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Variations sur la science : Aristote

Aristote a toujours consolé ceux pour lesquels Platon n'avait rien pu. Roger Nimier

 

La véritable école du Commandement est la culture générale. ... Au fond des victoires d'Alexandre, on retrouve toujours Aristote. Charles de Gaulle

 

Quand on lit et relit les biographies d’Aristote et les passages les plus significatifs de l’œuvre, on reste perplexe et saisi de vertige devant le génie de cet homme… et son culot !

 

Sa philosophie spéculative fut redécouverte au Moyen Âge, grâce aux philosophes Arabes (en particulier à Averroès), et traduite mot à mot en latin par deux proches de Thomas d’Aquin. La philosophie aristotélicienne, transformée par Thomas en doctrine officielle de l’Église catholique, devint alors la référence scientifique et philosophique de toute réflexion sérieuse, donnant ainsi naissance à la scolastique et au thomisme. Son succès fut si grand qu’on le nommait simplement le Philosophe.

 

Cette grande influence de l’œuvre s’explique sans doute en partie par son caractère encyclopédique, qui tente de totaliser le savoir. Pourtant, si l’on a pu considérer Aristote comme la synthèse incarnée de toute la culture philosophique et scientifique grecque, on ne voit plus aujourd’hui sa philosophie comme un système ayant réponse à tout.

 

Le culot, car Aristote tranchait à peu près sur tout, parfois en négligeant des observations ou des faits établis par ses prédécesseurs. Souvent il eut la tentation de tout déduire par le raisonnement d'un petit nombre de principes hasardeux et négligea ou méconnut la véritable induction. Dans sa Physique, où il ramène tout à quatre qualités primordiales, le sec et l'humide, le chaud et le froid, il se borne trop souvent, à des explications non étayées.

 

 Il n’était ni un grand mathématicien, ni un grand astronome et sa physique, consacrée comme sa philosophie par l’église, a fait perdre quelques siècles aux sciences exactes. En disant cela à un collègue biologiste, j’ai eu le sentiment, il y a peu, de commettre un sacrilège car il est vrai aussi que dans ce domaine, jusqu’à Buffon on n’a pas fait mieux !

 

Cependant il faudra attendre Roger Bacon, puis Galileo Galilei et enfin Torricelli et Blaise Pascal pour que soient ébranlés les fondements de la physique d’Aristote.

 

Aristote dut faire nécessairement une très mauvaise physique de détail; et c’est ce qui lui a été commun avec tous les philosophes, jusqu’au temps où les Galilée, les Torricelli, les Gueric, les Drebellius, les Boyle, l’académie del Cimento, commencèrent à faire des expériences. La physique est une mine dans laquelle on ne peut descendre qu’avec des machines que les anciens n’ont jamais connues. Ils sont restés sur le bord de l’abîme, et ont raisonné sur ce qu’il contenait sans le voir. Voltaire, Dictionnaire philosophique

 

L’homme

 

Son nom en grec, Aristotelês, signifie "le meilleur". Philosophe, élève et disciple (durant vingt années) de Platon -qui l’appelait le lecteur-  il fut, avec Ménechme, l'un des précepteurs (professeurs particuliers), d'Alexandre le Grand. La rigueur de sa pensée, dont la clé de voûte est le syllogisme, permet de le considérer comme le premier grand logicien après Zénon.

Après avoir été écarté deux fois de la direction de l’Académie de Platon, il fonde à Athènes, dans l'enceinte du "Gymnase", son école, dite "péripatéticienne", car Aristote enseignait tout en marchant (du grec péripatein = promener). Située au Lukeion, colline des loups, établissement d'entraînement des athlètes, l'école d'Aristote a donné le mot lycée.

Le Lycée était situé sur un lieu de promenade (peripatos) où le maître et ses disciples philosophaient en marchant. Les aristotéliciens sont "ceux qui se promènent près du Lycée" (Lukeioi Peripatêtikoi, Λύκειοι Περιπατητικοί). Le Lycée comprenait une bibliothèque, un musée... qu'Alexandre le Grand finançait. Aristote faisait deux types de cours, l'un, du matin, appelé "acroamatique", réservé aux disciples avancés, l'autre, de l'après-midi, ouvert à tous, et appelé "exotérique".

On y enseignait également les sciences physiques, la biologie et la cosmologie héritée d'Eudoxe et de Platon. La pensée aristotélicienne, exprimée dans la "théorie de la Connaissance" influencera considérablement la philosophie et les sciences occidentales jusqu'à la Renaissance.

 

L’œuvre et son influence

 

Son œuvre nous est parvenue sous forme de notes de cours, ce qui explique le caractère parfois inintelligible de certains de ses écrits. On sait cependant qu’il écrivit de son vivant des dialogues à la manière de Platon, dont il ne nous reste que de rares fragments.

Historiquement, Aristote apparaît comme le premier auteur effectuant des classifications hiérarchiques du savoir de façon systématique. Ce mode de classement, qui pourrait être de son invention (il était en tout cas inconnu des bibliothécaires de Sumer), a survécu jusqu’à nos jours.

Aristote remet en cause la théorie des Essences ou Idées de son maître, Platon, lui substituant la doctrine de la substance et de l'Etre. Bien qu'il n'ait pas inventé ce terme, il est le père de la métaphysique.

 

Les idées du philosophe

 

- Si Aristote accepte certaines idées platoniciennes, comme l’immortalité de l’âme et la nature divine des corps célestes, il remet en cause certaines théories du maître : pour lui le plus haut degré de réalité n’est pas ce qui apparaît par le raisonnement, mais ce qui est perçu par les sens. Il affirme que la raison est vide avant que les sens n’entrent en action.

- Il pose les lois du raisonnement et fonde la logique comme instrument de précision du discours philosophique.

Sa philosophie se divise en trois parties ; elle diffère de la division habituellement reçue (logique, physique, éthique) : la philosophie théorétique, la philosophie pratique et la philosophie poétique. La partie théorétique se divise à son tour en physique, mathématique et théologie ; la philosophie pratique en économique, éthique et politique ; la poétique comprend toutes les activités qui produisent une œuvre.

- Il introduit une conception des phénomènes de causalité dans la nature, qu’il divise en quatre : la cause matérielle, la cause efficiente, la cause formelle et enfin la cause finale. C’est cette dernière qui fonde le principe d’Aristote sur la finalité des choses ; selon lui, tout obéit à un « dessein » qui nous dépasse ; cette idée aura une grande influence sur les théologiens chrétiens du Moyen Âge.

- Il lie politique et éthique ; pour lui, la plus haute forme de société ne peut être que la démocratie.

 

Les idées de l'homme de science

 

- Il construit une somme de connaissances dans toutes les disciplines (biologie, astronomie, physique), basée sur l’observation et l'expérimentation.

- Il établit une classification des êtres vivants, en partant du principe que tous les êtres vivants ont une âme, mais une âme de nature différente (âme nutritive, âme sensitive, âme appétitive et locomotrice). Seul l’homme a une âme rationnelle. Il édifie une « échelle de la Nature», qui est une échelle de complexité croissante de l’« âme», partant de la matière inanimée et s’élevant vers les plantes, puis les éponges, les méduses, les mollusques et ainsi de suite jusqu’au sommet où figurent les mammifères et l’homme.

Aristote a été l’un des premiers à procéder à des classifications hiérarchiques systématiques des connaissances et des concepts.

 

La biologie

 

Les œuvres consacrées à la biologie représentent près du tiers de l’œuvre d’Aristote. On pense généralement que ces œuvres sont les plus tardives, écrites bien après l’Organon ; il abandonne complètement sa logique, au profit de la seule observation : la théorie devra rendre compte de ce qui est observé, et non l’inverse - alors que Platon, dans sa classification des animaux (cf Le Sophiste) met les poissons dans le même groupe que les oiseaux, ou qualifiait l’homme d’"animal bipède sans plumes"

Cette œuvre est principalement descriptive : L’Histoire des Animaux est une compilation de faits concernant la vie des différentes espèces animales ; Les Parties des Animaux (*) traite de  la classification des animaux par genre et par espèce. Il est intéressant de noter que ce pan de la science aristotélicienne aura une durée de vie bien plus importante que sa physique : si cette dernière fut critiquée et ruinée par les découvertes de Galilée, la classification des animaux d’Aristote perdurera jusqu’à Buffon.

 

Ses Recherches sur les animaux, au contraire, ont été le meilleur livre de l’antiquité, parce qu’Aristote se servit de ses yeux. Alexandre lui fournit tous les animaux rares de l’Europe, de l’Afrique, et de l’Asie. Ce fut un fruit de ses conquêtes. Ce héros y dépensa des sommes qui effraieraient tous les gardes du trésor royal d’aujourd’hui; et c’est ce qui doit immortaliser la gloire d’Alexandre, dont nous avons déjà parlé. De nos jours un héros, quand il a le malheur de faire la guerre, peut à peine donner quelque encouragement aux sciences; il faut qu’il emprunte de l’argent […] pour faire couler la substance de ses sujets dans son coffre des Danaïdes, dont elle sort le moment d’après par cent ouvertures. Alexandre faisait venir chez Aristote éléphants, rhinocéros, tigres, lions, crocodiles, gazelles, aigles, autruches. Et nous autres, quand par hasard on nous amène un animal rare dans nos foires, nous allons l’admirer pour vingt sous; et il meurt avant que nous ayons pu le connaître. Voltaire, Dictionnaire philosophique

 

La physique

 

La physique d'Aristote sera la référence jusqu'au XVIIe siècle et s'enracine dans une définition du mouvement qui n'est pas conçu comme l'état d'un corps (au même titre que le repos), comme il le deviendra à partir de Descartes, Galilée, et de la physique moderne, mais comme la modalité par laquelle quelque chose va à son accomplissement, dans le cheminement qui mène de la puissance à l'acte. Aristote distingue trois sortes de mouvements : la croissance et la décroissance, l'altération, le déplacement (dans l'espace). A la suite d'Empédocle, Aristote considère que les corps (terrestres) sont constitués de quatre principes, ou éléments : l'air, la terre, l'eau et le feu. Et c'est cette composition qui constitue l'explication du mouvement (et des diverses transformations, que cela comprend) des corps. Le feu monte, par exemple, car son lieu naturel est le haut, et au contraire la terre descend, car le bas est son lieu naturel. Les corps célestes, constitués d'un cinquième élément, l'éther, ont un mouvement particulier : circulaire. Ce mouvement est le plus parfait, mais, il n'est pas de ce monde. L'univers est divisé ainsi en deux régions distinctes : le monde sublunaire, monde du changement et de la corruption des choses, et le monde supralunaire, celui des astres, lieu de l'incorruptibilité. Dans son Traité du Ciel, Aristote s'attache, l'un des premiers, à réfuter la doctrine pythagoricienne du mouvement de rotation de la Terre. Pour lui, l'apparence, c'est la réalité. Et la Terre est nécessairement immobile au centre de l'univers. Cosmovisions

 

La vision cosmologique géocentrique, confortant celle d'Eudoxe, reprise par Saint Thomas d'Aquin au 13e siècle et érigée en dogme, entrava le développement de la science, sinon celle de l'astronomie, jusqu'au 17è siècle.

 

Aristote et l’alchimie

 

Rappel : l’alchimie est une science occulte construite sur un hermétisme et cherchant d’une part l’immortalité par des élixirs, la Pierre philosophale, et d’autre part la transmutation de métaux en or (l'objectif est la fabrication de la pierre philosophale qui transmute les métaux en or et permet la préparation de la panacée ou remède universel). Elle concevait un univers composé de trois étages : matériel (la terre), astral, divin, où, d’après Platon et Aristote, le monde vivant occupait les deux premiers niveaux.

 

Il faut distinguer l’alchimie arabe ou Al Khimyya, précurseur de la chimie moderne, et l’alchimie occidentale ésotérique et héritière d’Hermès Trismégiste (trois fois le plus grand).

Hermès Trismégiste est le nom donné par les Grecs au Dieu Thot, représenté comme un homme à tête d’ibis ou de babouin et doué de pouvoir de magicien, dans l’ancienne Égypte au IIIe millénaire avant notre ère. Mais il est aussi l’auteur légendaire de nombreux livres sur l’alchimie et l’hermétisme qui sont parus en Égypte au IVe siècle.

L’hermétisme est la doctrine ésotérique fondée sur ces écrits. Il est né d’un syncrétisme entre les mythologies de l’ancienne Égypte et l’astrologie helléniste, d’après les écrits de Platon et d’Aristote.

 

Les modèles philosophiques principaux de l’alchimie sont surtout les présocratiques, les atomistes, Platon et Aristote.

 

Les premiers philosophes naturalistes, ceux qui ont soutenu l’existence d’un seul principe du tout (Thalès, Parménide, Anaximène, Héraclite…) sont évoqués explicitement par Olympiodore comme précurseurs.

Les alchimistes de réfèrent aussi souvent à Platon. Le Timée exerce une influence majeure :

- par le modèle opératif du dieu artisan,

- par la doctrine concernant la structure géométrique de la matière,

- par l’évaluation des éléments selon leurs différents états physiques.

 

Aristote est très souvent cité. Sa conception de la matière exposée notamment dans les Meteorologica trouve un grand écho chez les alchimistes. :

- La matière est continue et uniforme,
- La matière est composée de quatre éléments: terre, air, eau, feu.
- Les quatre caractéristiques fondamentales sont : froid, sec, chaud, humide.
- Le vide n'existe pas.


Ces affirmations constituèrent les bases de l'alchimie.

 

On lira, à propos d’Aristote et de l’alchimie grecque les multiples travaux de Cristina Viano (Chargée de Recherches au CNRS). En particulier :

 

Aristote et l'alchimie grecque : La transmutation et le modèle aristotélicien entre théorie et pratique dont voici la présentation :

 

Les rapports entre l'alchimie grecque et la philosophie d'Aristote apparaissent complexes et contradictoires. En effet, si la théorie de l'alchimie se constitue dans sa plus grande partie à travers les outils conceptuels de la physique et de la métaphysique aristotéliciennes, l'idée de la transmutation est incompatible avec les fondements de l'aristotélisme même. Dans le but de mettre à jour les termes de ce rapport paradoxal et de saisir les chances et les limites que la philosophie naturelle aristotélicienne pouvait offrir à l'alchimie, on procède ici en deux opérations inverses. La première consiste à dégager les concepts et les doctrines aristotéliciennes dont a hérité la théorisation alchimique. La deuxième consiste à lire la théorie aristotélicienne du mélange « chimique » dans la perspective de la production in vitro de l'or.

 

Lire aussi du même auteur : La matière des choses, le livre 4 des Météorologiques d’Aristote et son interprétation par Olympiodore

 

Prendre connaissance de la somme de travail du grand chimiste Marcelin Berthelot : Les Origines de l'Alchimie (1885).

Ce livre a été réalisé d'après les manuscrits grecs de la Bibliothèque nationale : la doctrine des alchimistes et leurs idées théoriques sur l'unité de la matière s'y trouvent exposées et interprétées pour la première fois. Berthelot publiera un peu plus tard, avec la collaboration de Ch. Ruelle, la Collection des anciens alchimistes grecs.

 

Les concepts

 

Logique et syllogisme

 

C'est dans ses Topiques, traité à vocation didactique, qu'Aristote nous éclaire sur le raisonnement dialectique, art du dialogue (du grec dialegein = discourir, dialoguer) permettant la recherche de la vérité, cher à Héraclite et dont les stoïciens hériteront avec l'école philosophique fondée à Athènes vers 308 avant J.-C. par Zénon de Citium (vers -335/-264)

Du grec sun et logos signifiant, mot à mot, qui utilise le discours (au sens discursif), le syllogisme (connu en latin par modus ponendo ponens = manière d'affirmer, d'établir en affirmant) et plus brièvement modus ponens) est une déduction logique résultant de la conjonction de deux propositions (prémisses) dénommées majeure et mineure. 

 

Le raisonnement hypothético-déductif


 

 Outre la notion de syllogisme, on doit à Aristote les acceptions actuelles du vocabulaire lié au raisonnement déductif (on parle aussi de raisonnement hypothético-déductif), exposées dans les Topiques et dans ses traités sur la logique, Les Analytiques, La métaphysique :

Topiques Livre I,1 : Un raisonnement déductif est une formule d'argumentation dans laquelle, certaines choses étant posées, une chose distincte de celles qui ont été posées s'ensuit nécessairement, par la vertu même de ce qui a été posé. C'est une démonstration lorsque les points de départ de la déduction sont des affirmations vraies et premières, ou du moins des affirmations telles que la connaissance qu'on en a  prend naissance par l'intermédiaire de certaines affirmations premières et vraies; c'est au contraire une déduction dialectique lorsqu'elle prend pour points de départ des idées admises. Sont vraies et premières les affirmations qui emportent la conviction, non pour une raison extérieure à elles, mais par elles-mêmes (...). Sont des idées admises en revanche, les opinions partagées par tous les hommes, ou par presque tous, ou par ceux qui représentent l'opinion éclairée, et pour ces derniers par tous ou par presque tous, ou par les plus connus et les mieux admis comme autorités (...)

Aristote, Topiques Tome 1, Livre I-IV, texte traduit par J. Brunschwig, Ed. « Les Belles Lettres », Paris – 1967

 

_________________

 

(*) :  (...) Anaxagore prétend que c'est parce qu'il a des mains que l'homme est le plus intelligent des animaux. Ce qui est rationnel, plutôt, c'est de dire qu'il a des mains parce qu'il est le plus intelligent. Car la main est un outil ; or la nature attribue toujours, comme le ferait un homme sage, chaque organe à qui est capable de s'en servir. Ce qui convient, en effet, c'est de donner des flûtes au flûtiste, plutôt que d'apprendre à jouer à qui possède des flûtes. C'est toujours le plus petit que la nature ajoute au plus grand et au plus puissant, et non pas le plus précieux et le plus grand au plus petit. Si donc cette façon de faire est préférable, si la nature réalise parmi les possibles celui qui est le meilleur, ce n'est pas parce qu'il a des mains que l'homme est le plus intelligent des êtres, mais c'est parce qu'il est le plus intelligent qu'il a des mains.
En effet, l'être le plus intelligent est celui qui est capable de bien utiliser le plus grand nombre d'outils : or, la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C'est donc à l'être capable d'acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l'outil de loin le plus utile, la main.
Aussi, ceux qui disent que l'homme n'est pas bien constitué et qu'il est le moins bien partagé des animaux (parce que, dit-on, il est sans chaussures, il est nu et il n'a pas d'armes pour combattre) sont dans l'erreur. Car les autres animaux n'ont chacun qu'un seul moyen de défense et il ne leur est pas possible de le changer pour faire n'importe quoi d'autre, et ne doivent jamais déposer l'armure qu'ils ont autour de leur corps ni changer l'arme qu'ils ont reçue en partage. L'homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours loisible d'en changer et même d'avoir l'arme qu'il veut et quand il le veut. Car la main devient griffe, serre, corne, ou lance, ou épée, ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu'elle est capable de tout saisir et de tout tenir.
La forme même que la nature a imaginée pour la main est adaptée à cette fonction. Elle est, en effet, divisée en plusieurs parties. Et le fait que ces parties peuvent s'écarter implique aussi pour elles la faculté de se réunir, tandis que la réciproque n'est pas vraie. Il est possible de s'en servir comme d'un organe unique, double ou multiple.

Les Parties des animaux, § 10, 687 b, éd. Les Belles Lettres, trad. P. Louis, pp. 136-137.

 

Sources 

 

 -œuvres, commentaires :

 

Traité du Ciel, Traité du Monde,

Wikisources,

Remacle,

Antinomies,

Divers,

Aristote une philosophie en quête de savoir de Richard Bodéüs,

Dictionnaire philosophique, Voltaire

...

 

- articles sur le Net :

Encyclopédie de l’Agora, Serge Mehl, Cosmovisions, Astrofiles...



 

 

 

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