Contre la barbarie et tous les totalitarismes, 

une arme fatale :

le savoir, la culture sous toutes ses formes. 

JP Lavergne

                                                                                                                                                  

" Je vois bien que nous tous qui vivons ne sommes que des fantômes, une ombre sans consistance "

Sophocle ( gravé sur les poutres de la bibliothèque de Montaigne)

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Ce que le burkini dévoile

Réglons d'abord le compte de ceux qui à gauche, pour le défendre, évoquent les tenues de nos arrières grand-mères et les plages non mixtes de la même époque.

 

Oublient-ils le siècle de combat des femmes, pour se débarrasser des tristes oripeaux imposés par une société totalement contrôlée par les hommes ?

 

Car le vêtement a une dimension sémiotique, il porte un message.

 ...

Leonardo da Vinci à Milan

" Il est fait pour désespérer l'homme moderne qui est détourné depuis le commencement, dans une spécialité où l'on croit qu'il doit devenir supérieur parce qu'il y est enfermé."

Paul Valéry 

photo JPL - juillet 2016
photo JPL - juillet 2016

Piazza della Scala, c'est Leonard de Vinci qui trône en majesté devant la façade quelconque du célèbre théâtre.

 

Né à Vinci, près de Florence, Léonard a vécu une vingtaine d’années à Milan, au service du redoutable duc Ludovic Sforza, dit le More.

 

C’est là qu’il exerce à plein temps ses talents d’ingénieur, imaginant des machines de guerre ou des automates pour le duc de Milan. 

C'est surtout là qu'il peint La Cène (Le dernier repas) entre 1494 et 1498, dans le réfectoire du couvent dominicain de Santa Maria delle Grazie.

 

 

L'Ultima Cena

" Au fond de la Cène, il y a trois fenêtres. Celle du milieu, qui s’ouvre derrière Jésus, est distinguée des autres par une corniche en arc de cercle. Si l’on prolonge cette courbe, on obtient une circonférence dont le centre est sur le Christ. Toutes les grandes lignes de la fresque aboutissent à ce point ; la symétrie de l’ensemble est relative à ce centre et à la longue ligne de la table d’agape. "

Paul Valéry

 

 

 

Même abîmée par le temps et de malheureuses tentatives de restauration, cette fresque est saisissante de vérité (vidéo JPL). La finesse des traits, la scénographie, la construction de l'ensemble, concourent à faire de cette Cène un chef d'oeuvre inégalé parmi les représentations du même sujet, par Le Pérugin, Le Tintoret, Vasari et beaucoup d'autres.

 

Enfin il ne faut pas négliger l'essentiel : l'émotion qui étreint le visiteur quand la porte du sas s'ouvre et donne accès au réfectoire, tant est prégnant le sentiment de se trouver dans la proximité du grand maître.

 

Pour qui n'a pas la foi, c'est un moment de grâce qui vous habite au contact de ce génie universel , déjà éprouvé aux Offices, à Florence, en découvrant l'Annonciation,  au Louvre,  face à La Vierge aux rochers, ou encore au musée de L'Ermitage à St Petersbourg devant La Madone Litta (en collaboration), voir ci-dessous.

 

Mais à Milan se rajoute la magie du lieu (même en partie reconstitué)...

 

 

Les sciences et les techniques

 

" Il est le maître des visages, des anatomies, des machines. Il sait de quoi se fait un sourire ; il peut le mettre sur la face d’une maison, aux plis d’un jardin..."

Paul Valéry

Galerie Léonard de Vinci, musée des sciences et techniques Milan (photo JPL)
Galerie Léonard de Vinci, musée des sciences et techniques Milan (photo JPL)

Leonardo est un génie protéiforme qui sans cesse dans la diversité recherchait l’unité.

De ses fameux carnets de notes, il reste quelque treize mille pages d'écriture et de dessins (sur les 50 000 documents originaux), qui associent art et philosophie, sciences, ingénierie, technologie, anatomie…(ce que l’on qualifiait de philosophie naturelle).

 

A la cour de Milan il sympathisera avec l’esprit aristotélicien des " médecins, savants, stratèges, mathématiciens, ingénieurs militaires...", qui purent combler cet insatiable besoin d’information qu’avait Léonard.

 

C'est un autodidacte, son approche scientifique est liée à l’observation : si « la Science est le capitaine, la pratique est le soldat ».

Pour comprendre un phénomène, Léonard de Vinci le décrit et l'illustre avec un luxe de détails. Ses études en hydraulique, son acharnement à percer le mystère du vol des oiseaux et à concevoir des machines volantes, sont représentatives de sa "méthode".

 

Dans la galerie qui lui est consacrée, le Musée des sciences et techniques Leonardo da Vinci de Milan,  propose dessins, extraits des codex et des machines réalisées selon ses plans.

 

 

Carnets, textes et croquis

Maquettes

" Je vois Léonard de Vinci approfondir cette mécanique, qu’il appelait le paradis des sciences, avec la même puissance naturelle qu’il s’adonnait à l’invention de visages purs et fumeux. Et la même étendue lumineuse avec ses dociles êtres possibles est le lieu de ces actions qui se ralentirent en œuvres distinctes. Lui n’y trouvait pas des passions différentes : à la dernière page du mince cahier, tout mangé de son écriture secrète et des calculs aventureux où tâtonne sa recherche la préférée, l’aviation, il s’écrie — foudroyant son labeur imparfait, illuminant sa patience et les obstacles par l’apparition d’une suprême vue spirituelle, obstinée certitude : « Le grand oiseau prendra son premier vol monté sur son grand cygne ; et remplissant l’univers de stupeur, remplissant de sa gloire toutes les écritures, louange éternelle au nid où il naquit ! » 

Paul Valéry

 

 

 

"...neuf fois sur dix, toute grande nouveauté dans un ordre est obtenue par l’intrusion de moyens et de notions qui n’y étaient pas prévus ; venant d’attribuer ces progrès à la formation d’images, puis de langages, nous ne pouvons éluder cette conséquence que la quantité de ces langages possédée par un homme, influe singulièrement sur le nombre des chances qu’il peut avoir d’en trouver de nouveaux. Il serait facile de montrer que tous les esprits qui ont servi de substance à des générations de chercheurs et d’ergoteurs, et dont les restes ont nourri, pendant des siècles, l’opinion humaine, la manie humaine de faire écho, ont été plus ou moins universels. Les noms d’Aristote, Descartes, Leibniz, Kant, Diderot, suffisent à l’établir..."

 

Paul Valéry, Introduction à la méthode de Léonard de Vinci, NRF, 1919.

 

LIRE : J. DarriulatINTRODUCTION A LA PHILOSOPHIE ESTHETIQUE, Léonard de Vinci

 

Apocalypse tomorrow ?

Voici comment nous allons (peut-être) disparaître...

Cratère formé par un météoroïde de 1 km de large en Australie, il y a 142 millions d'années.
Cratère formé par un météoroïde de 1 km de large en Australie, il y a 142 millions d'années.

C'est l'été, on peut donc mettre en exergue les travaux de quelques savants, un peu décalés, qui analysent sérieusement les possibilités d'une fin apocalyptique de notre monde.

 

Non pas par une catastrophe auto-induite, façon guerre nucléaire, ou par une pandémie virale... mais par un bouleversement naturel venant de l'espace ou des tréfonds de la terre.

 

 Voir aussi : Fureur de la nature

 

La revue Science évoque ces recherches et présente trois possibilités de désastres extrêmes. Je les résume, dans l'ordre de péril croissant.

 

 

Les tempêtes solaires, l'éjection de masse coronale (EMC)

" Le 1er septembre 1859, deux énormes éruptions solaires, observées par l’astronome anglais Richard Carrington, ont abouti à la destruction de 5 % de l’ozone atmosphérique terrestre et perturbé gravement les télécommunications par télégraphe électrique en Amérique du Nord et en Europe. Et, le 15 mars 1989, une autre de ces colères astrales provoqua un black-out dans la ville de Montréal (Québec). Celle-ci fut plongée dans le noir à la suite de surtensions survenues sur le réseau dues au passage dans le sol de grandes quantités de particules chargées ayant pénétré l’ionosphère terrestre."

CNRS

 

Les éjections de masse coronale  (EMC) aboutissent en effet à la formation de bulles de plasma. D'énormes nuages, constitués de centaines de millions de tonnes d’électrons et de protons, se superposent au vent solaire, voyagent à travers l’espace et, s’ils croisent le chemin de la Terre, perturbent la magnétosphère, sa barrière de protection naturelle.

 

On estime qu'un EMC du type Carrington (10 fois supérieur à celui de 1989) détruirait des centaines de grands transformateurs, plongeant ainsi dans l'obscurité des zones gigantesques pendant des semaines, voire des mois, rendrait inopérants nos systèmes de communications, bloquerait toutes les fonctions automatisées (de l'utilisation d'une carte bancaire à la gestion d'un oléoduc...).

 

En 2009, un rapport de l’Académie américaine des sciences chiffrait ainsi à plus de 6 000 milliards de dollars le coût des dommages que provoquerait, sur la seule économie des États-Unis, une tempête comparable à celle de 1859 décrite par Richard Carrington.

Sans parler des risques de conflits générés par une telle situation. Bref le chaos...  

 

Une étude récente a estimé à 12% les chances qu'une telle tempête va se produire dans la prochaine décennie.

 

Heureusement nous avons maintenant une véritable météo solaire. Le journal du CNRS anticipe la teneur d'un bulletin météo suite à un EMC majeur :

« Mesdames, messieurs, bonsoir. La nuit dernière, un peu après minuit, une éruption solaire très intense s’est produite à la surface du Soleil. Dans les prochains jours, des vents solaires pourraient souffler à des vitesses supérieures à la normale en direction de la Terre. Une énorme tempête géomagnétique est à prévoir sur l’hémisphère Nord. Par mesure de précaution, pensez à sauvegarder vos données informatiques. »

 

Ce n'est pas de la science-fiction, les scientifiques sont en effet aujourd’hui en mesure, sinon de prévoir, du moins de repérer suffisamment tôt, le déclenchement d’une de ces tempêtes. On estime à un mois environ le temps dont nous disposerions pour limiter les effets d'une telle catastrophe. D'ores et déjà, un renforcement des protections des principaux réseaux électriques américains est à l'étude.

 

 

Les collisions cosmiques

 Le télescope Pan-STARRS (Hawaii) fait partie d'un réseau astronomique de surveillance des éléments susceptibles d'entrer en collision avec la Terre.
Le télescope Pan-STARRS (Hawaii) fait partie d'un réseau astronomique de surveillance des éléments susceptibles d'entrer en collision avec la Terre.

L'impact avec un grand astéroïde ou une comète serait fatal, il faut à tout prix l'éviter.

 

On sait maintenant avec certitude que la disparition des dinosaures est consécutive à la collision avec un astéroïde de plus de 10 km de large, provoquant tremblements de terre, tsunamis massifs et surtout nuages de poussière occultant le soleil pendant des mois.

 

On estime aujourd'hui que selon la vitesse et l'angle d'approche, un objet 10 fois plus petit pourrait provoquer les mêmes dégâts.

 

Heureusement, les astéroïdes de cette taille ne frappent la Terre qu'environ une fois tous les quelques millions d'années, et les «tueurs de dino" seulement une fois tous les 100 millions d'années.

 

Néanmoins,  en 1998, la NASA a lancé le programme Spaceguard destiné à identifier 90% des géocroiseurs de taille supérieure au kilomètre.

Sur les près de 15.000 objets géocroiseurs découverts jusqu'à présent, aucun ne se trouve actuellement sur une trajectoire de collision avec la Terre.

 

Aujourd'hui, les stratégies de défense planétaire n'existent que sur le papier.

La modification d'orbite (par collision ou "tracteurs de gravité) et surtout le bombardement nucléaire sont évoqués.

 

 

Les supervolcans

Statistiquement le risque le plus grand ne vient pas de l'espace mais des tréfonds de la Terre.

 

Tous les 100 000 ans sur Terre, une caldeira gigantesque, de plus de 50 km de diamètre, s'effondre et provoque l'expulsion de quantités monstrueuses de plasma.

 

L'éruption massive du mont Toba en Indonésie (vidéo ci-dessous), il y a 74.000 ans, semble avoir effacé la plupart des humains sur la Terre. Pour certains chercheurs elle a provoqué  un goulot d'étranglement génétique encore visible dans notre ADN. 

 

Par convention géologique, un super-volcan produit une éruption explosive de plus de 450 kilomètres cubes de magma.  Aujourd'hui les zones actives de ce type comprennent, outre Toba, Yellowstone dans le nord-ouest des États-Unis, la Long Valley Caldera en Californie orientale, la zone volcanique de Taupo en Nouvelle-Zélande, et plusieurs spots dans les Andes.

 

Les chercheurs ont évalué le pouvoir dévastateur de ces séismes en fonction du diamètre de la caldeira

 

On voit sur cette carte une simulation réalisée pour une éruption à partir de Yellowstone aux USA.

 

En réalité dans une société mondialisée et interconnectée comme la notre, les dommages collatéraux seraient énormes.

 

Ainsi en 2010, l'éruption du Eyjafjallajökull  en Islande a causé des millions de dollars de pertes pour... les agriculteurs kenyans.

 

 

 

 

Comment survivre sans soleil ?

De ce qui précède nous voyons que les hommes semblent désarmés vis à vis de tels cataclysmes naturels, qui provoqueraient une éclipse solaire pendant des mois.

Comment nourrir des milliards d'individus sans les bienfaits de l'énergie solaire ?

 

Certains hu(r)luberlus (qui sait !) suggèrent de faire pousser des champignons sur les troncs des arbres survivants, d'autres, plus sérieux, de transformer la cellulose de la biomasse végétale, en sucre, ce qui est aisé...

Bref pas grand chose à se mettre sous la dent !!!

 

Mais rassurons-nous, la gigantesque bêtise humaine nous assurera bien plus sûrement une auto-destruction, qui évitera que le ciel nous tombe sur la tête ou que la terre se dérobe sous nos pieds !!!

 

 

Eros et Thanatos

Marc Chagall (Musée de Nice)
Marc Chagall (Musée de Nice)
Les Carrières de Lumière (Les Baux de Provence) - Chagall, Songes d'une nuit d'été
Les Carrières de Lumière (Les Baux de Provence) - Chagall, Songes d'une nuit d'été

Pulsion de mort...

 

 

" L'ennemi est bête : il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui ! "

                             P. Desproges

 

Pulsion de vie...

... c'est l'été

Eté...

 

« Je me meurs : ta gorge enflammée
Et lourde me soûle et m’oppresse ;
Ta forte chair d’où sort l’ivresse
Est étrangement parfumée ;

« Elle a, ta chair, le charme sombre
Des maturités estivales, —
Elle en a l’ambre, elle en a l’ombre ;

« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »

                  

                                                                                                                                                   Paul Verlaine

 

 

Lumière !

Turner et la couleur

Hôtel de Caumont, Aix-en-Provence

" Plaçant au cœur de son parcours la couleur, essence même de la création de Turner, cette exposition invite à redécouvrir la vie et l’œuvre  de ce grand artiste sous un angle nouveau, jusqu’à présent inexploré dans les rétrospectives qui lui ont été dédiées...

L’intérêt de Turner pour les théories scientifiques et philosophiques sur la couleur, de Newton à Goethe, est largement illustré dans la suite du parcours, ainsi que son emploi tout à fait avant-gardiste de pigments et techniques inédites..."

Hôtel de Caumont, Centre d'art

Frédéric Bazille, la jeunesse de l'impressionnisme

Musée Fabre, Montpellier

L’exposition Frédéric Bazille, la jeunesse de l’impressionnisme, est organisée avec le musée d’Orsay à Paris et la National Gallery of Art de Washington

F. Bazille, Aigus-Mortes, 1867
F. Bazille, Aigus-Mortes, 1867

Comment regarder l'oeuvre de Frédéric Bazille, né le 6 décembre 1841 à Montpellier et mort au combat le 28 novembre 1870 à Beaune-la-Rolande (Loiret),  lors de la guerre franco-prussienne alors qu'il n'était âgé que de 28 ans ? 

Si ses premières toiles sont clairement celles d'un peintre en devenir, influencé par le réalisme ou son ami Monet, l'artiste a néanmoins achevé de nombreux chefs-d'oeuvre, dans lesquels s'affirme progressivement son génie singulier. 

 

Une soixantaine de tableaux est parvenue jusqu'à nous.

Organisée de façon thématique et chronologique à la fois, le parcours mêle les oeuvres de Bazille à celles de ses contemporains comme Delacroix, Courbet, Manet, Corot, Sisley, Monet, Renoir, Fantin-Latour, Guigou, Scholderer ou encore Cézanne...

D'après Frédéric Bazille (1841-1870). La jeunesse de l’impressionnisme, Musée d'Orsay/ Flammarion

Exposition à Montpellier jusqu'au 16 octobre 2016

 

Camoin dans sa lumière

Musée Granet, Aix-en-Provence

Charles Camoin, (Marseille, 1879 - Paris, 1965) est l'un des peintres qui a le mieux restitué la lumière d'un lieu qui m'est particulièrement cher : le golfe de Saint-Tropez.

 

Le musée Granet, qui l'expose actuellement, le présente ainsi :

 

" Il appartient à cette génération d'artistes qui font la charnière entre le XIXe et le XXe, époque de tous les bouleversements qu'ils soient techniques, philosophiques ou artistiques. 

Il est très proche de Matisse, Manguin et Marquet qu'il a rencontrés aux Beaux-Arts de Paris. Camoin est associé au fauvisme et il est le seul des fauves à avoir noué une relation forte avec Cézanne. "

...

" Avec cette exposition, le visiteur traverse les différents moments fondamentaux de l'histoire de l'art et suit les chemins empruntés par Camoin. Elle propose ainsi de faire découvrir l'œuvre de Camoin depuis sa fréquentation de l'atelier de Gustave Moreau et du groupe Matisse, sa rencontre avec Cézanne, ses années fauves, sa relation avec l'artiste Emilie Charmy, jusqu'à son séjour au Maroc avec Matisse et sa vision de la Méditerranée, éblouissante et douce, chatoyante et contrastée."

St-Tropez et son golfe

Tanger

 

Le sommeil de Leïla

 

Ni bruits d'aile, ni sons d'eau vive, ni murmures ;

La cendre du soleil nage sur l'herbe en fleur,

Et de son bec furtif le bengali siffleur

Boit, comme un sang doré, le jus des mangues mûres.

Dans le verger royal où rougissent les mûres,

Sous le ciel clair qui brûle et n'a plus de couleur,

Leïlah, languissante et rose de chaleur,

Clôt ses yeux aux longs cils à l'ombre des ramures.

Son front ceint de rubis presse son bras charmant ;

L'ambre de son pied nu colore doucement

Le treillis emperlé de l'étroite babouche.

Elle rit et sommeille et songe au bien-aimé,

Telle qu'un fruit de pourpre, ardent et parfumé,

Qui rafraîchit le coeur en altérant la bouche.

 

Charles-Marie Leconte de Lisle

Nu

Sciences 

Thalès
Thalès

Il n'y a pas de science sans conscience disait déjà Rabelais...

 

Je propose ici un petit parcours -très personnel- au coeur de l'aventure scientifique qui, de sapiens et néandertal vous conduira aux nanosciences, à la biologie synthétique, à la chimie du vivant ou encore à la mécanique quantique...

Un non scientifique curieux pourra tirer profit de ces quelques pages sans équations et sans le jargon des initiés.

 

Une aventure de 2500 ans à peine qui, depuis Thalès de Milet, n'a cessé de nous émerveiller mais qui aujourd'hui, parfois, angoisse.

 

En effet, depuis Copernic, Galilée, Newton, les Lumières, Darwin et quelques autres, l'univers anthropocentrique d'Aristote, qui reçut l'onction de Saint-Thomas D'Aquin, a laissé place à un monde désenchanté où l'homme abandonné par les Dieux se retrouve bien seul !

 

Alors parfois, cet homme nu devient fou et se tourne vers la science pour détruire, saccager, exterminer, se proclamer roi. Le XXème siècle est une bonne illustration de ces détournements mortifères. De cela je parle aussi.

JPL

 

 

Mémoire(s)... Oubli

La vie n'a pas d'âge.

La vraie jeunesse ne s'use pas.

On a beau l'appeler souvenir,

On a beau dire qu'elle disparaît,

On a beau dire et vouloir dire que tout s'en va,

Tout ce qui est vrai reste là.

Jacques Prévert

Il est des souvenirs trop pesants que l'on voudrait effacer...

 

Des moments de bonheur intense ou de désespoir profond qui ne nous quitterons jamais...

 

Notre mémoire est sélective, malgré nous.

 

Elle s'effiloche doucement ou au contraire nous abandonne en peu de temps.

 

Depuis quelques jours une vieille dame me récite les fables de La Fontaine, le Credo... me décrit dans le détail sa première robe de bal, mais ne sait plus rien de ses occupations de la journée.

 

 

J'étais, il y a peu, aux obsèques d'un brillant académicien dont la maladie avait presque d'un coup effacé toute la science...

 

"Ravel avait dans la tête une tumeur qui lui suça d'un coup toute sa musique"  Léo Ferré

 

  

La mémoire - et l'oubli qui forcément l'accompagne - ne fascine pas que les poètes et les philosophes. Les scientifiques travaillent dur sur le sujet et sont bien loin de toucher au but.

 

La notion de plasticité cérébrale est très récente, elle a ouvert un immense chantier. Tous les jours -ou presque- de nouveaux résultats viennent éclairer ou au contraire obscurcir l'horizon des chercheurs.

 

Par exemple, on vient de découvrir que des souris ayant une mutation "alzheimer" étaient capables de stocker des souvenirs sans pouvoir cependant les retrouver seules.

 

Ces mêmes chercheurs ont ensuite montré que certains types de souris mutantes pouvaient retrouver cette mémoire après electrosimulation (par lumière pulsée).

Apparemment ils ont réussi ainsi à renforcer les connexions entre l'hippocampe et une autre région du cerveau appelée  cortex entorhinal, une connexion qui sert de mémoire de stockage à long terme.

 

Même si ces résultats ne sont pas forcément transposables chez l'humain, c'est un petit caillou blanc sur le long chemin du déchiffrage du fonctionnement de la mémoire.

 

 

 

 J-E Reinhardt
J-E Reinhardt

LIRE sur le SITE à ce PROPOS :

 

- Notre cerveau

- L'oubli

Conscience

L'absurde

« Je tire de l'absurde trois conséquences qui sont ma révolte, ma liberté, ma passion ».  

Albert Camus

Samuel Beckett
Samuel Beckett

 

"C'est la fin d'En attendant Godot ; l'obscurité tombe sur le couple de clochards, Estragon et Vladimir, qui n'en finissent pourtant pas d'attendre, sur une route de campagne, auprès d'un arbre dont les feuilles ont bien voulu pousser.

 

On peut dire qu'on est en bout de course, là où les actes ne s'accordent plus aux mots.


Godot ne vient pas.


L'impossibilité d'échapper à cette espérance toujours déçue ne semble pas tirer à conséquence, même lorsque l'attente trouve son issue dans le suicide comme tragique clownerie finale."

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 " La beauté du monde est dans l'oeil "

Camargue gardoise
Camargue gardoise

" Le soleil qui naît, une humidité qui s’attarde, des montagnes au loin qui surgissent lentement des brumes, toute une transparente poésie enfin se balance dans l’air sonore et cristallin. De ces moments sourd une espèce d’éternité faite à notre mesure. Derrière la vitre qu’est la nature, apparaît lentement l’espèce d’une seconde, un fantôme d’éternité. De ce fantôme nous nous satisfaisons. Il devrait nous désespérer, (…). A ces moments le monde paraît laisser échapper comme par mégarde, un peu de son secret."

                                                                                                                   Albert CAMUS, Critique d’un tableau de Boucherle (1934)

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«Je vis et je pense à mes risques et périls, ce qui fait que par moments j’ai l’air d’un imbécile. J’y consens. J’ai la fierté de ma bêtise.»

Victor Hugo,  Proses philosophiques