Copernic, Galilée, Darwin et le  désenchantement du monde

 

Le "HASARD" (encore lui !) fait bien les choses en cette année 2009. Nous célébrons en effet deux immenses savants : Galilée (auquel bien sûr il faut associer Copernic !) et Darwin.

L'histoire des sciences montre que le progrès dans le monde de la connaissance n'est pas qu'un continuum de petites avancées, mais que souvent il procède par bonds fulgurants, par de véritables révolutions scientifiques qui inéluctablement ébranlent les certitudes philosophiques, religieuses... souvent établies depuis des siècles.

Certes ces "révolutions" ont été préparées par une multitude d'observations, de réflexions, d'expériences souvent passées inaperçues ou rejetées parce que ne convenant pas à l'ordre établi.

Ce qui fait le génie des grands savants, c'est non seulement leur capacité à intégrer tous ces résultats épars, à les confronter à leurs propres observations,  à en déduire une conviction mais dès lors à avoir le courage d'affronter le monde contemporain ; c'est à dire la science officielle, les églises, les pouvoirs... et à en payer le prix !

On connait la phrase déchirante de Galilée : "Et pourtant, elle tourne...!" après que le 22 juin 1633 il dut renier à genoux «la fausse doctrine d'après laquelle le soleil est le centre du monde et reste immobile, tandis que la terre n'est pas le centre et est au contraire mobile».

Terrible solitude résumée par la phrase de Paul Valéry : "Ne pas croire aux croyances communes, c’est évidemment croire à soi, et souvent à soi seul…"

On lira sur le site le texte consacré à Copernic et à la révolution copernicienne.

Galilée mit du temps à rejoindre Copernic. Mathématicien, physicien, expérimentateur... il dût cependant se rendre à l'évidence : ses travaux, ses observations ne fonctionnaient pas dans le système Aristote/Ptolémée.

Mais ce n'est qu'après avoir construit un télescope et découvert les satellites de Jupiter qu'il se déclara ouvertement pour le système de Copernic (1610)

En 1632 parut son célèbre ouvrage, intitulé «Dialogue où pendant quatre jours de suite sont discutés dans des entretiens les deux plus importants systèmes du monde», celui de Ptolémée et celui de Copernic, et où les arguments philosophiques et naturels sont allégués à propos des deux conceptions sans prendre parti (indeterminamente)». Les personnages de l'entretien sont Salviati et Sagredo, deux amis de Galilée, et Simplicio, le représentant de la philosophie d'Aristote. Salviati, c'est l'investigateur réfléchi à l'esprit analytique; il produit les raisons, mais sans en tirer absolument aucune conclusion déterminée et cherche à retenir le fougueux Sagredo, par lequel Galilée épanche ses idées les plus libres, pour les faire désavouer, s'il est besoin, par Salviati. Mais le lecteur voit assez clairement de quel côté penchent les sympathies de l'auteur et à Rome on ne s'y laissa pas tromper. Le livre fut interdit et Galilée cité à Rome. Il est probable qu'il n'a pas été torturé réellement, mais seulement menacé de la torture; mais le 22 juin 1633 il dut renier à genoux «la fausse doctrine d'après laquelle le soleil est le centre du monde et reste immobile, tandis que la terre n'est pas le centre et est au contraire mobile». Il dut promettre sous la foi du serment «qu'à l'avenir il n'émettrait rien, ni de vive voix, ni par écrit, d'où on pût faire dériver cette doctrine et qu'au contraire il dénoncerait à l'Inquisition les personnes hérétiques ou suspectes d'hérésie qu'il viendrait à connaître»! — Qu'il se soit parjuré, cela est hors de doute. Il ne renonça pas à sa conviction. Au lieu de le brûler physiquement, on lui infligea la cuisante douleur que cause la contrainte de taire sa propre conviction.

HARALD HÖFFDING, Histoire de la philosophie moderne, tome I, Paris, Félix Alcan éditeur, 1906.

Copernic, Galilée et la révolution copernicienne, Darwin et la théorie de l'évolution ont participé "au désenchantement du monde" comme ceux qui plus tard démantèleront la théorie vitaliste.

Par la science galiléenne, la modernité procède au "désenchantement du monde", les cieux ne racontent plus la gloire de Dieu, la terre ne porte plus la trace mystérieuse de ses pas, où l'homme pouvait approfondir son propre mystère. "Elle anéantit mon importance", avouera Emmanuel Kant devant l'influence humiliante et rapetissante de l'astronomie copernicienne. Et Nietzsche, qui le cite, estimera que ce n'est pas là l'effet propre de l'astronomie: depuis Copemic, "toutes les sciences" écrit-il, "travaillent aujourd'hui à détruire en l'homme l'antique respect de soi, comme si ce respect n'avait jamais été autre chose qu'un bizarre produit de la vanité humaine".»

GAÉTAN DAOUST, extrait de "Entre la mort de Dieu et le triomphe de la science: un homme en quête d'identité", L'Agora, vol 1, no 3, décembre 1993

 

Plus tard le biologiste Jacques Monod écrira :

L’homme sait enfin qu’il est seul dans l’immensité indifférente de l’univers d’où il a émergé par hasard.

 

Le Site de Jean-Pierre Lavergne

 

APPRENDRE, COMPRENDRE, TRANSMETTRE...

EXISTER !

L'amour, l'amour...

A L'ELYSEE...
Même à KABOUL...(photo Lauren Lancaster/Cosmos)

Actualité du blog

"Fendre l'armure"...

CARNET DE CAMPAGNE -7-

Actualité du site

Pasteur : inter/trans disciplinarité

twitter, @varlenge