sam.
13
nov.
2010
La fête de la Gentillesse -que l'on nous incite à célébrer ce samedi 13 novembre- est une invention de nos amis anglo-saxons ("World Kindness Day"), qui en connaissent un rayon pour faire marcher le commerce ! Après les mères, les pères, les grands-mères, les femmes... voici les gentils.
Mais savons-nous discerner aujourd'hui les gentils des méchants ?
Dans la bible les Gentils étaient les non-Juifs ; au Moyen-âge les chrétiens désignaient tous les paiens sous ce vocable (voir Somme contre les gentils de Thomas d'Aquin), classifications simples et radicales, tout à fait manichéennes.
Tout petit, je voyais des gentils partout ! Au point que ma grand-mère paternelle, qui ne manquait pourtant jamais les Vêpres, en était agacée. J'étais un enfant naïf, je fus un adolescent naïf et j'ai désespérément essayé de rester un homme naïf : c'est tellement rassurant de vivre dans un monde de gentils.
Pourtant la vie nous apprend très vite que dans bien des gentils il y a un salaud qui sommeille et que le méchant n'est plus toujours celui que l'on vous a désigné. C'est une période douloureuse de notre vie ou les pistes sont brouillées : le Mal, le Bien, le Bon, le Méchant… qui est quoi, qui est qui ? Selon votre degré de naïveté ce temps vient plus ou moins vite, dure plus ou moins longtemps.
C'est d'autant plus difficile de discerner les gentils des méchants que souvent l'homme varie : tel gentil patenté, dûment estampillé, devient subitement douteux ; de la méchanceté remonte à la surface ! En vieillissant beaucoup de gentils deviennent méchants, l'inverse est rarement vrai.
Gentil est un mot bien galvaudé : on trouve même un club des gentils boursiers !
Alors, gentil est un mot que j'ai désormais réservé à mes compagnons à 4 pattes. Un gentil chien ne vous mordra pas les mollets alors que j'ai vu de "gentils" camarades ou collègues enfoncer sans vergogne le poignard dans le dos.
Fêtons, si nécessaire, les gens serviables, généreux ou solidaires -il en reste encore- ou la fraternité comme devrait nous y inciter la devise de notre république.
Personnellement, je préfére jauger et apprécier les hommes à partir de leur honnêteté, de leur fidélité à des principes et à une éthique. J'ai malheureusement constaté que les candidats à ce label étaient nettement plus rares. Il est sans aucun doute plus facile d'être gentil qu'honnête.
Je vais plus loin : pour progresser dans notre société, l'honnêteté est parfois devenue une vertu handicapante !
Naïf comme je voulais le rester, j'ai été malhonnête avec moi-même : j'ai trop longtemps rejeté ce constat affligeant. Un homme de gauche doit coûte que coûte croire en l’homme. Croyez- moi cela me coûte beaucoup !