jeu.
07
oct.
2010
On vient d'apprendre que les boues rouges déversées à la suite de l'accident industriel hongois ont atteint le Danube.
Il faut savoir que la production d'aluminium est, à divers titre, extrêmement polluante.
Le minerai utilisé est la bauxite (le nom vient du village des Baux-de-Provence). La première partie du process consiste à transformer la bauxite en alumine. Elle conduit à la formation de résidus solides : les boues rouges caustiques.
Pour une tonne d'aluminium on obtient près de trois tonnes de boues rouges. Ces résidus contiennent notamment des métaux lourds (la coloration est liée à la présence d'oxyde de fer).
L’aluminium est ensuite obtenue par électrolyse de l’alumine, selon le procédé Hall-Héroult. Pour cela, l’alumine est dissoute dans un bain électrolytique de cryolithe fondue (fluorure de sodium/aluminium).
Le fluor est donc nécessaire à la production d'aluminium et le process libère de grandes quantités de résidus toxiques fluorés. VOIR ICI la campagne organisée aux USA par ALCOA dans les années 30 pour valoriser le fluor, sous produit de la préparation de l'aluminium.
Enfin les gaz à effet de serre (CO2, PFC) en provenance de la production d’aluminium représentent un polluant majeur.
En France, l’aluminium est produit par l’usine ALCAN de Gardanne. Les effluents sont rejetés en mer au large de Cassis. Depuis 1995, la Convention de Barcelone, qui vise à réduire la pollution en Mer Méditerranée, a contraint ALCAN, a installer (en 2007) un système de filtre-presse qui permet de conditionner une partie des résidus sous forme de galettes solides, dénommées « Bauxalite », qui sont désormais stockées sur le site de Mangegarri, une ancienne carrière de Bouc-Bel-Air.
Bien sûr on ne peut se passer d'aluminium, mais on constate une nouvelle fois que par soucis de rentabilité des populations et des écosystèmes sont mis en péril. On sait
en effet qu'il existe aujourd'hui des solutions pour réduire considérablement les nuisances induites par la production d'aluminium.
Actuellement les textes européens restent très prudents quant à la sécurité industrielle. La fameuse Directive Seveso impose seulement aux États membres de l'Union européenne d'identifier les sites industriels présentant des risques d'accidents majeurs. Elle a été complétée par la Directive 2003/105/CE du parlement et du Conseil européen.
Enfin la Directive 2006/21/CE, des mêmes institutions, donne des préconisations concernant la gestion des déchets de l'industrie extractive. Elle n'a été validée en France que tout récemment, par un arrêté du 5 mai 2010 publié au JORF le 27 août dernier.
Dans l'avis qu'a donné le Sénat à propos de cette directive il est écrit :" qu'il [ce texte] ne doit pas faire peser de charges trop lourdes sur les exploitants afin de sauvegarder la compétitivité de l'industrie européenne."
Pour l'ensemble de l'industrie chimique et pétrochimique, des normes draconiennes devraient être au contraire imposées au niveau européen, même si elles sont onéreuses.