sam

24

sep

2011

ILS NE CHANGERONT DONC JAMAIS !

 

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Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente

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A chaque élection présidentielle américaine, malgré mon cuir tanné, c'est le même espoir qui surgit... celui de pouvoir enfin faire taire mon antiaméricanisme primaire !

 

Avec l'élection d'Obama - un noir, de père afro-musulman, intellectuel brillant- les yankees ont fait fort pour convaincre le monde entier qu'ils pouvaient désormais, non seulement être admirés, mais aussi aimés.

 

L'attente était si forte, l'espérance si violente, que, sans avoir rien fait pour le mériter, un an après son élection, ce président des Etats-Unis d'Amérique a reçu le prix Nobel de la Paix... par anticipation !

 

Car on en était sûr : Obama allait faire la paix en Afghanistan, en Irak et surtout -surtout !- traiter, suturer cette plaie ouverte dont le pus irrigue le monde arabe, abreuve les terroristes, pollue la planéte... le conflit israélo-palestinien.

 

Il y a un an encore, le président réaffirmait à l'ONU que dans l'année le problème serait réglé.

 

Ceux qui ont un tout petit peu suivi les prises de position américaines de cette dernière année ont en fait assez vite compris qu'ils allaient devoir déchanter et que la politique étrangère des USA ne changerait pas d'un iota ; que son axe majeur - le soutien indéfectible au pouvoir israélien quel qu'il soit -et à ses pires turpitudes- resterait son credo.

 

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est un modéré. La condition qu'il posait pour des négociations directes avec Israël - l'arrêt de la colonisation de ce qui reste d'un territoire palestinien complètement mité par les implantations des colons militants - dont le seul but est de rendre impossible la création de l'état palestinien - était plus que raisonnable.

 

Israël l'a refusé et s'il dit aujourd'hui vouloir négocier, c'est pour accorder le statut de bantoustan à quelques territoires, comme aux plus beaux jours de l'apartheid en Afrique du Sud !

 

La seule issue pour M. Abbas était donc de demander cette reconnaissance à l'ONU. Elle sera soutenue par une large majorité de nations  mais se heurtera - Obama vient de l'affirmer - au veto des USA.

 

Si Israël peut se frotter les mains et se satisfait d'avoir conduit ses voisins dans une impasse qui va encore lui donner du temps pour fortifier ses installations en Palestine, Obama et les Américains vont perdre très gros dans cette sinistre comédie.

 

Englués en Afghanistan où leur défaite (et la notre) est consommée, considérablement affaiblis par une crise financière dont ils sont responsables et les met à la merci de leur créancier n°1 les Chinois, ils font la preuve -par l'absurde- que la Pax americana a vécu !

 

Désormais le règlement des conflits au Moyen-Orient ne passera plus par eux, les jours des régimes féodaux arabes corrompus qui leur fournissent le pétrole, sont sans doute comptés. On a vu ce qu'il est advenu de leurs deux "grand amis" Ben Ali et Moubarak.

 

En fait, aux USA, depuis l'élection d'Obama rien n'a changé et si on peut porter au crédit du nouveau président la loi visant à assurer une assurance maladie aux plus démunis- le "medical care" – celle-ci est très en deçà des engagements de campagne et a été symboliquement abrogée à l’initiative des républicains, désormais majoritaires à la Chambre des représentants.

 

Les promesses faites aux écologistes en particulier sont restées à l'état... de promesses et l'on assiste au contraire au retour à l'orthodoxie productiviste.


Le 2 septembre dernier, en catimini, la Maison Blanche a annoncé qu'elle renonçait à appliquer de nouvelles normes anti-pollution visant à réduire les rejets de gaz carbonique dans l'atmosphère. Il ne s'agit pas d'une petite affaire mais de la mise sous le boisseau d'un axe majeur de la campagne de Barak Obama.

 

On pourrait étoffer la liste des renoncements.

 

Finalement cette débâcle est-elle surprenante ?

 

Les évènements récents, comme le large soutien à la peine de mort et aux exécutions barbares (20 ans après la condamnation pour Troy Davis) qui leur font suite, le succès des groupes ultraconservateurs du tea party, les luttes -violentes- contre l'avortement, le libre accès maintenu à toutes sortes d'armes... montrent que la société américaine n'évolue pas ou alors à pas imperceptibles.

 

Je l'avoue, cette société puritaine qui a pour alpha et oméga la loi du plus fort (élu de Dieu), suscite chez moi un profond rejet.

L’affaire DSK, certes fort peu reluisante pour la classe politique française en général, vient de mettre à nu quelques tares  de ce pays : une hypocrisie gigantesque dans l'approche de la sexualité, une justice entièrement vérolée par l'argent, des media fort populaires digne du caniveau.

 

Pourquoi donc, comme beaucoup de Français, suis-je mal à l'aise avec mon antiaméricanisme ?

 

Parce que ce grand pays, qui est à l'origine de tant de maux et s'est construit sur le génocide de sa population autochtone, a produit de grandes choses, notamment dans le domaine scientifique...

 

Quoi que... En y regardant de plus près, on constate que beaucoup de leurs héros, de leurs savants, de leurs Prix Nobel... sont des immigrés de fraiche date et qu'aujourd'hui même, ce sont les meilleurs chercheurs du monde entier qui sont dans leurs plus prestigieux laboratoires... Un lauréat de Harvard préférera souvent le business à la recherche de pointe !

En serait-il de même si l'argent se faisait plus rare au pays de l'oncle Sam ?

 

Gardons nous donc d'écouter chez nous les défenseurs zélés de l'outre-Atlantique ; comme les prédicateurs évangélistes milliardaires... ils prêchent pour leur propre paroisse !

 

 

 

Le Site de Jean-Pierre Lavergne

 

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