Welcome : les damnés de Calais

 

Le ministre de l’immigration, transfuge du PS, Eric Besson, indique que le metteur en scène du film Welcome  « a plus que franchi la ligne jaune lorsque il dit : les clandestins de Calais sont l'équivalent des juifs en 43" ».  Cette petite musique-là est absolument insupportable, rajoute-t-il.

 

Ce qui est insupportable Monsieur Besson, c’est que des honnêtes gens, scandalisés de voir le sort qui est réservé dans la région de Calais à de malheureux exilés politiques, soient harcelés en leur portant secours.


C’est que des associations soient traînées devant des tribunaux en vertu d’une loi digne de Vichy (une ordonnance de 1945 qui n’avait jamais été appliquée). C’est que nos CRS soient mobilisés pour terroriser des apatrides.

C’est que pour M. Besson et ses semblables, l’assistance à personne en danger soit un crime.

 

Sept associations dont le Secours catholique, la Ligue des Droits de l’Homme, la Cimade, se battent avec des moyens dérisoires pour assurer la survie de 800 migrants - afghans, pakistanais, égyptiens, somaliens et érythréens- qui se pressent aux portes de l’Eldorado anglais, censé leur accorder le statut de réfugié politique que leur refuse la France – l’ancien pays des Droits de l’Homme-.

 

Voici ce que rapportait ces associations en novembre dernier :

 

"Le 7 novembre, les CRS accompagnés d’hélicoptères munis de projecteurs se livraient à la chasse aux sans-papiers... avec des chiens.

La police écartait de plus tous les journalistes et observateurs venus pour témoigner. Le Président de l’association Salam, Jean-Claude Lenoir, a été arrêté, mis torse nu, et... inculpé d’outrage à agent. Il risque un mois de prison ferme. "

 

C’est dans ce contexte que se déroule le film Welcome, qui n’est pas seulement un film militant, mais dont l’acteur principal Vincent Lindon est ressorti « marqué » :

 

«  J’ai vu une ville en état de siège. Le long du port, j’ai vu les barbelés de 5 m de hauteur avec des pics que personne ne peut franchir. Des CRS en camionnettes blindées qui fond des rondes toutes les cinq minutes. Et tous ces migrants prêts à essayer de se glisser entre deux essieux, prêts à tout pour passer de l’autre côté. C’est ce qui m’a le plus marqué en onze semaines de tournage… Ces gens sont inarrêtables. Qu’ils fuient un pays en guerre, qu’ils aillent rejoindre leur famille exilée ou qu’ils cherchent un Eden à l’ouest, ils n’ont plus rien à perdre… Je ne comprends pas qu’il existe un article du Code de l’entrée, du séjour ou du droit d’asile aux étrangers qui dit : Toute personne qui vient en aide à une personne en situation irrégulière est passible de cinq ans de prison. » Déclaration au Parisien.

 

Dès sa sortie, mercredi prochain, j’irai voir ce film… pour soulager ma conscience à bon compte !

 

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