ven.

26

juin

2009

L'occitanie en deuil

 

Après Max Rouquette, Robert Lafont, professeur émérite à l'Université Paul Valéry de Montpellier, nous a quitté. Pour la langue et la culture occitane se sont des pertes considérables. Plutôt républicain jacobin, je n'ai jamais été un fan des régionalismes (mais j'ai la croix occitane sur ma porte !), souvent portés par des hommes profondemment réactionnaires, ni du mouvement Volem Viure al Pais (plutôt à gauche) créé par Robert Lafont.

 

Néanmoins Robert Lafont, résistant, tenta de donner une autre orientation aux mouvements régionalistes. Voici le début de l'hommage de Yan Lespoux, professeur certifié d’occitan, doctorant :


Écrivain, dramaturge, poète, essayiste, linguiste, sociolinguiste, idéologue
dans une certaine mesure, Robert Lafont est tout cela. Il est aussi, avant tout, un
citoyen. Un citoyen occitan. Et cette conscience de son occitanité, son rapport à la
langue, l’ont vite convaincu de l’importance de son enseignement. Au moment où
s’ouvraient à lui, au sortir de la dernière guerre et de son engagement dans la
Résistance, les portes d’une carrière préfectorale, il a ainsi choisi de changer de
voie et de devenir enseignant. Mais pas n’importe quel enseignant. Un
enseignant de lettres, mais aussi d’occitan à une époque où cet enseignement
demeure confidentiel et surtout, comme pour toutes les langues régionales,
marqué dans le contexte de ces années d’après-guerre par le sceau de Vichy et,
par là, de la collaboration.
Cet engagement en faveur de la langue passe donc alors par la création
d’une nouvelle image publique rompant avec la représentation négative,
collaborationniste, de certains mouvements régionalistes. Cette image avait été
forgée pendant la guerre à cause de l’action de quelques groupes à la marge ou du
profit que quelques associations comme le Félibrige et la Société d’Études
Occitanes avaient tiré de la politique vichyste d’associations pour faire avancer
leurs revendications.
Cette nouvelle image, ce nouvel élan à donner à la revendication passera par la
création d’un Institut d’Études Occitanes (IEO) qui se réclame de la Résistance et
sait profiter des relations de certains occitanistes pour s’attirer les bonnes grâces
d’une partie de l’intelligentsia de l’époque (Jean Cassou, Tristan Tzara, Joë
Bousquet…) et des autorités (recteur Dottin, préfet Bertaux).
Robert Lafont participe à la création de l’IEO et va accompagner l’histoire de cet
organisme 35 ans durant.

 

Hommage à Robèrt Lafont, lo grand davancièr, le précurseur de l’enseignement
public de l’occitan au coeur de la société occitane et de la recherche

 

La culture occitane est extraordinairement riche et elle a été trop souvent occultée ou défigurée. La langue occitane se meurt, Max Rouquette et Robert Lafont étaient ses derniers hérauts.

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