sam.
12
sept.
2009
Je ne sais si notre ministre de l'intérieur est raciste. Les propos qu'il a tenus publiquement lors de l'université d'été de l'UMP le sont. Ils ont été filmés par une chaine publique (Public-Sénat) dont le PDG, dans un premier temps, a refusé la diffusion. Le journal Le Monde, qui a mis en ligne cette vidéo, avait été accusé par l'UMP et le gouvernement d'utiliser des images volées, enregistrées à la sauvette avec un téléphone portable, donc tronquées, sorties de leur contexte... La diffusion intégrale du film réalisé par la Chaîne Parlementaire (sous la pression de quelques journalistes) révèle une identité totale avec la vidéo mise en ligne par le journal.
Le ministre de l'Intérieur de la République française, Brice Hortefeux, ami intime du président de la République, a donc dit publiquement ceci, en parlant d'un jeune militant d'origine arabe :
"Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes."
Cette vidéo fait le tour du monde. Elle présente de la France un visage qui me révulse.
Dans n'importe quel pays démocratique ce ministre aurait été sommé de démissionner dans les 24 heures. Mais nous sommes en bonapartisme, le CHEF (duce en italien Mme Bruni) ayant décidé de sauver son ami, tous les ministres font les carpettes, les journalistes de la télévision (y compris Audrey Pulvar) regardent leurs chaussures et font croire à une "maladresse".
Mais de maladresse il n'y a point. Il y a bien au contraire la volonté du pouvoir de se rappeler au bon souvenir des électeurs de M. Le Pen à un an des élections régionales.
Avant N. Sarkozy ce message était subliminal, l'ex maire de Neuilly a moins de scrupules.
La soupe concoctée par le Président de la République en vue des prochaines élections prend donc tournure :
- une grosse brassée d'admirateurs du bouclier fiscal,
- une épouse top modèle,
- des journalistes aux ordres, des media sous contrôle,
- une pincée d'écolos pas trop regardant, si possible télégéniques,
- un loi Hadopi pour séduire les artistes milliardaires et leur égérie, Jack Lang,
- un bouquet (défraichi) d'hommes de « gauche » de peu de foi, qui, très affectés par une diète sévère, cornaqués par un Michel Rocard à la dérive, un Bernard Kouchner plombé par ses affaires avec le groupe Total et feu le président Bongo, un Claude Allègre abandonné par la météo, sont venus quémander quelques miettes,
- un neveu de Tonton, égérie de la droite hédoniste et de la gauche caviar,
- enfin une bonne louche d'orphelins de celui qui considérait les chambres à gaz comme "un détail de l'histoire".
Vous secouez énergiquement le tout, vous ajustez l'assaisonnement (un zeste de chasseurs, une pincée de vendéens) et vous servez chaud au français.
Ce n’est pas du pistou (ma soupe préférée) mais une recette pour faire un triomphe dans les urnes.
Pour faire quelle politique ? Là n’est pas la question... le CHEF décidera !
NB : je salue mon (ma) premier(e) lecteur (lectrice) californien(ne )qui a passé
hier 30 minutes sur le site. Je veux lui dire que j'ai lu le discours d'Obama à propos de la réforme du système de santé américain (et la lettre posthume de Ted K. qui l'encourage). Voila un homme
déterminé qui n'a pas besoin de traiter ses concitoyens de "pauvres cons" pour montrer qu'il en a... (du courage) ! En ce moment, il y a des jours où je me rêve américain. Je n'en reviens
pas moi même !