ven.

26

nov.

2010

ANIMALITE - I -L'animal est l'avenir de l'homme

 

Sacrifiant à une tradition observée chaque année par les présidents américains, Barack Obama a gracié mercredi deux dindes dénommées Apple (pomme) et Cider (cidre) à la veille de Thanksgiving. Apple et Cider, qui pèsent chacune 20,5 kilos, devraient passer le reste de leurs jours dans la propriété de George Washington, le premier président du pays, à Mount Vernon, en Virginie.

 La presse internationale

 

Ce billet, en trois parties, pour m’encourager à mettre de l’ordre dans un dossier que je ne cesse de remanier à chacune de mes nouvelles lectures. Un point d’étape, un brouillon -peu structuré- en quelque sorte, sur l’animalité.

 

J’aime et j'admire les animaux, domestiques ou sauvages ; qu'ils volent, nagent ou rampent. L’observation de la vie animale apprend beaucoup…. sur l’homme ! Montaigne, La Fontaine et… Darwin l’ont dit avant moi !

 

Darwin surtout a montré le chemin, il a été suivi par beaucoup d’autres. Par exemple actuellement les travaux à propos de  l’altruisme chez l’animal se multiplient.

 

Autant le regard anthropomorphique de homme sur l'animal m'exaspère, autant la notion d'animalité me passionne. J’exècre bien sûr l’amour des animaux façon Bardot qui s’indigne du sort fait aux moutons le jour de l’Aïd, pretexte à mieux stigmatiser les arabo-musulmans, ou celui qui conduit les dames de Neuilly à fréquenter le salon du prêt à porter pour chihuahua.

 

Au fond qu'est ce qui distingue toutes les formes de vie ? Et qu'est-ce que la vie ? A l'instar de Descartes on a parlé pour les non humains d'animaux-machines... mais n'évoque-t-on pas aujourd'hui à propos d'objets - les assembleurs moléculaires-  de machines auto réplicantes, de nouvelles formes de vie ? (voir  ICI sur le site).

 

On dit que c'est le langage symbolique et un cortex frontal particulièrement développé chez l’homme qui font toute la différence. Il y aurait donc un propre de l’homme : le rire (Bergson), le cuire (hindouisme)…  On définit l’homme comme un "animal politique" (Aristote) ou encore un "animal métaphysique" (Schopenhauer)...

 

Cela suffit-il à conduire à un cloisonnement radical ?

 

Certains pensent que l'homme est un animal simplement spécialisé dans la cérébralisation, au même titre que le fauve l'est dans course de vitesse, chacun est le champion dans sa catégorie... le lion  ne nous battra jamais au échec mais l'homme se fera toujours manger par le lion à la fin de la course...

 

Sur le rapprochement homme-animal il faudrait parler de Plutarque (Que les bêtes ont l'usage de la Raison), d'Aristote et des Stoïciens, de Montaigne (" l'homme est-il le chef-d'œuvre de la nature, le maître du monde et l'égal des dieux? N'y a-t-il pas vanité à rabaisser la nature animale pour mieux élever la nature humaine ?" ) et bien sûr de La Fontaine («Qu'est-ce donc ?[l'animal] - Une montre. Et nous? - C'est autre chose.»).

 

Sur le thème « Philosophie, vie et animalité » les recherches explosent, le débat -qui n'a jamais cessé- rebondit.


... saisir la relation féconde qui unit homme et animaux, relation sans laquelle aucune pensée de la nature n’est possible. « Nous ne dénigrons l’animalité qu’à travers l’homme de ces obscures cavernes, qui se dissimulait sous des masques de bêtes, que nous n’avons cessé de prolonger », disait Bataille...


Laissons donc parler les philosophes, les éthologues, les psychanalystes......

 

Dominique Lestel est philosophe et éthologue, maître de conférences au département d'études cognitives de l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm. Sa dernière publication : L'animal est l'avenir de l'homme (en écho à Aragon, La femme est l'avenir de l'homme), publié très récemment, a été particulièrement remarqué.


Lestel s’oppose aux représentations classiques de l’animal, et s’intéresse particulièrement aux interactions homme-animal. Il était déjà l’auteur notamment de L’animalité, essai sur le statut de l’humain (1996) et de Les origines animales de la culture (2001).

 

Il écrit : L'homme est incontestablement un animal particulier ; est-il pour autant un animal spécial ? Il se pense incontestablement comme tel, mais doit-on le lui accorder ? Les compétences de l'humain sont sans doute différentes ( terme neutre ) de celles des animaux comparables, mais aucune de ces caractéristiques ne suffit à faire sortir l'homme de l'animalité pour autant. Les caractérisations zoologiques admettent des écarts importants sans devoir être remises en cause.

 

Mais dans ce cas quel est le propre de l'homme ?

 

Une caractéristique de la notion classique  du propre de l'homme est de concevoir ce dernier comme une caractéristique immuable, qu'elle soit spirituelle ( l'homme a une âme, pas l'animal ) ou naturaliste ( l'homme parle, pas l'animal ).

A la place, je propose de penser le propre de l'homme comme une notion qui est essentielle à l'humain pour penser son identité spécifique mais qui reste fondamentalement historique et culturelle. Cette différence éclaircit la situation. On peut pousser le raisonnement jusqu'au bout, en l'illustrant à partir du critère classique du langage. Nous avons tendance à prendre pour une donnée de fait ce qui est une conséquence culturelle. Que l'homme ait accès à une forme particulière d'expression qu'est le langage, et non l'animal, est sans doute une donnée factuelle, que personne ne remet vraiment en cause de façon sérieuse. Mais ce qui est considéré comme le propre de l'homme, quand on est très attentif aux discours pertinents n'est pas tant que le propre de l'homme soit le langage, que les utilisations culturelles du langage.

 

Pour D. Lestel, l’animalité n’est pas une entité : elle naît de la faculté qu’ont les hommes et les animaux de se rencontrer pour former des communautés hybrides (compagnie, élevage, domestication).

Voir notamment ce seminaire : Quelques remarques sur les vies partagées entre l'homme et l'animal de proximité

 

NB : Je ne parlerai pas du langage, mais pour prolonger ce séminaire je mettrai bientôt au clair ce que j'ai pu saisir de l'élaboration d'une communication chien-homme qui passe par la voix, le toucher, le regard, le geste... dans laquelle "l'animal" est partie prenante.

 

...

Bibliographie sommaire dans le prochain billet. On pourra lire en introduction les travaux de Thierry GONTIER (Pr de philosophie à Lyon 3) : De Montaigne à Descartes...

 

A suivre : L'animal que donc je suis

 

Le Site de Jean-Pierre Lavergne

 

APPRENDRE, COMPRENDRE, TRANSMETTRE...

EXISTER !

AGCS : danger mortel pour l'éducation

L'Accord général sur le commerce des services (AGCS, ou GATS en anglais pour General Agreement on Trade in Services), accord multilatéral de libéralisation des échanges de services, est une menace directe pour les services publics. Les pays anglo-saxons et le Japon souhaitent ainsi une " marchandisation" sans entrave du secteur éducatif.

L'augmentation massive des droits d'inscription au Royaume-Uni hier, au Québec aujourd'hui, a pour but de rendre irreversible ce processus.

 

 

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