Le BLOG

lun

01

mar

2010

Intégrisme : après les OGM, la vaccination... les nanotechnologies !

 

J'ai assez longuement parlé sur ce site des nanosciences qui couvrent aujourd'hui un large spectre du domaine scientifique et débouchent sur des applications multiples (les nanotechnologies) : médicales, micro (nano) électroniques, informatiques, matériaux, produits de la vie courante...

J'ai rappelé également que l'utilisation banalisée de particules nanométriques -c'est à dire de la dimension de l'atome- posait évidemment des problèmes de sécurité sanitaire et environnementale.

Or les études sur la toxicologie et l'éco toxicologie des nanoparticules relatives à l'usage dans la vie quotidienne sont très insuffisantes : 3% seulement des budgets publics de recherche sur les nanotechnologies leur sont aujourd'hui consacrés. 

Les applications informatiques, peuvent impliquer  de possibles atteintes aux  libertés individuelles, liées à la mise au point de dispositifs de surveillance indétectables.

Enfin si le  domaine médical, fait naître l'espoir de nouvelles approches thérapeutiques (imagerie plus précise, médicaments plus sélectifs, traitement possible de troubles neurodégénératifs…), il fait craindre à certains l'émergence de nouveaux  Dr Frankenstein  intervenant sur le cerveau pour créer des "hommes augmentés »,  des cyborgs !

Il était donc urgent  de confronter les points de vue des scientifiques, des médecins, des associations concernées par les problèmes environnementaux, des politiques...

 

C'est ce qu'a tenté de faire le CNDP, (Commission Nationale du Débat Public) a travers une campagne d'information et des débats décentralisés.

Le champ du débat était bien sûr très large puisqu'il concernait les nanosciences, les nanotechnologies et  toutes leurs applications dans les domaines scientifiques, techniques, industriels et économiques.

Le site du CNDP "Nanotechnologies présente les informations, les éléments concernant ce débat qui vient de s'achever (provisoirement), les interventions de scientifiques de haut niveau dans différents domaines, d'écologistes...


On y trouvera des contributions à propos :

- des risques sanitaires qui peuvent en résulter pour les travailleurs, les consommateurs, le public en général ;
- des risques pour l’environnement que peuvent générer les produits des nanotechnologies tout au long de leur cycle de vie ;
- de l’impact que peuvent avoir les nanotechnologies sur notre vie quotidienne, sur notre santé et  en termes de développement durable ;
- des questions éthiques qu’elles soulèvent : protection des libertés individuelles,  limites de l’intervention sur le vivant…


  Le but de ces échanges était de proposer des mécanismes de contrôle, de régulation et de gouvernance  pour maîtriser le développement des nanotechnologies.

 

Malheureusement cette session "nano", a été tronquée par le boycott de nombre d'associations, par les violences physiques et verbales qui ont perturbé (voire empêché des réunions) et s’est terminée dans la confusion.

Peu importe les responsabilités des uns et des autres et du gouvernement qui n’a pas su garantir l’objectivité et l’intérêt de ces travaux (certains étant persuadés que les décisions étaient déjà prises), on ne peut qu’être consterné par l’intégrisme de certains pseudo écologistes, totalement incultes scientifiquement, qui, a priori, refusent tout débat et dont le leiv motiv est systématiquement : moratoire, moratoire, moratoire !

Devrait-on pour leur complaire organiser un moratoire sur le traitement du cancer ! Tous les malades qui souffrent, qui sont mutilés, les familles de ceux qui nous quittent, tous ces enfants meurtris apprécieraient !

 

D’un autre côté, trop de savants s’assoient systématiquement sur le principe de précaution, dont j’ai beaucoup parlé sur mon blog, et provoquent en retour des réactions hystériques.

Micro-ondes pulsées (ICRW) ou pollution électromagnétique en général, vaccins, OGM, nanotechnologies… suscitent des peurs parfois légitimes, mais surtout alimentent les fantasmes et ressuscitent des mythes. Difficile dans ces conditions de se tenir dans le champ du rationnel !

Sur tous ces sujets il suffit de consulter les forums sur Internet pour mesurer le chemin à parcourir et le travail à accomplir dans le domaine de l’éducation de nos concitoyens. J’ai ainsi pu lire à de multiples reprises que la vaccination avait tué beaucoup plus qu’elle n’avait sauvé de vies (les millions de victimes de la polio, de la rougeole, du tétanos, de la rage, du choléra, de la variole, de la typhoïde… avant la découverte de Pasteur, témoignent en effet de l’inutilité des vaccins !).

 

Je pense qu’il serait très utile que dans le cadre scolaire (au collège par exemple) soient organisés des débats avec les élèves sur tous ces sujets scientifiques, après une information la plus objective possible par des experts reconnus, des médecins, des associations… Cela se fait pour la drogue, la sexualité…pourquoi pas sur le thème « progrès scientifique, santé et environnement » ?

 

Revue bibliographique du CNRS à propos des nanos (uniquement en français)

 

Position de partis, associations… écologistes : Ecologie sans frontière ,  Les Amis de la Terre, Les Verts.

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ven

26

fév

2010

L'honneur perdu des Français

 

« J'ai toujours été l'avocat des pauvres, je deviens le candidat du travail, je serai le député de la misère ! La misère ! Tant qu'il y aura un soldat, un bourreau, un prêtre, un gabelou, un rat-de-cave, un sergent de ville cru sur serment, un fonctionnaire irresponsable, un magistrat inamovible ; tant qu'il y aura tout cela à payer, peuple, tu seras misérable ! »

Jules Vallès

 

Je suis de gauche, tous ceux qui ont parcouru ce site en sont je suppose convaincus !

 

Pas de cette gauche d'appareil qui se pâme à chaque victoire électorale en beuglant "On a gagné !", mais d'un peuple de gauche qui se réfère à des valeurs simples, toutes inscrites dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen et que résume parfaitement notre devise "Liberté, Egalité, Fraternité", triptyque qui évidemment ne peut se concevoir sans le quatrième mousquetaire qui s'appelle "JUSTICE".

 

Si l'on veut absolument que j'évoque des hommes qui, dans l'histoire récente, ont incarné en France, au moins en partie ces idéaux, je citerai Montesquieu, Diderot, Condorcet, Blanqui, Hugo, Jules Vallès, Jaurès. Je rajouterai Blum pour les congés payés, Jean Moulin et la Résistance, Mendès-France pour son anticolonialisme, Mitterrand pour l'abolition de la peine de mort et le RMI, Jospin pour la CMU.

 

Autant dire que je me sens fort éloigné d'un parti de gauche truffé de coquins et de faquins, de grands féodaux populistes, qui dans leur gestion et leur comportement foulent au pied les principes dont ils se réclament... pour être élus. Frêche et ses vassaux sont l'archétype de la déliquescence de la gauche aujourd'hui.

 

Hélas je ne crois plus depuis longtemps au miracle d'un pouvoir de gauche renversant les priorités de la société actuelle, toute entière tendue vers le profit à tout prix. Il y a trop longtemps que la réussite sociale est déconnectée des valeurs morales et humanistes (le mérite, l'esprit civique, le respect d'autrui, la solidarité, l'honnêteté ...).

Le carcan de l'Europe verrouille de toute façon toute velléité d'amender le système ultra libéral qui fait de notre continent une sous-Amérique.

 

Que nous reste-t-il donc à défendre ?

 Si nous pouvons malheureusement peu pour l'égalité,  agissons au moins pour plus de justice, pour plus de liberté, pour plus de fraternité.

 

Avec le gouvernement Sarkozy il y a beaucoup à faire sur tous ces plans !

- pour la justice, avec la suppression du juge d'instruction,

- pour la liberté, avec le contrôle de tous les media, de l'ensemble de l'appareil exécutif, législatif et judiciaire, c'est à dire de facto avec la disparition du principe fondamental de la République : la séparation des pouvoirs,

- pour la fraternité, car Nicolas Sarkozy déshonore la France et les Français en bafouant ouvertement les droits élémentaires de l'Homme et du Citoyen. Le mouvement de révolte d'associations de toutes tendances comme la Cimade, RESF (Réseau Education Sans Frontières), le Secours Populaire, le Secours catholique... et de simples citoyens (qui cachent des malheureux pourchassés par la police), devant le traitement ignoble infligé à des réfugiés ou des sans-papiers, témoigne de ce scandale.

 

Aujourd'hui c'est toute une Université (Pau et les Pays de l'Adour) qui proclame sa volonté de protéger deux jeunes comoriennes en violant les lois de Sarkozy. Plus de la moitié du personnel a signé une pétition dans ce sens et les soutiens affluent de la France entière.

 

J'espère que cet appel à la désobéissance civile sera massivement suivi. D'ailleurs dès l'arrivée de N. Sarkozy au ministère de l'Intérieur, nous avons été un certain nombre de responsables d'Université à refuser l'injonction des préfets concernant la mise à disposition des notes d'étudiants étrangers. Il faut que cela s'amplifie.

 

La gauche, la vraie, a donc du pain sur la planche... ce que veulent nous faire oublier les media avec la pantalonnade autour de G.Frêche, le parrain du Languedoc... qui du coup se découvre des ambitions nationales ! Avec la beaufitude actuelle il peut nourrir quelques espoirs et aider Sarkozy à éliminer le candidat PS dès le premier tour.

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ven

19

fév

2010

Au fil des jours : science, conscience

 

J'ai mis beaucoup de temps à lire les chroniques de MDA sur Libé : "K, histoires de crabe". Trop dur, trop cru, trop évocateur de souffrances de proches. Trop impudique ?

Et j'ai donc commencé par regarder les commentaires - presque toujours de femmes- qui m'ont bouleversé. Toutes ces femmes, souvent blessées, mutilées, désespérées, au bout du rouleau, trouvaient, paradoxalement, dans ces quelques lignes des raisons de lutter, de croire que le combat n'est jamais vain.

Parfois, un silence de quelques jours de la blogueuse, puis les retrouvailles et la joie des lectrices devant un signe de vie qui peu à peu ne devient qu'un souffle...

 

Le dernier post (18 février), dans lequel MDA annonce son admission en soin palliatif, dit ceci :

 

... «Et je t'écoute», dit le sténographe.
«Et nous voilà bien», lui répondis-je.

«Nous» étant respectivement Pierre Marcelle et moi-même, MDA, en direct de l'hôpital des Diaconesses, dans le 12e arrondissement de Paris. J'y étais transférée hier, de Saint-Louis, pour améliorer la prise en charge et la mise en place du traitement antidouleur. C'est au premier étage d'une unité de soins palliatifs, mais je ne suis pas encore morte.

Et tenais à vous le dire, haut et fort."

 

Voici un des 217 commentaires :

 

"Appel aux médecins qui soignent Marie-Dominique aux Diaconesses,

Faites tout ce qu'il faut pour que notre diamantaire puisse donner de ses nouvelles de temps en temps, qu'elle puisse lire les messages que nous lui adressons, et surtout qu'elle puise dans l'espace entre nos mots tout ce qui n'a pas de nom mais une profonde force d'existence.

S'il vous plaît, merci."

 

La recherche progresse, certes trop lentement, mais chaque jour de nouvelles molécules entrent dans la danse -hélas trop souvent encore macabre- Les mécanismes des processus de cancérisation sont de mieux en mieux connus, mais leur complexité, leur diversité, indiquent que le chemin est abrupt, semé d'embûches et que la fin de la course n'est pas encore en vue.

 

Un chercheur, que j'ai croisé quelques fois dans mon université (c'était aussi notre hôte lors des soirées du président, fin juillet, à la station marine de Sète qu'il dirige), vient de faire parler de lui. Refuser une prime de 15 000 euros pour un fonctionnaire du CNRS (cela représente à peu près 3 mois de salaire pour un chercheur émérite en fin de carrière), cela semble incongru dans un monde où un trader peut encaisser un demi million d'euros pour avoir boursicoté avec l’argent des autres !

 

Sa motivation, et celle de quelques autres, n'est certes pas de faire la une des media, mais de souligner que la distribution de prix et de primes pour certains (pour acheter leur silence ?) ne saurait faire oublier la précarisation qui s'amplifie pour les jeunes chercheurs brillants, qui commencent à s'exiler en masse... et désertent leur labos !

 Pourquoi rester en France sur un emploi précaire quand, dans les mêmes conditions, on vous offre un salaire trois fois plus élevé aux USA, en Suisse, au Japon et ailleurs ! Evidemment c'est tout bénéfice pour ces pays là qui n'ont pas eu à former une main d'œuvre de haut niveau prête à l'emploi mais un appauvrissement pour la science et la culture de notre pays.

 

Dans le privé, c'est pire ! Total et Sanofi-Aventis, qui viennent d'annoncer des bénéfices record, licencient à tour de bras et suppriment des postes de chercheurs. Ces grosses boites préfèrent sous-traiter avec des labos publics ; ils profitent ainsi d'infrastructures lourdes à des prix défiants toute concurrence. Les labos universitaires dont les crédits récurrents (ministère plus INSERM, CNRS ou INRA...) sont dérisoires, sont trop heureux d'accepter des financements qui représentent pour les grosses unités plus des 2/3 de leur budget. La contrepartie implicite fut pendant quelque temps l'embauche des meilleurs éléments après la thèse, période révolue.

 

La bouffonnerie qui affecte ma Région autour de Georges Frêche et des élections régionales, me conforte dans mes sentiments de rejet vis à vis du personnel politique actuel et de la façon dont fonctionne notre démocratie. Mais s'agit-il encore d'une démocratie ?

Un équilibre délétère semble s'installer entre un pouvoir central de droite entièrement contrôlé par un autocrate mégalomane et quelques grands féodaux "de gauche" avant tout soucieux de leur baronnies.

Cela ressemble terriblement à l'époque prérévolutionnaire. La seule différence est que le pouvoir de l'un et des autres est légitimé par un vote.

 

Les Français sont-ils donc des cons à 90% comme l'affirme Georges Frêche ou tout au plus des veaux comme le disait le général De Gaulle, pour reconduire ces gens là, pour accepter passivement ce système là ? Ou alors résignés, désabusés, dégoûtés, désespérés, absorbés par leur quotidien, convaincus que le politique ne peut plus rien pour eux ?

 

Mais pour moi, à la Une du 19 février 2010, il y a les 50 ans de Marie ! Hier, à 50 ans, une femme était surtout une grand-mère ; aujourd’hui c’est une pin-up hyperactive qui est souvent en plus... grand-mère !

La science y est pour quelque chose. Bien entendu je ne parle pas de la chirurgie (in)esthétique !

 

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mar

09

fév

2010

Année du Tigre et biodiversité

 

Zodiaque chinois (VIème siècle), la légende :

 


Une nuit de Nouvel An, l'Empereur de Jade invita tous les animaux de la terre à lui rendre visite. Seuls, douze d'entre eux obéirent.
L'énergique buffle ouvrit la marche tout le long du chemin, mais il ne s'était pas aperçu que le rat, rusé, s'était perché sur lui. Au moment d'arriver devant l'empereur, le rat sauta devant le buffle et l'empereur le vit en premier.

Arrivèrent ensuite le Tigre souriant, le Chat (ou lapin) prudent, l'étincelant Dragon, le sage Serpent, le Cheval talentueux, la Chèvre sensible, le malin Singe, le Coq fier, le Chien fidèle et pour finir le Cochon scrupuleux. En guise de remerciement, Bouddha instaura une année « symbolique » en l'honneur de chacun de ses visiteurs Et il décréta que chaque nouveau-né hériterait désormais des caractéristiques de l'animal de son année de naissance.

 

2010 est l'année du Tigre. Que disent les spécialistes ?

 

L'année du Tigre sera généralement marquée par une fébrilité inhabituelle dans tous les domaines. Tout sera remis en question ; ce sera le règne du progressisme.

 

Voila qui me met l'eau à la bouche ! Poursuivons :

 

Si votre bébé vient au monde cette année pendant le jour, c'est-à-dire entre le lever et le coucher du soleil, il sera mieux armé pour la vie que s'il naît pendant la nuit.

Le tigre s'accommode mal de la nuit ; l'obscurité le gêne et la lune le paralyse. C'est pourquoi, en Extrême-Orient, on ne fait la chasse au tigre qu'après le coucher du soleil ; si vous braquez votre torche électrique sur un tigre, il en sera hypnotisé et vous pourrez l'abattre ou le prendre au filet sans trop de peine.

 

C’est là que le bât blesse, car si L'Empereur de Jade pouvait aujourd'hui encore convoquer les animaux de la terre, il aurait peu de chance de voir accourir le "Tigre souriant" !

En cette année de la biodiversité, les études les plus sérieuses évaluent en effet à 2000 le cheptel de tigres sauvages sur l'ensemble de la planète.

 

On peut lire ceci dans le journal Le Monde de ce jour :

 

Mais selon des statistiques de l'an 2000, il resterait seulement une quinzaine de tigres du Bengale au Tibet, dix tigres d'Indochine dans le sud-ouest du pays et une vingtaine de tigres de Sibérie dans le Nord-Est. Le tigre du sud de la Chine pourrait déjà avoir disparu. Selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), aucun n'a été aperçu depuis la fin des années 1970, alors qu'ils étaient encore quelque quatre mille dans les années 1950. Leur rapide disparition est à attribuer à la chasse, mais aussi à la dégradation de leur environnement naturel.

 

Voila à quoi conduit l'utilisation intensive de la torche électrique !

 

Du côté de Sumatra on craint que l'année du Tigre ne soit fatale pour les survivants du génocide. Aussi les autorités proposent aux particuliers l'adoption des bébés tigres nés en captivité.

J’espère que notre BB nationale se portera candidate pour accueillir dans son Arche de Noé cette espèce menacée... beaucoup plus menacée en tout cas que les ovins qui lui permettent à chaque fête de l'Aïd, d'entonner son petit couplet raciste anti-arabe !

 

Il faut bien se faire une raison : notre époque n'est plus celle des tigres (et des dragons) et le cochon n'est plus scrupuleux mais bourré d'hormones et d'antibiotiques !

 

J'allais écrire : nous voici plutôt à l’époque des requins... sauf que pour les requins aussi les pronostics sont sombres :

 

Certains pays s'obstinent encore à pêcher les requins en masse et mettent en danger non seulement le Grand Blanc, mais plus de 40 autres espèces. Quel est le prédateur le plus à craindre ici? Une cinquantaine d'attaques de requins sur les humains sont recensées en moyenne chaque année dans le monde et font en moyenne 6 victimes. En comparaison, il a été estimé que 100 millions de requins sont tués par les humains tous les ans aux quatre coins du globe! A ce rythme là, nous mettons en danger l'équilibre de l'écosystème marin.

 

Voici ce que l'on peut tirer d'un requin :

 

    -  les yeux : fabrication de cornée pour transplantations,
    -  le cartilage : traitements pharmaceutiques (brûlures) et dérivés biochimiques,
    -  les nageoires : utilisation culinaire,
    -  la peau : cuir, abrasifs, chagrin,
    -  la chair : viande consommable, nourriture pour les animaux, engrais et fertilisants,
    -  le foie : vitamines A et D, scalène, huile utilisée pour la création de lubrifiants, de peintures, de cosmétiques...    
    -  l'estomac : création de plastomères, nourriture,
    -   le sang : anticoagulants,
    -   la mâchoire et les dents: bijoux, bibelots et armes.

 

Aujourd'hui, il est très possible de créer des produits de synthèse (huiles, tissus, vitamines...) sans avoir à puiser dans les produits animaliers.

 

Il est important de souligner que le requin est au sommet de la chaîne alimentaire dans l'océan et sa quasi-disparition, avec des millions de bêtes tuées chaque année, entraînera nécessairement des pertubations sans doute irréversibles dans l'écosystème des océans.

 

Comme la mode est au "bio" (ce qui conduit parfois, comme ici, à des monstruosités) on peut en effet craindre pour le requin et pour beaucoup d'autres espèces animales ou végétales et donc pour la biodiversité. Voila un paradoxe lié à un effet d'aubaine et à un charlatanisme amplifié par Internet. Méfiez vous du bio : les nouveaux marchands du Temple sont aux manettes !

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lun

08

fév

2010

Syndrome de Stendhal : Venise ou Florence?

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lun

01

fév

2010

L'ogre de Montpellier

 

L'affaire Frêche illustre de façon caricaturale ce qu'est aujourd'hui un grand parti politique « de gouvernement » en France : un conglomérat de féodalités, un ensemble de fiefs de plus ou moins grande importances, tenus par quelques seigneurs et leurs vassaux.

 

Plus le seigneur est puissant en terme de postes à pourvoir au sein de collectivités, de services publics, d'associations diverses... plus les affidés sont nombreux, plus les « militants » à l'affut de quelques prébendes, se bousculent.

 

Frêche est un Defferre à la puissance 10 qui n'a pas tiré sa légitimité de la Résistance mais d'une réussite exceptionnelle dans la construction d'une métropole régionale, Montpellier, qui n'était qu'une petite ville de province endormie quand il mit fin au règne de la droite locale, fortement marquée par les séquelles de la guerre d'Algérie.

 

L'habileté de Frêche fut de prendre la ville avec l'appui de la gauche la plus radicale, parfois engagée dans la lutte pour l'indépendance de l'Algérie... tout en cherchant l'appui des pieds-noirs et des harkis fort nombreux à Montpellier. Un ancien membre de l'OAS figurait d'ailleurs sur sa liste lors de la première campagne, en 1977.

 

Sur le plan politique la méthode Frêche était exposée dès l'entrée en matière : le PS comme bras armé, des réseaux souterrains constitués sans état d'âme de l'ensemble du spectre des notables locaux : gaullistes de gauche, francs-maçons, communauté juive, pieds-noirs, harkis, universitaires, grands commerçants... utilisés comme forces d'appoints lors d'élections jamais gagnées d'avance.

 

Car si la brillante réussite de Georges à Montpellier lui permit de faciles réélections à la mairie, il perdit plusieurs batailles législatives et régionales face à deux adversaires pugnaces : un socialiste rural à l'ancienne, Gilbert Saumade, et un filou de la droite populiste allié au FN, Jacques Blanc, le Napoléon de La Canourgue.

 

Gilbert Saumade, président du conseil général, avait l'appui de François Mitterrand qu'il recevait à chacune de ses escales à Montpellier. Le président se méfiait comme de la peste de G. Frêche, qui n'eut jamais le maroquin qu'il escomptait. Le maire de Montpellier a la rancune tenace : aujourd'hui à l'hôtel de Région, une sorte de placard porte le nom de l'ancien président !

 

Mitterand disparu, Frêche finit par se débarrasser de Saumade, sans aucun doute plus populaire et plus avenant, mais plus âgé et moins combatif. On vit alors les troupes du perdant, qui la veille encore abreuvaient d'injures le seigneur de Montpellier, rallier le vainqueur avec armes et bagages. Non par fidélité à un drapeau comme le confiaient certains, mais souvent pour conserver un poste, continuer à placer un fils, un cousin, une maitresse, un ami, un ami d'ami....

 

Les soi-disant militants PS de l'Hérault sont en grande partie des obligés de Georges et de ses amis. Certes il existe des purs qui au soir de chaque scrutin interne ne peuvent que constater les multiples tripatouillages, validés par un premier secrétaire homme de main de l'ogre de Montpellier. Quand la fédération de l'Hérault parle d'un plébiscite en faveur de Frêche pour la candidature aux élections régionales (avec 50% de votants avoués, combien en réalité ??) cela ne fait plus sourire personne.

 

Le cercle de ceux qui doivent tout à Georges Frêche s'est donc singulièrement étendu depuis son élection à la Région. Aujourd'hui des anciens Verts et des communistes sont sur sa liste (dont l'ancien ministre Gayssot)... Certains diront que la soupe est bonne !

 

Georges Frêche est un homme à la culture encyclopédique, extrêmement intelligent, d'une vivacité d'esprit étonnante, qui méprise la plus part de ses serviteurs et estime que les français sont non seulement des veaux mais « à 90%, des cons ».

De fait, il a éliminé tous ceux ceux qui pouvaient lui faire de l'ombre, à commencer par son premier premier adjoint, le gendre de Gilbert Sénès, homme de gauche authentique et courageux (il fût plastiqué par l'OAS). Christine Lazerges, Professeur de Droit à Montpellier puis à la Sorbonne, représentante typique de la bourgeoisie protestante locale, aux antipodes du seigneur local, qui fit un séjour remarqué, mais bref, à l'assemblée nationale, fut rapidement liquidée.

 

André Vezinhet et Hélène Mandroux, militants irréprochables du PS, respectivement, président du conseil général et maire de Montpellier par le bon vouloir du prince, lassés des sarcasmes et foucades de leur mentor, sont entrés en dissidence. Leurs fauteuils respectifs sont maintenant menacés.

 

Hélène Mandroux, qui n'a certes pas l'envergure d'un Frêche, a néanmoins surpris en étant brillamment élue à la mairie de Montpellier où elle est devenue très populaire. Son parcours militant et professionnel au sein de la cité de la Paillade lui vaut le respect de beaucoup de montpelliérains. Cette popularité ne pèse pas lourd pour l'instant face au rouleau compresseur frêchiste et son engagement au nom du parti dans les élections régionales contre le sortant, lui a valu aussitôt une mise en minorité à la mairie. Cependant cette femme est têtue et courageuse, les humiliations subies l'ont confortée dans sa volonté d'en découdre. Elle a peu de chances de détrôner l'ogre, mais elle peut le faire perdre avec l'aide des écologistes et du Front de Gauche de Mélenchon et Buffet.

 

Ainsi, hélas, va la politique. Si le cas Frêche peut sembler caricatural il n'est en fait que l'image, à peine déformée, de ce qu'est devenu le PS : un parti sans doctrine, sans autorité, sans patron, incapable de mettre un terme à des pratiques digne de la IIIème république, qui nuisent non seulement à la crédibilité de ce parti, mais aussi à toute la gauche et à l'action politique en général.

Il est très facile de traiter de populistes ceux qui dénoncent les comportements des hommes politiques, il est apparemment plus délicat de se débarrasser des potentats locaux qui bafouent les principes qui sont censés fonder leur engagement.

 

 

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mer

27

jan

2010

Au fil des jours : le meilleur et le pire

 

 

Le meilleur : enfin une piste sérieuse dans le traitement de la maladie d'Alzheimer.

Je cite Le Monde.fr :

Le professeur Etienne-Emile Baulieu a annoncé, mardi 26 janvier, que ses équipes avaient fait une "découverte majeure" dans la recherche d'un traitement et de la prévention de la maladie d'Alzheimer et de plusieurs maladies neurodégénératives du même type. Les travaux du professeur Baulieu et de ses collègues de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) ont été publiés dans la revue américaine Proceedings of the national academy of sciences (PNAS).

 

Pourquoi sérieuse ?

- parce que le Pr Baulieu, membre de l'Académie des Sciences, connu pour la mise au point de la "pilule du lendemain", travaille à l'INSERM avec une équipe de haut niveau,

- parce que la revue PNAS n'a  pas pour habitude de céder au sensationnalisme,

- parce que les résultats annoncés concernent l’hypothèse la plus sérieuse à propos de l’origine de la maladie : la prolifération des protéines tau qui provoquerait un dysfonctionnement des synapses.

 

L'équipe du Pr Baulieu a identifié dans l'organisme une autre protéine qui peut interagir avec la protéine tau et diminuer ainsi sa concentration.

Il s'agit pour l'instant de test in vitro et il faut attendre maintenant les premiers essais sur des êtres vivants.

 

Le pire : les menaces d'un groupe d'islamistes envers l'iman de Drancy « coupable » d'avoir de bonnes relations avec les autorités religieuses juives et catholiques et d'être favorable à l'interdiction du port du voile intégral. Les extrémistes, frères musulmans, salafistes et autres, sont peu nombreux en France mais déterminés à faire taire ceux qui veulent faire émerger dans ce pays( mais aussi au Maghreb) un islam débarrassé des scories moyenâgeuses qui pourrissent la vie de beaucoup de musulman(e)s.

Au lieu de faire des moulinets devant les caméras, le président et ses affidés devraient rapidement mettre hors d'état de nuire ces excités, souvent manipulés.

 

Le meilleur : l'armée américaine a mis "le paquet" à Haïti en envoyant de gros moyens, y compris ses meilleurs hôpitaux militaires mobiles. Les humanitaires à la Kouchner -porteur de riz devant les caméras - ont été vexés et ont le culot de parler d'impérialisme !

 

Le pire : le ministre Besson en envoyant dans des camps de rétention les malheureux réfugiés kurdes échoués sur le rivage corse, a augmenté sa popularité chez les électeurs de l'extrême-droite... et la répugnance qu'il m'inspire. Le HCR a dû rappeler qu'il s'agissait là d'une violation des Droits de l'Homme. Fort heureusement tous les juges saisis ont ordonné la libération de ces otages du sarkozysme électoraliste primaire.

 

Le meilleur : trois très beaux films à l'affiche cette semaine : In the air, Océans et Le Refuge. Voila trois semaines que je n'avais rien eu à me mettre sous la dent !

 Je commencerai par In the air pour Georges Clooney, qui est pour moi le meilleur acteur américain, pour l'histoire qui témoigne de la dureté des temps et du cynisme du système libéral. Voici l'argument du film :

"Ryan Bingham sillonne les cieux américains et ne touche terre que dans des villes frappées par la crise. Là, pour le compte de directeurs des ressources humaines trop lâches pour affronter les salariés, il procède à des entretiens de licenciements."

Je verrai aussi Océans... pour l'océan, pour la beauté de la planète, pour Jacques Perrin et ses projets courageux.

Enfin je ne manquerai pas Le refuge pour Ozon (8 femmes) et surtout pour Isabelle Carré dont chaque apparition m'émeut.

 

Le pire : la presse américaine annonce que le célèbre golfeur Tiger Woods, admis en soins intensifs pour traiter son addiction au sexe, a reçu la visite de sa femme. L'hypocrisie de la "bonne" société américaine me sidère ! On bénit son armée qui viole et torture à tout va en Irak, massacre des populations en Afghanistan... on s'acharne sur un Polanski quarante ans après une partie de jambes en l'air avec une mineure qui n'avait rien d'une blanche colombe, on envoie un sportif aux urgences parce qu’il avoue quelques maitresses !

C'est aussi pour ça que j'aime Clooney : il revendique la même addiction... et sa volonté de ne pas se soigner !

Mais dans le même temps il réunit des millions de dollars pour Haïti et tape dans sa cassette personnelle...

 

Tartuffe, acte 3, scène 2  :

 

"Couvrez ce sein que je ne saurois voir:

Par de pareils objets les âmes sont blessées,

Et cela fait venir de coupables pensées"

 

Ah les faux-culs...

 

 

 

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dim

24

jan

2010

Cryptage et sécurité informatique

 

A l'issu d’un travail de recherche de plusieurs années, l’équipe du Dr Ross Anderson, de l’Université de Cambridge vient de mettre au point un dispositif trompant les terminaux de paiement en leur faisant croire que le code d’identifiant personnel du porteur de la carte a bien été validé.

Ce résultat est une illustration des problèmes que pose la sécurité informatique et le combat incessant entre les spécialistes du cryptage et les hackers, informaticiens de très haut niveau toujours plus performants. On connaissait déjà les "yescard" qui valident une transaction quel que soit le code secret utilisé.

Evidemment ces progrès du piratage inquiètent -quoi qu'elles en disent- au plus haut point les banques.

 

Mais ce ne sont pas que les banques qui sont en ligne de mire, tous les systèmes de protection concernant des données sensibles deviennent vulnérables (par exemple l'accès aux documents officiels, aux courriers électroniques sensibles... aux banques de notes dans les universités, etc....).

 

On connait cependant un codage indécryptable, appelé masque jetable, inventé par Gilbert Vernam en 1917. Il s'agit d'un système complexe avec une clef  dont les caractéristiques sont les suivantes :

  • La clé doit être une suite de caractères au moins aussi longue que le message à chiffrer.
  • Les caractères composant la clé doivent être choisis de façon totalement aléatoire.
  • Chaque clé, ou « masque », ne doit être utilisée qu'une seule fois (d'où le nom de masque jetable).

On cite souvent l'utilisation du masque jetable pour les communications entre Che Guevara, alors en Bolivie, et Fidel Castro.

 

Pour utiliser cette méthode sans risque, il faut faire parvenir la clef de chiffrement à son partenaire de manière absolument sûre; c'est le problème de la distribution des clefs, problème que la cryptographie quantique permet de traiter. Sur ce site j'ai notamment évoqué les travaux d'Alain Aspect et Philippe Grangier qui ont développé la première « source de photons uniques », émettant à des instants identifiés des photons séparés et ceux de Serge Haroche à propos des bits quantiques (qubits).

 

Le principe du cryptage quantique est fort complexe ; il exploite un principe fondamental de la physique quantique, le principe d'incertitude d'Heisenberg, qui indique qu'il est impossible connaître à la fois avec certitude la position et la vitesse d'une particule. Ainsi la transmission de la clef se fait par envoi de photons dont il est impossible de connaître à chaque instant l'état quantique.

 

De nombreux problèmes restent cependant à régler. Il faut toutefois noter qu'en 2008 une équipe britanique a démontré que des clefs quantiques pouvaient être envoyées le long d'une fibre optique (Une fibre (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous...) optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière et de ses relations avec la vision.) est un fil en verre ou en plastique très fin qui a la propriété de conduire la lumière et sert dans...) de 20 kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini...) avec un débit (Un débit permet de mesurer le flux d'une quantité relative à une unité de temps au travers d'une surface quelconque.) supérieur à 1 Mbit/s - une performance qui pourrait permettre à des utilisateurs de communiquer avec une sécurité totale à travers les réseaux informatiques.

 

 

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jeu

21

jan

2010

Les retraites : vu de gauche

 

Le tollé (d'une partie de la gauche) et les bravos (de la droite) qui ont suivi la déclaration de Martine Aubry à propos du décalage de l'âge légal permettant à un salarié de faire valoir ses droits à la retraite (62 ans contre 60 actuellement) sont bien l'illustration de cette politique des postures dont je parlais précédemment.

 

Des faits(sources INSEE, CNAV, CFDT retraités) :

 

- l'espérance de vie moyenne des français est d'environ 80 ans pour une femme et de 78 ans pour un homme,

 

- actuellement l'âge moyen de départ à la retraite est de 61,3 ans pour un homme et 60,7 ans pour une femme (pratiquement 60 ans pour les deux sexes dans la fonction publique),

 

- la durée de vie active a baissé de sept ans depuis 1970…  l’espérance de vie a augmenté de sept ans. Nous entrons quatre ans plus tard sur le marché du travail et nous partons trois ans plus tôt,

 

- la durée moyenne des pensions était de 18,15 ans en 2008, avec un avantage de 3,23 ans pour les femmes,

 

- À 35 ans, un ouvrier a neuf ans d’espérance de vie de moins qu’un cadre,

 

- 20 % de jeunes de 16 à 25 ans sont au chômage. Ce sont essentiellement les moins qualifiés sans maîtrise des savoirs de base et des codes sociaux indispensables,

 

- les jeunes commencent tardivement leur vie professionnelle. Dans les années soixante-dix  ils s’intégraient quatre ans plus tôt,

 

- le montant  moyen des pensions (tout compris) était de 585,03 euros en 2008 (le niveau de vie médian se situe aujourd'hui à 1470 euros -*- . (Source : Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006, Insee.)

 

Les retraites du privé se paupérisent, elles perdent un demi-point par an. Un cadre perçoit aujourd’hui en moyenne 65 % de son dernier salaire brut ; d’après les projections, ce serait plutôt 40 % en 2040.

 

Des observations :

 

- les entreprises régulent leurs effectifs par les préretraites... en reportant les coûts sur la collectivité ,

- elles marginalisent leurs "seniors", ne les envoyant plus en formation après 45 ans, jugeant  l’investissement non rentable,

 - nous sommes le pays d’Europe où l’activité cesse le plus tôt,

 

 

Le fait de vouloir à tout prix maintenir l'âge de la retraite à 60 ans pour tous comme de vouloir systématiquement l'augmenter, sont deux postures également hypocrites qui ne tiennent pas compte des faits et des observations rapportées ci-dessus, qui sont connues de tous les experts.

 

Je ne pense donc pas qu'un point de vue de gauche à propos des retraites, consiste simplement à s'arc-bouter sur un chiffre qui ne veut plus rien dire et qui est au contraire porteur de beaucoup d'inégalités.

 

Ce que devrait obtenir en priorité l'opposition de gauche dans les négociations qui vont suivre ce sont deux garanties :

 

- que chaque retraité du public comme du privé puisse obtenir une retraite décente c'est à dire au moins égale au SMIC,

 

- que la durée des cotisations soit fonction de la pénibilité du travail accompli. Il existe des bonifications pour les années passées à l'étranger (j'en ai bénéficié), il devrait y avoir des bonifications pour les années travaillées dans des conditions difficiles (le critère pourrait être l'espérance de vie dans les différentes catégories ou branches de salariés).

 

Comment atteindre ces deux objectifs ? Je pose des questions naïves :

 

- les grandes entreprises qui peuvent offrir des salaires faramineux à leurs dirigeants (voir EDF/Veolia, Danone, L'Oréal, Total, Renault, Michelin... où les salaires sont supérieurs à 2 millions d'euros) ne pourraient elles pas prendre en charge les retraites de leurs salariés ?

 

- Ne pourrait-on interdire le licenciement des cadres de plus de 55 ans (sauf bien sûr pour faute professionnelle), au seul motif de l'âge (ne s'agit-il pas d'ailleurs d'une discrimination punie par la loi) ?

 

- Ne pourrait-on pas imposer un taux minimum de salariés de plus de 50 ans dans toute entreprise de plus de 100 salariés ?

 

- Pour les jeunes, toutes les années de stage et de formation, à partir de 16 ans, dans le secteur public et le secteur privé, ne pourraient elles pas être incluses à taux plein comme années travaillées et les cotisations correspondantes prises en charge par les formateurs ?

 

Enfin une remarque fondamentale : dans le domaine de la formation tout au long de la vie, de la reconnaissance et de la validation des acquis de l'expérience nous sommes mauvais, voire très mauvais. Par exemple combien de formations bidons payées à prix d'or à des entreprises qui se contentent de mettre leurs stagiaires à la photocopieuse. J'ai des exemples.

 

Les entreprises et l'Etat patron doivent être bien davantage mis à contribution pour assurer des formations tout au long des carrières permettant à la fois au salarié de progresser au niveau de la  rémunération, de se réorienter - donc de rester plus longtemps en activité- et finalement de bénéficier de meilleures retraites.

 

Certes il doit exister un âge limite, variable en fonction des branches (pourquoi pas 55 ans pour un maçon, 60 ans pour un professeur du secondaire et 68 ans... pour un employé des eaux et forêts !) au delà duquel l'arrêt de l'activité doit être possible avec une retraite à taux plein. Mais quoi sert d'exiger le maintien "des 60 ans" pour tous si cela conduit à une paupérisation généralisée des retraités !

 

Etre de gauche ce n'est pas se gargariser de slogans et bercer d'illusion ses concitoyens, c'est avant tout défendre un principe d'égalité -donc d'équité -en faisant en sorte que la collectivité assure à tous -séniors compris- des ressources décentes.

 

-*- : niveau de vie = revenu global de la famille/nombre d'UC (unité de consommation). Décompte des UC : premier adulte = 1 ; 0,5 pour les membres de la famille de 14 ans et plus, 0,3 pour tous les autres. Ainsi un couple qui gagne 3000 euros par mois avec un enfant de plus de 14 ans et un enfant de moins de 14 ans à un niveau de vie de 3000/2,3 = 1304 euros. Il se situe en dessous du niveau de vie médian.

 

 

 

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sam

16

jan

2010

La politique des postures et les imposteurs

 

Il y a bien longtemps que je ne regarde plus les émissions politiques à la télévision, ni les journaux télévisés. Tous les matins, à l'heure du laitier, je fais ma revue de presse : régionale, nationale et parfois internationale. Croiser les points de vue et la relation des faits, est devenu indispensable au moment où les radios, télévisions (avec peut-être un bémol pour canal plus) et une large partie de la presse française sont devenus les organes officiels de la présidence de la République.

 

Ce qui m'a beaucoup plu ces derniers jours c'est la bouffonnerie (dont j'ai eu connaissance par la presse) mise en scène sur France 2 par la rédactrice en chef de l'information, Arlette Chabot, le ministre de l'immigration, Eric Besson et le socialiste caméléon Vincent Peillon, car voila une magistrale illustration de ce qu'est devenu la politique en France : une politique des postures, mise en scène par des imposteurs !

 

Politique des postures : ce débat sur "l'identité nationale" dont le seul but est de rapatrier dans le giron sarkozyste les électeurs de l'extrême droite à l'approche des élections régionales.

 

Politique des postures : ce débat sur le port du voile intégral  (*)-dont se moque sans aucun doute 90% des français (de souche ou d'ailleurs)- qui agite le microcosme politicien de droite et de gauche et dont l'objectif est le même.

 

Politique des postures : les prises de position de certains caciques du PS, je pense bien entendu à cette pantalonnade de Peillon, mais aussi aux prises de position de Manuel Valls, de Ségolène et de quelques autres, dont le dessein n'est que de se placer au mieux pour la prochaine présidentielle.

 

Les imposteurs ont bien sûr pour leader le président lui-même, qui passe son temps à nous faire prendre des vessies pour des lanternes et dont l'agitation frénétique à tout propos (et souvent hors de propos), tente de masquer la répétition des échecs dans tous les domaines, y compris sécuritaire.

Derrière lui on se bouscule ; au PS comme chez Bayrou on veut nous faire croire que l'on est au chevet de cette France mal en point, quand crinière au vent on piaffe en attendant le départ de la course au titre suprême.

 

Quant à ces pseudo journalistes faux-culs de France Télévision et d'ailleurs, qui se disent scandalisés par le coup d'éclat de Vincent Peillon, on aimerait qu'ils aient le même courage face à la main mise du pouvoir sur leurs rédactions et les multiples rappels à l'ordre ou humiliations que Nicolas Sarkozy et ses séides leur infligent.

 

 Imposture, imposture, imposture...

 

Pendant ce temps la dette de la France se creuse et devient vertigineuse . Nous léguons à nos enfants un fardeau écrasant.

 

Pendant ce temps le gouvernement est en train de mettre fin au principe de la séparation des pouvoirs avec la suppression des juges d'instruction qui livre les clés de la justice au pouvoir exécutif.

 

Pendant ce temps les banques se refont une santé éclatante tandis que le chômage prospère et que la sécurité sociale part en lambeaux. La santé à deux vitesses ce n'est pas pour demain, c'est pour tout de suite (forfaits hospitaliers, déremboursements, dépassements d'honoraires systématiques par les spécialistes...).

 

Mme Chabot,  organisez un débat sur la dette de la France, un débat sur la séparation des pouvoirs, un débat sur la médecine à deux vitesses, un débat sur les banquiers qui jubilent et les français qui chôment, en y invitant, non des imposteurs, mais des experts compétents et honnêtes... alors peut-être -comme beaucoup de français- je regarderais vos émissions.

 

(*) : il me semble qu'il suffirait de rappeler que dans l'espace public tout citoyen doit pouvoir être identifiable et donc se présenter à visage découvert.

 

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jeu

14

jan

2010

Virus H1N1 : premières leçons à propos de la pandémie

 

Selon le Dr Thierry Blanchon du réseau Sentinelles Inserm, le nombre de cas de grippe A  est «passé sous le seuil épidémique depuis deux semaines». La semaine dernière, l’incidence des syndromes grippaux vus en consultation de médecine générale a été estimée à 130 cas pour 100 000 habitants, en dessous du seuil épidémique (182 cas pour 100 000). Le nombre de cas de grippe A était d'environ 144 000 la semaine passée.

 

Il est donc temps de tirer les premières leçons scientifiques (et non uniquement politiques comme on le fait en France) de cette pandémie. C'est ce que fait fort bien la plus sérieuse et la plus prestigieuse revue scientifique -Nature- dans l'éditorial de sa dernière livraison (Lessons from a pandemic : Vol 463 | Issue no. 7278 | 14 January 2010). J'en extrais les principaux points :

 

1 - Ce qui est positif

 

- l'administration de la santé publique au Mexique a le mérite d'avoir promptement alerté le monde, dès l'apparition des premiers foyers, et d'avoir agit pour ralentir la propagation de la maladie en dépit des effets économiques catastrophiques pour le tourisme,

 

- les chercheurs du monde entier ont librement partagé et ont publié des données dans les domaines de la génétique, de la virologie et de l'épidémiologie du virus H1N1. La plupart des agences de santé nationales et internationales ont réagi vite et communiquaient en direct avec les médias et le public, presque en temps réel. La transparence de l'US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) à Atlanta, en Géorgie mérite aussi d'être soulignée.

 

- Informer le public sur la nature et la gravité de la maladie
a été un énorme défi à relever
, en particulier lorsqu'il s'agissait d'expliquer
les incertitudes entourant la gravité de l'épidémie et la pathologie
du virus,  dans l'ensemble cela a été correctement réalisé,

- dans ce contexte pandémique il était difficile de ne pas dramatiser la menace et de démystifier les individus et organisations qui cherchaient à semer le doute (sans fondement) à propos du vaccin. Dans l'ensemble le grand public a bien réagi.

 

NDLR : la nécessité d'une éducation de masse à propos de la santé et des pandémies est une évidence.

 

2 - Les points inquiétants

 

- les prévisions concernant la disponibilité des vaccins étaient beaucoup trop optimistes. Cela met en évidence une carence technologique importante : le recours à un petit nombre des fournisseurs, utilisant la même méthode de culture du virus dans des œufs ; un processus qui prend environ six mois pour arriver à une production de masse.
La propagation de la grippe H1N1 à l'échelle mondiale était une affaire de semaines. Ceci souligne la nécessité de développer des vaccins innovants, permettant des délais d'exécution plus brefs.
Des mesures gouvernementales incitant les laboratoires à mettre au point une alternative à la production à base d'œuf, sont nécessaires (*).

 

- plus inquiétant : l'analyse du virus H1N1 suggère que cette nouvelle souche circulait chez les porcs depuis près d'une décennie, et avait sans doute affecté l'homme bien des mois avant qu'elle ne soit virulente au Mexique. Que le repérage n'est pas été fait plus tôt est inacceptable. Les autorités sanitaires doivent accroître la surveillance pour les nouvelles maladies à potentiel pandémique.


- le danger est maintenant que cette pandémie, relativement modérée, crée
un faux sentiment de sécurité.
La réalité est que la prochaine
fois nous pourrions ne pas être aussi chanceux - d'autant qu'une fois de plus
la population des pays en développement,  n'avait accès ni aux vaccins ni aux médicaments antiviraux
.

 

En conclusion les gouvernements et les scientifiques feraient bien de redoubler d'efforts pour renforcer nos dispositifs de défense et se préparer à une pandémie plus grave.

 

Si l'on devait résumer l'article de Nature on pourrait donc dire que dans l'ensemble la communauté scientifique, les politiques et le grand public ont bien réagi dans le cadre d'une pandémie modérée -pour l'instant- mais qu'il est impératif de se préparer à une pandémie beaucoup plus grave (sans doute inéluctable) car dans ce domaine de la santé l'anticipation est fondamentale.

 

Sur le plan politicien franco-français, je pense que le gouvernement Sarkozy, qui peut être accablé sur bien des sujets, n'a pas fait pire que beaucoup d'autres (à l'exception peut-être de la mise à l'écart des médecins généralistes). En matière de santé, d'environnement... le principe de précaution est fondamental.

 

Quant à l'aspect financier sous-jacent, il est surtout lié au modèle économique dans lequel nous vivons, qui laisse les Etats à la merci de grands groupes industriels... y compris en matière de santé publique.

 

(*) Le laboratoire Baxter est le seul à avoir utilisé une technologie de culture sur cellules Vero (Celvapan® : vaccin inactivé, virion entier, cultivé sur cellule Vero, sans adjuvant), alors que les autres laboratoires utilisaient les œufs embryonnés pour cultiver le virus.


« Cette technique de culture sur cellule Vero – il s’agit d’un procédé breveté qui utilise des cellules de rein de singe vert africain – permet de travailler sur des souches virales entières. Aucun besoin de les transformer. Cette technologie permet de multiplier en laboratoire la souche virale A(H1N1), sans ajout de sérum animal. Le rendement de production est ainsi plus élevé. »

 

 

 

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dim

10

jan

2010

Camus

J'ai regardé avec beaucoup d'intérêt les trois émissions à propos de Camus que je signalais sur la page d'accueil de ce site. Elles se complétaient et donnaient je crois une image assez fidèle de l'homme et de l'œuvre. 

 

Combien de nos concitoyens de moins de trente ans lisent aujourd'hui Camus ? On dit pourtant que l'auteur de L'Etranger est l'écrivain français contemporain le plus lu dans le monde.

Ce que j’ai apprécié le plus chez Camus c'est naturellement le volet sur l'absurde, les considérations sur le bonheur et aussi  une qualité d'écriture exceptionnelle.

Aux plus jeunes, je conseillerais de lire, après (ou avant) L'étranger, Noces (suivi de l'Eté), petit recueil écrit en 1936 (il a 23 ans) d'où j’extrais ceci :

 

"Je me souviens du moins d’une grande fille magnifique qui avait dansé tout l’après-midi. Elle portait un collier de jasmin sur sa robe bleue collante, que la sueur mouillait depuis les reins jusqu’aux jambes. Elle riait en dansant et renversait la tête. Quand elle passait près des tables, elle laissait près d’elle une odeur mêlée de fleurs et de chair. Le soir venu, je ne voyais plus son corps collé contre son danseur, mais sur le ciel tournaient les taches alternées du jasmin blanc et des cheveux noirs, et quand elle rejetait en arrière sa gorge gonflée, j’entendais son rire et voyais le profil de son danseur se pencher soudain. L’idée que je me fais de l’innocence, c’est à des soirs semblables que je la dois. Et ces êtres chargés de violence, j’apprends à ne plus les séparer du ciel où leurs désirs tournoient."

 

Albert Camus, Noces, (L’Eté à Alger)

 

"Tous ceux qui aujourd'hui luttent pour la liberté combattent en dernier lieu pour la beauté. Bien entendu, il ne s'agit pas de défendre la beauté pour elle-même. La beauté ne peut se passer de l'homme et nous ne donnerons à notre temps sa grandeur et sa sérénité qu'en le suivant  dans son malheur. Plus jamais nous ne serons des solitaires. Mais il est non moins vrai que l'homme ne peut se passer de la beauté et c'est ce que notre époque fait mine de vouloir ignorer. Elle se raidit pour atteindre l'absolu et l'empire, elle veut transfigurer le monde avant de l'avoir épuisé, l'ordonner avant de l'avoir compris. Qui qu'elle en dise , elle déserte ce monde. Ulysse peut choisir chez Calypso entre l'immortalité et la terre de la patrie. Il choisit la terre, et la mort avec elle. Une si simple grandeur nous est aujourd'hui étrangère."

 

Albert Camus, L'Eté (1948)

 

Camus : un ami qui me voulait du bien

 

Il y a 50 ans aujourd'hui -4 janvier 2010- mourait Albert Camus, victime d'un banal accident de la route à bord de la voiture de sport de son éditeur. Il revenait d'un petit village du Lubéron que je connais bien, Lourmarin. Il y repose aujourd'hui au sein d'une modeste tombe où, selon les saisons, fleurissent verveines, lavandes ou romarins.
Cette semaine la télévision parlera beaucoup de Camus : ce soir sur Arte à 23h05, mercredi 6 janvier sur France 2 à 20 h 35, avec un téléfilm de Laurent Jaoui, sobrement intitulé " Camus" puis jeudi 7 sur France 5 à 20 h 35, avec une édition spéciale de La Grande Librairie de François Busnel.

 

Les hommes de ma génération étaient sommés de choisir entre Sartre et Camus. Je n'ai jamais choisi ou plutôt je fus camusien après avoir lu ses édito du journal Combat (et notamment celui où, seul, il dénonçait l'utilisation de la bombe atomique au Japon), ses premiers romans ou essais (L'étranger, Noces, Le Mythe de Sisyphe, La Peste, l'Eté) puis sartrien, sans doute philosophe plus solide et surtout militant plus engagé contre les guerres coloniales. J'ai fini par trouver l'opposition ridicule et j'ai choisi dans chacun ce qui me convenait.

 

Mais surtout j'ai aimé l'homme Camus, son parcours, sa droiture, ses faiblesses, son intelligence, ses souffrances... Camus c'était un ami qui me voulait du bien !

 

Je reproduis ici le début d'un magnifique article de Libé qui correspond exactement à mes sentiments envers Camus :

 

Camus, mort à 46 ans, c’est un ami. Ou plus exactement : un homme qui fait prendre l’intelligence en amitié. Ce n’est pas simple : l’ami a des défauts, des raideurs, un orgueil facilement blessé que son intelligence met à nu. Il arrive que sa rigueur épuise notre bêtise, notre insouciance, notre paresse morale : il a toujours raison, il est toujours sincère et, comme si ça ne suffisait pas, sur la photo, c’est toujours le plus beau. Sans doute faut-il être très jeune pour le suivre, ou déjà vieux pour l’accompagner. Il y a une époque de la vie, entre 20 et 50 ans, où l’on se croit trop malin, trop subtil pour Camus...

 

La suite ICI.

 

 

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dim

03

jan

2009

2010

Je n'ai jamais vraiment apprécié l'époque des vœux. C'est toute l'année que je souhaite à ma famille, à mes proches, à mes amis, une vie meilleure. C'est toute l'année que je voue aux gémonies les malotrus cyniques et incompétents qui nous gouvernent aujourd'hui...

La solennité sied mal à la sincérité...

 

Pour moi chaque fin d'année m'incite au contraire à regarder en arrière.

 

Sur le plan politique 2009 a tenu toutes ses promesses !

En France avec ce pitoyable débat sur l'identité nationale, avec le vote d'une loi sur l'audiovisuel qui permet au chef de l'état de nommer directement les patrons des chaînes de radio et de télévision du service public -comme chez Poutine ou dans les républiques bananières-, avec le dispositif Hadopi visant à contrôler la Toile -heureusement sérieusement amendé par le Conseil constitutionnel-, avec une taxe carbone qui exonérait les plus gros pollueurs... cette fois complètement rejetée par le même Conseil qui décidemment est la seule instance en mesure de brider le pouvoir absolu du monarque agité et parano qui dirige ce pays.

 

Nous n'avons en effet plus de parti d'opposition, le PS n'est qu'un ectoplasme avec une multitude de condottieri aux petits pieds qui se pressent aux portes du pouvoir. Le conglomérat écologiste profite de l'air du temps pour faire illusion aux élections ; il n'a ni doctrine, ni programme de gouvernement, ni leader crédible. Le NPA de Besancenot  joue perso et se déchire, les amis d'Arlette sont rentrés dans la clandestinité. Aux régionales je voterai pour le Front de Gauche, j'y connais des gens honnêtes et sincères... c'est toujours ça !

 

A l'étranger l'état de grâce d'Obama n'aura duré que 6 mois. Soumis aux pressions internes et externes il est en recul sur tous les fronts : renoncement face à Israël  et à sa politique de colonisation qui conforte les extrémistes du Hamas, enlisement en Afghanistan alors que tous les observateurs, y compris militaires, jugent la guerre (contre qui ?) perdue, renoncement dans la lutte contre l'effet de serre face aux lobbies industriels qui a conduit à l'échec à Copenhague... Un succès cependant sur le plan intérieur avec l'adoption de son projet (sérieusement amendé) de réforme du système de santé.

 

L'échec de la conférence sur le climat est sans doute l'évènement le plus important pour notre planète. Malgré l'agitation de quelques scientifiques, en mal de publicité, il est avéré que l'essentiel du réchauffement climatique observé aujourd'hui est d'origine anthropique (disons que 95% des publications de rang A et la quasi totalité des académies des grands pays scientifiques ont un consensus sur ce point). Le vœu des conférenciers de limiter à deux degrés ce réchauffement (ce qui ne permettrait que de limiter les dégâts) n'est accompagné d'aucune mesure concrète. Les moulinets dans le vide d'un Sarkozy, plus ridicule que jamais, n'auront abouti qu'à exaspérer les autres européens qui savent que sans l'aval de la Chine et des USA rien n'est possible. Les pays pauvres sont repartis dépités vers leur misère ; on leur a fait l'aumône de quelques dollars. Cela suffira-t-il à apaiser les pêcheurs dont les lacs sont asséchés, les paysans qui ne peuvent plus labourer leurs terres et qui vont rejoindre les bidonvilles à la périphérie des mégapoles gigantesques  qui se constituent en Afrique et en Amérique du sud ?

 

Sur le plan économique une année noire... sauf pour les banques remises en selle par les contribuables et qui ont repris sans tarder  leurs activités délétères.

Mais demain tout ira mieux nous dit notre président, nous sommes les meilleurs... les chômeurs et les travailleurs pauvres apprécieront. Remarquons que chez nos voisins allemands, la chancelière, décidemment bien courageuse, promet au contraire à ses concitoyens, de la sueur et des larmes !

 

Sur le plan sportif on retiendra que désormais la fin justifie les moyens, que le pas vu pas pris est érigé en dogme, que notre équipe de foot a eu la main heureuse faute de savoir se servir de ses pieds. L'essentiel c'est de participer !

 

Heureusement la France est un pays de culture (c'est tout ce qui reste quand...). Grâce à Patrick de Carolis  j'ai découvert à la télé, sur les chaînes publiques, des choses étonnantes : de grands classiques, quelques opéras et ballets somptueux, des téléfilms et des documentaires de grande qualité.

Le cinéma aussi se porte bien ; j'ai bien vu une dizaine de films qui m'ont comblé. Mais si je devais n'en retenir qu'un, ce serait le dernier Woody Allen (le plus français des réalisateurs américains !), sans doute pas le meilleur, mais un de ceux qui m'a le plus touché, qui m'a en tout cas confirmé que ce Woody qui nous accompagne depuis 40 ans est un sacré bonhomme. Curieusement sa vie (l'amour des très jeunes et très jolies femmes, l'angoisse, l'engagement) et son œuvre (le burlesque, la dérision, le désespoir même...) me renvoient à Chaplin.

 

Je cherche le bouquin récent que j'ai eu du mal à lâcher ; je n'en vois qu'un : le "Mazarin" de Simone Bertière (paru en 2007),  une biographie irréprochable et honnête d'un mal aimé, étranger d'extraction fort modeste, haï de la noblesse et du peuple. Dévoué au service du trône et du futur Louis XIV, aimant (et aimé par) une reine de France -Anne d'Autriche- qu'il sauva lors de la Fronde...tout en accumulant en un temps record une fortune inégalée.

J'ai préféré lire ou relire quelques classiques, dont le Dictionnaire philosophique de Voltaire :

 

"Je suis comme certains hérétiques : ils commencent à proposer modestement quelques difficultés, ils finissent par nier hardiment de grands dogmes (rubrique "Air", section II).

 

Une seule (bonne ?) résolution pour 2010 : je continuerai ce blog et développerai ce site.

Pourquoi, pour qui ? Pour tous les jeunes à qui l’ont veut faire croire que le temps n'est que de l'argent, que l’accomplissement d’un homme (d’une femme) ne se juge qu’à l’aune de sa réussite matérielle,  que la culture est l'apanage d'une élite, que le passé n'est que la construction d'une nation, que l'Autre n'est qu'un intrus, qu'il est inutile de penser puisque d'autres le font si bien pour eux...

Pour convaincre, avec mes très modestes moyens, ces jeunes, que je côtoie depuis tant d'années, que " La liberté commence où l'ignorance finit". Ce n'est pas moi qui parle c'est Victor Hugo.

 

 

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lun

21

déc

2009

Après nous le déluge !

 

      Le fiasco de Copenhague c'est la victoire des lobbies industriels, des pays riches, des politiciens à courte vue, ... une variation sur le thème "Après nous le déluge" !

 

A Copenhague,  les climato-sceptiques ont fait le sale boulot en donnant un alibi aux gouvernants des pays riches et des munitions à ceux pour qui la préservation de notre environnement pèse peu face à la logique implacable du profit.

 

 

Côté français, Claude Allègre étant définitivement grillé, les climato-sceptiques s'appuient maintenant sur son ami Vincent Courtillot, directeur de l'Institut de Physique du Globe de Paris. Vincent Courtillot, que j'ai connu comme directeur des enseignements supérieurs, est en effet un scientifique respectable dans son domaine (la géophysique), numéro 2 de la triplette de géologues de l'Académie des Sciences qui comprend son mentor, Claude Allègre, et Jean-Louis Le Mouël .

 

De façon moins abrupte, plus argumentée, plus habile que l'ancien ministre, Vincent Courtillot défend en fait la même thèse : les émissions de gaz à effet de serre peuvent être tenues pour secondaires dans le réchauffement climatique actuel. En conséquence il serait ridicule d'entraver le développement industriel nécessaire pour le bien être de nos concitoyens...

Il est évident que ce discours enchante les lobbies industriels (en particulier américains), qui citent abondamment cette fameuse triplette ! Il faut noter que les recherches de V.Courtillot sont en parties financées par Total et Schlumberger, ce qui, sans mettre en cause l'intégrité du chercheur, ne peut être occulté.

 

Sans être véritablement compétent dans ce domaine, j'ai néanmoins lu les principaux arguments publiés par les tenants des deux thèses.

 

Il faut d'abord souligner qu'il y a une énorme disproportion -quantitative et qualitative- entre les partisans du tandem Allègre-Courtillot – extrêmement minoritaires- et ceux qui soutiennent les résultats et simulations du GIEC.

Il faut noter, par exemple, que la très vénérable et très réputée Royal Society britannique présente l'attribution des bouleversements actuels "aux rayons cosmiques ou au Soleil "comme des "arguments trompeurs mis en avant par ceux qui cherchent à distordre et décrédibiliser les sciences du climat".

 

L'américain, Fred Singer, qui a participé aux travaux du GIEC, fait partie de ceux là. Il est aux USA l'égérie des climato-sceptiques ; à ce titre il est régulièrement cité par Vincent Courtillot.

 

Malheureusement, Fred Singer apparaît aussi comme l’une des figures centrales des réseaux lobbyistes au service des industries polluantes. Il a été consultant pour de multiples grands groupes industriels dont  GE, Ford, GM, Exxon, Shell, Sun Oil, Lockheed Martin et IBM. Il a également joué un rôle important dans les campagnes de désinformations financées par les cigaretiers américains (Philip Morris ) pour retarder l’adoption de lois anti-tabac, en remettant en causes les résultats des études médicales établissant un lien entre tabagisme passif et cancer.

Le « Science and Environnement Policy Project » (SEPP), qu’il dirige, s’est également mobilisé dans les années 1990 pour nier la dangerosité de l’amiante, des pesticides, ou la réalité du trou de la couche d’ozone, et le SEPP a été partie prenante de l’élaboration d’un plan d’action contre le Protocole de Kyoto organisé et financé par l’industrie pétrolière.

 

Singer et Allègre ont donc à peu près le même profil : ce sont tous les deux des adversaires résolus de tout ce qui s'apparente au principe de précaution ; rien ne doit entraver le développement industriel, les découvertes scientifiques ne peuvent que contribuer au bonheur de l'humanité dans ses prolongements technologiques.

 

Vincent Courtillot mène donc, avec quelques autres, un combat douteux contre l'écrasante majorité des scientifiques (qui ne sont pas tous des écologistes hystériques !) qui sont convaincus que les émissions actuelles de gaz à effet de serre (méthane, dioxyde de carbone...) font courir à la planète, à court terme, un danger mortel.

 

 

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lun

07

déc

2009

Copenhague : dernière chance ?

 

 

Pour de nombreux scientifiques la messe est quasiment dite : notre planète subira dans le siècle à venir des dommages irréparables du fait des activités anthropiques. Pour d'autres, il est encore possible de limiter le désastre en prenant immédiatement des mesures drastiques visant à limiter nos émissions de gaz à effet de serre.

Les résultats du sommet de Copenhague seront donc décisifs pour les générations futures et l'avenir de la planète (de moins en moins) bleue.

 

Les optimistes voient des signes très positifs dans le fait que la Chine, le Brésil, l'Inde... aient très récemment pris conscience du danger et fait part de leur volonté d'agir, que l'Indonésie, un des plus gros émetteurs de CO2, ait décidé de limiter sa déforestation… et surtout que le président des Etats-Unis (qui n'a pas ratifié le protocole de Kyoto) soit présent lors de la clôture des travaux, signe d’un engagement fort.

 

Les pessimistes font valoir que ce sont les pays pauvres qui seront les premiers affectés par le dérèglement climatique, que les lobbies productivistes des grands pays n'ont en rien désarmé, que la crise économique et le chômage qu'elle induit ne sont  pas propices à un redéploiement de l'industrie lourde  et de la production d'énergie...

 

  Je crois qu'il y a plus grave : écologie et capitalisme sont forcément antinomiques et je dirai la même chose du marxisme : pour Marx, l'étape ultime du communisme et la fin de la lutte des classes passent par une société d'abondance qui ne peut résulter que d'un productivisme renforcé.

 

Je ne crois ni à un éco-libéralisme, ni à un éco-marxisme. C'est donc une révolution qu'il faut préparer en imaginant un mode de production et de développement radicalement différent qui assurerait une redistribution des richesses et permettrait aux pays émergents d'accéder à un niveau de vie décent. Autant dire une gageure !

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lun

30

nov

2009

En Suisse il y a quelque chose qui cloche !

 

L'Helvète n'aime pas que l'on touche à ses coffre-forts. Les récentes exigences américaines qui ont contraint les plus grosses banques suisses à montrer  leurs fesses rebondies, a été ressentie comme une intolérable atteinte à "l'identité nationale". Sus aux métèques ! L'"UMP suisse" a donc provoqué ce réferendum destiné à éradiquer un des symboles de sa perte d'identité : les minarets.

En même temps qu'ils proscrivaient le minaret-et sans doute avec le même but identitaire- les Suisses décidaient à une écrasante majorité de continuer à vendre leurs armes (en toute neutralité bien sûr)... histoire de reconstituer leur stock d'argent sale.

 

La Suisse est un géant financier, mais aussi le siège de quelques grandes compagnies. Nestlé par exemple qui finance le fameux forum de Davos. Nestlé qui a été maintes fois condamné par le passé pour son comportement en Afrique avec la vente de lait maternisé et qui depuis quelques années a jeté son dévolu sur l'immense marché brésilien avec les mêmes methodes :

Au Brésil, Nestlé se lance à la conquête des consommateurs à revenus modestes, majoritaire dans le pays. Avec des initiatives parfois surprenantes. Près de 150 vendeurs, recrutés dans un bidonville de São Paulo, ont réalisé l'an dernier un chiffre d'affaires de 1,3 millions de dollars. Quand Nestlé se penche sur le sort des pauvres, ce n'est pas pour s'apitoyer mais pour mieux les inciter à consommer... (Nourri-Source).

 

La morale suisse n'est pas non plus atteinte quand quelques milliardaires - entrepreneurs, banquiers, chanteurs, acteurs, sportifs- européens viennent s'installer dans leurs plus beaux chalets pour préserver leur magot de l'impôt. Cela fait partie de l'identité suisse.

 

Comme le titre aujourd'hui le journal suisse "Le Courrier", la Suisse est devenue un laboratoire de l'islamophobie. Une activité malsaine pour le business, certains responsables suisses s'en inquiètent déjà.

Difficile d'avoir le beurre, l'argent du beurre et la crémière !

 

Oublions l'argent, soyons poète...

 

Je me souviens de belles volées de cloches à l'angélus du soir, dans un petit village pyrénéen, de l'appel du muezzin entendu sur la terrasse d'une épicerie en torchis, au coucher du soleil, face au sommet du Toubkal enneigé... Des moments de paix, de sérénité... pour faire oublier les oraisons de Papes ou d'ayatollahs moyenâgeux.

 

Au fur et à mesure que l'homme s'élève vers les cieux, il prend conscience de sa petitesse. Les Suisses ont eu peur de leur petitesse !

 

 

 

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ven

27

nov

2009

Internet et la langue d'Esope

Le NouvelObs.com organise un débat sur son site : faut-il avoir peur d'Internet ?

La Toile n'a pas bonne presse actuellement !

 

 Esope, le génial fabuliste grec, fut acheté sur un marché d’esclave, à Samos, par le philosophe Xantu(o)s. Jean de la Fontaine raconte :

 

Un certain jour de marché, Xantus, qui avait dessein de régaler quelques-uns de ses amis, lui commanda d'acheter ce qu'il y aurait de meilleur, et rien autre chose. "Je t'apprendrai, dit en soi-même le Phrygien, à spécifier ce que tu souhaites, sans t'en remettre à la discrétion d'un esclave." Il n'acheta que des langues, lesquelles il fit accommoder à toutes les sauces, l'entrée, le second, l'entremets, tout ne fut que langues. Les conviés louèrent d'abord le choix de ces mets; à la fin ils s'en dégoûtèrent. "Ne t'ai-je pas commandé, dit Xantus, d'acheter ce qu'il y aurait de meilleur? - Et qu'y a-t-il de meilleur que la langue? reprit Ésope. C'est le lien de la vie civile, la clef des sciences, l'organe de la vérité et de la raison. Par elle on bâtit les villes et on les police; on instruit; on persuade; on règne dans les assemblées; on s'acquitte du premier de tous les devoirs, qui est de louer les Dieux. - Eh bien (dit Xantus, qui prétendait l'attraper), achète-moi demain ce qui est de pire: ces mêmes personnes viendront chez moi, et je veux diversifier." Le lendemain, Ésope ne fit servir que le même mets, disant que la langue est la pire chose qui soit au monde: "C'est la mère de tous débats, la nourrice des procès, la source des divisions et des guerres. Si l'on dit qu'elle est l'organe de la vérité, c'est aussi celui de l'erreur et, qui pis est, de la calomnie. Par elle on détruit les villes, on persuade de méchantes choses. Si d'un côté elle loue les Dieux, de l'autre, elle profère des blasphèmes contre leur puissance."

 

Envoi de Jean de la Fontaine à Monseigneur le Dauphin

 

Il en est ainsi de la Toile, où le pire (actuellement par exemple  une image de Michelle Obama à face simiesque, une multitude de forums pseudo scientifiques, modérés par des charlatans, à propos des vaccins…) côtoie le meilleur (les bilans climatiques convergents à l’approche du sommet de Copenhague, le débat sur la liberté de la presse ici et ailleurs)…

 

Les adeptes du ciseau voudraient couper le fil ou à tout le moins le contrôler. Aucune censure n’a empêché hier les libelles, les rumeurs, les calomnies. Aux éducateurs aujourd’hui à prendre en compte l’outil formidable qu’est Internet et à apprendre à nos jeunes à démêler le vrai du faux, le meilleur du pire.

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mer

11

nov

2009

Français : vos papiers ! (suite et fin)

 

  " Il se trouve autant de différence de nous à nous-mêmes que de nous à autrui." Michel de Montaigne

 

 

Le précédent article de ce blog : « Français, vos papiers ! » a fait exploser les compteurs du site. Son contenu provocateur pour cette catégorie de français dont l’identité se décline effectivement autour de quatre vocables : Dieu, la patrie, le drapeau le chef, m’a valu les honneurs de sites où figurent les postures avantageuses de dignitaires nazis en grande tenue, toutes breloques au vent, et où le président des Etats-Unis est représenté dans des attitudes peu compatibles avec la dignité d’un chef d’Etat.

Ce qui me terrifie le plus dans l’extrême-droite, ce n’est pas l’extrême bêtise de concepts éculés, mais le manque absolu d’humour. Un homme insensible à l’humour est forcement dangereux.

Ayant reçu par le passé quelques missives explicites de certaines de ces officines, où l’on me promettait un sort peu enviable (à l’occasion de l’organisation d’une cérémonie à la mémoire des résistants, déportés, disparus de la dernière guerre… au moment ou la droite locale prenait le contrôle de notre Région avec le Front National), je n’ai pas été surpris par cet accueil.

Comme acte de contrition, je pourrais néanmoins concéder qu’effectivement Louis XIV délaissait parfois ses maitresses pour s’occuper de sa postérité en édifiant Versailles…(et en saignant à blanc les contribuables), que Louis XIII, tout à ses favoris, nomma le plus grand premier ministre de France, Mazarin (malheureusement romano-génois et affublé d’un accent étranger épouvantable), que Napoléon, quand il ne ravageait pas l’Europe, permettait à Cambacérès de finaliser son projet de Code Civil que l’Europe entière nous envia (pour ma part, en ce qui concerne le droit des personnes, j’admire au moins autant La Grande Charte anglaise ou Magna Carta Libertatum -1215 !- et l’Habeas corpus)… etc.

Il faut prendre les caricatures pour ce qu’elles sont…et en sourire.

 

Plus intéressantes sont les critiques qui soulignent de multiples contradictions dans ce texte. Beaucoup confondent en fait identité et identité nationale (puisque vous reconnaissez l’autre dans son identité et son altérité, c’est bien que vous avez votre propre identité !) et  réfutent en fait  tout aspect dynamique au phénomène d’identité (la France éternelle...).

 

Le fait que je cite Mishima parmi mes auteurs préférés est également relevé par beaucoup. Voila un écrivain japonais ultranationaliste, habité toute sa vie par les traditions de ses ancêtres, hanté par la mort et qui achève son existence par un suicide rituel, que j'ose évoquer en parlant de valeurs universelles.

Je conseille à ceux- là de lire par exemple « Les confessions d’un masque », « Le tumulte des flots » et « Le pavillon d’or » pour prendre conscience du ridicule qui consiste à assimiler Mishima (qui rata le prix Nobel parceque qu’il s’effaça devant son ami et ainé Kawabata) à un écrivain nationaliste japonais. C’est aussi stupide que d’assimiler Tolstoï à un auteur régionaliste russe !

 

Pour en finir je livre à la méditation de ces contradicteurs cette réflexion de Philippe Descola, professeur au Collège de France, qui a succédé à Claude Lévi-Strauss à la tête du laboratoire d'anthropologie sociale, à propos de l’œuvre de son prédécesseur (grand pourfendeur de la notion d’identité nationale) qui vient de nous quitter :

 

Les sociétés se construisent une identité, non pas en puisant dans un fonds comme si on ouvrait des boîtes, des malles et des vieux trésors accumulés et vénérés, mais à travers un rapport constant d'interlocution et de différenciation avec ses voisins. Et c'est cette double expérience, personnelle et politique d'un côté et d'ethnologue de l'autre, qui l'a conduit [Lévi-Strauss] à récuser et vivement critiquer l'accaparement, par des Etats, de l'identité nationale.

 

 

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mar

03

nov

2009

Français : vos papiers !

 

« La France se nomme diversité » Fernand Braudel

« Je ne veux pas que l'autre soit le même, je veux que l'autre soit autre » Charles Péguy

« Car je est un Autre » Arthur Rimbaud

 

Quand j’entends l’expression « identité nationale » je sors ... ma carte d’identité nationale… et c’est à peu près tout !

 

Le plus important aujourd’hui ce n’est pas la cristallisation des identités nationales, mais au contraire la reconnaissance de l'autre, à la fois dans son identité et dans son altérité.

 

Mon identité je la retrouve dans la quête du parcours de mon père, du père de mon père, des ancêtres de ma mère qui pendant des siècles sont restés dans un tout petit périmètre d’un canton du sud-ouest. Français de souche donc descendant de Charlemagne (par un escalier de service ), cela me fait une belle jambe !

 

Ma nation : façonnée par des guerriers sanguinaires (Clovis, les croisés, Napoléon…), des rois fous ou érotomanes (Charles VI, Louis XIV, Louis XV), des illuminées (Jeanne d’Arc, Bernadette…), des minables (Dagobert, Louis XIII, Louis XVIII, Doumergue, Chirac), des séniles (Pétain)… Je n’ai que faire d’une nation qui s’est forgée au fil de l’épée.

 

La France, je l’ai aimée avec Ronsard, Da Vinci, les cathédrales, Montaigne, Pascal, Montesquieu, Voltaire, Diderot, Hugo, l’abbé Grégoire, Condorcet, Lavoisier, Le Serment du jeu de paume, Pasteur, Zola, Delacroix,  Courbet, Manet, Cézanne, Picasso, Louis de Broglie, le musée du Louvre, le Front populaire, Prévert, Sartre, Camus, Jacques Monod,  la Résistance, le Vercors…

 

 Je l’admire quand je découvre l’Affiche Rouge, que je lis la Déclaration  des Droits de l’Homme et du citoyen… Mes héros sont ceux qui en France ont porté haut les valeurs universelles… Des valeurs que j’ai retrouvé chez les savants et philosophes anglais, les humanistes (Erasme ou Thomas More),  les musiciens allemands et autrichiens, dans la voix déchirante d’Oum Kalthoum, dans la peinture de Goya, Velasquez, Giotto, Botticelli, Rembrandt, Vermeer, Van Gogh, dans la flamboyance des palais vénitiens ou florentins, dans les vestiges grecs, romains, byzantins, les palais orientaux, le musée du Caire, les grottes de Lascaux , les peintures rupestres du Sahara, en lisant Faulkner, Tennessee Williams, Tolstoï, Albert Cohen, Garcia Marquez, Beckett, Mishima, Darwich, Averroès, Laâbi, Primo Levi…Avant d’être français je fais partie de l’humanité.

 

Je la déteste quand elle affiche un chauvinisme étroit, prend le visage de politiciens médiocres qui caressent toujours la bête immonde dans le sens du poil pour asseoir leur pouvoir en exaltant un nationalisme imbécile qui a dévasté l’Europe pendant des siècles.

 

Je l’exècre quand je lis Barrés, Maurras ou Céline.

 

Quand j’ai posé ma main sur le sein d’un amour de jeunesse au nom fort compliqué, j’ai senti battre le cœur d’une femme qui ressemblait beaucoup à celui de Marie Dupont que j’étreignais des lustres plus tard.

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jeu

29

oct

2009

Ombres et lumières

 

Lumières d'automne...

 

«Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la Nature

Convient à la douleur et plait à mes regards ! »

 

 

J'ai rabâché comme beaucoup de lycéens de ma génération ces vers de Lamartine.

 

En admirant ces jours derniers, en Lozère, les jeux de lumière et de couleurs d'un coucher de soleil sur les collines entourant notre vallon, je me demandais s'il ne fallait pas trouver dans ce deuil ancien une preuve de l'évolution du climat !

Le deuil ne sied pas à l’automne.

 

En moyenne montagne, aujourd'hui, l'automne est à son apogée fin octobre. La nature décline alors une symphonie de couleurs, sans équivalent dans l'année, au sein de laquelle chaque essence joue sa partition. Palette de verts dans les pineraies et chênaies : chênes, pins maritimes et à crochets, sapins pectinés et autres résineux ;  déclinaison d'une infinité de jaunes, d'ocres et de pourpres au cœur des hêtraies, châtaigneraies et chênaies caducifoliées : chênes pubescents, aulnes glutineux, bouleaux verruqueux, châtaigniers, érables à feuilles d’obier, cytises, hêtres, peupliers....

A chaque heure du jour, l'inclinaison du soleil, souligne de nouvelles nuances. Son parcours entre les vallons, éclaire et fait disparaitre successivement une infinité de tableaux colorés.

 

Salut derniers beaux jours, l'éclat de la Nature...

 

Sombres perspectives économiques...

 

Comblé par la beauté d'un lever de soleil j'écoutais hier, d'une oreille distraite, un nième débat sur France Culture, à propos des perspectives économiques. Le rappel freudien appliqué à une société «qui régresse vers les mauvais endroits», me fit dresser l'oreille et le sombre pronostic de l'un des intervenants qui annonçait la fin de l'espèce avant cent ans, me détourna des premiers coups de cymbale de la symphonie que j'évoque plus haut.

Les responsables de cette future apocalypse : des acteurs économiques qui n'ont rien compris à la crise et qui repartent comme avant droit dans leurs bottes !

 

Comme éviter ce sort funeste ? Stupeur, j'ai entendu un libéral prôner... des nationalisations bancaires pour moraliser le système financier! Serions-nous revenus au programme commun de 1981?

Un de ses contradicteurs fit remarquer que dans le prix de n'importe quel bien ou denrée, au moins 30% de la somme était aujourd'hui consacrée aux intérêts d'un prêt.

 

Tonalité générale de la conclusion du débat : donner aujourd'hui plus d'argent aux plus fortunés (le bouclier fiscal par exemple) c'est permettre des investissements qui n'ont pour but que le rendement maximal, donc des taux d'intérêts les plus élevés possibles. C'est presser le citron encore plus fort, avec par exemple les épidémies de suicides qui affectent aujourd'hui nombre de grandes entreprises. C'est non seulement une horreur mais aussi une erreur économique.

 

Croire qu'une société se développe uniquement grâce aux riches est donc un principe dépassé.

Pour sortir de la crise il faut au contraire augmenter les salaires, tous les salaires, pour donner du pouvoir d'achat aux véritables consommateurs.

Nous étions là en plein socialisme ! Pas celui des PS français ou européens qui ont bêtement suivi les sirènes libérales derrière Tony Blair, quand tout annonçait le début de la fin, non celui de Jaurès, de Blum... de Bernard Thibaut.

J'ai ensuite regardé le casting de l'émission : il n'y avait pourtant pas un seul marxiste !

 

Sombres perspectives politiques

 

Il fallait s'y attendre : à l'approche de nouvelles échéances électorales, la droite, président en tête, brandit notre identité nationale. Je me suis déjà exprimé sur ce blog et sur le site à propos de  la notion d'identité.

 

Une grande partie de la droite française est toujours Barrès, Maurras, Pétain compatible ; c'est le triste constat que je fais chaque fois que se rouvre ce débat.

Bien entendu le signal a été donné par l'ancien «socialiste » Eric Besson, qui va lancer « un grand débat sur les valeurs de l'identité nationale ».

L'homme de la chasse aux miséreux dans les bois de Calais, des charters qui expédient des réfugiés politiques dans ce havre de paix qu'est Kaboul, est en effet bien placé pour nous faire la leçon sur les valeurs de notre Nation.

 

Je conseillerais à Monsieur Besson de relire quelques manuels d'histoire qui relatent le triste destin de politiciens ayant suivi son parcours.

 

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mer

14

oct

2009

Patrick Couvreur pionnier des nanomédicaments

 

Le workshop « Aquitaine Conference on Polymers 2009 / Excellence today and tomorrow » réunit actuellement à Arcachon les plus grands spécialistes dans le domaine des polymères. Dans ce cadre, la conférence grand public  "Les médicaments de demain"  proposée par le Pr Patrick Couvreur (Paris-Sud-Orsay), ce jeudi 15 octobre, montrera le chemin parcouru dans le domaine des nanomédicaments.

 

Les progrès de la recherche dans cette partie des nanosciences sont en effet significatifs, malgré les nombreux obstacles de tous ordres qui ont pu parfois décourager certains chercheurs (voir sur ce site l'article "De Démocrite aux nanosciences").

 

En témoigne le parcours de Patrick Couvreur, lauréat cette année du prix Galien de la Recherche Pharmaceutique, qui donnera en 2010 un cours au Collège de France (chaire d’Innovation Technologique). Sa leçon inaugurale « Les nanotechnologies peuvent-elles contribuer à traiter des maladies sévères » aura lieu le 21 janvier prochain.

 

Patrick Couvreur a enseigné à l’Université Catholique de Louvain avant sa nomination de professeur à Paris-Sud-Orsay, en 1984. Il est actuellement directeur du Groupement de Recherche du CNRS "Vectorisation d'Oligonucléotides antisens".

 

 C’est un pionnier de la vectorisation puisque qu’il a été le premier à montrer qu’il était possible d’utiliser des capsules submicroscopiques, d’une centaine de nanomètres pour promouvoir la pénétration intracellulaire de médicaments.

 

L’adressage de molécules à visées  thérapeutiques vers l’organe, le tissu ou la cellule malade, constitue en effet un défi majeur pour le traitement de nombre de pathologies, en particulier infectieuses, cancéreuses ou d’origine génétique.

 

De nombreux principes actifs présentent des caractéristiques physicochimiques peu favorables au franchissement des barrières biologiques qui séparent le site d’administration du médicament de son site d’action.

 

D’un autre côté ces molécules se heurtent aux  barrières enzymatiques qui provoquent leur dégradation et métabolisation rapides.

 

 L’obtention de concentrations efficaces au niveau du site d’action ne peut donc se faire qu’au détriment d’une importante déperdition du principe actif vers d’autres tissus ou cellules, ce qui occasionne des effets toxiques importants et parfois rédhibitoires (cas des agents anticancéreux).

 

Le développement de nanotechnologies dans le domaine des vecteurs de médicaments a donc  pris un essor considérable au cours des dernières années.

 

En 1979, P. Couvreur prépare les premières nanoparticules biodégradables à partir d’un  polymère métabolisable. Son équipe a alors pu associer à ce nouveau vecteur biodégradable plusieurs agents anticancéreux, comme la doxorubicine. L’efficacité de ces nanovecteurs a été démontrée sur plusieurs cancers expérimentaux (métastases hépatiques et leucémies).

 

Les résultats obtenus à propos de l’hépatocarcinome sont particulièrement intéressants :

 

Le traitement de l’hépatocarcinome se trouve entravé par le fait que les principes actifs contenus dans les médicaments se heurtent à un mécanisme de défense (détoxication) qui les empêche de rentrer dans la cellule cancéreuse pour la tuer. Nous avons réussi à encapsuler, grâce à des polymères, des nanoparticules biodégradables qui sont invisibles pour la défense de la cellule cancéreuse. On trompe la cellule. On a d’abord développé cette découverte sur des animaux de laboratoire, et nous sommes actuellement en phase 2-3 des essais cliniques. Interwiew P. Couvreur

 

Des nanotechnologies de deuxième génération permettent maintenant de délivrer de manière spécifique des molécules actives au niveau de tumeurs cérébrales ou de maladies auto-immunes entraînant des réactions inflammatoires au niveau de certains tissus du cerveau.

 

En collaboration avec l’équipe de C. Malvy (IGR, Villejuif), il a montré que l’encapsulation d’un oligonucléotide antisens ou d’un petit ARN interférent (siRNA), orienté contre un oncogène de jonction permettait de traiter efficacement un modèle expérimental du sarcome d’Ewing. Il est remarquable de noter que lorsqu’il n’est pas encapsulé, le même oligonucléotide/siRNA n’a pas d’activité sur cette tumeur pédiatrique qui résulte de la fusion de deux gènes localisés sur des chromosomes différents. Cette observation ouvre des perspectives nouvelles dans le domaine de la manipulation génétique pour le traitement du cancer.

 

La découverte la plus récente de l’équipe de P. Couvreur repose sur l’observation fortuite que le couplage du squalène à des analogues nucléosidiques («squalénisation») aboutit systématiquement à des molécules plus actives et qui s’auto-assemblent spontanément sous forme de nanoparticules (de 60 nm à 300 nm) en milieu aqueux (2). Ces nanosystèmes peuvent donc être administrés par voie intraveineuse. Ce concept a déjà été appliqué à deux analogues nucléosidiques à activité anticancéreuse et à trois analogues nucléosidiques à activité antivirale (dont l’AZT). Des résultats spectaculaires ont été obtenus in vitro sur culture de cellules et in vivo sur différents cancers expérimentaux.

 

Les nanovecteurs balayent aujourd'hui un large spectre ; les publications foisonnent et les projets en développement concernent  une grande partie du champ thérapeutique des maladies sévères -maladie d'Alzeimer ou traitement de l'arthrose par exemple- (3).

La préparation de vaccin via les nanotechnologies fait également l'objet d'efforts importants.

 

Ces recherches transdisciplinaires ouvrent des perspectives thérapeutiques radicalement nouvelles en mettant les nanotechnologies au service de la découverte de nouveaux médicaments.

 

(1)    Patrick Couvreur a aussi été le 5ème lauréat français, en 50 ans, de la « Host Madsen Medal » qui est la plus haute distinction remise par la Fédération Internationale Pharmaceutique (FIP).

(2)    Le squalène, précurseur de la biosynthèse du cholestérol, adopte en milieu aqueux une conformation compacte qui lui permet d’entrer dans la poche hydrophobe de l’enzyme(i.e. oxidosqualenecyclase).

(3) Pour pallier aux effets secondaires d'infiltrations de corticostéroïdes,  il a été  proposé d'utiliser des microparticules co-encapsulant un anti-inflammatoire stéroïdien, l'acétate de dexaméthasone, et des nanoparticules d'oxyde de fer superparamagnétique (SPIONs) comme vecteurs intra-articulaires. Piégée dans la matrice polymérique, la dexaméthasone est libérée graduellement, évitant ainsi la formation de cristaux dans l'articulation. De plus, de par les propriétés magnétiques des SPIONs, les microparticules sont retenues dans l'articulation à l'aide d'un aimant externe, réduisant ainsi leur clairance.

 

 

Un petit clin d’œil à mon fils Thomas, qui soutiendra dans les semaines qui viennent une thèse à propos de "prodogues issues de siARN modifiés".

 

Plus d'informations : Conférence de P. Couvreur, Canal U

 

 

 

 

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lun

12

oct

2009

Prix Nobel de chimie 2009 : au coeur du monde ARN

 

A propos de l'origine de la vie, j'ai abordé l'hypothèse d'un monde ARN, antérieur au monde ADN que nous connaissons aujourd'hui. L'actualité scientifique met en lumière ces macromolécules essentielles du vivant (1).

 

En effet, le prix Nobel de chimie 2009 a été attribué à l'Israélienne Ada Yonath (Institut des sciences Weizmann, Jérusalem), à l'Américain d'origine indienne Venkatraman Ramakrishnan (Laboratoire de biologie moléculaire, Cambridge) et à l'Américain Thomas Steitz (Institut médical Howard Hugues, Université de Yale, Etats-Unis) pour des  travaux portant sur la structure et le fonctionnement des ribosomes, des acteurs essentiels de la synthèse des protéines.

 

Le ribosome est un complexe macromoléculaire ARN-protéines responsable de la synthèse protéique dans la cellule. La masse moléculaire d'un tel complexe est considérable : environ 2,7 Mega Daltons pour les procaryotes et 4,5 Mega Daltons pour les eucaryotes (ce qui représente plusieurs centaines de milliers d’atomes).

 

Le ribosome est comparable à une usine à protéines. Il permet à la fois de lire l'ARN messager (c'est-à-dire, en quelque sorte, le messager de notre information génétique) et de le traduire afin de fabriquer la protéine correspondante.

 

La synthèse des protéines à partir de l’information codée par les gènes s’effectue en deux étapes et fait intervenir des machines moléculaires complexes constituées de plusieurs composants. La première étape, appelée transcription, est effectuée par l’ARN polymérase dont le rôle est de fabriquer des ARNs messagers homologues au gène à exprimer. La deuxième étape, la traduction, convertit l’information séquentielle contenue dans les ARN messagers en protéines. Celle-ci est réalisée par le ribosome.

La traduction est un phénomène d’une extrême complexité : le ribosome comporte deux parties qui doivent s’assembler très précisément au site d’initiation de la synthèse protéique; les acides aminés (qui constituent les maillons de la protéine) doivent être amenés sur le ribosome et être assemblés selon l’ordre déterminé par l’ARN messager; puis lorsque le signal adéquat apparaît sur l’ARN messager la synthèse doit se terminer aussitôt.


Pour réaliser toutes ces tâches, le ribosome est assisté de nombreuses protéines et dispose à sa surface de différents sites fonctionnels : site actif où sera formée la liaison peptidique, sites de liaison pour les protéines qui apportent les acides aminés et sites d’interactions pour des protéines qui aident le ribosome à débuter ou à finir la réaction. Par ailleurs la réaction s’accompagne de mouvements : le ribosome se déplace par rapport au messager de manière synchrone à la réaction de synthèse et il se déforme de manière coordonnée à chaque cycle d’addition.

Pour comprendre le mécanisme de la synthèse des protéines, il faut donc décrypter le mode de fonctionnement du ribosome et étudier sa structure tri-dimensionnelle dans différents états du cycle réactionnel. Parmi toutes les méthodes de détermination de structure de protéines disponibles, seule la diffraction des rayons X permet de déterminer la position des atomes, mais son champ d’application était  réduit aux protéines cristallisables.

 

Ces dernières années, des études fondées sur la diffraction de cristaux aux rayons X, sur la résonance magnétique nucléaire et sur la cryomicroscopie électronique ont permis d'obtenir une résolution à l'échelle atomique de la structure du ribosome bactérien et donc de comprendre les bases moléculaires de la synthèse des protéines.

 

Ces travaux, qui ont été couronnés par le prix Nobel (2),  semblent confirmer  que l'ARN ribosomique joue un rôle prépondérant dans la structure du ribosome ainsi que dans la formation de la liaison peptidique et le décodage du code génétique.

 

Ces résultats ouvrent la voie à la conception de nouveaux antibiotiques dirigés contre le ribosome bactérien et à d'autres thérapeutiques ayant pour cible la synthèse protéique.

En effet, environ la moitié des antibiotiques utilisés en thérapeutique (disposant de l'AMM) ont pour cible le ribosome bactérien. Ces antibiotiques se répartissent en plusieurs classes, de nature chimique et de mode d'action différents, mais la plupart interagissent avec l'ARN ribosomique.

 

La compréhension de l'action du ribosome doit aussi permettre à terme de mieux comprendre les mécanismes de création des êtres vivants.

 

(1) Présentation de l'Université de Sherbrooke sur la structure et les fonctions de l'ARN ICI

(2) Il faut noter qu'une équipe française aurait pu être associé à cette récompense. Cela n'enlève rien à la qualité de leurs travaux. La course au Nobel se joue parfois au finish !

 

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mar

29

sep

2009

Sale temps pour Claude Allègre

 

Avec le sens de la mesure qu'on luit connait Claude Allègre a déclaré récemment  : "Nicolas Hulot est un imbécile. C'est une honte qu'il soit devenu le gourou de l'écologie. Il envoie les gens rouler à vélo et lui fait ses affaires en hélicoptère."

 

Le score des écologistes aux élections européennes, a en effet fait perdre à l'ancien socialiste un maroquin qui lui tendait les bras ... et il enrage !

 

Cependant Claude Allègre est un chercheur de haut niveau. Ceux qui mettent en doute ses qualités de chercheur font fausse route. Ses travaux en géochimie ont été consacrés par les plus hautes distinctions nationales et internationales :

 

  • le prix Crafoord, la plus haute distinction en géologie, qui est souvent comparée à un prix Nobel dans cette discipline.

  • la médaille d'or du CNRS, la plus haute distinction scientifique française,

 

Il est membre de l'Académie des sciences française et de la National Academy of Sciences, l'Académie des sciences américaine.

 

Par contre, Claude Allègre est un piètre gestionnaire (voir l'affaire du BRGM), un piètre politique et un provocateur qui frise parfois l'inconscience.

 

Claude Allègre est en guerre contre le principe de précaution, "un frein à la recherche et au développement économique".

 

Est-ce le fait d'avoir été ridiculisé par un pur autodidacte (Haroun Tazieff) en 1976, quand il préconisait, lors du réveil du volcan la Soufrière en Guadeloupe, l'évacuation d'urgence de la population par crainte d'une éruption avec nuées ardentes, alors que Haroun Tazieff avait diagnostiqué à juste titre une éruption phréatique ?

 

Il s'est donc opposé au désamiantage du Campus de Jussieu (pour être intervenu plusieurs fois à Jussieu, je peux témoigner de l'état particulièrement lamentable de certains locaux et l'omniprésence de l'amiante à découvert dans plusieurs bâtiments) susceptible d'entraver le bon fonctionnement de gros laboratoires de recherche.

 

Il faut cependant savoir que cette posture face au principe de précaution fut, jusqu'à une époque assez récente, celle de nombreux directeurs de grand laboratoires, notamment en chimie, où beaucoup de jeunes chercheurs ont été conduit à préparer leur thèse dans des conditions d'insécurité totale avec une exposition continue à de nombreux produits hautement toxiques voire cancérogènes (j'ai vu par exemple des séparations par chromatographie liquide réalisée en milieu ouvert avec des litres de benzène !). Il était fort mal vu alors de se protéger (perte de temps, perte d'argent). Nombreux sont ceux qui ne sont plus là pour en témoigner.

 

Son combat aujourd'hui, toujours au nom de la lutte contre le principe de précaution (« une arme contre le progrès »), consiste à nier que les activités anthropiques soient majoritairement responsables du réchauffement climatique. Le fait que sa théorie soit essentiellement exposée dans des hebdomadaires grands publics comme l'Express et principalement soutenue par deux de ses proches et condisciples (Jean-Louis Le Mouël et Vincent Courtillot, également membres de l'Académie des sciences) nuit évidemment beaucoup à sa crédibilité.

 

Certes le réchauffement climatique et les modifications climatiques en général ont de multiples origines ; l'histoire mouvementée de notre planète en témoigne.

 

Cependant des conclusions de quasi consensus ont été rendues par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Son dernier et quatrième rapport, auquel ont participé plus de 2 500 scientifiques de 130 pays affirme que la probabilité que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d'origine humaine est de plus de 90 %.

 

Ces conclusions ont été approuvées par plus de 40 sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l'ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés.

 

Les mesures terrestres de température réalisées au cours du XXe siècle montrent une élévation de la température moyenne. Ce réchauffement se serait déroulé en deux phases, la première de 1910 à 1945, la seconde de 1976 à aujourd'hui. Ces deux phases sont séparées par une période de léger refroidissement. Ce réchauffement planétaire semble de plus corrélé avec une forte augmentation dans l'atmosphère de la concentration de plusieurs gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d'azote.

 

L'élévation de la température moyenne du globe entre 1906 et 2005 est estimée à 0,74 °C (à plus ou moins 0,18 °C près), dont une élévation de 0,65 °C durant la seule période 1956-2006.

La température moyenne planétaire de 2001 à 2007 est de 14,44°C soit 0,21°C de plus de 1991 à 2000. À ce rythme l'augmentation est de 2,5°C en 100 ans.

 

Évidemment de nombreux hommes politiques, pilotés par les lobbies de grands groupes industriels, en particulier américains, opposés à la signature du protocole de Kyoto, ont produits des contre-expertises faisant notamment apparaître un certain nombre de biais dans les méthodes d'analyse du GIEC.

Cependant selon une étude publiée dans la revue Science par une historienne des sciences, Naomi Oreskes, l'analyse de 929 résumés d'articles scientifiques sélectionnés dans une base de données à l'aide des mots clés « climate change » et publiés entre 1993 et 2003, montre qu'aucun d'entre eux ne remettait en cause le consensus défini par le GIEC. Depuis cette étude a été elle même contestée, mais seulement à la marge.

 

Claude Allègre, qualifié par certains de ses pairs de l'Académie de révisionniste,  est donc très isolé. Néanmoins cette querelle d'experts est beaucoup plus complexe que ce que les journaux rapportent et mérite mieux que les diatribes d'un savant atrabilaire.

 

 

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jeu

24

sep

2009

Le bonheur (2) : pourquoi les Français sont-ils si malheureux ?

 

 

« La vérité c'est qu'on peut raconter toutes sortes d'histoires à travers les indices du bonheur mais, aussi étayées qu'elles puissent être, elles restent des constructions de l'esprit »

 

Claudia Senik, économiste

 

« La démocratie française n’est pas fatiguée de mouvement, elle est fatiguée d’immobilité »

 

Jean Jaurès

 

Mais pourquoi les français sont-ils si "malheureux" ?

 

Rappel : selon l'enquête, sur le bonheur réalisée en 2006 par un chercheur de l'université de Leicester (Adrian White), le Danemark est le champion du bonheur ! Quatre pays nordiques sont dans les 8 premiers : Danemark, Islande, Finlande et Suède ; les USA sont 23ème, le Royaume-Uni, 41ème et la France... 62ème !

 

La faute à notre côté râleur (voir ce blog !)... c'est bien connu nous sommes insatisfaits, méfiants, cyniques... peut-on lire dans un article du Monde Mag... (voir l'article précédent : Le bonheur au pays des Vikings ).

 

L'héritage d'un empire romain politiquement autoritaire en miroir d'une société viking très égalitaire comme le suggère le sociologue néerlandais Ruut Veenhoven ?

 

La conjonction d'un système politique à bout de souffle et d'un modèle économique dépassé ?

 

Le livre (l'enquête) de Yann Algan et Pierre Cahuc, La Société de défiance, publié en 2007 dans le cadre des travaux du CEPREMAP, dirigé par Daniel Cohen, donne quelques pistes. (*)

 

Le CEPREMAP dépend du ministère de la Recherche, il assure l'interface entre le monde académique et les décideurs publics et privés. L’École Normale Supérieure, le CNRS, le Centre d’analyse stratégique, la direction générale du Trésor, l’INSEE, les ministères du Travail, de l’Équipement, de la Santé, de la Recherche, la Banque de France... participent à l'élaboration des 5 programmes choisis :

Politique macroéconomique en économie ouverte ; Travail et emploi ; Économie publique et redistribution ; Marchés, firmes et politique de la concurrence ; Commerce international et développement.

 

Il faut noter que près de cent chercheurs du Campus Jourdan de l’École Normale Supérieure de Paris sont impliqués dans les travaux du CEPREMAP ; c'est une garantie de sérieux !

 

Le sous-titre de cet l'ouvrage : Comment le modèle social français s'autodétruit, justifie-t-il « le malheur » des français, le sombre pessimisme que plusieurs études récentes ont mis en évidence ?

 

Dans leur avant-propos les auteurs font un constat :

 

Depuis plus de vingt ans, des enquêtes menées dans tous les pays développés

montrent que les Français, plus souvent que les habitants des autres pays,

se méfient de leurs concitoyens, des pouvoirs publics et du marché. Cette

défiance va de pair avec un incivisme plus fréquent dans des domaines

essentiels au fonctionnement de l’économie et de l’État-providence...

 

... analysent l'origine de cette défiance :

 

Nous montrons néanmoins qu’ils ne constituent pas un trait culturel immuable. L’étude de l’évolution des attitudes sociales sur la longue période révèle que le civisme et la confiance mutuelle se sont dégradés après la Seconde Guerre mondiale.

 

... et ses causes :

 

Nous soutenons que c’est le mélange de corporatisme et d’étatisme du

modèle social français qui suscite la défiance et l’incivisme. En retour, défiance

et incivisme minent l’efficacité et l’équité de l’économie, et entretiennent

l’étatisme et le corporatisme...

 

Ce constat est étayé par des chiffres, des courbes et des graphiques... issus d' Enquêtes du World Values Survey (WVS) ou de l’International Social Survey Program (ISSP), qui posent des questions harmonisées à des milliers d’individus dans un grand nombre de pays depuis plusieurs décennies.

 

J'ai sélectionné quelques enquêtes qui étayent sans ambiguïté les propos des auteurs :

 

1) Part des personnes qui répondent

« Pour arriver au sommet, il est nécessaire d’être corrompu »

 

Norvège : 13%, USA : 22%, Royaume-Uni : 25%, France : 52%... Russie : 88%

 

2) Part des personnes qui déclarent n’avoir :

« aucune confiance » en la justice

 

Danemark : 2,2%, Allemagne : 7%...France : 19% (précédée uniquement par les turcs... et les belges)

 

3) Part des personnes qui déclarent n'avoir :

  1. « aucune confiance » dans le parlement.

 

Norvège et Danemark : 4%, Allemagne : 16%, France : 25% (20ème sur 24 pays classés)

 

4) Part des personnes qui déclarent n’avoir :

« aucune confiance » dans les syndicats.

 

Pays nordiques moins de 10%, France plus de 25%

 

5) Part des personnes qui répondent à la question :

« En règle générale, pensez-vous qu’il est possible

de faire confiance aux autres ou que l’on est jamais assez méfiant? »

 

Norvège, Suède, Danemark : oui entre 60 et 70%

Japon, Canada et USA, oui entre 40 et 50%

France : oui, 22% (24ème rang sur 26, précédant uniquement le Portugal et la Turquie).

 

Pour frapper les esprits, les auteurs enfoncent le clou en proposant une confrontation France-Suède qui montre, par exemple, qu'un Français a 29 % de chances de moins de déclarer faire confiance aux autres qu’un Suédois de même sexe, même âge, même éducation, même revenu, même religion et même orientation politique.

 

Pire : qu'un Suédois célibataire, catholique, sans diplôme et sans emploi fait, en moyenne, beaucoup plus confiance à ses concitoyens qu’un Français marié, protestant, diplômé du supérieur et percevant de hauts revenus !

 

Inutile de continuer, la messe est dite... nous voyons des ennemis potentiels partout ! Cela rappellera aux plus anciens le temps de l'occupation où les murs avaient des oreilles (expression qui a trouvé un écho plus sympathique en mai 68 avec les murs ont la parole).

 

Comment peut-on être heureux dans un pays où -si l'on considère ces chiffres- on se défie de sa justice (il est inutile d'évoquer la police !), de ses représentants politiques et syndicaux, de ses concitoyens et où, pour réussir, il faudrait souvent payer ou coucher !

 

Pour étayer leur thèse, Algan et Cahuc vont montrer que cette « Société de défiance » s'accompagne d'un incivisme presque revendiqué, comme l'illustre de façon éloquente les réponses à la question suivante :

 

Part des personnes qui déclarent :

« trouver injustifiable d’acheter un bien dont on sait qu’il a été volé ».

 

Danemark : 89%, Norvège : 85%, Suède : 83%, USA : 78%, Italie 74%, Espagne : 71 %... France : 63% (en avant-dernière position devant le Mexique 59%).

 

Sommes-nous plus malhonnêtes... ou moins hypocrites ?

 

La question suivante devrait nous éclairer :

 

Part de personnes qui déclarent :

« trouver injustifiable d’accepter un pot-de-vin dans l’exercice de ses fonctions »

 

Danemark : 92%, USA : 83%, Italie 73%, France : 58% (dernière devant le Mexique).

 

Pour établir un comparatif entre le civisme des citoyens d'un grand nombre de pays les auteurs ont choisi de commenter Le comportement des diplomates français à New York à partir de l'étude réalisée par R. Fisman et E. Miguel

 

Sont comparés, par exemple, le respect des règles de stationnement des milliers de diplomates en service aux Nations unies, provenant de cent quarante-six pays différents au cours de la période 1997-2005. Bien que tous les diplomates bénéficient de la même immunité, leur propension à enfreindre la loi diffère fortement selon leur pays d’origine.

 

Lorsque les cent quarante-six pays sont classés par ordre décroissant du nombre d’infractions par diplomate, la France se situe au 78e rang, avec une moyenne de 6,1 infractions, en compagnie de l’Inde et du Laos. Les seuls pays d’Europe de l’Ouest qui devancent la France en nombre d’infractions sont l’Italie au 46e rang (14,6 infractions), l’Espagne au 52e rang et le Portugal au 68e rang.

 

Par respect pour Anne Sinclair, nous n'évoquerons pas ici « la conduite inadéquate » du président français du FMI qui, outre le mini bar, avait installé un divan confortable dans son somptueux bureau. Cela ne nous regarde pas !

 

C'est une affaire entendue : l'incivisme des français est patent.

Et l'Etat ne montre pas l'exemple ; en témoigne, par exemple, le parc automobile ahurissant des ministres français en ces temps de crise...

 

Le constat étant établi on peut se poser la question de l'origine de tels comportements : innés ou acquis ?

 

Les auteurs répondent sans hésiter que croire qu’un atavisme nous pousse à nous défier de tout, sans qu’aucun élément objectif ne justifie une telle attitude est une interprétation erronée, car la confiance évolue au cours du temps.

 

« Nous avons en effet vu que la confiance héritée des Français s’était dégradée

au cours du XXe siècle et surtout après la Seconde Guerre mondiale. En

particulier, la confiance envers les institutions de la sphère publique s’est

fortement érodée au cours des dernières décennies. Le déficit de confiance

des Français n’est donc pas une donnée intangible. »

 

Corporatisme et étatisme voilà les deux "ismes" qui sont en cause pour les chercheurs du CEPREMAP :

 

« Ce déficit de confiance est intimement lié au fonctionnement de l’État et du modèle social. Après la Seconde Guerre mondiale, le modèle social français s’est construit sur des bases corporatistes et étatistes. Le corporatisme, qui consiste à octroyer des droits sociaux associés au statut et à la profession, institutionnalise la segmentation des relations sociales. Il crée un enchevêtrement de dispositifs

particuliers à chaque corps qui favorise la recherche de rentes et entretient

la suspicion mutuelle.

L’étatisme, qui consiste à réglementer l’ensemble des domaines économiques et sociaux dans leurs moindres détails, vide le dialogue social de son contenu, entrave la concurrence et favorise la corruption.

 

Personnellement j'adhère complètement à cette analyse.

 

Faut-il donc en finir avec L'état-providence ? La réussite des danois tranche avec le marasme français. Pourquoi ?

 

Le modèle français

 

Dans Les Trois Mondes de l’État-providence, G. Esping-Andersen distingue

trois types d’États-providence : le modèle conservateur, le modèle social-démocrate et le modèle libéral.

 

« Selon cette classification, l’État-providence français est conservateur, car il cultive les distinctions de statuts et la hiérarchie entre individus. Les dépenses sociales dans ce type d’État sont généralement élevées. Mais elles ont pour but premier de préserver les statuts afin de renforcer un ordre social traditionnel. Les États-providence conservateurs sont donc généralement associés à un fort corporatisme et à un fort dirigisme. »

 

L’État-providence français mis en place après la guerre, mais largement inspiré

par le régime de Vichy, est fondé directement sur ces deux caractéristiques.

 

Concernant le corporatisme les auteurs rapportent une donnée objective en reprenant la mesure utilisée par G. Esping-Andersen, qui se fonde sur le nombre de systèmes publics de pensions de retraite en fonction du statut professionnel.

 

Italie 12, France 10, Allemagne 6, Danemark 2, Irlande 1.

 

Le modèle social-démocrate

 

"Dans le modèle social-démocrate, une part substantielle des richesses est

redistribuée sur la base de principes universalistes et égalitaristes. En ce

sens, la part des dépenses sociales est tout aussi élevée, si ce n’est plus,

que dans les pays dont le modèle social est de type conservateur comme

la France. Mais l’organisation de la solidarité est très différente.

Dans ce contexte, les impôts servent à financer des services publics ouverts à tout citoyen sans discrimination selon le revenu ou tout autre critère, par opposition au mode de financement sur cotisations des pays conservateurs. En conséquence, les pays qui ont adopté le modèle social-démocrate sont aussi ceux où les prélèvements obligatoires sont les plus élevés. En outre, ce système se caractérise par une structure beaucoup plus égalitaire des prestations, avec des ratios entre le niveau moyen des prestations et les prestations maximales beaucoup plus faibles.

Le degré d’universalisme des prestations sociales peut être mesuré par la part de la population en âge de travailler éligible aux assurances sociales de maladie, de chômage et de retraite. La part de la population en âge de travailler éligible aux différentes allocations est élevée dans les pays nordiques tels que le Danemark et la Suède, où elle avoisine les 90 %."

 

Le lecteur qui n'a pas peur des chiffres se reportera directement à l'ouvrage en question.

 

Conclusion

 

Bien sûr ce travail n'est pas neutre, l'organigramme du CEPREMAP (Président : Jean-Pierre Jouyet, principal conseiller économique de N. Sarkozy) en témoigne, et son objectif n'est pas d'améliorer le bonheur des français mais de déterminer les raisons de leur peu d'enthousiasme pour la concurrence et l'économie de marché.

 

Néanmoins il met le doigt sur des handicaps majeurs de notre société et à mes yeux sur le pire : le corporatisme, hérité de Vichy, conforté par nécessité par le gouvernement provisoire du Général de Gaulle à la libération et validé par la réussite économique des Trente Glorieuses.

 

Que le corporatisme soit à l'origine d'une société de défiance nous le voyons tous les jours quand, les agriculteurs (divisés en producteurs de lait, éleveurs, céréaliers, viticulteurs...), les chauffeurs routiers, les médecins, les enseignants, les pompiers, les infirmières, les marins, les cheminots (de la SNCF, de la RATP... eux-même segmentés en contrôleurs, rampants, conducteurs), postiers... chacun leur tour, viennent réclamer justice (combien de luttes solidaires -type CPE- face à ces manifestations catégorielles qui nous dressent les uns contre les autres !), quand nous écoutons, lisons, voyons... tous ces protestataires poujadistes qui déplorent les avantages du voisin, tous ces politiques qui passent leur temps à dresser les corporations les unes contre les autres ou à encourager les lobbies (nous avons ici nos députés du vin, il y a les députés des chasseurs, les députés des restaurateurs, du tabac, des cafetiers…).


Parenthèse historique :

Je rappelle au passage que l'abrogation des corporations a été décidée par la loi Le Chapelier du 14 juin 1791 (sous la Révolution) ! Son préambule affirme qu'il « n'est permis à personne d'inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de coopération ».

 

Bien sûr que des luttes sectorielles sont nécessaires, mais pour être efficaces elles doivent s'inscrire dans un projet plus vaste qui prend en compte l'intérêt général et la solidarité.

 

La faute à qui si, au lieu de réfléchir tous ensemble, sinon à un modèle de société, du moins à une façon d'avancer vers une société plus égalitaire, plus juste, plus solidaire... nous passons notre temps à défendre notre pré carré ?

A nos politiciens (si faibles), à nos syndicats (si étiques), à nos institutions (si monarchiques) ?

 

Est-il si difficile de comprendre que les plus faibles, les moins bien représentés, les plus fragiles... sont forcement les perdants dans la segmentation des revendications. Que le corporatisme fige les injustices et est une aubaine pour un pouvoir distributeur de prébendes... qu'il fait le malheur du plus grand nombre !

 

Certes le bonheur des nations n'est pas strictement corrélé à un modèle économique - l'histoire nous le rappelle cruellement- mais la perénnisation de cette Société de défiance est sans aucun doute un obstacle considérable à l'épanouissement de notre peuple.

 

(*) Je ne commente pas l'opuscule de Jacques Juillard (Le malheur français, paru en 2005), journaliste au Nouvel Obs, qui est surtout une ode au blairisme et au social-libéralisme... la crise qui nous affecte a sans doute tempéré les ardeurs libérales de ce pourfendeur de la gauche !

 

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jeu

24

sep

2009

Le bonheur (1) : au pays des vikings

«On nous fait croire que le bonheur c'est d'avoir des avoirs plein nos armoires» Alain (Souchon)

 

En décembre prochain, c'est à Copenhague, que se jouera -en partie- l'avenir de notre planète : il s'agira de prolonger et surtout d'améliorer le protocole de Kyoto, un des traités fondamentaux de la gouvernance mondiale sur le climat, ratifié par près de 200 états (à l'exception notable des USA !), qui vient à échéance en 2012.

 

Je reviendrai sur les enjeux considérables de la réunion de Copenhague sur ce blog.

 

A l'approche de ce sommet, le Danemark est donc à l'honneur. Le nouveau Monde Magazine (n°1, 19 septembre 2009) fait sa une sur un «Voyage au pays du bonheur» et s'interroge sur les raisons qui font que, selon une étude sérieuse, les danois seraient « les champions du bonheur ».

Dans cette enquête, réalisée en 2006 par un chercheur de l'université de Leicester (Adrian White) , où l'on retrouve 4 pays nordiques dans les 8 premiers (Danemark, Islande, Finlande et Suède), les USA sont 23ème, le Royaume-Uni, 41ème et la France... 62ème !

 

Mais pourquoi les Danois sont-ils heureux ?

 

L'hebdomadaire essaie d'abord de comprendre comment on peut évaluer le bonheur d'un peuple. Il cite Ruut  Veenhoven (grand spécialiste de l'étude du bonheur qui enseigne à l'Université Erasmus de Rotterdam) :

 

« Quand j'étais jeune sociologue une bonne société était une société socialiste, plus tard c'était une société libérale, plus tard une société religieuse... tout ça est idéologique.... La seule chose que l'on peut affirmer, c'est si à un endroit donné les gens vivent heureux ».

 

Ce qui est sûr c'est que la réponse n'est pas seulement dans les indices économiques. Le PIB, qui comme le martèle les altermondialistes n'est qu'une simple mesure de la production, doit-il être remplacé par le bonheur national brut adopté par le roi du Bhoutan (8ème dans le classement de Leicester) dans les années 70 ou par le bonheur intérieur net (BIN) créé par un institut canadien ?

 

Pourquoi donc les danois sont-ils si heureux et les français si malheureux (en tout cas de moins en moins heureux depuis 2001 selon le calcul du BIN établi par le magazine L'Expansion) ?

 

Le modèle économique, cette fameuse flexsécurité à la danoise (qui n'a rien à voir avec le social-libéralisme à la Tony Blair), y est quand même, sans doute, pour quelque chose :

 

L'Etat-providence danois instauré dans les années 30 ne laisse aucun de ses enfants sur la touche, cogère avec les syndicats (taux de syndicalisation : plus de 85%) et emploi 30% de l'ensemble des salariés dans un service public de qualité. Le taux de chômage, avant la crise financière s'établissait à 2% (environ 3,3 aujourd'hui).

 

La flexsécurité c'est certes une plus grande facilité de licencier, mais une bien meilleure prise en charge des chômeurs et des mécanismes efficaces (formation tout au long de la vie notamment) de retour à l'emploi. Les libéraux au pouvoir cherchent évidemment à remettre en cause un modèle fort peu apprécié par les capitalistes locaux et par l'Europe (mais les danois ont refusé l'euro et se méfient comme de la peste de la commission européenne !). Cependant la crise financière les conduit aujourd'hui à la circonspection !

 

L'autre raison avancée, d'ordre sociologique, est plus inquiétante et explique le score considérable (près de 15%) du parti d'extrême-droite aux dernières élections européennes (et sans doute aussi ces fameuses caricatures de Mahomet publiées par les journaux danois).

 

Le Monde magazine rappelle qu'il y a 350 ans, le Danemark était un vaste empire. Sa chance, fit remarquer un historien, fut d'avoir perdu toutes les guerres et de se délester ainsi de toutes ses minorités (Lapons, Suédois, Allemands, Norvégiens...) pour constituer un état d'une incroyable homogénéité culturelle, linguistique et religieuse qui va assurer la prospérité d'un nationalisme coopératif et social.

 

La vague d'immigration des années 80-90 (le Danemark avait le taux d'immigration le plus élevé d'Europe sur cette période) a  mis à mal chez certains ce sentiment d'appartenance à la tribu et provoqué des réactions de rejet. Aujourd'hui le flux d'immigration vers le Danemark est le plus faible du continent...

 

Le parcours du couple Ralf Pittelkow/Karen Jespersen, membres éminents du parti social-démocrate, aujourd'hui respectivement collaborateur et membre du gouvernement libéral, qui ont écrit deux ouvrages très controversés (dont le fameux Islamistes et Naïvistes; un acte d'accusation) sur l'immigration et l'islam, témoigne de l'évolution des mentalités au nord de l'Europe.

 

Beaucoup de danois cependant refusent de se replier sur un nationalisme frileux. Des sociologues rappellent que pour Durkheim la société industrielle moderne passe d'un système de solidarité mécanique (on est solidaire entre semblables) à un système de solidarité organique (on peut être solidaire de personnes différentes de soi).

 

« Le défi aujourd'hui c'est d'apprendre à vivre ensemble dans une société pluriéthnique... Les gens doivent apprendre à être offensés de temps en temps. » conclut le journaliste Fleming Rose qui rappelle que sans l'Etat-providence, avec une mère qui élevait seule trois fils, il n'aurait jamais pu étudier le russe, la sémiotique, la phénoménologie et être là ou je suis.

 

La conclusion de l'article, sur un mode lyrique, se veut optimiste :

 

« Pourtant, quand revient la Saint-Jean et que la Scandinavie entière s'illumine de milliers de feu de joie envoyant aux gémonies des sorcières de pacotille..., Turcs et Pakistanais, étudiantes tatouées et homos végétariens, grands Vikings et femmes voilées se rassemblent autour du bûcher réconciliateur... et affirment que s'ils devaient mesurer leur bonheur sur une échelle de 0 à 10, ils répondraient sans hésiter 10. »

 

Voilà des images que l'on aimerait voir plus souvent !

 

A venir,  Le bonheur (2) : Mais pourquoi les français sont-ils si malheureux ?

 

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sam

12

sep

2009

Halte au (Horte)feux !

Je ne sais si notre ministre de l'intérieur est raciste. Les propos qu'il a tenus publiquement lors  de l'université d'été de l'UMP le sont. Ils ont été filmés par une chaine publique (Public-Sénat) dont le PDG, dans un premier temps, a refusé la diffusion. Le journal Le Monde, qui a mis en ligne cette vidéo, avait été accusé par l'UMP et le gouvernement d'utiliser des images volées, enregistrées à la sauvette avec un téléphone portable, donc tronquées, sorties de leur contexte... La diffusion intégrale du film réalisé par la Chaîne Parlementaire (sous la pression de quelques journalistes) révèle une identité totale avec la vidéo mise en ligne par le journal.

 

Le ministre de l'Intérieur de la République française, Brice Hortefeux, ami intime du président de la République, a donc dit publiquement ceci, en parlant d'un jeune militant d'origine arabe :

 

 "Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."

 

Cette vidéo fait le tour du monde. Elle présente de la France un visage qui me révulse.

 

Dans n'importe quel pays démocratique ce ministre aurait été sommé de démissionner dans les 24 heures. Mais nous sommes en bonapartisme, le CHEF (duce en italien Mme Bruni) ayant décidé de sauver son ami, tous les ministres font les carpettes, les journalistes de la télévision (y compris Audrey Pulvar) regardent leurs chaussures et font croire à une "maladresse".

 

Mais de  maladresse il n'y a point. Il y a bien au contraire la volonté du pouvoir de se rappeler au bon souvenir des électeurs de M. Le Pen à un an des élections régionales.

Avant N. Sarkozy ce message était subliminal,  l'ex maire de Neuilly  a moins de scrupules.

 

La soupe concoctée par le Président de la République en vue des prochaines élections prend donc tournure :

 

- une grosse brassée d'admirateurs du bouclier fiscal,

- une épouse top modèle,

- des journalistes aux ordres, des media sous contrôle,

- une pincée d'écolos pas trop regardant, si possible télégéniques,

- un loi Hadopi pour séduire les artistes milliardaires et leur égérie, Jack Lang,

- un bouquet (défraichi) d'hommes de « gauche » de peu de foi, qui, très affectés par une diète sévère,  cornaqués par un Michel Rocard à la dérive,  un Bernard Kouchner plombé par ses affaires avec le groupe Total et feu le président Bongo, un Claude Allègre abandonné par la météo, sont venus quémander quelques miettes,

- un neveu de Tonton, égérie de la droite hédoniste et de la gauche caviar,

 

- enfin une bonne louche d'orphelins de celui qui considérait les chambres à gaz comme "un détail de l'histoire".

 

Vous secouez énergiquement le tout, vous ajustez l'assaisonnement (un zeste de chasseurs, une pincée de vendéens) et vous servez chaud au français.

 

Ce n’est pas du pistou (ma soupe préférée) mais  une recette pour faire un triomphe dans les urnes.

 

Pour faire quelle politique ? Là n’est pas la  question... le CHEF décidera !

 

NB : je salue mon (ma) premier(e) lecteur (lectrice) californien(ne )qui a passé hier 30 minutes sur le site. Je veux lui dire que j'ai lu le discours d'Obama à propos de la réforme du système de santé américain (et la lettre posthume de Ted K. qui l'encourage). Voila un homme déterminé qui n'a pas besoin de traiter ses concitoyens de "pauvres cons" pour montrer qu'il en a... (du courage) ! En ce moment, il y a des jours où je me rêve américain. Je n'en reviens pas moi même !

 

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mer

09

sep

2009

Algues vertes en Bretagne : après la marée noire… la marée verte !

 

 

J’étais cet été en Bretagne et j’en ai profité pour « me recueillir », à Portsall, devant l’ancre imposante du pétrolier Amoco Cadiz dont le  naufrage, au large des côtes bretonnes, provoqua une marée noire considérée, aujourd'hui encore, comme l'une des pires catastrophes écologiques de l'histoire.

C’était le 16 mars 1978, ce supertanker récent, de 330 m de long, affrété par une filiale de la Standard Oil, s'échouait en face du village de Portsall.

 

Plus tard ce fût le naufrage de l’Erika, affrété par le groupe Total, dont les conséquences écologiques furent dramatiques : près de 300.000 oiseaux sont morts, dont 61 espèces touchées, à l’issu de ce qui  reste la plus grande catastrophe ornithologique mondiale.

 

Malheureusement la pollution en Bretagne ne vient pas que de la mer : elle vient aussi de la terre et les responsables des catastrophes écologiques ne sont pas que les grands pétroliers ; il faut, hélas, y ajouter les bretons eux-mêmes (ou plus exactement leurs agriculteurs).

 

Je fais allusion ici aux marées vertes qui depuis les années 1970 polluent une grande partie du littoral breton.

 

Les côtes bretonnes, surtout  la côte nord, voient se répéter tous les ans à la belle saison, avec plus ou moins d'intensité, le même phénomène de prolifération rapide et d'accumulation d'algues vertes du genre Ulva, appelées communément « laitue de mer », essentiellement des espèces Ulva armoricana et Ulva rotundata (en Bretagne-sud).

 

Ces marées vertes, qui défigurent le littoral, sont aussi redoutables par la toxicité qui peut résulter de leur décomposition. Les faits divers tragiques signalés récemment ne sont pas totalement inédits et pourraient se répéter à plus grande échelle.

 

La prolifération exponentielle de ces algues a fait l’objet de multiples études depuis plus de 20 ans. L’IFREMER notamment a publié des articles qui ne laissent aucun doute sur son origine : les pourcentages de l'origine agricole dans les excédents azotés des bassins versants à ulves varient, à une exception près (près d’une station d’épuration), de 95 à 99% !

 

En effet pour se développer ces algues (comme toutes les autres), ont besoin d'azote et de phosphore. La réserve de phosphore se trouve dans les sédiments du bord de mer. Une réserve qui est énorme et qui peut être libérée au fur et à mesure de la demande.

 

Mais beaucoup de Chlorophycées (algues "vertes" en général) sont des algues nitrophiles (= demandeuses de beaucoup d'azote), et les ulves plus que tous les autres genres.

 

Or l'azote, lui, n’est que  très peu dans les sédiments. C’'est donc le facteur limitant de la prolifération.

 

Sans azote pas de prolifération. Mais l’agriculture bretonne, via les nitrates notamment, fournit sans compter l’azote nécessaire à la formation de ces monstrueuses marées vertes.

 

Le taux élevé de nitrates dans les rivières -dû à l'élevage intensif et aux engrais- est responsable de la prolifération des algues en Bretagne. Ceci n’est plus contesté.

 

Mais que font les pouvoirs publics ???

 

On peut en effet se poser la question ! L’Express.fr du 9 septembre 2009 retrace l’historique du phénomène après avoir souligné que :

 

La filière agricole bretonne représente 7 % de la surface agricole française, mais 50 % des élevages de porcs, 50 % des élevages de volailles et 30 % des bovins. En Bretagne, le taux moyen de nitrates dans l'eau s'élève à 35 mg/l, mais il y a des rivières où ce taux atteint 80 mg/l, alors que la norme de 50 mg/l est déjà considérée comme trop élevée par les défenseurs de l'environnement.

 

Dans la chronologie détaillée établie par l'hebdomadaire, j’ai extrait quelques faits récents :

 

Juillet 1999: un ramasseur d'algues tombe dans le coma; on soupçonnera plus tard l'hydrogène sulfuré produit par la décomposition des algues.

8 mars 2001: la Cour de justice européenne déclare que la France a enfreint la directive sur la qualité des eaux de surface; 37 points de captage dépassent la norme de 50 mg/l de nitrates.

Mai 2001: condamnation de l'Etat par le tribunal administratif de Rennes à la demande de la Lyonnaise des eaux pour manque de vigilance à l'égard des pratiques agricoles polluantes. Poursuivi par des consommateurs protestant contre la mauvaise qualité de l'eau, le distributeur, condamné à verser 251 000 francs aux plaignants, se retourne contre l'Etat.

27 juin 2002: arrêt de la Cour de justice européenne condamnant la France pour non-respect de la directive de 1991 sur la protection des eaux contre la pollution par les nitrates.

Février 2004: Eaux et rivières et trois autres associations portent plainte contre l'Etat qui, selon elles, ferme les yeux sur les élevages dont le nombre de têtes grossit clandestinement et ne contrôle pas le respect des normes d'épandage du lisier par les exploitants.

Juin 2006: le projet de loi sur l'eau présenté aux députés est vidé de sa substance après plusieurs années de lobbying des principaux syndicats agricoles; le principe "pollueur-payeur" est abandonné.

Février-mars 2007: manifestations agricoles contre les mesures proposées  par la préfecture (limitation de la fertilisation azotée sur 9 bassins et réduction des cheptels); les locaux brestois d'Eau et rivières sont saccagés.

Juin 2007: la Commission européenne saisit une nouvelle fois la Cour de justice.

Septembre 2007: nouveau sursis de Bruxelles. La France s'engage à rendre obligatoire, à partir du 1er janvier 2008, le plan "qualité des eaux" initialement basé sur le volontariat.

25 Octobre 2007: l'Etat est condamné à verser 2000 euros de dommages et intérêts à Eaux et rivières de Bretagne par le tribunal administratif de Rennes, en raison de sa responsabilité dans la prolifération des algues vertes.

Juillet 2008: deux chiens meurent brutalement, victimes du gaz exhalé par les algues en baie de Saint Brieuc.

Juillet 2009: le Grenelle de l'environnement promet d'accélérer la réduction de l'usage des phosphates et nitrates voire de réduire leur usage de 40 % d'ici à 2012-2014 sur les zones les plus fragiles.

Août 2009: un maire de la région de Lannion interdit à la promenade une partie du littoral de sa commune après la mort d'un cheval, probablement liée à la concentration d'algues vertes.


20 Août 2009 : au lendemain de la révélation par la presse d'un rapport de l'Institut national de l'environnement et des risques (Ineris) qui confirme la toxicité des algues vertes, François Fillon annonce la création d'un mission interministérielle.

 

Septembre 2009 : un élu des Côtes d'Armor révèle avoir alerté la préfecture après avoir appris la mort d'un salarié qui transportait des algues vertes fin juillet.

 

Voici ce que l'on peut lire dans le rapport de l’INERIS (Institut National de l'EnviRonnement industriel et des rISques), rattaché au Ministère de l’Ecologie, suite aux évènements récents (Etude réalisée le 13 août 2009 à St Michel en Grève (Côtes d’Armor) :

 

 

Composés soufrés identifiés : H2S, mercaptans (thiols) et DMS (diméthylsulfure qui peut lui aussi provoquer des pertes de conscience par déficit en oxygène).

 

En ce qui concerne les produits les plus toxiques, deux zones sont décrites :

 

 

 

- en début de décomposition de la matière organique : teneur importante en DMS et faible en H2S

-en zone de décomposition avancée : forte concentration en H2S, faible teneur en DMS et présence –évidemment-de méthane.

 

La teneur en H2S rencontrée dans les zones de décomposition avancée des algues atteint 1000 ppmv,  il s’agit d’une concentration mortelle en quelques minutes.

 

Il faut savoir que la limite d’exposition professionnelle (LEP) à l'hydrogène sulfuré se situe entre 10 et 15 ppm !

 

L’hydrogène sulfuré (comme le DiMéthylSulfure) est plus lourd que l’air et  peut donc former des  nappes se propageant au niveau du sol. De plus, à de fortes concentrations (supérieure à 100 ppmv), il peut perdre sa très forte odeur caractéristique d’œuf pourri (effet anesthésiant) et donc passer quasiment inaperçu.

 

On sait que ces composés soufrés volatils (CSV) sont essentiellement formés par la décomposition de deux acides aminés soufrés présents en teneur importante dans les algues vertes : la méthionine et  la cystéine. On sait aussi que plusieurs souches de bactéries sont aptes à produire de l’hydrogène sulfuré par le catabolisme de la méthionine et de la cystéine.

 

Pour terminer il suffit de lire la conclusion de l’étude de l’IFREMER intitulée :

Marées vertes en Bretagne : état actuel des connaissances

publié dans les Actes du Colloque : Pollutions diffuses : du bassin versant au littoral

Ploufragan, 23-24 septembre 1999

 

Le constat des marées vertes et la description du phénomène et de ses origines ont été établis depuis une douzaine d'années. L'augmentation des flux de nitrate provenant de l'intensification de l'agriculture bretonne en est la cause. Un modèle mathématique de ces proliférations a été construit et appliqué aux baies de Lannion et Saint-Brieuc. Avec cet outil, il est possible de simuler les effets sur les marées vertes que l'on peut attendre de différents scénarios d'abattement des flux de nitrate, selon les sites d'application.

 

Durant cette douzaine d'années, le phénomène s'est amplifié, et la lutte effective n'a pas dépassé le ramassage.

 

Pour juguler les marées vertes, il est évidemment nécessaire que les efforts de restauration de la qualité de l'eau soient suffisamment intenses pour parvenir à inverser la tendance actuelle à l'aggravation. Jusqu'ici la collectivité a enduré cette atteinte au littoral comme une partie du prix à payer pour le développement d'une agriculture très intensive.

Le simple aménagement de ce système agricole dans une direction plus respectueuse de l'environnement suffira-t-il à redresser la situation, ne serait-ce qu'à long terme ? La question reste posée.

 

Il faut bien constater que 10 ans après RIEN n'a bougé.

 

On ne peut donc s'empêcher de sourire (au mieux) de toute cette agitation autour de la Taxe carbone (dont justement les agriculteurs veulent être exemptés !). Si les deux tiers des français sont hostiles à la Taxe c'est bien sûr du fait de leurs problèmes économiques mais aussi parce que les pouvoirs publics ont perdu -depuis longtemps- toute crédibilité en matière de gestion de notre environnement.

 

NB : voir ICI un document récent de l'IFREMER

 

 

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ven

04

sep

2009

Taxe carbone (2) : démagogues et populistes

 

Quelques courriels vigoureux me rappellent à l'ordre : on ne traite pas sur le mode de la dérision un sujet aussi sérieux que l'écologie ! Certains me rangent illico dans la catégorie infamante des populistes, des démagogues, et -tant qu'à faire- des complices des fossoyeurs de la planète.

 

Évidemment je ne retire pas un mot de mon article précédent et je vais même aggraver mon cas.

 

D'abord qu'est ce qu'un "populiste" ? Voici ce que dit Wikipedia :

 

Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques, critiquant les élites et prônant le recours au peuple (d’où son nom), s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique. Il suppose l'existence d'une démocratie représentative qu’il critique. C'est pourquoi ses manifestations ont réapparu avec l'émergence des démocraties modernes, après avoir connu selon certains historiens une première existence sous la République romaine.

 

plus précisément :

 

Les populistes critiquent généralement les milieux d'argent ou une minorité quelconque (ethnique, politique, administrative etc.), censés avoir accaparé le pouvoir ; ils leur opposent une majorité, qu'ils prétendent représenter. S'ils accèdent au pouvoir, il peut leur arriver de supprimer les formes traditionnelles de la démocratie, au profit d'institutions autoritaires, présentées comme servant plus authentiquement «le peuple».

Des comportements populistes peuvent affecter toutes les activités de la société. Elles peuvent montrer paradoxalement un certain mépris pour le peuple, le vulgus latin, pensé comme la populace, la foule, les masses, le troupeau.

 

Cela me fait froid dans le dos... dans le même sac qu'un Mussolini, un Hitler, un Le Pen... quelle horreur !

 

Et qu'est-ce qu'un démagogue ? Wikipedia encore :

 

La démagogie (du grec demos «le peuple» et ago : «conduire») est une notion politique et rhétorique désignant l'art de mener le peuple en s'attirant ses faveurs, notamment en utilisant un discours simpliste, occultant les nuances, utilisant son charisme et dénaturant la réalité.

Le discours du démagogue sort généralement du champ du rationnel pour s'adresser aux passions, aux frustrations de l'électeur. Il recourt en outre à la satisfaction des souhaits ou des attentes du public ciblé, sans recherche de l'intérêt général mais dans le but unique de s'attirer la sympathie et de gagner le soutien. L'argumentation démagogique est délibérément simple afin de pouvoir être comprise et reprise par le public auquel elle est adressée. Elle fait fréquemment appel à la facilité voire la paresse intellectuelle en proposant des analyses et des solutions qui semblent évidentes et immédiates.

Le terme «démagogie» aujourd'hui est largement perçu avec une connotation péjorative. En effet, l’étymologie du mot grec traduit plutôt le terme «démagogue» comme celui qui éduque, qui conduit le peuple.

La démagogie, même si elle est inhérente à toute démocratie, fausse le jeu d'une conception idéalisée de la démocratie produisant bien souvent des effets contraires à l’intérêt général.

 

Je comprends mieux pourquoi j'ai horreur de la démagogie !

 

Revenons à la taxe carbone. Suite à l'immense succès d'un film remarquable Home (pour lequel j'ai avoué ici mon enthousiasme) et au bon score d'une liste "écolo" aux élections européennes, le pouvoir en place décide d'ajouter un peu de vert à l'arc en ciel de son "programme" (futures élections obligent). Il diligente la mission Rocard (en fait une opération politicienne de débauchage) alors que depuis des années des experts scientifiques de très haut niveau, de différentes spécialités, de tous les horizons, ont établi des simulations éloquentes et irréfutables qui évaluent, à partir de plusieurs modèles de développement, l'impact des activités anthropiques sur la planète.

 

La solution proposée est une nouvelle taxe (qui épargne de très gros pollueurs, comme EDF par exemple) -dite aujourd'hui de "redistribution"- que le pouvoir envisage de fixer à 14 euros la tonne de CO2 émis... quand les experts estiment que pour obtenir un impact réel,  il faudrait multiplier ce chiffre par 4 ou 5. Du sérum physiologique pour traiter un cancer !

 

Au passage, signalons qu'il aurait été important de déterminer si la taxe carbone doit peser sur l'énergie en tant que produit consommé ou sur les objets de consommation produits avec un dégagement, direct ou indirect, de CO2. Car il y a là une une ambiguïté majeure.

 

Bref encore un  bricolage, de type "populiste" (on préfère écouter les représentants incompétents du "bon peuple" plutôt que les experts)  et purement démagogique.

 

Les populistes et les démagogues sont donc ceux qui proposent cette taxe (en fait un impôt injuste sur le principe, irréalisable dans les faits et totalement inefficace), qui va renvoyer aux calendes grecques toute possibilité de réforme profonde de notre mode de consommation, qui consisterait non pas à frapper le consommateur (parfois exsangue), mais à imaginer un modèle de développement radicalement différent.

 

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mar

01

sep

2009

Taxe carbone ou comment faire payer les pollueurs pauvres

 

 

Ségolène Royal dont la "bravitude" n'est plus à démontrer, ne dit pas que des bêtises. Son intervention à propos de la taxe carbone a libéré la parole de politiciens tétanisés par le score de la liste Europe-Ecologie aux européennes et prêts à tout pour capter les voix des écolos aux futures élections.

 Souvent d'ailleurs les interventions de Ségolène me font penser à l'histoire de l'enfant innocent qui ose dire que le roi est nu quand les courtisans se pâment devant la finesse du tissage de son manteau ! Il faut croire que le séjour prolongé en Poitou-Charentes fait oublier l'ENA !

 

De quoi s'agit-il ? Notre président, touché par la grâce écologiste, débauche Michel Rocard et l'envoie sur la banquise. Celui-ci, muni de sa chapka (indispensable à - 40°C après un AVC), constate les dégâts : la banquise fond, les ours polaires ont chaud. Conclusion : taxons les pollueurs. Voila une mission à 100 000 euros qui était effectivement indispensable ! (*)

 

Je me réjouissais imaginant que Total qui a engrangé les milliards de dollars ces trois dernières années par simple effet d'aubaine, ou Areva qui nous fournit de magnifiques centrales nucléaires ou les éleveurs de cochons à qui nous devons les algues tueuses en Bretagne où les tenants de l'agriculture intensive qui nous inondent de pesticides depuis des lustres... etc.... seraient sollicités. Bref, naïf que j'étais, j'imaginais que les gros pollueurs seraient les gros payeurs.

 

Que nenni, le pollueur c'est le salaud de pauvre qui prend sa bagnole pour aller au boulot à 20, 30, 50 kms de chez lui, qui se chauffe au fuel car il n'a même pas pensé à s'équiper de panneaux solaires à 20 000 euros ou d'une pompe à chaleur géothermique au même prix !

 

La taxe carbone c’est encore une fois la main de Bercy dans le portefeuille du consommateur captif, car comme le dit justement Mme Royal, ces tout petits pollueurs n’ont pas d’alternative. Evidemment une ou deux centaines d’euros de taxes supplémentaires n’écorneront pas le pouvoir d’achat des amis de N. Sarkozy (ni le mien) mais pénaliseront les travailleurs pauvres, les chômeurs et une partie de la classe moyenne.

 

Notre planète change et peu à peu passe du bleu au gris foncé. Comme les accrocs au tabac elle aura bientôt (quelques siècles) les poumons anthracite. L'homo politicus lui ne change pas,  il tape où ça lui fait le moins mal : sur les plus faibles.

 

(*) : le secrétaire général de l’ONU (Ban Ki-Moon) est en Arctique

 

NB : le Conseil constitutionnel a invalidé la taxe carbone le 29 décembre 2009. Voici une partie de ses attendus :


" Pour les juges constitutionnels, la taxe carbone, un impôt qui pesait essentiellement sur les ménages, comportait trop d’exemptions, notamment à l’égard des entreprises les plus polluantes. Le texte prévoyait d’épargner les transports aérien et routier de voyageurs, ainsi qu’un millier des sites industriels les plus émetteurs de CO2, comme "les centrales thermiques, les raffineries, cimenteries, cokeries, verreries". "93 % des émissions de dioxyde de carbone d’origine industrielle, hors carburant, seront totalement exonérées de contribution carbone", précise la décision. Ces régimes d’exemption "sont contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créent une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques"."

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lun

24

aoû

2009

Vers une pandémie majeure ?

 

La France, comme tous les pays riches, se prépare activement à faire face à une pandémie grippale liée à la diffusion foudroyante du virus A/H1N1. Les pouvoirs publics mettent notamment en place leur stratégie concernant le maintien des activités éducatives, du primaire au supérieur, car il est certain que si les projections actuelles se vérifient, tous les établissement seront fermés pour une longue durée. Dans les universités on prépare activement des modules d'enseignement à distance, d'autoévaluation... ; pour le primaire et le secondaire le recours à Internet et à la télévision est envisagé.

Il est probable également que toutes les grandes manifestations culturelles et sportives seront durablement affectées.

Dans les grandes entreprises des plans de gestion de la pandémie se mettent lentement en place. Bref, plus que la santé de la population (le virus concerné ne semble pas pour l'instant très virulent) c'est toute l'économie française (et mondiale) qui risque d'être sérieusement affectée. Elle n'avait pas besoin de ça !

 

Pendant ce temps les stocks de vaccin se constituent plus lentement que prévu (*) et il est acquis que la France (comme le reste de l'Europe et les USA) ne disposera de la totalité de sa commande que fin décembre. La stratégie vaccinale de notre pays n'est pas arrêtée. Aux USA il semble que les autorités médicales prévoient une vaccination prioritaire pour les 4-30 ans.

 

Actuellement le Tamiflu est donc l'arme majeure pour combattre les cas graves. Très peu de cas de résistance à cet antiviral ont été signalés. J'ai décrit sur ce blog la synthèse de cette molécule ; vous trouverez ci-dessous son mécanisme d'action.

 

(*) Le premier vaccin sera américain : le 4 août, le laboratoire américain Baxter a annoncé que son vaccin, le Celvapan, n’attendait plus que son autorisation.

 Le groupe pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline a annoncé la semaine dernière avoir commencé des tests en Allemagne sur un vaccin dont les résultats sont attendus le mois prochain et la compagnie pharmaceutique chinoise Sinovac a affirmé le 18 août avoir produit un vaccin, efficace dès la première dose.

Sanofi/Pasteur devrait avoir prochainement l'autorisation de commencer les premiers tests.

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mer

19

aoû

2009

Système de santé américain : Obama en danger

On sait qu'aux USA pour être admis dans les meilleurs centres de soins il faut commencer par présenter sa carte de crédit et prouver sa solvabilité. Le système d'assurance sociale de ce pays est principalement aux mains de compagnies privées côtées en bourse. Les Etats de l'Union ne couvrent (mal) que les plus de 65 ans  et les handicapés (Medicare) et les très pauvres (Medicaid) ; 20% des américains n'ont aucune couverture (la plupart des employés de PME qui ont des petits salaires, les "working poor").

En clair la qualité des soins prodigués est proportionnelle à l'épaisseur du porte-monnaie. Pour beaucoup de citoyens américains la sécurité sociale française est digne d'un régime communiste...

 

Les démocrates, à plusieurs reprises, ont tenté de réformer le système de santé américain. Hillary Clinton avait vigoureusement défendu, avant l'élection de son mari, la mise en place d'une assurance-maladie pour tous. Devant l'ampleur de la réaction des conservateurs et de multiples lobbies, le projet avait été enterré.

 

Lors de sa campagne électorale Barak Obama avait promis de réformer rapidement ce système onéreux, peu efficace et discriminant. Cela a contribué à assurer sa popularité chez les plus démunis, notamment dans la population noire et la classe moyenne inférieure.

 

Dès son élection, le nouveau président a voulu, à marche forcée,  réaliser sa promesse.

La violence de la réaction des ultras conservateurs, montre que la partie n'est pas  gagnée d'avance et qu'Obama met en jeu non seulement sa popularité et sa crédibilité, mais peut-être sa vie.

 

Des affiches, dignes du Ku Klux Kan, le qualifiant évidemment de "sale nègre", de communiste ou même de nazi...,  surgissent un peu partout et de véritables appels au meurtre sont diffusés, notamment par internet.

 

Pour les héritiers des premiers colons, protestants puritains, la richesse, la réussite sociale, sont des dons de Dieu, la pauvreté une malédiction diabolique. Vouloir imposer une  solidarité - riches-pauvres- est un péché qui remet en cause les fondements même de la Nation américaine. Certains sont donc prêts à tout.

 

Que les croyants éclairés prient pour la santé de ce président noir qui défie beaucoup de tabous !

 

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ven

17

jui

2009

Woody Allen for ever

Woody Allen est un homme que désespère notre monde -et particulièrement cette Amérique profonde qu'il abhorre- mais qui sans cesse (et sans illusion) traque le bonheur.

 

Le voici de nouveau à New-York après 4 films à l’étranger. Ce dernier film, Wathever works (traduction approximative : le tout c'est que ça marche), est un bijou, un conte de fées philosophique, où Woody s'adresse directement au spectateur (mais se trouvant trop vieux, il ne joue pas son propre rôle).

 

La vie ne vaut rien, ne sert à rien, le hasard mène la danse, la bêtise humaine est insondable.

 

La preuve : la vie de ce brillant et excentrique savant qui s'exprime pour lui.

 

"Ce génie", professeur de mécanique quantique à Columbia, ayant raté le Nobel d'un cheveu (à cause de la politique), doté d'une épouse belle, amoureuse, intelligente, très cultivée, adorant le sexe, découvre lors d'une attaque de panique qu'il va droit dans le mur.

 

Le voici donc face à nous, dans un café new-yorkais à philosopher avec quelques bohèmes,  vivant dans un taudis, avec les maigres subsides procurés par des leçons d'échec données dans la rue à des gamins copieusement injuriés pour cause de nullité.

 

Et c'est là que le conte de fées débute, quand une adorable plouc de 20 ans (encore une actrice exceptionnelle dégotée par Allen), reine de concours de beauté du Mississipi profond, qui aurait pu concourir au seul Oscar des parties de jambes en l'air, échoue sur son palier.

 

Dès lors la gamine, qui découvre émerveillée ce que c'est que vivre avec un génie, totalement hypocondriaque et mégalo, parle à tout propos (et hors de propos !), d'entropie, de vitesse de la lumière et de protons aux jeunes éberlués qui ne manquent pas de lui faire la cour. En fait on comprendra bien vite qu'elle n'est pas tout à fait dupe.

 

La suite me fait irrésistiblement penser à Théorème de Pasolini (en moins mystique, moins scabreux et beaucoup plus léger) où un étrange visiteur s'introduit dans une riche famille bourgeoise et séduit père, mère, fils, fille et bonne, servant de révélateur d'une existence vaine et futile.

 

Melody ne séduira que le vieux misanthrope et un jeune acteur, mais attirant à New-York ses parents, chrétiens ultra conservateurs, sera à l'origine de spectaculaires conversions.

 

Les détracteurs de l'auteur rediront que c'est verbeux, pontifiant, nombriliste... J'ai trouvé ce conte léger et grave, l'humour -toujours aussi corrosif- intact, l'amour des femmes toujours aussi présent... et j'ai toujours pensé que le nombril de Woody Allen ressemblait furieusement au mien et sans aucun doute à beaucoup d'autres !

 

Le génie pour moi c’est Woody Allen qui à 74 ans est capable de nous offrir un tel film.

 

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mer

15

jui

2009

Passe ton bac d'abord ?

 

Les recteurs, le ministre se frottent les mains.  Objectif atteint : le taux de réussite au bac vient de battre un nouveau record avec 86% d'admis. Mieux, le score du bac S (scientifique) approche les 90% ! On pourrait sourire si cette plaisanterie ne coûtait... 50 millions d'euros ! Combien d'heures de soutien aux élèves en difficulté pourrait-on  rémunérer avec ce pactole : plus d'un million !

 

Petit rappel : le taux de chômage des jeunes (16-24) en France est de l'ordre de 23%, soit le double de l'Allemagne et 4 points de plus que la moyenne de l'Europe des 27.

 

Nous restons les champions de la peau d'âne, mais bientôt pour la formation nous aurons le bonnet d'âne. Ne serait-il pas temps d'arrêter cette ânerie (une parmi beaucoup d'autres) et de duper nos jeunes ?

 

En terminale organisons un contrôle continu sérieux, une aide personnalisée aux élèves en difficulté, une préparation à l'orientation (projet d'étude, projet professionnel)... et pour le symbole une petite cérémonie à l'américaine de remise de diplôme dans l'enceinte du lycée avec quelques édiles ferait largement l'affaire !

 

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mer

01

jui

2009

"Korowai, mon frère !

La télévision publique peut encore, parfois, procurer des instants de bonheur et même d'émotion.

Le rendez-vous présenté hier soir sur la 2 entre la chanteuse Zazie et le peuple Korowaï, au cœur de la forêt tropicale de Papouasie occidentale, en porte témoignage.

Quand en guise d'adieu Zazie prend sa guitare et chante pour ce clan qui n'avait jamais vu de femmes blanches, les larmes coulent sur le visage de certains guerriers encore anthropophages il y a peu.

Le plus ému explique " ton chant ressemble à celui des oiseaux de la forêt et cela me rappelle la mort de mon fils... mais continue, même s'il évoque la mort de mon fils, ton chant est beau..."

Où se cache le cœur le plus pur ? Dans la poitrine de cet homme "primitif" ou dans celle de l'occidental policé ? Qui incarne le mieux l’humain ? Le PDG d'une multinationale où l'homme des tribus tropicales ?

Le gouvernement indonésien (qui a quand même mis un terme à l'anthropophagie) veut rhabiller les petits hommes désormais passibles d'une loi… sur la pornographie. Où est l'indécence : dans les seins nus de la femme papoue où dans le voile intégral des fondamentalistes musulmanes indonésiennes ?

Il faut relire Lévi-Strauss et ses « Tristes tropiques » !

 

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ven

26

jun

2009

L'occitanie en deuil

 

Après Max Rouquette, Robert Lafont, professeur émérite à l'Université Paul Valéry de Montpellier, nous a quitté. Pour la langue et la culture occitane se sont des pertes considérables. Plutôt républicain jacobin, je n'ai jamais été un fan des régionalismes (mais j'ai la croix occitane sur ma porte !), souvent portés par des hommes profondemment réactionnaires, ni du mouvement Volem Viure al Pais (plutôt à gauche) créé par Robert Lafont.

 

Néanmoins Robert Lafont, résistant, tenta de donner une autre orientation aux mouvements régionalistes. Voici le début de l'hommage de Yan Lespoux, professeur certifié d’occitan, doctorant :


Écrivain, dramaturge, poète, essayiste, linguiste, sociolinguiste, idéologue
dans une certaine mesure, Robert Lafont est tout cela. Il est aussi, avant tout, un
citoyen. Un citoyen occitan. Et cette conscience de son occitanité, son rapport à la
langue, l’ont vite convaincu de l’importance de son enseignement. Au moment où
s’ouvraient à lui, au sortir de la dernière guerre et de son engagement dans la
Résistance, les portes d’une carrière préfectorale, il a ainsi choisi de changer de
voie et de devenir enseignant. Mais pas n’importe quel enseignant. Un
enseignant de lettres, mais aussi d’occitan à une époque où cet enseignement
demeure confidentiel et surtout, comme pour toutes les langues régionales,
marqué dans le contexte de ces années d’après-guerre par le sceau de Vichy et,
par là, de la collaboration.
Cet engagement en faveur de la langue passe donc alors par la création
d’une nouvelle image publique rompant avec la représentation négative,
collaborationniste, de certains mouvements régionalistes. Cette image avait été
forgée pendant la guerre à cause de l’action de quelques groupes à la marge ou du
profit que quelques associations comme le Félibrige et la Société d’Études
Occitanes avaient tiré de la politique vichyste d’associations pour faire avancer
leurs revendications.
Cette nouvelle image, ce nouvel élan à donner à la revendication passera par la
création d’un Institut d’Études Occitanes (IEO) qui se réclame de la Résistance et
sait profiter des relations de certains occitanistes pour s’attirer les bonnes grâces
d’une partie de l’intelligentsia de l’époque (Jean Cassou, Tristan Tzara, Joë
Bousquet…) et des autorités (recteur Dottin, préfet Bertaux).
Robert Lafont participe à la création de l’IEO et va accompagner l’histoire de cet
organisme 35 ans durant.

 

Hommage à Robèrt Lafont, lo grand davancièr, le précurseur de l’enseignement
public de l’occitan au coeur de la société occitane et de la recherche

 

La culture occitane est extraordinairement riche et elle a été trop souvent occultée ou défigurée. La langue occitane se meurt, Max Rouquette et Robert Lafont étaient ses derniers hérauts.

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