Nettoyage à sec

Le parti socialiste est mort...  et il doit être le seul à ne pas s’en rendre compte ! 

Depuis l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour de la présidentielle de 2002, le PS agonise et il doit être le seul à ne pas s’en rendre compte. 

 

La très contestable prise de position du parti de François Hollande en faveur du traité constitutionnel européen, dont le volet économique n’était ni plus ni moins qu’un ralliement aux dogmes de l’ultra libéralisme (dont on constate aujourd’hui la nocivité), aurait dû logiquement abréger les souffrances du malade. Las, à défaut de consistance, de moelle ou de substance, le PS pouvait encore offrir quelques postes, assurer quelques élections (l’homme politique est faible !), il continua donc.

 

La politique de débauchage (par décence on évitera le terme « d’ouverture » ) de Nicolas Sarkozy qui plume allègrement (le pauvre Allègre qui trépignait depuis des mois va finir par avoir son maroquin !) la volaille socialiste a le mérite d’accélérer le naufrage et de provoquer une salutaire décantation. 

 

D'ailleurs notre petit Nicolas a encore du pain sur la planche car, si l’on en croit la presse, les candidats se bousculent au portillon ; nombreux seraient les hommes de peu de foi et de conviction, prêts, en chemise et la corde au cou comme les bourgeois de Calais, à faire acte d’allégeance pour quelques deniers (même une mission au pôle nord fait l'affaire... pauvre Rocard, Mitterrand doit bien rire là-haut !).

 

A l’UMP on assiste dépité à ces ralliements piteux qui privent certains de pitance. Même A. Juppé crie stop ! Moi j’aurais tendance à dire encore, tant il est urgent de vider l’abcès et de reconstruire un parti de gauche digne de ce nom.

 

Avec qui ? Le noyau qui se constitue (un peu tard) autour de Mélenchon, Picquet, Buffet et quelques autres est sympathique, mais un rajeunissement des cadres s’impose ! Ségolène multiplie les actes de contrition ; mérite-t-elle pour autant notre bénédiction ? Besancenot, comme Harpagon, compte et recompte ses électeurs… mais planque sa cassette. Bové qui dénonçait le libéralisme a bizarrement rallié le néo libéral Cohn-Bendit. Arlette touche sa (maigre) retraite du Crédit Lyonnais ; elle l’a bien méritée.

 

Alors posons autrement la question : la gauche pourquoi faire ? En 20 ans les deux idéologies dominantes : le marxisme version Lénine et le libéralisme version Reagan/Thatcher se sont effondrés. 

Certains économistes se sont aussitôt remis à revoir leurs fondamentaux, on a même vu des pointures américaines se replonger dans Marx (*) et Keynes. Les politiques eux bricolent. Sarkozy, chantre en 2007 de l’ultralibéralisme, des subprimes, du modèle américain, de la mondialisation… est devenu interventionniste et compte sur l’Etat pour relancer la croissance.

 

Que peut donc proposer aujourd’hui un parti de gauche. ?

 

Sur le plan des libertés individuelles, de l'éducation et de la recherche, la réponse n’est pas difficile ; faire le contraire de Sarkozy :

 

- libérer la presse, les media, internet… de la chape de plomb qui se met en place,

- stopper toute dérive communautaire,

- arrêter cette pitoyable et imbécile politique d’immigration qui ne sert qu’à désigner des boucs-émissaires,

- équilibrer prévention et répression pour assurer la sécurité des zones sensibles,

-repenser le service public d'éducation de la maternelle à l'université en réaffirmant ses missions : former des citoyens, transmettre une culture , donner des compétences et assurer sans faille l'égalité des chances,

-mettre en place un dispositif performant, réactif, capable d'assurer la formation tout au long de la vie,

- investir massivement dans la recherche et l'innovation sans dirigisme, en fixant certes des priorités, mais sans sacrifier la recherche fondamentale sur l'autel d'une soi-disant rentabilité à court terme.

 

Sur le plan économique c’est une autre paire de manches… et on en voit pas beaucoup qui les retroussent !

 

(*) voir le néomarxisme (marxisme analytique) du "september group"

 

Principaux représentants: un économiste américain enseignant à Yale, John Roemer, un économiste canadien enseignant à Oxford, Gerald A. Cohen , un philosophe norvégien (actuellement professeur au Collège de France), Jon Elster ...

 

Thèse principale :  l'exploitation naît des rapports d'échange, non des rapports de production, et elle est due à l'inégalité du capital détenu ...

 

Écrire commentaire

Commentaires : 0