Plus je connais les hommes...

On dit que c’est l’acteur belge Fernand Gravey (engagé dans les forces françaises libres durant la seconde guerre mondiale) qui est l’auteur de la fameuse phrase, digne d'un misanthrope, :


«  Plus je connais les hommes… plus j’aime mon chien ! »

 

Correction : la phrase est en fait de Mme de Staël (voir commentaire)

 

Pierre Desproges, pince sans rire de génie, précisait :

 

« Plus je connais les hommes, plus j’aime mon chien, plus je connais les femmes, moins j’aime ma chienne ! »

 

Phrase qui fait bondir les humanistes sectaires (1), mais que, parfois, je ne suis pas loin de faire mienne.

 

Hier, à l’heure où le monde entier se pâmait devant B. Obama (par conviction, curiosité ?), je conduisais pour la nième fois mon berger de Beauce (55 kg de tendresse) chez le vétérinaire.

 

Comme chaque fois, il a planté son regard dans le mien pour savoir s’il fallait faire confiance à l’homme à la blouse verte et puis, recevant ma caresse, il est monté sur la table pour se faire charcuter.

 

Pour me consoler, j’imagine à chaque fois qu’il comprend que c’est pour son bien que je lui fais subir toutes ces misères. Comme, par exemple, faire en sorte qu’il ouvre la gueule presque spontanément deux fois par jour pour avaler antibiotiques et anti-inflammatoires, ou qu’il se mette sur le dos dès que je lui montre un flacon de bétadine !

 

On se gausse beaucoup des excès en tout genre concernant les animaux de compagnie. Dans ce domaine nous battons, parait-il, (USA excepté) tous les records. Est-ce faire un rapprochement hasardeux que de remarquer que nous sommes également les champions absolus de la consommation d’anxiolytiques et d’antidépresseurs ?

 

J’ai presque toujours eu des chiens, je n’imagine pas une vie sans chien. Dans un véritable couple homme-chien il existe une complicité extraordinaire, qui ne passe souvent que par des gestes furtifs, des regards, des intonations de voix, des attitudes...

 

Ceux qui n’aiment pas les chiens mettent en avant leur totale dépendance (on estime que le chien a été domestiqué il y a environ 15 000 ans). Je dirais plutôt qu’il s’agit  d'une connivence unique au sein des rapports homme-animal.

 

Dans la priorité des récompenses, connaît-on un autre animal, qui délaissera sa gamelle, pour venir jouer avec le maître ou recevoir des caresses ?

 

Certains prennent cette dépendance pour un manque de caractère ou même d’intelligence.


Les travaux sur l’intelligence animale ne datent pas d’hier ! Des multiples tests ont été déployés, des plus ridicules aux plus sophistiqués. Evidemment toutes sortes de singes sortent vainqueurs de ces concours douteux entachés d’anthropomorphisme. Car bien sûr il n’y a pas une intelligence animale, mais de multiples types d’intelligence animale.

 

On sait que le test "clé" de l'intelligence animale est celui de la tache sur le front et du miroir.

 

Voilà vingt ans que cela a été fait avec le chimpanzé. On peint une tache sur le front de l'animal endormi,. quand celui-ci se réveille, on lui présente un miroir. S'il se gratte le front pour enlever la tache, c'est qu'il a la conscience de lui-même, qu'il a atteint le stade du miroir. "Mais ce test, explique Vinciane Despret, est choisi avant tout parce qu'il renvoie au stade du miroir du développement humain cher à Lacan. »

 

Beaucoup de chiens aident les handicapés ; s’il ne tenait qu’à moi il y aurait des chiens dans les hôpitaux, les maisons de retraite et même les écoles maternelles ! Et tous les SDF pourraient être accueillis avec leur chien dans les centres d'hébergement !

 

(1) Sur son blog, une militante écologiste cite Catherine Clément à propos de Claude Lévi-Strauss : c’est très certainement un écologiste car il est à la fois misanthrope et humaniste.

 

Et de citer comme membre de cette confrérie : Théodore Monod,  Antoine de Saint-Exupery Pierre Desproges, Romain Gary, Etiemble,  Paul Léautaud , Ivan Ilitch, Milan Kundera, Vladimir Nabokov, Albert Camus...

 

Peut-être faudrait-il ajouter JP Sartre et… quelques autres…!

 

Non ! Le prototype de l'écologiste-misanthrope-humaniste est le plus grand mathématicien du XXème siècle, Alexander Grothendieck (médaille Fields, l'équivalent du prix Nobel pour les mathématiques) que nous avons eu l'honneur de côtoyer à l'Université de Montpellier... mais aussi sur les bancs du Palais de Justice où il était cité pour avoir hébergé des sans-papiers.


Une destinée hors du commun qui mériterait un roman.  Sa misanthropie et son humanisme lui ont coûté cher! C'était aussi devenu un écologiste intégriste. Il vit (?) en ermite depuis 1990 quelque part dans le sud de la France (?).

 

 VOIR sur le SITE : Animal, animaux, animalité

 

UDO, 5ans
UDO, 5ans

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Commentaires : 4
  • #1

    Anonyme (mardi, 29 janvier 2013 21:57)

    http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/zoologie/d/en-video-un-dauphin-blesse-demande-de-laide-aux-plongeurs_44244

    Plus je connais les animaux moins j'aime l'homme

  • #2

    GRAS (vendredi, 04 avril 2014 16:44)

    en fait il s'agirait de Mme de Stael qui aurait prononçée cette phrase

  • #3

    Marty jean Pierre (dimanche, 06 juillet 2014 09:50)

    Il est incontestable que l'homme est moins intéressant que l'animal

  • #4

    Florence (dimanche, 08 mars 2015 21:22)

    Je viens de lire ces quelques réflexions sur l'animal, le chien en particulier. J'ai eu mon 1er chien à l'âge de 6 ans. Je l'ai perdu j'avais 20 ans. Un déchirement incommensurable. Entre temps un berger allemand que j'ai adoré. Aujourd'hui, j'ai 58 ans j'ai un malinois de 15 mois et une petite corniaude de 7 mois. C'est un bonheur de chaque instant. Effectivement plus je regarde l'être humain, plus j'aime mes chiens. Ceux qui ne comprennent pas je m'en balance... Je suis heureuse de cette loi du 28 janvier 2015, qui reconnait que l'animal est doué de sensibilité. Enfin.