jeu.
21
oct.
2010
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une Révolution ! Réponse à Louis XVI, le 14 juillet 1789
Ceux qui croient que la jeunesse manifeste pour sa retraite (des petits vieux avant l'âge dixit l'UMP) montrent à quel point ils sont déconnectés des réalités de ce pays !
Beaucoup de jeunes pensent - et c'est beaucoup plus grave pour ce régime- que leur avenir dans la France d'aujourd'hui... c'est "No future".
L'histoire ne repasse pas les plats, mais elle est riche de leçons que nos gouvernants devraient méditer.
Notre jeunesse est turbulente, insolente, parfois violente... mais généreuse. L'image que la société lui renvoie aujourd'hui, est celle du fric, de l'égoïsme, d'un modèle de réussite qui passe par l'épaisseur d'un compte en banques.
Mais nous ne sommes pas des anglo-saxons et comme à la fin des années 60, les pré-adultes le disent de façon virulente à celui qui nous gouverne et vénère tant tout ce qui vient d'outre-atlantique.
La dernière mode, initiée par le philosophe mondain Luc Ferry, est de réduire mai 68 à une révolte de petit-bourgeois dont le seul but était d'accéder... au dortoir des filles dans les cités.
Les lycéens, les étudiants d'alors avaient en fait la même aspiration qu'aujourd'hui : être libre de vivre et de s'épanouir dans une société qui leur ferait une petite place et leur proposerait un avenir plus exaltant.
Certes nous étions dans une société de quasi plein emploi, mais l'on oublie que dans les dernières années du gaullisme -toute la partie pompidolienne en fait- le seul slogan était: enrichissez-vous ! Et que ceux qui s'enrichissaient étaient, comme aujourd'hui, une petite caste d'entrepreneurs-trafiqueurs-financiers, très proches du pouvoir. Les morts non élucidées de trois ministres giscardo-pompidoliens (De Bröglie, Fontanet et Boulin) témoignent des rapports douteux qui déjà à l'époque liaient pouvoir et puissance d'argent.
Le dernier des gaullistes historiques, Jacques Chaban-Delmas, un temps premier ministre, conseillé par Jacques Delors, avait bien vu le danger et proposé une "Nouvelle société". Il fût promptement mis à la porte par Pompidou, adepte de Guizot !
Ce que nous ne cessons de payer depuis le premier choc pétrolier, ce n'est pas mai 68, mais la mise sous le boisseau d'un projet réformiste en 1972-73.
Le combat de tous ceux qui se mobilisent aujourd'hui rassemblent les réfractaires au modèle de société de Nicolas Sarkozy et de ses amis du CAC 40 : les Bouygues, Bolloré, Lagardère, Pinault, Arnault et consorts. Il est normal et légitime que les jeunes y aient toute leur place.
Finalement grâce à Sarkozy, la retraite à 60 ans est devenue le dernier symbole des luttes du monde du travail.