mer

14

oct

2009

Patrick Couvreur pionnier des nanomédicaments

 

Le workshop « Aquitaine Conference on Polymers 2009 / Excellence today and tomorrow » réunit actuellement à Arcachon les plus grands spécialistes dans le domaine des polymères. Dans ce cadre, la conférence grand public  "Les médicaments de demain"  proposée par le Pr Patrick Couvreur (Paris-Sud-Orsay), ce jeudi 15 octobre, montrera le chemin parcouru dans le domaine des nanomédicaments.

 

Les progrès de la recherche dans cette partie des nanosciences sont en effet significatifs, malgré les nombreux obstacles de tous ordres qui ont pu parfois décourager certains chercheurs (voir sur ce site l'article "De Démocrite aux nanosciences").

 

En témoigne le parcours de Patrick Couvreur, lauréat cette année du prix Galien de la Recherche Pharmaceutique, qui donnera en 2010 un cours au Collège de France (chaire d’Innovation Technologique). Sa leçon inaugurale « Les nanotechnologies peuvent-elles contribuer à traiter des maladies sévères » aura lieu le 21 janvier prochain.

 

Patrick Couvreur a enseigné à l’Université Catholique de Louvain avant sa nomination de professeur à Paris-Sud-Orsay, en 1984. Il est actuellement directeur du Groupement de Recherche du CNRS "Vectorisation d'Oligonucléotides antisens".

 

 C’est un pionnier de la vectorisation puisque qu’il a été le premier à montrer qu’il était possible d’utiliser des capsules submicroscopiques, d’une centaine de nanomètres pour promouvoir la pénétration intracellulaire de médicaments.

 

L’adressage de molécules à visées  thérapeutiques vers l’organe, le tissu ou la cellule malade, constitue en effet un défi majeur pour le traitement de nombre de pathologies, en particulier infectieuses, cancéreuses ou d’origine génétique.

 

De nombreux principes actifs présentent des caractéristiques physicochimiques peu favorables au franchissement des barrières biologiques qui séparent le site d’administration du médicament de son site d’action.

 

D’un autre côté ces molécules se heurtent aux  barrières enzymatiques qui provoquent leur dégradation et métabolisation rapides.

 

 L’obtention de concentrations efficaces au niveau du site d’action ne peut donc se faire qu’au détriment d’une importante déperdition du principe actif vers d’autres tissus ou cellules, ce qui occasionne des effets toxiques importants et parfois rédhibitoires (cas des agents anticancéreux).

 

Le développement de nanotechnologies dans le domaine des vecteurs de médicaments a donc  pris un essor considérable au cours des dernières années.

 

En 1979, P. Couvreur prépare les premières nanoparticules biodégradables à partir d’un  polymère métabolisable. Son équipe a alors pu associer à ce nouveau vecteur biodégradable plusieurs agents anticancéreux, comme la doxorubicine. L’efficacité de ces nanovecteurs a été démontrée sur plusieurs cancers expérimentaux (métastases hépatiques et leucémies).

 

Les résultats obtenus à propos de l’hépatocarcinome sont particulièrement intéressants :

 

Le traitement de l’hépatocarcinome se trouve entravé par le fait que les principes actifs contenus dans les médicaments se heurtent à un mécanisme de défense (détoxication) qui les empêche de rentrer dans la cellule cancéreuse pour la tuer. Nous avons réussi à encapsuler, grâce à des polymères, des nanoparticules biodégradables qui sont invisibles pour la défense de la cellule cancéreuse. On trompe la cellule. On a d’abord développé cette découverte sur des animaux de laboratoire, et nous sommes actuellement en phase 2-3 des essais cliniques. Interwiew P. Couvreur

 

Des nanotechnologies de deuxième génération permettent maintenant de délivrer de manière spécifique des molécules actives au niveau de tumeurs cérébrales ou de maladies auto-immunes entraînant des réactions inflammatoires au niveau de certains tissus du cerveau.

 

En collaboration avec l’équipe de C. Malvy (IGR, Villejuif), il a montré que l’encapsulation d’un oligonucléotide antisens ou d’un petit ARN interférent (siRNA), orienté contre un oncogène de jonction permettait de traiter efficacement un modèle expérimental du sarcome d’Ewing. Il est remarquable de noter que lorsqu’il n’est pas encapsulé, le même oligonucléotide/siRNA n’a pas d’activité sur cette tumeur pédiatrique qui résulte de la fusion de deux gènes localisés sur des chromosomes différents. Cette observation ouvre des perspectives nouvelles dans le domaine de la manipulation génétique pour le traitement du cancer.

 

La découverte la plus récente de l’équipe de P. Couvreur repose sur l’observation fortuite que le couplage du squalène à des analogues nucléosidiques («squalénisation») aboutit systématiquement à des molécules plus actives et qui s’auto-assemblent spontanément sous forme de nanoparticules (de 60 nm à 300 nm) en milieu aqueux (2). Ces nanosystèmes peuvent donc être administrés par voie intraveineuse. Ce concept a déjà été appliqué à deux analogues nucléosidiques à activité anticancéreuse et à trois analogues nucléosidiques à activité antivirale (dont l’AZT). Des résultats spectaculaires ont été obtenus in vitro sur culture de cellules et in vivo sur différents cancers expérimentaux.

 

Les nanovecteurs balayent aujourd'hui un large spectre ; les publications foisonnent et les projets en développement concernent  une grande partie du champ thérapeutique des maladies sévères -maladie d'Alzeimer ou traitement de l'arthrose par exemple- (3).

La préparation de vaccin via les nanotechnologies fait également l'objet d'efforts importants.

 

Ces recherches transdisciplinaires ouvrent des perspectives thérapeutiques radicalement nouvelles en mettant les nanotechnologies au service de la découverte de nouveaux médicaments.

 

(1)    Patrick Couvreur a aussi été le 5ème lauréat français, en 50 ans, de la « Host Madsen Medal » qui est la plus haute distinction remise par la Fédération Internationale Pharmaceutique (FIP).

(2)    Le squalène, précurseur de la biosynthèse du cholestérol, adopte en milieu aqueux une conformation compacte qui lui permet d’entrer dans la poche hydrophobe de l’enzyme(i.e. oxidosqualenecyclase).

(3) Pour pallier aux effets secondaires d'infiltrations de corticostéroïdes,  il a été  proposé d'utiliser des microparticules co-encapsulant un anti-inflammatoire stéroïdien, l'acétate de dexaméthasone, et des nanoparticules d'oxyde de fer superparamagnétique (SPIONs) comme vecteurs intra-articulaires. Piégée dans la matrice polymérique, la dexaméthasone est libérée graduellement, évitant ainsi la formation de cristaux dans l'articulation. De plus, de par les propriétés magnétiques des SPIONs, les microparticules sont retenues dans l'articulation à l'aide d'un aimant externe, réduisant ainsi leur clairance.

 

 

Un petit clin d’œil à mon fils Thomas, qui soutiendra dans les semaines qui viennent une thèse à propos de "prodogues issues de siARN modifiés".

 

Plus d'informations : Conférence de P. Couvreur, Canal U

 

 

 

 

plus d'infos 0 commentaires

lun

12

oct

2009

Prix Nobel de chimie 2009 : au coeur du monde ARN

 

A propos de l'origine de la vie, j'ai abordé l'hypothèse d'un monde ARN, antérieur au monde ADN que nous connaissons aujourd'hui. L'actualité scientifique met en lumière ces macromolécules essentielles du vivant (1).

 

En effet, le prix Nobel de chimie 2009 a été attribué à l'Israélienne Ada Yonath (Institut des sciences Weizmann, Jérusalem), à l'Américain d'origine indienne Venkatraman Ramakrishnan (Laboratoire de biologie moléculaire, Cambridge) et à l'Américain Thomas Steitz (Institut médical Howard Hugues, Université de Yale, Etats-Unis) pour des  travaux portant sur la structure et le fonctionnement des ribosomes, des acteurs essentiels de la synthèse des protéines.

 

Le ribosome est un complexe macromoléculaire ARN-protéines responsable de la synthèse protéique dans la cellule. La masse moléculaire d'un tel complexe est considérable : environ 2,7 Mega Daltons pour les procaryotes et 4,5 Mega Daltons pour les eucaryotes (ce qui représente plusieurs centaines de milliers d’atomes).

 

Le ribosome est comparable à une usine à protéines. Il permet à la fois de lire l'ARN messager (c'est-à-dire, en quelque sorte, le messager de notre information génétique) et de le traduire afin de fabriquer la protéine correspondante.

 

La synthèse des protéines à partir de l’information codée par les gènes s’effectue en deux étapes et fait intervenir des machines moléculaires complexes constituées de plusieurs composants. La première étape, appelée transcription, est effectuée par l’ARN polymérase dont le rôle est de fabriquer des ARNs messagers homologues au gène à exprimer. La deuxième étape, la traduction, convertit l’information séquentielle contenue dans les ARN messagers en protéines. Celle-ci est réalisée par le ribosome.

La traduction est un phénomène d’une extrême complexité : le ribosome comporte deux parties qui doivent s’assembler très précisément au site d’initiation de la synthèse protéique; les acides aminés (qui constituent les maillons de la protéine) doivent être amenés sur le ribosome et être assemblés selon l’ordre déterminé par l’ARN messager; puis lorsque le signal adéquat apparaît sur l’ARN messager la synthèse doit se terminer aussitôt.


Pour réaliser toutes ces tâches, le ribosome est assisté de nombreuses protéines et dispose à sa surface de différents sites fonctionnels : site actif où sera formée la liaison peptidique, sites de liaison pour les protéines qui apportent les acides aminés et sites d’interactions pour des protéines qui aident le ribosome à débuter ou à finir la réaction. Par ailleurs la réaction s’accompagne de mouvements : le ribosome se déplace par rapport au messager de manière synchrone à la réaction de synthèse et il se déforme de manière coordonnée à chaque cycle d’addition.

Pour comprendre le mécanisme de la synthèse des protéines, il faut donc décrypter le mode de fonctionnement du ribosome et étudier sa structure tri-dimensionnelle dans différents états du cycle réactionnel. Parmi toutes les méthodes de détermination de structure de protéines disponibles, seule la diffraction des rayons X permet de déterminer la position des atomes, mais son champ d’application était  réduit aux protéines cristallisables.

 

Ces dernières années, des études fondées sur la diffraction de cristaux aux rayons X, sur la résonance magnétique nucléaire et sur la cryomicroscopie électronique ont permis d'obtenir une résolution à l'échelle atomique de la structure du ribosome bactérien et donc de comprendre les bases moléculaires de la synthèse des protéines.

 

Ces travaux, qui ont été couronnés par le prix Nobel (2),  semblent confirmer  que l'ARN ribosomique joue un rôle prépondérant dans la structure du ribosome ainsi que dans la formation de la liaison peptidique et le décodage du code génétique.

 

Ces résultats ouvrent la voie à la conception de nouveaux antibiotiques dirigés contre le ribosome bactérien et à d'autres thérapeutiques ayant pour cible la synthèse protéique.

En effet, environ la moitié des antibiotiques utilisés en thérapeutique (disposant de l'AMM) ont pour cible le ribosome bactérien. Ces antibiotiques se répartissent en plusieurs classes, de nature chimique et de mode d'action différents, mais la plupart interagissent avec l'ARN ribosomique.

 

La compréhension de l'action du ribosome doit aussi permettre à terme de mieux comprendre les mécanismes de création des êtres vivants.

 

(1) Présentation de l'Université de Sherbrooke sur la structure et les fonctions de l'ARN ICI

(2) Il faut noter qu'une équipe française aurait pu être associé à cette récompense. Cela n'enlève rien à la qualité de leurs travaux. La course au Nobel se joue parfois au finish !

 

plus d'infos 0 commentaires

mar

29

sep

2009

Sale temps pour Claude Allègre

 

Avec le sens de la mesure qu'on luit connait Claude Allègre a déclaré récemment  : "Nicolas Hulot est un imbécile. C'est une honte qu'il soit devenu le gourou de l'écologie. Il envoie les gens rouler à vélo et lui fait ses affaires en hélicoptère."

 

Le score des écologistes aux élections européennes, a en effet fait perdre à l'ancien socialiste un maroquin qui lui tendait les bras ... et il enrage !

 

Cependant Claude Allègre est un chercheur de haut niveau. Ceux qui mettent en doute ses qualités de chercheur font fausse route. Ses travaux en géochimie ont été consacrés par les plus hautes distinctions nationales et internationales :

 

  • le prix Crafoord, la plus haute distinction en géologie, qui est souvent comparée à un prix Nobel dans cette discipline.

  • la médaille d'or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française,

 

Il est membre de l'Académie des sciences française et de la National Academy of Sciences, l'Académie des sciences américaine.

 

Par contre, Claude Allègre est un piètre gestionnaire (voir l'affaire du BRGM), un piètre politique et un provocateur qui frise parfois l'inconscience.

 

Claude Allègre est en guerre contre le principe de précaution, "un frein à la recherche et au développement économique".

 

Est-ce le fait d'avoir été ridiculisé par un pur autodidacte (Haroun Tazieff) en 1976, quand il préconisait, lors du réveil du volcan la Soufrière en Guadeloupe, l'évacuation d'urgence de la population par crainte d'une éruption avec nuées ardentes, alors que Haroun Tazieff avait diagnostiqué à juste titre une éruption phréatique ?

 

Il s'est donc opposé au désamiantage du Campus de Jussieu (pour être intervenu plusieurs fois à Jussieu, je peux témoigner de l'état particulièrement lamentable de certains locaux et l'omniprésence de l'amiante à découvert dans plusieurs bâtiments) susceptible d'entraver le bon fonctionnement de gros laboratoires de recherche.

 

Il faut cependant savoir que cette posture face au principe de précaution fut, jusqu'à une époque assez récente, celle de nombreux directeurs de grand laboratoires, notamment en chimie, où beaucoup de jeunes chercheurs ont été conduit à préparer leur thèse dans des conditions d'insécurité totale avec une exposition continue à de nombreux produits hautement toxiques voire cancérogènes (j'ai vu par exemple des séparations par chromatographie liquide réalisée en milieu ouvert avec des litres de benzène !). Il était fort mal vu alors de se protéger (perte de temps, perte d'argent). Nombreux sont ceux qui ne sont plus là pour en témoigner.

 

Son combat aujourd'hui, toujours au nom de la lutte contre le principe de précaution (« une arme contre le progrès »), consiste à nier que les activités anthropiques soient majoritairement responsables du réchauffement climatique. Le fait que sa théorie soit essentiellement exposée dans des hebdomadaires grands publics comme l'Express et principalement soutenue par deux de ses proches et condisciples (Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, également membres de l'Académie des sciences) nuit évidemment beaucoup à sa crédibilité.

 

Certes le réchauffement climatique et les modifications climatiques en général ont de multiples origines ; l'histoire mouvementée de notre planète en témoigne.

 

Cependant des conclusions de quasi consensus ont été rendues par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Son dernier et quatrième rapport, auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays affirme que la probabilité que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d'origine humaine est de plus de 90 %.

 

Ces conclusions ont été approuvées par plus de 40 sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés.

 

Les mesures terrestres de température réalisées au cours du XXe siècle montrent une élévation de la température moyenne. Ce réchauffement se serait déroulé en deux phases, la première de 1910 à 1945, la seconde de 1976 à aujourd'hui. Ces deux phases sont séparées par une période de léger refroidissement. Ce réchauffement planétaire semble de plus corrélé avec une forte augmentation dans l'atmosphère de la concentration de plusieurs gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote.

 

L'élévation de la température moyenne du globe entre 1906 et 2005 est estimée à 0,74 °C (à plus ou moins 0,18 °C près), dont une élévation de 0,65 °C durant la seule période 1956-2006.

La température moyenne planétaire de 2001 à 2007 est de 14,44°C soit 0,21°C de plus de 1991 à 2000. À ce rythme l'augmentation est de 2,5°C en 100 ans.

 

Évidemment de nombreux hommes politiques, pilotés par les lobbies de grands groupes industriels, en particulier américains, opposés à la signature du protocole de Kyoto, ont produits des contre-expertises faisant notamment apparaître un certain nombre de biais dans les méthodes d'analyse du GIEC.

Cependant selon une étude publiée dans la revue Science par une historienne des sciences, Naomi Oreskes, l'analyse de 929 résumés d'articles scientifiques sélectionnés dans une base de données à l'aide des mots clés « climate change » et publiés entre 1993 et 2003, montre qu'aucun d'entre eux ne remettait en cause le consensus défini par le GIEC. Depuis cette étude a été elle même contestée, mais seulement à la marge.

 

Claude Allègre, qualifié par certains de ses pairs de l'Académie de révisionniste,  est donc très isolé. Néanmoins cette querelle d'experts est beaucoup plus complexe que ce que les journaux rapportent et mérite mieux que les diatribes d'un savant atrabilaire.

 

 

plus d'infos 0 commentaires

jeu

24

sep

2009

Le bonheur (2) : pourquoi les Français sont-ils si malheureux ?

 

 

« La vérité c'est qu'on peut raconter toutes sortes d'histoires à travers les indices du bonheur mais, aussi étayées qu'elles puissent être, elles restent des constructions de l'esprit »

 

Claudia Senik, économiste

 

« La démocratie française n’est pas fatiguée de mouvement, elle est fatiguée d’immobilité »

 

Jean Jaurès

 

Mais pourquoi les français sont-ils si "malheureux" ?

 

Rappel : selon l'enquête, sur le bonheur réalisée en 2006 par un chercheur de l'université de Leicester (Adrian White), le Danemark est le champion du bonheur ! Quatre pays nordiques sont dans les 8 premiers : Danemark, Islande, Finlande et Suède ; les USA sont 23ème, le Royaume-Uni, 41ème et la France... 62ème !

 

La faute à notre côté râleur (voir ce blog !)... c'est bien connu nous sommes insatisfaits, méfiants, cyniques... peut-on lire dans un article du Monde Mag... (voir l'article précédent : Le bonheur au pays des Vikings ).

 

L'héritage d'un empire romain politiquement autoritaire en miroir d'une société viking très égalitaire comme le suggère le sociologue néerlandais Ruut Veenhoven ?

 

La conjonction d'un système politique à bout de souffle et d'un modèle économique dépassé ?

 

Le livre (l'enquête) de Yann Algan et Pierre Cahuc, La Société de défiance, publié en 2007 dans le cadre des travaux du CEPREMAP, dirigé par Daniel Cohen, donne quelques pistes. (*)

 

Le CEPREMAP dépend du ministère de la Recherche, il assure l'interface entre le monde académique et les décideurs publics et privés. L’École Normale Supérieure, le CNRS, le Centre d’analyse stratégique, la direction générale du Trésor, l’INSEE, les ministères du Travail, de l’Équipement, de la Santé, de la Recherche, la Banque de France... participent à l'élaboration des 5 programmes choisis :

Politique macroéconomique en économie ouverte ; Travail et emploi ; Économie publique et redistribution ; Marchés, firmes et politique de la concurrence ; Commerce international et développement.

 

Il faut noter que près de cent chercheurs du Campus Jourdan de l’École Normale Supérieure de Paris sont impliqués dans les travaux du CEPREMAP ; c'est une garantie de sérieux !

 

Le sous-titre de cet l'ouvrage : Comment le modèle social français s'autodétruit, justifie-t-il « le malheur » des français, le sombre pessimisme que plusieurs études récentes ont mis en évidence ?

 

Dans leur avant-propos les auteurs font un constat :

 

Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés

montrent que les Français, plus souvent que les habitants des autres pays,

se méfient de leurs concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette

défiance va de pair avec un incivisme plus fréquent dans des domaines

essentiels au fonctionnement de l’économie et de l’État-providence...

 

... analysent l'origine de cette défiance :

 

Nous montrons néanmoins qu’ils ne constituent pas un trait culturel immuable. L’étude de l’évolution des attitudes sociales sur la longue période révèle que le civisme et la confiance mutuelle se sont dégradés après la Seconde Guerre mondiale.

 

... et ses causes :

 

Nous soutenons que c’est le mélange de corporatisme et d’étatisme du

modèle social français qui suscite la défiance et l’incivisme. En retour, défiance

et incivisme minent l’efficacité et l’équité de l’économie, et entretiennent

l’étatisme et le corporatisme...

 

Ce constat est étayé par des chiffres, des courbes et des graphiques... issus d' Enquêtes du World Values Survey (WVS) ou de l’International Social Survey Program (ISSP), qui posent des questions harmonisées à des milliers d’individus dans un grand nombre de pays depuis plusieurs décennies.

 

J'ai sélectionné quelques enquêtes qui étayent sans ambiguïté les propos des auteurs :

 

1) Part des personnes qui répondent

« Pour arriver au sommet, il est nécessaire d’être corrompu »

 

Norvège : 13%, USA : 22%, Royaume-Uni : 25%, France : 52%... Russie : 88%

 

2) Part des personnes qui déclarent n’avoir :

« aucune confiance » en la justice

 

Danemark : 2,2%, Allemagne : 7%...France : 19% (précédée uniquement par les turcs... et les belges)

 

3) Part des personnes qui déclarent n'avoir :

  1. « aucune confiance » dans le parlement.

 

Norvège et Danemark : 4%, Allemagne : 16%, France : 25% (20ème sur 24 pays classés)

 

4) Part des personnes qui déclarent n’avoir :

« aucune confiance » dans les syndicats.

 

Pays nordiques moins de 10%, France plus de 25%

 

5) Part des personnes qui répondent à la question :

« En règle générale, pensez-vous qu’il est possible

de faire confiance aux autres ou que l’on est jamais assez méfiant? »

 

Norvège, Suède, Danemark : oui entre 60 et 70%

Japon, Canada et USA, oui entre 40 et 50%

France : oui, 22% (24ème rang sur 26, précédant uniquement le Portugal et la Turquie).

 

Pour frapper les esprits, les auteurs enfoncent le clou en proposant une confrontation France-Suède qui montre, par exemple, qu'un Français a 29 % de chances de moins de déclarer faire confiance aux autres qu’un Suédois de même sexe, même âge, même éducation, même revenu, même religion et même orientation politique.

 

Pire : qu'un Suédois célibataire, catholique, sans diplôme et sans emploi fait, en moyenne, beaucoup plus confiance à ses concitoyens qu’un Français marié, protestant, diplômé du supérieur et percevant de hauts revenus !

 

Inutile de continuer, la messe est dite... nous voyons des ennemis potentiels partout ! Cela rappellera aux plus anciens le temps de l'occupation où les murs avaient des oreilles (expression qui a trouvé un écho plus sympathique en mai 68 avec les murs ont la parole).

 

Comment peut-on être heureux dans un pays où -si l'on considère ces chiffres- on se défie de sa justice (il est inutile d'évoquer la police !), de ses représentants politiques et syndicaux, de ses concitoyens et où, pour réussir, il faudrait souvent payer ou coucher !

 

Pour étayer leur thèse, Algan et Cahuc vont montrer que cette « Société de défiance » s'accompagne d'un incivisme presque revendiqué, comme l'illustre de façon éloquente les réponses à la question suivante :

 

Part des personnes qui déclarent :

« trouver injustifiable d’acheter un bien dont on sait qu’il a été volé ».

 

Danemark : 89%, Norvège : 85%, Suède : 83%, USA : 78%, Italie 74%, Espagne : 71 %... France : 63% (en avant-dernière position devant le Mexique 59%).

 

Sommes-nous plus malhonnêtes... ou moins hypocrites ?

 

La question suivante devrait nous éclairer :

 

Part de personnes qui déclarent :

« trouver injustifiable d’accepter un pot-de-vin dans l’exercice de ses fonctions »

 

Danemark : 92%, USA : 83%, Italie 73%, France : 58% (dernière devant le Mexique).

 

Pour établir un comparatif entre le civisme des citoyens d'un grand nombre de pays les auteurs ont choisi de commenter Le comportement des diplomates français à New York à partir de l'étude réalisée par R. Fisman et E. Miguel

 

Sont comparés, par exemple, le respect des règles de stationnement des milliers de diplomates en service aux Nations unies, provenant de cent quarante-six pays différents au cours de la période 1997-2005. Bien que tous les diplomates bénéficient de la même immunité, leur propension à enfreindre la loi diffère fortement selon leur pays d’origine.

 

Lorsque les cent quarante-six pays sont classés par ordre décroissant du nombre d’infractions par diplomate, la France se situe au 78e rang, avec une moyenne de 6,1 infractions, en compagnie de l’Inde et du Laos. Les seuls pays d’Europe de l’Ouest qui devancent la France en nombre d’infractions sont l’Italie au 46e rang (14,6 infractions), l’Espagne au 52e rang et le Portugal au 68e rang.

 

Par respect pour Anne Sinclair, nous n'évoquerons pas ici « la conduite inadéquate » du président français du FMI qui, outre le mini bar, avait installé un divan confortable dans son somptueux bureau. Cela ne nous regarde pas !

 

C'est une affaire entendue : l'incivisme des français est patent.

Et l'Etat ne montre pas l'exemple ; en témoigne, par exemple, le parc automobile ahurissant des ministres français en ces temps de crise...

 

Le constat étant établi on peut se poser la question de l'origine de tels comportements : innés ou acquis ?

 

Les auteurs répondent sans hésiter que croire qu’un atavisme nous pousse à nous défier de tout, sans qu’aucun élément objectif ne justifie une telle attitude est une interprétation erronée, car la confiance évolue au cours du temps.

 

« Nous avons en effet vu que la confiance héritée des Français s’était dégradée

au cours du XXe siècle et surtout après la Seconde Guerre mondiale. En

particulier, la confiance envers les institutions de la sphère publique s’est

fortement érodée au cours des dernières décennies. Le déficit de confiance

des Français n’est donc pas une donnée intangible. »

 

Corporatisme et étatisme voilà les deux "ismes" qui sont en cause pour les chercheurs du CEPREMAP :

 

« Ce déficit de confiance est intimement lié au fonctionnement de l’État et du modèle social. Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle social français s’est construit sur des bases corporatistes et étatistes. Le corporatisme, qui consiste à octroyer des droits sociaux associés au statut et à la profession, institutionnalise la segmentation des relations sociales. Il crée un enchevêtrement de dispositifs

particuliers à chaque corps qui favorise la recherche de rentes et entretient

la suspicion mutuelle.

L’étatisme, qui consiste à réglementer l’ensemble des domaines économiques et sociaux dans leurs moindres détails, vide le dialogue social de son contenu, entrave la concurrence et favorise la corruption.

 

Personnellement j'adhère complètement à cette analyse.

 

Faut-il donc en finir avec L'état-providence ? La réussite des danois tranche avec le marasme français. Pourquoi ?

 

Le modèle français

 

Dans Les Trois Mondes de l’État-providence, G. Esping-Andersen distingue

trois types d’États-providence : le modèle conservateur, le modèle social-démocrate et le modèle libéral.

 

« Selon cette classification, l’État-providence français est conservateur, car il cultive les distinctions de statuts et la hiérarchie entre individus. Les dépenses sociales dans ce type d’État sont généralement élevées. Mais elles ont pour but premier de préserver les statuts afin de renforcer un ordre social traditionnel. Les États-providence conservateurs sont donc généralement associés à un fort corporatisme et à un fort dirigisme. »

 

L’État-providence français mis en place après la guerre, mais largement inspiré

par le régime de Vichy, est fondé directement sur ces deux caractéristiques.

 

Concernant le corporatisme les auteurs rapportent une donnée objective en reprenant la mesure utilisée par G. Esping-Andersen, qui se fonde sur le nombre de systèmes publics de pensions de retraite en fonction du statut professionnel.

 

Italie 12, France 10, Allemagne 6, Danemark 2, Irlande 1.

 

Le modèle social-démocrate

 

"Dans le modèle social-démocrate, une part substantielle des richesses est

redistribuée sur la base de principes universalistes et égalitaristes. En ce

sens, la part des dépenses sociales est tout aussi élevée, si ce n’est plus,

que dans les pays dont le modèle social est de type conservateur comme

la France. Mais l’organisation de la solidarité est très différente.

Dans ce contexte, les impôts servent à financer des services publics ouverts à tout citoyen sans discrimination selon le revenu ou tout autre critère, par opposition au mode de financement sur cotisations des pays conservateurs. En conséquence, les pays qui ont adopté le modèle social-démocrate sont aussi ceux où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés. En outre, ce système se caractérise par une structure beaucoup plus égalitaire des prestations, avec des ratios entre le niveau moyen des prestations et les prestations maximales beaucoup plus faibles.

Le degré d’universalisme des prestations sociales peut être mesuré par la part de la population en âge de travailler éligible aux assurances sociales de maladie, de chômage et de retraite. La part de la population en âge de travailler éligible aux différentes allocations est élevée dans les pays nordiques tels que le Danemark et la Suède, où elle avoisine les 90 %."

 

Le lecteur qui n'a pas peur des chiffres se reportera directement à l'ouvrage en question.

 

Conclusion

 

Bien sûr ce travail n'est pas neutre, l'organigramme du CEPREMAP (Président : Jean-Pierre Jouyet, principal conseiller économique de N. Sarkozy) en témoigne, et son objectif n'est pas d'améliorer le bonheur des français mais de déterminer les raisons de leur peu d'enthousiasme pour la concurrence et l'économie de marché.

 

Néanmoins il met le doigt sur des handicaps majeurs de notre société et à mes yeux sur le pire : le corporatisme, hérité de Vichy, conforté par nécessité par le gouvernement provisoire du Général de Gaulle à la libération et validé par la réussite économique des Trente Glorieuses.

 

Que le corporatisme soit à l'origine d'une société de défiance nous le voyons tous les jours quand, les agriculteurs (divisés en producteurs de lait, éleveurs, céréaliers, viticulteurs...), les chauffeurs routiers, les médecins, les enseignants, les pompiers, les infirmières, les marins, les cheminots (de la SNCF, de la RATP... eux-même segmentés en contrôleurs, rampants, conducteurs), postiers... chacun leur tour, viennent réclamer justice (combien de luttes solidaires -type CPE- face à ces manifestations catégorielles qui nous dressent les uns contre les autres !), quand nous écoutons, lisons, voyons... tous ces protestataires poujadistes qui déplorent les avantages du voisin, tous ces politiques qui passent leur temps à dresser les corporations les unes contre les autres ou à encourager les lobbies (nous avons ici nos députés du vin, il y a les députés des chasseurs, les députés des restaurateurs, du tabac, des cafetiers…).


Parenthèse historique :

Je rappelle au passage que l'abrogation des corporations a été décidée par la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 (sous la Révolution) ! Son préambule affirme qu'il « n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de coopération ».

 

Bien sûr que des luttes sectorielles sont nécessaires, mais pour être efficaces elles doivent s'inscrire dans un projet plus vaste qui prend en compte l'intérêt général et la solidarité.

 

La faute à qui si, au lieu de réfléchir tous ensemble, sinon à un modèle de société, du moins à une façon d'avancer vers une société plus égalitaire, plus juste, plus solidaire... nous passons notre temps à défendre notre pré carré ?

A nos politiciens (si faibles), à nos syndicats (si étiques), à nos institutions (si monarchiques) ?

 

Est-il si difficile de comprendre que les plus faibles, les moins bien représentés, les plus fragiles... sont forcement les perdants dans la segmentation des revendications. Que le corporatisme fige les injustices et est une aubaine pour un pouvoir distributeur de prébendes... qu'il fait le malheur du plus grand nombre !

 

Certes le bonheur des nations n'est pas strictement corrélé à un modèle économique - l'histoire nous le rappelle cruellement- mais la perénnisation de cette Société de défiance est sans aucun doute un obstacle considérable à l'épanouissement de notre peuple.

 

(*) Je ne commente pas l'opuscule de Jacques Juillard (Le malheur français, paru en 2005), journaliste au Nouvel Obs, qui est surtout une ode au blairisme et au social-libéralisme... la crise qui nous affecte a sans doute tempéré les ardeurs libérales de ce pourfendeur de la gauche !

 

plus d'infos 0 commentaires

jeu

24

sep

2009

Le bonheur (1) : au pays des vikings

«On nous fait croire que le bonheur c'est d'avoir des avoirs plein nos armoires» Alain (Souchon)

 

En décembre prochain, c'est à Copenhague, que se jouera -en partie- l'avenir de notre planète : il s'agira de prolonger et surtout d'améliorer le protocole de Kyoto, un des traités fondamentaux de la gouvernance mondiale sur le climat, ratifié par près de 200 états (à l'exception notable des USA !), qui vient à échéance en 2012.

 

Je reviendrai sur les enjeux considérables de la réunion de Copenhague sur ce blog.

 

A l'approche de ce sommet, le Danemark est donc à l'honneur. Le nouveau Monde Magazine (n°1, 19 septembre 2009) fait sa une sur un «Voyage au pays du bonheur» et s'interroge sur les raisons qui font que, selon une étude sérieuse, les danois seraient « les champions du bonheur ».

Dans cette enquête, réalisée en 2006 par un chercheur de l'université de Leicester (Adrian White) , où l'on retrouve 4 pays nordiques dans les 8 premiers (Danemark, Islande, Finlande et Suède), les USA sont 23ème, le Royaume-Uni, 41ème et la France... 62ème !

 

Mais pourquoi les Danois sont-ils heureux ?

 

L'hebdomadaire essaie d'abord de comprendre comment on peut évaluer le bonheur d'un peuple. Il cite Ruut  Veenhoven (grand spécialiste de l'étude du bonheur qui enseigne à l'Université Erasmus de Rotterdam) :

 

« Quand j'étais jeune sociologue une bonne société était une société socialiste, plus tard c'était une société libérale, plus tard une société religieuse... tout ça est idéologique.... La seule chose que l'on peut affirmer, c'est si à un endroit donné les gens vivent heureux ».

 

Ce qui est sûr c'est que la réponse n'est pas seulement dans les indices économiques. Le PIB, qui comme le martèle les altermondialistes n'est qu'une simple mesure de la production, doit-il être remplacé par le bonheur national brut adopté par le roi du Bhoutan (8ème dans le classement de Leicester) dans les années 70 ou par le bonheur intérieur net (BIN) créé par un institut canadien ?

 

Pourquoi donc les danois sont-ils si heureux et les français si malheureux (en tout cas de moins en moins heureux depuis 2001 selon le calcul du BIN établi par le magazine L'Expansion) ?

 

Le modèle économique, cette fameuse flexsécurité à la danoise (qui n'a rien à voir avec le social-libéralisme à la Tony Blair), y est quand même, sans doute, pour quelque chose :

 

L'Etat-providence danois instauré dans les années 30 ne laisse aucun de ses enfants sur la touche, cogère avec les syndicats (taux de syndicalisation : plus de 85%) et emploi 30% de l'ensemble des salariés dans un service public de qualité. Le taux de chômage, avant la crise financière s'établissait à 2% (environ 3,3 aujourd'hui).

 

La flexsécurité c'est certes une plus grande facilité de licencier, mais une bien meilleure prise en charge des chômeurs et des mécanismes efficaces (formation tout au long de la vie notamment) de retour à l'emploi. Les libéraux au pouvoir cherchent évidemment à remettre en cause un modèle fort peu apprécié par les capitalistes locaux et par l'Europe (mais les danois ont refusé l'euro et se méfient comme de la peste de la commission européenne !). Cependant la crise financière les conduit aujourd'hui à la circonspection !

 

L'autre raison avancée, d'ordre sociologique, est plus inquiétante et explique le score considérable (près de 15%) du parti d'extrême-droite aux dernières élections européennes (et sans doute aussi ces fameuses caricatures de Mahomet publiées par les journaux danois).

 

Le Monde magazine rappelle qu'il y a 350 ans, le Danemark était un vaste empire. Sa chance, fit remarquer un historien, fut d'avoir perdu toutes les guerres et de se délester ainsi de toutes ses minorités (Lapons, Suédois, Allemands, Norvégiens...) pour constituer un état d'une incroyable homogénéité culturelle, linguistique et religieuse qui va assurer la prospérité d'un nationalisme coopératif et social.

 

La vague d'immigration des années 80-90 (le Danemark avait le taux d'immigration le plus élevé d'Europe sur cette période) a  mis à mal chez certains ce sentiment d'appartenance à la tribu et provoqué des réactions de rejet. Aujourd'hui le flux d'immigration vers le Danemark est le plus faible du continent...

 

Le parcours du couple Ralf Pittelkow/Karen Jespersen, membres éminents du parti social-démocrate, aujourd'hui respectivement collaborateur et membre du gouvernement libéral, qui ont écrit deux ouvrages très controversés (dont le fameux Islamistes et Naïvistes; un acte d'accusation) sur l'immigration et l'islam, témoigne de l'évolution des mentalités au nord de l'Europe.

 

Beaucoup de danois cependant refusent de se replier sur un nationalisme frileux. Des sociologues rappellent que pour Durkheim la société industrielle moderne passe d'un système de solidarité mécanique (on est solidaire entre semblables) à un système de solidarité organique (on peut être solidaire de personnes différentes de soi).

 

« Le défi aujourd'hui c'est d'apprendre à vivre ensemble dans une société pluriéthnique... Les gens doivent apprendre à être offensés de temps en temps. » conclut le journaliste Fleming Rose qui rappelle que sans l'Etat-providence, avec une mère qui élevait seule trois fils, il n'aurait jamais pu étudier le russe, la sémiotique, la phénoménologie et être là ou je suis.

 

La conclusion de l'article, sur un mode lyrique, se veut optimiste :

 

« Pourtant, quand revient la Saint-Jean et que la Scandinavie entière s'illumine de milliers de feu de joie envoyant aux gémonies des sorcières de pacotille..., Turcs et Pakistanais, étudiantes tatouées et homos végétariens, grands Vikings et femmes voilées se rassemblent autour du bûcher réconciliateur... et affirment que s'ils devaient mesurer leur bonheur sur une échelle de 0 à 10, ils répondraient sans hésiter 10. »

 

Voilà des images que l'on aimerait voir plus souvent !

 

A venir,  Le bonheur (2) : Mais pourquoi les français sont-ils si malheureux ?

 

plus d'infos 0 commentaires

sam

12

sep

2009

Halte au (Horte)feux !