Horreur économique !

 

Il y a quelques années, Viviane Forrester, journaliste au « Monde », avait commis un essai intitulé "L'horreur économique" qui avait fait grand bruit. Elle y dénonçait vigoureusement le totalitarisme financier annonciateur d'une nouvelle société où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouverait sa place. En quatrième de couverture on pouvait lire :

 

" Nous vivons au sein d'un leurre magistral, d'un monde disparu que des politiques artificielles prétendent perpétuer. Nos concepts du travail et par là du chômage, autour desquels la politique se joue (ou prétend se jouer) n'ont plus de substance : des millions de vies sont ravagées, des destins sont anéantis par cet anachronisme.

L'imposture générale continue d'imposer les systèmes d'une société périmée afin que passe inaperçue une nouvelle forme de civilisation qui déjà pointe, où seul un très faible pourcentage de la population terrestre trouvera des fonctions.

L'extinction du travail passe pour une simple éclipse alors que, pour la première fois dans l'Histoire, l'ensemble des êtres humains est de moins en moins nécessaire au petit nombre qui façonne l'économie et détient le pouvoir. Nous découvrons qu'au-delà de l'exploitation des hommes, il y avait pire, et que, devant le fait de n'être plus même exploitable, la foule des hommes tenus pour superflus peut trembler, et chaque homme dans cette foule. De l'exploitation à l'exclusion, de l'exclusion à l'élimination... ?"

 

Cette critique radicale de l'ultralibéralisme impulsé par Reagan aux USA et Thatcher en Grande-Bretagne, avait fait sourire nos économistes médiatisés : Eric Le Boucher, Alain Minc, JM Silvestre... et pas mal d'autres, pour qui la liberté totale du marché était la garantie d'un fonctionnement harmonieux et optimisé du capitalisme.

 

Ce dogme avait d'ailleurs fait son chemin au sein de la gauche européenne ; il suffit de se souvenir du contenu du Traité constitutionnel européen, approuvé par tous les partis socialistes européens.

 

Aujourd'hui ces prophètes font profil bas et les leaders de la droite la plus libérale, comme Nicolas Sarkozy, remettent l'état providence en première ligne pour sauver les banques et des pans entiers de notre industrie lourde.

 

Dans un ouvrage récent, "Capitalisme et pulsion de mort", Bernard Maris et Gilles Dostaler font appel à Freud et à Keynes pour affirmer que la "pulsion de mort" nichée au cœur du capitalisme, pousse notre monde à détruire et à s'autodétruire.

Vous trouverez une analyse de cette thèse sur le site.

 

 

 

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