lun.
03
mai
2010
Je me souviens des débats très vifs qui m'opposaient -au sein de l'association municipale que j'animais- aux responsables locaux du PS à propos du Traité Constitutionnel Européen.
"L'Europe a apporté paix et prospérité, il faut donc encore et toujours plus d'Europe, plus d'intégration, plus de pays dans l'Europe..." disaient-ils...
Tout juste si certains n'assimilaient pas les tenants du NON à ce Traité, aux Pasqua, De Villiers... et autres nationalistes bornés !
Aujourd'hui réalisent-ils l'étendue de leur aveuglement ? Peut-être, puisque même Jacques Delors esquisse un timide mea culpa !
Comment des hommes de gauche ont-ils pu soutenir un projet aussi fou, aussi peu progressiste, qu'une constitution qui instaurait cette Europe des marchands, strictement calquée sur le modèle économique américain avec, par exemple, la fin programmée des services publics et la marchandisation annoncée de l'espace éducatif et culturel.
Si du moins cette Europe du fric avait pu adoucir la brutalité de la crise financière. Las, ce qui se passe en Grèce, au Portugal, en Espagne... montre que c'est l'inverse qui se produit.
Dans la logique du libéralisme, la potion qui est administrée à la Grèce touche de plein fouet les plus vulnérables : les 110 milliards d'euros d'aide prévues vont sauver les banques et restaurer les capacités d'emprunt de l'Etat grec ; ils seront payés par tous les actifs et les retraités.
Au passage, il est intéressant de noter que parmi les conditions imposées par la commission, figure la privatisation des transports et de l'énergie... Nul doute que les banques européennes et américaines vont fondre sur une proie aussi vulnérable... pour le plus grand bien des Grecs bien entendu !
Où est la différence avec les méthodes employées par le FMI en Amérique du sud et en Afrique, qui n'ont fait qu'accentuer le fossé entre riches et miséreux et engraisser les rentiers aux dépends des plus pauvres ?
L'argent n'a pas d'odeur, il a la saveur amère de la sueur de la plèbe et le charme discret des palaces de Davos. Il n'a pas de patrie, pas de frontières... les murs, les barrières, les barbelés... c'est pour les pauvres !