· 

Corps de femme...

Le harem...

 Sous le titre "La nudité très politique de Golshifteh Farahani", le journal Libération raconte l'histoire de l'actrice iranienne qui depuis quelques années défie la république des mollahs.

 

Après avoir dévoilé un bras dans un film avec Di Caprio, puis un sein, elle apparaît aujourd'hui entièrement nue à la une de la revue Egoïste :

 

"Sans message ni commentaire, elle fait un pas de plus dans ce que j’appelle la nudité politique, commente la philosophe Geneviève Fraisse"

 

Pour comprendre pourquoi ces femmes n'ont d'autre choix pour se réapproprier leur corps que de l'exhiber, je conseille vivement de lire ou relire l'ouvrage de l'éthnologue Germaine Tillion, " Le harem et les cousins ".

 

" Dans les sociétés musulmanes mais aussi antiques (Égypte, Israël, Grèce, Rome...) et, à titre de vestiges, dans les mondes de la chrétienté latine et orthodoxe du pourtour méditerranéen s'affiche une prédilection pour « vivre entre soi », « pour garder toutes les filles de la famille pour les garçons de la famille » , pour « le mariage avec un parent très proche appartenant à votre lignée » .

« La noblesse, l'honneur ne peuvent résulter que de l'absence de mélange », disait Ibn Khaldun et, commente Germaine Tillion, « les plus vieilles aristocraties méditerranéennes y font écho » dans le monde musulman comme dans l'Antiquité égyptienne, grecque et latine.

Exemple parmi tant d'autres, Jocaste ne dit-elle pas à Polynice : « Un conjoint pris au-dehors porte malheur » ? Bref, « plus la parenté est proche, plus le mariage est satisfaisant ».

Cette vision endogamique du monde répandue dans le bassin méditerranéen , toujours sur la défensive, s'accompagne d'« un certain idéal de brutalité virile dont le complément est une dramatisation de la vertu féminine ». Inculqués dès l'enfance, la suprématie des hommes et l'« écrasement » des femmes sont intériorisés par celles-là même qui en sont victimes et la transmettent." Fin de citation

 Christian Bromberger, "Germaine Tillion (1907-2008)"

La femme est donc un bien, une richesse, qu'il convient de dissimuler...


A écouter une synthèse de la vie et l'oeuvre de cette grande dame, résistante (déportée à Ravensbrück), engagée contre les horreurs de la guerre d'Algérie...


 

... ... où le bordel ?

 

Autre façon encore plus ignoble de s'approprier le corps des femmes, celle que l'on peut découvrir actuellement à travers le procès dit "du Carlton de Lille".

 

D'ailleurs il ne s'agit plus ici de corps, mais de chair à plaisir que l'on peut à loisir martyriser.

 

Je me réjouis fort que le maître de ces "cérémonies" barbares  ait été aujourd'hui accueilli au tribunal par une escouade de Femens aux seins nus.