jeu

29

oct

2009

Ombres et lumières

 

Lumières d'automne...

 

«Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la Nature

Convient à la douleur et plait à mes regards ! »

 

 

J'ai rabâché comme beaucoup de lycéens de ma génération ces vers de Lamartine.

 

En admirant ces jours derniers, en Lozère, les jeux de lumière et de couleurs d'un coucher de soleil sur les collines entourant notre vallon, je me demandais s'il ne fallait pas trouver dans ce deuil ancien une preuve de l'évolution du climat !

Le deuil ne sied pas à l’automne.

 

En moyenne montagne, aujourd'hui, l'automne est à son apogée fin octobre. La nature décline alors une symphonie de couleurs, sans équivalent dans l'année, au sein de laquelle chaque essence joue sa partition. Palette de verts dans les pineraies et chênaies : chênes, pins maritimes et à crochets, sapins pectinés et autres résineux ;  déclinaison d'une infinité de jaunes, d'ocres et de pourpres au cœur des hêtraies, châtaigneraies et chênaies caducifoliées : chênes pubescents, aulnes glutineux, bouleaux verruqueux, châtaigniers, érables à feuilles d’obier, cytises, hêtres, peupliers....

A chaque heure du jour, l'inclinaison du soleil, souligne de nouvelles nuances. Son parcours entre les vallons, éclaire et fait disparaitre successivement une infinité de tableaux colorés.

 

Salut derniers beaux jours, l'éclat de la Nature...

 

Sombres perspectives économiques...

 

Comblé par la beauté d'un lever de soleil j'écoutais hier, d'une oreille distraite, un nième débat sur France Culture, à propos des perspectives économiques. Le rappel freudien appliqué à une société «qui régresse vers les mauvais endroits», me fit dresser l'oreille et le sombre pronostic de l'un des intervenants qui annonçait la fin de l'espèce avant cent ans, me détourna des premiers coups de cymbale de la symphonie que j'évoque plus haut.

Les responsables de cette future apocalypse : des acteurs économiques qui n'ont rien compris à la crise et qui repartent comme avant droit dans leurs bottes !

 

Comme éviter ce sort funeste ? Stupeur, j'ai entendu un libéral prôner... des nationalisations bancaires pour moraliser le système financier! Serions-nous revenus au programme commun de 1981?

Un de ses contradicteurs fit remarquer que dans le prix de n'importe quel bien ou denrée, au moins 30% de la somme était aujourd'hui consacrée aux intérêts d'un prêt.

 

Tonalité générale de la conclusion du débat : donner aujourd'hui plus d'argent aux plus fortunés (le bouclier fiscal par exemple) c'est permettre des investissements qui n'ont pour but que le rendement maximal, donc des taux d'intérêts les plus élevés possibles. C'est presser le citron encore plus fort, avec par exemple les épidémies de suicides qui affectent aujourd'hui nombre de grandes entreprises. C'est non seulement une horreur mais aussi une erreur économique.

 

Croire qu'une société se développe uniquement grâce aux riches est donc un principe dépassé.

Pour sortir de la crise il faut au contraire augmenter les salaires, tous les salaires, pour donner du pouvoir d'achat aux véritables consommateurs.

Nous étions là en plein socialisme ! Pas celui des PS français ou européens qui ont bêtement suivi les sirènes libérales derrière Tony Blair, quand tout annonçait le début de la fin, non celui de Jaurès, de Blum... de Bernard Thibaut.

J'ai ensuite regardé le casting de l'émission : il n'y avait pourtant pas un seul marxiste !

 

Sombres perspectives politiques

 

Il fallait s'y attendre : à l'approche de nouvelles échéances électorales, la droite, président en tête, brandit notre identité nationale. Je me suis déjà exprimé sur ce blog et sur le site à propos de  la notion d'identité.

 

Une grande partie de la droite française est toujours Barrès, Maurras, Pétain compatible ; c'est le triste constat que je fais chaque fois que se rouvre ce débat.

Bien entendu le signal a été donné par l'ancien «socialiste » Eric Besson, qui va lancer « un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale ».

L'homme de la chasse aux miséreux dans les bois de Calais, des charters qui expédient des réfugiés politiques dans ce havre de paix qu'est Kaboul, est en effet bien placé pour nous faire la leçon sur les valeurs de notre Nation.

 

Je conseillerais à Monsieur Besson de relire quelques manuels d'histoire qui relatent le triste destin de politiciens ayant suivi son parcours.

 

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Commentaires: 1

  • #1

    Fricardon (mardi, 03 novembre 2009 21:44)

    Vous n'aimez pas l'hypocrisie et pourtant, monsieur Varienge, vous censurez Les commentaires... N'y voyez vous pas une sorte de contradiction ?

    Cordialement.

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