Carnet de campagne - François Hollande : celui qui a déjà fait perdre la gauche

La victoire de Samothrace - Musée du Louvre
La victoire de Samothrace - Musée du Louvre

 

Beau succès des primaires socialistes qui, pour moi, est avant tout la traduction du ras le bol des Français devant la parole confisquée.

 

C'est un paradoxe : jamais les radios, télés, journaux n'ont donné autant la parole à leurs publics respectifs et, dans le même temps, jamais nos concitoyens n'ont eu le sentiment d'être aussi peu entendus.

 

Dans ce pays où un homme s'est arrogé quasiment tous les pouvoirs dont celui totalement extravagant - de nommer à peu près tous les responsables publics, du secteur bancaire à la radio ou à  la télévision en passant par la gestion... du château de Versailles, les citoyens ont fait dimanche dernier acte de résistance en se rendant dans les isoloirs du PS.

 

Les échecs successifs du président en place l'ont certes conduit à faire profil plus bas. Mais le ver est dans le fruit ; la démocratie française a perdu beaucoup de sa crédibilité, comme beaucoup de démocraties du sud de l'Europe. (voir Mouvement des Indignés)

 

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Lundi dernier sur toutes les radios :

François Hollande (sportif émérite ?)  "Pour faire gagner la gauche, je dois gagner"

 

 

Depuis des mois F. Hollande clame urbi et orbi qu'il est le candidat le mieux placé pour " faire gagner la gauche ". Evidemment, depuis dimanche soir il a repris cette antienne de façon encore plus lancinante, rejoint par le chœur des media, qui voit en lui le postulant le moins dangereux pour leur petite entreprise.

 

Je pense bien au contraire que François Hollande est le candidat qui peut - et pour longtemps - faire perdre la gauche.

 

Quand je dis perdre je ne me place évidemment pas sur le plan électoral mais sur le plan des convictions.

 

F. Hollande - au demeurant sympathique et compétent - reste pour moi le porte-drapeau - non repenti -  de ceux qui au moment du Traité Constitutionnel Européen, en mai 2005, ont baissé pavillon sans condition devant les chantres du  libéralisme débridé ; c'est en quelque sorte un symbole du pétainisme de gauche.

 

Le credo de ce traité était la loi du marché. Il établissait en dogme absolu - dans tous les domaines (y compris éducatif) - le principe de " la concurrence libre et non faussée " qui portait en germe la liquidation rapide des services publics.

 

Rédigée par V. Giscard d'Estaing, aidé de quelques autres, dont P. Moscovici (soutien aujourd'hui de Hollande), cette constitution, sous couvert de belles paroles sur l'Europe des peuples, généreuse et solidaire, destinées à faire avaler la pilule à la volaille de gauche, avait tout simplement pour objet de rendre irréversible la conversion de tous les pays européens au libéralisme et à la mondialisation anglo-saxonne.

 

On connait le résultat de ce référendum en France : une participation exceptionnelle pour un tel scrutin (70%) et un NON sans appel (55%) à la ratification, malgré un pilonnage intensif des medias de droite et de gauche.

 

On constate depuis que ces nonistes abhorrés - dont je suis- n'avaient sans doute pas tort de rejeter cette Europe informe, tentaculaire et vidée de toute substance non monnayable, que l'on a fini néanmoins par nous imposer, grâce au traité de Lisbonne, ratifié par le parlement français ... avec l'appui du parti socialiste dirigé par F. Hollande.

 

Aujourd'hui, cette Europe des 27, dont la seule loi est celle de la finance, conduit au naufrage les pays les plus pauvres qu'elle était censée conforter.

Elle les met à la merci de créanciers douteux, qui s'emparent des biens publics en mettant à la rue des centaines de milliers d'ouvriers, d'employés, de cadres.

 

Dans le même temps, les états de l'UE ponctionnent leurs contribuables pour renflouer massivement des banques qui ont dilapidé les fonds de leurs épargnants dans des spéculations foireuses.

 

En validant cette Europe là, Hollande a conduit une grande partie de la gauche à Canossa, c'est l'homme du renoncement, celui qui peut la faire encore perdre et pour longtemps.

 

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Ce qui me réjouit dans ce scrutin, c'est le score d'Arnaud Montebourg, initiateur de ces primaires citoyennes, le seul clairement positionné à gauche (1).

Il est porteur d'un projet pour établir une VIème république (2) et lutter contre la corruption auquel évidemment j'adhère complètement. 

 

J'ai déjà dit que F. Hollande était aussi  le plus frileux dans ces domaines et qu'il ne faudrait pas compter sur lui pour nettoyer les écuries d'Augias ! Sa campagne s'appuie sur quelques barons et apparatchiks douteux qui évidemment en cas de succès demanderont leur dû.

 

Ce n'est pas par hasard que Montebourg a fait de très bons scores dans le Sud-Est...

 

 

(1) Les 4 propositions centrales de la campagne de Montebourg, à propos desquelles il interroge les finalistesconcernent : le contrôle financier, le protectionnisme industriel, la VIe République et la lutte contre la corruption.

 

(2) Qui rééquilibrerait les pouvoirs, supprimerait tout cumul des mandats, créerait des autorités de régulation strictement indépendantes, assurerait une véritable séparation des pouvoirs en libérant la justice,  supprimerait automatiquement toute immunité pour des faits de corruption passive ou active, redonnerait aux citoyens la possibilité de s'exprimer, par exemple avec les référendums d'initiative populaire...

 

 

      NB : APRES LE DÉBAT

 

HOLLANDE VEUT ÊTRE "  Le président de la victoire "

Pourvu qu'il ne soit pas le non-président de la défaite !

 

C'est le premier débat de la primaire que je regardais, accompagné, pour ne pas me laisser emporter par mes fortes réserves sur le Corrézien, par une néophyte des débats internes de la gauche.

 

Nous l'avons trouvé bien faible (beaucoup trop emphatique) face à M. Aubry qui à notre avis semble beaucoup plus déterminée à appliquer les mesures qu'elle préconise sur au moins trois points :

 

- le non-cumul des mandats (dès 2012), auquel Hollande s'est très tardivement rallié, mais dont je suis sûr, au vu de ses soutiens - qui les cumulent allègrement - , qu'il ne le ferait pas appliquer,

- la détermination à changer l'EuropeHollande, sur ce plan, n'a d'ailleurs pas manqué de culot... quand on se souvient de ses belles envolées lyriques de 2005 !

- le blocage des procédures de licenciement initiées par des entreprises bénéficiaires qui souhaitent ainsi faire monter leurs cours en bourse et satisfaire leurs actionnaires.

 

Enfin il y a quand même une différence sérieuse sur le plan économique :

 

M. Aubry ne sacrifiera pas la relance de l'investissement et de la croissance pour réduire le déficit,

F. Hollande, en annonçant qu'il ramènera le déficit public à zéro (!) en 2017, se prive absolument de toute marge de manœuvre pour relancer l'économie. Faut-il saigner le malade pour le guérir (comme en Grèce) ? Heureusement qu'il ne sera pas en mesure de tenir ce qu'il promet !

Si Hollande est désigné dimanche, il faudra qu'il travaille très sérieusement son débat avec Sarkozy qui est un très bon bateleur de foire.

 

POUR FINIR : Il A "GAGNÉ" !

 

Victoire de la gauche Joffrin-Demorand, de la gauche  Terra Nova qui crache à la gueule des pauvres, de la gauche qui gagne dans les urnes et baisse son pantalon à la première semonce du FMI ou de la BCE... 

On ne la connait que trop bien cette gauche là qui fait prospérer la famille Le Pen et quelques cumulards qui s'accrochent à leurs mandats électoraux comme des anoploures....! 

 

Gagner, gagner, gagner.... c'est quoi la gauche ? Le PSG, Marseille... ?