jeu.
19
mai
2011
J'ai déjà dit ici mon admiration pour Woody Allen. J'ai bien dû voir une vingtaine de films écrits et réalisés par l'auteur de Manhattan.
Les différentes époques de son œuvre correspondent à peu près aux apparitions successives de ses actrices fétiches. Après les chefs d'œuvres griffés Diane Keaton et Mia Farrow, voici depuis quelques années de véritables bijoux tournés en Europe avec comme égérie Scarlett Johansson et ses clones.
Minuit à Paris est son dernier opus décliné sur le thème des Américains à Paris dans les années 20. Sur une musique de Cole Porter on croise Scott Fitzgerald et sa femme Zelda, Hemingway, mais aussi Picasso, le matador Juan Belmonte et bien d'autres...
Woody Allen sait depuis longtemps que " la nostalgie n'est plus ce qu'elle était " et il se moque gentiment de sa passion pour les idoles d'avant-guerre.
Le mode est léger, les images magnifiques, la musique... au diapason, Marion Cotillard au sommet de son art, la sosie de Scarlett, pas mal. Le seul bémol concerne l'acteur principal qui cabotine un peu trop en faisant du Woody Allen.
Je suis sorti de ce film joyeux, presque rabiboché avec notre... présent, pourtant tellement morose.
NB :
Je me demande parfois ce qui me raccroche à ce beau pays qui est la France !
J'ai une sainte horreur du chauvinisme, du nationalisme, des cocoricos.
Je déteste le corporatisme, le favoritisme, le clientélisme... ces ismes qui rongent notre société.
Je tiens en piètre estime nos media, nos politiques.
L'affaissement de notre système éducatif me consterne.
Le démantèlement accéléré de notre système social qui nous conduit sur la voie banalisée du libéralisme sans contrainte et livre les plus faibles aux prédateurs, me navre...
...
Suis-je donc atteint par ce "malheur des français" dont je parlais ici ?
Après le film, hier soir, vers minuit, près de Montpellier, sous les étoiles, une légère brise de mer faisait onduler la jupe de ma compagne.
Nous avons dîné (ah la cuisine française !) avec en tête des airs de Broadway, les plus belles toiles de Picasso, l'Adieu aux armes d'Hemingway, les bistrots montmartrois des années 20... et comme chaque fois que je sors d'un film de Woody Allen - c'est étrange - je nageais dans le bonheur d'être Français !